Les derniers avis (32065 avis)

Couverture de la série Les Tours de Bois-Maury
Les Tours de Bois-Maury

En 1984, Hermann abandonne toutes ses séries vedettes qui avaient fait sa gloire pour se consacrer à ce qu'il considère comme son oeuvre la plus forte. Pour moi, elle est même bien supérieure à Jeremiah. En effet, sa vision rude et fruste du Moyen Age est à l'opposée d'un Moyen Age étincelant et glorieux, elle met en pièces les règles de l'amour courtois et de la chevalerie flamboyante qu'on nous a servi dans des bandes pourtant excellentes comme Vasco, Les Aigles décapitées ou Jhen (Xan). Comme Hollywood a su montrer le visage authentique d'un Ouest pouilleux et sordide dans certains westerns des années 90, Hermann de la même façon, décrit un Moyen Age sale, répugnant et brutal, où la souffrance, la mort et la pestilence accompagnent les hommes. Surtout qu'on est au Haut Moyen Age, une période à l'âpreté certaine encore peu traitée dans la BD historique des années 80, mais pas celui des Mérovingiens qui nous est assez connu, non, mais celui du début du second millénaire (on est en 1060), une période mal connue, pleine d'obscurantisme, et dont Hermann a dû se faire bien suer pour amasser une doc aussi fournie, car tout y est vrai, dans le moindre détail, surtout que l'auteur s'attache à la vie quotidienne des plus démunis face à la volonté des puissants et à la cruauté des pillards. La quête de son châtelain sans terre, Aymar, n'est qu'un prétexte pour décrire tout ça. Ici, Hermann est débarrassé de Greg et du journal Tintin, il campe ses personnages avec une précision et un soin qui révèlent son grand talent de conteur. Ses couleurs, son texte s' ajoutent à l'éclat de cette fresque au souffle puissant qui s'achève logiquement par la mort de son héros. Une véritable chanson de geste baroque dont j'invite à la découverte, surtout le premier cycle. N'ayant pas lu la suite intitulée "Bois-Maury", je trouve cependant qu'elle ne se justifie pas vraiment.

30/07/2013 (modifier)
Couverture de la série Carnet de bord
Carnet de bord

J’adore, et pourtant l’auteur montre un profond mépris pour ses lecteurs, du moins ceux qu’il peut croiser à ses festivals. Alors quoi, comment fait l’auteur pour que je rie de bon cœur à des mésaventures personnelles somme toute banales mais faisant vibrer une corde sensible ? Est-ce mon propre égoïsme soudain rassuré et moins honteux de voir l’égoïsme d’un autre étalé ? Est-ce un voyeurisme malsain décomplexé qui jouirait de cette sorte de téléréalité dans la peau d’un auteur ? Ai-je simplement totalement le même humour que Trondheim ? Suis-je porté par empathie dans un partage d’expérience ? Suis-je pris par le piège de l’auteur qui réussit à faire baisser mes défenses par un message de prime abord très personnel ? Je n’en sais rien, la réponse vient peut-être d’un mélange de tout cela subtilement dosé qui permet au lecteur d’être captivé par le discours malgré un dessin sommaire parfois très laid. A défaut de constater une technique graphique, force est d’admirer la technique narrative… Les 4 tomes se lisent avec le même plaisir quel que soit le sujet abordé : voyage, famille, dépassement sportif… ces carnets nous portent d’un univers à l’autre en nous faisant passer d’un sentiment à l’autre sans jamais nous ennuyer. Révolte, colère, empathie, curiosité, quête personnelle, découverte, admiration, ahurissement jonchent notre lecture et nous deviennent familier. Bravo pour cet opus, et il fallait le faire car on remarquera que les séances de dédicaces ne sont jamais suffisamment intéressantes pour l’auteur pour qu’il en ressorte quelque chose. Au contraire il n’y a que des situations grotesques qui ridiculiseront les lecteurs de l’auteur mis en avant. Au final cela m’a appris une chose, je n’irai jamais voir Trondheim en dédicace puisque je le ferais tant chier… çà ajoute une pointe de masochisme pour le lecteur qui apprécie l’opus, non franchement ne passez à côté de cet opus, le genre humain en sort vraiment grandi !

