Je ne suis pas d'accord avec ce que dit dut dans son avis. Contrairement à lui je trouve qu'il se passe pas mal de choses dans ce premier tome. En fait il y a trois trames narratives qui se déroulent en parallèle, et qui vont forcément se croiser dans la suite. Celle du chasseur de primes est peut-être la plus statique, mais à mon avis ça va changer.
Il s'agit pourtant d'une sorte de drame intimiste, qui se place dans un contexte de guerre cosmique. Une sorte de Romeo et Juliette extra-terrestre, mais en moins chiant. Brian K. Vaughan dose ses effets, ménageant plusieurs surprises au cours de ce premier tome, et ouvrant plusieurs perspectives. J'aimerais par exemple savoir pourquoi Hazel ne doit pas, contrairement à ses parents, être "pacifiée"...
Graphiquement Fiona Staples fait du joli boulot, un peu "brouillon" parfois, mais c'est très agréable à l'oeil...
Merci au libraire d'Arkham Comics (rue Broca à Paris) pour le conseil.
A suivre, vite.
Une très bonne surprise que ce western fantastique.
Franchement, gros coup de chapeau aux auteurs pour l'originalité du scénario. On se retrouve dans l'Amérique naissante, avec la conquête de l'ouest, sauf que celle-ci n'est pas ralentie par des hordes d'indiens, mais par des créatures infernales.
Le graphisme en noir et blanc est bien maîtrisé, seul le vilain père missionnaire est un peu raté, je trouve.
On a droit à des personnages charismatiques au plus haut point. Le sergent Outburst, et son acolyte Little, l'indien au totem de loup, ils déchirent !
J'ai trouvé que les dialogues étaient très soignés et les répliques très bien choisies, ça fait vrai, la lecture est fluide, c'est divertissant.
S'il fallait encore une qualité à énumérer pour vous donner envie de goûter à cette BD, je dirais qu'elle ne manque pas d'humour, savamment distillé, notamment lorsque notre trappeur fait son spectacle au "frontier show".
Du tout bon, à découvrir, en tout cas, ça m'a donné envie de devenir édinaute du tome 2 !
(246)
Cette fresque villageoise est absolument épatante, tant par la beauté du dessin et des couleurs que par la drôlerie et la sensibilité des différents protagonistes, qui semblent littéralement sortir des cases tant ils sonnent vrais. On sent que les personnages, qui ont chacun une personnalité bien marquée, ont fait l’objet d’une étude fouillée. Le parler québecois ajoute un côté truculent aux situations souvent drôles. On est parfois saisi de fou-rire mais on pleure aussi avec Marie, à fleur de peau et toute en pudeur. Le dessin est vraiment réussi et certaines cases sont de véritables petits tableaux, les scènes champêtres y sont dépeintes avec subtilité et poésie. D’autres sont purement éblouissantes (la soirée du réveillon de Noël préparée par Serge), j’ai lâché des « oooh » d’émerveillement tel un gosse devant le sapin… C’est vivant, vibrant, chatoyant, chaleureux, cocasse, sensible, émouvant…
Amateurs d’aventures avec un grand A, passez votre chemin. Ici, pas de conquête de grands espaces et de monstres menaçants (même si nous sommes dans le Grand Nord canadien), c’est juste la vie dans un village à une époque comme il en existe partout avec toutes ses composantes humaines. En fait, il s’agit plus d’une conquête de la vie et de ses plaisirs (de la chair et de la bonne chère !) face à la culpabilité, aux préjugés et aux ragots. C’est aussi l’histoire d’un homme-fée (Serge) qui va traverser ce village en s’efforçant de redonner vie à une fleur fanée trop vite, Marie, et en accrochant des étoiles dans les yeux et l’âme des villageois présents, femmes, enfants et vieux, les hommes étant partis bivouaquer pour quelques semaines. Une sorte de Bagdad Café en BD.
