Les derniers avis (32314 avis)

Couverture de la série Oskar Ed - Mon plus grand rêve
Oskar Ed - Mon plus grand rêve

Alors là, gros coup de cœur pour cet album, dont j’avais entendu parler depuis quelques temps, et à propos duquel j’avais des attentes très élevées. Qui n’ont pas été déçues ! Le travail éditorial de l’éditeur rennais Presque Lune est encore une fois très bon. Une couverture épaisse, avec un dos toilé et un marque-pages, le bijou de Jelinek habite un bel écrin. L’album est un gros pavé. Jelinek a semble-t-il refondu ici plusieurs tomes. Un long travail, qui donne un résultat époustouflant. Le dessin très réaliste, avec un trait fin, un Noir et Blanc ciselé, donne un rendu très agréable, y compris pour les passages noirs, voire étranges, qui alternent avec d’autres plus conventionnels. L’histoire en elle-même peut se résumer en un long voyage en voiture, dans laquelle ont pris place le jeune Oskar à l'arrière, et ses parents à l’avant. Le tout est entre-coupé de quelques flash-backs éclairant certaines zones d’ombres – mais pas toutes ! Contrairement à tous les autres personnages, Oskar n’est pas entièrement « réaliste », il a une tête en forme d’œuf, où n’apparaissent que ses yeux (sans cils ou sourcils) et sa bouche. Ce côté « étrange » est rapidement accentué par de très nombreuses digressions. En effet, ses parents ne cessant de s’engueuler, Oskar semble s’évader d’une atmosphère oppressante (elle l’est d’autant plus avec ce quasi huis-clos imposé par la voiture) dans des rêves, ou des distorsions de la réalité. Tous ces passages fantastiques sont fortement imprégnés de surréalisme. Je ne connais pas Jelinek, mais il y a fort à parier qu’il est familier du courant surréaliste tchèque (l’un des plus vifs), en particulier de l’excellent réalisateur et animateur Jan Svankmajer. Pour le reste, je ne vais pas spoiler, mais ce récit très beau, tout en étant triste et violent (une violence uniquement verbale, psychologique, subie par le jeune Oskar au travers de ses relations avec ses parents – son père surtout) prend une force importante de par son aspect métaphorique. Après avoir fini ces près de 350 pages, on reste bluffé par la richesse du scénario, par la violence et la beauté des images. Et on se prend à décrypter tout ce qui est sous-tendu par ce « voyage ». Une douleur intérieure comme exorcisée. Les deux dernières planches sont très belles, et livrent quelques clés de lecture. Une ou des relectures s’imposent donc, mais je vous encourage vivement à vous plonger dans les méandres du cerveau d’Oskar, qui n’a pas une vie de rêve, mais qui clairement vit des rêves qui lui permettent de survivre.

25/12/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Conte de Noël
Le Conte de Noël

En ce 25 décembre il me semble approprié d'aviser cet opus de la collection des Grands Classiques de la Littérature en BD. Je n'ai pas lu cette célèbre nouvelle de Charles Dickens mais je connaissais le personnage d'Ebenezer Scrooge via l'adaptation proposée par Disney et un excellent Picsou en Scrooge. J'avais déjà beaucoup aimé le dessin animé et j'ai retrouvé le même plaisir à lire ce conte fantastique et social d'une façon un peu plus réaliste. Je n'ai pas été dépaysé puisque Patrice Buendia au scénario reprend fidèlement les cinq étapes de la rédemption de Scrooge. Bien sûr l'ambiance produite se veut du courant réaliste cher à Dickens. Pas de Père Noël, même si l'esprit du Noël présent possède un petit air de ressemblance. Je ne m'étonne pas de la présence de ces esprits tellement la littérature anglaise a toujours été férue d'éléments fantastiques. J'ai beaucoup aimé le respect du côté littéraire des dialogues entre Scrooge et les esprits ou son neveu, cela donne de l'épaisseur au personnage de Scrooge qui est bien plus qu'un simple avare sans passé ni conscience comme notre Harpagon. Le dessin est réaliste, fin et précis. Il alterne les scènes d'intérieurs plus introspectives et les extérieurs d'ambiances de ce jour de Noël. L'ouvrage aborde le côté religieux de Noël à la marge en soulignant les aspects de charité, d'esprit de paix ou de famille. Seul un dossier littéraire aborde le sujet en fin d'ouvrage ainsi qu'un rappel de l'importance de l'oeuvre de Dickens dans la littérature réaliste et sociale. C'est un des numéros de la série que j'ai préférés pour le moment.

