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Persepolis

Note: 3.89/5
(3.89/5 pour 44 avis)

Angoulême 2001 : Alph-Art Coup de coeur. Angoulême 2002 : Alph'Art du meilleur scénario pour le tome 2. 2002 : Prix France Info de la Bande dessinée d’actualité et de reportage (tome 2). A la fin des années 70, l’Iran est dirigé par un shah (un roi), plus ou moins corrompu, n’hésitant pas à utiliser la force pour étouffer toute opposition. C’est dans ce contexte que le peuple après plusieurs évènements sanglants, ce soulève et manifeste pour renverser le Shah.


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L’Iran est un vaste pays avec une identité culturelle et historique lourde à porter et avec des ressources en pétrole qui attirent depuis la fin du XIXème siècle toutes les convoitises des pays étrangers, et particulièrement européens. A la fin des années 70, l’Iran est dirigé par un shah (un roi), plus ou moins corrompu, n’hésitant pas à utiliser la force pour étouffer toute opposition. C’est dans ce contexte que le peuple après plusieurs évènements sanglants, ce soulève et manifeste pour renverser le Shah. Celui ci est donc obligé d’abdiquer et alors se met en place la « révolution islamique » avec son cortège d’intolérance. C’est donc ces évènements que Marjane Satrapi nous raconte, elle qui les a vécus en tant qu’enfant. Elle nous livre son témoignage qui est celui de sa famille et de son pays.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Octobre 2000
Statut histoire Série terminée 4 tomes parus
Couverture de la série Persepolis
Les notes (44)
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16/08/2002 | Tout's
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Par Jetjet
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Jetjet

La petite histoire raconte que Marjane Satrapi eut l'idée de concevoir ce récit autobiographique après avoir lu Maus de Art Spiegelman. Grand bien lui en a pris puisque cette inspiration aura accouché d'un second petit chef d'oeuvre dans le monde pas si évident de la bande dessinée. Oh bien sûr, il y aura toujours des détracteurs à l'encontre de Persepolis qui sera perçu comme de la bd destinée aux gens qui ne lisent pas de bd. D'autres qui vont relier ce phénomène littéraire aux prémisses du courant féministe actuel et mêmes qui vont le considérer comme un parjure religieux. Et si tout simplement Persepolis était simplement un conte d'une rare finesse ? Une bête histoire d'une jeune femme de notre époque née dans une contrée aux us et coutumes différentes des nôtres mais d'une modernité et d'une liberté de penser sans égal ? Oui ce serait davantage mon ressenti. Marjane Satrapi se remémore donc sa jeunesse dans l'Iran des années 70/80 et surtout de la Révolution de 1979 qui aura transformé le pays en une république islamique. Par chance, la jeune fille est issue d'une famille des plus bienveillantes et va nous raconter son quotidien jusqu'à son départ en France pour y poursuivre ses études... Parsemé de petits chapitres et tout autant d'anecdotes, Marjane Satrapi fait preuve d'une vivacité et d'une verve rayonnantes. Qu'il s'agisse d'expliquer les bouleversements culturels de la Révolution, d'y relater quelques méfaits sordides liés à la guerre civile ou simplement d'y raconter ses premiers émois amoureux, le tout se fait avec une spontanéité et une simplicité étonnantes. Cette histoire a beau être basée sur des souvenirs et peut-être même parfois un peu policée, on ressent tout à fait la bonne humeur rayonnante d'une histoire banale dans un pays en souffrance. Souvent très drôle et toujours sincère, Persepolis bénéficie également d'un joli dessin que beaucoup pourraient qualifier d'amateur. Je le trouve aussi lisible qu'attrayant dans un très beau contraste noir et blanc. On perçoit également l'évolution entre les différents tomes ce qui est tout à fait en adéquation avec le passage de l'enfance vers l'âge adulte pour la jeune Marjane. Avec un peu de recul on sera même surpris de la voir s'éloigner de ses terres natales vers l'Autriche des années 80 où elle est confrontée aussi bien à l'adolescence qu'au monde occidental. Le récit est étonnamment vivant et jamais lassant ou redondant. Tour à tout chronique, conte ou farce, Persepolis ne se lit pas, mieux il se dévore. D'une traite ou par petites touches avec son chapitrage agréable, l'oeuvre est finalement fort éloignée de Maus dont elle ne garde que la substance autobiographique et dramatique tout en insufflant sa propre énergie. On passe ainsi des rires aux larmes en un claquement de doigts et le regard porté par la jeune fille de 10 ans comme celui de la jeune femme de 21 ans conserve ses rêves et ses espoirs. Riad Sattouf a du également s'inspirer de ce roman fleuve pour L'Arabe du futur qui y décrit également ses propres souvenirs. Persepolis n'est donc pas l'oeuvre dérangeante que les esprits chagrins extrémistes veulent censurer, ce n'est pas non plus le "Candide" de Voltaire ou la Shoah anthropomorphe. C'est simplement l'histoire d'une jeune fille alerte du XXème siècle rendant hommage à ses racines, à sa famille et à sa bonne humeur et c'est en tous points remarquable, drôle et émouvant. Merci Madame Satrapi.

