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Couverture de la série Boule & Bill
Boule & Bill

C'est certainement un des monuments de la Bd d'humour enfantine que Roba lance dans le journal Spirou en 1959, en contant les aventures d'un garçonnet et de son chien visiblement inspirées par son propre fils et son cocker. Je n'en raffolais pas au début, puis peu à peu, j'ai aimé ce petit univers de family strip fort drôle et réussi qui m'a bien souvent fait sourire. Tout tourne autour d'une famille de Français (ou Belges) moyens, où le père farfelu est mêlé malgré lui aux jeux quotidiens de son fils Boule et de son cocker Bill, le tout sous l'oeil inquiet de la mère qui voit son intérieur ou son jardin perturbés d'ébats intempestifs et parfois dévastateurs. Malgré quelques personnages secondaires, comme le copain de Boule, gosse chevelu et casquettu, très vite, Bill devient la vraie vedette de la série, il est une source inépuisable d'effets comiques, mais il n'est pas un chien humanisé comme Cubitus, c'est un brave animal qui vit son existence de meilleur ami de l'homme et assume sa condition de chien au sein d'une famille adorable. Ses préoccupations sont celles que peut avoir un chien de compagnie. On pourrait comparer cette bande à Blondie ou Sylvie, autres formes de family strip traditionnel, mais ici, tout est axé sur le chien intelligent et le garçonnet plutôt que sur les problèmes conjugaux. Alors oui, c'est très typé sixties, c'est conventionnel et ça renvoie l'image d'une famille modèle bien clean, tout est très sage, bon enfant, mais qu'importe, c'est une excellente Bd de départ pour un enfant; le dessin souple de Roba et son sens aigu de l'observation, l'ironie et la tendresse de cette bande contribuent à lui donner un air sympathique avec laquelle on peut passer un bon moment, et c'est ce qui compte avant tout. Inutile d'acheter tous les albums, 2 ou 3 suffisent pour une approche.

02/08/2013 (modifier)
Par Superjé
Note: 4/5
Couverture de la série Une épatante aventure de Jules
Une épatante aventure de Jules

Elle est quand même forte cette série. Biologie, religion, sciences, éthique, médecine, mythologie, physique, écologie, éducation, politique, les thèmes sérieux abordés y sont nombreux, une manière comme une autre de sensibiliser ou de faire de la vulgarisation à un jeune public assez tôt (même si l'auteur critique pas mal certains travers de l'homme, l'obscurantisme, l’irresponsabilité des adultes face au monde, entre autres...) Je ne suis pas loin de penser que cette série est une des meilleures (sinon la meilleure) séries de BD jeunesse (même si le tome 5 me parait légèrement moins bon, car assez lourd et un poil caricatural). Les premiers tomes sont quand même extrêmement ambitieux, voire prétentieux (dans le bon sens du terme), et ne sont, pour moi, pas toujours aptes à remplir ces prétentions (par exemple, dans le premier tome, la série se voulait être une série de SF jeunesse, sérieuse et consciente de l'impact des personnages sur les environnements, mais un des aliens était attaqué de façon totalement gratuite). Mais les tomes 3 et 4 ne souffrent d'aucun défaut, tout est intelligemment pensé, écrit et construit pour que ces albums soient lisibles et appréciés autant par les enfants (ce qui facilitera je pense un hypothétique dialogue avec les parents) que les adultes. En plus, Emile Bravo prend beaucoup de risques avec ses personnages et ose chambouler leurs univers (l'âge, l'environnement familial), ce qui est osé et que j'apprécie (les enfants ne sont pas habitués à lire dans leurs séries BDs des environnements de vie autant bouleversés). Le dessin est lui aussi très bon : une espèce de 'nouvelle ligne-claire', en plus contemporaine et très efficace. Ce dessin faussement naïf et les tronches délirantes des personnages plairont autant aux adultes qu'aux plus jeunes...Les couleurs simples, claires et belles donnent vraiment la dimension jeunesse à l'album. Le dessin est donc très sympathique et très lisible. Jolie, riche, dense, culturelle, écrite de manière fort intelligente ; en voici une très bonne série.