Mon seul bémol est la présence de ces phylactères (de Loisel sans aucun doute) quelque peu envahissants qui parasitent parfois le plaisir qu’on a à admirer les dessins. Il me semble que dans une BD, une bulle doit être élégante et savoir se faire oublier. Celles-ci sont trop stylées, trop pointues, trop nerveuses, et ne vont pas avec le style du dessin. Si cela fonctionnait dans Peter Pan et La Quête de l'Oiseau du Temps , c’est devenu presque gênant ici, un peu comme un gravier dans une chaussure. La présence récurrente des petits animaux (le chiot, le chaton et le caneton) a aussi un côté agaçant - surtout au tome 7 avec l’apparition de l’ourson. C’est bien mignon mais aussi très enfantin. J’ai par ailleurs cru déceler un certain essoufflement scénaristique dans ce même tome 7.
Cela étant, cette association des deux dessinateurs Tripp et Loisel est néanmoins tout à fait concluante. Ils ont su mettre leur ego de côté, et produire quelque chose de graphiquement époustouflant (hormis les bulles). Je ne connais pas d’autres exemples en BD mais il me semble que la démarche est innovante et intéressante, et gagnerait à se généraliser étant donné le résultat ici présent où la synergie des deux dessinateurs soutenue par le travail du scénariste a fonctionné à plein !
MAJ 10/08/13
A mon grand dam, je suis obligé de rétrograder cette BD après la lecture des deux derniers tomes. J’espérais que le tome 9 viendrait redresser la barre suite à un léger essoufflement constaté dans l’épisode précédent. Hélas, il n’en est rien, l’histoire tourne en rond, avec beaucoup de redite et peu de passages vraiment dignes d’intérêt. Certes, le charme est toujours là, mais la magie s’est estompée.
Tome 1 : Marie
Tome 2 : Serge
Tome 3 : Les hommes
Tome 4 : Confessions
Tome 5 : Montréal
Tome 6 : Ernest Latulippe
Tome 7 : Charleston
Tome 8 : Les femmes
Pour l'instant, je n'ai lu que le 1er cycle, et ça me suffit, c'est de la bonne SF comme je l'aime, qui ne se passe pas dans l'espace, sans vaisseaux et armes futuristes. C'est un futur proche, un monde menacé par la montée des eaux qui voit l'opposition d'un monde aseptisé réservé à une élite vivant sur une cité flottante, et d'une poignée de parias vivant sur le continent dans un univers de violence, de trafics et de pauvreté.
Le milliardaire Banks qui va passer de dirigeant de Golden City à proscrit, va être plongé dans une effroyable machination qui implique un trafic de clones humains, en avançant dans sa descente aux enfers et en faisant des découvertes surprenantes. Ce monde à la "Waterworld" est bien imaginé et aborde des thèmes actuels qui sans trop porter le lecteur à la réflexion, ne cherche au contraire qu'à le divertir. Tout s'enchaîne au fil des épisodes comme une mécanique bien huilée, en faisant intervenir des personnages intéressants : Kate la secrétaire qui trahit Banks, Mifa et sa petite bande de pilleurs d'épaves attachants, Amber une tueuse acharnée, le Chacal un mercenaire qui fournit les bordels flottants et qui vend des cadavres, soeur Léa à l'esprit humanitaire, l'ambitieuse Seed, et une belle Inuit qui sauve Banks dans l'Arctique....
On se laisse entraîner facilement par un scénario bien construit qui suit une progression bien orchestrée, émaillée de rebondissements et de scènes d'action, mais qui n'évite pas certaines grosses ficelles et des clichés, où le dessin fluide et précis de Malfin fait merveille ; c'est un graphisme et une mise en page modernes, très différent de mes anciennes Bd années 80, aux couleurs informatisées pas désagréables. La série s'inscrit dans la ligne graphique lancée par Fred Blanchard et Olivier Vatine pour la collection Série B chez Delcourt, que l'on retrouve sur Aquablue, Carmen Mc Callum, Travis ou Nash.
Un excellent divertissement.
Deuxième album Futuro sur le thème de la colonisation cette année, après le superbe Kongo qui relatait les escapades belges au Congo. Avec « La colonne » Christophe Dabitch, journaliste de formation, s’intéresse lui à l’ultime expédition française au Tchad en 1899, et on y retrouve bien entendu les même horreurs. La « colonne » avance coûte que coûte, recrute à tour de bras des « nègres » qui finiront par massacrer leurs congénères au nom du drapeau français.
