Magasin général

Note: 3.62/5
(3.62/5 pour 50 avis)

L'histoire de Magasin Général se déroule dans un village du Québec rural à partir du début des années 20.


1919 - 1929 : L'Après-Guerre et les Années Folles Auteurs Canadiens Les meilleures séries terminées en 2014 Petits villages perdus Québec

L'histoire de Magasin Général se déroule dans un village du Québec rural à partir du début des années 20. Elle gravite autour d'un personnage féminin, Marie, veuve avant l'heure et héritière du principal commerce local, le Magasin Général qui donne son titre au récit, que l'irruption d'un étranger dans la petite communauté va progressivement réconcilier avec le bonheur : bonheur d'aimer, bonheur d'être aimé, mais pas exactement de la manière que l'on pourrait imaginer. Deux autres volumes suivront ce premier tome inaugural. Texte : Casterman .

Scénaristes
Dessinateurs
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 17 Mars 2006
Statut histoire Série terminée 9 tomes parus
Couverture de la série Magasin général
Les notes (50)
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17/03/2006 | ArzaK
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Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
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Je réécris mon avis après la relecture de l’intégrale de la série. Je commencerai par le dessin « à 4 mains » de Loisel et Tripp… il est magnifique, avec ces rondeurs qui caractérisent bien le style de Loisel, et les couleurs sont parfaites… vraiment, une magnifique visite guidée du Québec rural des années 20. Niveau histoire… c’est du quotidien. On y parle de vie, de mort, du curé du coin, de tâches fermières, de ragots, de disputes… et du magasin général, véritable noyau central de cette petite communauté. Les auteurs abordent des thèmes intéressants autours de l’évolution des mœurs, de l’émancipation des femmes, de l’homosexualité, de la place de la religion dans une société changeante… mais toujours de façon légère et très humaine. J’ai trouvé le récit chargé en émotions… j’ai eu le cœur serré à plusieurs reprises lors de ma lecture, véritable gage de qualité en ce qui me concerne. Ceci dit je trouve quand même que l’histoire tire un peu en longueur. Originellement prévue en 3 tomes, puis en 6 tomes, elle s’étale finalement sur 9 volumes, et je trouve que les auteurs finissent par tourner un peu en rond, surtout vers le tome 8. Par contre la fin est parfaite… le dénouement pour le moins animé est chargé en émotions, et l’album photo en postface est une excellente idée, et pour moi la façon parfaite de dire au revoir à cette galerie de personnages qui vont me manquer. Une lecture paisible, belle, reposante, que je conseille à tout le monde, à condition de ne pas être à la recherche d’aventure ou de sensations fortes. Un grand merci à Régis Loisel et Jean-Louis Tripp pour cette superbe série.

24/06/2006 (MAJ le 11/10/2019) (modifier)
Par Gaendoul
Note: 4/5
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Ayant lu des critiques, le synopsis et aimant pourtant d'autres BD de M. Loisel, je n'étais pas convaincu. J'avais fait l'impasse sur cette BD. Toutefois, puisqu'elle trônait dans la médiathèque locale, j'ai décidé de lui donner une chance...et grand bien m'en a pris! J'ai vraiment été emporté dans cette histoire et me suis pris d'affection pour les personnages...tous autant qu'ils sont. Car c'est bien là une des forces de cette série, tous les personnages sont développés et il n'y a pas "le gentil", "la mesquine", etc. mais tous ont leurs motivations et on finit par faire partie du village tant on connaît les uns et les autres. C'en devient même presque étrange et, une fois la lecture terminée, on éprouve un petit pincement du fait de les quitter et les laisser vivre leurs aventures, sans nous. Je trouve que le procédé de dessin est une vraie bonne idée, Loisel étant à la mise en scène/storyboards et Tripp à la finition. Le résultat est bluffant et a une vraie identité, le tout étant bien dynamique. Cette qualité de dessin et de mise en page aide à nous entraîner dans les aventures de Serge, Marie et les autres (dont les ti'culs!). J'hésite même entre 4 et 5...on va dire un bon 4,5 / 5 ^^ Une vraie surprise, donc et assurément un très bon moment passé dans cette campagne québécoise.