02/08/2013 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Meilleurs voeux de Mostar
Meilleurs voeux de Mostar

Un témoignage sur l'ex-Yougoslavie durant la guerre (quoique de l'endroit où l'auteur vivait c'est vraiment la guerre que durant quelques pages). J'ai un peu de la difficulté avec ce genre d'ouvrage parce que après avoir lu un témoignage ou deux sur une même guerre, j'ai un peu l'impression de lire la même chose ensuite. Il faut vraiment que je trouve les personnages attachants pour que je rentre dans l'histoire. Heureusement, j'ai trouvé le personnage principal et son copain totalement attachants. J'ai vraiment aimé ma lecture car l'auteur s'est bien raconté et il montre bien la haine qui sévissait entre les ethnies à l'époque. Ce que j'ai surtout apprécié c'est son dessin que j'ai trouvé absolument beau. Il est dynamique et les couleurs sont très belles. Dès que j'avais vu les premières cases, j'avais immédiatement envie de lire l'album au complet et en prime le découpage est bien maitrisé. Les transitions entre les scènes ne sont pas du tout lourdes.

01/08/2013 (modifier)
Couverture de la série Barbe-Rouge
Barbe-Rouge

Voici exactement le genre de Bd d'aventures historiques que j'aime; Charlier et Hubinon emmènent le lecteur au temps de la flibuste au XVIIème siècle avec cette saga dans la grande tradition des films de pirates hollywoodiens, où bondissait Errol Flynn. Il faut dire qu'en 1959, le sujet était encore assez neuf en BD, il n'y avait guère que Brik en petit format qui abordait le genre, seul le cinéma l'avait exploré. Au départ, la bande s'intitule Le Démon des Caraïbes, du surnom donné au personnage principal dès sa première apparition dans le n°1 de Pilote du 29 octobre 1959; par la suite, ce surnom sera donné comme titre du premier album. C'est donc l'un des héros fondateurs du journal qui avec Tanguy et Laverdure, Jacques Le Gall et bien-sûr Astérix, essuient les plâtres de ce nouvel hebdo promis à un bel avenir. Barbe Rouge gagne ensuite un autre surnom, celui de Tigre des 7 mers. Inépuisable scénariste doué d'un talent fabuleux de feuilletoniste, Charlier qui retrouvait ici son complice Hubinon (depuis Buck Danny et Tiger Joe), livre des scénarios passionnants, pleins de péripéties telles qu'on peut en voir dans ce genre d'aventures (voyez Pirates des Caraïbes au ciné, encore que ces films m'ennuient un peu). Elles sont brillamment illustrées par Hubinon au trait habile et léché, typique d'une époque à la papa, qui s'appuie sur une solide documentation pour reconstituer de splendides dessins de vaisseaux, qui n'ont rien à envier à ceux de Bourgeon. Barbe Rouge est un pirate pur jus, bien dans la tradition, rude, taciturne, craint et respecté, le bandeau sur l'oeil et le pistolet rivé à la ceinture. Eric, jeune garçon qu'il adopte fera inconsciemment évoluer le personnage, en tentant de persuader son père de mettre sa science du combat pour une cause plus juste, notamment en servant le roi de France pour combattre Anglais et Espagnols. Eric prendra étrangement la vedette parfois, Barbe Rouge n'apparaissant pas dans certains épisodes. Avec le géant noir Baba et le vieux sage Triple Patte, le quatuor sera parodié de façon récurrente et fort drôle par Uderzo dans Astérix. Mais la série aurait pu sombrer suite à une accumulation d'infortunes : en 1979, après le décès d'Hubinon, elle est reprise assez bien par Jijé et son fils Lorg, puis c'est Gaty qui remplace Jijé en 1982, avant que Charlier ne trouve en Pellerin un dessinateur extrêmement doué qui redonne un coup de fouet à cette vieille saga, mais après la mort de Charlier, Pellerin abandonne pour créer sa propre série L'Epervier, tandis que Gaty continue avec Ollivier au scénario de 1994 à 1997 (cette période n'est pas terrible); en 1999, Bourgne reprend la série brièvement avant de se consacrer à Frank Lincoln, et de toute façon, il n' en respecte pas le ton imprimé par les créateurs d'origine. Il semble que cette Bd qui sentait bon le vent du large ait bien jeté l'ancre aujourd'hui, mais quel bonheur elle a apporté à des gars comme moi, malgré les défauts de Charlier qui sont les mêmes que dans Blueberry, à savoir un texte ampoulé et trop abondant qui alourdit la narration. C'est pourquoi, je recommande aux jeunes générations cette série très classique, à condition d'accepter ceci et les dessins parfois un peu figés d'Hubinon. Ma note ne concerne d'ailleurs que les épisodes Hubinon/Charlier, n'ayant que modérément apprécié les suivants, ça reste quand même une série légendaire de la Bd d'aventure.

