Bon, je ne vais pas mettre le cinq, mais la BD n'est pas très loin. Disons un 4.5 arrondi !
C'est vraiment une BD dans le pur jus roman graphique, mais avec une petite pointe historique qui n'est pas pour me déplaire. Le récit est déjà servi par un sublime dessin, le genre qui vous donne envie de regarder à nouveau toute la BD juste pour admirer les cases (et un peu l'héroïne, hein, faut bien l'avouer ...) et contempler les superbes cases toutes en couleurs ... Un vrai régal, qui ajoute beaucoup de charme.
En plus, nous avons des personnages bien sympathiques, pas développés en profondeur de manière incroyable, mais très sympathique, qui donnent envie de les connaitre. Julien et son côté un peu bougon, ses petites folies et son voyeurisme, sa tante, Cécile (l'auteur à vraiment fait un bon travail côté dessin !), et même les différentes personnes du village, dans ce petit hameau où il ne se passe pas vraiment grand chose.
Malgré la guerre, qui est loin, malgré les allemands, qu'on voit peu, malgré la résistance, qui est secrète, malgré les colabos, qui ne sont pas aimés ... C'est toute une petite vie en place, entre personnes qui s'apprécient et non, les tensions habituelles d'un village quoi. J'y ai retrouvé le charme de celui dans lequel je suis né, avec ses conflits nombreux et souvent autour de broutilles. C'est un charme tout simple, mais sympathique.
Ajouté à ce charme indéniable des dessins et de l'ambiance, nous avons l'histoire. Une histoire vraiment agréable, avec plein de petits charmes, des moments un peu plus forts, mais dans le ton du dessin et de l'ambiance. Je l'ai suivi sans trop savoir vers quoi l'ensemble débouchera, mais je n'ai pas non plus beaucoup cherché à savoir. J'ai suivi agréablement le cours de la vie du village, et j'ai eu mon lot de surprises sur la fin.
En fait, la BD dégage un charme indéniable, qui m'a ravi lors de ma lecture et de ma relecture. J'ai aimé, tout simplement, les différentes facettes de la BD. Mais .... Mais je n'ai pas mis le cinq car il manque un tout petit poil de je ne sais quoi, la dernière touche qui m'aurait fait mettre le maximum. Finalement je laisse au 4, mais c'est un peu plus. 4 1/3 quoi. On est proche du chef-d’œuvre là. Et j'ai beaucoup aimé l'explication du titre que l'on ne comprend qu'à la fin !
J’ai récemment découvert l’œuvre de Pierre Mac Orlan en lisant son très beau roman "L’ancre de miséricorde", et était curieux de découvrir ce que Riff Reb’s avait pu faire en bande dessinée avec l’univers de cet auteur.
Au passage, Riff Reb’s, dont c’est le premier album que je lis, voilà bien un pseudonyme qui évoque pour moi un frère de la côte, allez savoir pourquoi…
J’ai bien aimé cette histoire et son traitement. Je ne sais ce qu’il a modifié en adaptant le roman d’origine (que je n’ai pas lu), mais cet album est une réussite.
Le dessin d’abord m’a plu, la colorisation aussi. Quant à l’intrigue, mêlant aventures picaresques et dérives plus ou moins oniriques, elle est prenante et nous mène du début à la fin assez vite, on ne la lâche pas.
Une bonne BD d’aventure, donc, mais pas seulement. Une bonne lecture en tout cas, que je vous recommande.
Note réelle 3,5/5.
Ces gags sont l'envers de ceux de Gaston Lagaffe, le côté obscur, la face cachée de l'humour joyeux coutumier d'un grand auteur qui bascule ici dans une noirceur désespérée mais férocement drôle. Cette série de courtes saynètes réalisée en noir et blanc s'attaque aux grands thèmes de la société et dresse un portrait sombre et cruel de l'humanité, où la mort est mise en scène sous différentes facettes avec une fatalité implacable et une frénésie rare, et où Franquin déploie toute la vigueur de son talent graphique.
En effet, le dessin qui s'apparente souvent aux ombres chinoises est plus difficile qu'il n'en a l'air. Indéniablement, ce cynisme très très noir et parfois dérangeant, rejoint par endroits certains dessins de Serres, et provoque un rire amer et crispé chez le lecteur qui s'interroge. Tout réside dans la chute, amenée à chaque fois avec un brio diabolique. Et le plus étonnant, c'est que cet humour fonctionne encore après tant d'années ; au vu des nombreux avis émanant de posteurs situés dans une tranche d'âge variée, mais plus jeunes que ma génération, ces gags sont donc encore très actuels.
Initialement présentée dans le Trombone illustré en 1977, supplément encarté dans le journal Spirou, la série après 30 numéros, se poursuit dans Fluide Glacial, mieux adapté à ce type d'humour jusqu'en 1983. L'intégrale présentée ici réunit les 2 albums parus en 1981 et 1984.
Si on n'a pas peur d'attraper le cafard, c'est une lecture indispensable.
Cette création de Yann et Berthet est une série qui m'a vraiment emballé parce qu'elle m'a rappelé toute une époque que j'ai beaucoup vue et aimée dans de vieux films hollywoodiens. Mon préféré est surtout le cycle 1 des 3 premiers albums.
C'est un subtil mélange de sensualité et d'aventure teintée d'humour, où le lecteur a l'impression d'être devant un écran en cinemascope à la grande époque du Hollywood glamour. La re-création d'époque, que ce soit les années 40 ou 50 est tout à fait réussie et a fait l'objet d'une savante documentation, parvenant ainsi à donner une véritable ambiance envoûtante. C'est l'Amérique éternelle, conquérante, où se mêlent fiction et faits historiques, à une époque où les G.I.'s, les pin-up, les stars et les espions étaient rois. C'est bourré de références, allusions et clins d'oeil qui peuvent échapper aux nouvelles générations, mais franchement jouissifs pour ceux qui connaissent bien cette mythologie américaine fascinante.