Au dessin on retrouve Nicolas Dumontheuil (Qui a tué l'idiot ?) qui délaisse pour un temps son domaine de prédilection (l’humour loufoque) pour des thèmes plus sérieux. La transition est réussie, et son superbe dessin en couleurs directes illustre parfaitement l’histoire.
Il ne s’agit que d’un premier tome, mais l’histoire avance beaucoup et donne furieusement envie de lire la suite. Un album recommandable !
Décidément, après Tout sauf l'amour paru en début d’année, on jurerait que Futuropolis a chargé ses auteurs d’analyser et comprendre l’Amour ! Cet album est construit sur une idée rigolote. Une nouvelle maladie fait son apparition : l’amorostasie. Un symptôme unique : toute personne amoureuse se retrouve pétrifiée, en état catatonique.
Les conséquences sur les individus mais aussi sur notre société sont fascinantes : méfiance et peur de l’autre, mise en place d’un système de marquage des jeunes femmes (mais pas des hommes) ayant « pétrifié » grâce à un brassard qui en rappellera un autre, conséquences de ce marquage sur le quotidien (difficulté de conserver son emploi, de trouver un logement etc.). Et puis comment réagir si on est en couple et qu’on ne se pétrifie pas ? Bon la réflexion reste légère, et on voit venir la fin grosse comme une maison, mais je dois avouer que je me suis laissé prendre au jeu, et que le message m’a beaucoup plu.
Voilà, après L'Homme qui n'existait pas Cyril Bonin continue de s’intéresser à l’âme humaine avec cet album tout à fait recommandable !
Cette histoire qui mêle drames et passions avec l'aventure, raconte avant tout le destin singulier de 3 femmes dans l'Inde éternelle. Elle s'étale sur 3 générations, de 1927 aux débuts des années 70, et elle est née au cours d'un voyage en Inde effectué par les époux Charles qui sont tombés sous le charme d'un passé prestigieux.
"India Dreams" est un bouquet de rêves qui renvoie en effet au temps des dernières splendeurs de l'empire colonial, des derniers feux d'une époque où la grandeur britannique de cet empire trouve sa source dans le beau film de David Lean en 1984 : "la Route des Indes". Est-ce pour cette raison que J.F. Charles a donné à l'un des personnages la physionomie de l'acteur Claude Rains dans Lawrence d'Arabie, autre film légendaire de David Lean ?
C'est avant tout une formidable saga romanesque où l'amour transcende ces 3 femmes, dont le côté sensuel de l'Inde leur révèle leur propre sensualité, surtout celle d'Amélia, première des 3 à succomber au charme de Dharma Singh, le maharadjah d'une région du Punjab. Sa fille Emy succombera elle aussi au charme exotique de la chair avec son ami d'enfance, le prince Jarawal, mais elle épousera un homosexuel ami de son père, Kenneth Lowther qui donnera une bonne éducation à sa fille Kamala, née de ses amours avec Jarawal. La progression de l'intrigue et des personnages est remarquable, même si la narration est par endroits confuse; le récit est dense, puisqu'il retrace aussi les étapes politiques du pays après l'indépendance, il faut donc le lire attentivement.
Les auteurs sacrifient au festival de clichés qu'on a généralement sur l'Inde, et ses décors réels superbes (le Palais des Vents à Jaïpur, le Taj Mahal à Agra ) contribuent à rendre cette série passionnante ; tout y est : palais de maharadjah, vaches sacrées, chasse au tigre, danseuses exotiques, éléphants, le Gange à Bénarès.... sans oublier la torpeur moite et l'érotisme discret qui font que le lecteur ne lachera pas facilement cette saga envoûtante, enluminée par la qualité graphique de J.F. Charles dans le style aquarelle dû aux couleurs directes. Cette histoire est susceptible de plaire plus à un lectorat féminin.
Je n'ai lu que le 1er cycle, et comme il tient toutes ses promesses, achat sans problème.
