Le Vol du Corbeau

Note: 3.81/5
(3.81/5 pour 57 avis)

Angoulême 2006 : Prix du dessin pour le tome 2. Dans le droit fil du "Sursis", "Le Vol du corbeau" met en scène le théâtre de la vie sous l'Occupation.


1939 - 1945 : La Seconde Guerre Mondiale Aire Libre Angoulême : récapitulatif des séries primées BDs à offrir BoDoï Dupuis La Résistance Les Meilleurs Diptyques Paris

Paris occupée, 18 juin 1944. Dénoncée par une lettre anonyme, Jeanne, une jeune résistante, vient d'être arrêtée par la police française. Le jour même, François, un cambrioleur sans scrupules et quelque peu cynique, subit le même sort et se retrouve dans la même cellule du même commissariat. À la faveur d'une alerte, Jeanne et François s'échappent par les toits. Dès lors, par le jeu du hasard et de la nécessité, le sort commun des deux jeunes gens, que pourtant tout sépare, semble scellé. Pour le meilleur, et pour le pire.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Septembre 2002
Statut histoire Série terminée 2 tomes parus
Couverture de la série Le Vol du Corbeau
Les notes (57)
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30/08/2002 | Pifou
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L'avatar du posteur Noirdésir

J’avais bien aimé le diptyque précédent de Gibrat, Le Sursis, et partais donc avec un a priori très positif pour la lecture de ce « vol du corbeau ». J’avoue avoir été un poil déçu, et l’avoir un peu moins apprécié que Le Sursis. En effet, si Gibrat mène plutôt bien sa barque pour nous conter son histoire, j’ai trouvé qu’il échappait moins ici à la tentation de la mièvrerie, de l’évidence et/ou de l’invraisemblance, quant aux relations entre Jeanne et François par exemple. Pour le reste, l’histoire se lit quand même facilement. Et Gibrat nous gratifie une nouvelle fois d’un sacré coup de crayon ! Son dessin est vraiment très bon, beau – presque trop « léché » parfois, même. En tout cas, Jeanne est aussi craquante que l’était Cécile dans Le Sursis. Et les décors sont eux aussi réussis (belle reconstitution du Paris occupé). Avec un clin d’œil amusant au film « La traversée de Paris » page 36 du premier tome. A noter que si le titre peut se comprendre de différentes manières, il prend tout son sens dans les révélations finales. La fin justement, peut-être là aussi un poil manquant de crédibilité, je ne sais pas, la tentation de finir sur une note optimiste ? Bon, même si je ne la placerai pas au niveau du « Sursis » (mais les deux séries peuvent tout à fait se lire indépendamment l’une de l’autre, seule Cécile faisant vaguement le lien entre les deux), c’est quand même un diptyque qui vaut le détour, une histoire distrayante très bien mise en images par Gibrat.

22/12/2016 (modifier)
Par Chéreau
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

J'ai hésité longtemps à ouvrir cet album, dont j'attendais une histoire un peu ennuyeuse et convenue, entrecoupée de scènes un peu affriolantes. J'avoue m'être trompé. Gibrat produit une vraie histoire, charpentée et articulée par plusieurs coups de théâtre qui relancent l'intrigue. Mais le récit n'est pas tout. Les personnages sont creusés, bien plus adultes, complexes et intéressants que la plupart des héros de papier, dont la personnalité est hélas souvent aussi épaisse que la feuille qui leur sert de support. Le personnage de Jeanne, surtout, est une heureuse surprise, bien loin des héroïnes exclusivement décoratives de trop de BD, qui n'ont pour seule psyché que les fantasmes de leur auteur. Jeanne a ses forces et ses failles, elle ne subit pas l'histoire mais prend des initiatives, s'intéresse au théâtre, à la politique... C'est un beau personnage, dans tous les sens du terme. Derrière Jeanne et François, le second héros de l'histoire, s'épanouit tout un monde de personnages secondaires bien campés, notamment le commissaire et la famille de bateliers. Et Gibrat finit par nous raconter tout autant la vie quotidienne des Français dans l'effervescence de l'été 44 que l'histoire particulière de ses personnages. Le dessin est d'ailleurs extrêmement documenté, sans que cette érudition soit pesamment didactique ou démonstrative. Le décor est là, riche et réaliste, le trait est souple et vivant et la colorisation très soignée, notamment sur les carnations, mais Gibrat ne fait pas plus oeuvre de peintre virtuose que d'historien. Il s'attache d'abord à des destins individuels, à des relations interpersonnelles, à la comédie humaine dans toute son inépuisable complexité. On quitte l'album et ses habitants à regret. Pour ma part, je vais partir en chasse des autres séries du sieur Gibrat, qui mérite décidément sa réputation de grand de la BD.