30/09/2019 (modifier)
Par Ju
Note: 4/5
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Loisel et Tripp nous embarquent dans une série somme toute assez originale. Nous suivons l'histoire d'un petit village du Québec dans les années 20 et plus particulièrement de deux personnages forts, Marie et Serge. Ce qui est assez drôle est que quand je regarde le synopsis de la série, et même ce qui s'y passe, je me dis que 9 tomes pour aussi peu d'intrigues, ça doit forcément être ennuyant, et un peu longuet. D'ailleurs, il m'a fallu voir une exposition sur cette bd au Centre Belge de la Bande dessinée à Bruxelles pour me décider à la lire. Et bien au final, j'ai lu les 9 tomes avec enthousiasme. Au travers des histoires qui touchent les personnages, de leurs nouvelles rencontres, on assiste à un bouleversement des modes de pensée et des modes de vie des habitants. Ceux-ci habitent en vase clos, et l'arrivée du citadin Serge va apporter à ce village la modernité qui lui manquait. La lente adaptation des habitants à un nouveau style de vie, et l'ouverture à d'autres types de pensée et d'habitudes est très bien retranscrite, et on s'attache à tous les personnages ; non seulement les principaux comme Marie et Serge, mais aussi à la multitude de personnages secondaires qui forment les habitants du village, et qui sont plus ou moins présents tout au long des 9 tomes : le curé, Noël, Gaëtan, les deux frères Latulipe, Jacinthe, etc. Tous ces personnages évoluent ensemble et font évoluer les autres. Le personnage du curé est l'exemple le plus parlant : il apporte lui-même une touche de modernité au village, puis commence lui-même à évoluer au contact de Serge notamment ; puis prend des décisions qui vont encore influer sur la vie du village. Le vent de fraicheur des années 20 et la remise en question d'une certaine forme de société est très bien rendue et, personnellement, je trouve ça assez fascinant. Les habitants se détachent de plusieurs de leurs anciennes "valeurs" (famille, religion, travail) pour se tourner vers le plaisir, symbolisé par le Charleston et le fameux restaurant de Serge. Un bon vent de fraicheur, et il m'est arrivé d'envier les personnages, dans leur quête de découverte du monde qui les entoure et de tous les bienfaits qu'il peut proposer. Le dessin est assez magistral, il sert très bien et la superposition du style des deux auteurs rend un résultat original et très agréable, où l'on reconnait la patte de chacun des deux dessinateurs. Les personnages ne sont pas très beaux mais leurs expressions sont très bien rendues. Quant aux décors, ils donnent envie de se rendre au Québec, en forêt ou dans quelque petit village retiré. J'ai vu dans les autres avis que beaucoup reprochaient à la série de trainer un peu en longueur au bout d'un moment. Je reconnais avoir éprouvé une petite lassitude vers les albums 6 et 7, mais le 8e et 9e album m'ont remis dans le bain, et j'ai beaucoup aimé la conclusion avec l'album photo.

03/05/2019 (modifier)
Par Jérem
Note: 3/5

La série de Tripp et Loisel nous narre l’histoire d’un petit village québécois isolé dans les années vingt. Deux évènements, le veuvage de Marie (la propriétaire du magasin général) et l’arrivée de Serge (un citadin raffiné et cultivé) vont profondément bouleverser l’équilibre de cette sympathique communauté rurale. Les auteurs soignent leurs personnages en prenant le temps de décrire leur caractère et leur personnalité. Le contexte et le décor sont également très travaillés pour fournir un travail documenté sans doute proche de la réalité, le tout rehaussé par un visuel de très haute facture. Beaucoup de sujets sont traités dans cette comédie de mœurs au contexte très original : les conventions sociales, la religion, la place de la femme, l’homosexualité… Le scénario intègre de façon intelligente ces éléments pour bâtir une histoire passionnante. Les auteurs sont particulièrement bienveillants avec leurs personnages, et malheureusement dans les derniers volumes, ils tombent dans le piège de l’excès. La subtilité et la finesse de l’évolution des mentalités et des caractères des personnages laissent la place dans les trois derniers albums à une éclosion d’un bonheur béat qui frise la mièvrerie. D’autant que la solide intrigue du début s’effiloche dans les trois derniers tomes, qui se révèlent plutôt longs et ennuyeux. Je pense que Tripp et Loisel auraient dû achever leur saga bien avant. C’est vraiment dommage car Magasin général avait tout pour devenir une grande série. Magasin général est malgré tout une série que tout amateur de BD se doit de découvrir. Belle et intelligente, la saga est absolument passionnante sur ses deux premiers tiers.

