Les derniers avis (32314 avis)

Par Josq
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Silas Corey
Silas Corey

J'ai découvert Fabien Nury avec le premier diptyque de cette saga, mais j'ai attendu tout ce temps pour lire le deuxième diptyqe. Et BORDEL, QU'EST-CE QUE C'EST BON !!! Avec cette saga, Nury m'a totalement embarqué. J'aime beaucoup les récits d'espionnages, mais je suis toujours anxieux quand j'en découvre un, car il est très facile de s'y perdre et de faire n'importe quoi, quand on essaye d'en concevoir un. Or, ici, Fabien Nury réussit le prodige d'échapper à tous les écueils du genre, un par un ! Oui, le récit de Silas Corey est très dense, il articule une intrigue de complot entre au moins 3 camps et plusieurs électrons libres entre ces derniers. C'est dire qu'il serait facile de s'y égarer, et pourtant, le scénario reste d'une belle limpidité. On arrive franchement bien à suivre chacun des personnages (même si, dans l'action, le dessin est parfois un peu confus), tout d'abord grâce à une écriture très rigoureuse. Ils sont dotés d'une vraie personnalité, d'un caractère bien pensé et pas du tout simpliste, et on s'y attache facilement, tant à ceux dont on épouse les convictions qu'aux autres. Bref, beaucoup d'épaisseur et de nuances dans l'écriture des personnages, et ça suffit déjà à faire sortir Silas Corey du lot. Le scénario lui-même est assez complexe. Sans révéler les enjeux du premier diptyque, j'ai adoré le MacGuffin et ses implications, qui donnent un éclairage aussi nouveau que grave (quoiqu'historiquement un peu fantaisiste, bien sûr) sur la période de la Première Guerre mondiale en France. Le rapport de force entre les différents camps est parfaitement construit par un Fabien Nury dont on imagine à grand-peine les nuits d'angoisse que cela a dû lui donner. Vraiment, chaque péripétie est réfléchie, et s'intègre merveilleusement à un ensemble bâti sur des dialogues minutieusement écrits. Enfin, l'équilibre entre les scènes de dialogue et les scènes d'action est excellent. Il y a là un rythme fou, ni trop rapide ni trop lent, qui nous embarque de la première à la dernière page du dyptique. Mais si, déjà, Le Réseau Aquila est une merveille, alors que dire du Testament Zarkoff ? Les tomes 3 et 4 ne sont pas loin de former ce que Fabien Nury a fait de mieux dans sa (riche) carrière. Là où on avait un ton sombre mais encore éclairé par quelques pointes d'humour et une ironie salvatrice (certes ambiguë) dans les deux premiers tomes, Le Testament Zarkoff délaisse totalement les piques humoristiques et renforce l'ironie. Seulement, cette ironie n'est plus drôle, mais alors plus du tout. Au contraire, Nury la manie comme une arme terrible. Elle devient froide, cruelle, et nous fait entrer de plain-pied dans le registre du tragique. Le Réseau Aquila était un récit d'espionnage ; Le Testament Zarkoff est une tragédie, dans le sens le plus pur du mot. Plus encore que dans les deux premiers volets, Fabien Nury nous y promène à travers les pages de l'Histoire, et peut-être bien les plus sinistres... Il m'a fait découvrir un paquet d'éléments que j'ignorais (je ne crois pas avoir déjà entendu parler de cette Société Thulé, bien réelle, et de ce triste sire de Rudolf von Sebonttendorf, lui aussi tout-à-fait historique), et remonte aux racines d'événements bien trop connus du public pour nous montrer comment ils ont pu se développer. Le ton est d'une noirceur impressionnante, rien ne vient éclairer les rouages de cette machine infernale, qui broie l'humain pour faire émerger l'horreur, juste l'horreur. Le Testament Zarkoff déploie alors un pessimisme sans bornes, sans jamais se priver de ses spectaculaires scènes d'action, touchant un équilibre presque parfait. Rarement une bande dessinée m'aura fait tel effet, il vaut mieux ne pas être dépressif en l'ouvrant ! L'autre grande merveille de cette bande dessinée, c'est le dessin de Pierre Alary. En termes d'équilibre, il atteint lui aussi des sommets ! Expressif et élégant, le trait d'Alary est celui du juste milieu. Pas trop réaliste, mais pas trop stylisé non plus, il crée une atmosphère excellente, qui fonctionne aussi bien pour les quelques traits d'humour que pour les scènes plus sombres, pour les scènes de dialogue et pour les scènes d'action. Si je faisais la fine bouche, toutefois, je dois dire qu'à certains moments, le dessin rend l'action plus confuse, notamment à cause d'une succession de cases en trop gros plans pour bien comprendre ce qu'il s'y passe. Mais ça reste un détail. Peut-être que certains pourraient trouver que tout cela est trop classique (mais vues les notes sur cette série, visiblement, ça n'a pas trop été le cas), mais si le classicisme est effectivement bien présent, il l'est pour le mieux. Nury et Alary nous livrent ainsi un récit d'espionnage et d'aventures parfaitement ficelé autour de tous les éléments caractéristiques du genre. Les amateurs ne se sentiront pas perdus et pourtant, cela n'exclut pas toute surprise du récit. Bref, vraiment, j'ai beau chercher rien à redire. J'adore.

