Les derniers avis (32078 avis)

Par Superjé
Note: 4/5
Couverture de la série On n'est pas là pour réussir
On n'est pas là pour réussir

Fabcaro, auteur ayant un succès d'estime, je l'ai découvert récemment dans Z comme don Diego, mais je voulais découvrir son côté "autobiographique humoristique" puisque ce n'est pas le premier album qu'il sort dans cette veine, chez des éditeurs indépendants. Et c'est vraiment bon. On y suit son quotidien imaginé d'auteur de BDs peu connues, looser qui porte un regard cynique et amer sur le monde de la BD. Les gags y sont frais, souvent drôles et on passe un plutôt bon et long moment à lire cet album. Par contre, il faut avoir de base une certaine culture BDs, car les références y sont nombreuses et variées. J'aime aussi beaucoup le dessin ; moderne, nerveux, très drôle, assez détaillé (bien que pauvre en décor), pour une BD humoristique c'est le style de dessin que je préfère. Bref, une petit bouffée d'air frais que cette BD, mais ne courez pas non plus acheter tous les bouquins de l'auteur, s'il sort de la mouise, est-ce que son héros de papier existera toujours ?

06/02/2013 (modifier)
Par Pierig
Note: 4/5
Couverture de la série Les Cinq Conteurs de Bagdad
Les Cinq Conteurs de Bagdad

Vehlmann a su s’imposer comme un scénariste sur lequel il faut compter. Ses thématiques abordées sont diversifiées et souvent il fait mouche. C’est encore le cas ici. Cette compétition entre conteurs est prétexte à un long voyage dans l’univers des contes orientaux. C’est aussi l’occasion de voir par quels artifices les prédictions de la voyante du début vont se révéler exactes … ou pas. Cet album, c’est finalement un peu comme regarder un Columbo : tout est joué d’avance, mais c’est la grande inconnue sur le cheminement d’une issue connue de tous qui suscite l’intérêt. Voilà, il y a du dépaysement, de l’humour, de la rivalité sur fond de guerre des contes. Côté dessin, Duchazeau présente un trait hachuré sans lourdeurs qui se marie à merveille avec l’histoire contée . . . Une lecture bien sympathique, fidèle à ce à quoi Vehlmann nous a habitué.

06/02/2013 (modifier)
Par Superjé
Note: 4/5
Couverture de la série Histoire de la musique en 80 tomes
Histoire de la musique en 80 tomes

Thiriet est un auteur que je considère comme sous-estimé, alors que j'apprécie plutôt son travail en particulier lorsqu'il aborde un sujet qui lui tient à cœur (puisque l'album Les Brigands du Vistre le traite aussi), tout comme à moi : la musique. Se présentant sous la forme d'une espèce de parodie de Histoire de la musique ou d'autres BD éducatives un peu ringardes et vieillottes des années 80, Thiriet nous propose, sans trop de fil conducteur, des histoires, des anecdotes (vécues par lui-même ou simplement racontées) et autres délires musicaux (sur pleins de musiciens de styles différents) qui, s'ils ne sont pas toujours drôles (bien que souvent), sont très instructifs et intéressants. Et comme je n'ai rien contre son dessin, certes simple, sans fioriture ni difficulté évidente mais lisible et bien coloré, et bien j'ai passé un excellent moment de lecture.

05/02/2013 (modifier)
Par Superjé
Note: 4/5
Couverture de la série Sidi Bouzid Kids
Sidi Bouzid Kids

J'ai eu du mal à suivre ce qu'il se passait pendant les révolutions arabes de 2011, alors lire un album qui nous explique et montre le point de départ de ces évènements m’intéressait. Eric Borg a fait du bon boulot lors de l'écriture de son scénario : clair, résumant les évènements principaux, montrant l'importance qu'a eu la jeunesse et Internet dans la révolution, etc... L'aspect fictionnel de l'ensemble permet d'amener pas mal d'émotion au récit, en plus du côté instructif de la partie "historique". Je trouve juste que la narration manque un peu d’efficacité mais c'est un problème mineur. Pour mettre en images le récit d'E. Borg, il y a le dessin Alex Talamba. J'aime son style, moderne, simple et sobre, dynamique bien que n'étant pas toujours d'une grande précision. Pour résumer, voici un excellent album pour ceux intéressés de savoir ce qu'il s'est passé lors de la révolution tunisienne.

