L'auteur de Vidéo Girl Aï récidive. Cette fois sans le soupçon de fantastique de Vidéo girl. I''s est donc un peu plus sérieux, bien que l'humour ne soit pas totalement absent.
L'histoire ici présentée est l'apprentissage de l'amour par un lycéen. Apprentissage qui passe par l'identification de l'amour et du désir. Cette oeuvre étant narrée à la première personne, nous plonge totalement dans l'univers, les pensées et les turpitudes de ce jeune garçon avec un réalisme prenant. Ceci, allié à un graphisme somptueux et très soigné, rend cette oeuvre véritablement attachante et plaisante (à condition d'avoir un peu l'âme fleur bleu tout de même).
Mais I''s n'est pas totalement exempt de défauts non plus: Les personnages sont (presque) directement repris de Vidéo Girl (un petit effort sur le character design n'aurait pas été de refus), certains personnages apparaissent et/ou disparaissent subitement, rendant parfois l'œuvre un peu artificielle et enfin la période post-lycée m'as parue totalement superflue, trainant inutilement l'œuvre en longueur.
I''s est une belle œuvre romantique destinée de toute évidence à un public jeune ou à l'esprit extrêmement fleur bleu. Une réussite dans son genre.
MISE A JOUR : La ré-édition de luxe de cette œuvre est un petit bijou (quelques pages couleurs, papier glacé bien blanc à fort grammage faisant magnifiquement ressortir la mise en page, jaquette au toucher très agréable et un découpage plus long - sans doute 11 ou 12 tomes contre 15 tomes pour l'édition originale). Bref malgré son cout élevé pour le genre (presque 2 fois le prix d'un Nana par exemple) cette ré-édition est à privilégier pour les amateurs de beaux objets.
Dialogues décapants, situations farfelues et franchement marrantes, histoire se situant dans une famille franchouillarde, etc... "La marie en plastique" est une bd qui m'a énormément plu !
Voici mes avis sur les deux tomes qui composent la série :
Avis sur le tome 1 :
Peu de temps après Les petits ruisseaux, Rabaté signe une chronique familiale au scénario aidé par Prudhomme au dessin cette fois-ci.
« La marie en plastique » est une BD se déroulant dans un petit village. L’histoire démarre par le retour d’Emilie du pèlerinage de Lourdes, cette grand-mère est catholique pratiquante. C’est tout le contraire de son mari Edouard qui est athée et qui a des opinions communistes. Ce vieux couple vive chez la fille d’Emilie qui est marié avec Paul, un mari gentil et bon vivant. Tom et Lisa sont les petits-enfants d’Emilie et Edouard, la fille va d’ailleurs passer sa communion solennelle. Tiens, au fait, la grand-mère a ramené un objet de Lourdes qui va foutre un bon petit bordel au sein de cette famille…
Dans cette BD, j’ai adoré les scènes de ménage entre Emilie et Edouard dont Rabaté s’en sert pour y mettre des dialogues à la fois humoristiques, pertinentes et absurdes ! Il y a dans cette BD un air franchouillard -que j’ai également aimé- rehaussé par sa situation dans un village au fin fond de notre pays et par des personnages bon vivants qui ne diront jamais « non » devant un camembert bien de chez nous et un bon apéro !
L’histoire met donc l’accent sur les personnages et les dialogues entre eux qui en découlent. Le dénouement est très imprévisible, à mille chemins du développement de ce premier tome dont je me demandais quelle était l’intrigue principale.
Je ne suis pas vraiment admiratif du trait de Prudhomme : je le trouve trop brouillon et quelconque. D’ailleurs, la couverture n’est pas à mon avis très attirante. Néanmoins, j’aime sa mise en page et son découpage qui font preuve d’originalités même si parfois j’ai dû faire quelques retours en arrière pour bien saisir des scènes.
Finalement, je vous conseille très fortement la lecture de ce premier tome de « La Marie en plastique ». La situation dans une famille franchouillarde et les dialogues « savoureux » entre le vieux couple me sont apparus vraiment irrésistibles. A découvrir d’urgence !
Note finale : 4/5
Avis sur le deuxième tome :
Suite et fin de cette bd qui met en scène une famille franchouillarde, ce deuxième tome m’est apparu également très agréable à lire.
Le lecteur est invité à suivre le quotidien d’un foyer composé d’un couple avec enfants qui héberge les parents maternels et dont la grand-mère va -à partir d’un objet ramené du pèlerinage de lourdes- provoquer un chamboulement dans la famille et… dans le village.
L’humour utilisé dans ce second tome m’a semblé moins percutant que le premier. Cependant, les personnages sont toujours aussi attachants. Rabaté a réussi avec beaucoup de talents à « m’insérer » dans le quotidien de cette famille comme si j’observais leurs réactions en faisant partie de l’un des leurs !
De nombreux personnages secondaires apparaissent dans cette seconde partie, j’ai énormément aimé le comportement assez cocasse de certains d’entre eux comme l’équipe de football… D’un autre côté, il est vrai aussi que pour apprécier cette bd, le lecteur ne devra pas être trop porté sur la religion… même si l’humour employé ne m’est pas apparu très insultant envers le christianisme, j’ai senti de la part du scénariste beaucoup de (gentilles) sarcasmes et aussi de tendresse envers les croyants.