C'est du western crépusculaire de très haute tenue qui me fait penser au film multirécompensé de Clint Eastwood, "Impitoyable" et qui me fait oublier l'indigeste Bouncer. Un beau récit, intense, grave, une classique histoire de vengeance menée de main de maître par Desberg qui livre un dialogue littéraire et utilise le décor de western pour révéler des caractères, une intrigue policière et des vérités, renforcée par le dialogue en voix-off du personnage central Matt Montgomery. Marini lui donne les traits de Sean Connery dans le style classe de "A la poursuite d'Octobre Rouge" ou "Soleil Levant", qui tranche indéniablement avec l'aspect sombre, crasseux et sordide du décor ; une trouvaille géniale.
Marini, dont j'admire beaucoup le graphisme depuis Rapaces, atteint ici un summum dans la perfection; ses dessins travaillés aux dégradés de vert, rouge ou jaune donne une intensité rarement atteinte dans un western BD. Ceci couplé aux caractères bien typés des personnages comme les odieux Skerritt, Lorrimer, Derrell, l'Indienne Wakita, le mystérieux Jason Cauldray... permettent un récit passionnant qui s'accompagne d'une violence propre aux westerns des années 90, tout en proposant une relecture du genre telle qu'elle a été approchée au cinéma dans "Impitoyable" que j'évoquais au début.
Un diptyque quasiment culte, indispensable dans toute bonne bédéthèque, qui réunit 2 auteurs au meilleur de leur forme, qui se retrouvent ensuite avec joie sur Le Scorpion.
Voici une attachante série, bien documentée, typique de l'esprit Glénat des années 80 et de sa collection Vécu; ce n'est pas ma période historique préférée, mais le récit est bien conduit par Bardet, qui utilise à peu près les mêmes recettes que dans Les Chemins de Malefosse. Il débute à l'aube de la Révolution, au moment où le pouvoir de Louis XVI s'étiole, puis on suit le destin de Timon qui rêve d'aventures et qui fuit vers le Nouveau Monde, avant de revenir en France sous la Terreur, et participer aux guerres des Chouans.
Cette fresque d'un XVIIIème siècle finissant trouve le juste équilibre entre l'aspect aventureux, la rigueur historique et l'aspect romanesque, même si Bardet ne donne pas un côté plus "exotique" à son Nouveau Monde. Le tout est illustré joliment par le dessin lumineux d'Erik Arnoux qui réussit de très belles pages ; il cède le crayon après 4 albums à Elie Klimos qui respecte le graphisme initial. C'est donc une série réalisée dans un style et un esprit tout à fait comme je l'aime, qui n'a peut-être pas eu le plein succès escompté, et qui mérite une redécouverte.
Cette série adopte un concept séduisant et original : placer des trames policières dans l'Egypte pharaonique, en restituant fidèlement la vie sociale et l'architecture au temps de Ramsès II. La belle et troublante Meresankh, le prince Kha et son garde du coprs Imeni sont les 3 personnages principaux de ces énigmes antiques aussi complexes qu'effrayantes.
Les épisodes fonctionnent très bien par diptyques, Isabelle Dethan a effectué un gros travail de préparation par la lecture d'ouvrages sur l'égyptologie, des visites au Musée du Louvre, des croquis réalisés au Caire... qui lui ont permis de restituer dans ses dessins clairs la lumière de l'Egypte antique. Le dessin au final est donc agréable sans être exceptionnel, dans un style aquarelle qui change totalement de la technique employée par Moralès sur Hotep, ou par Pleyers sur Keos.
Costumes, objets, mobilier, décoration d'édifices et temples sont rendus avec une grande richesse de détails, ainsi que les rites, coutumes, aspect religieux liés aux dieux et au quotidien sont décrits avec fidélité; seuls les visages ne me plaisent pas toujours. L'auteure pousse aussi le souci d'exactitude en incluant carte et glossaire dans chaque album, qui permettent d'éclairer des termes et des cultes pratiqués dans cette Egypte mystérieuse. De même que d'autres personnages apparaissent en enrichissant le récit. Une série passionnante et soignée.