25/12/2022 (modifier)
Couverture de la série 35 ans du Journal Tintin - 35 ans d'humour
35 ans du Journal Tintin - 35 ans d'humour

Lors d'un rangement, j'ai retrouvé cet album que je possède depuis 1981, je me demande encore comment j'ai fait pour ne pas le poster plus tôt. Il s'agit d'un album anniversaire qui non seulement marque 35 ans d'existence, mais aussi d'un hommage aux créateurs, scénaristes et dessinateurs qui ont animé le journal Tintin depuis sa fondation en 1946, tout en étant aussi une sorte de remerciement aux lecteurs qui lui ont été fidèles. J'en ai fait partie pendant longtemps, depuis ma petite enfance jusqu'à mes 19 ans ; après 1980, le journal a changé, j'ai commencé à moins le suivre jusqu'en 1988, date de son arrêt. Pourquoi poster cet album ? car en 1986, Le Lombard éditait un nouvel album anniversaire sur les 40 ans du journal (l'Aventure du Journal Tintin - 40 ans de bandes dessinées) qui se voulait un document sur l'historique du journal ; en 2016, ce concept sera repris de façon nettement améliorée et complète dans La Grande Aventure du Journal Tintin. Je poste donc cet album pour plusieurs raisons. La première, c'est que j'ai grandi avec le journal Tintin, je le connais donc parfaitement, c'est le journal de mes jeunes années qui m'a ouvert le monde de la bande dessinée. Ensuite, c'est une compilation de petits récits complets et de gags qui a la même démarche que Les Plus Belles Histoires de Pilote en montrant l'évolution des moeurs et l'humour particulier du journal. Enfin, l'angle choisi est justement l'humour, les extraits montrés ici sont tous des gags en 1 ou 2 planches, on n'y verra donc pas les grandes séries réalistes comme Bruno Brazil, Comanche, Buddy Longway, Michel Vaillant ou Chevalier Ardent... On voit les différentes sortes d'humour que Tintin a tenté en mesurant le fossé qui sépare l'humour bon enfant et un peu daté de Quick et Flupke de l'ironie absurde de Ernst dans ses Clin d'oeil, ou l'humour badin de Les Aventures de Monsieur Tric de la satire sociale dans Les Aventures de Rififi. Ce qui est intéressant aussi, c'est de voir les débuts de plusieurs héros comme ceux de Cubitus ou de Robin Dubois, les premiers essais de Dany ou des imports de comics humoristiques comme La Tribu Terrible. De même que plusieurs personnages très méconnus, tout au moins de ceux qui ne lisaient pas le journal, sont des (re)découvertes intéressantes ; on verra notamment "Evariste Confus", une série de Joël Azara avant Taka Takata ; la souris Bolivar, création fugace de Greg ; le kangourou Baf de Geri, puis Skblllz ; des gags préhistoriques avec "les Cromagnonneries" d'Auguste, "Cro-Magnon" de Bara ou "Ptyht-Thêtt" de Lagas ; le ton loufoque de Lahuri de Vicq et Francis ; Balthazar, un petit bonhomme gaffeur de De Moor ; Globul, un petit héros éphémère de Tibet ; "Poussin et Poussif", une des premières petites bandes de Goscinny et Uderzo, ou encore "Amik" de Le Gallo, à l'humour parfois cruel... On retrouve aussi les vedettes habituées du journal comme Modeste et Pompon, L'Indésirable Désiré, Strapontin, Taka Takata, Prudence Petitpas, Chick Bill (ou plutôt Kid Ordinn), Benjamin et bien d'autres, réunissant ainsi une équipe magistrale avec des gens comme Hergé, Franquin, Tibet, Uderzo, Dupa, Mazel, Macherot, Attanasio, Greg, Berck, De Moor, Vandersteen, Maréchal, Turk et De Groot, Brouyère, Mouminoux, Wasterlain, Ernst... Il y a même Achille Talon, car visiblement en 1968, Greg a introduit 2 ou 3 gags dans les pages du journal pour le tester, avant de le publier dans le journal Pilote (à l'époque, Tintin et Pilote n'étaient pas vraiment concurrents, car ils étaient tous deux édités par Dargaud). Raymond Leblanc signe une courte préface où il évoque les débuts du journal et parle de son évolution et de l'humour "à la Tintin". Voila donc un bel album, assez rare, donc assez coté, j'ai vu sur internet des prix fous mais aussi des prix plus abordables, et je suis content de l'avoir relu. Il s'adresse à tout le monde, même à ceux qui n'ont jamais lu le journal Tintin, car l'humour est universel.

