Maus

Note: 4.06/5
(4.06/5 pour 79 avis)

Angoulême 1988 : Alfred meilleur album étranger pour le tome 1 Will Eisner Award 1992 : Best Graphic Album: Reprint Prix Pulitzer en 1992 Angoulême 1993 : Alph-Art du meilleur album étranger pour le tome 2 Maus raconte la vie de Vladek Spiegelman, rescapé juif des camps nazis et de son fils, auteur de BD qui cherche un terrain de réconciliation avec son père, sa terrifiante histoire et l'Histoire. Ici les nazis sont des chats et les juifs des souris.


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Un dessinateur décide de mettre en bande-dessinée la vie de ses parents qui furent pourchassés puis emprisonnés par les nazis durant la seconde guerre mondiale. D'une brutalité et d'une tristesse incroyable cette oeuvre est le témoin du calvaire des juifs durant la seconde guerre mondiale. Ce chef d'oeuvre a été récompensé par de nombreux prix (Prix Pulitzer en 1992, Alph'art album étranger 93), et mériterait d'être au programme des classes d'Histoire. .

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Janvier 1987
Statut histoire Série terminée 2 tomes parus
Couverture de la série Maus
Les notes (79)
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18/10/2001 | Kael
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Par timezero
Note: 1/5

Je ne vais pas m'étendre sur les raisons qui m'ont poussé à commettre le sacrilège d'évaluer à 1/5 cette oeuvre. Ces raisons ont déjà été évoquées par Pigou. Pour faire bref, j'ai acheté cette BD suite aux divers avis très élogieux la concernant. Quelle fut alors ma déception !! Alors oui, il faut situer Maus dans son temps, et considérer ce qui se faisait alors en 1987, dans le genre... donc pas grand chose de comparable en fait... Mais si je me tiens à mes critères d'évaluation, d'une part le scénario m'a laissé sur ma faim : je n'ai pas vu de vrais méchants, ni de vrais drames à l'échelon local, je n'ai rien appris de particulier, je n'ai pas été ému par cette histoire (alors que le sujet s'y prête carrément !), j'ai vu une série d'événements juxtaposés, une sorte de "catalogue narratif"... j'ai peiné pour arriver au bout de l'ouvrage ! Les dessins sont quant à eux très plats... le côté noir et blanc peut me plaire, mais là je le trouve mal exploité. Bref, j'ai vraiment détesté cette lecture bien que le thème soit intéressant.

07/01/2018 (modifier)