22/07/2016 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Cette fausse suite de Le Sursis possède la même force. Fausse suite parce qu'il y a une continuité entre les 2 diptyques, et qu'il y a un personnage commun, sinon c'est une autre histoire. Gibrat y poursuit son tableau d'une Occupation dans Paris cette fois, autour du 6 juin 44, avec le même trait élégant, un dessin absolument somptueux et magique, qui met en valeur le personnage de Jeanne et sa féminité. Gibrat atteint ici un niveau graphique exceptionnel, avec une mise en couleurs de toute beauté. C'est le genre de Bd qui s'attache énormément aux personnages évoluant sur un fond dramatique où se mêlent réalisme et romantisme à travers un scénario bien tourné. L'ensemble peut paraître plus léger, mais c'est un leurre, les portraits incisifs, les personnages bien cernés, le déroulement du récit qui va vers le tragique... tout ça est bien maîtrisé et insiste beaucoup plus sur les valeurs humanistes. On a aussi l'étrange impression qu'il ne se passe pas grand chose dans ce diptyque ; là aussi c'est un leurre, car en dépit d'une action lente, il y a pas mal d'événements qui surviennent. La fin est moins dramatique que dans Le Sursis, mais, et c'est peut-être le seul petit défaut de cette bande, elle est mal découpée, mal organisée, moins carrée ; sitôt que Jeanne apprend sur la péniche, qui l'a dénoncée, Gibrat aurait dû éviter au lecteur quelques séquences qui remplissent inutilement les dernières planches. Les décors sont précis, la vie quotidienne dans Paris bien restituée avec ses véhicules, ses devantures, ses passants, les vêtements, le métro, les rues pavées, les vélos, les affiches, les ponts métalliques du canal Saint-Martin... sans oublier plein de petits détails et des clins d'oeil subtils (Gabin et Bourvil avec leurs valises qui trimbalent du cochon vers la rue Poliveau ; tome 1). Tout ceci est générateur d'une atmosphère pour laquelle Gibrat a dû bien se documenter. De même que dans le tome 2, la péniche s'aventure vraisemblablement sur le canal de Bourgogne, là aussi tout est bien restitué avec ses écluses d'époque (il en reste quelques-unes) et ses maisons d'éclusiers à l' architecture particulière. Quand une Bd réussit l'osmose parfaite entre narration et dessin, faut pas s'en priver ; pour moi, aucun des 2 diptyques n'est supérieur à l'autre, les 2 se tiennent et se valent.

05/12/2014 (modifier)
Par DamBDfan
Note: 4/5

Tout aussi réussi que Le Sursis. Il y a un vrai souffle épique à travers ces deux grands diptyques. Même si on peut les lire séparément, il est bon de commencer par Le Sursis car un personnage clé revient ici dans le "Vol du corbeau" et ce pour notre plus grand plaisir. Les personnages sont toujours aussi forts, chaleureux et attachants (surtout la très belle Jeanne) J'en ai lu pas mal des histoires sous l'occupation allemande mais il y a vraiment ici un petit plus niveau ambiance...On sent la patte d'un grand auteur. Merci à Gibrat pour le clin d'oeil au film "la traversée de Paris" page 36 (case 1) où on peut apercevoir les deux grands sieur Bourvil et Gabin, c'est super. Achat vivement conseillé et à lire bien évidemment.

