Les derniers avis (32060 avis)

Par herve
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Pawnee
Pawnee

Après avoir relu Frenchman, je me suis plongé dans le dernier ouvrage de Patrick Prugne, "Pawnee". Car s'il est annoncé comme un one shot, cet opus n'est ni plus ni moins que la suite de Frenchman, reprenant la destinée des principaux protagonistes huit ans plus tard. Mais ce qui retient l'attention à première vue, c'est la beauté des planches de Prugne. J'ai pris beaucoup de temps à découvrir cet album, tant les paysages y sont magnifiques (et je ne vous parle pas des doubles pages, ni du cahier graphique imposant que nous offrent les éditions Daniel Maghen) Par rapport à Frenchman, le rythme est plus soutenu et le scénario plus dense, nous amenant parfois des surprises. Peut-être un peu cousu de fil blanc, les dernières pages sont somptueuses, et teintées d'émotion. D'ailleurs, dans un de ses commentaires dans le cahier graphique, Patrick Prugne écrit "je crois bien que je voulais dessiner le silence", eh bien le pari est réussi dans les dernières pages (pages 72 et 73) où tout est dit, presque sans dialogue. Un album à lire mais surtout à relire, en prenant son temps.

08/09/2013 (modifier)
Par herve
Note: 4/5
Couverture de la série Deadline
Deadline

Après le très réussi et remarqué Terra Australis - une de mes meilleures lectures de 2013 -, LF Bollée nous revient avec un western haut en couleurs, illustré par Christian Rossi, à qui l'on doit déjà la série W.E.S.T. Ce qui frappe en premier, c'est évidemment le dessin et les couleurs de Rossi, qui sont tout simplement magnifiques, même si l'option prise par Rossi est telle que les premières pages, inondées de lumières sont parfois déconcertantes et à contrario, certaines scènes se déroulant de nuit ressemblent à de véritables photographies. C'est étonnant, déstabilisant mais cela donne des planches superbes (en outre la mode étant au cahier graphique, on en prend plein la vue dans le supplément proposé). Côté scénario, je m'attendais plus à une histoire sur les camps de prisonniers qu'à cette vengeance que l'on suit sur plusieurs années. Même si le thème de l'homosexualité est assez inédit dans le monde du western, LF Bollée nous le dilue dans l'Histoire des Etats-Unis, celle de la guerre de Sécession, du Ku Klux Klan et de la désolation des Etats du Sud. Un très bel album donc, qui mérite vraiment le détour pour cette rentrée.

08/09/2013 (modifier)
Par Superjé
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Idée fixe du savant Cosinus
L'Idée fixe du savant Cosinus

Après avoir lu un certain nombre de Topffer et Le sapeur Camember (du même Christophe) que j'ai bien aimé, j'attaque une nouvelle BD du XIXème siècle qui est aussi particulièrement réussie. On y suit (contrairement au Sapeur camember) la longue histoire du savant Cosinus qui souhaite voyager autour du monde pour (entre autres) entreprendre une mission colonisatrice mais qui n'arrive, à chaque fois, malheureusement (ou heureusement plutôt) pas à sortir de Paris. L'histoire en plus d'être intéressante, est parsemée de nombreux gags (assez drôles dans l'ensemble), que cela soit dans les caricatures présentes dans chaque personnages, dans le décalage entre le ton sérieux du texte narratif et des vignettes qui nous sont présentées, dans des jeux de mots ou autres calembours ou tout simplement dans la cocasserie véritable de chaque situation. Comme, en plus, je trouve le dessin très esthétique, dans un style pas si loin de ces images d'Epinal si jolies, avec un encrage fin certes mais assez chargé, et qu'on retrouve déjà une grande inventivité dans les codes utilisés qui seront plus tard les canons de la BDs moderne, cette petite BD de plus de 100 ans maintenant est un joyeux régal à lire.