Grosse brique, gros bouquin, dessin monochromatique et peu entreprenant, avec des animaux en guise de personnages et, pour couronner le tout, un sujet super déprimant et rébarbatif (la 2e guerre mondiale, youpiii) … bref ce bouquin avait déjà tous les éléments pour que je prenne mes tongs à mon cou. À force de reporter le problème, il fallait bien un jour y plonger. Chose faite puisqu’après un passage à ma bibliothèque communale et avec le même air nonchalant qui me caractérise, je me suis dit « pourquoi pas ». Oui je sais, vous allez encore me rabâcher les oreilles en me rappelant que j’ai des piles (véridique) de bd et de romans qui s’entassent et que j’ai pas mal de retard dans mes rédactions, mais qui aime bien châtie bien. Bref, bien m’en a pris car, quelle surprise !!!! Ce n’est pas souvent que je commence une critique par sa conclusion, mais ce livre est une vraie découverte, une petite perle qu’il est en mon devoir de partager avec vous tellement c’est bien. Alors « non ! » je n’ai pas l’intention d’écrire une énième critique sur ce livre quoique « si ! » en fait ; pas par chauvinisme ni par amour de l’écriture mais tant qu’à faire les choses bien, autant le faire à fond ! Et puis ce livre mérite que l’on s’échine un peu pour en parler. Alors soyons brefs et efficaces si vous le voulez bien. Maus, ce sont deux histoires en une qui s'enchevêtrent (c’est l’effet kiss-cool). Celle d’Art Spiegelman, dessinateur underground, qui a décidé de retranscrire sous forme de bande dessinée l’histoire de Vladeck, son père, survivant d’Auschwitz… Le problème (et de taille) ; son père est un vieux râleur borné comme on n’en fait plus et ça ne va pas être de la tarte de lui soutirer les vers (pilés) du nez… Dialogue de sourds, deux mondes diamétralement opposés qui essayent de communiquer. ​ La deuxième histoire c’est celle de Vladeck et sa famille, juive et polonaise de surcroit qui, en pleine déportation, vont se voir happés par les véhémences xénophobes de l’Allemagne d’antan et son idéologie. Et pour survivre, il faudra faire des compromis voire même limite collaborer. Mais que n’est-on pas capable de faire dans de telles circonstances pour protéger les siens et par amour, alors que l’on côtoie en permanence des atrocités où se mélangent la haine et la peur ? ​ Bien plus qu’une simple bande dessinée, Art Spiegelman raconte avec une certaine élégance l’histoire biographique de son père tout en mettant en abime la relation conflictuelle qu’il a eue avec ce dernier, ainsi que la conception du livre. Sans pour autant l’édulcorer (et pourtant cela aurait été bien facile), l’auteur arrive à nous délivrer une histoire tendre, émouvante voire comique malgré le sérieux du sujet ; grâce notamment à des dialogues d’une sincérité ébouriffante, une construction originale et l’utilisation des races animales pour représenter la nationalité des personnages (la souris pour les Juifs, les Allemands sont représentés par des chats, des cochons pour les Polonais, etc.) qui est en fait une référence directe à la propagande allemande qui utilisait le zoomorphisme pour véhiculer certains de leurs messages. Une approche donc de la thématique de la Shoah, de la déportation, du racisme, etc. sous un aspect diamétralement différent qui permet d’avoir une vue plus humaine, didactique, sans faire de jugement ni s’apitoyer sur le sort des uns et des autres à l’instar des différents reportages que l’on nous montre et qui ont souvent une optique assez « nazi –arde » et donc, manichéenne. D’ailleurs c’est grâce à ce livre qu’Art Spiegelman n’a pas dû se recycler en tant que danseuse de French cancan (merci pour nous) mais est devenu en quelque sorte un « people » du monde underground, un mythe sur pattes de la bd moderne, et qu’en plus il a reçu pas moins que le prix Pulitzer… Visuellement le dessin, en noir et blanc, reste simple et basique, avec des personnages tout en ambigüité (ici pas de good guys ni de bad guys) et ayant une vraie portée artistique et poétique en lien avec les dialogues. Maus est donc une vraie invitation, agréable à lire, bouleversante et intelligemment construite, avec un rythme soutenu, ce qui fait qu’elle en devient presque incontournable. En tournant la dernière page et au-delà du vrai coup de cœur (au cas où vous ne l’auriez toujours pas compris), j’ai vraiment eu l’impression que ce livre devrait être dans la liste des livres « recommandés » dans les instituts scolaires et chez tout le monde en fait… même si j’avoue que le bouquin est un poil trop volumineux avec ses 400 pages et qu’il faudra le lire en plusieurs parties. Au final, clairement un must, à lire au moins une fois dans sa vie même si comme moi ce n’est pas votre tasse de thé.

22/02/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 3/5
L'avatar du posteur sloane

Dire de cette BD qu'elle est un monument est une évidence, mais avec les monuments il faut toujours se méfier, avec les évidences aussi, il faut du moins les interroger. Inutile ici de rappeler également le nombre d'éloges qu'elle a reçu. La lecture n'est pas facile et à mon avis ne peut se faire d'un trait, et puis son sujet est lourd, pesant et demande sans doute du temps pour en intégrer tous les aspects. De même on a beaucoup parlé de l'utilisation du support BD pour raconter toutes ces horreurs, comme d'autres posteurs avant moi je ne suis pas convaincu que cela soit un bon choix, le sujet est suffisamment grave et sérieux pour y mêler des souris, des chats et des cochons (choix spécieux!). Sans doute cela a t'il permis à l'auteur de prendre quelques distances avec son propos mais ici même avec un dessin minimaliste cela ne me convient pas trop. Alors bien sûr il faut lire Maus et ne pas trop cracher dans la soupe sur les aspects négatifs de cette BD, car elle fait office de mémoire et permet grâce à ce support d'être vue par un plus grand nombre de lecteurs. J'ajouterais seulement qu'elle ne se suffit pas à elle même et qu'il est important d'aller voir d'autres auteurs, Primo Levi, pour ne citer que lui. Si le support convient mieux aux jeunes générations pourquoi pas mais n'oublions pas ces autres récits dont la force est au moins équivalente.

