Magie Intérieure

Note: 4/5
(4/5 pour 2 avis)

Haruko a hérité de sa mère un don : celui de la magie. Mais celle-ci est « intérieure »...


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Sur son lit de mort, la mère d’Haruko a révélé à sa fille un secret : elle est magicienne. Mais cette magie qu’elle lui transmet a d’abord un rôle intérieur : celui qui permet d’opérer une transformation en soi. Voilà ce qu’est la « magie intérieure » dont est désormais dotée Haruko. C’est avec l’aide de celle-ci, et d’un chat « messager des dieux » au travers de ses rêves, qu’Haruko devra affronter la vie et ses difficultés. Difficultés qui vont subitement l’assaillir alors qu’elle vient de gagner le concours de « chanceuse » organisé par le lycée qu’elle vient d’intégrer. Mais pourquoi donc lui en voudrait-on ? Et pourquoi donc ces difficultés ont-elles débuté avec ce concours ?

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 10 Septembre 2003
Statut histoire Série terminée 4 tomes parus
Couverture de la série Magie Intérieure
Les notes (2)
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25/10/2007 | Katz
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Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Gaston

Quelle bonne surprise ! J'avais emprunté la série à la bibliothèque sans trop savoir à quoi m'attendre. À la lecture, j'ai trouvé cela excellent. C'est sans aucun doute le meilleur Shojo que j'ai lu (je considère La Rose de Versailles plus comme un manga historique qu'un Shojo). Le titre laisse présager un manga axé sur la magie, mais c'est plutôt un élément secondaire. Ce qui est surtout présent dans "Magie Intérieure" est l'exclusion des autres appelé ijime au Japon et qui était tabou il y a encore quelques années. On voit donc Haruko évoluer dans un monde où on ne sait pas ce que pensent vraiment les autres. Je pense que c'est d'ailleurs la force de ce manga. Tout le long, j'ai été impatient de savoir si tel personnage mentait ou était vraiment sincère. L'atmosphère y est donc imprégnée d'un certain malaise malgré un dessin qui fait croire à un énième manga du style de Fruits Basket. Il y a évidemment une histoire d'amour comme dans tout manga pour filles, mais je ne la trouve pas du tout chiante et je considère même que cela ajoute au malaise déjà présent dans le manga.

10/04/2008 (modifier)
Par Katz
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

Magie Intérieure est de ces bandes dessinées qui, quasiment dès le départ, vous posent une question de registre : à quoi avons-nous affaire ? Du fantastique ? Mais si l’on excepte les conversations oniriques (sises au milieu des rêves), de fantastique il est fort peu dans ce manga, et l’on pourrait, parfois, se demander si le fantastique n’est pas simplement rêvé par une jeune fille qui a perdu sa mère, et trouve ainsi le moyen d’affronter les difficultés de la vie d’orpheline (son père étant à l’étranger), et plus particulièrement les difficultés de l’entrée dans une nouvelle vie : celle de l’entrée au lycée, avec les difficultés d’intégration que cela suppose (car Haruko n’y connait personne), et les premiers émois (les garçons, bien entendu). Oui, le lecteur pourrait se le demander, si soudain ne surgissait une seconde sorcière, ainsi qu’un second messager des dieux. Mais, en réfléchissant bien, la première n’ayant pas plus de pouvoirs qu’Haruko, et le second tenant son statut de la mère d’Haruko, revient la question de savoir si cette histoire de sorcière n’est pas une invention de cette mère, sur son lit de mort, pour donner du courage à sa fille (ce que l’on est amené à penser dès les premières pages, au vu de cette magie qui n’a de magique que le nom, bien que la symbolique soit assez jolie). Néanmoins, le doute subsiste, car à la lecture il est difficile de trancher entre les deux interprétations. Mais si Magie Intérieure ne peut être classé ni dans le « fantastique », ni dans le « roman graphique » du fait de ce même fantastique trop présent, il se trouve une troisième catégorie qui résout parfaitement cette ambivalence : le « conte ». En effet, Magie Intérieure est un conte. Une histoire à bien des égards réaliste (Japon d’aujourd’hui), qui emprunte au fantastique pour aborder avec plus d’aisance des sujets graves et lourds : perte d’un proche, maladie grave, solitude et ijime (phénomène d’exclusion parfois très dur que fait subir un groupe à un individu exclu du groupe pour une raison ou une autre, et qui conduit parfois ce dernier au suicide ; le sujet, qui était autrefois tabou, est aujourd’hui abordé frontalement au Japon). Mais si le fantastique désamorce un peu la dureté de ces sujets, s’ils ne sont, non plus, portés à leurs extrêmes, si ce shojo s’orne de jolies étoiles et qu’il vire quelques fois au superficiel, et se préoccupe d’un sujet moins pesant bien qu’angoissant pour certains et certaines : la quête de l’âme sœur ; il n’empêche, donc, que malgré ses aspects parfois légers, mais très rarement frivoles, Magie Intérieure sourd d’un constant malaise, qui imprègne pratiquement toutes ses pages. Les petites étoiles ne compensent guère la dureté des manipulations, de l’ijime, et des trahisons. Au fond, dans ce cas comme dans d’autres, l’apparence est trompeuse, et derrière un shojo sucré, au dessin fin et élégant, à la narration fluide, se masque une histoire souvent oppressante. Un conte, en vérité, car chacun sait, depuis Le petit chaperon rouge et Cendrillon, que les contes sont cruels. Heureusement, il arrive aussi parfois que les contes finissent bien... Parfois.

25/10/2007 (modifier)