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Cap Horn

Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 10 avis)

En Terre de Feu, où la mer, le ciel et le terre se confondent, d'étranges intrigues se nouent...


1872 - 1899 : de la IIIe république à la fin du XIXe siècle Argentine Les meilleures séries terminées en 2013 Patagonie/Terre de Feu Vieux gréements

La Terre de Feu. A une époque où ce coin du bout du monde n'est qu'un vaste territoire désolé. Dans ces dernières années du dix-neuvième siècle, la région n'est fréquentée que par les chercheurs d'or, les missionnaires anglais, les pêcheurs de phoques, les militaires, quelques filles à la dérive et des tribus séculaires. C'est dans ce monde hors du temps, là où les dernières montagnes andines viennent se jeter dans l'océan, que vont se croiser plusieurs personnages aux destins tourmentés. Orth et Duca échouent dans la mission anglaise d'Oushouaya. Mais leur présence, leur rapport -houleux- aux riches propriétaires locaux et leur mutisme intriguent les autorités.

Scénariste
Dessinateur
Coloristes
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Novembre 2005
Statut histoire Série terminée 4 tomes parus
Couverture de la série Cap Horn

18/11/2005 | Spooky
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Par Franz
Note: 5/5
L'avatar du posteur Franz

Cap Horn. 1, La baie tournée vers l’est. [5/5] La première planche est muette, l’action galopante, le cadrage cinématographique. Trois chercheurs d’or en fuite cavalent dans la pampa, la milice aux trousses. Le vieux Duca est blessé à la jambe. L’un des acolytes, Kruger, profite de la nuit pour assommer Duca lors de son tour de garde et s’enfuir avec les 25 kilos d’or. Johannes, le troisième larron part seul à la poursuite du détrousseur, destination Punta Arenas. A cette histoire de Far West en Terre de Feu, somme toute conventionnelle, viennent se greffer avec succès les paysages vides et mélancoliques des terres australes et surtout une approche ethnologique des Indiens fuégiens via un navire marchand français croisant dans le détroit de Magellan. Les regards et les pensées entrelacées des Fuégiens et des marins sont éloquents. Ils disent l’incompréhension réciproque et tous les maux à venir. L’histoire s’ancre dans le dix-neuvième siècle et un espace encore peu souillé, l’extrême sud de l’Amérique. « Cap Horn » est une belle découverte. Le dessin académique, précis, expressif est remarquable. Les couleurs sont réussies et restituent l’atmosphère des confins. Le décor planté, les personnages posés, l’histoire est forte des multiples vies qui s’entrecroisent, se cherchent, s’évitent. Peu explorée dans les romans, les films ou la bande dessinée et pourtant fascinante, la Terre de Feu est abordée ici avec finesse ; le scénario intelligent laisse entrevoir un potentiel d’une grande richesse. Cap Horn. 2, Dans le sillage des cormorans. [4/5] Le second tome de Cap Horn débute par une carte pleine page représentant le fascinant labyrinthe fuégien en Amérique du Sud. Des encadrés relatent, selon des points géographiques, l’histoire déployée dans le premier volume. Il s’agit-là d’un rappel particulièrement intelligent, efficace et original de l’épisode précédent. La page tournée, comme dans Google Earth, on zoome sur la mission d’Oushouaya tenue par le révérend Thomas Bridges depuis vingt-quatre ans. Orth embarque au petit matin, avec la belle Anna Lawrence, suivie du révérend, contraint et contrarié par la désinvolture de Orth, sur un vapeur « emprunté » à un officier sourcilleux et déchu, Alejandro Lagarigue. Son but est de ramener à la mission l’officier de santé Jules-Edouard Frossard afin qu’il soigne la jambe gangrenée de Duca, l’ami d’Orth. A noble intention, catastrophe annoncée ! Les canaux sont des cimetières liquides. Que le vent tombe de la montagne puis s’engouffre dans le défilé et le moindre bateau se trouve violemment secoué ! En quelques instants, le « vent du diable » transforme une mer d’huile en mælstrom dantesque. Ici, point de déchaînement météorique ! La chaudière du vapeur explose et les trois protagonistes se retrouvent in extremis à l’eau. Arrivent la nuit et le froid. Il va falloir survivre. Les Indiens vivent nus. Les Européens ne savent comment contrer les éléments naturels, véritables pièges mortels. Les vingt premières planches sont en tous points remarquables : narration fluide, personnages potentiellement riches, paysages au diapason, etc. Le tissage entre les Blancs, les aborigènes et