Le Sursis

Note: 4.14/5
(4.14/5 pour 65 avis)

1998 : Prix Canal BD Mort. Tranquille. Peinard. Derrière les volets clos de son pigeonnier, Julien assiste à son propre enterrement d'un oeil goguenard. Mais que faire lorsqu'on est obligé de se cacher? Rien d'autre qu'écouter les conversations du café des Tilleuls ou respirer l'air de la nuit, loin des regards. Et contempler Cécile. Cécile, l'amour de Julien, qui sert au café. Cécile à qui il ne peut parler. Cécile qu'il ne peut toucher. Tranquille, peinard? Rien n'est moins sûr. En ce mois de Juin 1943, à Cambeyrac, petit village aveyronnais, le calme n'est qu'apparence, la douceur de vivre qu'illusion. La milice du maréchal Pétain vient tout juste d'être créée, et les colonnes de blindés allemands ne vont pas tarder à apparaître...


1939 - 1945 : La Seconde Guerre Mondiale Aire Libre Auteurs complets BDs à offrir Best of 1990-1999 Dupuis La Résistance Les Meilleurs Diptyques Love Stories Prix des Libraires de Bande Dessinée Toulouse et sa région [Seconde Guerre mondiale] Europe de l'Ouest

L'histoire débute en 1943, en pleine seconde guerre mondiale. Julien habite dans le petit village de Cambeyrac. Julien est jeune. Julien doit donc aller faire la guerre. Il embarque dans un train qui doit l'amener sur les lignes ennemi. Oui mais voilà, Julien n'a pas envie de faire la guerre. Vraiment pas envie. Il va donc déserter! Il va sauter du train plus exactement... et revenir à son village pour s'y cacher, espérant que personne ne le retrouve avant la fin de la guerre. Il met sa tante au courrant, mais personne d'autre dans un premier temps. Sa tache est facilitée par un coup de chance incroyable. Le train duquel il a sauté est bombardé à peine une demi-heure après. Son portefeuille est retrouvé sur un cadavre. En fait sur le cadavre du malheureux qui lui avait dérobé quelques minutes avant l'échappé de julien, qui ne s'était rendu compte de rien. Julien est donc officiellement mort. La nouvelle est annoncée à sa tante, qui prétend accuser le coup. Pour Julien commence alors une longue période d'attente et d'observation, depuis le clocher du village ou il s'est réfugié. Il assiste à son propre enterrement. Puis c'est le calme plat. Il espionne Cécile, jeune femme dont il est amoureux. Mais il ne peut pas l'approcher. Cela serait trop dangereux pour lui. Et puis ça lui ferait un sacré choc de le voir en vie. Mais les évènements vont bientôt se succéder. La milice fait régner la terreur dans le village, les allemands débarquent, et la résistance s'organise. Julien assiste, impuissant, aux malheurs qui s’abattent sur son village. Comment tout cela va-t-il se terminer pour lui? Va il pouvoir approcher Cécile?

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Octobre 1997
Statut histoire Série terminée (prolongement dans "Le vol du corbeau") 2 tomes parus
Couverture de la série Le Sursis
Les notes (65)
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10/05/2001 | Alix
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L'avatar du posteur Noirdésir

L’histoire en elle-même n’est pas forcément très originale. En effet, on nous décrit la vie d’un village de l’Aveyron durant les deux dernières années de l’occupation allemande. C’est plutôt bien fait – genre « un village français » ou d’autres téléfilms du service public. Si je vais au-delà des trois étoiles, c’est que Gibrat a réussi à éviter l’écueil de la banalité, mais surtout celui de la mièvrerie, qui guettait parfois. Ce n’est pas un récit de guerre, ni un album traitant de la résistance ou de la collaboration en tant que telles. Même si bien sûr tout cela fait plus que décor à la trame de l’histoire. Les deux albums sont centrés sur Julien, son enfermement – à la fois relatif (il n’est pas vraiment dans SA tombe et sort régulièrement de sa cachette – ce sont ces nombreuses sorties toujours sans réelles anicroches qui me semblent être le seul côté « trop facile » de l’ensemble) et réel (il n’a plus d’existence légale, et ne doit pas chercher à en avoir une). C’est aussi son histoire d’amour avec Cécile qui innerve l’histoire, ainsi que l’entrée – j’allais dire à reculons, en tout cas sur la pointe des pieds de Julien dans la mouvance de la résistance. Gibrat n’a pas cherché à faire de son personnage un héros ou un couard, il n’est ni pétainiste ni gaulliste (même s’il est clairement contre les Nazis et les collaborateurs), il cherche juste à vivre, et en cela il est plutôt représentatif de la majorité des Français de l’époque, et donc crédible. Si l’extraction du monde de Julien – alors qu’il en est au cœur, près de la place centrale du village ! semble atténuer le bruit des canons, Gibrat apporte quelques coups de rappel, qui font monter la tension (passage plus que brutal d’une colonne allemande, guerre ouverte entre Miliciens et résistants vers la fin du diptyque). Mais ce qui fait la réussite de ces deux albums, c’est sans conteste le dessin de Gibrat, vraiment excellent ! Que ce soit pour les décors ou les personnages, rien à redire. En particulier pour croquer Cécile, que l’on est tenté de regarder avec les mêmes yeux et la même lunette que Julien, car elle est vraiment belle !