Dottie, la brune héroïne vraiment craquante, évoque les actrices glamour des années 40 et 50 comme Rita Hayworth, Lana Turner ou Gene Tierney, et traverse ces aventures durant la Seconde guerre mondiale, puis la guerre froide, en approchant le monde du jeu de Las Vegas, la mafia, l'univers du cinéma...et en croisant Sinatra, Howard Hughes ou Hugh Hefner. Yann décrit avec brio dans cette série les grandes heures de l'Amérique d'après-guerre, où le trait de Berthet se fait beaucoup plus fin et sensuel que dans Le Privé d'Hollywood. Le seul détail qui peut gêner, c'est Dottie qui traverse une période de 30 ans sans vieillir, ça reste un mystère.
Sinon, c'est une Bd passionnante au charme délicieusement rétro.
Je n’ai que rarement lu d’œuvre aussi contestataire, riche et bien menée dans le petit monde de la bande dessinée et du manga. Cette série sonne comme un cri du cœur de Motorô Mase destiné à ses compatriotes pour les pousser à réagir, à prendre leur destin en main et à lutter contre toute atteinte à la liberté et de faire très attention aux dérives totalitaires. En cela le message porté dans Ikigami est transposable dans n’importe quelle société bien que l’histoire soit ancrée dans le cadre et la culture japonaise.
Dès les 40 premières pages on est complètement plongé dans cette dictature de la joie et la bonne humeur qui flirte bon avec « Le meilleur des mondes » d’Aldous Huxley où le bonheur est imposé sous peine d’être considéré comme un « dégénéré ». L’auteur a très bien compris les techniques de manipulation des masses utilisées par ces régimes dictatoriaux qui s’approprient les mots, les détournent de leur vrai sens pour endoctriner (ici la doctrine "kokuhan") les humains. Ainsi on parle de la journée de « vaccination de prospérité nationale » pour ce jour de rentrée des classes en CP où les enfants reçoivent leur billet de loterie qui déterminera s’ils vont crever ou non plus tard. Le bonheur est imposé de force par la peur.
Une idéologie imposée et obligatoire où cet enseignant annonce que les éléments les plus « séditieux » seront éliminés. Là, on flirt avec « Les monades urbaines » de Robert Silverberg.
On pourrait évidemment se dire que cette idée de départ de tuer au hasard des gens pour leur apprendre "la valeur de la vie" est complètement tordue et qu’il est improbable que cette idée soit appliquée un jour dans notre réalité. Oui et non.
Non parce que je signale que durant la seconde guerre mondiale le régime nazi a assassiné des millions de juifs et de tziganes, pour quoi ? Pour des idées. Un monde meilleur tout ça… Les idées peuvent tuer ! (lire la postface du tome 1 sur l'administration où chacun fait son boulot de sorte qu'on envoie des gens à la mort sans être "responsable" directement.)
Et oui aussi car l’histoire est tout aussi saugrenue que dans un « Battle Royal » mais à la limite on s’en fout car ce n’est pas le propos. Il faut OUBLIER LE PITCH DE DEPART car l’auteur veut nous amener sur une réflexion plus profonde. Evidemment que c’est aussi débile qu’un « Battle Royal » mais ce sont toutes les petites piques de l’auteur qu’il faut repérer et analyser.
Mase nous livre une critique acide sur la machine étatique et ses fonctionnaires qui broient des gens pour des concepts absurdes. La loi de prospérité nationale est mise en place pour faire comprendre aux citoyens l’importance de la vie qui ne doit pas être méprisée. A l’origine la loi a été votée pour repousser la criminalité, la délinquance et mettre fin aux guerres nous dit-on. Mais les chiffres parlent d’eux-mêmes, si la criminalité n’augmente pas elle ne diminue pas pour autant. Alors pourquoi continuer ?
Là encore, grosse attaque de l’auteur sur le manque de mobilisation des gens qui maintiennent le statu quo, incapables de prendre en mains leur destinée, de dire non, de se rebeller contre le système. Il s’en prend aussi bien aux jeunes qu’aux vieux. Les plus anciens qui ont laissé tomber le combat pour se conformer au système et les plus jeunes qu’il compare à des zombies. On le voit dans cette conversation entre Fujimoto (le personnage principal) et son boss Ichii qui en bon rouage de la machine (extrêmement bien huilée), est bien content que de nos jours les jeunes ne soient plus préoccupés par ce genre de choses et aient définitivement baissé les bras.
Pour en revenir à la série en elle-même, le découpage est excellent et l’histoire parfaitement rythmée de bout en bout (de grosses révélations jusqu’à la toute fin pour les plus sceptiques) où on suivra Fujimoto, le fonctionnaire de la mort, le rouage, celui qui délivre l’Ikigami le préavis de mort aux personnes à qui il ne reste plus que 24 heures à vivre. Fujimoto est un personnage controversé, il pense que la loi n’est peut être pas si juste qu’on veut bien le dire mais il ne peut partager ses impressions sous peine d’être un traître à la nation. Suspicions de la hiérarchie, interrogatoires, la gestapo n’a même pas confiance en son personnel.
En parallèle on suit les dernières heures de ces condamnés à mort « pour la nation », ces « héros ». C’est dans ces histoires qu’on trouve le meilleur de la série je trouve. Des récits qui ne sont jamais les mêmes, toujours dans le vrais, l’auteur n’épargne personne et ne s’autocensure pas. Qu’est-ce que vous feriez s’il vous rester 24h à vivre ? L’auteur brosse plusieurs portraits qui vous feront couler des larmes si vous avez un cœur d’artichaut. Et si vous avez un cœur de pierre vous penserez quand même que l’auteur est dans le juste. La première est la plus choquante mais réaliste avec cet ancien lycéen tête de turc qui va faire payer ceux qui lui ont pourri la vie, et alors qu’il commençait à peine à se remettre il reçoit l’Ikigami. Terrible leçon : l’Ikigami est cynique et frappe n’importe qui, le fort comme le faible, il n’y a pas de justice.
