Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle

Note: 3.63/5
(3.63/5 pour 24 avis)

Récit du destin tragique d'un esclave noir au XIXème siècle


1816 - 1871 : De la chute du Premier Empire à la Commune Adaptations de romans en BD Esclavage

Fils d'un chef de tribu africain, Atar Gull fait le serment de ne jamais pleurer, de ne jamais se soumettre. Mais son destin le rattrape, et le voila emporté en esclavage par le terrible capitaine Brulart La haine d' Atar Gull sera à la hauteur des sévices qu'on lui impose, à lui et à ses proches.

Scénariste
Auteur oeuvre originale
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 07 Octobre 2011
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle
Les notes (24)
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19/10/2011 | Pacman
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Par Ju
Note: 4/5
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Comme beaucoup, c'est après avoir découvert Tyler Cross que je me suis penché sur cette bd des deux mêmes auteurs, publiée deux ans auparavant. Comme toujours, le dessin de Brüno marche totalement avec moi. Cette fausse simplicité, ces personnages dessinés très simplement mais aux expressions si profondes, et si impressionnants sur certaines cases.. Bref, Ätar Gull fait partie de ces bds où le dessin est un plus, une valeur ajoutée : il ne se contente pas de servir l'histoire, il la bonifie. Après, je sais que le style de Brüno ne plait pas à tout le monde, et certains novices de l'auteur pourraient être désarçonnés par ce dessin très particulier. Côté scénario, c'est prenant et assez original : la vie des esclaves dans les plantations, c'est certes déjà vu mais toujours intéressant, et abordé sous un angle intéressant. Je trouve que le scénario est plus original que ceux de Tyler Cross, par exemple, cela étant en partie dû au fait qu'il s'agit d'une adaptation de roman. En revanche, la narration est moins efficace, et je peux comprendre certaines critiques lues sur ce site, qui disent que le personnage du héros les a dérangé car trop impassible et muet. Dans Tyler Cross, la narration pallie à cela, pas dans Ätar Gull. Personnellement cela ne m'a pas dérangé, mais je peux comprendre ceux que ça aura gêné. L'histoire est rythmée et bien racontée et, je l'ai dit, magnifiquement mise en valeur par le dessin. Ca nous donne un résultat très agréable et, si vous avez apprécié Tyler Cross, vous ne pourrez qu'aimer "Ätar Gull"

03/05/2018 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
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Cela fait la deuxième fois que je m'aventure dans une histoire dessinée par Brüno, après Tyler Cross me voici donc découvrant Atar Gull. Finalement si son dessin n'est pas mon style je dois avouer que c'est donc la deuxième fois que je me trouve piégé par un je ne sais quoi d'assez envoutant. Le cadrage?, La couleur?, L'expressivité qui malgré un dessin d'aspect minimaliste est parfaitement rendue? Décidément la fréquentation de ce site m'aura fait découvrir des choses que je n'aurais pas imaginé regarder un jour. Quand à l'histoire , que dire? Tout est millimétré, il faut dire que Nury n'est pas un lapin de six semaines et qu'il sait mener sa barque. Sans pathos larmoyant il décrit avec une précision de chirurgien tous les rouages du commerce triangulaire. Dés le début l'épisode des larmes vous assène un coup derrière la tête. Nous sommes groggy et ne quitterons plus cet état jusqu'à la dernière case. Tout a été dit précédemment mais la mécanique scénaristique est impeccable et imparable. Une grande et bonne claque salvatrice. Pour ceux qui ne connaissent pas, il ne faut pas hésiter.