09/12/2019 (modifier)
Par gruizzli
Note: 5/5
L'avatar du posteur gruizzli

Arrivant bien après la bataille, je me contente modestement d'ajouter ma pierre à l'édifice de louanges que Persepolis a déjà acquis durablement au fil des ans. Que pourrais-je rajouter qui n'ait déjà été dit ? Persepolis est l’œuvre qui a révélé Marjane Satrapi comme une auteure à suivre et qui fait encore date aujourd'hui. Un récit unique et prenant sur la vie de cette jeune femme iranienne, mais qui sait plonger loin dans les détails. Récit de femme, récit d'iranienne, récit de vie, tout se retrouve dans cette œuvre qui s'ouvre avec l'enfance et se finira sur le départ définitif de son auteure pour la France. Un récit qui balaye toute une révolution, pas si loin de chez nous et pourtant très lointaine dans nos esprits. Cette BD a fait date, je ne pense pas surprendre en disant ceci. Adapté en film d'animation (film par ailleurs tout aussi excellent), ce récit a marqué à la fois la bande dessinée et le monde. La BD est devenue une de ces références lorsque sont citées les lettres de noblesse de cet art. Bref, un must-have ! Bien sûr, c'est le mélange du dessin, en noir et blanc tout en rondeur, et de l'histoire, qui mêle récit de vie avec la grande Histoire, qui a fait mouche. La lecture est d'une fluidité sans faille, on rit et on pleure avec cette vie pas si banale. On comprend mieux ce qu'il s'est passé, et peut-être un peu ce qu'il se passe dans ce pays. Les personnages sont attachants, les cases sont parfois superbes ... C'est du tout bon jusqu'au dernier instant, et je ne peux pas en rajouter plus. En tant que BD, Persepolis a fait date.

30/01/2019 (modifier)

J'ai acheté cette BD il y a longtemps, je l'avais ouverte et je n'avais pas accroché... Je me suis replongé dedans ces derniers jours, et je n'ai pas réussi à m'en défaire...C'était un vrai plaisir que de retrouver cet ouvrage tous les soirs. Pour moi c'est un peu L'Arabe du futur avant l'heure, "L'Irano-française du futur" sans doute. J'ai beaucoup apprécié cette histoire autobiographique, qui m'a plongé dans la guerre irano-irakienne pour l'essentiel, conflit que je ne connaissais que très peu...On en apprend aussi beaucoup sur le quotidien des jeunes iraniens, et du peuple iranien en général, au moment de la révolution islamique. Je me suis pris de compassion pour Marjane Satrapi et ses proches, et, ainsi, j'avais beaucoup de plaisir à lire cette histoire. Il en ressort l'envie de découvrir la civilisation iranienne, tellement riche ! Graphiquement, pas grand chose à dire, un noir et blanc clair et net, simple, qui va à l'essentiel. Ça colle parfaitement avec le quotidien pas souvent gai de l'héroïne. J'ai beaucoup apprécié. Moi qui pensais reléguer ce livre comme cale-porte ou autre, il a désormais bonne place dans ma bibliothèque.