Il y a aussi beaucoup d’histoires émouvantes comme celle au dénouement shakespearien dans le tome 2 « la drogue d’amour pur ». Des histoires qui poussent à la révolte, « sous la peinture une âme » (tome 5) ou le dernier message contestataire d’un artiste tagueur. Une histoire avec un jeune fêlé fasciste qui prend son rôle de vierge à sacrifier sur l’autel de la patrie très à cœur. Freud aurait 2 ou 3 truc à redire sur son cas.
Bref, des histoires qui ne se ressemblent pas et jamais répétitives ou lassantes. C’est passionnant de bout en bout. Trop de choses à dire…
Un petit mot sur le dessin quand même que je trouve excellent. Les émotions sont très bien retranscrites sur les visages. L’auteur sait parfaitement adapter son dessin à l’ambiance du récit. Dès les premières pages du tome 1 quand la directrice d’école fait son discours de rentrée, elle passe du coq à l’âne : on a des grands sourires et on souhaite une joyeuse année à tous les bambins puis subitement, fond sombre, faciès froid, regard mort : « Parmi vous, certains mourront avant l’âge adulte »… ambiance tendue, regards baissés, ça déconne plus.
Une série courte pour conclure (10 tomes), rythmée et qui se tient du début à la fin. Et un vrai et puissant message de l’auteur qui invite à ne jamais se reposer sur ses acquis, rechercher la justice et la désobéissance civile est un devoir lorsque les gouvernements bafouent les droits et la vie de ses citoyens. Oui, un appel à la résistance en résumé. Ce n’est pas pour rien s’il ne retranscrit pas la série dans un futur idéalisé à la « Minority Report » mais à notre époque contemporaine.
Il FAUT lire Ikigami.
Voilà un bien bel album dans la lignée habituelle de la collection Ecritures de Casterman. Ce récit décrit le retour au pays de 3 soldats américains après la guerre en Irak. Alors qu'aux yeux de tous ils sont des héros, les sentiments qui les habitent sont tout autres. Syndrome de stress post traumatique cela s'appelle.
Les difficultés pour retrouver une vie normale sont nombreuses. Mais surtout il est impossible pour ses 3 hommes d'oublier. Les hallucinations et les cauchemars font maintenant partie de leur quotidien. Les images de la guerre les hantent. Il faut vivre avec cela. Pourtant il est trop dur, voire impossible, d'en discuter avec leur famille et une fracture se crée peu à peu.
Ce livre met en lumière ces sentiments et ces difficultés. L'auteur fait très bien passer les émotions au lecteur que ce soit à travers un dessin expressif ou une narration judicieuse. Plus on avance et plus on sent arriver la cassure. Plus on comprend le malaise de ces 3 hommes. Chacun à sa manière essaye de vivre avec cela, chacun va réagir et évoluer d'une manière différente. En tout cas, cela ne sera simple pour personne, ni pour eux, ni pour leur famille.
Cet album contient tout ça et le raconte avec une certaine émotion. J'aime bien ce genre de récit auquel on repense une fois l'album terminé et qui sans être forcément trop marquant, alimente quand même régulièrement et agréablement l'esprit.
Je reprends complètement mon avis (écrit à l'époque de la sortie du premier tome en France) maintenant que j'ai lu l'intégralité de la série.
Malgré un démarrage un peu laborieux dans les tous premiers tomes, je suis complètement tombé sous le charme par la suite. C'est fou de penser qu'Adachi était déjà aussi au point au niveau de ses histoires, de son dessin et de sa narration pour cette série qui était pourtant l'une de ses premières.
On est placé dans un contexte qu'Adachi maîtrise et a parcouru en long, en large et en travers dans ses différentes oeuvres. Sport, romance et personnages peu loquaces mais rapidement attachants. Quand j'ai entamé Touch, j'y voyais un mélange de 2 autres séries plus récentes du même auteur : Rough (pour l'ambiance sportive) et Katsu (pour la romance complexe et le jeune homme qui se découvre un talent sportif).
La trame de départ met en scène 3 personnages : 2 frères jumeaux et leur amie d'enfance. Les 2 frères se révèlent amoureux de la fille mais, à première vue du moins, l'un des deux a un net avantage sur l'autre. En effet, Kazuya est le gendre idéal, très propre sur lui, sérieux, et surtout incroyablement doué pour le base-ball qui est l'une des passions de la belle Minami. A l'inverse, Tatsuya fuit toute responsabilité, joue les flemmards et s'efface volontairement derrière son frère. Mais ça ne le rend pas moins charmant et surtout aussi doué que son frère s'il le désire.
Pendant plusieurs tomes, ce triangle amoureux et sportif va créer nombre de situations cocasses et pleines de tendresse. Quand on s'y est habitué, l'humour pince-sans-rire d'Adachi est franchement drôle. Bien amenés, originaux, les gags m'ont souvent fait rire. Mais ils ne sont qu'un des ingrédients de l'oeuvre qui met aussi en avant la compétition sportive et l'amour. Et aussi bien pour l'un que pour l'autre, le récit est vraiment très bon, mature, imprévisible et agréable.
Le récit change brutalement avec le drame du tome 7. Par la suite, le récit gagne en émotion ce qu'il perd un peu en humour. Les gags restent mais se font moins présents au profit d'un engagement sportif et émotionnel plus complexe et intense.
