J'ai rarement des "coups de cœur" pour une œuvre mais là c'en est un ! J'aime beaucoup cette œuvre que je vous conseille vivement.
Immédiatement, j'ai été saisi et bluffé par la qualité du graphisme. Sans doute le plus beau manga qu'il m'ait été donné de lire. Quelle finesse, quelle richesse, quel talent ! D'ailleurs, hormis le format (200 pages A5 N&B) et le sens de lecture (japonais), ce manga est bien plus proche d'une BD franco-belge que d'un manga. Sans doute parce que l'histoire, la culture, les personnages sont européens (italiens en occurrence) et qu'aucune trace de "japoniaiserie" n'est présente dans cette œuvre (aucune déformation, goutte de sueur, fan service, etc..) mais aussi parce qu'aucun élément de culture japonaise n'est présent : les personnages sont européens, habitent en Europe, conduisent des voitures européennes, mangent européen, pensent européen...
Bref à conseiller même à ceux qui sont réfractaires aux manga ! D'ailleurs on se dit rapidement qu'on a affaire à une BD faite en Europe par un européen car il est impossible de s'imprégner autant de l'histoire et de la culture italienne sans y vivre... Et pourtant, cette œuvre est bien éditée au japon avant d'être édité en Europe... Etonnant.
Mais ce qui m'a scotché c'est l'histoire, les personnages et le scénario. Et là ça va être beaucoup plus compliqué de vous expliquer à quel point cette œuvre et poignante, complexe et intéressante. Mais essayons:
Cette œuvre est à la fois une satire politique de l'Italie gangrénée par différents courants mafieux et terroristes, un manga d'action narrant des interventions de type "GIGN" et une réflexion sur les limites des manipulations mentales et psychologiques. Tout un programme, bien difficile à résumer en quelques mots, vous l'aurez compris.
Les cyborgs, héroïnes malgré elles de ces aventures, ont toutes des histoires personnelles horribles (le mot est souvent faible) qui leur valent d'être transformées en machine à tuer, physiquement grâce à de nouveaux corps et mentalement grâce à un lavage de cerveau. L'agence qui les "emploie" est une sorte de GIGN top secret à la pointe de la recherche médicale (c'est des cyborgs quand même !) chargé de mission nobles (démantèlement de réseau terroriste) et moins nobles (liquider un opposant au régime) mais toujours discrètes.
Dans cette œuvre personne n'est blanc (surtout pas le gouvernement, ni même les héroïnes), mais personne n'est totalement noir non plus (pas même les activistes), tout est d'un gris plus ou moins foncé... C'est une des forces de cette œuvre selon moi, car tout est présenté sous un jour totalement crédible.
A noter : cette œuvre existe également en animé de très, très, belle facture mais ne contant que les tous premiers chapitres de ce manga et présentant donc moins d'intérêt.
Un bémol : la violence physique et mentale de certaines scènes aurait largement nécessité une interdiction aux mineurs de 16 ans. Cette œuvre est un seinen destiné, dans son dessin comme dans son sujet, à un public adulte.
J'espère vous avoir donné envie de lire ce manga car ce serait vraiment dommage de passer au travers d'une franche réussite.
Enfin une anthologie consacrée à Conan digne de ce nom.
Ce premier recueil regroupe des aventures de Conan parues entre 1971 et 1974 dans les « Savage Sword » et « Savage Tales ».
Conan est le pilier de l'ère Hyboréenne dépeinte par Howard. Un personnage marquant et imposant.
Roy Thomas est le scénariste de la période faste de Conan en BD. Il entraîne le barbare dans des aventures variées et passionnantes, souvent directement adaptées des nouvelles d'Howard. Conan est barbare, voleur, mercenaire... Un personnage cruel, obéissant à un code d'honneur qui échappe au commun des civilisés.
Les histoires de ce livre histoires sont marquantes, on retrouve par exemple "Les Clous Rouges", un chef d'œuvre, illustré de main de maître par Barry Smith.
Il y a également des histoires dessinées par Jim Starlin, Neal Adams, ou John Buscema, un artiste qui a énormément travaillé sur ce personnage.
En plus de la dizaine d'histoires présentes, plusieurs suppléments alléchants enrichissent cet album : Un poème d'Howard mis en image, des informations sur "Les Clous Rouges" avec de vieux dessins, « L'ère Hyboréenne » retracée sous forme de BD.
Enfin les couvertures originales des Savage Tales et Savage Sword réalisés par les talentueux Boris Vallejo, Neal Adams et bien d'autres noms prestigieux, sont présentes en fin de volumes.