17/02/2014 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
L'avatar du posteur gruizzli

La suite du Sursis que j'ai acheté immédiatement m'a autant plu que sa BD "mère", mais avec un léger avantage pour le premier tout de même. J'ai retrouvé avec un grand plaisir le dessin qui est toujours aussi bon, des héroïnes toujours aussi craquantes (là, je ne saurais pas dire à qui est l'avantage par contre), et une nouvelle histoire qui va s'articuler avec la première d'une façon bien plus subtile. Ce que j'ai beaucoup aimé, c'est le changement de cadre complet. Nous avons cette fois-ci un théâtre de vie parisienne, une autre façon de voir la fin de la guerre dans Paris, avec de nouveaux personnages aussi intéressant. L'ambiance à changé, mais je n'ai pas été déçu. Il faut avouer que Gibrat nous croque Paris et ses alentours d'une belle façon, tout en mettant en scène une histoire pas mauvaise du tout. Je regrette juste une chose, c'est que les ficelles de l'histoire soit un peu prévisible, notamment dans la relation des deux protagonistes, ou simplement dans le final qui sent un peu celui du Sursis. Ce n'est pas la même ficelle, ni la même histoire, et il y a une note d'espoir que ne contenait pas Le sursis, mais j'ai tout de même eu l'impression qu'il y avait beaucoup de similitudes. Ce qui est très intéressant encore une fois, c'est le titre qui ne dévoile son secret que dans les dernières pages. En bref, c'est tout aussi bon que Le sursis, avec un léger avantage pour ce dernier tout de même, mais les deux se lisent avec le même plaisir et la relecture est toujours aussi bien. Si vous avez le premier, je vous recommande tout de suite le second ! Et puis, les dessins ....

10/09/2013 (modifier)
Par zébu
Note: 3/5

Quasiment impossible de faire une critique de ce dyptique sans le comparer au Sursis dont il est la suite directe. Une fois de plus Gibrat brille par la qualité de ses dessins tout bonnement excellents ; tout comme dans le Sursis, on assiste à une tranche de vie sous l'occupation mais cette fois-ci en plein coeur de Paris ; un bon point aussi pour les dialogues souvent droles puisque les personnages prennent un malin plaisir à se taquiner en s'envoyant des vannes. Hélas, ce récit reste pour moi un ton en dessous de celui du Sursis car j'ai trouvé l'histoire parfois un peu lente, avec moins d'inspiration, mais également avec certaines facilités scénaristiques ; et puis la fin ne me convient guère car même si on termine sur une note d'espoir, on se retrouve encore en face d'une situation pas totalement nette puisque chacun pourra imaginer ce qu'il voudra. Néanmoins malgré ces quelques petits défauts l'histoire reste assez prenante pour qu'on ait envie d'en connaitre le dénouement. Bref, un dyptique qui n'atteint pas la qualité scénaristique du Sursis mais qui demeure intéressant; à voir, pour les amateurs de l'auteur.

25/12/2012 (modifier)

Franchement bien, mais je ne conseille pas forcément l'achat (même si c'est une belle BD), car je ne compte pas la relire. Un magnifique diptyque, Gibrat nous en fait voir plein les yeux ! Les dessins sont somptueux, et l'héroïne est plutôt craquante ! La colorisation en aquarelle n'est pas en reste, c'est un petit chef d'oeuvre. Une nouvelle fois, l'auteur nous transporte littéralement dans la France de la seconde guerre mondiale. Mon seul petit reproche est que j'ai trouvé les rues de Paris étrangement peu fréquentées. Le scénario est intéressant. Comme dans Le Sursis, que j'avais moins aimé, les subtilités de l'histoire sont dévoilées à la toute fin. La raison de ma préférence pour ce duo d'albums, est qu'il est beaucoup plus riches en évènements, et que la relation entre les personnages est plus finement pensée. Un bon moment de lecture. (166)

