Une bien belle surprise que voici. J’ai été très vite embarqué dans cette histoire dès la lecture des premières planches tant les dialogues sont fluides, percutants et accrocheurs. Difficile d’expliquer mais cette BD a vraiment quelque chose de particulier que je ne peux décrire. Elle est à la fois mystérieuse et très charismatique. Peut-être est-ce dû aux dessins anguleux, très étranges et personnels de Oriol (les défauts physiques sur les visages sont vraiment étonnants : longs nez, figures étirées, corps maigres,…) sans oublier les couleurs très vives, chaudes (on sent par moment la chaleur méditerranéenne à travers certaines planches). Seule la fin m’a un peu laissé de marbre, je m’attendais à quelque chose de plus frappant et moins artificiel mais ça reste tout de même dans l’ensemble très bon. A découvrir.
André Franquin est un de mes auteurs préférés. J'adore son imagination et surtout son dessin qui est le plus beau de la bd comique Franco-Belge à gros nez. C'est donc un réel plaisir de lire cet album qui regroupe les différents monstres qu'il a créé pour une rubrique dans le Journal de Spirou.
J'ai eu un vrai plaisir à voir ses différents monstres tant le trait de Franquin est vivant, bien maitrisé et à la perfection. Les descriptions de Delpote sont pas mal non plus. Mon seul regret est que j'aime tellement ses monstres que j'aurais bien aimé qu'ils soient les personnages récurrent d'une bande dessinée fait par Franquin. Cela aurait pu donner quelque chose de pas mal.
La série Gantz vient de s’achever au Japon, et je dois dire que j’ai attendu les derniers épisodes avec une certaine impatience ! Ce manga a accumulé les controverses, mais il en ressort au final une œuvre vraiment captivante qui se suit avec passion d’un bout à l’autre.
Hiroya Oku enchaine sans arrêt des scènes d’une extrême violence, où des adolescents surarmés et des filles aux formes généreuses affrontent des hordes de monstres extraterrestres. Cliché, commercial et rédhibitoire pour certains… mais il serait trop réducteur d’en faire le seul argument de ce manga. J’ai avant tout vécu Gantz comme une œuvre graphique, où l’utilisation d’un logiciel 3D permet de donner vie aux délires visuels de l’auteur de façon très convaincante : armes futuristes, combats et extraterrestres prennent ici une dimension spectaculaire que j’ai rarement observée dans d’autres bandes dessinées. Le bestiaire alien de Gantz est d’ailleurs particulièrement mémorable, véritable vision de cauchemar grotesque et dérangeante qui ne manque pas de surprendre régulièrement le lecteur.
Le scénario, s’il est quelque peu facile et lent dans son développement, n’a pas manqué de me captiver ; sa grande force – voire même son génie – réside dans la construction et l’évolution magistrales des personnages. Une poignée d’individus sont jetés dans un tourbillon de violence et, sous l’influence de leurs camarades, écrasés par l’angoisse d’une mort imminente, ils se construisent, ils évoluent et s’améliorent. Et tandis qu’ils apprennent à se surpasser, les personnages de Gantz s’émancipent d’une humanité grouillante, caricaturale et malsaine pour en devenir les héros. Le message traditionnel d’amitié et de dépassement de soi propre au shonen trouve ici une puissance et une ampleur inégalées, quitte à emprunter certains stéréotypes ; sous un délire grotesque et provocateur, Gantz a comme la beauté et la force des tragédies classiques. Après une première partie au scénario quelque peu disparate, il gagne d’ailleurs en direction et en cohérence au cours d’un deuxième arc grandiose.
Les amateurs d’arts martiaux et de samouraïs sauront retrouver avec Gantz la saveur des affrontements épiques, longs, détaillés et nerveux ; les sentiments ne sont pas en reste, et irriguent toute l’œuvre avec ça et là des scènes véritablement émouvantes. Quant à la dimension sexuelle de l’œuvre, je n’y vois pas un simple argument commercial mais bien le reflet de l’obsession des personnages, animés par leurs pulsions et leurs instincts.