01/08/2013 (modifier)
Couverture de la série Prince Valiant
Prince Valiant

Faisant partie du raz de marée de Bd réalistes américaines qui voient le jour de 1929 à 1937 (Mandrake le magicien, Agent secret X-9, Le Fantôme, Tarzan, Luc Bradefer - Brick Bradford, Flash Gordon....), "Prince Valiant" est officiellement la première Bd historique. Elle est créée en 1937 par Harold Foster en planche dominicale, distribuée par le KFS. C'est la fresque de chevalerie dans toute sa splendeur, traversée par le souffle des romans de chevalerie arthurienne, pleine de fougue et de noblesse à laquelle le dessin racé, minutieux, élégant et finement travaillé de Foster apporte beaucoup. Son scénario, basé sur une documentation abondante, construit sur une longue période, n'emploie jamais la bulle, préférant le texte dans l'image, mais ne fait pas pour autant dans l'illustration; il s'agit bien d'une bande dessinée, mais si on se réfère aux codes d'aujourd'hui, elle paraît évidemment atypique dans sa forme, c'est ce qui en fait son charme. Sa mise en page qui emprunte au langage du cinéma (plongées, contre-plongées, panoramiques...) et son graphisme qui imposent un style nouveau, influenceront les dessinateurs des années 30 et 40. Foster qui avait laissé Tarzan à Burne Hogarth en 1937, a pu se consacrer pleinement à "Prince Valiant", son oeuvre la plus personnelle, dont il réalisera seul ses planches durant plus de 20 ans; il s'est ensuite entouré d'assistants, dont le plus connu est John Cullen Murphy. Les exploits du héros, le grand souffle de l'aventure de la Table Ronde, les nombreux personnages qui apparaissent au fil des années, donneront à cette bande une vraie dimension, et elle reste aujourd'hui considérée comme un des chefs d'oeuvre de la BD, rassemblant des collectionneurs du monde entier. En France, on l'a découverte avant la guerre dans Hop-là ! sous le nom de Prince Vaillant, puis dans le Journal de Mickey; pour ma part, j'en ai peu lu, seulement un vieil album Hachette ou Slatkine que j'avais trouvé chez des amis de mes parents, et ça m'a tout de suite ébloui, malgré la technique narrative; aussi, attention aux jeunes générations qui voudraient essayer cette superbe bande, c'est une pionnière avec des caractéristiques totalement différentes des Bd d'aujourd'hui ou même des années 60 et 70, mais ça ne fait pas de mal entre 2 bandes de fantasy ou comics ou manga de changer un peu d'univers pour voir comment c'était avant, car ce sont des Bd comme Prince Valiant et d'autres pionnières qui ont jalonné le parcours de la bande dessinée pour en arriver à ce qu'elle est de nos jours. A noter en 1953 une adaptation hollywoodienne flamboyante et très soignée, au casting éblouissant (Robert Wagner, James Mason, Janet Leigh, Sterling Hayden, Debra Paget) et au combat final féroce entre le félon et Vaillant qui brisent littéralement la Table Ronde au nez du roi Arthur; un beau DVD à visionner.