10/10/2012 (modifier)
Par McClure
Note: 3/5

Je rejoins quelques aviseurs pour ce Vol du Corbeau. Il y a une "tentation" de noter ce diptyque sur la qualité du dessin et il faut bien reconnaître qu'il s'agit là d'un chef d'œuvre. Que ce soient les personnages, les véhicules, décors, l'atmosphère rendue, les vêtements, c'est du grand art. J'ai rarement vu un dessin si beau, peut-être chez Prugne. Mais voilà, le dessin ne fait pas tout. Et côté scénario, c'est un peu léger. On part sur une échappée vers la France libre au fil de l'eau, quelques touches de résistance, de marché noir, de policiers zélés, c'est extrêmement classique et surtout cela suit son cours, tellement lentement, qu'on frise l'ennui à certains passages. Je ne connais encore que peu de choses à l'œuvre de Gibrat, nul doute que je vais m'y plonger car je suis tombé sous le charme du coup de crayon et de la mise en couleurs. Cette histoire pourrait être merveilleuse, elle ne touche le superbe que dans sa forme. Par contre, c'est tellement beau que je pense m'offrir les bouquins, pour prolonger le plaisir des yeux.

17/07/2012 (modifier)
L'avatar du posteur Le Grand A

Mmmmouais… c’est pas mal, sans plus. Si je devais donner un avis purement objectif, je dirai que Le vol du corbeau est une excellente bd avec un dessin bien maîtrisé et une histoire qui se tient. Mais la vérité est que je me suis, comment dire, « ennuyé » pour rester poli. Alors oui, Jean-Pierre Gibrat a un dessin très personnel assez sympa pour le plaisir des yeux, un trait crayonné, c’est très détaillé Paris est magnifique, les visages sont nickels (Jeanne est vraiment canon), c’est bien chiadé. Pareil pour les couleurs, le travail à l’aquarelle rend le résultat final encore plus beau. Alors elle où la tuile ? Et bien je n’ai pas du tout accroché à cette pseudo-histoire de résistance durant la seconde guerre mondiale. Il faut dire qu’on en sait pas beaucoup sur le scénario avant l’achat, et les résumés que j’ai pu lire à droite à gauche ne m’ont pas appris grand-chose sur celui-ci. Alors en gros, c’est l’histoire de Jeanne, jeune résistante mais qui, pas de bol, s’est faite chopée par la gestapo. Avec l’aide de François, un petit escroc sans envergure, elle s’évade de sa TERRIBLE garde à vue, et pendant que mademoiselle n’en rame pas une (bah oui la pauvre s’est foulée la cheville, mince alors !) sur une péniche des amis de François en attendant que les choses se calment, ce dernier va rendre de petits services à la belle dont il tombe secrètement amoureux. Alors, on aime ou pas les histoires à l’eau de rose mais je m’attendais à quelque chose d’un peu plus mouvementé quand même. Un peu plus d’actions ou une intrigue plus complexe. Je ne veux pas trop spoiler mais pour faire bref, les petites missions que confie Jeanne à François, consistent à prendre son courrier, lui trouver un bouquin à lire et interroger quelques grouillots au sujet de sa sœur disparue. De plus, Jeanne a beau avoir un joli minois, c’est une vraie tête à claque. Elle ne fout rien, est hautaine avec ce pauvre François qui se casse le cul pour elle. Une fille pourrie gâtée qui a enfilé son costume de super résistante pour se la raconter. Des personnages totalement antipathiques et inintéressants en plus pour résumé. Je crois que je n’aime pas les bd du genre roman graphique. Alors forcément, achat recommandé si vous n’êtes pas trop regardant sur le scénario ou que vous aimez les histoires gnangnan. Mais si c’est le dessin qui vous attire avant tout ne passez pas à côté de cette bd.