29/07/2013 (modifier)
Par Ned C.
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Gaston Lagaffe
Gaston Lagaffe

AAaah le Gaston Lagaffe !! Pour moi, c'est un personnage avant d'être une bande dessinée. J'entends par là que je ne riais que très rarement aux gags mais j'étais attaché irrésistiblement au personnage. Ce flemmard sans relâche qui dans la vraie vie se ferait étrangler par ses collègues de bureau ou pire, virer. Je me demandais tout le temps "Il est encore là, lui ??? Il a fait péter le bureau la semaine dernière et tout va bien ?". Et malgré cette fainéantise sans limites, Gaston est un génie. Il invente à tour de bras (ceci n'empêche pas celà). Lagaffe, c'était aussi une dégaine divinement naze : un corps de grenouille avec une grosse tête, une coupe de cheveux de gueux moyen-ageux, un air constamment endormi et une paire de tatanes toutes déglinguées (rien que ça, ça me faisait marrer). Frustrations à répétitions lorsque je voyais les échecs chroniques de la signature de contrat avec Demesmaeker ou la relation platonique avec mademoiselle Jeanne. Mais Gaston est un gars solide et ne se démonte pas pour des futilités. Achat fortement recommandé à tout le monde. Lecture obligatoire pour la jeunesse actuelle (beh oui, ils ont pas d'argent!) pour qu'ils en prennent de la graine d'insoumission. M'ENFIN !

29/07/2013 (modifier)
Par BDenis
Note: 4/5
Couverture de la série Dracula - L'Immortel
Dracula - L'Immortel

(Avertissement : j'accorde toujours plus d'importance au scénario qu'au dessin) Une très bonne trilogie vampirique basée sur un roman de Dacre Stoker (arrière-petit-neveu de Bram Stoker, l’écrivain fondateur du mythe de Dracula) et Ian Holt, co-auteur au nom bien moins prestigieux. L’adaptation de ce roman en BD est complètement réussie. C’est une forme de suite au Dracula de Bram Stoker. On y retrouve donc des noms connus puisque nous avons affaire à certains mêmes personnages, qui ont vieilli, mais également des descendants et un entourage nouveau. Le fait d’avoir lu le Dracula original permet d’évoluer dans un univers déjà apprivoisé mais je ne pense pas que ne pas l’avoir fait constitue un handicap vu que les situations sont bien amenées et me semblent suffisamment claires (à confirmer par l’avis d’une personne n’ayant pas lu Dracula). Toujours est-il que l’histoire est rondement menée et passionnante. Intrigue, meurtres, enquête, démons du passé, suspicion, tout concorde à nous faire passer un excellent moment de lecture. Cette bonne impression est aussi le résultat d’un dessin magnifique, Kowalski a un vrai talent. Certaines vignettes sont superbes. 14,5/20

28/07/2013 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Terra Australis
Terra Australis

Terra Australis est vraisemblablement la découverte de l'année. C'est un roman graphique absolument magnifique qui nous apprend qui étaient les tout premiers colons australiens. Bref, c'est le récit d'une odyssée humaine sur près de 24000 km à un moment où le monde basculait dans les révolutions. On se rend compte que le travail du scénariste a été colossal. L'association avec un dessinateur méconnu a été payante. Le graphisme est soigné et le découpage est impeccable. On ressort de cette lecture avec le sentiment d'avoir un autre sentiment vis à vis de l'Australie qui a tant fait rêver. C'est un album dense à lire avec trois parties distinctes assez bien équilibrées. Bref, c'est comme si on partait en voyage vers une destination inconnue. J'ai été subjugué par cette lecture après une ouverture magistrale.

