Bouncer

Note: 3.24/5
(3.24/5 pour 55 avis)

Western sombre et violent...


1816 - 1871 : De la chute du Premier Empire à la Commune Boucq Jodorowsky [USA] - Les déserts Nord-Américains

« Tante Lola » était l’une des prostituées les plus féroces de l’Ouest. L’une des plus populaires aussi. Cette orpheline se met même bientôt à son compte et ouvre un petit bar, pour le plaisir de ces messieurs. Elle a 3 fils, Blake, Ralton et le « Bouncer ». Ils sont tous les 3 de la même mère, mais de pères différents, 3 clients parmi tant d’autres. Et la routine s’installe dans la vie de la petite famille… jusqu’au joue ou Lola va avoir une idée… une très bonne idée. Enfin c’est ce qu’elle pensait. Une histoire de cul et un soupçon de jalousie vont la convaincre de dérober l’ « Oeil du Caïn », l’un des plus gros diamant de l’Ouest. Elle va bien sur entraîner ses 3 fils dans l’aventure. Le plan est simple. Ils vont attaquer le train transportant la pierre précieuse de front ! L’attaque réussie, et une fois en possession du diamant, ils décident de rester cachés dans une planque, pour se faire oublier. Et c’est là que les choses se gâtent. Pendant les longues semaines d’inactivité, tapis au fond du désert, des divergences s’installent, l’atmosphère devient tendue, des disputes éclatent. Ralton et Le Bouncer en viennent même aux armes. Ils y perdent un œil et un bras. Leur mère folle de rage, les met à la porte de la cache. Quand ils décident d’y retourner, il la retrouve morte, pendue. Pourquoi s’est elle suicidée alors qu’elle était l’une des femmes les plus riche de l’Ouest ? Et puis où est le diamant ? Il reste introuvable, même après une fouille approfondie de la cache. Les 3 frères décident de se séparer pour le moment. Mais Ralton est fou de rage, et leur promet de revenir un jour pour trouver le diamant et venger son œil perdu.

Scénaristes
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Juin 2001
Statut histoire Série en cours - cycle(s) terminé(s) (Cycles de 2 ou 3 albums) 11 tomes parus
Couverture de la série Bouncer
Les notes (55)
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21/07/2001 | Alix
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Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

Nous avons là un vrai western sauvage vu par Jodorowsky entre drames familiaux et combats spectaculaires. Il n’y a pas de concession, c’est l’anti-Blueberry par excellence! Et que j'aime ça! Bref, il y a toute une différence de génération de lecteurs entre les deux œuvres ce qui n’empêche pas d’apprécier le mythe original de la bd western. Mais là, cela va plus loin car nous sommes au-delà d'une apparente naïveté du héros sans peur, ni reproche. "Bouncer", c'est avant tout une histoire de famille: celle d'Aunty Lola, la prostituée la plus féroce de l'Ouest et de ses fils... d'un en particulier : le Bouncer, videur d'un saloon et accessoirement légèrement manchot ce qui ne l’empêche pas d’être un excellent tireur. Le videur va d'ailleurs devenir propriétaire. Cependant, ce n'est pas la restauration qui l'intéresse vraiment. Cette série va connaître 5 cycles assez distincts: - le premier composée des 2 premiers albums qui tourne autour de Seth, le neveu du Bouncer. - le second cycle est composé des 3 albums suivants (tome 3, 4 et 5) où notre héros, un pistolero manchot, va reprendre du service après une vie redevenue normale. - le troisième cycle (tome 6 et 7) autour de la veuve noire. Le final réserve bien des surprises au point d'avoir été littéralement bluffé. - le quatrième cycle (tome 8 et 9) autour du pénitencier où se cache un tueur qui n'est autre que le fils du directeur de l'établissement. - le cinquième cycle (tome 10 et 11) autour d'un trésor maudit caché dans le désert mexicain et qui a appartenu au défunt empereur Maximilien fusillé par la révolution locale. A noter un rythme de parution sans précédent puisqu'à peine quelques mois se sont écoulés entre les deux tomes. Depuis le 8ème tome, la parution de cette série se fait chez Glénat. Fini les Humanoïdes Associés tombés en désuétude après une lente agonie. On regrettera le changement de tranche et de format qui ne plaît pas, par essence, au collectionneur de bd. J’ai réellement apprécié cette saga familiale dans l’Ouest qui explore les facettes les plus obscures des personnages. Le scénario est passionnant et on se laisse vite emporter. Je crois que ce qui m’a définitivement convaincu, c’est l’atmosphère dégagée par ce western pas comme les autres. Nous avons là une âpreté inégalée. Et cerise sur le gâteau, on peut souligner une splendeur graphique d'une puissance rare qui fait de Bouncer un western comme on n'en avait encore jamais vu! Note Dessin : 4.5/5 – Note Scénario : 4.5/5 – Note Globale : 4.5/5