02/02/2021 (MAJ le 28/12/2022) (modifier)
Par Jeïrhk
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Hoka Hey !
Hoka Hey !

Excellent ! D'habitude je préfère la lecture sur papier mais pour celui-ci j'ai eu la chance de pouvoir le lire sur un grand écran et ce fut une agréable surprise ! Les cases sont très grandes, ce sont des petits chefs d'oeuvres chacune. J'ai eu l'impression de voir un film. Si je ne mets pas 5/5 c'est parce que malgré un scénario très bien maîtrisé, le scénario dans sa globalité n'apporte rien de nouveau pour quelqu'un qui a l'habitude de lire ou voir des films sur ce thème, les moments choc de la lecture sont assez prévisibles. Mais ça n'empêche pas de passer un très bon moment et de passer par pleins d'émotions ! Hoka hey !

28/12/2022 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Peau d'Homme
Peau d'Homme

J'ai mis un long moment avant de lire cet album dont le grand public disait pourtant beaucoup de bien car je craignais d'y lire une histoire trop manichéenne, un pamphlet féministe trop basique et convenu pour un lecteur comme moi, pourtant profondément féministe. Quelle ne fut pas mon agréable surprise d'y découvrir un scénario bien plus intelligent, ouvert et subtil que je le craignais. Point de manichéisme dans cette fable sociale transposée à l'Italie du Quattrocento. D'emblée, la condition féminine y est présentée dans toute sa partialité, les femmes ne servant que d'épouses dociles et de mères porteuses à des hommes qui sont les véritables seigneurs et maîtres de la cité. Mais c'est pour très rapidement montrer que cette structure sociétale est le fait aussi bien des hommes que des femmes, et que tant chez les uns que chez les autres on peut en trouver des stupidement réactionnaires et d'autres bien plus ouverts d'esprit. Pas de critique basique du joug de l'homme sur la femme, plus un appel à l'ouverture et à montrer que des solutions sont possibles. J'ai trouvé l'intrigue très bien racontée, bien rythmée, jamais trop évidente et toujours très intelligente. La critique sociale est bien là mais jamais péremptoire ni moralisatrice. Et en parallèle, il y a une vraie intrigue prenante, avec une bonne dose de fantastique mais aussi de sentiments, quelques bonnes péripéties avec de bonnes résolutions, et une fin très satisfaisante. Excellent album !

27/12/2022 (modifier)
Par Nicolas
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Black Squaw
Black Squaw

Franchement cette histoire en 4 tomes ( vivement la sortie du 4ème) vaut le déplacement. Les dessins sont magnifiques, vraiment plaisant à voir. L'histoire "fiction" dans l'histoire et le contexte réel de l'époque est bien ficelé. J'ai eu du mal à lâcher les deux premiers tomes. Il faut que je mette la main sur le 3ème. Les sauts dans le temps entre passé et présent donnent deux histoires en une qui se rejoignent, l'intrigue, les surprises font que cette histoire est très agréable et donne envie d'arriver au bout. Mais ceci n'est que mon avis.

27/12/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série Adam Clarks
Adam Clarks

Une bd atypique. Atypique dans son format XXL. Atypique dans sa narration. Atypique dans son graphisme. Un récit où vient se mélanger espionnage et une pointe de science fiction, une recette qui entraîne le lecteur dans une savoureuse dégustation. Les deux blocs de la guerre froide vont se servir de notre anti-héros, Adam Clarks, pour des raisons bien différentes et celui-ci va devoir jongler pour tirer son épingle du jeu. Je disais donc une narration atypique puisque la voix off d'un conteur sera omniprésente tout le long du récit et surtout, elle sera jusqu'à être représentée physiquement. Une intrigue bien ficelée qui peut se situer dans les années 60/70 mais avec une touche d'uchronie, les voitures volent. J'ai été séduit par l'univers décalé que Régis Hautière a su créer. Atypique aussi avec ce graphisme que je considère comme "rétro", mais dans le bon sens du terme. Un trait anguleux, expressif et une colorisation assez sombre, avec une palette de couleurs minimalistes, qui plongent directement le lecteur dans cette période de guerre froide. On a droit à une bande verticale (côté extérieur), sur chacune des planches, elle est dessinée et fait ressentir l'ambiance suivant l'avancée de l'histoire. Du beau travail. Une bb originale dont je conseille la lecture et plus si affinités.

