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L'Idée fixe du savant Cosinus

Note: 3.8/5
(3.8/5 pour 5 avis)

L'histoire d'un homme qui veut sortir d'une ville... et qui n'y parvient jamais.


1872 - 1899 : de la IIIe république à la fin du XIXe siècle Les Losers Les Pionniers de la BD

Cosinus ?... c'est un savant. Mais un curieux personnage quand même ; une sorte de professeur Tournesol bien avant la lettre. Car Cosinus est quelqu'un de profondément distrait, quelqu'un qui peut confondre -et sans s'en rendre compte- le bureau où il travaille et un cabinet dentaire... Cosinus travaille à Paris. Et, un beau (?) jour, une idée germe dans son esprit : sortir de cette ville ! Et c'est ce qu'il va essayer de faire... ce par tous les moyens... Malheureusement pour lui, sa distraction va l'emporter sur sa volonté et son bon sens ; et toutes ses tentatives "d'évasion" -souvent rocambolesques- vont se trouver vouées à l'échec...

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 1899
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série L'Idée fixe du savant Cosinus © Armand Colin 1899

25/11/2007 | L'Ymagier
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L'avatar du posteur Noirdésir

Malgré les réserves que je vais signaler plus loin, je dois dire que je suis sorti de ma lecture avec l’envie de lire les autres productions de cet auteur. En effet, voilà un ancêtre qui ne fait pas son âge ! Christophe développe son intrigue en une suite de courtes histoires (de six cases à chaque fois) qui forment une histoire complète. Cela lui permet de présenter au fur et à mesure les protagonistes (dont le voisin, un dentiste, dont Cosinus va involontairement pourrir la vie), et d’enchainer sur les mésaventures de cet ahuri de Brioché, alias Cosinus (proche par certains aspect de monsieur Hulot, du professeur Tournesol ou de certains personnages d'Harold Lloyd). Christophe use d’un humour mêlant le noir, le décalé, l’ironie ou le second, voire troisième degré parfois. C’est-à-dire qu’il est plus que moderne (rappelons que cela date de la fin du XIXème siècle !). Dès le début, j’ai bien aimé le ton, avec des titres et des commentaires qui, par leur côté exagéré et/ou décalé, complètent, enrichissent et surtout dynamisent l’histoire. Alors, certes, les commentaires sis sous les cases (aucune bulle, tout est au style indirect) sont souvent un peu trop longs. Et l’humour – vraiment très bon pour l’époque, et passant quand même bien je trouve pour aujourd’hui, même s’il faut de l’indulgence et ne pas tout lire d’un coup, aurait gagné à être plus percutant, plus noir (mais là c’est sans doute affaire de goût). En tout cas, ces strips soutiennent clairement la comparaison avec pas mal d’autres, produits depuis plus d’un siècle. Je vous encourage à jeter un œil sur cet album, et je vais de ce pas m’intéresser aux autres productions de Christophe. Je regrette juste que l’éditeur n’ait pas eu l’idée de placer une introduction, un dossier éclairant et mettant en perspective le travail de Christophe (comme le feront plus tard avec d’autres très vieilles séries Futuropolis et Horay). J’ai lu l’édition de 1961, et je pense que la suivante, au format à l’italienne, est plus adapté (et peut-être que là un dossier a été ajouté ?). Mais tout amateur de l’histoire du neuvième art se doit de connaître cet « ancêtre ».

05/07/2018 (modifier)
Par Superjé
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

Après avoir lu un certain nombre de Topffer et Le sapeur Camember (du même Christophe) que j'ai bien aimé, j'attaque une nouvelle BD du XIXème siècle qui est aussi particulièrement réussie. On y suit (contrairement au Sapeur camember) la longue histoire du savant Cosinus qui souhaite voyager autour du monde pour (entre autres) entreprendre une mission colonisatrice mais qui n'arrive, à chaque fois, malheureusement (ou heureusement plutôt) pas à sortir de Paris. L'histoire en plus d'être intéressante, est parsemée de nombreux gags (assez drôles dans l'ensemble), que cela soit dans les caricatures présentes dans chaque personnages, dans le décalage entre le ton sérieux du texte narratif et des vignettes qui nous sont présentées, dans des jeux de mots ou autres calembours ou tout simplement dans la cocasserie véritable de chaque situation. Comme, en plus, je trouve le dessin très esthétique, dans un style pas si loin de ces images d'Epinal si jolies, avec un encrage fin certes mais assez chargé, et qu'on retrouve déjà une grande inventivité dans les codes utilisés qui seront plus tard les canons de la BDs moderne, cette petite BD de plus de 100 ans maintenant est un joyeux régal à lire.