08/09/2013 (modifier)
Couverture de la série Léonard
Léonard

Cette création désopilante du tandem fou Turk/De Groot est comme Iznogoud ou Achille Talon, devenue un must de la série humoristique. Ici, les 2 compères se déchaînent avec encore plus de brio que dans Robin Dubois, en utilisant un ton cartoonesque très Tex Avery, un comique visuel pétaradant et en abusant d'une quantité impressionnante d'anachronismes. Ce qui donne des gags judicieusement étalés sur une planche-gag ou en 2 voire 4 pages, dans un style le plus souvent délirant, aidés par le trait très expressif de Turk qui s'est bien affiné. Pourtant, en utilisant les mêmes recettes à chaque fois, détournées ou ré-adaptées, avec des gimmicks, l'imagination explosive de De Groot fait mouche, on sent que les 2 auteurs sont complètement en osmose sur cette série souvent considérée comme une oeuvre enfantine, alors qu'elle procure autant de joie à un public adulte, j'en sais quelque chose, puisque je l'adore. On a vite compris qu'il s'agit d'une décapante parodie de Léonard de Vinci, où le héros se veut tout aussi créatif que son illustre modèle ; son faire-valoir, le pauvre disciple qui en prend plein la gueule, lui sert à tester ses mirifiques inventions à grand coup d'humour très visuel, dont chaque case est truffée de petits détails savoureux destinés aux lecteurs attentifs. Ce qui est drôle, c'est non seulement la gestuelle de Léonard envers son disciple, mais aussi la création de ses appareils abracadabrants, des machines infernales dont le disciple fait les frais, et des inventions géniales de notre époque comme le chauffage central, qui sont bien-sûr totalement incongrues et inadaptées à ce XVème siècle. On reconnaît là le goût immodéré des auteurs pour les anachronismes, procédé comique fréquemment utilisé dans Robin Dubois qui donnait lieu à des gags d'anthologie. Le logis du génial inventeur est aussi un décor qui fait rire puisqu'il est perpétuellement encombré d'inventions ratées ou inachevées, son atelier est un véritable capharnaüm où traînent une quantité d'outils et de bibelots qui ne servent à rien. A cela s'ajoute le gag dans le gag, avec le chat Raoul (qui subit lui aussi parfois des retombées catastrophiques), une technique déjà habilement employée par Delinx et Godard dans La Jungle en folie (les pies philosophes des bas de pages) et surtout par Gotlib avec sa coccinelle dans Rubrique-à-Brac. Il faut louer l'imagination prolifique des auteurs pour arriver à faire fonctionner une série qui dure depuis 1975, comptant plus de 40 albums comportant à chaque fois dans son titre le mot génie. Alors, si les premiers albums sont en qualité gaguesque ceux qui permettent le plus de se pisser aux culottes, c'est un peu normal sur une telle longévité, et il n'est pas nécessaire d'en acheter plein, 4 ou 5 suffiront pour avoir une approche, mais ne passez pas à côté d'un monument de la BD humoristique.

08/09/2013 (modifier)
Par fab11
Note: 4/5
Couverture de la série Tyler Cross
Tyler Cross

Comme beaucoup d'amateurs de Bd j'apprécie énormément le travail de Fabien Nury. C'est à mon avis l'un des meilleurs scénaristes français (et je ne suis pas le seul à le penser sur la BDtheque ) dans le petit monde de la bd franco-belge. Il n'y a pas une série scénarisée par cet auteur qui m'a déplu , cela est assez surprenant car il a abordé un grand nombre de thèmes. De plus il est associé à nouveau avec Brüno comme ce fut le cas sur le très bon Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle. Cette fois-ci Nury s'attaque au polar pour notre plus grand plaisir . Il nous fait suivre les péripéties d'un tueur lié à la mafia . Celui-ci se retrouve près de la frontière mexicaine , dans une petite ville dirigée par une famille particulière et légèrement violente, avec une cargaison de drogue qui fait des envieux. Le scénario résumé ainsi pourrait vous paraître classique ou bien répétitif, mais détrompez vous car les rebondissements sont nombreux et on n'a donc pas le temps de s'ennuyer avec ce sympathique premier album . L'action est omniprésente et l'humour noir y fait aussi son apparition. Notre héros, personnage froid et violent ferait passer Lucas Torelli alias Torpedo pour un enfant de cœur. Le dessin quant à lui est assez soigné. il est vrai que je ne suis pas un grand fan du style de Brüno , mais par contre je trouve que dans cet album son dessin évolue en bien. Vous verrez que je vais devenir un inconditionnel de ce talentueux dessinateur. Je ne peux pas faire autrement que de conseiller la lecture et l'achat de ce très bel album. Vous ne le regretterez pas.