05/02/2013 (modifier)
Par Superjé
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série De mal en pis
De mal en pis

4.5/5 !!! (Je n'ai pas lu le tome bonus) Cet album est un vrai bon roman graphique, étant capable de nous amener vers différentes émotions ; de la tristesse comme le rire, de la colère à comme une certaine empathie envers les différents protagonistes, etc... Mais en effet, cette BD ne raconte rien qui mérite d'être raconté, juste la vie quotidienne de jeunes New-Yorkais à la fin des années 90 (vie que je ne connais évidemment pas), mais Alex Robinson le fait avec tellement de talent que ces plus de 600 pages ne sont pas un obstacle, du tout. Oui, j'ai tellement adoré ce bouquin qu'en moins d'une semaine je l'avais terminé, et le récit est tellement fluide, passionnant, inventif, avec des rebondissements et des personnages attachants que je n'ai vraiment pas vu le temps passer. En plus de ces qualités-ci (de multiples personnages intéressants à suivre, de bonnes trouvailles au niveau de la narration et du découpage, un large panel d'émotions provoquées par l'album, la psychologie/le passé/le caractère de chaque personnages extrêmement fouillé et travaillé) cet album nous apprend plein de choses sur le système de la BD U.S., les droits d'auteurs et le fonctionnement juridique sur une série de B.D., l’apparition -plutôt mal vue- du roman graphique à la fin des années 90/début des années 2000, les conventions et les geeks, etc... Bref, l'histoire de "De mal en pis" est vraiment d'une densité extraordinaire. C'est un régal à parcourir. Le dessin d'Alex Robinson est dans un style qui me plaît ; personnel, légèrement underground, très travaillé, avec des physiques très agréables à l’œil pour ses personnages, des décors ombragés et des expériences assez originales au niveau de la narration et du découpage des planches, cependant... Cependant, et ce qui m'a gêné au début de ma lecture, c'est que je trouve que son dessin manque grandement de maîtrise et de perfection (du moins en début d'album). Il fait encore légèrement amateur. Bien sûr, au fur et à mesure des 600 pages, son style se perfectionne, mais je ne trouve toujours pas que le dessin fasse très professionnel, même vers les dernières pages (c'est encore légèrement approximatif ou hésitant). Malgré ce défaut mineur (car le dessin reste agréable à regarder, je chipote), je conseille "De mal en pis" à tous les amateurs de romans graphiques (si bien sûr vous ne l'avez pas lu lorsque ce one-shot a gagné le prix du festival d'Angoulême) car celui-ci est d'une réussite rare.

04/02/2013 (modifier)
Par Benjamin
Note: 4/5
Couverture de la série Pays kaki 92/08
Pays kaki 92/08

J'ai trouvé par hasard cette BD sur le festival d'Angoulême, sur un stand où il n'y avait que de la qualité. Après mure réflexion, j'ai décidé d’acheter Pays kaki 92/08 de Cristophe Girard, qui était présent et disponible pour me parler de ses travaux, et m'expliquer qu'il avait vécu la plupart des scènes de cette BD. J'ai eu droit à un bel autoportrait à l'aquarelle, en casque de bidasse, pour compléter la couverture, qui représente un soldat anonyme. La BD est agréable à lire et très prenante, je l'ai finie ce matin au réveil, on est dans une ambiance très dure, nuancée de traits d'humour. Parfois humain, parfois froid, j'ai plus appris sur la guerre moderne en général dans cette BD que dans tous mes cours d'histoire à l'école, surtout que la guerre de Yougo n'y était que peu traitée. Le réalisme historique d'un côté, le vécu d'un soldat de l'autre, soldat qui tournera insoumis dans son futur, à en voir les autres œuvres de l'auteur, permettent une vision un peu objective des faits qui se déroulent (presque) sous nos yeux de lecteurs. J'aime beaucoup ces BD de guerre, elles permettent de mettre à la lumière certains dessous d'un conflit qu'il ne fait pas bon passer au 20h, c'est très dur à lire si l'on se rappelle que ce sont des faits réels, ça a tendance à casser avec l'image humanitaire de la guerre, qu'on tend à faire croire de nos jours. A tous les passionnés d'histoire, de géopolitique, ou simplement des rapports entre humains similaires ou différents, je conseille donc cette BD, à déguster comme un bon film de la trempe de Full Metal Jacket, ou d'Apocalypse Now.