Un immanquable pour les fans de Conan.
JJJ
Kull est un personnage moins connu et moins fouillé que Conan, il est cependant de la même trempe.
Roi autoproclamé et sans pitié, Kull l'Atlante est aussi farouche que le Cimmérien, il est peut-être encore plus rude et expéditif que son lointain descendant.
Le monde de Kull est également proche de celui de Conan, monstres et sorciers le peuplent, les rues de Valusie regorgent de tavernes emplies de soudards et de filles de joie.
Cette histoire, Carnage, est une perle du genre pour qui aime le « Sword & Sorcery ».
Kull en proie à des forces obscures, comme possédé, affronte plusieurs menaces, seul son fidèle ami Brûle le Picte aura une totale confiance en lui quand la situation mettra en péril la grande ville de Valusie.
Evidemment, c'est par la force brutale que Kull résoudra ses problèmes, néanmoins Doug Moench aborde un aspect psychologique du personnage de Kull, le forçant à modifier sa vision des choses, à regarder au-delà du miroir et mûrir.
Après cette épreuve Kull deviendra un monarque plus sage.
John Bolton illustre cette histoire barbare avec le talent qu'on lui connaît, les planches en noir et blanc sont simplement superbes. De la fantasy sombre et magnifique.
A la façon dont il est représenté, Kull ressemble à Conan tel que l'on le connaît en BD, si son visage balafré est plus cruel que celui de Conan, ils partagent tous deux la même crinière brune et la même corpulence de colosse.
Si l'on excepte quelques revues Artima à l'intérêt limité, Il n'y a que cet album assez rare paru chez Delcourt qui relate les aventures de Kull en BD.
Dommage, car même si l'histoire est complète, sa lecture donne envie d'en avoir plus.
Ce livre est à lire sans hésiter si vous tombez dessus.
JJJ
Après la lecture des 6 premiers tomes.
Excellent moment de lecture. Cette série est vraiment plaisante à lire.
Certes l'histoire use de facilités, le personnage du scorpion gagnerait au loto tous les jours avec la chance qu'il a. Mais le but de cette série est avant tout de divertir, ce qu'elle fait très bien. Il ne faut pas prendre le récit au premier degré, même si cette fiction s'en prend à des thèmes qui peuvent être chers à certains.
Marini excelle au dessin, certaines cases comportent des détails incroyables dans les arrières plans. Les couleurs utilisent des contrastes importants (chaudes ou froides). Elles peuvent paraître répétitives mais sont superbes.
J'ai longtemps cru que cette série se limitait à une histoire de capes et d'épées, mais le scénario est bien plus ambitieux, avec au delà d'une opposition du bien et du mal, des réflexions qui ont de nos jours un sens.
Si le prochain cycle se maintient au niveau du premier, je passerai à la note de 5/5 car cette série est bien au dessus de la moyenne des productions BD.
Petite découverte, je ne connaissais pas Le Spirit avant de tomber sur cette couverture en parcourant les rayons de mon libraire.
Et après avoir feuilleté ce comics, j'ai eu envie d'en connaître plus, et je ne le regrette pas.
Dessin sympathique pour des histoires très sympathiques également. J'ai été agréablement surpris par la découverte de ce personnage que le Spirit, son univers, quoique pour l'instant, ce tome effleure seulement le patrimoine de super méchant auquel le Spirit est opposé.
Un héros plutôt cool, sympathique est souriant, humain et faillible, loin des tortures de Gotham City par exemple.
L'un des trois séries inachevées de Tezuka. Cette biographie de Beethoven est très sympathique et on accroche tout de suite à l'histoire. C'est un peu romancé avec notamment le noble Fritz qui déteste tout ce qui s'appelle Ludwig qui n'a pas existé, mais il met beaucoup de piquant à l'histoire qui serait beaucoup moins intéressant sans lui. Quant au dessin, c'est du Tezuka comme on en a toujours vu. Les cases ou Beethoven joue du piano sont très bien dessiné et on peut presque l'entendre jouer.
Malheureusement, l'auteur mourut avant d'avoir finit le manga et ça donne un gout amer et d'avoir lu ça pour rien. Dommage car c'était un manga très prometteur et j'ai eu beaucoup de plaisir à lire les deux tomes.
Décidément j'aime beaucoup ce que fait Christophe Bec ces derniers temps... Il faut dire que Bunker et Carthago portent de sacrées promesses.