20/07/2017 (modifier)
Par Thorn
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

Qu'est-ce que c'est chouette comme BD ! Entre les dessins vivants, chaleureux, fouillés, les dialogues avec l'accent bien marqué, et le récit plein d'humour et de vie, c'est un voyage dépaysant et sympathique dans un autre monde. Et les auteurs prennent leur temps, et nous permettent de savourer chaque case, chaque évocation d'odeur, de musique ou de goût, et les couleurs éclatantes, même en plein hiver québecois. Cette lenteur nous permet de connaître et de nous attacher vraiment aux personnages, toute une fresque de caractères variés, sans manichéisme, mais avec beaucoup de tendresse pour l'humanité, même dans sa bêtise et sa méchanceté. Pourtant je ne dirai pas qu'il ne se passe rien, puisque page après page, attention spoiler, la communauté très traditionnelle du siècle dernier se transforme en une utopie anarchiste faite de bric et de broc. Et cette transformation est si progressive qu'elle nous emporte dans un élan de bonne humeur et qu'on a envie d'y croire, et de souhaiter tout le bonheur promis aux personnages. À lire, et à relire (ce que je vais faire d'ailleurs, et peut-être après cela monter ma note à "culte")

18/06/2015 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Je vois que beaucoup d'avis précédents signalent qu'il ne se passe rien.. Certes, il n'y a pas d'action, ça remue peu, il n'y a rien de palpitant, mais il y a quand même quelques événements qui surviennent, après tout c'est une chronique villageoise qui raconte simplement le quotidien d'une communauté, et ça sert avant tout à analyser des caractères, c'est ça qui est intéressant. Ce qui fait justement tout le charme de cette série, c'est que le récit tient à ces petits riens qui constituent la vie de ces habitants de ND-des-Lacs. C'est donc une vraie comédie de moeurs avec en fond l'émancipation d'une femme à la fin des années 20, Marie (et accessoirement la présence forte de Serge) restant le personnage central de l'histoire. Ces caractères sont bien brossés, malgré le fait qu'il y a de nombreux personnages, c'est peu facile de tous les identifier, même si le dessin semi-caricatural aide un peu ; il faut aussi bien s'imprimer dans l'esprit la topographie des lieux pour bien situer l'espace et les distances, et pour cela les dessins en forme de cartes des pages de garde sont très utiles. L'intrigue n'est en fait constituée que de plusieurs petits segments puisqu'on a à faire à une chronique rurale d'individus dans un environnement précis, mais les auteurs compliquent un peu l'ensemble, car si Serge n'était pas homosexuel, il aurait épousé Marie et le récit aurait été bouclé en 3 albums. Certains autres points sont soulevés, comme la religion et le clergé qui en prennent un peu pour leur grade à travers le portrait du jeune curé Réjean, qui donne une image plus positive de cette institution, surtout à cette époque où il y avait beaucoup de grenouilles de bénitier. Tout ceci étant dit, il y a aussi beaucoup de passages un peu inutiles, où les auteurs s'attardent pour rien, ça tourne en rond, on sent bien que dans les derniers tomes, il n'y a plus beaucoup de révélations, déjà qu'ils avaient promis une trilogie qu'ils ont ensuite allongée de 3 épisodes supplémentaires ; donc, de 6 albums, on se retrouve avec 9 au total, ça fait un peu beaucoup, et je crois que 6 auraient été suffisants, voir même 5... Cette fresque colorée de la campagne québécoise des années 20 est à la fois tendre et rude, dominée par une héroïne pleine de générosité et de force, c'est une série qui dans son ensemble respire l'ambiance d'autrefois, d'un monde suranné et jovial qui ne connaissait que des plaisirs simples, mais qui pouvait être aussi dur et cruel, et pas tellement différent de nos campagnes françaises, si ce n'est évidemment le langage. J'ai retrouvé beaucoup de caractères et d'attitudes typiquement rurales que j'ai pu voir dans mon enfance en Saintonge. Loisel étant Poitevin (né à Saint-Maixent) et Tripp étant né à Montauban, ils auraient très bien pu situer leur décor en Poitou ou dans les Charentes, où le patois charentais aurait tout aussi bien donné une note pittoresque et savoureuse au langage, à condition d'indiquer des notes. Ici, c'est ce qui manque et qui m'a un peu gêné , car il y a des formules et des tournures de phrases typiquement québécoises qui ne sont pas évidentes à décrypter pour un Français, les auteurs auraient pu placer des astérisques au bas des pages pour certains mots. En attendant, la gymnastique cérébrale doit fonctionner à plein régime pour comprendre correctement ces dialogues un peu lassants à la longue, et ils empêchent parfois de se concentrer plus librement sur l'image. D'autre part, je trouve étrange que les personnages méprisent tant et disent du mal des Français tout au long de cette Bd ; n'aiment-ils donc pas la France ? Au niveau graphique, c'est pas mal, ce n'est pas un dessin que j'affectionne tellement, mais je vois qu'il y a du travail bien fait, de la recherche, les traits des personnages sont volontairement grossiers, ça les type bien ; les cadrages sont larges et aérés, les dialogues parfois réduits ou absents, ça repose un peu, la lecture s'en trouve allégée et rendue rapide, je me suis surpris à lire 4 albums d'affilée en un peu plus de 2 heures. Au final, cette série parvient à susciter l'intérêt malgré un succès pas forcément prévisible, et malgré ses défauts, mais aussi grâce à beaucoup de chaleur, d'humanité, d'authenticité, de spontanéité, de joie et d'émotion.