la nature est fin et habile. L’intrigue se découd un peu mais les paysages poignants prennent habilement le relais. Dans le sillage des baleines, le vapeur semble bien petit. Ensuite, les points de vue se multiplient et diluent un peu l’attention du lecteur. L’équilibre n’est pas complètement trouvé. Faudrait-il donner plus de place aux Fuégiens, à l’histoire de Orth, à l’idylle entre Orth et Anna ? Choisir consiste à fermer des pistes. Celle des Indiens est probablement la plus captivante. Le scénario est bien documenté. On aimerait en voir plus sous le crayon élégant et précis d’Enea Riboldi. Ses mines sont probantes et ses portraits pleins de vérité. Qui se souvient des hommes des terres australes ? Cap Horn. 3, L’ange noir du Paramo. [5/5] L’étau se resserre sur les deux fuyards, Johannes Orth, emprisonné sous la garde vigilante du commandant argentin Lagarigue et de Duca, amputé d’une jambe car les miliciens menés par « l’ange noir du Paramo » Mac Hilian sont aguerris et déterminés. Ils ont kidnappé la belle Anna Lawrence et veulent la proposer à Lagarigue contre Orth mais c’est sans compter sur le dévouement et le sens de l’honneur du commandant. Le champ de bataille va s’ouvrir et la confrontation sanglante avoir lieu. Anna s’enfuit des griffes des miliciens. Les Indiens de la mission décampent, au grand dam des marins français sous les ordres de l’intraitable lieutenant Ferenzci. Yakaïf, dernier Indien fuégien resté à la mission, échappe à ses tortionnaires et les entraîne jusqu’au glacier Avalanche où un « simple grognement de chien suffit à briser la glace millénaire ». Le 3e tome de Cap Horn est une réussite narrative et formelle car l’histoire est menée sur plusieurs fronts sans perdre sa cohérence et sa limpidité et le dessin, remarquablement mis en couleur, restitue efficacement la tragédie humaine dans les paysages émouvants des confins, à l’extrême pointe sud de l’Amérique. Les Fuégiens, par la connaissance intime de leur milieu naturel, sont étonnants de clairvoyance et d’efficacité. Johannes Orth conserve son aura de prince déchu. Un quatrième et dernier volume, Le prince de l’âme, devrait clore cette série très attachante. Cap Horn. 4, Le Prince de l’âme. [5/5] Johannes Orth a encore des comptes à régler. Après avoir dit adieu à la belle Anna qui retient ses larmes, il quitte Oushouaya pour Punta Arenas à bord de la canonnière chilienne Huemel, sur une mer qui elle laisse aller ses lames. Plus tard, à l’aide de son ami Jason Law, skipper solitaire, il accoste sur la côte fuégienne et retrouve son ancien trois-mâts naufragé trois ans auparavant avec Milly à son bord. Johannes (ou plutôt Jean-Salvator) se recueille sur sa tombe mais les hommes de main de Julius Popper sont à l’affût. La cabane servant de sépulture est incendiée. Elle n’en devient que davantage ardente et Johannes Orth, dissimulé à la lisière, voit rouge. Il tire et se carapate, les nervis aux trousses. Finissant englué dans un marigot, il préfère se suicider d’une balle dans le crâne plutôt que d’être livré à Popper. Il est souvent difficile de finir en beauté une série. Le 4e tome de Cap Horn est captivant de bout en bout et donne du liant à l’ensemble de l’histoire. Johannes Orth se dévoile un peu plus mais conserve néanmoins quelques mystères quant à ses origines et aux raisons de sa fuite depuis l’Ancien Monde. Il n’est pas uniquement le prince de l’âme de Milly, son aimée défunte ; il possède une grandeur d’âme qui trouble ceux qui le côtoient. Cela ne l’empêche pas de rendre les coups reçus et de se défendre avec une froide détermination. Cap Horn est une série d’aventures conçue dans sa globalité dès 2003 sur 200 pages. Les aléas de la vie et les contingences du métier ont contraint les auteurs à ne voir aboutir leur projet que dix ans plus tard. Les personnages de la série sont tous habités et quelques uns sont poignants. Christian Perrissin s’est inspiré de personnes réelles comme dans le cas du capitaine Jason Law qui n’est autre que le légendaire marin américain Joshua Slocum (1844-1909) dont la circumnavigation sur son sloop rafistolé, le Spray, (24 avril 1895-27 juin 1898), reste un récit initiatique inaltérable. Malgré le fort potentiel de la saga, aucune suite ne verra le jour aux dires du scénariste. C’est probablement bien mieux ainsi. Les terres des confins, infiniment mélancoliques, auront les derniers mots et les ultimes silences quand les vies s’effacent sans laisser d’autre trace qu’un filament ténu dans la mémoire du paysage.