27/12/2022 (modifier)
Par greg
Note: 4/5
Couverture de la série Boca Nueva
Boca Nueva

Boca Nueva est une énième BD mettant en scène des animaux anthropomorphiques dans un monde imaginaire. Les héros principaux sont deux policiers : un bleu qui vient de rejoindre les forces, naïf et incompétent (choisi par un chef corrompu pour cette raison) et un briscard qui vient de perdre son coéquipier dans des circonstances tragiques. On comprend très rapidement que tout trouve son origine dans un complot qui se dévoile petit à petit au fil des pages. Autant le dire tout de suite, c'est très bien, il y a certes quelques longueurs et quelques éléments étranges (le flic vétéran est hanté par le spectre de son ex-partenaire sans que l'on comprenne à quoi servent les scènes), mais globalement c'est un réussite : les personnages sont bien posés et creusés, parfois même haut en couleur, l'intrigue est très bien écrite et l'univers est vivant, voire crédible. Il y a également des touches d'humour assez fantasmagoriques qui sortent tout à coup juste après des scènes très sombres et sinistres, apportant un contrepoids bienvenu. Bref c'est globalement une réussite, j'espère juste que la conclusion n'est qu'une annonce à une suite et non pas un trait final. A la base, cette oeuvre est une trilogie : le premier tome est sorti en Janvier 2016, le second en Janvier2018, et le troisième mi- 2022... sous forme d'intégrale. Vous voilà prévenus, n'achetez surtout pas les deux premiers tomes isolément.

27/12/2022 (modifier)
Couverture de la série Mon voisin Raymond
Mon voisin Raymond

Petit coup de cœur pour cet album dont j’ai aimé la simplicité de ton et le dessin. Dans Mon voisin Raymond, Troubs nous parle de (suspense) son voisin qui s’appelle (roulement de tambour) Raymond. Un voisin âgé de plus de 80 ans mais toujours actif, propriétaire d’une petite ferme à la campagne, dans laquelle il vit et qu’il entretient aussi bien que ses capacités physiques le lui permettent. Préparer le potager, couper du bois, faire des réserves, autant de tâches simples à effectuer au quotidien mais qui se compliquent avec l’âge. L’auteur passe régulièrement voir ce voisin, tantôt à sa demande, tantôt juste comme ça, pour le plaisir autant que pour vérifier que tout va bien. Raymond est vieux et radote un peu mais garde toute sa vivacité d’esprit, invite Troubs à rester manger ou à prendre l’apéritif ou à boire un café. Au détour d’une balade dans les bois, ils se croisent et échangent sur la cueillette des champignons (Raymond connait manifestement les meilleurs coins). Ainsi, c’est la vie à la campagne telle que vécue par nos ainés qui nous est décrite, dans sa simplicité, la répétition des tâches, la connaissance de la nature, les craintes au sujet de la météo, de la santé qui décline (pas pour soi mais pour son entourage). Les loisirs sont peu chronophages, la télévision tient lieu de compagnie à défaut de mieux… J’ai trouvé ce tableau très juste et très touchant, sans doute parce qu’il trouve un écho dans mon propre entourage. J’ai senti l’affection qu’avait l’auteur pour son voisin, le respect des connaissances empiriques de celui-ci, l’envie d’aider sans s’imposer, une forme de solidarité sans doute incompréhensible pour un citadin mais indispensable à la campagne. Le découpage prend la forme d’un calendrier, chaque chapitre étant consacré à un événement survenu durant un mois, de janvier à décembre. De la sorte, c’est une année entière qui coule sous nos yeux, avec ses particularités saisonnières : la réserve de bois qui s’épuise plus vite que l’hiver, le potager à préparer, les champignons à aller ramasser quand ils sont là (parce que 15 jours plus tard, ce serait trop tard et ce serait bête de gâcher), les conserves à préparer (on ne va quand même pas perdre toutes ces prunes). A nouveau, ce lien avec la nature, avec les saisons, cette force de travail née de la nécessité de faire les choses quand elles doivent être faites (car la nature n'attend pas) m’ont ému mais ils risquent de ne pas parler à tous les lecteurs. C’est le rythme simple mais inaltérable de la vie, de la nature, avec ses priorités, ses échéances à ne pas laisser passer car on ne les retrouvera que dans un an. Le dessin est doux et laisse la place plus souvent qu’à son tour à des cases contemplatives. Troubs décrit également avec soin l’environnement de Raymond, dont la demeure est devenue de plus en plus isolée au fil du temps. Les personnages sont expressifs, les décors sont simples mais soignés. La colorisation apporte encore un peu plus de douceur à ce tableau. En résumé, je peux dire que j’ai beaucoup aimé. Troubs a réussi à me faire partager sa relation, mélange d’amitié, de respect envers les ainés et de solidarité qui le lie à Raymond. Pour moi, c’est un bel album, cohérent dans sa simplicité, touchant dans son humanité.