24/12/2022 (modifier)
Par hugo
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Klaw
Klaw

Contrairement aux autres avis‚ le mien ne sera pas un roman . Je vais être clair, ceux qui n'ont pas encore lue cette série, lisez-la !!! Je n'ai pas mit la note de 5/5 à " The Klaw " car cette bd est géniale mais n'atteint pas la perfection . En tous cas merci de m'avoir fais lire cette série et continuez ainsi .

24/12/2022 (modifier)
Couverture de la série Contrapaso
Contrapaso

Eh bien, il est plutôt chouette cet album. Un dessin semi réaliste et très dynamique, une colorisation elle aussi plutôt sympa : ça se laisse lire facilement. Et d’autant plus agréablement que l’histoire prend le temps de planter le décor, de présenter les principaux protagonistes (l’album fait quasiment 150 pages !). Et qu’elle se développe avec un arrière-plan assez riche. Nous avons ainsi l’occasion de nous plonger dans l’Espagne franquiste des années 1950, très bien reconstituée. Et, au milieu de ce décor assez riche, Teresa Valero (que je découvre avec cet album) nous a concocté une intrigue policière dense, bien fichue, avec l’inévitable d’enquêteurs a priori mal assortis, ici non des flics, mais des journalistes. Surtout le vieux briscard, qui piste un serial killer depuis des années, et se refuse à totalement abdiquer devant les menaces et la censure franquistes (relayées par la police et ses supérieurs). C’est très dynamique, lisible, avec une narration fluide et agréable, comme le dessin donc. L’album conclut bien l’intrigue et l’enquête. Mais la fin reste ouverte et, même si cet album se suffit à lui-même, il est tout à fait envisageable que d’autres albums voient le jour. Ce qui ne serait pas une mauvaise idée après tout, tant le premier album se révèle bien fichu. Note réelle 3,5/5.

23/12/2022 (modifier)
Couverture de la série De père en FIV
De père en FIV

Sur un sujet qui pourrait être douloureux, propice à exacerber un certain pathos, ou rébarbatif pour ceux qui n’ont jamais été concernés par des difficultés à avoir un enfant, je trouve que William Roy s’en sort plutôt bien, pour raconter une expérience qu’il a vécue avec sa femme. Que ce soit les aspects techniques, scientifiques (jamais escamotés), ou tout ce qui concerne les aspects psychologiques (comment gérer, assumer cette « situation » face aux proches, voire face à soi-même), il rend son récit à la fois intéressant et captivant. Grâce à un dessin simple et dynamique d’abord. Grâce à une narration agréable ensuite. Il pique le personnage du professeur Burp à Gotlib (ici rebaptisé professeur Beuaârr), ce qui lui permet de faire passer sur un ton humoristique certaines connaissances, en y ajoutant pas mal de loufoque et de vulgarité amusante. Mais rassurez-vous, ce professeur absurde n’a pas le monopole de la vulgarisation scientifique, développée dans de nombreuses planches, de façon didactique, cela passe très bien, dans des dialogues et des mises en situation du jeune couple. Le récit est aussi aéré par pas mal d’à-côtés de la vie du futur père, mais aussi par des flash-backs (et ses rapports très tendus avec un père assez « froid »). Une lecture instructive et agréable donc.

22/12/2022 (modifier)
Couverture de la série La Vie gourmande
La Vie gourmande

Véritable ode aux plaisirs de la table, ce récit autobiographique répond on ne peut mieux à la définition du carpe diem. Profite de l’instant présent, car tu ne sais pas ce que demain te réserve. Et demain pour l’autrice va prendre la forme d’un deuil dans un premier temps (celui de sa grand-mère, en partie responsable de sa passion pour la cuisine) et dans un deuxième temps celui plus effrayant encore d’un cancer du sein. Aurélie Aurita se confie à nous tout au long du récit, nous faisant partager son expérience de vie, ses amitiés passionnées, ses réflexions sur l’amour, ses découvertes des coulisses et des plats de restaurants huppés, ses rencontres surtout ! Ses descriptions des mets qu’elle apprécie sont on ne peut plus sensuelles et des allusions claires aux plaisirs charnels sont faites. Ce n’est pas pour me déplaire et toujours fait avec une petite pointe d’humour qui enlève tout aspect graveleux aux propos mais c’est quand même assez culotté. La sincérité avec laquelle elle nous parle de son cancer est touchante et instructive. Cette expérience ainsi décrite permet de démythifier la maladie sans en occulter les dangers (j’ai été spécialement marqué par le décès d’une de ses amies). La mise en page est aérée, le dessin est expressif en diable quand bien même il ne serait pas toujours des plus précis. Les choix de couleurs, qui mettent en évidence certains éléments (aliment ?), focalisent notre attention sur ceux-ci. L’album se lit d’une traite et avec plaisir. C’est extrêmement positif alors même que l’ombre de la mort plane tout au long de la lecture. Franchement bien ! Vraiment !