18/12/2020 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

La Terre de Feu, un lieu jamais montré en BD, une terre hors du temps, un lieu du bout du monde où l'échine du continent Sud-Américain vient se jeter dans des eaux tumultueuses face au Cap Horn. L'époque choisie ajoute beaucoup à l'atmosphère qui se dégage de cette série, on devine l'aventure rude de la fin du XIXème avec ces pêcheurs de phoques, ces chercheurs d'or, ces autochtones primitifs et toutes sortes d'aventuriers à la dérive ou au passé houleux venus se faire oublier... ça sent bon l'odeur d'iode, les embruns et le poisson frais.. Ces navires bien dessinés sont également l'endroit propice où placer le poème "l'Albatros" de Baudelaire, illustrant tout à fait la vie de ces marins farouches et burinés. Le tome 1 présente les personnages, il est un peu long à démarrer puis l'intrigue se diversifie sans suivre une ligne conductrice, mais au contraire, en reliant différents petits récits entre eux qui suivent différents personnages dont les destins se croisent. A ce titre, les tomes 2 et 3 sont certainement les plus intéressants, car très intenses par le déroulement des opérations et des rebondissements multiples. L'ambiance est bien reproduite par le dessin précis et superbe, aux décors sauvages et chaotiques, on imagine sans mal la dureté de la vie dans ce type d'endroit extrême ; j'aime beaucoup ce genre de dessin évocateur. Les auteurs font passer beaucoup de souffle et d'exotisme lointain dans leur histoire, avec un habile mélange de romanesque, d'historique et d'aventure naturaliste, en n'évitant pas certains clichés comme celui de la belle héroïne romantique qui se laisse séduire par la rudesse rassurante de l'aventurier intrépide, entourés de figures pittoresques de tous bords. A la conclusion de cette aventure, on soupçonne le scénariste d'avoir clôturé des fils narratifs de façon un peu trop précipitée, le potentiel scénaristique étant fort, certains auraient pu encore servir et peut-être prolonger d'1 album ou 2 la série ; mais après tout, parfois, faire durer une intrigue n'apporte rien de bon et n'est pas toujours bien perçu par le lecteur qui flaire l'aspect commercial. Une grande aventure maritime très réussie, sorte de combiné d'épopée à la Jules Verne et d'aventure épique à la Herman Melville, avec parfois un semblant de western (dû sans doute aux gauchos) ; quelques invraisemblances et des clichés aussi, un petit côté déjà vu (surtout à l'écran), mais ça reste un récit très divertissant.

10/03/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
L'avatar du posteur Gaston

Bon ben je vois que je suis le seul qui n'a pas aimé. J'aime bien les séries historiques et c'est pour cela que j'ai emprunté cette série que je croyais excellente. Malheureusement, je n'ai pas réussi à rentrer dans le récit et j'ai abandonné après deux tomes. Je n'aime vraiment pas le dessin que je trouve froid et qui ne me donne pas du tout envie de lire l'histoire. Le scénario n'est pas totalement mauvais, mais je n'ai jamais réussi à m'intéresser aux personnages et de plus il y a un peu trop d'intrigues qui se croisent. Je n'ai rien contre les histoires avec plusieurs intrigues, mais ici je trouve que l'histoire est vite devenue confuse et cela a fait en sorte que je me suis vite ennuyé.

