Amorostasia

Note: 3.56/5
(3.56/5 pour 9 avis)

Tomber amoureux nuit gravement à la santé ! Comme si les relations amoureuses n’étaient pas déjà assez compliquées, une nouvelle épidémie est apparue : l’amorostasie. Vieux couples ou jeunes tourtereaux, les amoureux plongent dans un état catatonique !


Maladies et épidémies Nouveau Futuropolis Paris

À Paris, de nos jours. La première victime a été retrouvée par sa femme de ménage, statufiée, une demande en mariage à la main. Puis, ce fut un jeune couple, s’embrassant dans la rue, figé lui aussi sous la pluie, et un autre, dans une voiture, à un feu rouge… Une vingtaine de victimes, un nombre en constante augmentation. Rapidement, l’information se propage, une nouvelle épidémie sévit à Paris, baptisée l’amorastasie. Rigidité, mutisme, les victimes de cette étrange maladie tombent dans un état cataleptique. La maladie d’amour. Ses victimes n’ont plus besoin d’être nourries : le cœur bat, le sang circule, le cerveau est en activité, tout cela avec une immense lenteur, le métabolisme est au ralenti… Les autorités médicales, en l’absence de remède, ne peuvent que recommander d’éviter toute manifestation intempestive du sentiment amoureux ! Deux mois plus tard, les Parisiens fuient la capital dans une grande panique. Tout le monde est extrêmement nerveux, et la peur, la suspicion et le doute s’installent... Puis le mal se répand aux alentours de Paris. Des mesures drastiques sont prises : interdiction de mixité dans les liens publics, proscription des films, peintures et romans d’amour, les boites de nuit et autres bars sont fermés et il est conseillé au couple de faire chambre à part ! Les femmes ayant déjà contaminé un homme doivent porter un brassard, voire même sont assignées à résidence, chez elles… Le “mal français” s’étend au monde. Le taux de natalité est en chute libre, les divorces en augmentation, la paranoia s’installe de façon durable, le moindre regard est l’objet d’interprétation fantasmatique. Olga Politoff, journaliste enquêtant sur la maladie, le découvre à ses dépends, en paralysant d’amour un de ses collègues, alors même qu’elle et son fiancé ne se sont pas figés… Texte : Editeur.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 22 Août 2013
Statut histoire Une histoire par tome 3 tomes parus
Couverture de la série Amorostasia
Les notes (9)
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10/08/2013 | Alix
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Par Spooky
Note: 4/5
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Depuis qu'il est devenu un auteur complet, Cyril Bonin semble suivre une ligne directrice : explorer les tréfonds de l'âme humaine par le biais de contes intemporels, même si placés dans un cadre contemporain. C'est La Belle Image qui semble avoir ouvert la voie, et celle-ci continue d'être tracée avec cette histoire étrange, où un virus pétrifie celles et ceux qui sont amoureux, ou le deviennent. C'est avant tout un roman graphique, au rythme calme, presque sénatorial, où nous suivons une jeune femme qui doit enquêter sur les évènements mais en est, quelque part, victime. Mais une victime inversée, dans le sens où elle n'est pas elle-même figée, mais où quelqu'un de son entourage l'est, sans qu'elle-même ni son petit ami officiel ne soient affectés. Les sentiments ne peuvent tromper la maladie, et sa vie va s'en trouver chamboulée. Il y a un peu de dialogue intérieur, mais aussi l'intrusion d'un personnage qui va renverser son échelle de valeurs des sentiments. On pensait qu'il ne s'agissait que d'un one-shot, mais le second tome vient ajouter un nouveau chapitre à l'histoire, [SPOILER]avec le réveil inattendu d'Olga.[/SPOILER] Une nouvelle galerie de personnages attachants nous est présentée, leurs histoires sont toutes aussi touchantes que la principale. Par contre la fin de ce second tome m'a moins touché que la première. Il me semble que Cyril Bonin devrait peu-être en rester là, car si le sujet peut se prêter à plusieurs chapitres successifs, la bonne idée de départ risque d'être gâchée si elle est déclinée en plus d'épisodes. C'est virtuellement très poétique, mais la poésie s'exprime avant tout dans le trait de Bonin, ces courbes infinies sur le corps des femmes et cette élégance qui sublime les décors (pourtant assez effacés au profit des personnages) et les situations. Le dessinateur garde son style si particulier, mais cela lui permet d'imprimer une marque unique sur ses récits, qui le sont aussi, uniques. Charmant.