29/12/2014 (MAJ le 29/12/2014) (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Depuis longtemps, je voulais lire cette oeuvre vraiment atypique à laquelle l'auteur a consacré 13 ans de sa vie, à chaque fois, j'en repoussais l'échéance, freiné il est vrai par le sujet peu engageant. Et puis début 2012, je me décide en vue de la rubrique BD que je devais écrire dans ma revue associative, consacrée à Spiegelman lorsqu'il est président du jury à Angoulême. La tâche fut rude, car c'est clairement pas une Bd à laquelle j'ai pris un plaisir de lecture. Pour moi, une Bd doit attirer l'oeil par son visuel, c'est ce qu'on voit immédiatement lorsqu'on ouvre un album. Et ici, ce dessin ultra minimaliste, sans aucune recherche esthétique, d'une simplicité faussement maladroite et pas joli du tout, et aux décors parfois esquissés, décrédibilise fortement la gravité du propos. Ce conte cruel qui relate et dénonce les horreurs du nazisme devait mériter un graphisme plus élaboré, même si on peut comprendre que l'auteur ait choisi ce style dépouillé pour favoriser la narration. Mais justement celle-ci n'est pas toujours irréprochable, je l'ai trouvée bancale par endroits, et son choix d'utiliser un univers animalier n'est pas toujours très heureux (notamment les cochons figurant les Polonais). D'ailleurs, je me demande si la BD était le support le mieux adapté pour ce roman graphique autobiographique, je n'en suis pas convaincu. Alors évidemment, il fut salué dans le monde entier comme une oeuvre douloureuse et universelle, pulvérisant la BD ordinaire, et couronné par le prestigieux prix Pulitzer en 1992, chose unique dans l'histoire de la BD ; son retentissement a largement dépassé le cercle du lectorat habituel de bande dessinée, prouvant ainsi que celle-ci pouvait aborder les thèmes les plus graves...sans doute, mais alors il fallait le faire avec un dessin moins caricatural. D'autre part, je préfère aborder ce genre de sujet grave par des bouquins sérieux, ou alors par la voie d' une oeuvre de fiction comme l'a fait Spielberg avec "la Liste de Schindler", film qui m'a beaucoup plus bouleversé que "Maus". Ceci dit, cette Bd est à lire (si on peut la supporter), mais pas à posséder.

04/01/2014 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

J'ai vraiment du mal à noter cette bande dessinée, et pour plusieurs raisons. Tout d'abord le sujet, qui nous pousse naturellement à l'empathie envers l'auteur et ceux dont il décrit le calvaire, c'est à dire son père et, plus généralement, les Juifs victimes des persécutions nazies. Ensuite à cause de l'aura qui entoure cette oeuvre, multi-primée, plébiscitée, même d'ailleurs par des gens ne l'ayant pas lue (comme j'ai pu le tester). Si je me risque à une critique, je dois dire que le dessin ne m'a pas emballé. Je n'attendais pas trop d'esthétisme pour ce sujet très glauque, mais bon... Le Noir et Blanc, pour un sujet franchement plus noir que blanc est un choix qui par contre se justifie. Raconter des faits horribles, de manière assez réaliste, mais en transformant les personnages en animaux, pourquoi pas ? En fait, c'est une oeuvre bancale. si je souhaite lire un témoignage, je préfère "Si c'est un homme" de Primo Levi. Si je souhaite lire une analyse, les études d' historiens comme Raul Hilberg me conviennent mieux. Et comme le côté "bande dessinée" me laisse une impression mitigée, je reste sur une note honnête, mais assez moyenne. A cause ou malgré ce que j'ai écrit au début, j'en conseille néanmoins la lecture. Après tout peut-être suis-je passé à côté de ce qui semble en faire un incontournable ?