08/09/2013 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Cap Horn
Cap Horn

Petit coup de coeur pour cette série... Christian Perrissin a fait ses preuves en reprenant les aventures du jeune Barbe-Rouge. Il réitère dans cette série au fort parfum d'embruns et de vents marins aux antipodes. Dans cette région du Cap Horn toujours redoutée des marins, en ce XIXème siècle où de nombreuses nations cohabitent, avec les natifs et d'inquiétants aventuriers. L'histoire a du mal à démarrer, du fait de deux intrigues parallèles, mais au premier tiers de l'album le récit commence à prendre de l'ampleur, se densifie, et il y a un climax dans le tome 3. C'est dense, il y a pas mal de personnages principaux et secondaires, et il faut vraiment s'accrocher pour suivre l'ensemble de l'intrigue. Perrissin mène sa barque de belle façon. Le troisième tome aurait pu clôturer de façon assez satisfaisante la série, mais Christian Perrissin voulait vraiment refermer toutes les intrigues, avec tous les personnages. La conclusion me semble tout à fait satisfaisante, même si un peu longue. Ce n'est d'ailleurs pas la la moindre des originalités de la série, le côté dramatique du tome 3 (presque au sens shakespearien du terme) nous montrant qu'on est dans un cadre géopolitique réaliste et hostile ; en ce sens "Cap Horn" vaut largement la lecture. Cette jolie série nous permet d'admirer le trait élégant de Riboldi, dans la grande tradition des BD d'aventure "classiques" (Barbe-Rouge, justement...). Malgré des couleurs un peu trop sombres, et des techniciens differents a chaque album ou presque, le graphisme fait preuve d'une belle maturité, d'un sens du mouvement assez bluffant et d'un grand souci du détail. Il faut dire qu'Enea Riboldi est un spécialiste des coques de noix, et cela se sent au fil des pages, traversées par le souffle de l'aventure avec un grand A. À lire.

18/11/2005 (MAJ le 07/09/2013) (modifier)
Couverture de la série Amorostasia
Amorostasia

Fin, intelligent, poétique, romantique... Ce récit touche et nous incite à réfléchir sur le sens de l'amour et de la passion amoureuse. Entre conte fantastique et roman graphique, cette histoire... (... pffffffff, que dire ?) Cette histoire me touche telle la vision d'une gracieuse funambule (Pas sûr que ce soit clair pour vous... qu'importe ! Cela l'est pour moi). A la fois divertissant et nous incitant à réfléchir, touchant par les personnages décrits, bien amené, bien pensé et joliment conclu. Un très bel album !!!!

07/09/2013 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Imbroglio
Imbroglio

Roh, Trondheim est décidément un véritable génie. Chaque fois que je lis quelque chose de lui, je suis surpris. Cette collection me plait beaucoup, à petit prix mais aussi à petites histoires et à petit format, obligeant les auteurs à des format peu courant dans la narration et les cadrages. C'est une bonne idée de base. Et là, Trondheim nous embarque dans une histoire dont il à le secret, à rebondissement multiple qui vont nous entrainer dans toutes les directions sans qu'on ne puisse rien prévoir. Les coups de théâtre se succèdent comme la fin d'un film policier, mais chacun étant totalement imprévisible. Le tout à un rythme rapide, enchainant les idées invraisemblable et rocambolesque jusqu'à une fin qui vous surprend totalement. Et qui plus est, elle est incroyablement drôle ! Donc, en résumé, cette BD est courte, peu chère, pratique car elle se range partout, drôle et imprévisible, agréable à lire ET à relire ... Que manque-t-il ? Rien ? Alors lisez-là, c'est mon conseil. En tout cas j'ai passé un agréable moment avec elle.

