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Le Troisième Testament

Note: 3.91/5
(3.91/5 pour 124 avis)

Le troisième testament est un texte mythique confié par Dieu aux évangélistes qui se retrouve au coeur d'une lutte de pouvoir sans merci au coeur de la Chrétienté. La horde de l'évêque Uther le Pourpre et le puissant Ordre templier sont prêts à tout pour mettre la main sur les carnets de voyage de Julius de Samarie, où seraient indiquée la localisation exacte du Troisième Testament.


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1307. Pour avoir exhumé un antique reliquaire, les frêres franciscains du couvent de Veynes ont été sauvagement massacrés. L'archevèque d'Elsenor a convoqué son ami le Comte de Marbourg, un inquisiteur tombé en disgrâce, afin de lui confier l'enquête. Les retrouvailles à peine achevées, l'assassinat du prélat a précipité Marbourg et la jeune Elisabeth d'Elsenor au coeur d'un énorme jeu de pouvoir... Un mystère dont la clé se trouverait dans la bibliothèque secrète de Tolède sous la forme d'une copie des documents contenus dans le reliquaire de Veynes...

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Juin 1997
Statut histoire Série terminée 4 tomes parus
Couverture de la série Le Troisième Testament
Les notes (124)
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06/07/2001 | Ryle
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Par Josq
Note: 2/5
L'avatar du posteur Josq