05/04/2015 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
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2 ans après la sortie du dernier tome de Peter Pan, voici donc le nouveau projet de Régis Loisel. Un projet encore différent de ce qu'il a fait auparavant, puisque "Magasin général" est une chronique rurale, prenant pied dans un petit village québécois entre les deux guerres. Et surtout, un projet réalisé à quatre mains avec son compère Jean-Louis Tripp, autant au scénario qu'au dessin. Alors qu'on pensait que Loisel était l'exemple même de l'individualisme, il surprend son monde en réussissant son osmose avec Tripp pour ce projet. Car on peut parler véritablement d'osmose. Entre le trait "jeté" de Loisel et l'encrage inventif de Tripp, les auteurs ont réussi à trouver un style médian, qui se nourrit des qualités de chacun. Le charme opère presque totalement avec cette histoire. Dans le Nouveau-Monde, beaucoup de villages isolés ne vivaient qu'autour de leurs magasins généraux. Mais d'habitude, nous les Européens, nous ne voyons ça qu'au travers de séries comme La Petite maison dans la prairie ou d'autres, un peu mièvres, faites au Québec. Et en général on se moque de leur accent. L'avantage d'une BD, c'est qu'on n'entend pas les personnages. Ce qui n'empêche pas Tripp et Loisel de retranscrire de belle façon la faconde et le langage fleuri des Québécois, au travers d'expressions bien choisies, mais aussi l'esprit un peu coquin, goguenard si propre à nos cousins. Le résultat ? Une BD d'une extraordinaire fraîcheur, qui parvient à rendre passionnante une histoire pourtant assez banale, sublimée par le talent de deux auteurs en état de grâce. Et une fin qui respecte les canons de la série : magnifique.

25/06/2006 (MAJ le 27/12/2014) (modifier)
Par samsa
Note: 4/5

Après avoir attendu la fin de cette série pour poster un avis, l'heure est enfin venue. Et j'avoue j'ai eu un peu de mal à noter cette série. Mais tout ce que je peux dire c'est que j'ai adoré, et pourtant il ne se passe strictement rien ou quasiment. Alors qu'est-ce qui fait le charme de cette série? Serait-ce la douceur de vivre qui se dégage des pages ? Les répliques truculentes, la colorisation des albums ? Non ce que j'ai préféré c'est découvrir cette campagne des années 30 et la réflexion qui en découle sur la nouveauté, le changement et le monde en mutation. Ou comment un vase clos se retrouve confronté au monde extérieur. Tout est doux dans cette série même dans les moments difficiles. J'ai véritablement été sensible à l'ouverture d'âme et de coeur dont cette communauté fait preuve, à l'évolution de leur mode de pensée. En effet, on découvre une communauté fermée concentrée sur les réalités de la vie pour se restreindre au travail et aux bonnes moeurs telles qu'acceptées et reconnues. Mais lorsque le bouleversement survient, cette communauté peut elle s'adapter ? Avec un seul fil conducteur par épisode, chaque grande question est abordée: religion, solitude, homosexualité, liberté et surtout bonheur. Bonheur pour soi, pour les autres et par les autres. Au final, je ne peux que dire que c'est un souffle de fraîcheur qui m'a apporté le sourire tout au long des pages. Chronique sociale et douceur de vivre, tels sont les mots que j'emploierai pour définir cette oeuvre. Ou tant qu'il y a de la vie il y a du bonheur et tant qu'il y a du bonheur, il y a de la vie ! J'ai bien quelques reproches. Par exemple je pense qu'ils ont bien gratiné le curé qui cumule bien des doutes le pauvre.....Mais finalement pourquoi pas, c'est amené en douceur et de manière relativement fine. Mais bon, c'est juste que cela m'a semblé un peu trop pour un seul personnage. Ce n'est donc pas le reproche du siècle capable de tuer la série :) Enfin, bien que nullement contemporaine, l'histoire est intemporelle. Ou comment trouver l'équilibre entre obligations, regard des autres et propre volonté. Au final, le plus important n'est il pas de pouvoir se regarder dans le miroir à la fin de la journée ? Bref, je relirai cette série chaque fois que j'ai le sentiment que parfois le monde accélère aussi vite que les esprit deviennent étriqués.