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Saga
Je ne suis pas d'accord avec ce que dit dut dans son avis. Contrairement à lui je trouve qu'il se passe pas mal de choses dans ce premier tome. En fait il y a trois trames narratives qui se déroulent en parallèle, et qui vont forcément se croiser dans la suite. Celle du chasseur de primes est peut-être la plus statique, mais à mon avis ça va changer. Il s'agit pourtant d'une sorte de drame intimiste, qui se place dans un contexte de guerre cosmique. Une sorte de Romeo et Juliette extra-terrestre, mais en moins chiant. Brian K. Vaughan dose ses effets, ménageant plusieurs surprises au cours de ce premier tome, et ouvrant plusieurs perspectives. J'aimerais par exemple savoir pourquoi Hazel ne doit pas, contrairement à ses parents, être "pacifiée"... Graphiquement Fiona Staples fait du joli boulot, un peu "brouillon" parfois, mais c'est très agréable à l'oeil... Merci au libraire d'Arkham Comics (rue Broca à Paris) pour le conseil. A suivre, vite.
Hell West
Une très bonne surprise que ce western fantastique. Franchement, gros coup de chapeau aux auteurs pour l'originalité du scénario. On se retrouve dans l'Amérique naissante, avec la conquête de l'ouest, sauf que celle-ci n'est pas ralentie par des hordes d'indiens, mais par des créatures infernales. Le graphisme en noir et blanc est bien maîtrisé, seul le vilain père missionnaire est un peu raté, je trouve. On a droit à des personnages charismatiques au plus haut point. Le sergent Outburst, et son acolyte Little, l'indien au totem de loup, ils déchirent ! J'ai trouvé que les dialogues étaient très soignés et les répliques très bien choisies, ça fait vrai, la lecture est fluide, c'est divertissant. S'il fallait encore une qualité à énumérer pour vous donner envie de goûter à cette BD, je dirais qu'elle ne manque pas d'humour, savamment distillé, notamment lorsque notre trappeur fait son spectacle au "frontier show". Du tout bon, à découvrir, en tout cas, ça m'a donné envie de devenir édinaute du tome 2 ! (246)
Magasin général
Cette fresque villageoise est absolument épatante, tant par la beauté du dessin et des couleurs que par la drôlerie et la sensibilité des différents protagonistes, qui semblent littéralement sortir des cases tant ils sonnent vrais. On sent que les personnages, qui ont chacun une personnalité bien marquée, ont fait l’objet d’une étude fouillée. Le parler québecois ajoute un côté truculent aux situations souvent drôles. On est parfois saisi de fou-rire mais on pleure aussi avec Marie, à fleur de peau et toute en pudeur. Le dessin est vraiment réussi et certaines cases sont de véritables petits tableaux, les scènes champêtres y sont dépeintes avec subtilité et poésie. D’autres sont purement éblouissantes (la soirée du réveillon de Noël préparée par Serge), j’ai lâché des « oooh » d’émerveillement tel un gosse devant le sapin… C’est vivant, vibrant, chatoyant, chaleureux, cocasse, sensible, émouvant… Amateurs d’aventures avec un grand A, passez votre chemin. Ici, pas de conquête de grands espaces et de monstres menaçants (même si nous sommes dans le Grand Nord canadien), c’est juste la vie dans un village à une époque comme il en existe partout avec toutes ses composantes humaines. En fait, il s’agit plus d’une conquête de la vie et de ses plaisirs (de la chair et de la bonne chère !) face à la culpabilité, aux préjugés et aux ragots. C’est aussi l’histoire d’un homme-fée (Serge) qui va traverser ce village en s’efforçant de redonner vie à une fleur fanée trop vite, Marie, et en accrochant des étoiles dans les yeux et l’âme des villageois présents, femmes, enfants et vieux, les hommes étant partis bivouaquer pour quelques semaines. Une sorte de Bagdad Café en BD. Mon seul bémol est