Alors, pourquoi ne pas donner à Gantz la note maximale ? En premier lieu, l’œuvre reste parsemée d’invraisemblances, ne serait-ce que la passivité des pouvoirs publics face aux boucheries perpétrées au sein de leur pays ; en outre, les circonvolutions innombrables du scénario et certains combats littéralement interminables allongent excessivement l’histoire et le nombre de tomes, rendant finalement l’achat de ces derniers peu abordable. D’ailleurs, on sent par moment que Hiroya Oku veut à tout prix caser les éléments fantastiques qu’il affectionne au détriment du sentiment de cohérence : ainsi viennent les vampires-yakusas et les pouvoirs mentaux façon jedi… à l’image des écarts du Berserk de Kentaro Miura.
Gantz est au final une vraie bombe, spectaculaire, captivante, dérangeante, intelligente, émouvante, surprenante, et un excellent manga que je recommande à tous, du premier au dernier volume.
Ca faisait un petit bout de temps que la couverture du premier tome me faisait de l’œil dans les rayons de ma médiathèque, aguichante avec un conquistador à la pose impitoyable. Mais les priorités de lectures étaient toujours ailleurs jusqu'à récemment.
Déjà donc, point fort (affaire de gout bien sur), la série dure 3 volumes durant, évitant de tourner en rond. La lecture est coulée, fluide et rapide, sans blabla superflue pour se restreindre à l'essentiel, osant même certaines double pages complètement muettes, mais suffisamment narratives pour ne pas paraitre inutiles.
Deuxièmement, le dessin est à l'identique des couvertures : Magnifiques, colorés comme le nouveau monde, ou monochrome selon les instants, et très typé centre-américain, imprimant une patte particulière par un trait très appuyé au récit. Cependant, il est un peu regrettable de voir certaines scènes d'ampleur (batailles entre autres) en plan large se résumer à du bariolage griffonné, perdant cette précision et ce détails présent le reste du temps.
L'histoire enfin est plutôt originale par ailleurs dans ce contexte de conquête espagnole et donc d'affrontement sans merci entre autochtones et matadors, mais aussi luttes fraticides, raconté des deux cotés des armes. Les enjeux sont multiples et captivants, tous brillamment conclus et le récit, sans concessions dans sa brutalité, laisse cette part d'ombre, comme les origines d'Abatirso par exemple ou l'arrivée des espagnols ou encore l'amitié des deux héros de l'histoire, qui font voguer l'imagination sur tout ce qui peut entourer cet univers, y compris sur la suite qui pourrait être donnée à Helldorado notamment.
Une vraie bonne surprise pour ce pendant bédéphile du film Apocalypto.
Chamboulée dans sa vie professionnelle et personnelle, Sabela décide de se rendre en Galice afin d'y retrouver un ami de sa famille. Lui seul pourra, pense t-elle, lui communiquer des informations sur son grand père, parti chercher fortune du coté de Cuba il y a fort longtemps. Arrivé sur les lieux, elle doit rapidement faire face à la méfiance, voire à l'hostilité des locaux qui la soupçonne de vouloir faire main basse sur la fortune supposé de Fidel, un vieil original qui vit un peu en marge de la communauté.
Une relation de confiance et d'amitié va alors s'installer entre Fidel et Sabela, cette dernière ayant le sentiment que Fidel a pu connaitre son grand père. Celui ci ne cesse en effet de lui faire part de ses souvenirs de voyage accumulés alors qu'il travaillait sur les navires.
Fidel vit en effet au milieu des fantômes du passé, Rosalia une prostituée avec qui il aurait eut une relation et Ramon un séducteur qui fut un de ses compagnons de voyage. Et au milieu de tout ca, il y a des poissons, des baleines un peu comme dans "les baleines publiques" l'ouvrage de Frank Pé dans la série Broussaille chez Dupuis.
Fidel le jure il se souvient bien du grand père de Sabela qui s'enthousiasme de plus en plus pour ce vieil homme.
Pourtant la cafetière du village est formelle : Fidel n'a jamais quitté l'Espagne, où il a été élevé par une mère maquerelle. A qui appartiennent donc ses souvenirs ? Sont-ce les siens ou ceux des autres ?