S’il y a bien un film que je déteste en tant qu’historien de formation, c’est Le Nom de la rose. Historiquement catastrophique, le film de Jean-Jacques Annaud s’amuse à propager sur l’Eglise et le Moyen-Âge une légende noire forgée de toutes pièces par les protestants et les Révolutionnaires dans le but de décrédibiliser l’Eglise et l’Ancien Régime. Cela fait belle lurette que les historiens ont reconnu que cette légende noire était tout-à-fait fantasmée et hors de propos, alors pourquoi la ressasser indéfiniment, maintenant qu’elle est objectivement dépassée ? En lisant Le Troisième Testament, je me rends compte que ce n’est peut-être pas juste Le Nom de la rose que je déteste, mais le genre mystico-ésotérico-médiéval, qui a donné des œuvres innommables tels que Da Vinci Code, dont le seul exploit est de surpasser en connerie Le Nom de la rose (je parle des films, n’ayant pas lu les livres). Bon, maintenant que j’ai réglé mes comptes et que tous mes lecteurs (enfin, ceux de bon sens) se sont enfuis, entrons dans le vif du sujet. Si je n’aime pas le genre ésotérique (même si ce jugement n’est pas définitif, n’ayant pas assez lu/vu d’œuvres du genre), c’est à cause de tous les mensonges historiques qu’il se plaît à multiplier pour des raisons qui m’échappent. J’entends bien tous les discours visant à me dire que puisqu’on est dans des fictions, on peut se permettre de prendre des libertés avec l’Histoire. Soit. Bien sûr, la fiction autorise chacun à faire cavaler son imaginaire et à prendre des libertés avec la réalité. Mais j’estime qu’à partir du moment où on touche à un sujet historique de près ou de loin, tout ce qui se rapporte à ce sujet doit être un tant soit peu rigoureux, ou en tous cas, ne pas faire dire aux événements l’exact opposé de ce qu’ils disent en réalité. Le Troisième Testament, lui, n’existe que pour bafouer l’Histoire et l’Eglise. Alliant aux mensonges historiques éhontés le complotisme le plus abject (l'Eglise remplace les francs-maçons ou les illuminatis, mais ça reste du complotisme à part entière), les auteurs de cette pantalonnade n’ont visiblement pas peur du ridicule, tant leur scénario se révèle écrit avec les pieds, quoique parfois bien mené, reconnaissons-le. Les péripéties ne sont pas des plus crédibles, mais surtout aucune d’entre elle ne s’avère le moins du monde inventive. N’étant pas dans la légende dorée, je veux bien qu’on trouve des choses à reprocher à l’Eglise médiévale, mais ne peut-on le faire intelligemment et de manière nuancée ? Faire passer l’Eglise pour un ramassis de comploteurs fanatiques prêts à tout pour cacher un secret dont on a du mal à voir en quoi il menace leurs dogmes, c’est sans doute un moyen efficace de défouler ses nerfs, mais c’est d’un irrespect total envers l’Histoire… Croire que la corruption était quelque chose d’aussi institutionnalisé dans l’Eglise médiévale est un pur anachronisme : on projette en fait sur la plus grande institution médiévale ce qu’on ne veut pas dénoncer chez nos institutions actuelles. C'est bête, et ce n’est en rien être fidèle à l’Histoire. Surtout, Le Troisième Testament est victime du même péché que Le Nom de la rose et Da Vinci Code : il est un témoin bien laid de cet orgueil aveugle de l’homme contemporain. Car en effet, qu’est-ce qui nous permet de juger ces hommes du Moyen-Âge ? De quel droit jugeons-nous ces hommes qui tuaient au nom de leurs croyances et de leurs idéaux, nous qui continuons à tuer sans motifs, alors que nous n’avons plus ni croyances, ni idéaux ? De quel droit dressons-nous un procès d’intention à ces hommes certes parfois violents, à l’heure de la bombe atomique, des génocides et du meurtre des plus faibles au nom de leur bien-être ? Les hommes du Moyen-Âge n’avaient ni notre logique, ni notre mentalité, certes. Sommes-nous pour autant meilleurs qu’eux ? Le premier qui le prétendrait me semble être ou bien un imbécile heureux, ou bien un menteur… Alors faisons preuve d’un peu d’humilité, et avant de juger nos prédécesseurs dans l’histoire de l’humanité, commençons par nous regarder nous-même… Bref, qu’on m’excuse de m’être (un peu) éloigné du sujet, mais il fallait que ça sorte. :) Pour toutes ces raisons, donc, j’abhorre tout ce que représente Le Troisième Testament car je trouve qu’en fait, il dessert complètement sa propre cause en donnant de son camp une image des plus caricaturales. Surtout, les auteurs, dans leur haine sans nuances de l’Eglise, se montrent bien plus dogmatiques que ceux qu’ils dénoncent pourtant comme tels… Il y avait pourtant matière à une intrigue subtile et nuancée, nuance que l’on retrouve d’ailleurs ici et là dans cette saga où tout n’est pas tout-à-fait à jeter. Ainsi, aussi bête qu’il soit (et il est très bête), le scénario reste relativement bien mené. Les péripéties ne sont jamais originales, mais il n’empêche que la sauce prend suffisamment pour qu’on ait envie de voir où tout ça nous mène. Une fois qu’on l’a vu, on le regrette, d’ailleurs : le 4e tome, avec sa fin pseudo-subversive, absolument grotesque, efface toutes les petites subtilités que les 3 premiers tomes avaient tant bien que mal bâties. En termes de narration, donc, Le Troisième Testament n’est pas si mal foutu. On s’attache juste assez aux personnages pour tenir jusqu’au bout (même si l’héroïne est très anachronique dans sa mentalité), et le récit est assez bien fait sur le strict plan narratif. De même, le dessin d’Alex Alice est efficace. Assez brouillon lorsqu’il s’essaye au spectaculaire, mais on sent que le dessinateur s’affirme peu à peu au fur et à mesure de la saga. Evidemment, une fois qu’on a lu les prodigieux Siegfried et Le Château des étoiles, le dessin du Troisième Testament parait bien fade, mais il reste très honorable. Sur la forme, donc, je n’ai pas de grands reproches à faire au Troisième Testament, qui n’a rien de génial, mais rien de vraiment déplaisant non plus. Mes reproches visent donc uniquement le fond qui, lui, me révulse pour la simple et bonne raison qu’il s’amuse trop à agiter une polémique gratuite sans rien essayer de construire. J’ai toujours eu du mal avec les œuvres se voulant provocatrices, je trouve que la plupart du temps, ce sont des œuvres qui sont juste motivées par une haine mal placée, et à mon sens, Le Troisième Testament en est très symptomatique. C’est ce qui m’empêche d’accrocher à cette bande dessinée que j’aurais voulu adorer, en bon fan d’Alex Alice… Enfin bon, je vais retourner lire Siegfried et on oublie cette pochade qui ne méritait pas un avis aussi long !