15/02/2007 (MAJ le 29/03/2018) (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Avis posté après lecture des trois premiers cycles (7 premiers albums). Voilà un western assez crépusculaire, glauque, dans lequel Jodorowski a mis pas mal de noirceur (et ce dès le premier cycle, avec cette famille, mère et ses trois fils, très loin de la famille idéale !). Le héros possède un saloon appelé « infierno saloon », les intrigues se déroulent dans une ville appelée « cité de la boue » : c’est bien en enfer, au milieu des miasmes que tout se déroule. Jodo est un auteur original et bourré d’idées, mais qui fait souvent partir ses scénarios vers des délires plus ou moins mystiques, dans lesquels il perd ses lecteurs. Ici, je l’ai un peu craint, mais il n’abuse pas trop de ça (visions après consommation d’opium, religion indienne liée aux serpents, etc.). Mais voilà, contrairement à certains avis précédents, je suis loin de placer ce western au niveau de Blueberry, voire de Comanche, Mac Coy ou Durango, pour citer diverses séries western. La faute à des facilités, des raccourcis scénaristiques maladroits. Et à un manque d’épaisseur globalement des histoires ou des personnages. Par ailleurs, je n’ai vraiment pas aimé le troisième cycle (albums 6 et 7), avec une histoire hautement improbable (dans les grandes lignes autant que dans les détails), ce qui m’a freiné pour poursuivre cette série. Le dessin de Boucq est globalement bon (peut-être plus précis que dans d’autres séries d’ailleurs). C’est surtout le cas pour les décors, vraiment réussis (grands espaces magnifiés, voire même ville et saloons). Les personnages sont bien faits (quelques défauts parfois, en particulier lorsque des personnages courent ou des chevaux galopent, surtout dans les premiers albums en fait), même si les visages des femmes ne sont pas tous réussis (moins moches quand même que les femmes dessinées par Hermann !).

28/08/2017 (modifier)
Par Ned C.
Note: 3/5

PfoouuulalalalalalalalaLA !! Déçu à très haut point par cette série. Un gâchis énorme. J’avais adoré le premier cycle, que j’avais failli aviser ici-même à l’époque au rang de culte. J’avais voyagé dans le grand Ouest nauséabond et crade de Jodorowski, superbement illustré par le grand Boucq. De grands décors sauvages, les couleurs vives, l’hyper-violence, les personnages emblématiques et les gueules cassées m’avaient procuré un vif plaisir de lecture trop rarement ressenti. Le deuxième cycle perdait nettement en qualité mais restait néanmoins très bon. J’étais un peu déçu mais me suis dit que la série reprendrait peut-être son souffle par la suite. Mais le troisième m’a dissuadé de continuer cette série, semblant descendre dans la médiocrité irréversiblement. Le scénario devenant carrément rocambolesque et les personnages inamicaux. Grosse déception. 1er Cycle : 5 étoiles 2ème Cycle : 3,5 étoiles 3ème Cycle : 2 étoiles