« La marie en plastique » est finalement une série que j’ai énormément aimée et que je relirai souvent avec grand plaisir. A mon avis, les points forts de cette bd sont la présence de personnages très attachants, l’invitation aux lecteurs à partager le quotidien d’une famille de bons-vivants et les dialogues qui m’ont très souvent pliés en deux.
Note finale : 4/5
Avis sur les 3 premiers tomes :
En seulement 3 albums, « El Nino » est devenu une de mes séries aventures préférées.
C’est le dessin réaliste de Boro Pavlovic qui m’a convaincu. Son trait est assez gras, ça manque un peu de finesse mais je lui reconnais un certain charme. Je trouve que son style se démarque assez des autres auteurs pour reconnaître au premier coup d’œil que c’est bien « El Nino » qu’on est en train de lire.
Véra, l’héroïne, voyage beaucoup grâce notamment à son métier d’infirmière dans la croix rouge. Suite au décès de son père, elle découvrira qu’elle a un frère et fera tout pour le retrouver. Après un premier tome en Afrique et en plein milieu du pacifique, un deuxième sur les côtes de l’Amérique du Sud, le troisième quitte ce dernier continent vers l’Asie. Les deux premiers tomes m’ont agréablement surpris par la richesse des décors, « L’archipel des Badjos » ne fait pas exception à la règle et sur ce point, il est même plus documenté puisqu’on trouve dans le désordre une statue d’un éléphant dans l’île de Bornéo, les « trois dames » que les lecteurs auront l’occasion de découvrir sa situation géographique et pleins de lieux encore. Ces « déplacements » sont l’occasion aussi pour les lecteurs de se mêler à la vie quotidienne des habitants que Véra rencontre au fur et à mesure de son « périple » pour la recherche de son frère.
Christian Perrissin, le scénariste, a rassemblé une documentation impressionnante pour cette histoire et a parfois été lui-même sur place, cela se ressent à la lecture de la série lorsque Véra rencontre ses habitants des îles du pacifique. Christian Perrissin et « Les humanoïdes associés » ont cherché pendant 2 ans le « bon » dessinateur pour enfin démarrer « El Nino », ils sont finalement bien tombés !
Je suis sous le charme du personnage principal : Véra, c’est une (belle) femme possédant un fort tempérament, qui marche beaucoup à l’instinct et qui est parfois un peu trop naïve. D’ailleurs, un des (rares) points faibles de cette série vient peut-être sur le fait que Véra arrive toujours à se sortir des circonstances assez improbables et dramatiques. Je pense particulièrement à la scène où elle retrouve seule en compagnie d’une « princesse » en plein milieu du pacifique. Mais cela fait partie intégrante des séries d’aventure, Tintin et Milou, Sillage pour ne citer qu’elles ont bien eu leur lot de chances !
L’histoire est assez complexe et le troisième tome pose de nouvelles énigmes notamment par l’apparition d’autres personnages qui ont connu Kolya le frère de Véra. C’est clair qu’on a affaire à une série qui ne se lit pas en un quart d’heure !
« L’archipel des Badjos » est pour moi le meilleur tome de la série grâce notamment à la mise en couleurs de plus en plus belle. Le coloriste et Boro ont réalisé des planches exceptionnelles, je pense notamment aux nombreuses vues sur la jonque sur les pages 21 et 22. Elles valent à elles-seules le coup d’œil ! La mise en page est excellente et le choix des cadrages cohérent, le tout donne une fluidité très bonne à la lecture de cet album.
En conclusion, je recommande vivement cette série à tous ceux qui ont une âme aventurière, « El Nino » vous charmera !
Note finale : 4/5
Avis sur le 4ème tome "Les oubliées de Kra":
« Les oubliées de Kra » est l’album le plus « calme » de la série. Il sert de mise en place pour le prochain tome qui clôt le cycle.
Dans cet album, Véra voyage toujours autant que dans les précédents tomes. Cependant, elle ne se retrouvera pas face à des situations vraiment dramatiques. La BD m’est apparue donc comme un tome de transition où on la voit collecter de nombreuses informations pour essayer de retrouver son frère.
J’aime beaucoup Véra. Généreuse, naturelle, très belle, passionnée, courageuse, cette héroïne est certainement le personnage féminin le plus attachant que j’ai pu découvert jusqu’à maintenant dans la BD.
Le dessin réaliste de Boro Pavlovic est parfaitement adapté à cette BD. Sa mise en page et son découpage m’ont parfois surpris par son originalité avec ses nombreuses cases qui de temps en temps entourent une grande image centrale (plus visibles dans le tome précédent) mais qui ne m’a jamais fait perdre le sens de la lecture.
Sébastien Gérard est certainement un des meilleurs coloristes que je connaisse. J’avais déjà été impressionné par son travail dans « l’archipel des Badjos » (tome 3), il confirme mes bonnes impressions dans cet album. Il est l’un des rares auteurs qui me démontre que l’outil informatique peut donner un très beau travail de colorisation en évitant d’utiliser à l’excès les effets « photoshop ».