13/11/2012 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Je suis très partagé et très embêté... Oui, Maus est une œuvre majeure de la bande dessinée. Une œuvre majeure parce qu’elle ne se limite pas à l’évocation de l’holocauste. Par-delà cet aspect, il y a aussi la recherche du père et l’acceptation de celui-ci par un fils qui se sent coupable de ne pas le supporter. Un œuvre majeure également par son choix radical de représenter les différents peuples par différents types d’animaux (juifs = souris, allemands (qu’ils fussent nazis ou non) = chats, polonais = cochons, etc…). Ce choix radical prête à polémique et fait donc réagir. A titre personnel, je n’ai pas aimé cette totale absence de nuance dans la représentation graphique alors que la narration, elle, en offre. Cela crée un déséquilibre. Je déteste le manichéisme et, d'un point de vue visuel, ici ce n'est QUE ça ! Et puis, que croire ? Bien sûr, les camps ont existé et les horreurs décrites ont eu lieu mais en voulant dresser un portrait de son père avec un maximum d’honnêteté, Art Spiegelman a réussi à créer le trouble dans mon esprit. Si cet homme est aussi avare dans les années ’80, s’il l’était déjà avant guerre (au point de laisser tomber la petite amie qu’il côtoie depuis 4 ans au profit d’une fille de millionnaire), pourquoi aurait-il accepté de lâcher les cordons de sa bourse durant la guerre ? Sous cet éclairage, tous les passages dans lesquels il se plaint qu’il fallait toujours payer durant la guerre à ces « cochons » (puisque c’est ainsi qu’ils sont représentés) de Polonais s’éclairent différemment. Idem pour ceux où il économise. Quelle est la part d’exagération ? Quelle est la part de vérité ? On ne le saura jamais… Le souci de précision d’une part dans le portrait du père et de fidélité d’autre part vis-à-vis des propos du même père se révèle être une arme à doubles tranchants. Maus mérite donc d’être analysé, étudié par-delà son thème premier… Il s’agit là d’un témoignage à multiples facettes (témoignage sur le génocide, réflexion sur le sentiment de culpabilité, réflexion sur le processus de création) extrêmement intéressant à analyser. Que penser en effet lorsque Art Spiegelman déclare trouver que son père ressemble étrangement à l’image que les Nazis donnaient des Juifs avant guerre ? Cette honnêteté avec sa propre conscience interpelle et touche. Ca, c’est le mythe. Mais de la bd, qu’en penser, finalement ? Elle se lit bien. La narration est précise et permet de gommer certains défauts d'un dessin médiocre par ailleurs. En effet, sans une telle précision, impossible de distinguer une souris d’un autre (sauf quant à leur sexe). Les personnages sont réalistes mais comme tout est vu à travers le prisme de deux d’entre eux (Art Spiegelman lui-même pour l’époque « moderne » et son père pour toute la partie « historique »), je ne peux tout prendre au premier degré. Cet aspect constitue selon moi la force et la faiblesse de l’album. Elle entraine une grande empathie pour les personnages (je me suis senti proche de l’auteur lorsqu’il décrit la relation qu’il entretient avec son père et leurs problèmes de communication) mais aussi une certaine méfiance pour quelques aspects historiques du récit (des aspects mineurs dans l’Histoire mais importants pour la petite histoire). Une œuvre à lire. Très certainement. Culte ? Je ne crois pas car elle prête à polémique sur trop d’aspects. Franchement bien ? Je sais pas. Importante, oui ! Intéressante, certainement. On traduit ça comment, sur bdtheque ? Bon, à la lecture, j’ai trouvé que c’était « pas mal » mais il y a tellement de questionnements qui surgissent après lecture, sur le devoir de mémoire, sur les conséquences d'une telle tragédie, sur la manière de la décrire, sur... tant d'autres choses encore... que je monte à franchement bien. Mais je crois surtout que la valeur de Maus vient des réflexions que l’album suscite plus que du témoignage (un de plus) sur l'holocauste fait par un survivant, fut-il le père de l'auteur.