Le dessin est celui d'Adachi. Pour l'apprécier, il ne faut pas craindre de voir des personnages assez ressemblants les uns aux autres et des visages aux expressions assez neutres quelque soit la situation. Son style n'était pas encore aussi maitrisé que dans ses mangas récents, mais moi j'apprécie bien, même si différencier Tat-Chan et Kat-Chan m'a été bien difficile dans les premières pages (normal, ils sont jumeaux).
Une fois habitué à son style, je trouve sa narration graphique vraiment excellente, notamment dans les moments de silence, de surprise ou d'incompréhension, une narration qui fait ressortir l'originalité et l'humour si particulier des récits d'Adachi.
Beaucoup de psychologie et d'études de relations entre les personnes donc dans cette série.
Je me suis laissé happer par le récit au bout de quelques tomes pour ne plus le lâcher par la suite. J'ai rigolé, été triste par moment, j'ai compris la complexité des relations amoureuses qui y sont mises en scène (les personnages ont des comportements parfois frustrants mais finalement très réfléchis) et j'ai ressenti cette forte envie de voir Meisei arriver au Koshien pour tout ce que cela implique. Un scénario à la fois complexe, mature et original.
Incontestablement le chef-d'oeuvre de Mitsuru Adachi, d'autant plus que c'était là son premier manga vraiment célèbre.
Une histoire qui a tout pour m'emballer ! Un scénario original, prenant, bourré d'éléments fantastiques et surnaturels, des personnages intéressants (petite relecture du mythe de la belle et la bête),...
Pour ce qui est du dessin, il est tout simplement sublime ! Très travaillé, d'une richesse et d'une finesse incroyables, jusque dans les moindres détails des costumes. Béatrice Tillier arrive à rendre belles les situations les plus horribles. Je ne suis une nouvelle fois pas déçue par son travail.
Je ne vais pas cette fois jusqu'à "culte", mais si le troisième tome tient toutes les promesses des deux premiers, ma note pourra peut-être encore monter.
Vivement le troisième (et dernier ?) tome !!!
Après la lecture du dernier volume, ma note reste de 4/5 avec coup de cœur. Les dessins de Béatrice Tillier sont toujours aussi sublimes, mais il manque un petit quelque chose que je n'arrive pas à définir pour que ma note passe à "Culte".
Je découvre un peu sur le tard Wilfried Lupano, et je dois dire que je suis plus que conquis par ses albums ! C'est simple, dans "L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu", j'ai vraiment tout aimé ! Alors pourquoi pas 5/5 ? Et bien parce que je n'aime pas donner cette note pour une BD dont je ne connais pas encore la fin. Mais vraiment, j'ai pris grand plaisir à découvrir ce Western, genre que j'apprécie habituellement.
Je vais d'abord parler du dessin, Paul Salomone fait un travail abmirable ! Ce côté mi-realiste/mi-cartoon est vraiment réussit. Ça participe à donner une vraie ambiance, cet amérique fin 19e/debut 20e siècle fourmille de détails, les personnages sont haut en couleur, ont des "tronches", de Byron Peck à M. Hoggaard, et que dire de la magnifique Margot !
Je sais pas si il y a plus un coté Sergio Leone ou un côté Quentin Tarantino dans "L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu" mais j'adore l'ambiance, l'histoire, l'intrigue, les dialogues, les personnages !
Le tome 1 fait bien plus que mettre en place l'histoire, il présente les personnages, donne un peu de mystère avec des flash-backs semés par ci par la, mais fait quand même avancer l'intrigue !
Avec le tome 2, l'intrigue se dévoile un peu plus, les personnages prennent encore un peu plus de profondeur, on comprend mieux les motivations de chacun. J'ai hâte de découvrir comment va évoluer la suite.
Une très belle découverte pour moi. Si la suite reste aussi bon que ces 2 1ers tomes, c'est bien possible que je passe à 5/5 une fois l'histoire terminée ! Vite la suite !
Très bonne BD que ce premier album de deux jeunes auteurs de talent !
Le scénario, écrit par Maurel, m’a de suite captivée. La narration est fluide et si la fin arrive trop vite, c’est qu’on voudrait déjà avoir en mains la suite !
Très bien écrits, les dialogues sont riches et pleins de sens. Nous sommes entraînés, avec les personnages, dans la spirale de la vie où nos actes peuvent avoir de graves conséquences…
Ce 1er tome reste énigmatique, mais entreprend de façon efficace une histoire bien pensée qui devrait être mise à jour dans les deux prochains tomes (la série étant prévue en 3 tomes).
Le dessin sert très bien ce scénario, avec des personnages expressifs et des planches parfois d’une grande intensité. Les émotions des divers personnages transparaissent, et cela d’autant plus quand ils sont face au Noirhomme, qui est quant à lui figé, ce qui accentue son côté mystérieux. Ce personnage semble tout maîtriser face à des hommes perdus dans leurs doutes, leurs craintes et leurs espoirs. Riche de diverses influences, mais ayant déjà son caractère propre, le trait de Hamo est bien maîtrisé. Des figures variées, des cadrages efficaces, le tout souligné par les couleurs de Benoît Bekaert.
Qui a dit qu’un premier album contenait forcément des erreurs de jeunesse ?...
Voilà deux auteurs talentueux qui vont faire parler d’eux !
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Je revois mon avis après lecture des trois tomes.
J’accroche toujours autant. Le dessin est vraiment très bon, et les quelques manques de finesse sont à mettre à charge de la jeunesse du dessinateur.
L’histoire est captivante du début à la fin, et celle-ci est inattendue.
Malheureusement, le dénouement m’a un peu déçue. Je m’attendais à quelque chose d’un peu plus métaphysique. Je conserve tout de même la bonne note initiale.