25/01/2019 (modifier)
Par Puma
Note: 1/5

Il m'est d'avis que n'importe quel bouquin nous raconterait cela mieux, tellement mieux ! Car sous cette forme, si le début est passable, je trouvais le milieu longuet, et le final très indigeste, le tout empreint d'un nombrilisme s'accentuant crescendo rendant l'ensemble fort dispensable. Et pour le graphisme, sans peur des mots ; visuellement, c'est franchement laid. La profonde indigence du graphisme me pousse à dire que l’on n’est plus vraiment dans ce qu’il convient d’être appelé « la bande dessinée », mais tout au plus dans un livre (très mal) imagé. Un point positif néanmoins : le récit imagé fait prendre conscience à ceux qui le lisent de ce qui se passe, où s'est passé, quelque part dans le monde. Comme le fait Emmanuel Guibert dans ce qu'il a produit à mon sens de moins bon. Ou comme le fait toujours Guy Delisle. Et décidément très tendance chez cet éditeur "L'Association". Alors, tant mieux pour l'éditeur et son auteur si le battage médiatique et le matraquage marketing à tous vents a réussi au-delà des espérances et que ce fût un succès planétaire ! Pour ma part, on me l'a prêtée ... après un goût final un peu nauséeux, je l'ai très vite rendue à son propriétaire, et pour la suite (s'il devait y en avoir)... ce sera sans moi !

02/05/2016 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Persepolis est l’œuvre fondatrice et majeure de Marjane Satrapi – et peut-être le best-seller de L’Association. La série a même eu l’honneur d’une adaptation cinématographique (que je n’ai pas vue). C’est une série que je voulais lire depuis pas mal de temps, et c’est enfin chose faite. Et je dois dire que je suis très content de cette découverte – même si je connaissais déjà les grandes lignes de l’histoire. Cette histoire justement, est celle de l’Iran moderne, post Révolution islamique, qu’un petit rappel historique introduit dans le premier album. Mais c’est surtout, plus que l’Histoire d’un pays, l’histoire de Marjane Satrapi, petite fille au début, puis adolescente et enfin femme. Ces deux histoires sont inséparables (malgré ou peut-être à cause des périodes d’exil de Marjane, en Autriche par exemple). A noter que dans un univers à la fois machiste, sclérosant pour une femme, Satrapi bénéficie de la présence de parents aimants et particulièrement ouverts – et, accessoirement, relativement aisés… Son regard sur la société iranienne est de ce fait probablement atypique. Cette chronique bâtie sur deux plans à la fois parallèles et complémentaires donne ici un très bon résultat. Le regard parfois décalé de Marjane Satrapi sur les bouleversements de la société iranienne donne de la fraîcheur à une histoire pas toujours rose. Et, un peu comme le récent L'Arabe du futur de Sattouf, cela donne un humour discret et efficace. Le dernier album de cette série s’arrête au moment où Marjane Satrapi s’installe en France. Et donc qu’elle rédige ces quatre albums, qui vont lui permettre de sortir des périodes moroses qu’elle a connues – du moins j’imagine. Voilà donc quatre albums vraiment à découvrir, pour avoir un éclairage intéressant sur la société et l’histoire iraniennes, mais aussi pour faire connaissance avec une auteure originale et qui a depuis produit d’autres albums que je vais m’empresser d’aller lire.

16/11/2015 (modifier)
Par Thobias
Note: 4/5

Une bd qui m'a bien botté. C'est un témoignage particulièrement pertinent et intéressant sur l'Iran d'hier et aujourd'hui. Tantôt drôle, tantôt émouvant souvent subversif et jamais caricatural: l'auteure sait de quoi elle parle. Un passage particulièrement amusant parmi d'autres : la colocation en Autriche avec une dizaine de colocataires tous homosexuels. Les personnages sont particulièrement attachants, en particulier la grand-mère. Le dessin ne gâche rien et est vraiment de bonne qualité.

22/05/2014 (modifier)
Par jul
Note: 1/5

Encore un truc que je n'aime pas et qui a eut un succès monstre: Persepolis. C'est typiquement le truc qui plait aux gens qui ne lisent pas de bds car ce n'est pas de la bd. C'est du roman graphique dans toute sa splendeur, qui n'utilise pas vraiment le langage et les possibilités de la bd. Graphiquement ce n'est absolument pas intéressant. Je dirais même que c'est moche. Plat, sans relief, très enfantin dans le trait. De la bd de blog avant l'heure qui permet uniquement à l'auteur de raconter sa vie (peu commune et très intéressante pour Mariane Satrapi, je le reconnais...) Donc il y a une histoire autobiographique qui se lit très bien. C'est prenant et instructif. Mais dans ce cas autant écrire un livre. Mariane Satrapi s'est depuis tournée vers le cinéma et elle a bien fait.