21/11/2014 (modifier)
L'avatar du posteur Le Grand A

Quand on découvre le contenu de Bouncer on prend une grosse claque en pleine face. Parce qu’on n’a pas forcément l’habitude de lire et voir ce genre de western au ton que je qualifierai de « grim and gritty » (traduisez par sinistre et graveleux) ultra poussé et faisant presque figure d’avant-gardiste (une pensée pour Al Crane). Alexandro Jodorowsky n’a en effet pas attendu que le récit noir et glauque revienne à la mode comme c’est le cas de nos jours, en littérature de genre ainsi qu’au cinéma. Cela fait un moment qu’il carbure à ce genre là. On retrouve comme toujours certaines thématiques récurrentes à l’auteur comme les passages d’hallucinations mystiques révélatrices par la prise de drogue mais qui heureusement ici, ne prennent pas une trop grosse ampleur du fait que François Boucq intervient avec parcimonie dans le scénario et permet de mettre le frein sur les « délires » de Jodo. Sauf sur les femmes qu’il aime comme son héros « belle et soumise ». Bon chacun son trip et ses trauma après… Le premier cycle est un chef d’œuvre de décrépitude et de violence où il n’y a quasiment rien ni personne à sauver de cet enfer. Les personnages ont les mœurs les plus vils, ils forniquent n’importe où, avec n’importe qui, ils jurent comme des charretiers et n’ont absolument aucune morale. La seule valeur qu’ils reconnaissent est celle de l’or. On peut avoir l’impression que tout cela n’a rien de nouveau, que ça a déjà été fait par d’autres, mais je pense qu’un scénario d’une telle noirceur n’est pas aussi commun qu’on peut le supposer de prime abord. Dans les récits branchés grim and gritty il y a toujours un soupçon de bonne morale et de bons sentiments qui font qu’on ne va jamais concrètement au fond des choses. Ici, je peux dire merci à Jodorowsky, d’être allé au bout de ses idées, sans tabou. Il n’épargne personne et ne se refuse rien : viols, tueries, infanticide, fratricide, des gosses eux-mêmes bouchers, la mort qui frappe jusqu’aux personnages d'importances, etc. Tout y passe et c’est ça qu’on adore justement dans Bouncer. L’auteur veut raconter la construction du far-west sous un angle que j'estime réaliste, et bien il y va franchement, car c’est un monde nouveau, où la loi et la justice n’ont pas encore pris racine ou bien seulement les racines pourries et corrompues; seule la loi du plus fort y règne, et dans ce monde une vie humaine vaut moins que rien pour les opportunistes égoïstes. Après il faut aussi relativiser cette violence. Je ne la trouve pas spécialement plus exacerbée que sur un Django Unchained de Quentin Tarantino pour donner un ordre de grandeur. C’est sur tout le reste que les scènes sont plus « libres » de parole. Le second cycle est selon moi le plus abouti car il lève le voile sur la fondation de Barro-City, ville maudite qui s’est épanouie sur le versant de 5 pics rocheux surnommés « La Main du diable » comme si elle était sous la coupe de celui-ci. Le ton et les thématiques restent les mêmes et on prend plaisir à suivre le Bouncer, seul lumière qui incarne le peu d’humanité présente dans cette contrée infernale, même si lui-même est loin d’être parfait, il est comme une éponge, il est né et vit dans cet environnement putride et glauque qui a déteint sur lui. Et le pauvre, il ne lui arrive que des emmerdes dans sa chienne de vie. La justice qu’il exerce est expéditive façon Punisher mais face à toutes ces raclures cupides qui vénèrent Mammon le dieu du fric et qui sont près à tuer leur père, mère et enfants pour toujours engranger plus de pouvoirs ou d’argent, il n’y a que cette méthode qui vaille. Ne vous attendez pas au poor lonesome cowboy, c’est un monde d’homme qui est dépeint ici, et pas les meilleurs. Le troisième cycle a fait un peu retomber mon enthousiasme pour cette série du fait que certains éléments narratifs m’ont parus incohérents et je trouve que l’on s’éloignait de l’esprit de la série. C’est toujours très orienté cul, violence, fusillade à foison, mais le ton est à des années-lumière du cynisme du premier cycle. Le dernier cycle paru m’a rassuré et ce, par une entame sur les chapeaux de roue très dramatique et un retour aux thématiques toujours aussi dérangeantes et qui ont le don de vous mettre mal à l’aise. Le dessin est très plaisant et a le luxe de s'améliorer avec le temps, notamment sur la partie couleur lorsque Boucq s’y colle à partir du troisième cycle. Il a tout de même du mal à rendre les femmes attirantes avec ses gros plans mal fichus. Je ne la considère pas comme une œuvre culte car il y a aussi beaucoup d’éléments qui ne m’ont pas séduits et que je ne vais pas tous énumérer. Je trouve les phases de duel mollassonnes notamment sur le final du premier cycle qui aurait pu être grandiose avec son trio Tuco-Blondin-Sentenza mais la tension dramatique n’est pas là et est vite expédiée. Sans faire de révélation, le neveu de Bouncer qui fini par se marier, j’ai l’impression d’être le seul que ça dérange. En tout cas aucun des protagonistes ne semblent relever que machin et machine son cousin. Bizarre… mais en même temps c’est volontairement fait pour déranger. Et puis de manière générale, je trouve parfois les ficelles narratives trop grosses, les personnages semblent accepter certaines situations de façon trop facile, histoire que le récit puisse avancer. De nombreux points qui vont de la psychologie de certains personnages, aux petites histoires dans la grande histoire (comme la romance Bouncer-Yin Li), et d’autres ; sont survolés et manquent d’approfondissement. Les scènes d’actions s’enchaînent alors qu’il aurait peut être fallu rythmé le récit de manière plus posée. En tout les cas, à l’image d’Ogre Jim, le cannibale bouffeur d’enfants du tome 3, j’ai eu une fringale et j'ai dévoré les 9 albums les uns derrières les autres. Du très bon western.