03/12/2014 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
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Magasin Général n'est qu'une chronique des habitants d’un village québécois dans l’entre-deux-guerres et il faut le prendre comme tel. C'est signé de l'un des grands maîtres de la bande dessinée à savoir Loisel. Le dessin est d'une qualité absolument indéniable pour les yeux qui raviront tous les amateurs. Le premier tome n'est qu'introductif en nous présentant les habitants d'un village perdu et d'une jeune veuve. Le récit n'est pas particulièrement passionnant. Cela demeure néanmoins sympathique car il faut prendre cette BD comme elle est : une chronique rurale simple sans chercher un scénario plus élaboré, ni une aventure extraordinaire multipliant les rebondissements les plus divers. Ceci explique que cette bd rencontre également des détracteurs qui ne partagent pas l'enthousiasme de la majorité. Par ailleurs, il faudra s'habituer à la V.O. c'est à dire un mélange québecois-français qui peut paraître lourd à digérer. Le deuxième volume relève nettement mon impression première car la magie a enfin opéré. On fait la connaissance du personnage sympathique de Serge. L'arrivée de cet étranger est le signe qui se passe enfin quelquechose dans ce village perdu qu'est Notre-Dame-de-Lacs : la transformation du magasin de Marie en restaurant pour fins gourmets. On prend goût dans tous les sens du terme. Le troisième chapitre relève encore le niveau cette fois sur le plan dramatique dans les relations tumultueuses entre Marie et Serge puis entre ce dernier et les hommes qui reviennent de la forêt. J'ai ressenti beaucoup d'émotions. Le quatrième opus nous permet de découvrir un peu plus les personnages de Marie et de Serge dans une espèce d'intimité qui leur est propre. Après les révélations viennent le temps des confessions. La magie semble toutefois se rompre légèrement avec en opposition une Marie chialeuse et un Serge vexant mais s'affirmant. Peut-être fallait 'il un point de rupture afin de faire évoluer les personnages plus vrais que nature. La lecture est toujours aussi agréable mais on commence à attendre le dénouement de ce drame campagnard. La cinquième partie est un peu plus surprenante car il marque une véritable rupture. Marie va délaisser son village natal pour partir à la découverte de Montréal. On avait envie que cette frêle femme super gentille puisse avoir enfin la vie qu'elle mérite. Il est dommage cependant de ne pas suivre son point de vue dans cette découverte du monde. On a l'impression qu'elle a passé le flambeau avec Serge et que l'action reste concentrée dans ce village. C'est un peu dommage car cela aurait pu servir le thème de l'opposition entre modernisme de la ville et traditionalisme d'un village. Au sixième livre, on commence à se dire qu'il serait peut-être temps que cette histoire se termine enfin. Cela aurait pu être le cas avec le retour de Marie dans son village natale et des relations avec les habitants qui commencent à se calmer. On s'aperçoit que les villageois peuvent également s'unir pour le bien de la communauté ou pour sauver un des leurs qui en a besoin ce qui relance l'histoire. Je dois également avouer que si on est bien immerger dans un autre monde avec un brin de nostalgie, les dialogues sont tout de même difficiles à comprendre et cela agace forcément un peu. Le septième recueil est celui de la lassitude. On apprend un fait important à la toute dernière case. Le reste ne sera que prétexte à danser le charleston et faire la fête au village. C'est sympathique mais cela tire véritablement en longueur. On aurait aimé que cela se cantonne au projet initial qui prévoyait la parution de 3 tomes. C'est une bd d'atmosphère. Une fois qu'on a compris cela et que l'on a accepté qu'il ne se passe rien, on peut savourer. Cependant, la multiplication des tomes ne fait pas bon ménage avec ce concept. Le huitième fragment intitulé brièvement « les femmes » (après « les hommes » ce qui n’est guère une marque de politesse dans l’ordre de passage) fait un peu retomber la pression du charleston et de la folle échappée de ce village. On suit notre héroïne Marie dans une longue attente avant la délivrance. Cela sera également pour le curé de prendre du recul avant de fixer de nouvelles règles compatibles avec ses aspirations personnelles. Les trois commères du village seront également frappées d’une frénésie à l’utilisation d’un marteau et des clous. Encore une fois, le temps passe au rythme des saisons et il ne se passe rien. Comme dit, une bd d’ambiance, c’est bien sur deux ou trois volumes. Après, on frise l’indigestion. Cela ne se justifie plus. Il serait temps pour l’auteur de passer sur un autre projet. Avec Peter Pan, il nous avait habitués au meilleur. Ce n’est plus vraiment le cas. La dernière mouture de Magasin Général est plus volumineuse qu’à l’accoutumée. On va terminer ce récit dans la joie et la bonne humeur. C’est la délivrance pour Marie qui va bientôt accouché au milieu de cette communauté. L’heure est à l’émancipation pour bon nombre de personnages. Le lecteur aura le sentiment de quitter les lieux de ce village plein de vie. On aura droit à des cartes postales et des photos à la fin de l’ouvrage comme pour rappeler le temps qui passe. C’est avec un pincement au cœur qu’on tournera la dernière page de cette fresque. De l’humanité, de l’humour et de la fantaisie pour une série qui est unique dans le monde de la bd. En conclusion: cela reste de bonne BD, le dessin étant incontestablement le point fort avec de subtils cadrages et un concept véritablement novateur où l'on sent que les auteurs ont pris du plaisir. :) On lit cette chronique d'une mini-société surtout pour ressentir beaucoup d'humanité et revenir vers des choses plus simples et sans doute plus authentiques. Note Dessin : 4.5/5 – Note Scénario : 3.5/5 – Note Globale : 4/5