« Les oubliées de Kra » est finalement un album magnifiquement illustré (comme dans l’ensemble des albums d’El Nino) qui marque une pause dans la série. Les scènes d’action laissent la place à des séquences où on voit Véra collecter le maximum d’informations pour essayer de retrouver Kolya. Cette BD ne m’est pas apparue comme le meilleur de la série car j’ai eu l’impression qu’il soit le tome de trop d’ « El Nino », sous entendu que la trame de ce cycle aurait pu être plus courte (réalisé en 5 tomes), mais l’album se laisse lire agréablement.
Note finale : 3/5
Avis sur le 5ème tome "Le paria de Célèbes":
Le scénariste a parcouru le monde. Lors de son périple dans le pacifique, il a rencontré des peuples et des faits qui l’ont inspiré pour réaliser cette histoire. Je suis plutôt un bon lecteur de récits d’aventure surtout lorsque les personnages principaux voyagent beaucoup à l’image des péripéties de Corto Maltese. Véra, l’héroïne de « El Nino » se retrouve souvent dans situations abracadabrantes mais qui se révèlent suffisamment réalistes pour que je suive ses aventures avec un grand intérêt. « El Nino » m’a permis de découvrir le peuple du pacifique donnant ainsi un côté exotique à cette histoire et les terribles trafics -toujours d’actualité- des pirates dans la mer de Chine.
Cette série m’a fait découvrir également un dessinateur et un coloriste hors pair. Je me suis procuré la version limitée en noir et blanc du « Parai des Célèbes » et ainsi la comparer avec la version courante en couleurs, il m’est apparu évidemment le travail de Sébastien Gérard apporte plus de lisibilité et d’ambiance au trait réaliste pourtant très bon de Boro Pavlovic. Ce duo formé dès le 3ème tome (« L’archipel des Badjos ») se complètent à merveille et rendent « magique » la lecture de la série grâce à leurs talents graphiques.
« Le paria des Célèbes » clôt le premier cycle d’ « El Nino » d’une manière qui me fut très satisfaisante, ce tome final apporte suffisamment d’éléments de réponses pour ne pas frustrer lecteur en le « forçant » à lire le prochain cycle. C’est un aspect que j’apprécie énormément car de nombreuses séries ont souvent tendance à jouer les rallonges dès qu’elles rencontrent un grand succès commercial…
Pour peu que vous ayez une âme aventurière, « El Nino » est une série suffisamment intéressante pour que vous la feuilletiez. De plus, le trait de Boro Pavlovic complété par un grand coloriste (Sébastien Gérard) est vraiment excellent et rend la lecture d’« El Nino » très agréable… alors, que demander de plus ?
Note finale : 5/5
Après la lecture des 10 tomes.
1er cycle : tomes 1 à 3 : une belle surprise même si cette série correspond bien à ce que je connais déjà de la collection. Le scénario est dense, intelligent et très rythmé. Le dessin est bon, certaines cases étant même très belles.
Tome 4 : album de transition qui n'apporte rien à l'intrigue de fond et qui finit un peu bizarrement.
Cycle 2 : Tome 5 à 7 : progrets à noter dans le dessin, l'histoire m'intéresse plus que celle du 1er cycle.
Cycle 3 : Tome 8 à 10 : toujours dans la même continuité. Vraiment bien !!!
Bilan : une excellente série qui vaut un gros 4/5.
J'ai aimé la fin de la série, tout se tient et évolue avec un rythme élevé apportant un important agrément à la lecture. Tout au long des albums, on perçoit une amélioration du dessin.
Cette série est une belle réussite.
Ayant trop de séries à suivre, j'investirai certainement plus tard si Delcourt venait à sortir des intégrales à prix modérés comme ses concurrents.
Petit ouvrage réalisé avec sobriété et talent, la psychologie des personnages (attachants, détestables et déstabilisants, mais humains, comme d'hab chez Peeters!!) et cette relation triangulaire confèrent à ce huis clos aérien une tension de haut vol.
Je suis sous le charme.
Oui oui, sous le charme de cette série qui passe probablement largement inaperçue.
Pourtant elle est plutôt pas mal, avec un récit qui oscille entre thriller et burlesque, comme l'a souligné Ro. L'histoire révèle un auteur à la fois érudit et talentueux. Son récit bénéficie d'une mise en scène inspirée et intrigante. Dès les premières planches j'ai été pris par l'histoire, pour dévorer les deux albums à la suite. Le trait de Riche, qui me fait penser à celui du dessinateur du "Tueur", est finalement assez clair, alors que je le trouvais un chouïa immature en début de lecture. Voilà une bonne petite série, sans prétention mais qui est à la fois efficace et agréable.
Note finale : 3,5/5.
"La piste des ombres" est un excellent western, où tout peut arriver à tout moment, un scénario bien tragique, où le malheur peut surgir à n'importe quel moment; c'est ce coté tragique qui rend attachant les protagonistes, on aimerait que tel ou tel personne ne meurt pas mais l'auteur en décide autrement, c'est cela qui fait que "la piste des ombres" est un très grand western.
J'espère que l'auteur saura bien clôturer son histoire; le tome 4 est long à venir, je me pose des questions : c'est pour quand ?
"Voilà ce qu'Ellis a fait de mieux", c'est ce que m'a dit mon vendeur habituel.