06/10/2014 (modifier)

[TOME 1] << Oh ! Tu étais caché dans la maison d'à côté et tu m'espionnais depuis plusieurs mois, toi qui étais mon petit ami que je croyais mort !? Vite, embrassons-nous, je t'aime toujours tellement, tu sais !! >> Mais bien sûr !!!!! Une BD très bien dessinée, mais molle, avec des personnages tête à claque, aux comportements souvent illogiques !! Quelle déception !!! Reste un dessin d'une rare finesse. [TOME 2] Ce n'est guère mieux, mais au moins il n'y a pas de happy end (on le voit venir gros comme une maison depuis le premier tome), et l'une des têtes à claques crève. Tant mieux. On passe à autre chose. Dessin toujours aussi beau, d'où la note.

18/08/2014 (modifier)
Par DamBDfan
Note: 4/5

Gros classique de la collection Aire Libre réalisé par un auteur majeur de la BD, Jean-Pierre Gibrat dont je ne connaissais pas l'oeuvre, il était grand temps pour moi de découvrir tout cela. C’est chose faite et effectivement, c’est superbe. L’histoire sur fond de guerre est passionnante, avec une bonne touche de sentimentalisme, mélancolie et de poésie qui servent à merveille l’ambiance de ce petit village aveyronnais. Les personnages sont extra, avec une forte personnalité et la narration est plus que parfaite. Les dessins et couleurs sont sublimes et représentatifs de ce que j’aime en BD. Je vais de ce pas, lire « le vol du corbeau » et retrouver la compagnie de la très belle Cécile. Un diptyque à lire bien évidemment.

16/02/2014 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Un récit tout en atmosphère, plein de sensibilité, d'une profonde originalité malgré un sentiment de facilité, de légèreté apparentes, et de quotidien banal perdu au milieu d'un charmant village aveyronnais, alors qu'autour se déroule une lourde Occupation et une guerre meurtrière. Ce récit véhicule une vérité, une authenticité où chacun peut se reconnaître, car la situation vécue dans son grenier abandonné par Julien Sarlat, est celle que n'importe qui aurait pu vivre. C'est pourquoi "le Sursis" invite à une réflexion sur l'engagement personnel. Le trait de Gibrat est magique, non seulement il dépeint un Aveyron chaleureux et vrai à travers la romantique vision d'un village et d'un milieu rural où chaque personnage est dans un rôle bien défini, mais surtout, il sait rendre à la perfection la sublime féminité et la sensualité de sa Cécile. Une très belle histoire, au dénouement inattendu et tragique, un pur plaisir de lecture, dont l'achat ne sera pas regretté.

27/12/2013 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
L'avatar du posteur gruizzli

Bon, je ne vais pas mettre le cinq, mais la BD n'est pas très loin. Disons un 4.5 arrondi ! C'est vraiment une BD dans le pur jus roman graphique, mais avec une petite pointe historique qui n'est pas pour me déplaire. Le récit est déjà servi par un sublime dessin, le genre qui vous donne envie de regarder à nouveau toute la BD juste pour admirer les cases (et un peu l'héroïne, hein, faut bien l'avouer ...) et contempler les superbes cases toutes en couleurs ... Un vrai régal, qui ajoute beaucoup de charme. En plus, nous avons des personnages bien sympathiques, pas développés en profondeur de manière incroyable, mais très sympathique, qui donnent envie de les connaitre. Julien et son côté un peu bougon, ses petites folies et son voyeurisme, sa tante, Cécile (l'auteur à vraiment fait un bon travail côté dessin !), et même les différentes personnes du village, dans ce petit hameau où il ne se passe pas vraiment grand chose. Malgré la guerre, qui est loin, malgré les allemands, qu'on voit peu, malgré la résistance, qui est secrète, malgré les colabos, qui ne sont pas aimés ... C'est toute une petite vie en place, entre personnes qui s'apprécient et non, les tensions habituelles d'un village quoi. J'y ai retrouvé le charme de celui dans lequel je suis né, avec ses conflits nombreux et souvent autour de broutilles. C'est un charme tout simple, mais sympathique. Ajouté à ce charme indéniable des dessins et de l'ambiance, nous avons l'histoire. Une histoire vraiment agréable, avec plein de petits charmes, des moments un peu plus forts, mais dans le ton du dessin et de l'ambiance. Je l'ai suivi sans trop savoir vers quoi l'ensemble débouchera, mais je n'ai pas non plus beaucoup cherché à savoir. J'ai suivi agréablement le cours de la vie du village, et j'ai eu mon lot de surprises sur la fin. En fait, la BD dégage un charme indéniable, qui m'a ravi lors de ma lecture et de ma relecture. J'ai aimé, tout simplement, les différentes facettes de la BD. Mais .... Mais je n'ai pas mis le cinq car il manque un tout petit poil de je ne sais quoi, la dernière touche qui m'aurait fait mettre le maximum. Finalement je laisse au 4, mais c'est un peu plus. 4 1/3 quoi. On est proche du chef-d’œuvre là. Et j'ai beaucoup aimé l'explication du titre que l'on ne comprend qu'à la fin !