30/04/2020 (modifier)
Par Jérem
Note: 4/5

Je viens de relire l’intégralité du troisième Testament que j’avais lu il y a très, très longtemps et dont je ne gardais que peu de souvenirs. J’avais peur d’être déçu par un « dinosaure » de la BD ésotérique tant les éditeurs et les auteurs se sont, depuis, emparés de ce genre très populaire. Et bien non, ça a été une chouette redécouverte ! Le scénario, assez complexe, tient parfaitement la route tout le long de l’histoire. Les bases du genre sont évidemment là (manipulation par l’Eglise des Evangiles, templiers, Inquisition, Vatican occulte) mais les personnages comme les « institutions » sont soignés et intelligemment intégrés dans l’intrigue. On voyage aux quatre coins de l’Europe chrétienne avec plaisir et dépaysement, même si les courses-poursuites sont à la longue un peu répétitives. Les dessins d’Alice sont assez impressionnants, surtout les plans larges sur les villes médiévales. L’action, très présente, est claire et dynamique et les personnages ont de « la gueule », à part le personnage d’Elisabeth que j’ai trouvé assez anachronique et peu utile au récit. Rien de grave néanmoins. Passionnant et divertissant, Le Troisième Testament est une réussite. On n’en attendait pas moins de deux auteurs aussi talentueux.

31/01/2018 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

J’ai enfin lu cette série qui trône sur le site dans les immanquables du genre, et qui m’intriguait depuis longtemps. Je n’en ferai pas la série culte que certains ont cru y voir, mais c’est vrai qu’elle possède quelques qualités. D’abord graphiques. En effet, si le trait d’Alex Alice est un peu brouillon je trouve au début, et que certaines cases ne sont pas très lisibles, son dessin s’est franchement bonifié au fur et à mesure de la parution des albums (je ne suis par contre pas convaincu par les couvertures). La construction des planches est parfois spéciale, déconstruisant le classique gaufrier. Cela permet en tout cas à Alice de produire de belles planches quasi pleine page, et/ou de nous gratifier de contre plongées dont il semble être très friand. Et ce d’autant plus que les édifices religieux représentés et les falaises sont forcément chez lui des sortes de gratte-ciel ! A ce propos, c’est incroyable, mais la quasi-totalité des quatre albums se déroule au bord de falaises ou de précipices, sur des balcons en surplomb, au sommet d’édifices religieux élevés… Même les caves sont ici des sortes d’immenses grottes où l’on descend en rappel (ce passage est d’ailleurs plus qu’improbable !). L’histoire en elle-même est assez complexe, et je vous recommande au moins une seconde lecture pour saisir les tenants et aboutissants (certains m’avaient échappé). En effet, même s’il semble clair que Dorison savait dès le départ où il allait, c’est quand même assez chargé en rebondissements, et le sens de l’intrigue ne se laisse pas deviner facilement. D’autant plus que Dorison n’hésite pas à se débarrasser de personnages secondaires auxquels on aurait prédit un meilleur avenir : c’est assez sanglant ! Les relations entre Marbourg et Elisabeth d’Elsenor laissent aussi pas mal de suspens (je m’étais fourvoyé à leur propos – mais je ne spoilerai pas). Sinon, il y a quand même quelques facilités, comme l’utilisation de Sean Connery pour les traits du héros ou l’ambiance très « Au nom de la rose » du début, mais qui ont été gommées par un peu plus d’originalité ensuite. Quelques invraisemblances quand même. La traversée en long, en large et en travers de l’Europe, au milieu des complots est assez improbable. Comme est très improbable cette Elisabeth, sorte de bimbo moyenâgeuse à la tenue franchement sexy et à la personnalité anachronique ! C’est agréable pour les yeux, mais bon… Quant au mélange d’aventures historiques, de fantastique et d’ésotérisme, c’est devenu assez classique aujourd’hui (en partie après la vogue du produit marketing qu’a été le « Da Vinci code », mais cela l’était peut-être moins à l’époque où le projet fut conçu). Je ne suis pas vraiment fan de ce genre, mais ça peut passer ici si on n’y est pas trop rétif. Au final, c’est une aventure qui mérite d’être lue, mais sans forcément en attendre un chef d’œuvre indépassable. Cette réserve mise à part, c’est une série à découvrir en bibliothèque, un emprunt pouvant peut-être suffire. Une lecture de détente, mais clairement pas un chef d’œuvre !