14/02/2007 (MAJ le 14/11/2014) (modifier)
Par sloane
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
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A l'origine quand j'ai découvert le tome 1 en 2006, mon impression a été de plonger dans un autre monde. Depuis cette impression ne s'est pas démentie. Loisel et Tripp, dans un procédé créatif original et juste parfait, nous ont permis l'évasion en s'attachant à la vie somme toute assez ordinaire d'un village de la belle province dans les années 20. Tout au long de la série nous suivons la vie de quelques habitants emblématiques de ce village. Il y a des acteurs principaux mais la force du récit c'est aussi l'importance qui est donnée aux personnages secondaires. Au fil des différents tomes de cette saga on en vient à vouloir de leurs nouvelles et ils sont présents apportant chacun à leur manière une pierre à l'édifice. Depuis que je l'ai en ma possession cela fait deux ou trois fois que je relis cette histoire par petits bouts. Elle possède un rythme tranquille à mille lieux de notre monde qui en fait une lecture très plaisante. Certains regrettent qu'elle s'éternise trop, sans aller jusque là c'est vrai que toute les bonnes choses ont une fin, aussi j'attends un dernier opus aussi magistral que le reste pour finir en beauté. De la bonne et grande BD. Majoration après lecture du tome 9 (Fin de la série) Et bien voilà, huit années plus tard nous sommes rendus au terme de cette saga villageoise imaginée par Loisel et Tripp. Au bout du compte nous avons là un ensemble fort avec de nombreux personnages que nous avons aimé suivre. Leurs joies, leurs peines, leurs espoirs, les soucis de la vie quotidienne, leurs aspirations dans un pays et à une époque où les choses changeaient pour le pire ou le meilleur. Cette série c'est aussi une ode aux différences, à l'émancipation d'une femme. La qualité première est que les auteurs ne nous assènent pas cela de manière brutale mais plutôt très subtilement, par petites touches. L'ensemble est pour moi d'une cohérence parfaite, sans esbroufe mais rudement efficace. Je sais que je relirai cette série avec grand plaisir; alors oui certains tomes sont sans doute meilleurs que d'autres mais tous ensemble ils réussissent à créer un univers pour lequel les qualificatifs ne manquent pas. Pour toutes ces raisons, ma note s'élève donc.

31/08/2014 (MAJ le 18/10/2014) (modifier)