01/08/2013 (modifier)
Par fab11
Note: 4/5
Couverture de la série Le Signe de la Lune
Le Signe de la Lune

Le Signe de la Lune est une agréable découverte . J'ai acheté ce one shot un peu par hasard et je ne chercherai jamais à le vendre. Je commence de plus en plus à m'intéresser à la bande dessinée espagnole car en règle générale je suis rarement déçu par celle-ci. Ce duo d'auteurs en provenance de la péninsule ibérique à réussi à m'enchanter avec ce très beau conte. L'histoire est assez originale , elle se déroule au XXème siècle dans les années 1920, dans un petit village espagnol , dans lequel une jeune fille nommée Artémis est mystérieusement attirée par la lune. Elle sera confrontée à des événements étranges et à d'autres malheureusement dramatiques , dans ce monde où les anciennes croyances sont bien ancrées dans les esprits. Je suis entièrement d'accord avec certains posteurs qui disaient que cette histoire paraissait se dérouler plus au XVIIIème qu'au XXème siècle, j'ai effectivement ressenti la même chose. Par contre une fois cet aspect mis de côté les auteurs réussissent à nous faire passer un extraordinaire moment . J'ai été hypnotisé par ce récit comme Artémis peut l'être par la lune , cet astre qui fait encore rêver de nos jours les petits comme les grands. Comment rester impassible devant une si prenante et agréable histoire où le fantastique fait de légères apparitions. Il y a bien longtemps que je n'avais pas autant été absorbé durant la lecture d'une BD . Je n'arrivais pas à m'arrêter de lire ce conte et je peux même dire que j'avais l'impression d'être envoûté par celui-ci. Le dessin est tout simplement magistral. Le style graphique de José Luis Munuera ,qui s'adapte quasi-parfaitement au récit, ne fait que renforcer l'aspect attractif de ce one shot. De plus le choix du noir et blanc agrémenté d'un peu de rouge par-ci par-là était très judicieux. Ce dessin est un régal pour les yeux , d'ailleurs je compte bien investir rapidement dans Fraternity, l'autre série de ce talentueux dessinateur qui cette fois est associé à Juan Diaz Canales le scénariste de Blacksad. Vous aurez donc compris que je conseille chaudement la lecture de ce conte aux dessins attirants . Si vous ne connaissez pas ce one shot , n'hésitez pas à l'acheter car votre bibliothèque ne pourra que s'embellir grâce à sa présence sur ses étagères.

31/07/2013 (modifier)
Par jurin
Note: 4/5
Couverture de la série Aniss
Aniss

Un récit bien sympathique, captivant et doté d’un humour permanent , ajouter à cela un dessin clair, aéré et précis, des couleurs chatoyantes et vous obtenez la marque de fabrique de cet excellent premier tome de Aniss. Eric Corbeyran réalise le parcours parfait :un récit qui commence sur les chapeaux de roues , un rythme qui ne faiblit jamais et une fin de premier tome prenante qui incite le lecteur à se procurer la suite , tout cela dans un univers magique. Ah oui j’oubliais ! mention spéciale pour le chien.

31/07/2013 (modifier)
Couverture de la série Les Bidochon
Les Bidochon

Ce couple de Français moyens qui se fourvoie dans les tracas de la vie quotidienne apparaît d'abord en tant que personnages secondaires des aventures de Kador, leur chien philosophe et cultivé, dès 1977. C'est l'année suivante, que Robert et Raymonde Bidochon accèdent au statut de héros de leur propre bande, où progressivement, Kador disparaît à leur profit. D'un trait simple, proche de Loup, Binet fustige toutes les petites tares et les défauts qu'on voit chez les autres, tous les soucis et les bévues du blaireau ordinaire, avec un humour féroce et parfois cruel, en abordant des thèmes bien franchouillards : joies des H.L.M. et du voisinage, les vacances, les relations administratives avec la sécu et autres organismes, les voyages à l'étranger avec tous les à-priori que cela comporte, la télé, l'érotisme conjugal, la vie de famille et son côté pantouflard, l'informatique.....tout est passé à la moulinette avec une dextérité et une justesse sans égale, à travers ce couple drôlatique qui reflète d'une façon placide et exemplaire le parangon de la bêtise, en qui personne ne veut évidemment se reconnaître. Binet va même parfois un peu loin dans ses descriptions, mais il est finalement si proche de la vérité que la série reste un grand succès de l'humour, véritable vedette de Fluide Glacial, à tel point que le nom propre des Bidochon en devient commun pour désigner un individu médiocre, abêti et très beauf, caractéristique d'une certaine France profonde. Car le pire, c'est qu'on rit des turpitudes laborieuses de ces pauvres crétins, heureux dans leur petit univers étriqué, mais aussi bien attachants. Je place cette série à peu près à égalité avec les gags d'Edika et la Soeur anti-conformiste de Maëster pour la force de l'humour et surtout la qualité depuis tant d'année (malgré quelques faiblesses); c'est pourquoi tous les tomes n'étant pas absolument indispensables, il faut en posséder quelques-uns, et je recommande surtout En Vacances, et En H.L.M. qui ont su capter tous les déboires et situations auxquels on a tous été un jour ou l'autre confrontés. Une Bd d'humour de haut niveau.