Là je me dis : bon il me connait bien, d'entrée il me parle de Warren Ellis (que j'adore pour des séries comme Fell ou Planetary). Je rentre fatalement chez moi avec.
J'ouvre le bouquin, les planches sont superbes, le découpage subtil entre effet rétro et ultra moderne.
L'histoire est elle aussi tout à fait remarquable. On assiste à un vibrant hommage aux films et romans noirs américains des années 50-60 (le Grand Sommeil notamment). Ellis pousse ses personnages à leurs limites en les confrontant à un scénario à la fois burlesque (le coup des pornos d'Hitler) et sombre... toujours sombre.
Une ambiance de paranoïa assumée se trimbale tout le long de l'aventure à travers l'arrogance et le fatalisme de Jones, le personnage principal.
Comme dans tout bon polar, l'histoire déborde, dépasse le cadre qu'on lui avait espérée pour mieux surprendre le lecteur.
Certains diront que l'enquête est labyrinthique, qu'elle n'est pas achevée mais c'est faux. Tout dans cet arc est achevé précisément en adéquation avec les priorités de chaque protagoniste.
« Desolation Jones » est un bon, un très bon polar avec juste ce qu'il faut de SF pour rendre le récit tragiquement surréaliste. Ne cherchez pas en Jones un héros magnifié par un entrainement dans les services secrets, ne cherchez pas non plus en lui un surhomme né d'une expérimentation scientifique, Jones est un homme foutu, un espion foutu, une expérience foutue. Bref un foutu bon bouquin.
Le gros point fort de cet auteur pour moi est qu'il sait parfaitement faire vivre (ou mourir !) ses personnages. L'accroche est immédiate et détaillée. Des personnages bien mis en place avec leurs craintes, leurs faiblesses, leurs espoirs, leurs dégoûts.
Tout le monde peut lire cette série (cet auteur ?) comme il l'entend, il nous laisse libres, on nous laisse le droit de penser par nous-mêmes, nous faire notre propre avis sur ce qui arrive à ces 4 protagonistes. Ils sont juste là devant nous et on ne peut que rester spectateur. Pourtant on se prend à vouloir intervenir, les aider, les conseiller, mais non... on est juste témoin de leur chute...
Dans le premier tome, on nous présente les personnages et l'histoire, et le moins que l'on puisse dire c'est que les deux sont très intéressants et que ce 1er tome vaut bien un 5 sur 5.
Gihef nous fait La présentation des personnages un par un qui se croisent dans leur quotidien, cette mise en scène est vraiment jouissive.
Bon... je modère un peu mon ardeur... Ma femme, elle, m'a juste dit "ah bon, ils se croisent, j'avais pas remarqué. Une mise en scène spéciale... Ha ? Bon si tu le dis..."
Comme quoi...
Callède (comme l'a déjà dit Erik à propos de Haute sécurité) est un auteur qui connaît bien son époque et l'analyse très bien. Les personnages sont réalistes et ont une réelle psychologie. Ils ne sont pas stéréotypés, que ce soit ici avec les Enchaînés ou Haute sécurité, Dans la nuit ou même Tatanka. Ce qui prime, ce sont (je me répète, dis donc !) les personnages. Et quand en plus l'histoire est au rendez-vous, cela donne un truc génial comme les Enchaînés (et les autres cités plus haut !).
Alors certains seront déçus par la fin. Sachez tout d'abord qu'il y en a une, de fin, et encore une fois je trouve que l'on nous laisse libres d'interpréter comme nous le voulons... Les personnages, eux, en tous cas, interprètent les choses qui leur arrivent et c'est leur vision qui est exprimée. Et moi je dis que l'on peut se faire la nôtre...
Donc un grand merci à Callède (et aux différents avis présents sur ce site qui m'ont fait découvrir tout cela) dont j'ai acheté 2 BD le même jour (Enchaînés et Tatanka) sans savoir que c'était du même auteur et de me dire "elles sont géniales".
Synthèse
Scénario (coefficient 2) : 19/20
Dessin : 13/20
Univers, atmosphère : 18/20
Développements et psychologie des personnages : 19/20
(18/20)
Quelle bonne surprise ! J'avais emprunté la série à la bibliothèque sans trop savoir à quoi m'attendre. À la lecture, j'ai trouvé cela excellent. C'est sans aucun doute le meilleur Shojo que j'ai lu (je considère La Rose de Versailles plus comme un manga historique qu'un Shojo). Le titre laisse présager un manga axé sur la magie, mais c'est plutôt un élément secondaire.
Ce qui est surtout présent dans "Magie Intérieure" est l'exclusion des autres appelé ijime au Japon et qui était tabou il y a encore quelques années. On voit donc Haruko évoluer dans un monde où on ne sait pas ce que pensent vraiment les autres. Je pense que c'est d'ailleurs la force de ce manga. Tout le long, j'ai été impatient de savoir si tel personnage mentait ou était vraiment sincère. L'atmosphère y est donc imprégnée d'un certain malaise malgré un dessin qui fait croire à un énième manga du style de Fruits Basket.
Il y a évidemment une histoire d'amour comme dans tout manga pour filles, mais je ne la trouve pas du tout chiante et je considère même que cela ajoute au malaise déjà présent dans le manga.