la présence de ces phylactères (de Loisel sans aucun doute) quelque peu envahissants qui parasitent parfois le plaisir qu’on a à admirer les dessins. Il me semble que dans une BD, une bulle doit être élégante et savoir se faire oublier. Celles-ci sont trop stylées, trop pointues, trop nerveuses, et ne vont pas avec le style du dessin. Si cela fonctionnait dans Peter Pan et La Quête de l'Oiseau du Temps , c’est devenu presque gênant ici, un peu comme un gravier dans une chaussure. La présence récurrente des petits animaux (le chiot, le chaton et le caneton) a aussi un côté agaçant - surtout au tome 7 avec l’apparition de l’ourson. C’est bien mignon mais aussi très enfantin. J’ai par ailleurs cru déceler un certain essoufflement scénaristique dans ce même tome 7. Cela étant, cette association des deux dessinateurs Tripp et Loisel est néanmoins tout à fait concluante. Ils ont su mettre leur ego de côté, et produire quelque chose de graphiquement époustouflant (hormis les bulles). Je ne connais pas d’autres exemples en BD mais il me semble que la démarche est innovante et intéressante, et gagnerait à se généraliser étant donné le résultat ici présent où la synergie des deux dessinateurs soutenue par le travail du scénariste a fonctionné à plein ! MAJ 10/08/13 A mon grand dam, je suis obligé de rétrograder cette BD après la lecture des deux derniers tomes. J’espérais que le tome 9 viendrait redresser la barre suite à un léger essoufflement constaté dans l’épisode précédent. Hélas, il n’en est rien, l’histoire tourne en rond, avec beaucoup de redite et peu de passages vraiment dignes d’intérêt. Certes, le charme est toujours là, mais la magie s’est estompée. Tome 1 : Marie
Tome 2 : Serge
Tome 3 : Les hommes
Tome 4 : Confessions
Tome 5 : Montréal
Tome 6 : Ernest Latulippe
Tome 7 : Charleston
Tome 8 : Les femmes 
Golden City
Pour l'instant, je n'ai lu que le 1er cycle, et ça me suffit, c'est de la bonne SF comme je l'aime, qui ne se passe pas dans l'espace, sans vaisseaux et armes futuristes. C'est un futur proche, un monde menacé par la montée des eaux qui voit l'opposition d'un monde aseptisé réservé à une élite vivant sur une cité flottante, et d'une poignée de parias vivant sur le continent dans un univers de violence, de trafics et de pauvreté. Le milliardaire Banks qui va passer de dirigeant de Golden City à proscrit, va être plongé dans une effroyable machination qui implique un trafic de clones humains, en avançant dans sa descente aux enfers et en faisant des découvertes surprenantes. Ce monde à la "Waterworld" est bien imaginé et aborde des thèmes actuels qui sans trop porter le lecteur à la réflexion, ne cherche au contraire qu'à le divertir. Tout s'enchaîne au fil des épisodes comme une mécanique bien huilée, en faisant intervenir des personnages intéressants : Kate la secrétaire qui trahit Banks, Mifa et sa petite bande de pilleurs d'épaves attachants, Amber une tueuse acharnée, le Chacal un mercenaire qui fournit les bordels flottants et qui vend des cadavres, soeur Léa à l'esprit humanitaire, l'ambitieuse Seed, et une belle Inuit qui sauve Banks dans l'Arctique.... On se laisse entraîner facilement par un scénario bien construit qui suit une progression bien orchestrée, émaillée de rebondissements et de scènes d'action, mais qui n'évite pas certaines grosses ficelles et des clichés, où le dessin fluide et précis de Malfin fait merveille ; c'est un graphisme et une mise en page modernes, très différent de mes anciennes Bd années 80, aux couleurs informatisées pas désagréables. La série s'inscrit dans la ligne graphique lancée par Fred Blanchard et Olivier Vatine pour la collection Série B chez Delcourt, que l'on retrouve sur Aquablue, Carmen Mc Callum, Travis ou Nash. Un excellent divertissement.