28/07/2013 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Zéro pour l'éternité
Zéro pour l'éternité

J'ai rarement lu une oeuvre aussi instructive et subtile sur un sujet que nous avons oublié peu à peu. Durant les derniers mois de la Seconde Guerre Mondiale, les Japonais totalement acculés ont lancé des kamikazes sur les navires de guerre américains. Aujourd'hui, après les attentats du World Trade Center, le terme kamikaze a prit la consonance terroriste jusque dans la société japonaise. La honte et l'oubli prédominent. Pourtant, l'époque n'était pas la même... Le récit a de quoi nous passionner : des petits-enfants qui n'ont connu que très récemment l'existence de ce grand-père veulent enquêter pour en savoir plus. Etait-ce un lâche ou un terroriste ? Etait-ce un héros comme tout le monde le prétend ? La découverte se fera au fil des témoignages que les petits-enfants vont rassembler près de 60 ans après la fin de la seconde guerre mondiale. Or, nous verrons après le premier tome que ces témoignages des vétérans diffèrent quelque peu. La force de ce manga est de mettre en parallèle un jeune contemporain totalement désoeuvré avec son grand-père qui a vécu dans une époque plutôt difficile qu'on aurait du mal à imaginer. Bref, on va enfin découvrir la vérité au sujet de ces aviateurs au service de la marine impériale japonaise. On est très loin des clichés habituels car ce grand-père sera plutôt un homme complexe, aux multiples facettes, bien loin de l'image que son petit-fils s'en faisait. Pour le lecteur, c'est l'occasion de revenir sur des aspects de la Seconde Guerre Mondiale comme la bataille du Pacifique. Bref, un manga à découvrir absolument car loin devant les autres.

28/07/2013 (modifier)
Couverture de la série Nous n'irons pas voir Auschwitz
Nous n'irons pas voir Auschwitz

Ce roman graphique m'a beaucoup inspirée, autant artistiquement que personnellement. La démarche, le parti pris (ne pas aller voir Auschwitz ainsi que le non prosélytisme), le choix de narration. Mon seul petit regret concerne le style du dessin, bien que simple et touchant, je ne suis pas plus "fan" car trop minimaliste à mon goût... A travers les chroniques relatées des 2 frères, j'ai pu un peu me projeter, m'imaginer et vivre un peu ma Pologne que je n'ai pas connue... Fille de parents immigrés juifs Polonais, je suis née ici en France, ne parle pas le Polonais ni Yiddish, et je suis depuis de nombreuses années investie dans des recherches (et interrogations donc) liées à l'identité. De la Pologne, je n'en connais pas beaucoup, ou pas vraiment, par bribes: mes 3 séjours de quelques semaines effectuées quand j'étais une petite fille puis ado, les témoignages de mes parents, de certains proches, et ce que j'ai pu apprendre moi-même. Ce livre m'a également confortée dans mon sentiment de construction identitaire, tant personnelle donc, qu'artistique, l'étant moi-même. Je suis précisément à la recherche de documents de ce "type" / de ce "format": où l'humain, l'émotion, l'Histoire (la vraie, autant que la narration) et la créativité (support, dessins, démarche dans son ensemble) cohabitent profondément dans le fond et dans la forme. Bravo et merci !