12/12/2015 (modifier)

Le Nom de la Rose a son rejeton en bande dessinée, il s'appelle "le Troisième Testament" ! Et il est proprement fabuleux. Il appartient à cette caste de séries BD de très haut niveau mais qui restent malheureusement assez peu connues en dehors d'un petit cercle d'initiés et de fans. C'est bien simple sans BDTheque je ne l'aurais probablement jamais remarqué sur les rayons de la Fnac... Voici Xavier Dorison (que j'ai connu par le bais d'Undertaker) et Alex Alice ( que j'ai connu grâce au Château des étoiles) conjuguant leurs forces pour nous offrir ce récit empreint d'ésotérisme, lugubre et gothique, s'étalant sur quatre tomes et narrant le grand vagabondage de trois aventuriers dans l'Europe médiévale du début du XIVème siècle, sur fond d'enquête criminelle et de quête mystique. En effet, le dénommé Conrad de Marbourg, ex-inquisiteur accusé naguère de trahison et de satanisme par l'autorité ecclésiastique (et qui se paye la bobine de Sean Connery lorsque ce dernier jouait dans le Nom de la Rose, le film de J-J Annaud), est sollicité par son ancien ami Charles d'Elsenor au sujet du massacre sordide de plusieurs moines officiant au couvent de Veynes. Non seulement ça, les tueurs ont également dérobé de très vieux manuscrits, qui avaient ceci de singulier qu'ils n'étaient référencés nulle part y compris dans l'index officiel. D'abord réticent, de Marbourg va finir par accepter la mission qui lui est confié et va partir à la recherche des tueurs et de ces fameux manuscrits, s'alliant en cours de route le concours de la fille adoptive d'Elsenor et d'un mercenaire irlandais rempli de panache. Une fois cette intrigante mise en place effectuée, le récit nous embarque dans une pure odyssée transeuropéenne, ou l'on se familiarise à des lieux tels que Stornwall, St Luc, Paris, Tolède, Dantzig, Prague, et j'en passe. Une aventure au rythme échevelé, avec peu de temps morts; on est absorbé par la succession d'évènements qui se déploient au fil des pages. On en apprend aussi beaucoup sur l'histoire de la chrétienté et sur certains grands personnages qui la constituent ( par exemple - ô quelle surprise fut la mienne - le comte de Sayn et Conrad de Marbourg ont réellement existé !). Les séquences fulgurantes et splendides se succèdent et le combat final, apothéose apocalyptique critiqué par certains, représente à mes yeux un absolu chef-d'oeuvre de dénouement à nul autre pareil dans la bande dessinée franco-belge. Monumental, voilà le seul terme qui convient. Il faut saluer la maestria des deux magiciens Dorison et Alice, qui chacun dans son domaine a donné le meilleur de son talent. Et puis Alice, quel coup de crayon ! c'est fin, c'est précis, c'est élégant, je n'y trouve rien à critiquer, et les villains qu'il a conceptualisé sont franchement sinistres et effrayants, une vraie réussite, chacune de leur apparition fait froid dans le dos. Un point bonus aussi pour les couvertures qui sont des œuvres d'art à elles toutes seules, la première et la dernière en particulier. Pour moi cette quadrilogie mérite un dix sur dix, et va maintenant figurer en bonne place dans mon top 10 BD. Je suis venu, j'ai vu, et j'ai été conquis. Une lecture indispensable et un must have pour toute bibliothèque personnelle qui se respecte. Maintenant il ne me reste plus qu'à aller dévorer la préquelle produite par les mêmes auteurs : Le Troisième Testament : Julius. De nouveaux frissons en perspective !