Entre rêve et réalité, Prado nous entraîne dans un superbe récit sur la mémoire, constituée de souvenirs réels ou imaginaires au travers de plus de 250 planches d'une beauté à couper le souffle dessinées en couleur directes, qui sont autant de superbes tableaux. Le grand auteur Espagnol nous revient ainsi dans un récit onirique dans la même veine sur Trait de craie ou le passé resurgit dans le présent. Une œuvre superbe et rare malheureusement reproduite dans un petit format, sans doute pour des considérations économiques. Mais que cela n'arrête pas le lecteur et qu'il se plonge vite dans ce beau récit initiatique.
En voilà une bonne surprise! Comme vous l'aurez compris je suis enchanté d'avoir emprunté à la médiathèque le premier cycle de cette très agréable série. D'ailleurs si un jour l'intégrale paraît je n'hésiterai pas une seconde à investir dans celle-ci et peut-être bien que je n'attendrai pas jusque là si je tombe sur ces trois tomes en occasion.
Je me suis laissé bercer par les aventures de nos deux héros de couleur différente à travers l'Amérique des années 30. Il faut rappeler qu'à cette époque les blancs et les noirs ne se côtoyaient pas trop dans le sud des Etats-Unis d'Amérique.
J'ai toujours adoré cette partie de cet immense pays et je suis un inconditionnel des œuvres de Marc Twain, alors je ne pouvais qu'être charmé par ce récit traitant de liberté dans tous les sens du terme , de musique et de la société américaine durant les années trente.
O'boys nous fait voyager dans les entrailles du blues durant la grande dépression aux côtés d'un enfant inspiré par le fameux Huckleberry Finn (personnage créé par Marc Twain en 1884) et d'un musicien noir superstitieux. De plus nos héros sont poursuivis par un shérif raciste et pas très sympathique.
Les auteurs réussissent grâce à un premier cycle envoûtant à nous imprégner de l'ambiance qui pouvait régner dans le Mississipi à cette époque. Nos héros qui se déplacent essentiellement en train, de façon illégale bien sûr, parviennent à nous faire découvrir une Amérique hostile aux classes sociales défavorisées et en particulier aux gens de couleur.
J'irai un peu dans le sens des posteurs précédents en disant que les tomes 2 et 3 sont un peu moins réussis que le premier, mais au bout du compte j'ai quand même énormément apprécié ma lecture.
Le dessin s'accorde parfaitement au récit. Le dessinateur nous propose des cases splendides, surtout celles nous faisant découvrir la beauté des paysages de cette partie des Etats-Unis d'Amérique. Certaines scènes sont assez glauques, je pense en particulier à celle qui s'attarde sur le corps décapité du copain du père de Huck, celle-ci m'a fait froid dans le dos.
Je conseille donc la lecture de ce premier cycle et j'attends avec impatience la sortie du second.
3.5
Une bonne série dont le thème principal est la haine. Le personnage de Bout d'homme est terriblement attachant et j'ai eu un réel plaisir à lire ses aventures. J'aime aussi certains personnages qu'il rencontre comme le nain. Le récit est bien construit et les péripéties m'ont tenu en haleine. Le rythme est bien fait car il se passe beaucoup de chose dans chaque album sans que cela aille trop vite. Les révélations du troisième tome sont intéressantes et j'ai été absolument surpris !
Bon, il y a bien sûr ce quatrième tome qui est un peu moins bien que le reste des albums du cycle, mais je l'aime bien sauf la fin qui est un peu trop joyeuse à mon gout. En revanche, le cinquième tome est totalement inutile et j'ai arrêté ma lecture au milieu de l'album.
J'aime bien le dessin et l'auteur sait comment créer une ambiance. Cela me donne envie de lire ses autres séries.
Judge rappelle très fortement Doubt du même auteur : des jeunes gens ont été enlevés pour participer à un jeu mortel. Ils doivent voter contre ceux qu’ils veulent voir mourir et seuls quatre d’entre eux pourront sortir vivants de ce tribunal. On retrouve le huis clos sanglant, les règles du jeu édictées par un mystérieux bourreau et même les masques d’animaux.