10/01/2012 (modifier)
Par gdev
Note: 4/5

J'avais beaucoup apprécié Le Sursis. Ce nouveau diptyque reste très bon, même s'il se place un cran en-dessous de son aînée. Dans une tonalité qui fait désormais partie intégrante de la production de Gibrat, cette série présente une passionnante histoire de résistance. Jeanne la résistante communiste cherche à se cacher des troupes allemandes et françaises, et sera aidée par François, cambrioleur apolitique et sans scrupules, rencontré en prison. C'est déconcertant de simplicité et de sobriété, et pourtant, ça marche ! Il faut dire que Gibrat s'y connaît pour allier la tension sourde d'un scénario à des moments graphiques d'exception. La tension est belle et bien présente tout au long de ce nouveau dîptyque, et on ne peut que frémir avec Jeanne lorsqu'elle se voit rapprocher le danger. Elle est entretenue d'une part, par la recherche de celui qui l'aurait dénoncée, et d'autre part, par ses interrogations sur le destin de sa pauvre soeur, resistante comme elle. Autant de questionnement, qui en l'absence de la moindre réponse, ne peut entraîner que l'imagination du pire. D'autant que ses "amis" semblent également aux abonnés absents. S'appuyant sur la connaissance collective (et j'évite le terme d'inconscient collectif à dessein), l'auteur joue et se joue de la peur du lecteur. Le travail sur les personnages est parfaitement réalisé. A commencer par François, qui ressemble par bien des côtés à Julien du Le Sursis. On sent qu'encore une fois, c'est un héros qui n'en a pas l'étoffe, un petit malfrat qui profite de la guerre, sans scrupule. Un peu comme Julien, il cherche à ne surtout pas s'impliquer, et pourtant sa rencontre avec Jeanne va le pousser à embrasser la résistance (et peut-être également la résistante) sans en opposer. Le couple Huguette/René est également moteur de cette histoire, dont les réflexions sentent l'authenticité, dont les engueulades sentent la rusticité, dont l'amour sent la sincérité. Avec ce duo, Gibrat passe un cap : après le réalisme de l'environnement, il s'attaque à celui des relations humaines. Quant à Jeanne, sa ressemblance avec une certaine Cécile est troublante, mais cela ne dure pas plus d'un tome. Enfin, la relation qu'entretient tout ce petit groupe sur la péniche avec un Allemand n'a pas été sans me rappeler "le silence de la mer" : on s'observe, on se regarde, mais on ne s'apprivoise pas. Car encore une fois, c'est là la grande qualité de ce tome : beaucoup de nuances, beaucoup de sensibilité, beaucoup d'intelligence. Une intelligence résumée dans le titre et qui jamais n'aura aussi bien fait écho au récit qui le suit. Une intelligence qui permet à cette série de suivre directement Le Sursis, ce que l'on apprend sur le tard, et qui permet d'achever l'histoire de Cécile et Julien. Quant aux dessins, la finesse est encore une fois au rendez-vous, et le réalisme ne peut être que relevé. Je peine à le décrire mais je garderai en souvenir cette évasion sur les toits de Paris qui dure du soir au petit matin, et qui propose une belle variation de la lumière. Il s'accorde parfaitement avec l'univers décrit et la poésie du dessin se heurte presque au réalisme de la situation. Ajoutez quelques dialogues bien sentis et vous obtiendrez une oeuvre presque incontournable. Et pourtant, je me serais attendu à plus de rythme. Dans Le Sursis, le fait que ce soit assez lent se justifie par le rôle de Julien. Ici, entre un maraudeur et une résistante en goguette, on pouvait s'attendre à ce que le récit s'agite un petit peu. Malheureusement, à part le début du second tome, on reste sur des enchaînements de situations trop calmes pour ce type de récit. On sent que tout s'écoule au rythme de la péniche sur les canaux de France, au rythme d'un long fleuve tranquille, et non d'un Kayak descendant un torrent tumultueux. Outre l'effet de surprise un peu émoussé par rapport au diptyque précédent, cette lenteur me fait apprécier cette série un poil moins que la précédente. De plus, le romantisme exprimé, parfois teinté d'immaturité et de miévrerie, peut conduire à alourdir un rythme qui a du mal à s'exciter. Mais encore une fois, cette série reste une jolie production.

07/02/2011 (modifier)