La Colonne
Deuxième album Futuro sur le thème de la colonisation cette année, après le superbe Kongo qui relatait les escapades belges au Congo. Avec « La colonne » Christophe Dabitch, journaliste de formation, s’intéresse lui à l’ultime expédition française au Tchad en 1899, et on y retrouve bien entendu les même horreurs. La « colonne » avance coûte que coûte, recrute à tour de bras des « nègres » qui finiront par massacrer leurs congénères au nom du drapeau français. Au dessin on retrouve Nicolas Dumontheuil (Qui a tué l'idiot ?) qui délaisse pour un temps son domaine de prédilection (l’humour loufoque) pour des thèmes plus sérieux. La transition est réussie, et son superbe dessin en couleurs directes illustre parfaitement l’histoire. Il ne s’agit que d’un premier tome, mais l’histoire avance beaucoup et donne furieusement envie de lire la suite. Un album recommandable !
Amorostasia
Décidément, après Tout sauf l'amour paru en début d’année, on jurerait que Futuropolis a chargé ses auteurs d’analyser et comprendre l’Amour ! Cet album est construit sur une idée rigolote. Une nouvelle maladie fait son apparition : l’amorostasie. Un symptôme unique : toute personne amoureuse se retrouve pétrifiée, en état catatonique. Les conséquences sur les individus mais aussi sur notre société sont fascinantes : méfiance et peur de l’autre, mise en place d’un système de marquage des jeunes femmes (mais pas des hommes) ayant « pétrifié » grâce à un brassard qui en rappellera un autre, conséquences de ce marquage sur le quotidien (difficulté de conserver son emploi, de trouver un logement etc.). Et puis comment réagir si on est en couple et qu’on ne se pétrifie pas ? Bon la réflexion reste légère, et on voit venir la fin grosse comme une maison, mais je dois avouer que je me suis laissé prendre au jeu, et que le message m’a beaucoup plu. Voilà, après L'Homme qui n'existait pas Cyril Bonin continue de s’intéresser à l’âme humaine avec cet album tout à fait recommandable !
India Dreams
Cette histoire qui mêle drames et passions avec l'aventure, raconte avant tout le destin singulier de 3 femmes dans l'Inde éternelle. Elle s'étale sur 3 générations, de 1927 aux débuts des années 70, et elle est née au cours d'un voyage en Inde effectué par les époux Charles qui sont tombés sous le charme d'un passé prestigieux. "India Dreams" est un bouquet de rêves qui renvoie en effet au temps des dernières splendeurs de l'empire colonial, des derniers feux d'une époque où la grandeur britannique de cet empire trouve sa source dans le beau film de David Lean en 1984 : "la Route des Indes". Est-ce pour cette raison que J.F. Charles a donné à l'un des personnages la physionomie de l'acteur Claude Rains dans Lawrence d'Arabie, autre film légendaire de David Lean ? C'est avant tout une formidable saga romanesque où l'amour transcende ces 3 femmes, dont le côté sensuel de l'Inde leur révèle leur propre sensualité, surtout celle d'Amélia, première des 3 à succomber au charme de Dharma Singh, le maharadjah d'une région du Punjab. Sa fille Emy succombera elle aussi au charme exotique de la chair avec son ami d'enfance, le prince Jarawal, mais elle épousera un homosexuel ami de son père, Kenneth Lowther qui donnera une bonne éducation à sa fille Kamala, née de ses amours avec Jarawal. La progression de l'intrigue et des personnages est remarquable, même si la narration est par endroits confuse; le récit est dense, puisqu'il retrace aussi les étapes politiques du pays après l'indépendance, il faut donc le lire attentivement. Les auteurs sacrifient au festival de clichés qu'on a généralement sur l'Inde, et ses décors réels superbes (le Palais des Vents à Jaïpur, le Taj Mahal à Agra ) contribuent à rendre cette série passionnante ; tout y est : palais de maharadjah, vaches sacrées, chasse au tigre, danseuses exotiques, éléphants, le Gange à Bénarès.... sans oublier la torpeur moite et l'érotisme discret qui font que le lecteur ne lachera pas facilement cette saga envoûtante, enluminée par la qualité graphique de J.F. Charles dans le style aquarelle dû aux couleurs directes. Cette histoire est susceptible de plaire plus à un lectorat féminin. Je n'ai lu que le 1er cycle, et comme il tient toutes ses promesses, achat sans problème.