Du coup, j’ai longtemps hésité à lire cette série de peur de relire du Doubt. Et bien, j’ai dévoré les six tomes.
L’ambiance de ce manga est parfaitement réussie, angoissante et psychologique à souhait. L’idée que les personnages choisissent la prochaine victime est excellente car elle développe très vite un climat de trahison et de paranoïa ; chacun essayant de sauver sa peau. Le scénario est solide (en dépit d’un contexte complètement improbable) et garantit le suspense jusqu’au bout.
Les dessins sont soignés, bien que les décors soient assez pauvres. Le côté froid du trait colle bien à l’intrigue.
C’est bien fait, prenant et divertissant.
3,5/5
En feuilletant, je me suis dit que je n'avais pas envie de lire une bd un peu longue et qui se passe notamment pendant la seconde guerre mondiale, malgré des dessins très forts. Il y a des jours comme ça.
Une semaine plus tard, alors qu'un orage d'été gronde au dehors, je me suis posé un peu pour lire cette bd (je savais bien que ma vie vous passionnait). Et j'ai été touché par cette bd. Une série de personnages dont les histoires courtes restent touchantes. Je suis ressorti un peu chose de cette lecture, même si le ressort narratif n'est pas inédit, l'ensemble fonctionne très bien.
Une bonne série, dont le principal atout est le graphisme, avec notamment des scènes sous-marines magnifiques.
L'intrigue, pas facile à suivre au début tant il y a de flash backs, est bien menée et arrive à captiver l'attention du lecteur.
Le seul reproche que j'ai à faire est que les explications scientifiques sont mal amenées, peu crédibles, comme un scientifique qui explique à notre océanologue diplomée comment fonctionne le volcanisme sous marin, ou des dialogues qui sonnent faux lors des échanges entre différents spécialistes (émission TV du tome 1, conférence de presse du scientifique japonais du tome 2).
J'attends la suite, car la fin de ce premier cycle, un peu plate, me laisse un peu sur ma faim.
(241)
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La Peau de l'ours
Une bien belle surprise que voici. J’ai été très vite embarqué dans cette histoire dès la lecture des premières planches tant les dialogues sont fluides, percutants et accrocheurs. Difficile d’expliquer mais cette BD a vraiment quelque chose de particulier que je ne peux décrire. Elle est à la fois mystérieuse et très charismatique. Peut-être est-ce dû aux dessins anguleux, très étranges et personnels de Oriol (les défauts physiques sur les visages sont vraiment étonnants : longs nez, figures étirées, corps maigres,…) sans oublier les couleurs très vives, chaudes (on sent par moment la chaleur méditerranéenne à travers certaines planches). Seule la fin m’a un peu laissé de marbre, je m’attendais à quelque chose de plus frappant et moins artificiel mais ça reste tout de même dans l’ensemble très bon. A découvrir.
Un monstre par semaine
André Franquin est un de mes auteurs préférés. J'adore son imagination et surtout son dessin qui est le plus beau de la bd comique Franco-Belge à gros nez. C'est donc un réel plaisir de lire cet album qui regroupe les différents monstres qu'il a créé pour une rubrique dans le Journal de Spirou. J'ai eu un vrai plaisir à voir ses différents monstres tant le trait de Franquin est vivant, bien maitrisé et à la perfection. Les descriptions de Delpote sont pas mal non plus. Mon seul regret est que j'aime tellement ses monstres que j'aurais bien aimé qu'ils soient les personnages récurrent d'une bande dessinée fait par Franquin. Cela aurait pu donner quelque chose de pas mal.