15/02/2015 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
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Publiée deux ans avant Tyler Cross , cette adaptation en BD du roman d’Eugène Sue par Fabien Nury et Brüno est particulièrement réussie. La synergie entre les deux auteurs semble décidément fonctionner à merveille. J’ai éprouvé un plaisir équivalent voire supérieur à cette lecture que pour leur tant acclamé polar-western de l’an dernier, tant l’intrigue est passionnante. Cela étant, il ne suffit pas que le matériau d’origine soit bon pour faire une adaptation de qualité, ça se saurait. Mais c’est sans compter sur le talent narratif de Nury, qui n’écrème que l’essentiel, actualisant de belle manière un roman du 19ème pour en faire un récit rythmé et percutant, superbement servi par le dessin moderne et cinématographique de Brüno, agrémenté lui-même d’à-plats de couleurs flamboyantes et bien choisies. Quant à l’histoire en elle-même, elle constitue une puissante matière à réflexion à propos de l’éternelle question du bien et du mal, par le biais de personnages très bien campés. D’abord Atar Gull, très éloigné du cliché du bon sauvage en cours à l’époque ou fut écrit le roman, dont on peut comprendre la haine légitime qui l’anime, mais qui, tout en jouant « l’esclave modèle », finira par se révéler incroyablement machiavélique. De même son propriétaire, le planteur de coton Will, qui passe pour un « bon » maître alors qu’il n’hésite pas à punir cruellement et sans états d’âme ses esclaves, notamment le père d’Atar Gull, dont la mort va faire du fils sa Nemesis. La vengeance de ce dernier, digne s’un supplice chinois, sera spectaculaire et plongera le lecteur dans l’effroi le plus glacial, questionnant avec acuité le bien-fondé de la loi du Talion. Ceux qui ont apprécié Tyler Cross auraient tort de passer à côté d’ Atar Gull. Pour ma part, J’espère que ces deux auteurs réenfourcheront au plus vite leur tandem prodigieux. Du coup dans certaines situations, j’aime à croire en ce dicton débile : « jamais deux sans trois ».

18/08/2014 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Un récit solide, bien mené. Le personnage central apparait souvent en retrait dans la majeure partie de l’album, c’est pour mieux s’imposer dans son final ! La reconstitution du contexte social et politique de ces années où l’esclavagisme était la règle est faite avec soin et beaucoup d’aspects sont abordés. Le dessin de Brüno (dont j’avoue ne pas être un grand fan) ne m’a pas dérangé. Mais si j’ai trouvé certaines cases vraiment belles, d’autres m’ont semblé vides car trop épurées. C’est son style et il faut l’accepter. En tous les cas, ce style n’aura pas constitué un frein pour mon appréciation. J’hésite entre le « pas mal du tout » et le « franchement bien ». A lire, en tous les cas, et cet album ne fera certainement pas tâche dans votre bibliothèque.

03/07/2014 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
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Là encore, c'est sur la foi des très bonnes notes sur bdtheque que j'ai lu cet album. Il y a beaucoup à dire, et nombre de mes camarades le font très bien. Pour ma part je mettrai l'accent sur le très beau travail graphique du dessinateur, au style épuré, presque primitif, mais dont l'efficacité est maximale. Je me suis pris à admirer certaines de ses cases, sans raison particulière, juste parce que je trouvais la mise en scène et le style franchement beaux. A côté, l'histoire qui nous est contée est exemplaire, ou presque ; j'ai tout de même un peu de mal avec le côté jusqu'au-boutiste d'Atar Gull, prêt à sacrifier les siens pour assouvir sa soif de vengeance. Mais le destin sera cruel pour lui aussi... Très beau travail de Brüno sur un scénario assez prenant de Fabien Nury.