L'Etoile du Désert
C'est du western crépusculaire de très haute tenue qui me fait penser au film multirécompensé de Clint Eastwood, "Impitoyable" et qui me fait oublier l'indigeste Bouncer. Un beau récit, intense, grave, une classique histoire de vengeance menée de main de maître par Desberg qui livre un dialogue littéraire et utilise le décor de western pour révéler des caractères, une intrigue policière et des vérités, renforcée par le dialogue en voix-off du personnage central Matt Montgomery. Marini lui donne les traits de Sean Connery dans le style classe de "A la poursuite d'Octobre Rouge" ou "Soleil Levant", qui tranche indéniablement avec l'aspect sombre, crasseux et sordide du décor ; une trouvaille géniale. Marini, dont j'admire beaucoup le graphisme depuis Rapaces, atteint ici un summum dans la perfection; ses dessins travaillés aux dégradés de vert, rouge ou jaune donne une intensité rarement atteinte dans un western BD. Ceci couplé aux caractères bien typés des personnages comme les odieux Skerritt, Lorrimer, Derrell, l'Indienne Wakita, le mystérieux Jason Cauldray... permettent un récit passionnant qui s'accompagne d'une violence propre aux westerns des années 90, tout en proposant une relecture du genre telle qu'elle a été approchée au cinéma dans "Impitoyable" que j'évoquais au début. Un diptyque quasiment culte, indispensable dans toute bonne bédéthèque, qui réunit 2 auteurs au meilleur de leur forme, qui se retrouvent ensuite avec joie sur Le Scorpion.
Timon des blés
Voici une attachante série, bien documentée, typique de l'esprit Glénat des années 80 et de sa collection Vécu; ce n'est pas ma période historique préférée, mais le récit est bien conduit par Bardet, qui utilise à peu près les mêmes recettes que dans Les Chemins de Malefosse. Il débute à l'aube de la Révolution, au moment où le pouvoir de Louis XVI s'étiole, puis on suit le destin de Timon qui rêve d'aventures et qui fuit vers le Nouveau Monde, avant de revenir en France sous la Terreur, et participer aux guerres des Chouans. Cette fresque d'un XVIIIème siècle finissant trouve le juste équilibre entre l'aspect aventureux, la rigueur historique et l'aspect romanesque, même si Bardet ne donne pas un côté plus "exotique" à son Nouveau Monde. Le tout est illustré joliment par le dessin lumineux d'Erik Arnoux qui réussit de très belles pages ; il cède le crayon après 4 albums à Elie Klimos qui respecte le graphisme initial. C'est donc une série réalisée dans un style et un esprit tout à fait comme je l'aime, qui n'a peut-être pas eu le plein succès escompté, et qui mérite une redécouverte.
Sur les Terres d'Horus
Cette série adopte un concept séduisant et original : placer des trames policières dans l'Egypte pharaonique, en restituant fidèlement la vie sociale et l'architecture au temps de Ramsès II. La belle et troublante Meresankh, le prince Kha et son garde du coprs Imeni sont les 3 personnages principaux de ces énigmes antiques aussi complexes qu'effrayantes. Les épisodes fonctionnent très bien par diptyques, Isabelle Dethan a effectué un gros travail de préparation par la lecture d'ouvrages sur l'égyptologie, des visites au Musée du Louvre, des croquis réalisés au Caire... qui lui ont permis de restituer dans ses dessins clairs la lumière de l'Egypte antique. Le dessin au final est donc agréable sans être exceptionnel, dans un style aquarelle qui change totalement de la technique employée par Moralès sur Hotep, ou par Pleyers sur Keos. Costumes, objets, mobilier, décoration d'édifices et temples sont rendus avec une grande richesse de détails, ainsi que les rites, coutumes, aspect religieux liés aux dieux et au quotidien sont décrits avec fidélité; seuls les visages ne me plaisent pas toujours. L'auteure pousse aussi le souci d'exactitude en incluant carte et glossaire dans chaque album, qui permettent d'éclairer des termes et des cultes pratiqués dans cette Egypte mystérieuse. De même que d'autres personnages apparaissent en enrichissant le récit. Une série passionnante et soignée.