08/09/2013 (modifier)
Par Chéreau
Note: 5/5

Allez, une fois n'est pas coutume. Je rajoute un "culte". Cette excellente histoire de la préhistoire de la BD mérite bien les cinq étoiles. Précurseur d'Hippolyte Calys, Tournesol, Champignac ou Géo Trouvetou, le savant Cosinus décide un jour de partir faire le tour du monde pour imiter son cousin Fenouillard. Le pauvre homme, aussi étourdi que malchanceux, ne parviendra jamais à sortir de Paris... Plusieurs scènes mémorables me reviennent en mémoire : celle, au début du livre, où il doit accompagner des amies au spectacle mais décide de finir un calcul au tableau noir. Il s'agace à chaque fois qu'elles lui rappellent qu'il faut partir et finit par leur dire d'y aller sans lui. "Vous n'aurez pas atteint le Pont-Neuf que je vous aurai rattrapées !". Ce qu'elles font. A leur retour du spectacle, trois heures plus tard, elles retrouvent un Cosinus débraillé, ayant posé veste et cravate, les cheveux pleins de craie, qui leur hurle "Puisque je vous dis d'y aller sans moi ! Vous n'aurez pas atteint le Pont-Neuf..." Autre scène fameuse : le véhicule révolutionnaire qu'invente Cosinus, qui rassemble toutes les formes de propulsion alors connues : l'anémélectropédalicouventombrosoparacloucycle. Oui, je l'ai appris par coeur et je m'en souviens encore... Dernier gag qui me revient : celui, récurrent, du paisible Dr Hilaire (Max), dentiste de son état, qui sera la victime involontaire de la plupart des trouvailles de Cosinus et finira fou. Sans doute la meilleure des quatre séries de Christophe, devant, dans l'ordre, le Sapeur Camember, La Famille Fenouillard et Les Malices de Plick et Plock.

16/09/2012 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

C'est la première BD de Christophe que je lis, et ma seconde BD datant du 19e siècle après la très bonne surprise que fut pour moi l'album de Töpffer, Monsieur Jabot et autres histoires. Malgré ma curiosité, j'étais un peu réticent à entamer L'Idée fixe du savant Cosinus car je craignais d'y trouver davantage du texte illustré qu'une vraie BD. Ce genre de récit à la Bécassine m'est assez indigeste. Mais j'ai été agréablement satisfait. C'est une vraie BD au sens où évidemment le récit est séquentiel mais surtout le texte est indissociable de l'image. L'un répond à l'autre et ils apportent chacun leur part d'informations au récit. L'humour se trouve à plusieurs niveaux. D'une part, il y a le texte qui est très bien écrit, empli de petits clins d'oeil et de jeux de mots. D'autre part, il y a l'image qui tourne bien souvent les personnages en ridicule et ajoutent quelques touches humoristiques purement visuelles. Et enfin il y le rapport de l'un à l'autre, le décalage voulu et ironique entre texte et image ou encore les quelques images qui montrent clairement la catastrophe à venir quand le texte semble l'ignorer. Cela n'a pas tellement vieilli et j'avoue avoir ri à plusieurs occasions. D'autant plus que le dessin n'est pas moche du tout. Tout cela manque un peu de rythme et d'originalité pour un lecteur moderne et s'avèrera un peu répétitif au long de l'album entier, mais c'est une bonne lecture qui montre les qualités de la bande dessinée française des tous débuts.

08/03/2010 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 3/5

Quel scénario, hein ?.. d'une très grande simplicité. Mais quelle "simplicité" !... un gars veut sortir d'une ville... et n'y parvient jamais. Je crois que Charlot ou Jacques Tati auraient fait de ce postulat de fabuleux films humoristiques !... De la loufoquerie, il y en a dans ces histoires -simples à vrai dire- qui vont être émaillées de gags et de non sens. Bon, c'est vrai, ça a quasi 115 ans et cet humour d'alors ne tirerait même pas un sourire à un nain de jardin MAIS, à l'époque, ça a marché. Au gré de la parution des planches le lectorat d'alors (celui du "Petit Français Illustré") prenait grand plaisir à s'esbaudir de ces fredaines dont était victime un personnage qui n'était pas "du peuple". Cosinus ?... c'est dès 1893 qu'il paraît dans le journal "Le Petit Français Illustré". Les lecteurs découvrent alors la "Vie et mésaventures du savant Cosinus". Les planches dominicales seront réunies et feront l'objet d'un tome qui paraîtra chez l'éditeur Armand Colin en 1899. Le titre en est "L’idée fixe du savant Cosinus", plus approprié d'ailleurs. Le dessin ?... il s'agit de BD narrative ; le texte en dessous des images racontant la ou les actions des personnages. Assez curieux d'ailleurs, à y bien regarder... On dirait les prémices d'une sorte de langage cinématographique, lequel n'existe pas à l'époque. En effet, certaines planches "offrent" une sorte de travail graphique sur des plans d'ensemble, des travellings, la profondeur de champ, du montage alterné. Cette façon de dessiner se fera d'ailleurs de manière plus révélatrice dans la série La Famille Fenouillard. Alors, le savant Cosinus ?... (que certains ont confondu avec le "Professeur Nimbus"). C'est vrai, j'ai eu un peu de mal à me faire à cet humour simple, "bon enfant", qui traite plus du comique de situation que du personnage. Mais la BD actuelle ne serait peut-être pas ce qu'elle est actuellement s'il n'y avait eu ces "pionniers" pour vous la faire connaître. L'album : je n'en possède pas (merci pour le prêt). L'éditeur originel a réédité l'édition originale en 1970, format à l'italienne. J'ai relevé une nouvelle réédition en 1990 -même éditeur et format- "ornée" d'une très belle couverture. Sur ma liste d'achats futurs.

25/11/2007 (modifier)