Gantz
La série Gantz vient de s’achever au Japon, et je dois dire que j’ai attendu les derniers épisodes avec une certaine impatience ! Ce manga a accumulé les controverses, mais il en ressort au final une œuvre vraiment captivante qui se suit avec passion d’un bout à l’autre. Hiroya Oku enchaine sans arrêt des scènes d’une extrême violence, où des adolescents surarmés et des filles aux formes généreuses affrontent des hordes de monstres extraterrestres. Cliché, commercial et rédhibitoire pour certains… mais il serait trop réducteur d’en faire le seul argument de ce manga. J’ai avant tout vécu Gantz comme une œuvre graphique, où l’utilisation d’un logiciel 3D permet de donner vie aux délires visuels de l’auteur de façon très convaincante : armes futuristes, combats et extraterrestres prennent ici une dimension spectaculaire que j’ai rarement observée dans d’autres bandes dessinées. Le bestiaire alien de Gantz est d’ailleurs particulièrement mémorable, véritable vision de cauchemar grotesque et dérangeante qui ne manque pas de surprendre régulièrement le lecteur. Le scénario, s’il est quelque peu facile et lent dans son développement, n’a pas manqué de me captiver ; sa grande force – voire même son génie – réside dans la construction et l’évolution magistrales des personnages. Une poignée d’individus sont jetés dans un tourbillon de violence et, sous l’influence de leurs camarades, écrasés par l’angoisse d’une mort imminente, ils se construisent, ils évoluent et s’améliorent. Et tandis qu’ils apprennent à se surpasser, les personnages de Gantz s’émancipent d’une humanité grouillante, caricaturale et malsaine pour en devenir les héros. Le message traditionnel d’amitié et de dépassement de soi propre au shonen trouve ici une puissance et une ampleur inégalées, quitte à emprunter certains stéréotypes ; sous un délire grotesque et provocateur, Gantz a comme la beauté et la force des tragédies classiques. Après une première partie au scénario quelque peu disparate, il gagne d’ailleurs en direction et en cohérence au cours d’un deuxième arc grandiose. Les amateurs d’arts martiaux et de samouraïs sauront retrouver avec Gantz la saveur des affrontements épiques, longs, détaillés et nerveux ; les sentiments ne sont pas en reste, et irriguent toute l’œuvre avec ça et là des scènes véritablement émouvantes. Quant à la dimension sexuelle de l’œuvre, je n’y vois pas un simple argument commercial mais bien le reflet de l’obsession des personnages, animés par leurs pulsions et leurs instincts. Alors, pourquoi ne pas donner à Gantz la note maximale ? En premier lieu, l’œuvre reste parsemée d’invraisemblances, ne serait-ce que la passivité des pouvoirs publics face aux boucheries perpétrées au sein de leur pays ; en outre, les circonvolutions innombrables du scénario et certains combats littéralement interminables allongent excessivement l’histoire et le nombre de tomes, rendant finalement l’achat de ces derniers peu abordable. D’ailleurs, on sent par moment que Hiroya Oku veut à tout prix caser les éléments fantastiques qu’il affectionne au détriment du sentiment de cohérence : ainsi viennent les vampires-yakusas et les pouvoirs mentaux façon jedi… à l’image des écarts du Berserk de Kentaro Miura. Gantz est au final une vraie bombe, spectaculaire, captivante, dérangeante, intelligente, émouvante, surprenante, et un excellent manga que je recommande à tous, du premier au dernier volume.
Helldorado
Ca faisait un petit bout de temps que la couverture du premier tome me faisait de l’œil dans les rayons de ma médiathèque, aguichante avec un conquistador à la pose impitoyable. Mais les priorités de lectures étaient toujours ailleurs jusqu'à récemment. Déjà donc, point fort (affaire de gout bien sur), la série dure 3 volumes durant, évitant de tourner en rond. La lecture est coulée, fluide et rapide, sans blabla superflue pour se restreindre à l'essentiel, osant même certaines double pages complètement muettes, mais suffisamment narratives pour ne pas paraitre inutiles. Deuxièmement, le dessin est à l'identique des couvertures : Magnifiques, colorés comme le nouveau monde, ou monochrome selon les instants, et très typé centre-américain, imprimant une patte particulière par un trait très appuyé au récit. Cependant, il est un peu regrettable de voir certaines scènes d'ampleur (batailles entre autres) en plan large se résumer à du bariolage griffonné, perdant cette précision et ce détails présent le reste du temps. L'histoire enfin est plutôt originale par ailleurs dans ce contexte de conquête espagnole et donc d'affrontement sans merci entre autochtones et matadors, mais aussi luttes fraticides, raconté des deux cotés des armes. Les enjeux sont multiples et captivants, tous brillamment conclus et le récit, sans concessions dans sa brutalité, laisse cette part d'ombre, comme les origines d'Abatirso par exemple ou l'arrivée des espagnols ou encore l'amitié des deux héros de l'histoire, qui font voguer l'imagination sur tout ce qui peut entourer cet univers, y compris sur la suite qui pourrait être donnée à Helldorado notamment. Une vraie bonne surprise pour ce pendant bédéphile du film Apocalypto.