En compagnie de Stéphane Betbeder, l'un de ses complices préférés, il nous propulse en plein XVIIème siècle, à l'époque du déclin de la Sérénissime. Une période trouble, où des évènements inattendus pourront peut-être changer la donne. Le récit prend environ 10 pages à se mettre en place, et ensuite... ça se dévore ! Les 56 pages ont été avalées très vite.
Comme pour le scénario, le dessin est un peu lent à être "accepté". Mais ensuite, Paolo Mottura (Carême, déjà avec Bec) nous livre de belles, voire très belles planches. J'étais notamment en admiration devant les scènes en plan large sur la lagune, et les ponts de Venise. Curieusement, la colorisation un peu "terne", qui me rebute sur d'autres séries, ne m'a pas gêné ici. Il faut dire que l'air de Venise est chargé de germes destructeurs, que tout le monde est plus ou moins malade sur les canaux...
Un bon point : nous n'aurons pas à attendre 5 ou 10 ans pour lire la conclusion, puisque seulement deux tomes sont prévus, et que Mottura travaille assez vite (pour carême un tome était sorti chaque année à peu près à la même époque).
Je trouve l'ambiance très bien construite dans cette série : sombre, mystique et terrifiante. Tout en lisant cette série, on en apprend un peu plus sur ce qui est arrivé dans le passé et ça nous fait cogiter sur le déroulement des évènements à venir.
L'atmosphère close et sombre du sous-marin augmente encore l'impression générale de peur et de gêne.
Je trouve que les dessins sont pas mal et à mon goût (bon rendu réaliste des personnages et des fonds sous-marins) et les couleurs obscures vont très bien avec l'ambiance. Le scénario n'a rien d'original, mais on est bien plongé dedans et on a un mélange d'horreur et d'envie de connaître la suite le plus vite possible.
Après la lecture de la série complète.
L'exemple même de ce que l'on attend d'une bonne BD :
- Un scénario travaillé et maitrisé
- Des dessins agréables, bien en phase avec le récit
- Des personnages hauts en couleur, que l'on apprécie ou déteste
- Un contexte retranscrit avec minutie
- Etc.
Difficile de mettre en défaut cette oeuvre, si ce n'est les sujets abordés qui intéressent ou non le lecteur.
Je conseille vivement la lecture de cette série et si possible dans la continuité.
Une belle saga dépeignant le genre humain avec beaucoup d'habileté.
Heureuse découverte que cette BD dont je ne connaissais rien jusqu'alors.
Cette BD me fait penser à La Malédiction des 7 boules vertes. Elle partage avec cette autre série le même mélange de conte et de fantasy, de dessin d'influence ligne claire, et de récit à la fois destiné à l'enfance et aux adultes. Et pour l'une comme pour l'autre, je suis tombé sous le charme de leur imaginaire et de leur originalité.
D'aspect extérieur, notamment du fait des couvertures, cette bande dessinée a un aspect vieillot. J'ai cru qu'il s'agissait d'une vieille série issue du journal Tintin version Flamande époque années 70. Il faut dire qu'avec le fils de Bob de Moor au dessin, je n'étais pas surpris de retrouver de grandes influences de la ligne claire à la Hergé.
Mais les planches de cette série offrent un style plus original, mêlant les techniques, parfois ligne claire, notamment pour les personnages, mais parfois nettement plus ombragées et réalistes pour les décors. Ce sont d'ailleurs ces décors qui m'ont davantage séduit, certains paysages campagnards et urbains médiévaux étant de toute beauté à mes yeux.
Quant au récit, comme dit plus haut, j'ai beaucoup aimé son imaginaire. C'est un univers quelque part entre l'heroic-fantasy et le conte pour enfants, un univers assez onirique où les gentils lutins, dragons et autres licornes sont oppressés par des humains stricts en costume cravate. Le traitement de l'intrigue est vraiment original, un peu dense voire embrouillé mais plaisant et assez fluide à lire. Et son point de départ, cette idée de masques vivants et la relation entre l'enfant Gervais et le masque Gaspard, est vraiment novateur à mes yeux. Une belle tranche d'imagination pour un récit agréable et prenant comme je les aime.
J'ai donc été séduit par l'originalité de cette série qui aura sûrement eu du mal à trouver son public car elle ne s'adresse ni totalement aux jeunes ni totalement aux adultes.
Si comme moi vous avez aimé La Malédiction des 7 boules vertes, je suis sûr que vous aimerez aussi Gaspard de la nuit.