27/03/2014 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Spooky

Petit coup de coeur pour cette série... Christian Perrissin a fait ses preuves en reprenant les aventures du jeune Barbe-Rouge. Il réitère dans cette série au fort parfum d'embruns et de vents marins aux antipodes. Dans cette région du Cap Horn toujours redoutée des marins, en ce XIXème siècle où de nombreuses nations cohabitent, avec les natifs et d'inquiétants aventuriers. L'histoire a du mal à démarrer, du fait de deux intrigues parallèles, mais au premier tiers de l'album le récit commence à prendre de l'ampleur, se densifie, et il y a un climax dans le tome 3. C'est dense, il y a pas mal de personnages principaux et secondaires, et il faut vraiment s'accrocher pour suivre l'ensemble de l'intrigue. Perrissin mène sa barque de belle façon. Le troisième tome aurait pu clôturer de façon assez satisfaisante la série, mais Christian Perrissin voulait vraiment refermer toutes les intrigues, avec tous les personnages. La conclusion me semble tout à fait satisfaisante, même si un peu longue. Ce n'est d'ailleurs pas la la moindre des originalités de la série, le côté dramatique du tome 3 (presque au sens shakespearien du terme) nous montrant qu'on est dans un cadre géopolitique réaliste et hostile ; en ce sens "Cap Horn" vaut largement la lecture. Cette jolie série nous permet d'admirer le trait élégant de Riboldi, dans la grande tradition des BD d'aventure "classiques" (Barbe-Rouge, justement...). Malgré des couleurs un peu trop sombres, et des techniciens differents a chaque album ou presque, le graphisme fait preuve d'une belle maturité, d'un sens du mouvement assez bluffant et d'un grand souci du détail. Il faut dire qu'Enea Riboldi est un spécialiste des coques de noix, et cela se sent au fil des pages, traversées par le souffle de l'aventure avec un grand A. À lire.

18/11/2005 (MAJ le 07/09/2013) (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Série intéressante par son sujet. En effet, il est rare qu’un récit ait pour cadre la Terre de feu, surtout à une époque comme la fin du XIXème siècle. Et c’est un fait que le joyeux foutoir qui règne alors sur cette région est propice à un récit d’aventure. Les différentes ethnies et nationalités présentes fournissent en elles-mêmes suffisamment de « clans » à opposer. Et, de fait, on se retrouve avec une multitude de protagonistes d’importance (rien que du côté des « gentils », j’en compte une petite dizaine), chacun a un rôle à jouer et développe un profil différent, et tous ne se retrouvent pas au même endroit au même moment, loin s’en faut. La série est donc très riche sous cet angle mais si l'on passe fréquemment d'un personnage à l'autre, la narration est suffisamment claire pour ne jamais égarer le lecteur. Les personnages sont charismatiques (même si parfois stéréotypés) et j’ai du plaisir à suivre leurs parcours. J’ai d’autant plus de plaisir que le trait de Riboldi est de ceux que j’apprécie. Un peu épais dans son encrage mais précis, immédiat, dynamique et expressif tout en offrant de très beaux décors, ce style convient parfaitement à une série réaliste de ce type. La colorisation des deux premiers tomes est elle aussi d'excellente facture. Malheureusement, elle perd quelque peu en finesse sur les tomes suivants. J'ai, hélas, trouvé le final un peu longuet. Il fallait bien que les auteurs clôturent chaque destin et comme les personnages sont nombreux, c'est donc à une succession de "clôtures" que j'ai eu droit. cela manque de dynamisme même si, par ailleurs, cela permet de ne pas oublier des personnages en route. Achat conseillé tout de même devant l’originalité du cadre, la qualité du dessin et le charisme des personnages.

27/08/2010 (MAJ le 07/09/2013) (modifier)

Série composée de 2 tomes pour le moment et qui est originale, par rapport aux autres productions du même genre, de par son cadre, sa narration et son nombre de personnages qui s'entremêlent. On a affaire ici à un pur récit d’aventure, ayant pour cadre le Cap Horn la série est riche, dense, on passe d'un personnage à l'autre sans forcément voir de fil conducteur, mais ça se lit avec plaisir et fluidité. Les personnages sont charismatiques, bien mis en valeur par le dessin que j'ai beaucoup apprécié. Les paysages et décors rendent bien compte de l'atmosphère particulière du Horn. Un bémol : comme indiqué dans les avis précédents, le rythme de parution est malheureusement très lent...

03/11/2010 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

Une histoire située à l'extrémité sud du continent d'Amérique du Sud à savoir la Terre de feu vers la fin du 19ème siècle. On croise le destin tourmenté de plusieurs aventuriers dans cette terre sauvage et inhospitalière: des chercheurs d'or sans foi ni loi, des missionnaires pas très catholiques, des marins burinés et quelques hommes de parole... Le contexte lui aussi est bien campé : exploitation, voire extermination des autochtones, des conditions climatiques effroyables , le danger, la violence, la solitude et les blessures par balle qui s'infectent pour couronner le tout. Les dessins et les couleurs restituent la beauté sauvage de ces lieux aux parfums d’embruns et de vents marins. On éprouve comme une ivresse des grands espaces de Patagonie malgré son inhospitalité. La belle couverture semble un peu trompeuse ou prématurée car il n'y a point encore d'histoires d'amour passionné. Par ailleurs, on ne s’attache pas véritablement aux personnages comme dans El Nino. Cependant, ce n’est qu’un début et une série à suivre de près. Mais alors que le tome 2 était prêt à paraître début de l'année 2007, voilà qu'il a été repoussé aux calanques grecques. J'espère que cette série verra quand même le jour et ne souffrira point des récents déboires financiers de la maison d'édition dont elle émane. A noter que j'ai finalement procédé à la vente de mon premier tome en ce début 2009 ne pouvant plus attendre une hypothétique sortie d'un second tome pour une série. 4 ans, c'est trop. J'espère que le message sera compris. Un rythme de parution lent n'est pas très motivant pour un lecteur.