15/05/2013 (modifier)
Par Pacman
Note: 3/5

Persepolis, il s'en est beaucoup parlé, et il s'en parle encore, mais personnellement, je ne vois pas là un chef d’œuvre de la BD. Alors, certes, l'histoire de l'héroïne est assez prenante et on souffre pour ce peuple (surtout ces femmes) opprimé par un pouvoir obscurantiste, mais il y a quand même pas mal de longueurs, le dessin est un peu trop simpliste à mon goût, on s'éloigne souvent du sujet par des anecdotes qui ne semblent pas vraiment indispensables... Enfin, voilà, je suis peut-être un peu sévère, surtout avec l'auteur, qui nous raconte sa vie avec sincérité et émotion, mais je trouve cette bd un peu surévaluée.

22/02/2013 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Soyons clair : si le sujet traité ne m’avait pas intéressé, jamais je n’aurais lu cette série. En effet, le dessin de Marjane Satrapi n’est pas du tout de nature à m’attirer. Ce noir et blanc simple, ce style naïf va à l’essentiel mais n’est pas à mon goût, esthétiquement parlant. Seulement voilà, il y a le sujet traité… et la façon dont il est traité… et là, c’est tout autre chose. J’ai ouvert de grands yeux à plus d’une reprise en découvrant le quotidien mais surtout la manière de penser des Iraniens, jeunes et moins jeunes. On est loin du stéréotype de l’islamiste convaincu et, s’il y en a, c’est loin d’être une généralité. Rien que pour ça, cette lecture est digne d’intérêt. Par ailleurs, le parcours de l’auteure, ses prises de conscience et ses états d’âme m’ont eux aussi interpellé. Marjane Satrapi a le mérite de se dévoiler sans (trop) se donner le beau rôle. De ce fait, cette série m’a permis de découvrir une autre culture et une autre manière de penser et d’appréhender les événements, plus fataliste surtout, plus sage parfois. Le découpage en courts chapitres permet d’avancer à son rythme dans la lecture. Le caractère léger de la narration quand bien même certains chapitres sont dramatiques permet justement de dédramatiser le contenu de ceux-ci sans occulter la gravité des faits exposés. Enfin, le fait que Marjane Satrapi et moi soyons issus de la même génération m’a permis de mettre en parallèle nos deux adolescences, ô combien éloignées l’une de l’autre, mais parfois balisées des mêmes repères (musicaux, la plupart du temps). Une œuvre très intéressante.

30/08/2011 (modifier)
Par Superjé
Note: 4/5

Dans les deux premiers tomes, l'auteur nous présentait sa vie dans un pays qui passe d'un régime autoritaire, puis, après une révolution, à un régime totalitaire et fanatique (de l'islam), en guerre. Le tout vue au travers les yeux d'un enfants et avec humour. Dans le troisième tome (mon préféré), où les parents de Marjane l'envoyaient en Autriche pour qu'elle goûte à une meilleure vie, le récit vire plus intimiste. On quitte le genre historique pour une pure histoire autobiographique où Marjane est en pleine adolescence et un peu révoltée. Dans le dernier tome on est entre les deux. Il y a d'une part, un côté instructif/historique car on en apprend toujours un peu plus sur la condition de l'Iran, les mœurs de ses habitants, leur culture et leurs pensées. Mais il y a toujours le côté intimiste/roman graphique, où on voit la vie (enfin le mal de vivre) de Marjane, revenue en Iran et déracinée. Et en plus, ce très bon (et vrai) scénario est raconté avec un graphisme que j'apprécie. Le trait de Satrapi fait simple et naïf a première vue, mais il sert parfaitement le récit (de toute façon, en manière générale, j'aime les dessinateurs de "L'Association"). En tout cas, je trouve que son dessin contrasté noir et blanc, a beaucoup de charme. L'humour du début fait place à l'émotion. Une série forte, poignante et intéressante , que demander de plus ? Désormais, "Persepolis" : un classique, et Satrapi une grande auteure . P.S. : Le film tiré de la BD est sympa, mais je ne trouve qu'il ne se suffit pas à lui-même ( il est vraiment compréhensible, je pense, qu'en complément de la BD).

18/08/2008 (MAJ le 22/07/2011) (modifier)