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Le Sursis
Bon, je ne vais pas mettre le cinq, mais la BD n'est pas très loin. Disons un 4.5 arrondi ! C'est vraiment une BD dans le pur jus roman graphique, mais avec une petite pointe historique qui n'est pas pour me déplaire. Le récit est déjà servi par un sublime dessin, le genre qui vous donne envie de regarder à nouveau toute la BD juste pour admirer les cases (et un peu l'héroïne, hein, faut bien l'avouer ...) et contempler les superbes cases toutes en couleurs ... Un vrai régal, qui ajoute beaucoup de charme. En plus, nous avons des personnages bien sympathiques, pas développés en profondeur de manière incroyable, mais très sympathique, qui donnent envie de les connaitre. Julien et son côté un peu bougon, ses petites folies et son voyeurisme, sa tante, Cécile (l'auteur à vraiment fait un bon travail côté dessin !), et même les différentes personnes du village, dans ce petit hameau où il ne se passe pas vraiment grand chose. Malgré la guerre, qui est loin, malgré les allemands, qu'on voit peu, malgré la résistance, qui est secrète, malgré les colabos, qui ne sont pas aimés ... C'est toute une petite vie en place, entre personnes qui s'apprécient et non, les tensions habituelles d'un village quoi. J'y ai retrouvé le charme de celui dans lequel je suis né, avec ses conflits nombreux et souvent autour de broutilles. C'est un charme tout simple, mais sympathique. Ajouté à ce charme indéniable des dessins et de l'ambiance, nous avons l'histoire. Une histoire vraiment agréable, avec plein de petits charmes, des moments un peu plus forts, mais dans le ton du dessin et de l'ambiance. Je l'ai suivi sans trop savoir vers quoi l'ensemble débouchera, mais je n'ai pas non plus beaucoup cherché à savoir. J'ai suivi agréablement le cours de la vie du village, et j'ai eu mon lot de surprises sur la fin. En fait, la BD dégage un charme indéniable, qui m'a ravi lors de ma lecture et de ma relecture. J'ai aimé, tout simplement, les différentes facettes de la BD. Mais .... Mais je n'ai pas mis le cinq car il manque un tout petit poil de je ne sais quoi, la dernière touche qui m'aurait fait mettre le maximum. Finalement je laisse au 4, mais c'est un peu plus. 4 1/3 quoi. On est proche du chef-d’œuvre là. Et j'ai beaucoup aimé l'explication du titre que l'on ne comprend qu'à la fin !
A bord de l'Etoile Matutine
J’ai récemment découvert l’œuvre de Pierre Mac Orlan en lisant son très beau roman "L’ancre de miséricorde", et était curieux de découvrir ce que Riff Reb’s avait pu faire en bande dessinée avec l’univers de cet auteur. Au passage, Riff Reb’s, dont c’est le premier album que je lis, voilà bien un pseudonyme qui évoque pour moi un frère de la côte, allez savoir pourquoi… J’ai bien aimé cette histoire et son traitement. Je ne sais ce qu’il a modifié en adaptant le roman d’origine (que je n’ai pas lu), mais cet album est une réussite. Le dessin d’abord m’a plu, la colorisation aussi. Quant à l’intrigue, mêlant aventures picaresques et dérives plus ou moins oniriques, elle est prenante et nous mène du début à la fin assez vite, on ne la lâche pas. Une bonne BD d’aventure, donc, mais pas seulement. Une bonne lecture en tout cas, que je vous recommande. Note réelle 3,5/5.
Idées Noires
Ces gags sont l'envers de ceux de Gaston Lagaffe, le côté obscur, la face cachée de l'humour joyeux coutumier d'un grand auteur qui bascule ici dans une noirceur désespérée mais férocement drôle. Cette série de courtes saynètes réalisée en noir et blanc s'attaque aux grands thèmes de la société et dresse un portrait sombre et cruel de l'humanité, où la mort est mise en scène sous différentes facettes avec une fatalité implacable et une frénésie rare, et où Franquin déploie toute la vigueur de son talent graphique. En effet, le dessin qui s'apparente souvent aux ombres chinoises est plus difficile qu'il n'en a l'air. Indéniablement, ce cynisme très très noir et parfois dérangeant, rejoint par endroits certains dessins de Serres, et provoque un rire amer et crispé chez le lecteur qui s'interroge. Tout réside dans la chute, amenée à chaque fois avec un brio diabolique. Et le plus étonnant, c'est que cet humour fonctionne encore après tant d'années ; au vu des nombreux avis émanant de posteurs situés dans une tranche d'âge variée, mais plus jeunes que ma génération, ces gags sont donc encore très actuels. Initialement présentée dans le Trombone illustré en 1977, supplément encarté dans le journal Spirou, la série après 30 numéros, se poursuit dans Fluide Glacial, mieux adapté à ce type d'humour jusqu'en 1983. L'intégrale présentée ici réunit les 2 albums parus en 1981 et 1984. Si on n'a pas peur d'attraper le cafard, c'est une lecture indispensable.