Ardalén - Vent de mémoires
Chamboulée dans sa vie professionnelle et personnelle, Sabela décide de se rendre en Galice afin d'y retrouver un ami de sa famille. Lui seul pourra, pense t-elle, lui communiquer des informations sur son grand père, parti chercher fortune du coté de Cuba il y a fort longtemps. Arrivé sur les lieux, elle doit rapidement faire face à la méfiance, voire à l'hostilité des locaux qui la soupçonne de vouloir faire main basse sur la fortune supposé de Fidel, un vieil original qui vit un peu en marge de la communauté. Une relation de confiance et d'amitié va alors s'installer entre Fidel et Sabela, cette dernière ayant le sentiment que Fidel a pu connaitre son grand père. Celui ci ne cesse en effet de lui faire part de ses souvenirs de voyage accumulés alors qu'il travaillait sur les navires. Fidel vit en effet au milieu des fantômes du passé, Rosalia une prostituée avec qui il aurait eut une relation et Ramon un séducteur qui fut un de ses compagnons de voyage. Et au milieu de tout ca, il y a des poissons, des baleines un peu comme dans "les baleines publiques" l'ouvrage de Frank Pé dans la série Broussaille chez Dupuis. Fidel le jure il se souvient bien du grand père de Sabela qui s'enthousiasme de plus en plus pour ce vieil homme. Pourtant la cafetière du village est formelle : Fidel n'a jamais quitté l'Espagne, où il a été élevé par une mère maquerelle. A qui appartiennent donc ses souvenirs ? Sont-ce les siens ou ceux des autres ? Entre rêve et réalité, Prado nous entraîne dans un superbe récit sur la mémoire, constituée de souvenirs réels ou imaginaires au travers de plus de 250 planches d'une beauté à couper le souffle dessinées en couleur directes, qui sont autant de superbes tableaux. Le grand auteur Espagnol nous revient ainsi dans un récit onirique dans la même veine sur Trait de craie ou le passé resurgit dans le présent. Une œuvre superbe et rare malheureusement reproduite dans un petit format, sans doute pour des considérations économiques. Mais que cela n'arrête pas le lecteur et qu'il se plonge vite dans ce beau récit initiatique.
O'Boys
En voilà une bonne surprise! Comme vous l'aurez compris je suis enchanté d'avoir emprunté à la médiathèque le premier cycle de cette très agréable série. D'ailleurs si un jour l'intégrale paraît je n'hésiterai pas une seconde à investir dans celle-ci et peut-être bien que je n'attendrai pas jusque là si je tombe sur ces trois tomes en occasion. Je me suis laissé bercer par les aventures de nos deux héros de couleur différente à travers l'Amérique des années 30. Il faut rappeler qu'à cette époque les blancs et les noirs ne se côtoyaient pas trop dans le sud des Etats-Unis d'Amérique. J'ai toujours adoré cette partie de cet immense pays et je suis un inconditionnel des œuvres de Marc Twain, alors je ne pouvais qu'être charmé par ce récit traitant de liberté dans tous les sens du terme , de musique et de la société américaine durant les années trente. O'boys nous fait voyager dans les entrailles du blues durant la grande dépression aux côtés d'un enfant inspiré par le fameux Huckleberry Finn (personnage créé par Marc Twain en 1884) et d'un musicien noir superstitieux. De plus nos héros sont poursuivis par un shérif raciste et pas très sympathique. Les auteurs réussissent grâce à un premier cycle envoûtant à nous imprégner de l'ambiance qui pouvait régner dans le Mississipi à cette époque. Nos héros qui se déplacent essentiellement en train, de façon illégale bien sûr, parviennent à nous faire découvrir une Amérique hostile aux classes sociales défavorisées et en particulier aux gens de couleur. J'irai un peu dans le sens des posteurs précédents en disant que les tomes 2 et 3 sont un peu moins réussis que le premier, mais au bout du compte j'ai quand même énormément apprécié ma lecture. Le dessin s'accorde parfaitement au récit. Le dessinateur nous propose des cases splendides, surtout celles nous faisant découvrir la beauté des paysages de cette partie des Etats-Unis d'Amérique. Certaines scènes sont assez glauques, je pense en particulier à celle qui s'attarde sur le corps décapité du copain du père de Huck, celle-ci m'a fait froid dans le dos. Je conseille donc la lecture de ce premier cycle et j'attends avec impatience la sortie du second.
