Les derniers avis (32065 avis)

Couverture de la série Entre-Monde
Entre-Monde

BD de Yanouch, auteur ayant fondé Y.I.L. édition (Yanouch Industrie Lourde). Traitée dans un style original mêlant photo et 3D en noir et blanc, cette série joue sur le parallèle entre deux mondes, le nôtre et celui d'Ekko, héroïne fantasmée de l'écrivain Samuel Fausset. Le monde d'Ekko est une Terre post-apocalyptique, violente et baroque. Par certains côtés (réel/irréel) l'histoire fait penser à Matrix. On pourrait aussi parler de cyberpunk. Original et beau !

07/08/2013 (modifier)
Couverture de la série Krys Farell
Krys Farell

Nouvelle série de la petite boîte qui monte, Y.I.L. édition ! Les auteurs sont novices, mais nous livrent une série ambitieuse. Et lorsque l'on passe sur les imperfections, on découvre une histoire qui lorgne du côté de 24 heures ou Die Hard et retranscrit bien l'ambiance des films américains de ce genre.

07/08/2013 (modifier)
Couverture de la série Le Troisième Testament
Le Troisième Testament

Début 2003, un ami me prête les 4 albums de cette série phénomène et me dit: "c'est une tuerie!" Avec lui, je me méfie, parce qu'il m'a fait déja le coup pour Chroniques de la lune noire que je n'ai pas aimée. Mais là, il avait raison. Cette bande qui a ouvert la voie au genre fantastique-ésotérique, m'a quand même rebuté dès sa première lecture pour sa trop grande complexité; il a fallu s'y reprendre 2 fois pour que j'accroche vraiment à cette histoire, ça me changeait des bonnes vieilles Bd de papa; mais une fois rentré dedans, on est pris, captivé, envoûté, pris au piège. Visiblement, les auteurs lorgnent vers le Nom de la Rose lorsqu'il se lancent dans ce récit médiéval, où il est question de religion et de sociétés secrètes mêlées au fantastique macabre et à la réalité historique; c'est vrai qu'il y a des similitudes avec le roman d'Umberto Eco, même l'inquisiteur Bernardo Gui est évoqué, et la trame générale rappelle le film qu'en a tiré J.J. Annaud. Dès le premier tome, le lecteur se pose de nombreuses questions auxquelles les auteurs répondent avec parcimonie, en distillant intelligemment le suspense. Le personnage central, Conrad de Marbourg, au physique voisin de Sean Connery (qui n'est sûrement pas fortuit), traîne un lourd passé, et a tout du héros charismatique; sa quête sera rude, aidé par Elisabeth, nièce de son ami, l'archevêque de Paris. Tout en essayant d'échapper à leurs poursuivants à la recherche du même manuscrit qu'eux, ils devront éprouver leur foi. Les dessins d'Alice ne m'ont pas séduit également dès le début; dans le tome 1, je les trouvais corrects mais pas exceptionnels, ce n'est qu'en relisant la saga que j'ai finalement approuvé leur qualité, même si elle est variable et inégale d'un album à l'autre. Ils peuvent en effet être très travaillés, culminant parfois en d'audacieux cadrages et des contre-plongées spectaculaires, puis retomber dans le moyen. Parmi d'autres défauts, j'ajouterais des couleurs parfois trop sombres. De son côté, Dorison fait de sa jeune héroïne une fille bien trop délurée dans ce XIVème siècle, alors que la femme de ce temps est encore confinée et réduite à un rôle bien secondaire (il n'y a qu'à voir au siècle suivant comment sera perçue Jeanne d'Arc qui empiète sur le terrain des hommes en armure). Malgré tout ça, ce récit à l'ambiance délétère et étouffante, amène un succès rapide à la série qui tiendra les lecteurs en haleine pendant plus de 5 ans. Le bouche à oreille a vite transformé ce fabuleux dosage de mystère, d'Histoire et d'ésotérisme en véritable tétralogie culte. Ma note n'atteint pas cependant le stade ultime pour les petits défauts que j'ai évoqué, mais elle en est très près, la série étant un must absolu.