02/09/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur sloane

N'ayons pas peur des mots, c'est un classique ! Replaçons nous dans le contexte de l'époque. Ce n'est rien moins que le grand début en BD du récit ésotérique/médiéval/fantastique. Lors de sa sortie en 97 les lecteurs potentiels prennent d'abord une petite claque visuelle avec une couverture réalisée par un quasi inconnu : Alex Alice, l'intérieur est du même tonneau. On aime ou pas mais il faut reconnaitre une maitrise graphique, un sens du cadrage assez phénoménal. Vous l'aurez compris je suis totalement fan de ce que ce type fait. Donc en ce qui concerne le dessin mon commentaire se résume à un seul mot : parfait. En ce qui concerne le scénario j'avoue être bon public. Bien sûr ces histoires de manuscrit disparu, de Templiers, d'inquisition, de héros improbables qui traversent l'Europe aussi aisément, tout cela est parfois un peu too much. Mais je marche car c'est bigrement bien fichu, le rythme est là. On sent que Dorison au scénario ne s'est pas embarqué sans biscuits, la construction est fluide, sans temps morts, même l'aspect explicatif est amené de manière à ne pas trop perdre le lecteur. Alors je passe sur certains points qui pourraient heurter les puristes et spécialistes de cette période, je préfère me laisser embarquer dans une aventure qui brasse de nombreux thèmes et des moments grandioses. Ah cette arrivée dans l'île au large de l'Ecosse ! et la fin du tome 4 sur le glacier ! Magnifique vous dis je ! A consommer sans modération.

18/02/2015 (modifier)
Par Thobias
Note: 4/5

Le troisième testament est une excellente série que je viens de découvrir grâce à la catégorie "immanquables" de ce site, juste après Légendes des Contrées Oubliées il y a quelques jours. Le scénario est passionnant et tout à fait compréhensible malgré son sujet, qui aurait pu le rendre hermétique. C'est particulièrement rythmé et mouvementé (presque un peu trop, il y a en moyenne deux voyages par album, ça fait quand même beaucoup : en 4 tomes tout y passe : Paris, Tolède, Ecosse, Prague, Dantzig, Abbaye Saint Luc à pétaouchnok et bout du monde quasiment inaccessible à la fin). Le début du 1er tome fait très "Nom de de la Rose",mais la bd s'affranchit vite de cette référence pour suivre son propre chemin. Il y a pas mal de mystère et on accroche vraiment même si chaque résolution d'énigme en entraîne une nouvelle. L'histoire est toujours à mi-chemin entre réalisme historique et fantastique (la horde et la fin du tome 4) et cet équilibre est maintenu jusqu'au bout. Ce que j'apprécie énormément dans cette série est sa grande cohérence, c'est clair que les auteurs savaient dès le début où ils allaient, tout s'enchaîne logiquement. La fin est extrêmement surprenante mais elle respecte la logique de la série et n'arrive pas comme un pavé dans la soupe. J'ai trouvé que la révélation sur l'identité de Sayn est une idée géniale. Enfin le scénar évite certaines facilités : par exemple j'étais convaincu pendant la lecture du 1er tome qu'Elizabeth était la fille de Marbourg, point du tout, ce qui rend bien plus intéressant la relation entre les deux. Les personnages ne sont pas des plus originaux mais ne sont jamais caricaturaux et leur développement est réussi. Les "méchants" sont assez fascinants surtout que les auteurs jouent merveilleusement sur l'effet d'attente, ne les faisant qu'entre-apercevoir pendant 1 tome et demi pour Uther le pourpre et 3 tomes et demi pour Sayn. La découverte de l'apparence physique de Sayn dans les 10 dernières pages de la série est un véritable choc. Le dessin est superbe, notamment les décors (L'île de Stormwall est magnifiquement dessinée en particulier). Le choix des couleurs qui privilégie certaines teintes (orange/rouge, bleu/gris et noir) est des plus judicieux. La couverture du premier tome est sublime. 4,5/5