11/11/2014 (modifier)
Par sloane
Note: 3/5
L'avatar du posteur sloane

Avis sur les deux premiers cycles ( tome 1 et 2 puis tomes 3 à 5) Je découvre juste cette série; en fait j'avais fait l'impasse un peu à cause de Jodorowski dont les délires mystico-religieux mâtinés de freudien commençaient à me fatiguer. Dans ces deux premiers cycles, ben on retrouve l'homme tel qu'en lui même. La cachette du diamant dans le premier cycle et l'omniprésence des femmes dans le deuxième dans des rôles de femmes soumises ou dominatrices. Attention Mesdames! je ne boude pas mon plaisir de voir dans la BD des personnages de femmes, mais là vous en êtes, à mon avis réduites à des extrémités que je qualifierais de paroxystiques. C'est vrai que dans le genre western ça déménage, nous sommes très loin des héros du cinéma hollywoodien, souvent propres sur eux. Cinéma qui nous montrait très rarement la dureté, la violence dans laquelle une nation a pu se construire, du moins de manière aussi crue. Ici le fond de cette construction n'est pas abordé ou alors de manière divergente en utilisant le biais des hommes. Dans cette histoire tout le monde est pourri, pas un personnage ne vient relever le niveau. Alors qu'en penser, étaient ils tous comme cela? Est-ce la patte Jodorowski? Pour ces deux premiers cycles l'histoire se tient dans un climat où l'on sait que le happy end n'a pas lieu d'être. Une BD à ne pas mettre en toutes les mains. Juste un mot du dessin, j'aime beaucoup Boucq et même si ça finit par se ressembler d'une oeuvre à l'autre ses personnages sont assez fascinants de normalité. Majoration après lecture du diptyque Tome 6 et 7: The show must go on! Pas trop mal fichu cette histoire ou l'on retrouve notre Bouncer tel qu'en lui même. Cette fois il est confronté à une presque douce institutrice et une bande de méchants, non c'est pas le terme, disons de grands malades qui veulent tous lui faire la peau. N'oublions pas cinq enfants totalement dégénérés, le film "Délivrance " n'est pas loin, qui ont des intentions assez, dégénérées. Si l'on fait fi des personnages somme toute assez caricaturaux cela se laisse lire.

21/09/2014 (MAJ le 11/10/2014) (modifier)
Par Thobias
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

Jodorowsky décidément aussi à l'aise dans le western que la SF nous offre une fois de plus une série d'une grande qualité peuplée de personnages tous plus charismatiques les uns que les autres. La série conserve son excellent niveau d'un cycle à l'autre et tous sont d'un intérêt égal. Je recommande chaudement l'achat de cette bd même à ceux qui ne supportent pas les oeuvres de science-fiction de Jodorowsky, le style est ici très différent et cela pourrait tout à fait leur plaire.

22/05/2014 (modifier)
Par Tomeke
Note: 3/5

Une bonne BD dans le genre western, qui procure un certain divertissement, surtout dans le premier cycle. La surprise est là, on découvre dans les deux premiers tomes une histoire très crue et violente et ce, dès les premières pages. C’est assez prenant, on suit avec intérêt la trame de l’histoire, bien construite me semble-t-il. Les dessins sont beaux mais les femmes sont cependant loin d’être très féminines. Pour le reste, l’ensemble est bien maîtrisé… La suite dans la deuxième histoire s’essouffle effectivement, tout en restant agréable à lire. Je mets maintenant mon avis à jour après lecture des 9 tomes. L'histoire se maintient dans sa qualité, même si les tomes 6 et 7 sont un peu moins cohérents; faire passer le boucher pour le dernier des débiles, aveuglés par des amourettes à la con, franchement, j'ai trouvé cela inadapté. Reste que le dernier diptyque formé par les tomes 8 et 9, paru chez Glénat, est excellent! Chaque opus est un condensé d'action bien foutue. C'est toujours aussi prenant! Bref, sur l'ensemble de la série, le "pas mal" me semble bien adapté. A ne pas mettre dans les plus jeunes mains, j’en conseille néanmoins l’achat pour les amateurs de western.