Pin-up
Cette création de Yann et Berthet est une série qui m'a vraiment emballé parce qu'elle m'a rappelé toute une époque que j'ai beaucoup vue et aimée dans de vieux films hollywoodiens. Mon préféré est surtout le cycle 1 des 3 premiers albums. C'est un subtil mélange de sensualité et d'aventure teintée d'humour, où le lecteur a l'impression d'être devant un écran en cinemascope à la grande époque du Hollywood glamour. La re-création d'époque, que ce soit les années 40 ou 50 est tout à fait réussie et a fait l'objet d'une savante documentation, parvenant ainsi à donner une véritable ambiance envoûtante. C'est l'Amérique éternelle, conquérante, où se mêlent fiction et faits historiques, à une époque où les G.I.'s, les pin-up, les stars et les espions étaient rois. C'est bourré de références, allusions et clins d'oeil qui peuvent échapper aux nouvelles générations, mais franchement jouissifs pour ceux qui connaissent bien cette mythologie américaine fascinante. Dottie, la brune héroïne vraiment craquante, évoque les actrices glamour des années 40 et 50 comme Rita Hayworth, Lana Turner ou Gene Tierney, et traverse ces aventures durant la Seconde guerre mondiale, puis la guerre froide, en approchant le monde du jeu de Las Vegas, la mafia, l'univers du cinéma...et en croisant Sinatra, Howard Hughes ou Hugh Hefner. Yann décrit avec brio dans cette série les grandes heures de l'Amérique d'après-guerre, où le trait de Berthet se fait beaucoup plus fin et sensuel que dans Le Privé d'Hollywood. Le seul détail qui peut gêner, c'est Dottie qui traverse une période de 30 ans sans vieillir, ça reste un mystère. Sinon, c'est une Bd passionnante au charme délicieusement rétro.
Ikigami - Préavis de mort
Je n’ai que rarement lu d’œuvre aussi contestataire, riche et bien menée dans le petit monde de la bande dessinée et du manga. Cette série sonne comme un cri du cœur de Motorô Mase destiné à ses compatriotes pour les pousser à réagir, à prendre leur destin en main et à lutter contre toute atteinte à la liberté et de faire très attention aux dérives totalitaires. En cela le message porté dans Ikigami est transposable dans n’importe quelle société bien que l’histoire soit ancrée dans le cadre et la culture japonaise. Dès les 40 premières pages on est complètement plongé dans cette dictature de la joie et la bonne humeur qui flirte bon avec « Le meilleur des mondes » d’Aldous Huxley où le bonheur est imposé sous peine d’être considéré comme un « dégénéré ». L’auteur a très bien compris les techniques de manipulation des masses utilisées par ces régimes dictatoriaux qui s’approprient les mots, les détournent de leur vrai sens pour endoctriner (ici la doctrine "kokuhan") les humains. Ainsi on parle de la journée de « vaccination de prospérité nationale » pour ce jour de rentrée des classes en CP où les enfants reçoivent leur billet de loterie qui déterminera s’ils vont crever ou non plus tard. Le bonheur est imposé de force par la peur. Une idéologie imposée et obligatoire où cet enseignant annonce que les éléments les plus « séditieux » seront éliminés. Là, on flirt avec « Les monades urbaines » de Robert Silverberg. On pourrait évidemment se dire que cette idée de départ de tuer au hasard des gens pour leur apprendre "la valeur de la vie" est complètement tordue et qu’il est improbable que cette idée soit appliquée un jour dans notre réalité. Oui et non. Non parce que je signale que durant la seconde guerre mondiale le régime nazi a assassiné des millions de juifs et de tziganes, pour quoi ? Pour des idées. Un monde meilleur tout ça… Les idées peuvent tuer ! (lire la postface du tome 1 sur l'administration où chacun fait son boulot de sorte qu'on envoie des gens à la mort sans être "responsable" directement.) Et oui aussi car l’histoire est tout aussi saugrenue que dans un « Battle Royal » mais à la limite on s’en fout car ce n’est pas le propos. Il faut OUBLIER LE PITCH DE DEPART car l’auteur veut nous amener sur une réflexion plus profonde. Evidemment que c’est aussi débile qu’un « Battle Royal » mais ce sont toutes les petites piques de l’auteur qu’il faut repérer et analyser. Mase nous livre une critique acide sur la machine étatique et ses fonctionnaires qui broient des gens pour des concepts absurdes. La loi de prospérité nationale est mise en place pour faire comprendre aux citoyens l’importance de la vie qui ne doit pas être méprisée. A l’origine la loi a été votée pour repousser la criminalité, la délinquance et mettre fin aux guerres nous dit-on. Mais les chiffres parlent d’eux-mêmes, si la criminalité n’augmente pas elle ne diminue pas pour autant. Alors pourquoi continuer ? Là encore, grosse attaque de l’auteur sur le manque de mobilisation des gens qui maintiennent le statu quo, incapables de prendre en mains leur destinée, de dire non, de se rebeller contre le système. Il s’en prend aussi bien aux jeunes qu’aux vieux. Les plus anciens qui ont laissé tomber le combat pour se conformer au système et les plus jeunes qu’il compare à des zombies. On le voit dans cette conversation entre Fujimoto (le personnage principal) et son boss Ichii qui en bon rouage de la machine (extrêmement bien huilée), est bien content que de nos jours les jeunes ne soient plus préoccupés par ce genre de choses et aient définitivement baissé les bras. Pour en revenir à la série en elle-même, le découpage est excellent et l’histoire parfaitement rythmée de bout en bout (de grosses révélations jusqu’à la toute fin pour les plus sceptiques) où on suivra Fujimoto, le fonctionnaire de la mort, le rouage, celui qui délivre l’Ikigami le préavis de mort aux personnes à qui il ne reste plus que 24 heures à vivre. Fujimoto est un personnage controversé, il pense que la loi n’est peut être pas si juste qu’on veut bien le dire mais il ne peut partager ses impressions sous peine d’être un traître à la nation. Suspicions de la hiérarchie, interrogatoires, la gestapo n’a même pas confiance en son personnel. En parallèle on suit les dernières heures de ces condamnés à mort « pour la nation », ces « héros ». C’est dans ces histoires qu’on trouve le meilleur de la série je trouve. Des récits qui ne sont jamais les mêmes, toujours dans le vrais, l’auteur n’épargne personne et ne s’autocensure pas. Qu’est-ce que vous feriez s’il vous rester 24h à vivre ? L’auteur brosse plusieurs portraits qui vous feront couler des larmes si vous avez un cœur d’artichaut. Et si vous avez un cœur de pierre vous penserez quand même que l’auteur est dans le juste. La première est la plus choquante mais réaliste avec cet ancien lycéen tête de turc qui va faire payer ceux qui lui ont pourri la vie, et alors qu’il commençait à peine à se remettre il reçoit l’Ikigami. Terrible