07/08/2013 (modifier)
Couverture de la série Sisco
Sisco

Après lecture des 6 tomes, voici une série réjouissante comme j'aime, qui n'hésite pas à farfouiller dans les arcanes de la politique, loin de ce que font les Ricains quand ils dénoncent leur démocratie, mais ça s'en approche. "Sisco" marque un retour aux sources au sein de la collection Troisième Vague du Lombard qui s'était un peu dispersée, un retour vers le thriller politique dans un style proche de Alpha ou I.R.$., tout en évoluant dans une thématique différente. J'adore les personnages pas nets, et là on nous sert un type, Vincent Sisco, une sorte de barbouze qui se place dans la mouvance des héros de BD et de l'écran qui ne sont pas foncièrement sympathiques : odieux avec ses maîtresses, méprisant avec ses collègues, insolent avec ses supérieurs, froid dans sa profession, il est loin des personnages monolithiques d'antan ; désormais, les héros sont ambigus et s'éloignent de plus en plus de l'image lisse qu'ils ont véhiculée pendant longtemps. Même James Bond depuis Casino Royale n'est plus aussi clean qu'avant. Sisco est un de ces hommes de l'ombre au service de l'Elysée, qui "effacent" les grains de sable et autres rouages qui grippent la mécanique bien huilée de la politique, l'homme idéal pour protéger le président de ses petits secrets, en s'assurant de l'immunité de la République. Dès le premier diptyque, l'histoire s'inspire d'une affaire réelle sous Mitterrand, et plante magistralement le portrait d'un héros cynique qui choisit une cour où les loups se dévorent entre eux. Malgré cet aspect négatif, le lecteur se surprend à aimer ce héros qu'il a envie de voir gagner à la fin, au milieu d'un festival réussi de meurtres, pièges et machinations sordides. Dans le second diptyque, on apprend aussi des trucs, Sisco est malmené par les caprices de la fille du président, une peste qui évolue dans un milieu de riches bien rendu. Legrain, par son graphisme clair et fignolé, et son soin du décor, sert à merveille les sujets haletants écrits par Benec, qui sont entrain de faire de cette série un nouveau classique à l'originalité forte. J'ai un petit faible pour cette Bd, et je la note bien même si certains penseront qu'elle est trop commerciale ou qu'elle ne le mérite pas...

06/08/2013 (modifier)
Couverture de la série Mordillo
Mordillo

Comme Serre, Mordillo est considéré comme un dessinateur de dessin humoristique, mais il a parfois approché la bande dessinée d'une façon un peu hybride avec ses célèbres Girafes que j'ai découvert dans Pif-Gadget vers 1972 ; d'emblée j'ai accroché à ce type d'humour et à ce dessin qu'il a servi avec une qualité extraordinaire dans des situations cocasses et surréalistes. Mordillo s'est rendu célèbre avec ses buildings, ses labyrinthes, ses montagnes et ses jungles colorées où ses petits bonshommes aux gros nez et aux formes rondouillardes se plaisent à évoluer. A mi-chemin entre BD et illustration, il propose des gags toujours muets basés sur l'absurde et agrémentés de couleurs vives. Le tout est toujours d'une grande finesse. On regarde, on observe avec délice tous les détails, on y revient... un vrai régal. Je le place à égalité avec Serre parmi les meilleurs humoristes du dessin. Pas besoin d'avoir tous les albums, on peut lire les "Opus" en biblio, et posséder au moins "Mordillo Football" (avec préface de Pelé) qui est certainement son meilleur.

06/08/2013 (modifier)
Couverture de la série Serre
Serre

Serre, c'est pas de la BD, c'est du dessin humoristique ! mais qu'est-ce que c'est bon. C'est un monument du dessin d'humour, un type qui sait manier un crayon avec un brio et une habileté percutante. Dès que je l'ai découvert, j'ai tout de suite aimé cette ration de rire corrosive et décapante servie par un dessin au style reconnaissable, fouillé et tout en trames finement travaillées. En 1977, j'ai réussi à obtenir ma première dédicace à Angoulême sur l'album Le Sport, ce fut un grand moment d'être en face de ce monsieur. Je recommande tous ses classiques comme " la Bouffe ", à l'humour des plus sarcastique, avec des dessins superbement dégueu ; " Vice compris " avec des dessins parus dans Lui et des revues masculines (mais c'est loin d'être le meilleur) ; " Savoir Vivre " où la mort est un beau sujet pour triturer l'âme humaine et un humour très très noir ; " le Sport " est vraiment impitoyable avec les sportifs ; " Humour noir et hommes en blanc ", un best-seller dont la vision cruelle des hôpitaux et des professions médicales est très forte ; " l'Automobile ", pour moi le meilleur où l'absurde le dispute à l'humour rigolard. Serre, c'est un énorme éclat de rire qui peut se lire vite, mais on peut aussi après avoir ri du gag, détailler le dessin toujours efficace avec ses trames et certaines gueules, s'attarder et y revenir longtemps après sans que le gag ait perdu sa force.