06/09/2013 (modifier)
Couverture de la série Blacksad
Blacksad

Il faut se méfier avec ce genre de Bd surcotées, les éloges sont souvent excessifs et peuvent masquer des trucs qu'on ne veut pas voir parce que tout le monde dit que c'est génial. Bon, il semble qu'avec "Blacksad", le risque est minime, c'est vrai que c'est de la grande BD. Les auteurs ont appliqué la même méthode que dans les anciennes bandes animalières : rien de tel que les animaux pour dépeindre les turpitudes humaines. Avec ce polar animalier, Guarnido et Canalès créent une association fort réussie du polar et de la BD animalière dans l'Amérique des années 50. Ce type de bande n'est pas nouveau, on se souvient du Canardo de Benoît Sokal, dans les années 80. Mais ici, ce polar qui utilise des animaux humanisés en empruntant aux codes des grands classiques du film noir américain, va plus loin que Canardo et adopte un ton différent d'abord par sa virtuosité graphique éblouissante, et ensuite par son ambiance ; en effet, là où Canardo explorait un univers noir français un peu dans le style d'Albert Simonin, "Blacksad" adopte un ton beaucoup plus dur que dans d'autres polars comme Harry Chase ou Le Privé d'Hollywood qui étaient du "hard-boiled" rappelant la mythologie chandlerienne ou celle d'Hammett ; ici, on est dans le "heavy" plus proche du Mike Hammer de Mickey Spillane. Les décors imposants de rues et d'immeubles, le découpage très cinématographique, les cadrages audacieux, les couleurs et l'éclairage sont sources d'atmosphère et contribuent à créer une ambiance particulière qui est bien plus importante que les enquêtes en elles-même. Ceci est renforcé par le réalisme stupéfiant des animaux, dont l'espèce reflète le caractère des personnages qu'ils incarnent. Rares sont les Bd animalières où les protagonistes paraissent aussi expressifs et vivants, surtout pour décrire la noirceur ou la grandeur de la psychologie humaine révélée par les excellents scénarios de Canalès. Mais ce que le lecteur voit en premier, c'est le talent graphique de Guarnido, qui travaille lentement, occupé par d'autres activités, et se fait ainsi désirer ; depuis 2005, les fans bavaient d'impatience en attendant fébrilement le tome 4 sorti en septembre 2010 : 5 ans, c'est long, et ça montre bien à quel point la série qui n'a encore à ce jour que 4 albums à son actif, est parvenu au pinacle ; dès ses débuts en 2000, elle a connu le succès, et 3 albums seulement auront suffi pour en faire un véritable phénomène d'édition chez Dargaud, en se hissant au rang de nouveau classique. Une lecture indispensable.

06/09/2013 (modifier)
Couverture de la série Giacomo C.
Giacomo C.

Scénariste prolifique à l'aise dans tous les genres, Jean Dufaux entraîne le lecteur dans le cadre enchanteur de la Venise du XVIIIème. Il trouve en Griffo un partenaire idéal, dont le trait élégant aux couleurs flamboyantes, bien documenté sur les décors et les moeurs de la cité des Doges, retranscrit bien cette atmosphère d'insouciance, de vie festive, de libertinage et d'intrigues tortueuses. Le palais des Doges est à ce titre, superbement reconstitué, et au fur et à mesure des albums, le dessin de Griffo s'affinera considérablement. Les auteurs font évoluer leur héros, ce Giacomo, double imaginaire de Casanova, dans une ambiance raffinée et décadente, affichant son pouvoir de séduction, parfois un peu trop appuyé. C'est un être cynique, profiteur, qui se fait tour à tour criminel ou policier, escroc de charme et amant volage, mais qui joue un jeu dangereux, en louvoyant entre nobles, police secrète et brigands ; il se retrouve au coeur de sombres machinations, où il se fait aider par son fidèle valet Parmeno, habile complice de ses jeux fripons ou de ses pièges pour duper de riches bourgeois. C'est d'ailleurs par le chantage que débute cette série, lorsque Giacomo est obligé d'utiliser ses talents d'indicateur, c'est un récit quasi policier, basé sur une enquête ténébreuse. Par la suite, la série évolue vers plus de mystère et de fantaisie, à l'image du théâtre de Goldoni et de la musique de Vivaldi ; l'action progresse assez lentement et prend son temps, les récits en forme de diptyque permettant ce luxe, et Griffo réussit aussi de savoureuses scènes à l'érotisme sophistiqué, c'est ce qu'on s'attend à voir dans une série de ce type qui me fait beaucoup penser à une série similaire, Les Suites Vénitiennes de Warnauts et Raives. J'aime assez cette époque vénitienne, suffisamment pour avoir lu les véritables Mémoires de Casanova, mais cette Bd ne me passionne pas assez pour lui attribuer la note suprême, du moins elle ne me passionne pas comme d'autres séries Vécu ont pu le faire, telles Les 7 vies de l'épervier, Les Aigles décapitées, Dampierre, Quetzalcoatl ou Les Sanguinaires.... cependant, ma note est généreuse pour la qualité du dessin et la représentation très juste de la Venise du Siècle des Lumières.

06/09/2013 (modifier)