29/08/2013 (MAJ le 03/05/2015) (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
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3.5 Un très bon one-shot. L'idée que les couples qui s'aiment se mettent à se figer est très intéressante et je trouve que l'auteur réussit à exploiter cette idée à merveille. La réaction des gens me semble très crédible. La narration est fluide et j'ai lu l'album sans aucun problème. J'avoue que je ne me suis pas attaché émotionnellement aux personnages et l'histoire d'amour vers la fin est moins intéressante que le reste de l'album, mais heureusement les dernières pages sont tout bonnement excellentes. Le dessin en noir et blanc de Cyril Bonin est très bien maîtrisé quoiqu'il ne fait pas partie de mes dessinateurs préférés.

29/08/2014 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
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J'aime beaucoup les one-shot de Cyril Bonin notamment La Belle Image et L'Homme qui n'existait pas toujours aux Editions Futuropolis. Je dirais "et de trois!" comme un parcours sans faute. L'auteur utilise un brin de fantastique pour broder une histoire qui tient parfaitement debout et qui nous fait réfléchir sur notre condition humaine dans une approche à la fois intimiste et sociétale. Le thème ici exploité sera celui de l'amour. Il est dommage qu'un virus fige à jamais les amoureux alors que la haine se propage dans le monde. Tomber amoureux nuit gravement à la santé comme la cigarette peut-on lire sur la couverture. Cela intrigue d'emblée. On ne sera pas déçu par cette lecture tant le rythme est maintenu.Il y a comme toujours d'excellentes trouvailles. La conclusion de cette histoire m'a grandement séduit au risque de rester figer. Déjà une victime à déplorer...

12/01/2014 (modifier)
Par Pierig
Note: 3/5
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J’apprécie (même beaucoup !) les albums de Cyril Bonin. Mais ici, le charme n’a pas opéré comme de coutume. Cyril décortique le sentiment amoureux en l’assimilant à une maladie. Il ne s’attarde pas sur les causes mais plutôt en épluche les conséquences qui, tout en restant logique, peuvent surprendre ! C’est donc un travail très intéressant qui est proposé. Mais … deux éléments m’ont empêché d’en savourer tout la substance : 1/ le personnage principal, Olga Politoff, m’a laissé indifférent. 2/ le trait de Cyril en nuances de gris ne m’a pas convaincu. La colorisation sublime son trait. En gris, les défauts sont plus visibles. Qu’on s’entende bien, cet album est à découvrir, mais sans doute qu’un prêt en bibliothèque suffirait.

25/11/2013 (modifier)

Trop d’attente peut être ? Cyril Bonin, qui avait l’habitude de me surprendre de manière de plus en plus positive, brise la série. Car si le dessin fait toujours rêver et reste une source de poésie indubitable, le thème cette fois-ci ne coule pas comme un fleuve tranquille. L’idée de base, tout à fait brillante, ne chemine pas pour nous faire voyager. Oui le début part très bien, oui le lecteur se prend immédiatement au jeu. Mais hélas tout cela s’essouffle rapidement devant le manque d’avancée, l’impression de tourner en rond et surtout le manque de vue psychologique de la chose. Car si l’on voit les réactions assez basiques de foule, rien n’est montré ni sur les chercheurs, ni sur les proches, ni sur les autorités. Enfin rien, rien de construit qui sort de la panique de base et de ses réactions de protection primaires du cerveau reptilien, jamais rien sur le limbique ou le neo-cortex pourtant autrement plus intéressants. Alors on tourne et on tourne et le récit finit par être long. Oui long, pour du Bonin qui d’habitude me fait totalement entrer dans son univers merveilleux. Et la fin, voui, certes mais bon, était-ce bien nécessaire d’avoir tant de jolies planches pour en arriver là. Donc bof, pas un bof inintéressant, mais un bof de gâchis et de déception devant une très bonne idée totalement gâchée. Certes il reste le dessin, mais même brillant comme cela reste le cas, il me faut du contenu. Quel dommage…

04/11/2013 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
L'avatar du posteur gruizzli