30/05/2014 (modifier)
Par Tomeke
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

J’ai acheté le premier tome à sa sortie en 1997, celui-ci étant le coup de cœur du moment, une forme atténuée de révolution dans l’univers BD, du moins, c’est comme cela que je l’avais perçu du haut de mes 16 ans... C’est vrai que les histoires "Fantastico-moyennageuses" étaient assez rares, de même que la touche ésotérique donnée au scénario. Les couleurs sombres collent parfaitement aux dessins splendides, des personnages comme des paysages et bâtiments. Le récit est bon, compliqué à suivre par certains moments, compte tenu de la quantité de personnages et de lieux intervenants, mais également de l’identité tenue secrète du véritable ennemi de nos deux héros à la recherche de ce troisième Testament. Le quatrième tome a mis des lustres à venir, il clôture de manière honorable cette histoire empreinte d’éléments du magnifique "Le Nom de la Rose" de J-J Annaud. Mon avis date maintenant de plusieurs années. Je reste assez d'accord avec ce que j'ai écrit il y a déjà quelque temps et pourtant… L'expérience faisant et l'âge avançant, je peux sans honte vous avouer qu'il s'agit pour moi d'un classico-classique de ma collection. Un espèce de truc qui me retourne comme une crêpe et me ramène 15 ans en arrière, et surtout me rappelle pourquoi ce genre de série m'a poussé à lire tant d'autres perles, en rapport ou pas avec le thème! Après l'avoir relue huit milliards de fois, je m'incline et vous incite, au mieux de mes maigres possibilités, à lire cette petite tuerie! Je ne pourrais franchement plus m'en passer, ni de la série mère, ni de sa suite Le Troisième Testament : Julius. Full must, d'office!

22/12/2007 (MAJ le 30/03/2014) (modifier)

Genre ésotérique bien rabâché depuis la sortie du Troisième Testament, la série met deux aventuriers moyenâgeux dans une course poursuite démoniaque à la recherche d'un écrit à même de bouleverser la chrétienté et donc, le monde. Œuvre à l'efficacité implacable et à la conclusion ouverte mais satisfaisante, le Troisième Testament parcourt le monde connu à cette époque pour suivre des indices parcellaires qui bout à bout résolvent une énigme complexe. Basé sur des héros et méchants un brin caricaturaux mais heureusement approfondis dans leur psychologie, Dorison et Alice nous proposent un voyage plein d'aventure et de trahisons digne d'Indiana Jones où ne manque finalement peut être qu'un contrepoids d'humour pour être parfait. Ceci s'agrémente du dessin d'Alice un peu hésitant et à la colorisation parfois terne sur les deux premiers tomes mais qui trouve sa pleine mesure dans son découpage et le trait sur les deux derniers. Le graphisme s'étale alors sur des doubles pages ambitieuses et détaillées sans que la lecture en soit altérée.