10/09/2013 (modifier)
Par Jul
Note: 4/5

Une très jolie bd de Gibrat. L'atmosphère est douce, mélancolique et ensoleillée. J’aime beaucoup. Récit sensible, classique mais très bien raconté. Ce genre de bd "adulte" (je veux dire récit romantique se passant en Provence sous l'occupation allemande ... On est pas loin d'un téléfilm France 3) qui habituellement me touche moyennement m'a pour le coup vraiment enchanté. Graphisme, couleurs, personnages, récit, rien à jeter, du tout bon.

20/08/2013 (modifier)
Par zébu
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

L'auteur dépeint avec justesse la vie d'un petit village français sous l'occupation. On a droit à tout le panel représentatif de la population si particulière que l'on pouvait trouver à l'époque : le milicien, le résistant, les passifs qui tendent vers la collaboration et au contraire ceux se portent plus du côté de la résistance, ainsi que les neutres purs et durs. Au milieu de tout ça, notre héros sorte d'amoureux transi qui tente d'échapper aux affres de la guerre en restant cloitré dans son cloché. L'histoire générale est vraiment très bien écrite, on oscille en permanence entre humour, romance et drame ; de plus les dessins s'avèrent d'une excellente qualité. Le seul petit reproche concerne la fin, j'aurais aimé quelque chose de plus tranché et qui ne laisse aucune ambiguïté quant au devenir du héros car même si on devine ce qu'il lui arrive il subsistera toujours dans mon esprit un petit doute. Bref un très bon diptyque qui nous fait voir la seconde guerre mondiale sous un jour différent, autre que ces séries pleines de combats meurtriers.

01/11/2012 (modifier)
Par McClure
Note: 4/5

Là où le Vol du Corbeau s'enlisait dans une douce mièvrerie, Le Sursis arrive à nous prendre dans sa trame, grâce à un huis clos de grande qualité. On suit avec plaisir les pensées de cet anti héros que l'on va apprendre à aimer, malgré cet acte que l'on considère comme lâcheté. Ses réactions, ses remarques, ses observations, nous font prendre conscience d'une période d'occupation où tout acte pouvait avoir des répercutions terribles. On va découvrir la vie du village sous un angle assez inédit et c'est ne ce sens que Gibrat réussit ici ce qu'il n'avait que partiellement fait avec le Vol du Corbeau. Graphiquement, c'est toujours aussi merveilleux, Gibrat arrive à faire revivre la France de cette époque avec une grande classe, à tel point qu'on se demande s'il n'existe pas chez lui une certaine nostalgie. C'est beau, documenté, travaillé. Du grand Art.

17/07/2012 (modifier)

C'est une belle BD, le dessin et les couleurs sont ravissants. Ce diptyque a effectivement réussi à me transporter dans le sud ouest pendant la seconde guerre mondiale. La chute est vraiment inattendue, assez originale, et le titre de la série prend tout son sens dans les dernières pages. Malheureusement, j'ai trouvé que l'histoire était assez plate avant ce couperet final, et c'est pour cela que je ne mets pas plus que J'ai beau chercher, j'ai rien de plus à en dire. (105)

16/03/2012 (modifier)
Par Seb94
Note: 4/5

Superbe diptyque découvert à travers l’édition intégrale. On suit l’histoire de Julien, déserteur, déclaré mort par les autorités, de retour dans son village natal pour se cacher. Au premier abord, l’insouciance générale semble régner, la guerre bien lointaine. Depuis son pigeonnier, Julien assiste à son propre enterrement, observe la vie paisible du village et surtout la belle Cécile, son amour d’enfance. Crescendo, la tension monte, la guerre se rappelle à tous, les personnages se dévoilent et prennent des positions plus affirmées. A travers la radio, on suit l’avancée des alliés face aux troupes allemandes. Même l’insouciant Julien finira également par jouer un rôle et à prendre partie. Le récit est très vite captivant, on est rapidement immergé dans ce petit village. Les situations sonnent juste, les personnages sont intéressants et bien campés. L’humour est également présent, notamment à travers les dialogues de Julien à Maginot, personnage imaginaire qui lui tient compagnie dans son terrier coupé du monde. La conclusion est très belle et nous ramène au titre même de cette série. Enfin, tout cela est magnifiquement servi par un dessin réaliste de toute beauté. Le fond et la forme sont réunis pour le plus grand plaisir du lecteur.

27/01/2012 (modifier)