Je crois que je vais un peu tempérer les ardeurs des autres, mais je ne pense pas que la BD vaille un 4/5. Enfin, pour l'instant. Je vais tenter de la relire bientôt pour me faire clairement mon avis. En fait, j'avoue que deux points m'ont un peu dérangé durant la lecture. Déjà, je n'ai pas été un grand fan du dessin. Si le trait est bon dans le genre, je ne suis pas adepte des "gueules" des personnages. C'est tout bête, mais j'ai eu du mal (comme avec le trait de Tardi en fait). Mais je lui laisse toute ses qualités, et je reconnais qu'il participe à l'ambiance de la BD. Mais je n'ai pas aimé, c'est tout bête. Ensuite, le récit est très bon c'est sur, autant sur l'idée de base qui est très bien exploitée (alors qu'il aurait pu se limiter à des petites facilités), très ancrée dans le monde actuel. Le principe d'une maladie de l'amour comme cela est vraiment bien ressorti dans l'ensemble de la BD. Là où j'ai eu du mal, c'est que le récit ne m'a pas touché plus que ça. Plusieurs situations m'ont paru un peu évidente, la fin m'a semblé très prévisible, plusieurs dialogues m'ont paru certes très bon, mais dans le fond pas novateur dans le genre (entre autre la discussion avec les parents). Après, beaucoup d'idées sont excellentes autour du traitement de la maladie, des moyens mis en place, de l'impact sur la population (ça m'a rappelé le SIDA dans certains cas ...), de l'impact psychologique d'une pétrification que nous n'avons pas demandé ... Bref, j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup d'idées de ce côté là, mais qu'il en manquait pas mal sur le fond de la question amoureuse. Après, je dois reconnaitre que je ne l'ai lu qu'une fois dans un rayon, et j'attends de l'avoir chez moi, de l'avoir relue à nouveau pour dire si ma note changera, mais en attendant, je ne met qu'un 3/5 en précisant que la BD est à mon avis à lire, et qu'elle regorge de bonnes idées. J'aurais voulu aimer, vraiment. Je réessayerais.

14/09/2013 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Fin, intelligent, poétique, romantique... Ce récit touche et nous incite à réfléchir sur le sens de l'amour et de la passion amoureuse. Entre conte fantastique et roman graphique, cette histoire... (... pffffffff, que dire ?) Cette histoire me touche telle la vision d'une gracieuse funambule (Pas sûr que ce soit clair pour vous... qu'importe ! Cela l'est pour moi). A la fois divertissant et nous incitant à réfléchir, touchant par les personnages décrits, bien amené, bien pensé et joliment conclu. Un très bel album !!!!

07/09/2013 (modifier)
Par elveen
Note: 4/5

L’auteur, le sujet et l’éditeur, tout était déjà fait pour titiller ma curiosité et me donner envie de lire ce one shot. Et je n’ai pas été déçue ! L’histoire ne recèle pas vraiment de surprises, mais le sujet : l’Amour, est bien traité, examiné dans son fonctionnement, dans son évolution aussi, et dans sa complexité. Je dois dire que je suis assez bon public là-dessus. ;) Le trait de Cyril Bonin est tout simplement beau. Je ne le qualifierais pas ici de noir et blanc, tellement l’artiste joue sur les nuances de gris. Comme le dit Spooky, il a quelque chose de très poétique. Il s’en dégage beaucoup de douceur, je dirais presque de volupté, qui irradie l’ensemble de l’album. Au final, je me suis sentie enveloppée de tendresse, et j’ai eu envie d’aller retrouver celui que j’aime. Un livre sur l’Amour qui donne envie d’aimer… :)

29/08/2013 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
L'avatar du posteur Alix

Décidément, après Tout sauf l'amour paru en début d’année, on jurerait que Futuropolis a chargé ses auteurs d’analyser et comprendre l’Amour ! Cet album est construit sur une idée rigolote. Une nouvelle maladie fait son apparition : l’amorostasie. Un symptôme unique : toute personne amoureuse se retrouve pétrifiée, en état catatonique. Les conséquences sur les individus mais aussi sur notre société sont fascinantes : méfiance et peur de l’autre, mise en place d’un système de marquage des jeunes femmes (mais pas des hommes) ayant « pétrifié » grâce à un brassard qui en rappellera un autre, conséquences de ce marquage sur le quotidien (difficulté de conserver son emploi, de trouver un logement etc.). Et puis comment réagir si on est en couple et qu’on ne se pétrifie pas ? Bon la réflexion reste légère, et on voit venir la fin grosse comme une maison, mais je dois avouer que je me suis laissé prendre au jeu, et que le message m’a beaucoup plu. Voilà, après L'Homme qui n'existait pas Cyril Bonin continue de s’intéresser à l’âme humaine avec cet album tout à fait recommandable !

10/08/2013 (modifier)