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L'auteur de Vidéo Girl Aï récidive. Cette fois sans le soupçon de fantastique de Vidéo girl. I''s est donc un peu plus sérieux, bien que l'humour ne soit pas totalement absent. L'histoire ici présentée est l'apprentissage de l'amour par un lycéen. Apprentissage qui passe par l'identification de l'amour et du désir. Cette oeuvre étant narrée à la première personne, nous plonge totalement dans l'univers, les pensées et les turpitudes de ce jeune garçon avec un réalisme prenant. Ceci, allié à un graphisme somptueux et très soigné, rend cette oeuvre véritablement attachante et plaisante (à condition d'avoir un peu l'âme fleur bleu tout de même). Mais I''s n'est pas totalement exempt de défauts non plus: Les personnages sont (presque) directement repris de Vidéo Girl (un petit effort sur le character design n'aurait pas été de refus), certains personnages apparaissent et/ou disparaissent subitement, rendant parfois l'œuvre un peu artificielle et enfin la période post-lycée m'as parue totalement superflue, trainant inutilement l'œuvre en longueur. I''s est une belle œuvre romantique destinée de toute évidence à un public jeune ou à l'esprit extrêmement fleur bleu. Une réussite dans son genre. MISE A JOUR : La ré-édition de luxe de cette œuvre est un petit bijou (quelques pages couleurs, papier glacé bien blanc à fort grammage faisant magnifiquement ressortir la mise en page, jaquette au toucher très agréable et un découpage plus long - sans doute 11 ou 12 tomes contre 15 tomes pour l'édition originale). Bref malgré son cout élevé pour le genre (presque 2 fois le prix d'un Nana par exemple) cette ré-édition est à privilégier pour les amateurs de beaux objets.
La Marie en plastique
Dialogues décapants, situations farfelues et franchement marrantes, histoire se situant dans une famille franchouillarde, etc... "La marie en plastique" est une bd qui m'a énormément plu ! Voici mes avis sur les deux tomes qui composent la série : Avis sur le tome 1 : Peu de temps après Les petits ruisseaux, Rabaté signe une chronique familiale au scénario aidé par Prudhomme au dessin cette fois-ci. « La marie en plastique » est une BD se déroulant dans un petit village. L’histoire démarre par le retour d’Emilie du pèlerinage de Lourdes, cette grand-mère est catholique pratiquante. C’est tout le contraire de son mari Edouard qui est athée et qui a des opinions communistes. Ce vieux couple vive chez la fille d’Emilie qui est marié avec Paul, un mari gentil et bon vivant. Tom et Lisa sont les petits-enfants d’Emilie et Edouard, la fille va d’ailleurs passer sa communion solennelle. Tiens, au fait, la grand-mère a ramené un objet de Lourdes qui va foutre un bon petit bordel au sein de cette famille… Dans cette BD, j’ai adoré les scènes de ménage entre Emilie et Edouard dont Rabaté s’en sert pour y mettre des dialogues à la fois humoristiques, pertinentes et absurdes ! Il y a dans cette BD un air franchouillard -que j’ai également aimé- rehaussé par sa situation dans un village au fin fond de notre pays et par des personnages bon vivants qui ne diront jamais « non » devant un camembert bien de chez nous et un bon apéro ! L’histoire met donc l’accent sur les personnages et les dialogues entre eux qui en découlent. Le dénouement est très imprévisible, à mille chemins du développement de ce premier tome dont je me demandais quelle était l’intrigue principale. Je ne suis pas vraiment admiratif du trait de Prudhomme : je le trouve trop brouillon et quelconque. D’ailleurs, la couverture n’est pas à mon avis très attirante. Néanmoins, j’aime sa mise en page et son découpage qui font preuve d’originalités même si parfois j’ai dû faire quelques retours en arrière pour bien saisir des scènes. Finalement, je vous conseille très fortement la lecture de ce premier tome de « La Marie en plastique ». La situation dans une famille franchouillarde et les dialogues « savoureux » entre le vieux couple me sont apparus vraiment irrésistibles. A découvrir d’urgence ! Note finale : 4/5 Avis sur le deuxième tome : Suite et fin de cette bd qui met en scène une famille franchouillarde, ce deuxième tome m’est apparu également très agréable à lire. Le lecteur est invité à suivre le quotidien d’un foyer composé d’un couple avec enfants qui héberge les parents maternels et dont la grand-mère va -à partir d’un objet ramené du pèlerinage de lourdes- provoquer un chamboulement dans la famille et… dans le village. L’humour utilisé dans ce second tome m’a semblé moins percutant que le premier. Cependant, les personnages sont toujours aussi attachants. Rabaté a réussi avec beaucoup de talents à « m’insérer » dans le quotidien de cette famille comme si j’observais leurs réactions en faisant partie de l’un des leurs ! De nombreux personnages secondaires apparaissent dans cette seconde partie, j’ai énormément aimé le comportement assez cocasse de certains d’entre eux comme l’équipe de football… D’un autre côté, il est vrai aussi que pour apprécier cette bd, le lecteur ne devra pas être trop porté sur la religion… même si l’humour employé ne m’est pas apparu très insultant envers le christianisme, j’ai senti de la part du scénariste beaucoup de (gentilles) sarcasmes et aussi de tendresse envers les croyants. « La marie en plastique » est finalement une série que j’ai énormément aimée et que je relirai souvent avec grand plaisir. A mon avis, les points forts de cette bd sont la présence de personnages très attachants, l’invitation aux lecteurs à partager le quotidien d’une famille de bons-vivants et les dialogues qui m’ont très souvent pliés en deux. Note finale : 4/5