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Gunslinger Girl
J'ai rarement des "coups de cœur" pour une œuvre mais là c'en est un ! J'aime beaucoup cette œuvre que je vous conseille vivement. Immédiatement, j'ai été saisi et bluffé par la qualité du graphisme. Sans doute le plus beau manga qu'il m'ait été donné de lire. Quelle finesse, quelle richesse, quel talent ! D'ailleurs, hormis le format (200 pages A5 N&B) et le sens de lecture (japonais), ce manga est bien plus proche d'une BD franco-belge que d'un manga. Sans doute parce que l'histoire, la culture, les personnages sont européens (italiens en occurrence) et qu'aucune trace de "japoniaiserie" n'est présente dans cette œuvre (aucune déformation, goutte de sueur, fan service, etc..) mais aussi parce qu'aucun élément de culture japonaise n'est présent : les personnages sont européens, habitent en Europe, conduisent des voitures européennes, mangent européen, pensent européen... Bref à conseiller même à ceux qui sont réfractaires aux manga ! D'ailleurs on se dit rapidement qu'on a affaire à une BD faite en Europe par un européen car il est impossible de s'imprégner autant de l'histoire et de la culture italienne sans y vivre... Et pourtant, cette œuvre est bien éditée au japon avant d'être édité en Europe... Etonnant. Mais ce qui m'a scotché c'est l'histoire, les personnages et le scénario. Et là ça va être beaucoup plus compliqué de vous expliquer à quel point cette œuvre et poignante, complexe et intéressante. Mais essayons: Cette œuvre est à la fois une satire politique de l'Italie gangrénée par différents courants mafieux et terroristes, un manga d'action narrant des interventions de type "GIGN" et une réflexion sur les limites des manipulations mentales et psychologiques. Tout un programme, bien difficile à résumer en quelques mots, vous l'aurez compris. Les cyborgs, héroïnes malgré elles de ces aventures, ont toutes des histoires personnelles horribles (le mot est souvent faible) qui leur valent d'être transformées en machine à tuer, physiquement grâce à de nouveaux corps et mentalement grâce à un lavage de cerveau. L'agence qui les "emploie" est une sorte de GIGN top secret à la pointe de la recherche médicale (c'est des cyborgs quand même !) chargé de mission nobles (démantèlement de réseau terroriste) et moins nobles (liquider un opposant au régime) mais toujours discrètes. Dans cette œuvre personne n'est blanc (surtout pas le gouvernement, ni même les héroïnes), mais personne n'est totalement noir non plus (pas même les activistes), tout est d'un gris plus ou moins foncé... C'est une des forces de cette œuvre selon moi, car tout est présenté sous un jour totalement crédible. A noter : cette œuvre existe également en animé de très, très, belle facture mais ne contant que les tous premiers chapitres de ce manga et présentant donc moins d'intérêt. Un bémol : la violence physique et mentale de certaines scènes aurait largement nécessité une interdiction aux mineurs de 16 ans. Cette œuvre est un seinen destiné, dans son dessin comme dans son sujet, à un public adulte. J'espère vous avoir donné envie de lire ce manga car ce serait vraiment dommage de passer au travers d'une franche réussite.
Les Chroniques de Conan
Enfin une anthologie consacrée à Conan digne de ce nom. Ce premier recueil regroupe des aventures de Conan parues entre 1971 et 1974 dans les « Savage Sword » et « Savage Tales ». Conan est le pilier de l'ère Hyboréenne dépeinte par Howard. Un personnage marquant et imposant. Roy Thomas est le scénariste de la période faste de Conan en BD. Il entraîne le barbare dans des aventures variées et passionnantes, souvent directement adaptées des nouvelles d'Howard. Conan est barbare, voleur, mercenaire... Un personnage cruel, obéissant à un code d'honneur qui échappe au commun des civilisés. Les histoires de ce livre histoires sont marquantes, on retrouve par exemple "Les Clous Rouges", un chef d'œuvre, illustré de main de maître par Barry Smith. Il y a également des histoires dessinées par Jim Starlin, Neal Adams, ou John Buscema, un artiste qui a énormément travaillé sur ce personnage. En plus de la dizaine d'histoires présentes, plusieurs suppléments alléchants enrichissent cet album : Un poème d'Howard mis en image, des informations sur "Les Clous Rouges" avec de vieux dessins, « L'ère Hyboréenne » retracée sous forme de BD. Enfin les couvertures originales des Savage Tales et Savage Sword réalisés par les talentueux Boris Vallejo, Neal Adams et bien d'autres noms prestigieux, sont présentes en fin de volumes. Un immanquable pour les fans de Conan. JJJ