27/12/2022 (modifier)
Par Jeïrhk
Note: 4/5
Couverture de la série Calfboy
Calfboy

Simple et efficace. Cette découpe des cases sur un plan large est très réussie et ça donne encore plus de vie aux cases. Dessin minimaliste mais parfaitement maîtrisé et ça fait son charme. D'ailleurs sur le 3eme tome il y a + de gros plans sur les visages et sur l'ensemble des personnages, donc tout est plus détaillé (pas tout le temps), mais ça enlève le charme qu'avait la bd. Ça casse un peu notre imaginaire pour les visages et expressions des personnages. Ce pourquoi j'avais beaucoup aimé cette bd. Les 2 frères sont attachants et marrants, on a envie de suivre leurs aventures. Tome 1 et 2 : 4/5 Tome 3 : 3/5 J'avais envie de lire une bd qui se lit vite sans prise de tête, et ce fut un réel plaisir.

26/12/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Cages
Cages

Une bd qui divise. Après une première lecture en début d'année, le temps de la digestion, je viens de terminer ma deuxième lecture. Elle était nécessaire pour capter ce qui m'avait échappé en janvier. D'ailleurs, une troisième lecture ne sera pas de trop, ce comics est une bouteille de "paic citron", on croit qu'il n'y a plus rien à en tirer, mais non il reste toujours quelques gouttes au fond de l'écrin. Comment résumer ce comics ? Ben juste avec son titre : "Cages". Tout est dit ! Ce pavé va essayer d'ouvrir toutes les cages qui enferment les artistes. Pas celles avec des barreaux, mais celles qui les emprisonnent dans la création à travers Dieu, la mort et l'amour. Ce qui divise, c'est la capacité à trouver les clefs pour en ouvrir les serrures. Mais le jeu en vaut la chandelle et derrière ces portes, il souffle un vent de liberté, mais chacun pourra en faire son interprétation. Une narration déconcertante, mystique avec pour fil conducteur un chat noir, il ne faut pas forcément y voir l'animal de mauvais augure qui a accompagné les sorcières, mais plutôt l'emblème de fécondité (artistique) qu'il fût en Égypte. Bref, rien ne vas vous tomber tout cuit dans le bec, il faudra gratter derrière le texte et l'image pour pouvoir picorer les "trésors" qui s'y cachent. Cages est aussi une aventure graphique, Dave McKean mélange toujours des styles très différents, mais avec talent. Merveilleux et envoûtant. Une expérience extraordinaire ! A vous de voir ....

25/12/2022 (modifier)
Couverture de la série Saison brune 2.0 (Nos empreintes digitales)
Saison brune 2.0 (Nos empreintes digitales)

Saison brune m'avait mis une énorme claque, en me faisant entrer violemment dans le sujet du réchauffement climatique. Depuis je me suis un peu documenté, aussi cet ouvrage-ci n'est-il pas pour moi une énorme claque. La patte et le talent de Squarzoni sont néanmoins toujours bien là. Avec des pages parfois désertes de texte et des enchaînements aux figures de travelling conceptuel, il déroule des faits qui devraient être évidents mais ne le sont souvent pas. Si le grand capital qui nous ment et nous spolie y est pour quelque chose, l'aveuglement volontaire et le déni des individus n'y est pas non plus étranger. Bonne nouvelle donc, après cette lecture, ces faits seront devenus évidents pour vous aussi, et vous pourrez choisir, mais en conscience. Sur les 265 pages de cet album, et malgré les multiples scènes muettes, la masse d'informations est tout de même conséquente, et permet a minima d'être mieux informés, et donc mieux armés pour débattre. Plaidoyer qui n'en est pas tout à fait un pour une sobriété numérique, puisque l'auteur ne cherche pas à convaincre mais à informer, cet ouvrage qui nous promène dans les rues parisiennes vides du confinement est agréable à lire, ce qui, sur un sujet désagréable, est bien joué. En terme de justesse de ton et de justesse du contenu, il vient poser avec un brio discret sa pierre sur ce sujet majeur.

25/12/2022 (modifier)