El Niño
Avis sur les 3 premiers tomes : En seulement 3 albums, « El Nino » est devenu une de mes séries aventures préférées. C’est le dessin réaliste de Boro Pavlovic qui m’a convaincu. Son trait est assez gras, ça manque un peu de finesse mais je lui reconnais un certain charme. Je trouve que son style se démarque assez des autres auteurs pour reconnaître au premier coup d’œil que c’est bien « El Nino » qu’on est en train de lire. Véra, l’héroïne, voyage beaucoup grâce notamment à son métier d’infirmière dans la croix rouge. Suite au décès de son père, elle découvrira qu’elle a un frère et fera tout pour le retrouver. Après un premier tome en Afrique et en plein milieu du pacifique, un deuxième sur les côtes de l’Amérique du Sud, le troisième quitte ce dernier continent vers l’Asie. Les deux premiers tomes m’ont agréablement surpris par la richesse des décors, « L’archipel des Badjos » ne fait pas exception à la règle et sur ce point, il est même plus documenté puisqu’on trouve dans le désordre une statue d’un éléphant dans l’île de Bornéo, les « trois dames » que les lecteurs auront l’occasion de découvrir sa situation géographique et pleins de lieux encore. Ces « déplacements » sont l’occasion aussi pour les lecteurs de se mêler à la vie quotidienne des habitants que Véra rencontre au fur et à mesure de son « périple » pour la recherche de son frère. Christian Perrissin, le scénariste, a rassemblé une documentation impressionnante pour cette histoire et a parfois été lui-même sur place, cela se ressent à la lecture de la série lorsque Véra rencontre ses habitants des îles du pacifique. Christian Perrissin et « Les humanoïdes associés » ont cherché pendant 2 ans le « bon » dessinateur pour enfin démarrer « El Nino », ils sont finalement bien tombés ! Je suis sous le charme du personnage principal : Véra, c’est une (belle) femme possédant un fort tempérament, qui marche beaucoup à l’instinct et qui est parfois un peu trop naïve. D’ailleurs, un des (rares) points faibles de cette série vient peut-être sur le fait que Véra arrive toujours à se sortir des circonstances assez improbables et dramatiques. Je pense particulièrement à la scène où elle retrouve seule en compagnie d’une « princesse » en plein milieu du pacifique. Mais cela fait partie intégrante des séries d’aventure, Tintin et Milou, Sillage pour ne citer qu’elles ont bien eu leur lot de chances ! L’histoire est assez complexe et le troisième tome pose de nouvelles énigmes notamment par l’apparition d’autres personnages qui ont connu Kolya le frère de Véra. C’est clair qu’on a affaire à une série qui ne se lit pas en un quart d’heure ! « L’archipel des Badjos » est pour moi le meilleur tome de la série grâce notamment à la mise en couleurs de plus en plus belle. Le coloriste et Boro ont réalisé des planches exceptionnelles, je pense notamment aux nombreuses vues sur la jonque sur les pages 21 et 22. Elles valent à elles-seules le coup d’œil ! La mise en page est excellente et le choix des cadrages cohérent, le tout donne une fluidité très bonne à la lecture de cet album. En conclusion, je recommande vivement cette série à tous ceux qui ont une âme aventurière, « El Nino » vous charmera ! Note finale : 4/5 Avis sur le 4ème tome "Les oubliées de Kra": « Les oubliées de Kra » est l’album le plus « calme » de la série. Il sert de mise en place pour le prochain tome qui clôt le cycle. Dans cet album, Véra voyage toujours autant que dans les précédents tomes. Cependant, elle ne se retrouvera pas face à des situations vraiment dramatiques. La BD m’est apparue donc comme un tome de transition où on la voit collecter de nombreuses informations pour essayer de retrouver son frère. J’aime beaucoup Véra. Généreuse, naturelle, très belle, passionnée, courageuse, cette héroïne est certainement le personnage féminin le plus attachant que j’ai pu découvert jusqu’à maintenant dans la BD. Le dessin réaliste de Boro Pavlovic est parfaitement adapté à cette BD. Sa mise en page et son découpage m’ont parfois surpris par son originalité avec ses nombreuses cases qui de temps en temps entourent une grande image centrale (plus visibles dans le tome précédent) mais qui ne m’a jamais fait perdre le sens de la lecture. Sébastien Gérard est certainement un des meilleurs coloristes que je connaisse. J’avais déjà été impressionné par son travail dans « l’archipel des Badjos » (tome 3), il confirme mes bonnes impressions dans cet album. Il est l’un des rares auteurs qui me démontre que l’outil informatique peut donner un très beau travail de colorisation en évitant d’utiliser à l’excès