30/03/2014 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Début 2003, un ami me prête les 4 albums de cette série phénomène et me dit: "c'est une tuerie!" Avec lui, je me méfie, parce qu'il m'a fait déja le coup pour Chroniques de la lune noire que je n'ai pas aimée. Mais là, il avait raison. Cette bande qui a ouvert la voie au genre fantastique-ésotérique, m'a quand même rebuté dès sa première lecture pour sa trop grande complexité; il a fallu s'y reprendre 2 fois pour que j'accroche vraiment à cette histoire, ça me changeait des bonnes vieilles Bd de papa; mais une fois rentré dedans, on est pris, captivé, envoûté, pris au piège. Visiblement, les auteurs lorgnent vers le Nom de la Rose lorsqu'il se lancent dans ce récit médiéval, où il est question de religion et de sociétés secrètes mêlées au fantastique macabre et à la réalité historique; c'est vrai qu'il y a des similitudes avec le roman d'Umberto Eco, même l'inquisiteur Bernardo Gui est évoqué, et la trame générale rappelle le film qu'en a tiré J.J. Annaud. Dès le premier tome, le lecteur se pose de nombreuses questions auxquelles les auteurs répondent avec parcimonie, en distillant intelligemment le suspense. Le personnage central, Conrad de Marbourg, au physique voisin de Sean Connery (qui n'est sûrement pas fortuit), traîne un lourd passé, et a tout du héros charismatique; sa quête sera rude, aidé par Elisabeth, nièce de son ami, l'archevêque de Paris. Tout en essayant d'échapper à leurs poursuivants à la recherche du même manuscrit qu'eux, ils devront éprouver leur foi. Les dessins d'Alice ne m'ont pas séduit également dès le début; dans le tome 1, je les trouvais corrects mais pas exceptionnels, ce n'est qu'en relisant la saga que j'ai finalement approuvé leur qualité, même si elle est variable et inégale d'un album à l'autre. Ils peuvent en effet être très travaillés, culminant parfois en d'audacieux cadrages et des contre-plongées spectaculaires, puis retomber dans le moyen. Parmi d'autres défauts, j'ajouterais des couleurs parfois trop sombres. De son côté, Dorison fait de sa jeune héroïne une fille bien trop délurée dans ce XIVème siècle, alors que la femme de ce temps est encore confinée et réduite à un rôle bien secondaire (il n'y a qu'à voir au siècle suivant comment sera perçue Jeanne d'Arc qui empiète sur le terrain des hommes en armure). Malgré tout ça, ce récit à l'ambiance délétère et étouffante, amène un succès rapide à la série qui tiendra les lecteurs en haleine pendant plus de 5 ans. Le bouche à oreille a vite transformé ce fabuleux dosage de mystère, d'Histoire et d'ésotérisme en véritable tétralogie culte. Ma note n'atteint pas cependant le stade ultime pour les petits défauts que j'ai évoqué, mais elle en est très près, la série étant un must absolu.

07/08/2013 (modifier)

Après Long John Silver, il s'agit de ma deuxième expérience avec un ouvrage signé Dorison, et je suis encore plus échaudé cette fois-ci. Curieusement, ces deux oeuvres ont de très bonnes notes, mais décidément , je n'y arrive pas... Malgré des couvertures racoleuses, et je dois bien reconnaitre que celle du tome 1 est très réussie,  il ne s'agit tout bonnement pour moi que d'une succession de situations sans queue ni tête toutes plus incrédibles les unes que les autres...et v'la ti-pas que nos héros arrivent sans problème à passer par une trappe en pierre complètement immergée, sous des mètres d'eau, et puis, tiens, escalader la tour d'un château à-pic, pas de problème! Discuter à coté de moines qui passent tranquillement alors qu'il ne faut pas se faire repérer?...si si, c'est possible aussi! On nous sert le personnage éculé du preux bretteur qui arrive à se farcir une armée de soldats à lui tout seul sans problème, mais aussi celui de la jeune et intelligente rebelle qui sait se battre, à une époque où la libération de la femme était encore très loin.   L'intrigue n'est pas très bien construite. On nous mène d'un coin à un autre sans que cela ressemble le moins du monde à une quête en bonne et due forme. En un tome et demi, on est baladé de la France, à l'Espagne, puis l'Ecosse. Bien évidemment, nos trois compères sont poursuivis par des méchants très très forts, mais qui ne parviennent pas à les avoir, sinon c'est pas marrant.    Les enchainements sont catastrophiques. J'ai en mémoire une scène dans laquelle Marbourg, désarmé, arrive à prendre l'ascendant sur son adversaire. Comment? Et bien en intercalant une case dans laquelle le-dit adversaire est accompagné d'un phylactère avec un point d'interrogation ! Facile !!! Nos héros ont besoin d'un bâteau? Qu'à cela ne tienne ! Trois cases avec un jeune pêcheur qui se fait molester par de vilains bandits, et les voilà ensuite voguant sur la mer! Ajoutons à cela une qualité graphique très irrégulière, souvent médiocre, et une colorisation fadasse, et vous obtenez une BD qui ne vaut pas plus que 1/5, et qui est très très très nettement surcotée. (152)

12/08/2012 (modifier)