27/07/2013 (modifier)
Couverture de la série Marzi
Marzi

Ce roman graphique m'a beaucoup inspirée, autant artistiquement que personnellement. Je n'ai lu que le "Marzi 1989" (non présenté ici) mais je compte bien lire la suite très prochainement. La démarche de Marzena Sowa, ses recherches et documents partagés intéressants et touchants, le choix de narration, et aussi les dessins très appropriés au personnage autant qu'au contexte politique de la Pologne communiste des années 80. A travers les chroniques de souvenirs de la petite fille qu'était Marzi, j'ai pu me projeter, m'imaginer et vivre un peu ma Pologne que je n'ai pas connue... Fille de parents immigrés (juifs)Polonais, je suis née ici en France, ne parle pas le Polonais (ni Yiddish) et je suis depuis de nombreuses années investie dans des recherches (et interrogations donc) liées à l'identité. En quelque sorte, la petite Marzi pourrait être la petite fille que j'aurai pu être, puisque face à la Pologne, je suis comme une petite fille: qui doit apprendre et comprendre… De la Pologne, je n'en connais pas beaucoup, ou pas vraiment, par bribes: mes 3 séjours de quelques semaines effectuées quand j'étais une petite fille puis ado, les témoignages de mes parents, de certains proches, et ce que j'ai pu apprendre moi-même. Et puis, j'ai presque le même âge que M. Sowa "en vrai" ce qui m'a peut être encore plus concernée. Ce livre m'a également confortée dans mon sentiment de construction identitaire, tant personnelle donc, qu'artistique, l'étant moi-même. Je suis précisément à la recherche de documents de ce "type" / de ce"format": où l'humain, l'émotion, l'Histoire (la vraie, autant que la narration) l'imagination, et la créativité (support, dessins, démarche dans son ensemble) cohabitent sincèrement, il me semble, dans le fond et dans la forme. Bravo et merci !

27/07/2013 (MAJ le 27/07/2013) (modifier)
Par BDenis
Note: 4/5
Couverture de la série Le Réseau Bombyce
Le Réseau Bombyce

(Avertissement : j'accorde toujours plus d'importance au scénario qu'au dessin) Tout d’abord le dessin est une vraie claque visuelle : Cécil nous transporte dans son univers steampunk et l’ambiance qui transpire de ce graphisme contribue largement à l’immersion dans cette histoire. Les vignettes fourmillent de détails, même au second plan, dont certains non sans intérêt pour la compréhension de l’intrigue. Les bâtiments, dans un Bordeaux qu’on imagine uchronique, sont somptueux, les visages, expressifs au possible, les couleurs formant une véritable harmonie avec l’ensemble. Du grand art ! L’histoire est prenante, émanant du duo Corbeyran-Cécil. Dépaysante comme je l’aime. On peut tout de même regretter que le troisième tome ne soit pas au même niveau scénaristique que les deux premiers (est-ce l’absence de Corbeyran au générique de ce denier tome, Cécil étant à la palette et au scénario ?). Dans cette fin de trilogie, les retours, trop nombreux à mon goût, dans le passé d’Eustache pour expliquer les réactions de ce dernier n’apportent pas grand-chose, on avait bien compris les motivations du personnage, d’autant plus que les causes en sont plutôt classiques. Par ce gain de cases on aurait préféré une fin moins abrupte et un développement plus savoureux des éléments en place, tel celui des deux premiers tomes. Il n’en reste pas moins que Le Réseau Bombyce constitue une très belle série, un duo de héros attachant, des personnages secondaires bien campés (avec là encore des poses et des mises en situation dessinées de manière très intelligente, proches de cadrages cinématographiques), tout ce monde évoluant dans une histoire cruelle et captivante où j’ai pris grand plaisir à me laisser embarquer par les auteurs. Une belle œuvre qui mérite un beau 16,5/20.

27/07/2013 (modifier)
Par Jérem
Note: 4/5
Couverture de la série Beauté
Beauté

Contrairement à la plupart des autres avis, j’ai beaucoup apprécié la lecture de Beauté. Hubert s’empare avec talent des codes du conte et nous propose une histoire décalée, pleine de second degré et d’humour noir. Il est vrai que le début de l’intrigue semble classique et un peu plat mais le récit devient vite passionnant. L’histoire prend progressivement de l’ampleur et propose beaucoup de qualités : belle maitrise narrative, de l’humour, du rythme et de l’originalité. J’ai littéralement dévoré les trois tomes. Les dessins sont agréables, modernes et colorés et le côté « mignon » contraste intelligemment avec la noirceur de l’histoire. Bravo aux auteurs pour cette belle série !

27/07/2013 (modifier)