leçon : l’Ikigami est cynique et frappe n’importe qui, le fort comme le faible, il n’y a pas de justice. Il y a aussi beaucoup d’histoires émouvantes comme celle au dénouement shakespearien dans le tome 2 « la drogue d’amour pur ». Des histoires qui poussent à la révolte, « sous la peinture une âme » (tome 5) ou le dernier message contestataire d’un artiste tagueur. Une histoire avec un jeune fêlé fasciste qui prend son rôle de vierge à sacrifier sur l’autel de la patrie très à cœur. Freud aurait 2 ou 3 truc à redire sur son cas. Bref, des histoires qui ne se ressemblent pas et jamais répétitives ou lassantes. C’est passionnant de bout en bout. Trop de choses à dire… Un petit mot sur le dessin quand même que je trouve excellent. Les émotions sont très bien retranscrites sur les visages. L’auteur sait parfaitement adapter son dessin à l’ambiance du récit. Dès les premières pages du tome 1 quand la directrice d’école fait son discours de rentrée, elle passe du coq à l’âne : on a des grands sourires et on souhaite une joyeuse année à tous les bambins puis subitement, fond sombre, faciès froid, regard mort : « Parmi vous, certains mourront avant l’âge adulte »… ambiance tendue, regards baissés, ça déconne plus. Une série courte pour conclure (10 tomes), rythmée et qui se tient du début à la fin. Et un vrai et puissant message de l’auteur qui invite à ne jamais se reposer sur ses acquis, rechercher la justice et la désobéissance civile est un devoir lorsque les gouvernements bafouent les droits et la vie de ses citoyens. Oui, un appel à la résistance en résumé. Ce n’est pas pour rien s’il ne retranscrit pas la série dans un futur idéalisé à la « Minority Report » mais à notre époque contemporaine. Il FAUT lire Ikigami.
USA (Uriel Samuel Andrew)
Voilà un bien bel album dans la lignée habituelle de la collection Ecritures de Casterman. Ce récit décrit le retour au pays de 3 soldats américains après la guerre en Irak. Alors qu'aux yeux de tous ils sont des héros, les sentiments qui les habitent sont tout autres. Syndrome de stress post traumatique cela s'appelle. Les difficultés pour retrouver une vie normale sont nombreuses. Mais surtout il est impossible pour ses 3 hommes d'oublier. Les hallucinations et les cauchemars font maintenant partie de leur quotidien. Les images de la guerre les hantent. Il faut vivre avec cela. Pourtant il est trop dur, voire impossible, d'en discuter avec leur famille et une fracture se crée peu à peu. Ce livre met en lumière ces sentiments et ces difficultés. L'auteur fait très bien passer les émotions au lecteur que ce soit à travers un dessin expressif ou une narration judicieuse. Plus on avance et plus on sent arriver la cassure. Plus on comprend le malaise de ces 3 hommes. Chacun à sa manière essaye de vivre avec cela, chacun va réagir et évoluer d'une manière différente. En tout cas, cela ne sera simple pour personne, ni pour eux, ni pour leur famille. Cet album contient tout ça et le raconte avec une certaine émotion. J'aime bien ce genre de récit auquel on repense une fois l'album terminé et qui sans être forcément trop marquant, alimente quand même régulièrement et agréablement l'esprit.
Touch - Théo ou la batte de la victoire
Je reprends complètement mon avis (écrit à l'époque de la sortie du premier tome en France) maintenant que j'ai lu l'intégralité de la série. Malgré un démarrage un peu laborieux dans les tous premiers tomes, je suis complètement tombé sous le charme par la suite. C'est fou de penser qu'Adachi était déjà aussi au point au niveau de ses histoires, de son dessin et de sa narration pour cette série qui était pourtant l'une de ses premières. On est placé dans un contexte qu'Adachi maîtrise et a parcouru en long, en large et en travers dans ses différentes oeuvres. Sport, romance et personnages peu loquaces mais rapidement attachants. Quand j'ai entamé Touch, j'y voyais un mélange de 2 autres séries plus récentes du même auteur : Rough (pour l'ambiance sportive) et Katsu (pour la romance complexe et le jeune homme qui se découvre un talent sportif). La trame de départ met en scène 3 personnages : 2 frères jumeaux et leur amie d'enfance. Les 2 frères se révèlent amoureux de la fille mais, à première vue du moins, l'un des deux a un net avantage sur l'autre. En effet, Kazuya est le gendre idéal, très propre sur lui, sérieux, et surtout incroyablement doué pour le base-ball qui est l'une des passions de la belle Minami. A l'inverse, Tatsuya fuit toute responsabilité, joue les flemmards et s'efface volontairement derrière son frère. Mais ça ne le rend pas moins charmant et surtout aussi doué que son frère s'il le désire. Pendant plusieurs tomes, ce triangle amoureux et sportif va créer nombre de situations cocasses et pleines de tendresse. Quand on s'y est habitué, l'humour pince-sans-rire d'Adachi est franchement drôle. Bien amenés, originaux, les gags m'ont souvent fait rire. Mais ils ne sont qu'un des ingrédients de l'oeuvre qui met aussi en avant la compétition sportive et l'amour. Et aussi bien pour l'un que pour l'autre, le récit est vraiment très bon, mature, imprévisible et agréable. Le récit change brutalement avec le drame du tome 7. Par la suite, le récit gagne en émotion ce qu'il perd un peu en humour. Les gags restent mais se font moins présents au profit d'un engagement sportif et émotionnel plus complexe et intense. Le dessin est celui d'Adachi. Pour l'apprécier, il ne faut pas craindre de voir des personnages assez ressemblants les uns aux autres et des visages aux expressions assez neutres quelque soit la situation. Son style n'était pas encore aussi maitrisé que dans ses mangas récents, mais moi j'apprécie bien, même si différencier Tat-Chan et Kat-Chan m'a été bien difficile dans les premières pages (normal, ils sont jumeaux). Une fois habitué à son style, je trouve sa narration graphique vraiment excellente, notamment dans les moments de silence, de surprise ou d'incompréhension, une narration qui fait ressortir l'originalité et l'humour si particulier des récits d'Adachi. Beaucoup de psychologie et d'études de relations entre les personnes donc dans cette série. Je me suis laissé happer par le récit au bout de quelques tomes pour ne plus le lâcher par la suite. J'ai rigolé, été triste par moment, j'ai compris la complexité des relations amoureuses qui y sont mises en scène (les personnages ont des comportements parfois frustrants mais finalement très réfléchis) et j'ai ressenti cette forte envie de voir Meisei arriver au Koshien pour tout ce que cela implique. Un scénario à la fois complexe, mature et original. Incontestablement le chef-d'oeuvre de Mitsuru Adachi, d'autant plus que c'était là son premier manga vraiment célèbre.