Chroniques du temps où Kull était Roi
Kull est un personnage moins connu et moins fouillé que Conan, il est cependant de la même trempe. Roi autoproclamé et sans pitié, Kull l'Atlante est aussi farouche que le Cimmérien, il est peut-être encore plus rude et expéditif que son lointain descendant. Le monde de Kull est également proche de celui de Conan, monstres et sorciers le peuplent, les rues de Valusie regorgent de tavernes emplies de soudards et de filles de joie. Cette histoire, Carnage, est une perle du genre pour qui aime le « Sword & Sorcery ». Kull en proie à des forces obscures, comme possédé, affronte plusieurs menaces, seul son fidèle ami Brûle le Picte aura une totale confiance en lui quand la situation mettra en péril la grande ville de Valusie. Evidemment, c'est par la force brutale que Kull résoudra ses problèmes, néanmoins Doug Moench aborde un aspect psychologique du personnage de Kull, le forçant à modifier sa vision des choses, à regarder au-delà du miroir et mûrir. Après cette épreuve Kull deviendra un monarque plus sage. John Bolton illustre cette histoire barbare avec le talent qu'on lui connaît, les planches en noir et blanc sont simplement superbes. De la fantasy sombre et magnifique. A la façon dont il est représenté, Kull ressemble à Conan tel que l'on le connaît en BD, si son visage balafré est plus cruel que celui de Conan, ils partagent tous deux la même crinière brune et la même corpulence de colosse. Si l'on excepte quelques revues Artima à l'intérêt limité, Il n'y a que cet album assez rare paru chez Delcourt qui relate les aventures de Kull en BD. Dommage, car même si l'histoire est complète, sa lecture donne envie d'en avoir plus. Ce livre est à lire sans hésiter si vous tombez dessus. JJJ
Le Scorpion
Après la lecture des 6 premiers tomes. Excellent moment de lecture. Cette série est vraiment plaisante à lire. Certes l'histoire use de facilités, le personnage du scorpion gagnerait au loto tous les jours avec la chance qu'il a. Mais le but de cette série est avant tout de divertir, ce qu'elle fait très bien. Il ne faut pas prendre le récit au premier degré, même si cette fiction s'en prend à des thèmes qui peuvent être chers à certains. Marini excelle au dessin, certaines cases comportent des détails incroyables dans les arrières plans. Les couleurs utilisent des contrastes importants (chaudes ou froides). Elles peuvent paraître répétitives mais sont superbes. J'ai longtemps cru que cette série se limitait à une histoire de capes et d'épées, mais le scénario est bien plus ambitieux, avec au delà d'une opposition du bien et du mal, des réflexions qui ont de nos jours un sens. Si le prochain cycle se maintient au niveau du premier, je passerai à la note de 5/5 car cette série est bien au dessus de la moyenne des productions BD.
Le Spirit (DC Heroes)
Petite découverte, je ne connaissais pas Le Spirit avant de tomber sur cette couverture en parcourant les rayons de mon libraire. Et après avoir feuilleté ce comics, j'ai eu envie d'en connaître plus, et je ne le regrette pas. Dessin sympathique pour des histoires très sympathiques également. J'ai été agréablement surpris par la découverte de ce personnage que le Spirit, son univers, quoique pour l'instant, ce tome effleure seulement le patrimoine de super méchant auquel le Spirit est opposé. Un héros plutôt cool, sympathique est souriant, humain et faillible, loin des tortures de Gotham City par exemple.
Ludwig B
L'un des trois séries inachevées de Tezuka. Cette biographie de Beethoven est très sympathique et on accroche tout de suite à l'histoire. C'est un peu romancé avec notamment le noble Fritz qui déteste tout ce qui s'appelle Ludwig qui n'a pas existé, mais il met beaucoup de piquant à l'histoire qui serait beaucoup moins intéressant sans lui. Quant au dessin, c'est du Tezuka comme on en a toujours vu. Les cases ou Beethoven joue du piano sont très bien dessiné et on peut presque l'entendre jouer. Malheureusement, l'auteur mourut avant d'avoir finit le manga et ça donne un gout amer et d'avoir lu ça pour rien. Dommage car c'était un manga très prometteur et j'ai eu beaucoup de plaisir à lire les deux tomes.