14/02/2007 (MAJ le 30/01/2009) (modifier)
Par klechko
Note: 4/5

Cette nouvelle série est à classer sans nul doute dans le genre 'aventures' et me fait un peu penser dans sa confection à certains films type 'il était une fois la révolution' dans lesquels on évoque différents destins qui sont amenés à se croiser pour former une belle histoire dramatique ou non, la suite nous le dira... Les dessins et couleurs sont remarquables et servent à merveille l'atmosphère générale voulue par le scénariste. A noter que les bateaux sont superbement mis en mouvement. Côté scénario, il consiste à dresser le décors (plutôt normal étant donné qu'il s'agit d'un premier tome) mais reste tout de même assez dynamique et laisse présager quelque chose d'intéressant pour la suite. Un tout petit reproche quand même concernant le passage où le poème de Baudelaire est mis en image sur une planche complète. Je trouve que cette planche n'était pas utile à l'intérieur même du récit et casse un peu la dynamique. 'L'albatros' aurait fait bien meilleur effet en page de garde en format manuscrit... mais cela n'engage que moi. L'association d'auteurs est donc réussie, je souhaite beaucoup de bonheur à cette série pour mon plus grand plaisir et peut être pour le votre...

16/12/2005 (modifier)
Par jopicard
Note: 4/5

Un début très prometteur pour cette nouvelle série au graphisme époustouflant. Comme son nom l'indique merveilleusement, cet album d'aventures a pour cadre les étendues sauvages et inexplorées de la Terre de Feu. Un certain nombre de personnages : marins, chercheurs d'or, missionaires, militaires ou autochtones... voient leurs destins s'entremêlés dans une nature implacable. Les graphismes impeccables et les couleurs souvent à dominante bleutée restituent la pureté sauvage que l'on peut attendre d'une telle région. L'homme est ici dominé et balloté par les éléments. La narration nous présente successivement une galerie de personnages au caractère souvent bien trempé. Le passage d'une scène à l'autre est parfois un peu confuse mais le scénariste réussi brillament à imbriquer le fil des différentes histoires. Certaines questions restent en suspens : quel est le véritable passé de Johannes? Enlassera t-il Miss Lawrence comme le laisse promettre la jolie couverture de ce premier tome?. Restent aux auteurs à transformer l'essai et nous créer une suite dans la même veine. En bref, c'est un bien bel hommage à ces hommes du passé qui n'hésitaient pas à risquer leur vie pour découvrir les régions les plus inhospitalières de la planète.

24/11/2005 (modifier)
Par herve
Note: 4/5
L'avatar du posteur herve

Embarquez pour la grande aventure avec "Cap Horn", titre qui à lui tout seul est évocateur des grandes traversées maritimes. Surprise, au niveau du scénario, alors que je m'attendais à entendre chanter "Valparaiso" ("Au cap Horn, il ne fera pas chaud, Haul away, hé! Oula Tchalez!) par des rudes marins, et bien non... ce sont les sabots de chevaux et des cow boys (des gauchos, plutôt) qui ouvrent le bal. Habitué aux grands espaces et aux grandes équipées avec la très bonne série "El Niño", Christian Perrisin joue entièrement la carte du dépaysement avec cet opus. La seule chose que je peux reprocher c'est que, dans cet album, on passe trop rapidement d'une intrigue à une autre (l'histoire de Johannes Orth, la traversée en solitaire de Jason Low, la mission du navire "bisson"). Mais les transitions sont si bien amenées que l'on pardonne aux auteurs (la vision du "gust of wind" dans les jumelles -page 8-, l'albatros baudelairien quelques pages suivantes, la neige -page 42). Reste un très bon dessin réaliste, et des superbes paysages (voir pages 12/13 ou encore page 36) sous le pinceau d'Enea Riboldi. Bon scénario, très beau dessin... Bravo aux auteurs.

20/11/2005 (modifier)