06/08/2013 (modifier)
Couverture de la série Plume aux vents (Les 7 vies de l'épervier - 2ème époque)
Plume aux vents (Les 7 vies de l'épervier - 2ème époque)

Dans mon avis sur Les 7 vies de l'épervier, j'évoquais déja cette série qui en est la suite directe tant attendue par les fans, en dehors de toutes les séries dérivées lancées par Cothias avec d'autres dessinateurs. Il est vrai qu'elle n'était peut-être pas justifiée au regard d'un tel monument de la BD historique, tout au moins au début, mais en y réfléchissant bien, la fin des 7 Vies... m'avait un peu déçu, aussi, cette suite s'imposait finalement, surtout qu'elle arrive 4 ans après, chez un autre éditeur, et propose une nouvelle histoire, c'est pas de la resucée, donc je fonce tête baissée évidemment. Et je ne suis pas déçu ; sans atteindre l'aura mythique imprimée à la série mère, les 2 auteurs Cothias et Juillard qui se retrouvent, réussissent une série passionnante. Elle s'attache au personnage central d'Ariane de Troïl, devenue une belle jeune femme, partie aux Amériques à la recherche de son père. Le récit démarre un peu lentement lorsqu'elle croupit à demi-folle dans un hospice à la merci de Gaston d'Orléans, frère du roi, puis elle met au monde l'enfant de Germain Grandpin qui sera recueilli par le couple Lenclos, avant de retrouver sa raison et de partir vers le Nouveau Monde avec Champlain. Comme toujours, Cothias est très doué pour mêler l'Histoire, la petite histoire et le fictif en un enchevêtrement extrêmement bien agencé, et Juillard réussit une superbe description des paysages canadiens et des peuples qui y vivent, grâce à son trait toujours aussi lumineux ; ces épisodes indiens d'une époque d'avant les colons du XVIIIème siècle, sont magnifiques et poétiques, c'est assurément ma partie préférée de cette série, on y sent une pureté en harmonie avec la nature chez ces peuples, qui sera détruite 2 siècles plus tard par les conquêtes de leurs territoires. 4 albums qui s'imposent pour les fans.

05/08/2013 (modifier)
Couverture de la série Poupée d'Ivoire
Poupée d'Ivoire

J'ai mis longtemps pour adopter le graphisme de Franz qui au début me rebutait sur sa reprise de Jugurtha, puis Lester Cockney m'a permis de me familiariser avec ce dessin si particulier, et c'est donc tout naturellement conquis que j'arrive sur "Poupée d'Ivoire" dans Vécu en 1987. La Chine et l'Asie centrale à l'orée du XIIème siècle, telle est l'époque qui sert de toile de fond à cette épopée barbare des steppes, pour laquelle Franz a réuni une documentation très poussée, car cette Histoire des peuples de l'Asie ancienne est pour nous Européens, beaucoup moins connue que notre Moyen Age traditionnel. A travers une très belle histoire d'amour impossible entre la concubine Yu-Lien et le brigand Timok, tous deux emportés par leur passion et à la recherche d'une liberté qu'il faut sans cesse reconquérir, Franz signe une oeuvre forte et flamboyante où se mêlent guerriers des steppes à la violence bestiale, érotisme et sensualité, civilisation chinoise à la riche complexité et souci du détail historique; il offre aussi un beau portrait de femme en évolution. Il est clair qu'ici, Franz atteint une sorte de perfection sur cette ultime série, autant sur le plan graphique que narratif, mais qu'il ne pourra hélas mener à terme, puisqu'en 2005, c'est Michel Faure qui termine le 9ème album sans démériter (avec seulement un changement graphique), sur un texte bien repris de Corteggiani. Une fresque épique à lire impérativement.

05/08/2013 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série On n'est pas là pour réussir
On n'est pas là pour réussir

Il y a quelque chose d’indéfinissable que j’aime réellement chez cet auteur. Je ne suis pourtant pas un amateur de strip et il faut le faire pour m’arracher un sourire surtout en ces temps de crise. Mais là, cet auteur arrive non seulement à capter mon attention, mais à me divertir sur un genre qui n’est pas trop le mien. J’aime sans doute son autodérision. Cependant, il n’y a pas que cela. Au travers de ces blagues, il y a souvent une critique à peine voilée du monde de l’édition et de ses injustices. On découvre également une autre vision de la bande dessinée à travers le regard que portent les auteurs sur les amateurs et autres acquéreurs. On ressent toute la galère que mène Fabcaro au travers de son métier parfois très ingrat. D’ailleurs, le titre « on n’est pas là pour réussir » en dit long. En tout cas, il y a de la finesse et de l’intelligence dans le propos de cette œuvre jouant à fond la carte de l’autodérision comme pour faire passer un message. De la légèreté et de la profondeur : tout un dosage savamment orchestré. Bref, ce n’est que du bonheur à la lecture !