04/02/2013 (modifier)
Couverture de la série Tremblez enfance Z46
Tremblez enfance Z46

J’ai découvert cette petite maison d’éditions (Tanibis) il y a peu avec un album très intéressant et bourré de qualités, Le Bus. C’est dans le même format à l’italienne qu’elle a récemment publié ce "tremblez enfance Z46", d’un auteur, EMG, que je découvre avec cet album. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Tanibis fait des choix originaux, et privilégie la qualité à la quantité. Qui s’en plaindrait ? Le graphisme est surprenant ! Il faut dire que le dessin, visiblement réalisé par ordinateur, n’est a priori pas ma tasse de thé, et que j’ai mis un certain temps à m’y faire. D’autant plus que les couleurs, volontairement flashy, sans nuance, renforcent cette impression de froideur. C’est donc assez glaçant. Dur d’y trouver du vivant, au milieu de ces décors vides (qui m’ont fait penser parfois à certains tableaux de de Chirico), et de ces robots. Certains personnages ou robots ont des formes très "Lego", ou renvoient au graphisme des anciens jeux vidéos. Les deux héros, Hicham et Wassila, ne sont que des momies sans corps. Ou plutôt des corps absents, entourés de bandelettes, comme blessés. Reste-t-il un peu d’humanité dans cette société, semblent-il nous dire ? Et toute l’histoire n’est en fait que la démonstration du fait que tant qu’il y a de l’espoir, il y a de la vie. C’est une histoire d’amour impossible, cruelle, qui dénonce l’attitude de notre société face à l’immigration, mais aussi son cœur atrophié, alors qu’Hicham et Wassila incarnent la vie, l’amour. Et nous savons hélas que les histoires d’amour finissent mal, en général. L’humour est parfois présent malgré tout (comme ces trains singeant les chevaux du tiercé, avec apparition improbable de Tintin et Milou !?). Un album qui se lit assez vite, car il y a peu de dialogues, et une seule image par page. Le déroulé de l’histoire est original, puisqu’on suit les deux amoureux en partant de chaque extrémité de l’album, jusqu’à leur rencontre sur une double page 46 centrale. C’est un bel album (j'ai complètement oublié les réserves initiales à propos du dessin) dont je vous recommande chaudement la lecture et l’achat.

03/02/2013 (modifier)
Par Superjé
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Réglisse et Théo
Réglisse et Théo

Voici un album totalement banal... En effet, un album humoristique, composé de strips et ayant pour thème la vie d'un chat et d'un chien, c'est une formule extrêmement courante dans la BD, les premiers exemples proches me venant à l'esprit sont Garfield, Grimmy, KatZ, Chiffon, Earl & Mooch, Maurice et Patapon, Fido face à son destin, Cubitus, Simon's Cat, etc... Les citer tous ici n'aurait aucun intérêt. Partant de cette constatation, il fallait donc que l'album me fasse rire (ce qui est quand même relativement rare, car j'ai le rire de plus en plus difficile à mesure que je grandis). Mais à ma grande surprise, je peux classer "Réglisse et Théo" dans la catégorie des BDs qui ont réussi à me faire rire à haute voix. Beaucoup de gags ne sont pas exceptionnels, très banals et ne me font donc aucun effet, par contre, un certain pourcentage de ces strips reposent sur un effet comique très scatologique. Ce n'est pas les blagues qui me font le plus rire en général, mais une bonne partie de ces gags m'ont fait rire ou sourire. Le graphisme lui est efficace et nerveux, bien qu'un peu brouillon (le manque de couleurs y est peut-être pour quelque chose). Bref, un petit peu lourdingue par moment, pas original pour un sou, ni très subtil mais fichtrement efficace, voici un bon petit album humoristique. 3.5/5

03/02/2013 (modifier)
Par Superjé
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Amer Béton
Amer Béton