04/05/2014 (modifier)
Par Jetjet
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
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En tant que grand fan unique du trait de Brüno, Atar Gull s'est logiquement retrouvé il y a près de deux ans dans mon cabas sans grande conviction de l'intérêt d'une histoire qui ne m'intéressait à vrai dire pas plus que cela. C'est donc après ma lecture de l'excellent Tyler Cross du même duo d'auteurs que ma curiosité me piqua à ouvrir d'un peu plus près cette adaptation d'un roman d'Eugène Sue que je connaissais davantage pour ses Mystères de Paris que cette sombre histoire de vengeance. Et pourtant quelle claque monumentale... Cela faisait bien longtemps que je n'avais plus lu une oeuvre aussi riche et complète faussement aiguillée par le dessin de Brüno et toujours aussi bien colorée par une Laurence Croix qui magnifie ambiance et climax par sa palette nuancée. Il s'agit d'un drame terriblement humain en plusieurs actes ou époques à une sombre époque où le bois d'ébène était considéré comme une simple "marchandise" monnayable et convoitée dans des desseins purement lucratifs. Et on oublie que ces hommes fiers sont simplement les égaux des occidentaux dans leurs qualités comme dans leurs faiblesses. Un parallèle rapide pourrait être fait entre la destinée d'Atar Gull, qui aurait pu être un roi, et celle du héros de Tarantino, Django. La différence est que tout aussi cruel soit le film Django Unchained, de larges plages d'humour noir mais néanmoins d'humour traitent de l'esclavage alors que dans cette adaptation rédigée par Fabien Nury, il n'y a pas un seul instant qui prête à rire ou à sourire et la destinée de Atar Gull et des siens, arrachés de leur tribu par des "négriers" ou des pirates, est d'une horreur sans égal qui prête à réfléchir activement sur la montée du racisme actuelle en France. No comment.... Par chance ce n'est pas parce que cette histoire est horriblement triste et mélancolique qu'elle est dénuée de charme comme de poésie, j'étais habitué aux cadrages intelligents de Brüno sur ses oeuvres précèdentes et j'avoue avoir été soufflé par la réalisation purement cinématographique de celle-ci. Qu'il s'agisse d'une tempête représentée sur deux pages où l'on sent presque l'eau et la houle ruisseler sur nos visages ou d'une scène d'échange de "marchandise", chaque partie contemplant ses acquisitions qu'il s'agisse d'or pour l'un ou d'hommes noirs pour l'autre, le montage en parallèle est d'une rare intelligence. Je ne sais pas s'il faut féliciter Sue ou Nury mais les dialogues sont également inspirés, faisant clairement passer les esclaves pour de simples objets le plus naturellement du monde, il s'agit d'une horreur peu ordinaire qui le devient aux yeux de ces hommes qui considéraient leurs frères africains comme de simples objets. Tout simplement effarant... De la traversée des océans aux plantations en Jamaïque, les auteurs insufflent un rythme sans égal se contentant de sublimer leur héros silencieux, Atar Gull d'un charisme sans égal. Ce personnage restera passif jusqu'à un élément déclencheur qui va réveiller toute sa fureur et sa vengeance sera aussi horrible que féroce et laissera plus d'un lecteur sur le carreau à l'issue de cette histoire complète dont la conclusion formera une boucle subtile avec l'introduction. Atar Gull deviendra t-il par ses actes réfléchis aussi barbare que les hommes qu'il souhaite condamner ? La réponse sera aussi évidente que la Loi du Thalion d'autant plus que personne n'en sortira indemne avec d'habiles pirouettes scénaristiques que je préfère taire pour en garder toute la saveur. L'un des derniers aspects non négligeables subsiste par la description des seconds rôles, qu'il s'agisse du terrible Brulard qui mériterait presque un livre à la gloire de ses "méfaits" ou du capitaine du Catherine ainsi que du "brave" maître d'Atar Gull, toutes ces personnes restent dans un recoin même lointain profondément humains. Rarement touché comme je l'ai été, je ne peux qu'attribuer une note maximale à une oeuvre intelligente sans être manichéenne et que je recommande à tous. Il s'agit peut-être cette fois de la plus belle œuvre à l'heure actuelle de Brüno, en tous cas surement de la plus percutante dans un ensemble qui frôle la perfection. Fabien Nury ne restera plus longtemps inconnu à mes yeux par la récente acquisition de sa série culte Il était une fois en France dont j'espère ressentir à sa proche lecture le même uppercut. Il serait d'utilité publique d'enseigner et de prodiguer cette destinée sans faire de leçon de morale dans un monde qui perd ses repères sur les différentes races ou estimes de soi comme d'autrui... Touchant sans être déprimant, poétique sans être barbant, Atar Gull cumule divertissement et réflexion. Une oeuvre inestimable à ne pas louper.