05/08/2013 (modifier)
Couverture de la série Alix
Alix

C'est pas évident de noter cette Bd qui a sûrement forgé en moi l'amour de l'Histoire et m'a fait passer des heures merveilleuses, sans occulter aujourd'hui les défauts qu'elle comporte et qu'à l'époque, je ne voyais pas. Il est certain qu'aujourd'hui, je ne supporte plus les 3 premiers épisodes au graphisme hérité de Jacobs et aux petits lettrages; la bande commence vraiment à s' épanouir à partir de l'épisode 6 les Légions perdues, où Martin trouve enfin son style graphique. Sinon, lorsque le 16 septembre 1948, un dessin mal assuré marquait la première apparition de ce personnage dans le Journal Tintin, c'était la première pierre d'un futur monument de la BD. Cette bande qui symbolise presque à elle seule le genre historique, et qui plus est l'Histoire antique, verra Martin peaufiner son dessin tout en gardant cette pose hiératique des personnages qui handicape un peu la série, et qui donne l'impression d'un immense décor antique où sont posés des acteurs figés ou des statues. Tout simplement parce que son auteur met l'accent sur les décors; à l'aide d'une documentation extrêmement poussée, il emmène le lecteur dans des lieux magnifiques où tout y est reproduit avec une grande précision, culminant ainsi dans de superbes tableaux-paysages. De plus, le texte soigné et littéraire, est abondant, trop même, commentant parfois inutilement l'image, surtout dans les premiers récits; c'est le grand défaut de cette bande qui pourtant n'en compte pas tant que ça, même si le style de Martin a ses détracteurs. Avec le temps, la bande s'est aérée d'un texte trop fourni, adoptant un meilleur dynamisme. Cette authenticité dans le dessin et cette érudition dans les dialogues étaient assez inhabituels dans la bande dessinée à l'époque, n'oublions pas qu'on est au début des années 50. C'est pourquoi quand je lis certains avis précédents qui critiquent vertement la bande pour ses défauts (dessin figé, cadrages trop formatés, découpage obsolète, texte verbeux...), je ne peux m'empêcher de penser que ces posteurs ne tiennent pas compte de son contexte d'époque, et que la BD en ce temps-là, c'était comme ça, c'était un art naissant qui n'était pas encore reconnu en tant que tel, et surtout qu'il fallait faire accepter aux parents et aux éducateurs qui vilipendaient "les illustrés". Alors il faut replacer tout ça et nuancer ses propos. Moi, je trouve qu'il y a un autre défaut qui me gêne bien plus, c'est le manque d'évolution du héros, son côté trop lisse, Martin n'ayant pas su étoffer son personnage; de même que le personnage d'Enak peut parfois être horripilant. Mais encore une fois, c'est le reflet d'une époque, le héros se devait d'être exemplaire pour influencer la jeunesse, c'était comme ça. Au niveau des erreurs historiques, elles sont très rares, il y a seulement l'attitude ambiguë d'Alix envers César qu'il fléchit au sujet de Vercingétorix durant le siège d'Alésia, au début du Sphinx d'or, ça me gène un peu, car ce que peu de gens savent, c'est que César et Vercingétorix se connaissaient très bien, ce dernier s'étant enrôlé très jeune dans les troupes auxiliaires avant de trahir César quand il vit qu'il voulait conquérir la Gaule; ces révélations sont récentes, mais fiables, parce qu'elles auraient fait tâche dans l'aura du chef gaulois qui fut longtemps vénéré comme le premier héros national. Ceci dit, malgré ses défauts, une série comme "Alix" ne peut être ignorée et traînée autant dans la boue comme c'est souvent le cas, elle apporte encore un plaisir de lecture (peut-être plus pour les gens de ma génération) et reste une grande pionnière d'un genre qui a participé à la fondation solide du 9ème art, les bandes modernes lui sont redevables, chaque époque a son style. Pour l'achat, n'ayant lu que les albums Martin, et feuilleté les autres dessinés par d'excellents continuateurs comme Moralès, Simon ou Venanzi, je ne conseille pas toute la collection, certains albums sont inégaux en qualité, mais éviter les 3 premiers.

03/08/2013 (modifier)