04/06/2012 (modifier)
Par Miranda
Note: 3/5
L'avatar du posteur Miranda

Le gros défaut de cette série est son graphisme, un vulgaire gribouillage plus proche du dessin préparatoire que de la planche finie. Pour ce qui est des personnages animaliers je vois uniquement dans ce choix une recherche de facilité, il est plus simple et rapide de dessiner vulgairement une tête de souris qu’un visage, qui par ailleurs ne demande pas d’effort quant à la diversité des faciès et des expressions, rien ne ressemble plus à une souris qu’une autre souris, en quelques coups de crayon l’affaire est bouclée. Heureusement que le scénario est plus consistant, proposant un témoignage complet d’un survivant des camps de la mort, nous relatant quelle était sa vie avant et ce qu’elle fut après. La psychologie des personnages est aussi un point fort, car l‘auteur ne cache rien et retranscrit les faits tels que son père les lui relate, et nous raconte en passant son propre ressenti et ce que fut sa vie de descendant de déporté. A ceux qui disent que les propos sont un peu froids, que c’est une enfilade de faits peu touchants, etc., c’est peut-être le seule moyen de raconter toutes ces horreurs subies en se protégeant le plus possible pour ne pas les revivre, garder une certaine distance vis-à-vis du vécu et racontant les faits comme mû par un automatisme protecteur. J’estime que cette histoire méritait un traitement visuel de qualité pour en faire une œuvre majeure, cet infâme gribouillis le rabaisse au rang de B.D. de masse, à lire au moins une fois évidemment mais pas forcément à relire ou à posséder, car le plaisir de lire une B.D. c’est aussi le plaisir visuel et non seulement son histoire, si intéressante soit-elle, et si j’insiste tant sur ce point, c’est que l’auteur peut mieux faire, mais s’est arrêté à la facilité, dommage.

08/02/2012 (modifier)

Le dessin n'est pas exceptionnel, assez basique même mais il colle parfaitement à ce récit. Le récit est long mais la formulation de cet échange entre le fils (l'auteur) et le père qui lui retrace cette période de la vie d'un juif polonais pendant la Seconde Guerre mondiale est très intéressante. Le fait de remplacer les personnages juifs par des souris et tous les autres par différents animaux est précurseur et génial. L'authenticité de la souffrance de la vie du père est accentuée par ses psychoses actuelles qui hantent son fils et qui nous touchent d'autant plus sur les atrocités qu'a vécues cet homme. Et que dire de tous ces faits relatés sur la vie dans les camps si ce n'est qu'ils authentifient cette histoire. Vraiment pour moi un très grand témoignage, émouvant, captivant et authentique.