22/12/2022 (modifier)
Par yOyO
Note: 4/5
Couverture de la série L'Impudence des chiens
L'Impudence des chiens

Un avis très positif à la sortie de cet album. Ducoudray et Dumontheuil ont pris leur pied à construire cette fable truculente qu'est "L'impudence des chiens". Il n'y a aucune vulgarité ni grossièreté, ce qui pouvait paraître compliqué au vu du sujet de base. Ducoudray se paye le luxe de manier le verbe en rime à la fois de manière cocasse pour public du 21ème siècle, tout en restant en nature à celui du 17ème, c'est vraiment bien fait, et très drôle malgré quelques longueurs. Ce sujet exploité avec humour ne pouvait qu'être dessiné par Dumontheuil, encore une fois très juste dans les plans, les couleurs vives, les décors bien fournis. Encore une fois son graphisme dessert parfaitement l'absurdité du propos. Un bon album, drôle, dialogues ciselés, d'une idée parfaitement exploitée.

22/12/2022 (modifier)
Par Titanick
Note: 4/5
Couverture de la série Images drôlatiques (Films pour les tout-petits)
Images drôlatiques (Films pour les tout-petits)

Attention, on est là dans le patrimoine de la BD française, paru en 1923 ! Et ma foi, c’est une antiquité qui, je trouve, n’a pas tant vieilli que ça. Il s’agit de saynètes humoristiques en une page et peu de vignettes, complètement muettes à l’exception du titre, et destinées à de tout jeunes enfants, nul besoin de la maîtrise de la lecture. Même si les décors, costumes et situations sont sans doute quelque peu démodés, le côté purement visuel des gags devrait encore fonctionner sur les plus jeunes. Et personnellement, en tant que… on va dire moins jeune, je leur trouve un côté charmant. Le dessin est rond et tout doux, les couleurs sont très douces également, chaque planche étant traitée dans une espèce de bichromie que je trouve paradoxalement assez moderne. En tout cas, c’est visuellement très harmonieux. André Hellé était un des précurseurs de la bd, également illustrateur de livres jeunesse, mais également de livrets de musique d’opéra et de ballet (il a collaboré avec son ami Debussy), illustrateur satirique pour la presse adulte et… créateur de jouets en bois (pour lesquels il sera primé). Avant d’être regroupées en album titré « films pour les tout-petits » par Garnier Frères, quelques unes de ces saynètes sont d’abord parues dans « Les petits bonshommes », une des premières revues socialistes pour la jeunesse populaire dans sa deuxième période (elle fut interrompue par la guerre et reprit en 1922). Une réédition sous un nouveau titre « Images drôlatiques » est parue en 1931. C’est sous ce nouveau titre qu’un éditeur moderne les a enfin reprises et sorties de l’oubli, agrémentées d’une partie biographique de Hellé par Jean-Hugues Malineau. Je n’ai eu en main aucune de ces éditions mais l’intégralité de l’édition d’origine est disponible, en tant qu’oeuvre tombée dans le domaine public, sur le merveilleux site Gallica de la BNF. Cela dit, mon côté collectionnite m’oblige à avouer que je suis un peu tentée par cette édition moderne. Quatre étoiles, pour le charme de ces planches et aussi pour le côté patrimonial et précurseur de cette bd qui visait les plus jeunes des plus jeunes.

21/12/2022 (modifier)
Couverture de la série La Renarde
La Renarde

Découverte lors la sortie de son deuxième tome, j’ai tout de suite succombé à ce petit univers. Au 1er abord, un dessin simple que l’on pourrait qualifier de limite enfantin mais en dichotomie avec le ton déployé, les 2 s’associant parfaitement pour créer un juste équilibre à l’humour ni trop trash, ni trop gentillet. Un chouette microcosme de créé, le tout est mené tambour battant par notre roublarde de renarde qui use de ses nombreuses facéties face à tout un panel de personnages. Ces derniers tous sympathiques ne brillent jamais par leur intelligence. Une série avec beaucoup de qualités, assez peu connue et qui malgré de nombreuses similitudes vues ici ou là (un peu du génie des alpages, un zeste de Francis pour le fond et la forme), possède son propre ton et son originalité. Bref j’adhère complètement et ne déconseille pas du tout.

21/12/2022 (modifier)