les effets « photoshop ». « Les oubliées de Kra » est finalement un album magnifiquement illustré (comme dans l’ensemble des albums d’El Nino) qui marque une pause dans la série. Les scènes d’action laissent la place à des séquences où on voit Véra collecter le maximum d’informations pour essayer de retrouver Kolya. Cette BD ne m’est pas apparue comme le meilleur de la série car j’ai eu l’impression qu’il soit le tome de trop d’ « El Nino », sous entendu que la trame de ce cycle aurait pu être plus courte (réalisé en 5 tomes), mais l’album se laisse lire agréablement. Note finale : 3/5 Avis sur le 5ème tome "Le paria de Célèbes": Le scénariste a parcouru le monde. Lors de son périple dans le pacifique, il a rencontré des peuples et des faits qui l’ont inspiré pour réaliser cette histoire. Je suis plutôt un bon lecteur de récits d’aventure surtout lorsque les personnages principaux voyagent beaucoup à l’image des péripéties de Corto Maltese. Véra, l’héroïne de « El Nino » se retrouve souvent dans situations abracadabrantes mais qui se révèlent suffisamment réalistes pour que je suive ses aventures avec un grand intérêt. « El Nino » m’a permis de découvrir le peuple du pacifique donnant ainsi un côté exotique à cette histoire et les terribles trafics -toujours d’actualité- des pirates dans la mer de Chine. Cette série m’a fait découvrir également un dessinateur et un coloriste hors pair. Je me suis procuré la version limitée en noir et blanc du « Parai des Célèbes » et ainsi la comparer avec la version courante en couleurs, il m’est apparu évidemment le travail de Sébastien Gérard apporte plus de lisibilité et d’ambiance au trait réaliste pourtant très bon de Boro Pavlovic. Ce duo formé dès le 3ème tome (« L’archipel des Badjos ») se complètent à merveille et rendent « magique » la lecture de la série grâce à leurs talents graphiques. « Le paria des Célèbes » clôt le premier cycle d’ « El Nino » d’une manière qui me fut très satisfaisante, ce tome final apporte suffisamment d’éléments de réponses pour ne pas frustrer lecteur en le « forçant » à lire le prochain cycle. C’est un aspect que j’apprécie énormément car de nombreuses séries ont souvent tendance à jouer les rallonges dès qu’elles rencontrent un grand succès commercial… Pour peu que vous ayez une âme aventurière, « El Nino » est une série suffisamment intéressante pour que vous la feuilletiez. De plus, le trait de Boro Pavlovic complété par un grand coloriste (Sébastien Gérard) est vraiment excellent et rend la lecture d’« El Nino » très agréable… alors, que demander de plus ? Note finale : 5/5
Nash
Après la lecture des 10 tomes. 1er cycle : tomes 1 à 3 : une belle surprise même si cette série correspond bien à ce que je connais déjà de la collection. Le scénario est dense, intelligent et très rythmé. Le dessin est bon, certaines cases étant même très belles. Tome 4 : album de transition qui n'apporte rien à l'intrigue de fond et qui finit un peu bizarrement. Cycle 2 : Tome 5 à 7 : progrets à noter dans le dessin, l'histoire m'intéresse plus que celle du 1er cycle. Cycle 3 : Tome 8 à 10 : toujours dans la même continuité. Vraiment bien !!! Bilan : une excellente série qui vaut un gros 4/5. J'ai aimé la fin de la série, tout se tient et évolue avec un rythme élevé apportant un important agrément à la lecture. Tout au long des albums, on perçoit une amélioration du dessin. Cette série est une belle réussite. Ayant trop de séries à suivre, j'investirai certainement plus tard si Delcourt venait à sortir des intégrales à prix modérés comme ses concurrents.
Constellation
Petit ouvrage réalisé avec sobriété et talent, la psychologie des personnages (attachants, détestables et déstabilisants, mais humains, comme d'hab chez Peeters!!) et cette relation triangulaire confèrent à ce huis clos aérien une tension de haut vol.
L'Association des Cas Particuliers
Je suis sous le charme. Oui oui, sous le charme de cette série qui passe probablement largement inaperçue. Pourtant elle est plutôt pas mal, avec un récit qui oscille entre thriller et burlesque, comme l'a souligné Ro. L'histoire révèle un auteur à la fois érudit et talentueux. Son récit bénéficie d'une mise en scène inspirée et intrigante. Dès les premières planches j'ai été pris par l'histoire, pour dévorer les deux albums à la suite. Le trait de Riche, qui me fait penser à celui du dessinateur du "Tueur", est finalement assez clair, alors que je le trouvais un chouïa immature en début de lecture. Voilà une bonne petite série, sans prétention mais qui est à la fois efficace et agréable. Note finale : 3,5/5.
La Piste des Ombres
"La piste des ombres" est un excellent western, où tout peut arriver à tout moment, un scénario bien tragique, où le malheur peut surgir à n'importe quel moment; c'est ce coté tragique qui rend attachant les protagonistes, on aimerait que tel ou tel personne ne meurt pas mais l'auteur en décide autrement, c'est cela qui fait que "la piste des ombres" est un très grand western. J'espère que l'auteur saura bien clôturer son histoire; le tome 4 est long à venir, je me pose des questions : c'est pour quand ?