Le Bois des Vierges
Une histoire qui a tout pour m'emballer ! Un scénario original, prenant, bourré d'éléments fantastiques et surnaturels, des personnages intéressants (petite relecture du mythe de la belle et la bête),... Pour ce qui est du dessin, il est tout simplement sublime ! Très travaillé, d'une richesse et d'une finesse incroyables, jusque dans les moindres détails des costumes. Béatrice Tillier arrive à rendre belles les situations les plus horribles. Je ne suis une nouvelle fois pas déçue par son travail. Je ne vais pas cette fois jusqu'à "culte", mais si le troisième tome tient toutes les promesses des deux premiers, ma note pourra peut-être encore monter. Vivement le troisième (et dernier ?) tome !!! Après la lecture du dernier volume, ma note reste de 4/5 avec coup de cœur. Les dessins de Béatrice Tillier sont toujours aussi sublimes, mais il manque un petit quelque chose que je n'arrive pas à définir pour que ma note passe à "Culte".
L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu
Je découvre un peu sur le tard Wilfried Lupano, et je dois dire que je suis plus que conquis par ses albums ! C'est simple, dans "L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu", j'ai vraiment tout aimé ! Alors pourquoi pas 5/5 ? Et bien parce que je n'aime pas donner cette note pour une BD dont je ne connais pas encore la fin. Mais vraiment, j'ai pris grand plaisir à découvrir ce Western, genre que j'apprécie habituellement. Je vais d'abord parler du dessin, Paul Salomone fait un travail abmirable ! Ce côté mi-realiste/mi-cartoon est vraiment réussit. Ça participe à donner une vraie ambiance, cet amérique fin 19e/debut 20e siècle fourmille de détails, les personnages sont haut en couleur, ont des "tronches", de Byron Peck à M. Hoggaard, et que dire de la magnifique Margot ! Je sais pas si il y a plus un coté Sergio Leone ou un côté Quentin Tarantino dans "L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu" mais j'adore l'ambiance, l'histoire, l'intrigue, les dialogues, les personnages ! Le tome 1 fait bien plus que mettre en place l'histoire, il présente les personnages, donne un peu de mystère avec des flash-backs semés par ci par la, mais fait quand même avancer l'intrigue ! Avec le tome 2, l'intrigue se dévoile un peu plus, les personnages prennent encore un peu plus de profondeur, on comprend mieux les motivations de chacun. J'ai hâte de découvrir comment va évoluer la suite. Une très belle découverte pour moi. Si la suite reste aussi bon que ces 2 1ers tomes, c'est bien possible que je passe à 5/5 une fois l'histoire terminée ! Vite la suite !
Noirhomme
Très bonne BD que ce premier album de deux jeunes auteurs de talent ! Le scénario, écrit par Maurel, m’a de suite captivée. La narration est fluide et si la fin arrive trop vite, c’est qu’on voudrait déjà avoir en mains la suite ! Très bien écrits, les dialogues sont riches et pleins de sens. Nous sommes entraînés, avec les personnages, dans la spirale de la vie où nos actes peuvent avoir de graves conséquences… Ce 1er tome reste énigmatique, mais entreprend de façon efficace une histoire bien pensée qui devrait être mise à jour dans les deux prochains tomes (la série étant prévue en 3 tomes). Le dessin sert très bien ce scénario, avec des personnages expressifs et des planches parfois d’une grande intensité. Les émotions des divers personnages transparaissent, et cela d’autant plus quand ils sont face au Noirhomme, qui est quant à lui figé, ce qui accentue son côté mystérieux. Ce personnage semble tout maîtriser face à des hommes perdus dans leurs doutes, leurs craintes et leurs espoirs. Riche de diverses influences, mais ayant déjà son caractère propre, le trait de Hamo est bien maîtrisé. Des figures variées, des cadrages efficaces, le tout souligné par les couleurs de Benoît Bekaert. Qui a dit qu’un premier album contenait forcément des erreurs de jeunesse ?... Voilà deux auteurs talentueux qui vont faire parler d’eux ! ----- Je revois mon avis après lecture des trois tomes. J’accroche toujours autant. Le dessin est vraiment très bon, et les quelques manques de finesse sont à mettre à charge de la jeunesse du dessinateur. L’histoire est captivante du début à la fin, et celle-ci est inattendue. Malheureusement, le dénouement m’a un peu déçue. Je m’attendais à quelque chose d’un peu plus métaphysique. Je conserve tout de même la bonne note initiale.