05/02/2012 (modifier)
Par tolevau
Note: 2/5

Contrairement à l'immense majorité des lecteurs, je n'ai pas apprécié cette BD. Pour tout dire, j'ai dû me forcer pour la terminer, chose extrêmement rare. Pour commencer, passionné d'histoire et fasciné par cette époque, j'ai lu un grand nombre de témoignages "classiques" (pas en bande dessinée) sur la Shoah bien plus émouvants que Maus comme "Si c'est un homme" de Primo Levi, "Je me suis évadé d'Auschwitz" de Rudolf Vrba (incontournable selon moi), "Le témoin imprévu" de Jo Wajsblat, "Des voix sous la cendre" (carnets des Sondercommandos écrits à Auschwitz même et retrouvés enterrés après la guerre près des crématoires) etc... Comparé à ces témoignages bouleversants, Maus me semble fade et sans âme. Il se contente d'énumérer des faits (La police est venue, puis on nous a déportés, puis j'ai vu un homme se faire battre à mort, puis un autre s'est fait fusiller etc...) sans jamais laisser transparaître aucune tristesse, ce qui est un comble pour un ouvrage dont le but est justement de retranscrire les souffrances d'un peuple presque éradiqué à cause de la cruauté humaine. Comprenons nous bien, il ne s'agit pas de sombrer dans un récit larmoyant et de se lamenter continuellement sur la tragédie des juifs, mais un minimum d'émotion aurait été plus que bienvenue. Quant au père, je regrette, mais son côté tête à claques m'insupporte au plus au point. Je ne reviendrais pas sur son côté "maître yoda", et je comprends que l'auteur ait eu envie de montrer les séquelles de son passé et leurs conséquences sur l'homme qu'il était devenu après la guerre, mais on en arrive au point où cette partie de l'histoire supplante complètement la partie qui nous intéresse et, soit dit en passant, celle qui est l'objet du témoignage. Je mets quand même 2/5 pour la portée du récit ainsi que pour son ouverture à un média inédit qui permet la diffusion de ce génocide à un nouveau public, et je le conseille à la lecture car même si je suis passé complètement à côté, j'ai conscience d'avoir un avis marginal (tant mieux), et j'ai bon espoir que certains y trouveront un récit poignant contribuant à éviter à tout prix qu'une telle catastrophe se reproduise un jour.

15/01/2012 (modifier)
Par gruizzli
Note: 5/5
L'avatar du posteur gruizzli

Étant en histoire, je ne pouvais pas passer à côté du chef-d'œuvre du genre (n'ayons pas peur des mots). En effet, cette BD est culte à bien des égards. Tout d'abord, je pense qu'il est important de souligner son ancienneté, qui permet de bien cerner cette œuvre dans l'histoire des mentalités (elle apparue juste avant les grandes recherches et théories sur les camps et les survivants ... drôle de coïncidence non ?). Et puis surtout, elle fait partie des anciennes BD, celles qui ont ouvert les portes à plein d'autres choses. En second lieu, ce qui frappe beaucoup de monde dans cette BD, c'est le dessin (bien que je n'ai pas spécialement été choqué par ça). Minimaliste, en noir et blanc, animalier, "simple". Un dessin qui sert son histoire, mais j'y reviens juste après. Ce qui est "amusant", c'est aussi cette distinction entre chaque pays et entre les juifs, avec plusieurs sortes d'animaux. Mais en fait on rentre très vite dedans, le dessin ne gênant plus à partir de deux pages. Et certaines planches sont véritablement belle (si !). Mais surtout, la grande force de Maus, son excellence, c'est ce scénario à deux facettes, cette histoire double d'un père et de son fils, d'une opposition constante dans le présent ramenée à une relation beaucoup plus calme et simple dans le récit du passé. Les deux livres sont découpés en plusieurs chapitres, avec un nouveau chapitre de l'histoire du père intercalée entre deux tranches du présent. Du coup, on se sent comme Art Spiegelman, comme si on le suivait dans sa recherche historique du passé. On est avec lui dans la vie, et comme lui on écoute parler ce père marqué à vie par l'épisode de sa vie qu'il conte. Car il ne raconte pas, il conte véritablement. On est entrainé dans une histoire tellement prenante qu'il est quasiment impossible de décrocher dès que l'on rentre dedans. Analyser Maus est quelque chose d'énorme, dans lequel je n'aurais pas la prétention de me lancer. Mais cette œuvre touche tout public, par son message, par son humanité et sa dés-humanité, par ces deux histoires à la fois triste et pourtant terriblement vraie. Maus est bien plus qu'un simple témoignage sur les camps. C'est un témoignage sur l'humain, sur son horreur, sur ses faiblesses et ses forces, sur sa partie la plus sombre et parfois aussi la plus belle. Sur nos actes et leurs conséquences funestes, parfois bien plus loin qu'on ne le pense. Cette BD est à mon avis un indispensable sur n'importe quelle étagère d'un lecteur, même occasionnel. Il est presque impossible de passer outre.

27/11/2011 (modifier)