Desolation Jones
"Voilà ce qu'Ellis a fait de mieux", c'est ce que m'a dit mon vendeur habituel. Là je me dis : bon il me connait bien, d'entrée il me parle de Warren Ellis (que j'adore pour des séries comme Fell ou Planetary). Je rentre fatalement chez moi avec. J'ouvre le bouquin, les planches sont superbes, le découpage subtil entre effet rétro et ultra moderne. L'histoire est elle aussi tout à fait remarquable. On assiste à un vibrant hommage aux films et romans noirs américains des années 50-60 (le Grand Sommeil notamment). Ellis pousse ses personnages à leurs limites en les confrontant à un scénario à la fois burlesque (le coup des pornos d'Hitler) et sombre... toujours sombre. Une ambiance de paranoïa assumée se trimbale tout le long de l'aventure à travers l'arrogance et le fatalisme de Jones, le personnage principal. Comme dans tout bon polar, l'histoire déborde, dépasse le cadre qu'on lui avait espérée pour mieux surprendre le lecteur. Certains diront que l'enquête est labyrinthique, qu'elle n'est pas achevée mais c'est faux. Tout dans cet arc est achevé précisément en adéquation avec les priorités de chaque protagoniste. « Desolation Jones » est un bon, un très bon polar avec juste ce qu'il faut de SF pour rendre le récit tragiquement surréaliste. Ne cherchez pas en Jones un héros magnifié par un entrainement dans les services secrets, ne cherchez pas non plus en lui un surhomme né d'une expérimentation scientifique, Jones est un homme foutu, un espion foutu, une expérience foutue. Bref un foutu bon bouquin.
Enchaînés
Le gros point fort de cet auteur pour moi est qu'il sait parfaitement faire vivre (ou mourir !) ses personnages. L'accroche est immédiate et détaillée. Des personnages bien mis en place avec leurs craintes, leurs faiblesses, leurs espoirs, leurs dégoûts. Tout le monde peut lire cette série (cet auteur ?) comme il l'entend, il nous laisse libres, on nous laisse le droit de penser par nous-mêmes, nous faire notre propre avis sur ce qui arrive à ces 4 protagonistes. Ils sont juste là devant nous et on ne peut que rester spectateur. Pourtant on se prend à vouloir intervenir, les aider, les conseiller, mais non... on est juste témoin de leur chute... Dans le premier tome, on nous présente les personnages et l'histoire, et le moins que l'on puisse dire c'est que les deux sont très intéressants et que ce 1er tome vaut bien un 5 sur 5. Gihef nous fait La présentation des personnages un par un qui se croisent dans leur quotidien, cette mise en scène est vraiment jouissive. Bon... je modère un peu mon ardeur... Ma femme, elle, m'a juste dit "ah bon, ils se croisent, j'avais pas remarqué. Une mise en scène spéciale... Ha ? Bon si tu le dis..." Comme quoi... Callède (comme l'a déjà dit Erik à propos de Haute sécurité) est un auteur qui connaît bien son époque et l'analyse très bien. Les personnages sont réalistes et ont une réelle psychologie. Ils ne sont pas stéréotypés, que ce soit ici avec les Enchaînés ou Haute sécurité, Dans la nuit ou même Tatanka. Ce qui prime, ce sont (je me répète, dis donc !) les personnages. Et quand en plus l'histoire est au rendez-vous, cela donne un truc génial comme les Enchaînés (et les autres cités plus haut !). Alors certains seront déçus par la fin. Sachez tout d'abord qu'il y en a une, de fin, et encore une fois je trouve que l'on nous laisse libres d'interpréter comme nous le voulons... Les personnages, eux, en tous cas, interprètent les choses qui leur arrivent et c'est leur vision qui est exprimée. Et moi je dis que l'on peut se faire la nôtre... Donc un grand merci à Callède (et aux différents avis présents sur ce site qui m'ont fait découvrir tout cela) dont j'ai acheté 2 BD le même jour (Enchaînés et Tatanka) sans savoir que c'était du même auteur et de me dire "elles sont géniales". Synthèse Scénario (coefficient 2) : 19/20 Dessin : 13/20 Univers, atmosphère : 18/20 Développements et psychologie des personnages : 19/20 (18/20)
Magie Intérieure !
Quelle bonne surprise ! J'avais emprunté la série à la bibliothèque sans trop savoir à quoi m'attendre. À la lecture, j'ai trouvé cela excellent. C'est sans aucun doute le meilleur Shojo que j'ai lu (je considère La Rose de Versailles plus comme un manga historique qu'un Shojo). Le titre laisse présager un manga axé sur la magie, mais c'est plutôt un élément secondaire. Ce qui est surtout présent dans "Magie Intérieure" est l'exclusion des autres appelé ijime au Japon et qui était tabou il y a encore quelques années. On voit donc Haruko évoluer dans un monde où on ne sait pas ce que pensent vraiment les autres. Je pense que c'est d'ailleurs la force de ce manga. Tout le long, j'ai été impatient de savoir si tel personnage mentait ou était vraiment sincère. L'atmosphère y est donc imprégnée d'un certain malaise malgré un dessin qui fait croire à un énième manga du style de Fruits Basket. Il y a évidemment une histoire d'amour comme dans tout manga pour filles, mais je ne la trouve pas du tout chiante et je considère même que cela ajoute au malaise déjà présent dans le manga.