31/07/2013 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Ouvrier - Mémoires sous l'Occupation
Ouvrier - Mémoires sous l'Occupation

Je ne me lasserais sans doute jamais de lire des témoignages de gens qui ont vécu dans notre pays sous l’Occupation. Chacun a une expérience différente à raconter. C’est la somme de ces expériences qui est retenue par l’Histoire. On avait suivi la vie du père de l’auteur lorsqu’il est devenu apprenti sur un chantier naval. J’ai appris récemment que mon arrière-grand-père avait également travaillé sur un grand chantier naval d’où ce récit avait une consonance particulière en ce qui me concerne. Cette suite m’a paru bien meilleure que l’œuvre précédente. C’est sans doute lié au fait qu’il se passe des choses autrement plus dramatiques. J’ai aimé cette façon de raconter et d’amener les choses. Le trait du dessin m’est apparu assez agréable. Bref, la lecture a été un réel plaisir. Et puis, par le biais de ce récit, on apprend toujours des choses intéressantes qu’on ignorait jusqu’alors. Bref, l’histoire de notre pays est passionnante.

31/07/2013 (modifier)
Couverture de la série Soeur Marie-Thérèse des Batignolles
Soeur Marie-Thérèse des Batignolles

Avec sa silhouette bien enveloppée et son visage poupin, voici une religieuse peu fréquentable, aux manières rudes, aux penchants qui frisent le péché (picoler au bistrot, fumer des joints, gueuler après les chieurs), et au langage d'une verdeur joviale. Mais la brave soeur des Batignolles qui se moque du ciel et de l'enfer, cache pourtant un coeur gros comme ça et aide bien souvent des malheureux. Fustigée par sa Mère-sup, elle est en réalité allergique aux bondieuseries ridicules et à la bigoterie exacerbée. Maëster se moque de la religion chrétienne (et de son hypocrisie) sous le couvert de l'humour, et montre que c'est finalement la charité, la générosité, les bonnes actions et l'amour du prochain qui comptent. Il y a dans ma famille des grenouilles de bénitier qui s'arracheraient les cheveux de la tête s'ils lisaient ces courts récits qui ont d'ailleurs valu à son auteur quelques petits ennuis avec l'Eglise. Mais le véritable atout de la bande, c'est bien le dessin de Maëster : avec un crayon à l'expressivité caricaturale fort habile et très soignée, un trait vigoureux, inspiré de Gotlib et de Coyote, il donne dans l'humour extrêmement vachard envers la religion, et manie la provoc avec brio. A cette qualité graphique rare dans les Bd humoristiques modernes, s'ajoutent une foule de détails, des fonds de cases qu'il faut bien regarder parfois, des têtes connues....bref, sa soeur anti-conformiste reste pour moi une des bandes les plus drôles de Fluide Glacial, et tout à fait dans l'esprit de ce journal. Il n'est pas nécessaire d'acheter toute la série (à moins d'être totalement fan), mais 1 ou 2 albums suffisent pour capter toute l'irrévérence subtile de cette bande.

30/07/2013 (modifier)