Ah oui en voilà un bon manga... Déjanté, violent et légèrement psychédélique sont les termes que j'utiliserais pour le décrire, et, je ne sais pas pour vous, mais moi, rien que de lire cette phrase me donnerait déjà envie d'acheter cet album. Pour vous donner une meilleure idée de l'ambiance qui se dégage de cet album, imaginez un mélange entre Akira, le film Orange Mécanique et peut-être même Ichi the killer, avec l'ambiance d'un film de Takeshi Kitano -du moins, de ce que j'en ai vu- ... expliqué comme ça, ça peut paraitre improbable, mais c'est loin d'être indigeste. Donc, oui le scénario est étrange, c'est un manga de baston, certes ! ... Mais un manga de baston hyper-poétique (avec une fin virant un peu dans le métaphysique), jouant avec la symbolique de plein d’éléments (on retrouve ces symboles dans le dessin aussi) ; bien que je n'ai pas du les saisir tous, tellement j'étais emporté par le récit qui vous fait voyager dans un monde urbain pas très reluisant. L'ultime symbole étant Noiro et Blanco, les deux chats, se complétant dans l'âme et l'esprit : le ying et le yang. Le dessin ? Au début, il faut s'y faire, il ne fait pas super maitrisé, et un peu maladroit. En somme, un bon dessin de fanzine. Mais au bout d'un moment (lorsqu'on s'y est fait), il nous parait vraiment sympa (avec cette légère touche tordue qui le rend un peu psychédélique)... Il y a néanmoins quelques cases sublimes !! Après cette excellente lecture, je serai curieux de voir le film qui fut adapté... Et aussi de lire les autres œuvres de Matsumoto. "Amer Béton"... Pour sûr, une grande œuvre.

03/02/2013 (modifier)
Par Superjé
Note: 4/5
Couverture de la série La Bête est morte
La Bête est morte

Ah ça fait longtemps que je rêvais de lire cette BD. C'est donc maintenant chose faite, il faut dire qu'outre ma passion pour la BD, le conflit de la seconde guerre mondiale, ses tenants et ses aboutissants m'ont toujours intéressé, et les œuvres de propagande (sur cette période) m'ont toujours plu aussi, en particulier lorsqu'elles reprennent l'imagerie de l'enfance (bien qu'elles ne s’adressent pas forcément aux enfants), comme certains cartoons (ceux de Disney ou "Blitz Wolf" de Tex Avery). D'ailleurs, je ne cite pas ces cartoons innocemment, car le graphisme de cette BD est très inspiré de l'animation américaine à la Disney. D'ailleurs, Disney a fait un procès à Calvo, si mes souvenirs sont bons, car le design de son loup/Hitler est trop proche de celui du "Grand loup" dans le cartoon "Les trois petits cochons" (ce qui est bizarre puisque la parodie de propagande de ce même cartoon est Blitz Wolf de Tez Avery où le Loup joue le rôle... d'Adolf Hitler -la boucle est bouclée). Mais parlons du graphisme : assez magnifique, grandiose, baroque. Tous les personnages sont des petits personnages mignons, les décors sont des représentations paisibles de la nature, ce qui est en décalage total avec la violence des propos et de l'"action". J'aime ce style chargé et fourmillant de détails, avec de grandes et magnifiques fresques et de belles couleurs, bien que ce graphisme ne soit pas typiquement un dessin fait pour la BD, puisque étant plus proche du livre illustré, et donc, un peu trop figé à mon goût... Ce qui nous amène à parler de la narration. Pour moi, même si on est proche d'un livre illustré, c'est une BD, avec une narration séquentielle. Malgré tout, à cette époque où la distinction n'était pas forcément aisée, la narration n'est pas toujours très bien gérée, du fait de textes souvent très longs et denses. Cependant, en s'accrochant un peu, ça n'en dévient pas si dérangeant. Bon je ne reprocherai pas à cette BD son manichéisme (les gentils alliés contre les Allemands, tous d'horribles monstres), la propagande (il y a des relents communistes dans ce bouquin), les préjugés raciaux (le fait de représenter chaque pays par des animaux connotés, reproche qui a déjà pu être fait pour Maus), le décalage entre le dessin enfantin et une histoire ultra-violente et le manque de recul des auteurs par rapport aux évènements (c'est sûr, le premier tome est sorti en 1945, et beaucoup de personnes seront surprises de voir que les camps de la mort sont très peu mentionnés dans ce livre). Non, je considère et je prends ce bouquin dans son contexte, même si à l'époque de sa sortie, ça pouvait être le cas, je pense qu'aujourd'hui les enfants ne seront pas attirés et ne liront pas ce livre, seules les personnes intéressées, averties et critiques le liront. Je sais très bien aussi que ce livre reflète la pensée de l'époque (vous ne me verrez jamais critiquer "Tintin au Congo/chez les Soviets" par exemple, pour des raisons autres que d'ordre esthétique). Bref, moi, tout en prenant en compte tous ces éléments, j'ai trouvé le récit passionnant, très instructif et avec quelques rares doses d'humour (malgré quelques problèmes narratifs). Un livre à lire, si vous êtes intéressé par la période en question, si c'est le cas, vous allez tomber sur une pépite et passer tout comme moi, un bon moment...

03/02/2013 (modifier)