Deus
Décidément j'aime beaucoup ce que fait Christophe Bec ces derniers temps... Il faut dire que Bunker et Carthago portent de sacrées promesses. En compagnie de Stéphane Betbeder, l'un de ses complices préférés, il nous propulse en plein XVIIème siècle, à l'époque du déclin de la Sérénissime. Une période trouble, où des évènements inattendus pourront peut-être changer la donne. Le récit prend environ 10 pages à se mettre en place, et ensuite... ça se dévore ! Les 56 pages ont été avalées très vite. Comme pour le scénario, le dessin est un peu lent à être "accepté". Mais ensuite, Paolo Mottura (Carême, déjà avec Bec) nous livre de belles, voire très belles planches. J'étais notamment en admiration devant les scènes en plan large sur la lagune, et les ponts de Venise. Curieusement, la colorisation un peu "terne", qui me rebute sur d'autres séries, ne m'a pas gêné ici. Il faut dire que l'air de Venise est chargé de germes destructeurs, que tout le monde est plus ou moins malade sur les canaux... Un bon point : nous n'aurons pas à attendre 5 ou 10 ans pour lire la conclusion, puisque seulement deux tomes sont prévus, et que Mottura travaille assez vite (pour carême un tome était sorti chaque année à peu près à la même époque).
Sanctuaire
Je trouve l'ambiance très bien construite dans cette série : sombre, mystique et terrifiante. Tout en lisant cette série, on en apprend un peu plus sur ce qui est arrivé dans le passé et ça nous fait cogiter sur le déroulement des évènements à venir. L'atmosphère close et sombre du sous-marin augmente encore l'impression générale de peur et de gêne. Je trouve que les dessins sont pas mal et à mon goût (bon rendu réaliste des personnages et des fonds sous-marins) et les couleurs obscures vont très bien avec l'ambiance. Le scénario n'a rien d'original, mais on est bien plongé dedans et on a un mélange d'horreur et d'envie de connaître la suite le plus vite possible.
Les Maîtres de l'Orge
Après la lecture de la série complète. L'exemple même de ce que l'on attend d'une bonne BD : - Un scénario travaillé et maitrisé - Des dessins agréables, bien en phase avec le récit - Des personnages hauts en couleur, que l'on apprécie ou déteste - Un contexte retranscrit avec minutie - Etc. Difficile de mettre en défaut cette oeuvre, si ce n'est les sujets abordés qui intéressent ou non le lecteur. Je conseille vivement la lecture de cette série et si possible dans la continuité. Une belle saga dépeignant le genre humain avec beaucoup d'habileté.
Gaspard de la nuit
Heureuse découverte que cette BD dont je ne connaissais rien jusqu'alors. Cette BD me fait penser à La Malédiction des 7 boules vertes. Elle partage avec cette autre série le même mélange de conte et de fantasy, de dessin d'influence ligne claire, et de récit à la fois destiné à l'enfance et aux adultes. Et pour l'une comme pour l'autre, je suis tombé sous le charme de leur imaginaire et de leur originalité. D'aspect extérieur, notamment du fait des couvertures, cette bande dessinée a un aspect vieillot. J'ai cru qu'il s'agissait d'une vieille série issue du journal Tintin version Flamande époque années 70. Il faut dire qu'avec le fils de Bob de Moor au dessin, je n'étais pas surpris de retrouver de grandes influences de la ligne claire à la Hergé. Mais les planches de cette série offrent un style plus original, mêlant les techniques, parfois ligne claire, notamment pour les personnages, mais parfois nettement plus ombragées et réalistes pour les décors. Ce sont d'ailleurs ces décors qui m'ont davantage séduit, certains paysages campagnards et urbains médiévaux étant de toute beauté à mes yeux. Quant au récit, comme dit plus haut, j'ai beaucoup aimé son imaginaire. C'est un univers quelque part entre l'heroic-fantasy et le conte pour enfants, un univers assez onirique où les gentils lutins, dragons et autres licornes sont oppressés par des humains stricts en costume cravate. Le traitement de l'intrigue est vraiment original, un peu dense voire embrouillé mais plaisant et assez fluide à lire. Et son point de départ, cette idée de masques vivants et la relation entre l'enfant Gervais et le masque Gaspard, est vraiment novateur à mes yeux. Une belle tranche d'imagination pour un récit agréable et prenant comme je les aime. J'ai donc été séduit par l'originalité de cette série qui aura sûrement eu du mal à trouver son public car elle ne s'adresse ni totalement aux jeunes ni totalement aux adultes. Si comme moi vous avez aimé La Malédiction des 7 boules vertes, je suis sûr que vous aimerez aussi Gaspard de la nuit.