09/01/2008 (MAJ le 19/01/2014) (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Lorsque Jodorowsky quitte la SF pour le western, ça donne "Bouncer", où je n'ai pas accroché un instant ; il y a quelque chose d'indigeste pour moi dans cette série, et pourtant je me suis forcé à lire le premier cycle, j'ai lu en diagonale le second et feuilleté le 3ème, rien à faire. Pourtant, la série est mise en image d'un trait puissant par Boucq, au graphisme plus soigné que dans ses autres bandes, les cadrages aérés aux grandes cases panoramiques, mises en valeur par le grand format des albums, exaltent la violence et un certain malaise à la lecture, les auteurs montrant un Far West bien loin des classiques héros de l'Ouest, et même des séries inspirées de l'univers spaghetti comme Durango ou Wanted. Ils décrivent un Ouest sale, répugnant, sauvage, laminé par la violence, la cruauté et le fracas des armes; c'est d'un réalisme très cru et brut, différent aussi de ce qu'a montré le cinéma, encore que des films comme Tombstone ou Impitoyable ont approché ce concept. C'est du western crépusculaire pur, peut-être plus proche de ce qu'était vraiment l'Ouest en réalité, mais je n'y souscris pas, car les idées dérangeantes de Jodo me mettent mal à l'aise quelque part, c'est indicible, je n'arrive pas vraiment à l'expliquer. Le seul élément qui est cependant intéressant, c'est le Bouncer, un héros loin des clichés et très atypique, c'est tout ce que je peux sauver ; sinon c'est vraiment trop déjanté, trop malsain, trop déséquilibré, trop repoussant, ce n'est pas ma conception du western. Seuls les grands espaces dessinés par Boucq semblent épargnés par la fureur et par les passions humaines de ce western en forme de tragédie grecque, qui certes, renouvelle le genre. J'ai lu dans un avis précédent, que les amateurs de western se devaient de posséder cette série, eh bien non, je suis très amateur de western, mais je ne sais pas si j'en lirais d'autres tomes, peut-être en bibliothèque, mais pas sûr...

20/06/2013 (modifier)

J'aime beaucoup cette série, car elle a des qualités essentielles à mes yeux: elle est divertissante et très fluide à lire. Bref, en ouvrant un album, j'ai toujours passé un bon moment, sans prise de tête, une lecture d'une traite. Le genre de lecture idéale avant d'aller rejoindre le pays de morphée. Alors bien sûr, les intrigues ne sont pas toujours hyper recherchées, c'est d'un manichéisme certain, mais bon...Parfois la simplicité a aussi du bon. Je salue l'originalité du choix du personnage principal, qui n'est pas le cowboy traditionnel imbattable, mais bien un manchot métis malaimé... J'ai toujours suivi ses aventures avec intérêt. Le dessin est de très bonne facture quoiqu'un peu classique, mais les proportions, expressions, et couleurs sont parfaitement réussies. On entre sans problème dans cet univers du midwest poussiéreux, sale, aride, et belliqueux. Un bon moment de divertissement, pour lequel l'emprunt sera largement suffisant à mon sens. (210)

08/06/2013 (modifier)
Par McClure
Note: 4/5

Cette série du Bouncer est vraiment particulière. Pour autant, c'est ce que j'ai lu de meilleur depuis Blueberry (jusqu'au cycle de la Tribu Fantôme) et Cartland en western. Ceci étant dit, plus je découvre les histoires de Jodo, plus je me dis que ce type doit avoir quelques fusibles disjonctés. C'est un vrai génie, mais il aime les personnages torturés, les histoires de familles complètement givrées. Là on est servi entre ce premier cycle avec la fratrie utérine d'une femme complètement folle, et ça continue de s'enchainer cycle après cycle. Les 3 premiers avec le fil rouge de la vengeance du père du Bouncer nous révèlent leur lot de doux frapadingues, de personnages tous plus iconoclastes les uns que les autres (la bourreau(te), le promis chinois eunuque......) et un fond d'histoire toujours à la limite également (l'histoire des jumelles semble vraiment sortie d'un cerveau malade). Jodo est toujours à cheval sur un fil invisible, mais là où sur certaines histoires (je pense au Pape Terrible) cela verse dans le malsain inutile, il arrive ici à nous sortir des albums tous aussi forts er riches les uns que les autres. Le dessin somptueux de Boucq sert à merveille tant l'histoire que les ambiances poisseuses et nauséabondes. Le grand format des albums est aussi un vecteur pour apprécier cette qualité de dessin. Une très bonne série, à ne pas laisser entre toutes les mains et les cerveaux malades.

03/01/2013 (modifier)