Bout d'homme
3.5 Une bonne série dont le thème principal est la haine. Le personnage de Bout d'homme est terriblement attachant et j'ai eu un réel plaisir à lire ses aventures. J'aime aussi certains personnages qu'il rencontre comme le nain. Le récit est bien construit et les péripéties m'ont tenu en haleine. Le rythme est bien fait car il se passe beaucoup de chose dans chaque album sans que cela aille trop vite. Les révélations du troisième tome sont intéressantes et j'ai été absolument surpris ! Bon, il y a bien sûr ce quatrième tome qui est un peu moins bien que le reste des albums du cycle, mais je l'aime bien sauf la fin qui est un peu trop joyeuse à mon gout. En revanche, le cinquième tome est totalement inutile et j'ai arrêté ma lecture au milieu de l'album. J'aime bien le dessin et l'auteur sait comment créer une ambiance. Cela me donne envie de lire ses autres séries.
Judge
Judge rappelle très fortement Doubt du même auteur : des jeunes gens ont été enlevés pour participer à un jeu mortel. Ils doivent voter contre ceux qu’ils veulent voir mourir et seuls quatre d’entre eux pourront sortir vivants de ce tribunal. On retrouve le huis clos sanglant, les règles du jeu édictées par un mystérieux bourreau et même les masques d’animaux. Du coup, j’ai longtemps hésité à lire cette série de peur de relire du Doubt. Et bien, j’ai dévoré les six tomes. L’ambiance de ce manga est parfaitement réussie, angoissante et psychologique à souhait. L’idée que les personnages choisissent la prochaine victime est excellente car elle développe très vite un climat de trahison et de paranoïa ; chacun essayant de sauver sa peau. Le scénario est solide (en dépit d’un contexte complètement improbable) et garantit le suspense jusqu’au bout. Les dessins sont soignés, bien que les décors soient assez pauvres. Le côté froid du trait colle bien à l’intrigue. C’est bien fait, prenant et divertissant. 3,5/5
La Ronde
En feuilletant, je me suis dit que je n'avais pas envie de lire une bd un peu longue et qui se passe notamment pendant la seconde guerre mondiale, malgré des dessins très forts. Il y a des jours comme ça. Une semaine plus tard, alors qu'un orage d'été gronde au dehors, je me suis posé un peu pour lire cette bd (je savais bien que ma vie vous passionnait). Et j'ai été touché par cette bd. Une série de personnages dont les histoires courtes restent touchantes. Je suis ressorti un peu chose de cette lecture, même si le ressort narratif n'est pas inédit, l'ensemble fonctionne très bien.
Carthago
Une bonne série, dont le principal atout est le graphisme, avec notamment des scènes sous-marines magnifiques. L'intrigue, pas facile à suivre au début tant il y a de flash backs, est bien menée et arrive à captiver l'attention du lecteur. Le seul reproche que j'ai à faire est que les explications scientifiques sont mal amenées, peu crédibles, comme un scientifique qui explique à notre océanologue diplomée comment fonctionne le volcanisme sous marin, ou des dialogues qui sonnent faux lors des échanges entre différents spécialistes (émission TV du tome 1, conférence de presse du scientifique japonais du tome 2). J'attends la suite, car la fin de ce premier cycle, un peu plate, me laisse un peu sur ma faim. (241)