11/11/2013 (modifier)
Par fab11
Note: 4/5

La première fois que j'ai ouvert cet album je l'ai rapidement refermé car le dessin de Brüno me paraissait à l'époque tellement particulier que je n'avais pas fait l'effort de me lancer dans les aventures de cet esclave modèle, comme le dit si bien le titre. Depuis j'ai appris à apprécier le style de ce talentueux dessinateur, même si ce n'est pas celui que j'affectionne le plus, en lisant Junk et plus récemment Tyler Cross et j'ai donc lu , certes avec un peu de retard , cette très belle BD. Mais il faut quand même rappeler que ce one shot n'est pas seulement connu grâce au dessin de Brüno mais aussi grâce à la renommée du scénariste qui n'est d'autre que Fabien Nury à qui l'on doit des séries à succès telles que W.E.S.T (en collaboration avec Xavier Dorison), Il était une fois en France ou encore Necromancy moins connue que les deux premières mais qui était très réussie. L'histoire de la BD qui nous intéresse est originale , dure mais aussi très prenante. Je me suis pris d'affection pour cet esclave d'origine royale qui se retrouve dans de nombreuses aventures qui m'ont fait passer un agréable moment . Le scénariste utilise de nombreux thèmes pour nous tenir en haleine, l'esclavage bien sûr ( en détaillant toutes les horreurs propres à cet odieux commerce) mais également les prémices de son abolition , la piraterie , la vengeance etc.. Tout ça pour dire que l'on n'a pas le temps de souffler durant notre lecture. Par contre j'ai lu ce récit dans sa version en noir et blanc qui à mon avis est plus agréable que la version couleur , pour le peu que j'en ai vu comme je l'ai signalé plus haut. Si vous arrivez à mettre la main sur un exemplaire de ce tirage limité Canal BD , n'hésitez pas car vous ne regretterez pas votre investissement . Ce one shot vaut la peine d'être découvert , alors bonne lecture aux intéressés.

16/10/2013 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

J'apprécie le graphisme de Brüno et son style clair et épuré. J'étais aussi curieux de lire ce récit sur l'esclavage aux personnages visiblement originaux au vu de la couverture. J'y ai découvert une histoire intéressante mais dure et un peu trop cruelle à mon goût. J'ai été un peu décontenancé par l'aspect fantasmé de certains personnages et décors, comme l'Afrique que j'ai eu bien du mal à reconnaitre. Malgré de nombreux éléments historiquement réalistes, j'ai compris qu'il fallait donc y voir une simple fiction parfois assez outrancière. Le scénario est original mais je n'ai pas trop accroché à sa dureté pas plus qu'au personnage principal. Même si l'intrigue est crédible, il est difficile d'apprécier une telle haine et de telles actions meurtrières de la part des protagonistes, héros et capitaine pirate en tête. Il restait cependant l'originalité de l'intrigue pour m'intéresser ainsi que la curiosité de savoir où l'auteur et les manigances d'Atar Gull allaient nous mener. Et comme le tout est bien raconté par le dessin et la narration graphique de Brüno, j'ai quand même assez apprécié ma lecture.

24/12/2012 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

J'ai récemment découvert le dessin de Bruno (dans Junk). Et j'ai eu ici la même réaction, c'est à dire qu'il ne m'attire pas au premier abord. Mais finalement, il en ressort plutôt une bonne impression. Concernant le scénario, sur un sujet à la fois sensible et souvent traité (la traite négrière), l'intrigue est assez bien menée. Mais, comme certains avant moi, je n'ai pas réussi à croire en Atar. Personnage trop caricatural, ou froid, dans une histoire qui se veut réaliste. Personnage qui n'attire pas l'empathie. Peut-être suis-je trop manichéen, dans l'idée que je me faisais de ce personnage central. Ou alors j'ai mal lu cette histoire et n'ai pas su y trouver l'angle d'attaque des auteurs. C'est une lecture intéressante, mais sans plus.

25/11/2012 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
L'avatar du posteur Gaston

Un très bon one-shot signé Fabien Nury ! J'étais un peu sceptique au début car je n'aimais pas trop le dessin, mais rapidement j'ai fini par m'habituer à ce style. Le scénario est prenant et il y a beaucoup de rebondissement dans cet album. Peut-être un peu trop car parfois le rythme va parfois un peu trop vite. Un album de plus n'aurait peut-être pas fait de tort. L'histoire traite de la traitre des noirs et de l’esclavage et j'ai bien aimé comment était traité ses deux sujets. Il y a n'a pas de manichéen ou de moral à deux balles. Par exemple, le capitaine n'est pas présenté comme un monstre même s'il est un négrier et j'ai même eu un peu pitié de lui. Les personnages sont humains et non des caricatures comme j'en ai vu trop souvent dans ce genre de récit.

17/09/2012 (modifier)