Aya de Yopougon nous décrit les histoires d’Aya et son entourage, habitant le quartier populaire de Yopougon à Abidjan, en Côte d’Ivoire, à la fin des années 1970. Il y a une jolie galerie de personnages : Aya, qui veut devenir médecin et travaille dur à l’université, Bintou la « gazeuse » (fêtarde), Adjoua la timide, leurs parents respectifs, la bonne Félicité, Hervé qui ne paie pas de mine mais dont le garage marche de mieux en mieux, Mamadou le dragueur, Grégoire le parasite, Moussa Sissoko et ses riches parents, le coiffeur Innocent qui prendra de l’importance en milieu de série, etc. Tout ce petit monde est fort réussi, et on s’attache réellement à chacun d’entre eux, malgré – ou grâce à – tous leurs défauts !
Le dessin, faussement relâché (dans un style proche de celui initié par les auteurs de l’Association), est parfaitement adapté à l’ambiance du récit. Seul bémol : au début, j’avais un peu de mal à distinguer les différents personnages féminins, mais cela s’arrange rapidement.
Avec ses personnages, l’autre grande qualité de cette série réside dans ces dialogues, qui utilisent de nombreuses expressions locales hautes en couleurs, tout en restant d’une grande fluidité et compréhensibles sans qu’il soit vraiment nécessaire de consulter le glossaire en fin d’ouvrage. Les répliques fusent, on s’engueule, on se réconcilie, bref, c’est très marrant. Ce qui n’empêche pas d’évoquer quelques sujets très sérieux, comme vous pourrez le découvrir à la lecture. Mais cela ne tombe jamais dans les poncifs ou dans le moralisateur plan-plan.
Globalement, tout cela « sonne » très vrai ; on est bien loin des représentations simplistes sur « l’Afrique ». Tout en nous faisant ressentir beaucoup de sympathie et de tendresse pour ses personnages, Marguerite Abouet livre parfois une description assez caustique aussi bien du mode de vie d’Abidjan que de celui de Paris (à partir du tome 4). Mais bien que caustique, ça ne sombre pas dans la caricature absolue, et tout reste toujours très humain.
Bref, une excellente lecture, qui rend un peu moins bête et qui donne la pêche ! À conseiller absolument !
Rapide flashback : même si j'en ai très peu parlé ici et là, j'ai lu beaucoup d'aventures des personnages de Mickey ou de Donald dans ma jeunesse.
Le journal de Mickey, Mickey Parade et compagnie font partie de mes classiques.
Malgré une nette préférence pour les aventures de Donald et de ses neveux ou du célébrissime Picsou, l'univers de Mickey, souvent moins drôle, n'avait aucun secret pour moi....
Puis paf on grandit, on oublie et, et, et.... Quelle ne fut pas ma surprise de voir Trondheim au scénario d'une commande et d'un partenariat de 4 albums Glénat sur la souris la plus célèbre de Disney !
Avec Keramidas aux commandes qui a fait ses armes dans un studio Disney section animation avant de voler de ses propres ailes, c'était déjà l'assurance d'un joli duo pour réanimer la souris au short rouge dans un univers déjanté... Pari tenu car ce joli album toilé est non seulement une madeleine de Proust incontestable mais une oeuvre culte de plus pour les papas de Lapinot et de l'excellente trilogie Alice au pays des Singes !!!
Jouant des contraintes imposées par Disney (pas d'alcool ou armes à feu entres autres), Trondheim a du se régaler en concoctant un scénario rythmé et complètement déjanté s'affranchissant même des transitions désuètes puisque son histoire est entrecoupée de pans béants dans sa narration.
Une histoire incomplète, comment cela ? Très simple, les auteurs ont fait mine de retrouver un récit incomplet et jamais publié en français qu'ils auraient traduit et réhabilité...
En fait chaque planche est numérotée et il en manque pas mal volontairement, libre au lecteur de se constituer lui même les transitions nécessaires.
Vous êtes perdu ? Pas du tout ! Il ne faut pas oublier que Trondheim est passé maitre dans le style Oubapo et que l'ensemble n'est que prétexte à une succession de gags de haute volée en une page et dont il est facile de relier les pages manquantes.
Sur base d'un traditionnel vol de Picsou par Pat Hibulaire et les Rapetou, Trondheim et Keramidas nous basculent en 44 pages dans l'univers complet, drôle et absurde de Mickeyville ! Ainsi Donald et Mickey forment un sacré duo, toujours en mouvement. Qu'ils soient rapetissés, explorent un temple inca ou aillent même sur la lune, leurs péripéties vont vous rappeler votre jeunesse et vous faire marrer car oui on rit des codes Disney détournés par les auteurs de façon non seulement respectueuse mais référentielle.
Pour ma part, Mickey n'aura jamais été aussi drôle sur papier que dans cette aventure où il sera affublé d'un Donald fidèle à lui-même.
Keramidas est un auteur complet dont le style dynamique et cartoon s'adapte parfaitement au style rétro et vintage de Mickey.
Il faut également souligner le travail exemplaire de Brigitte Findakly aux couleurs "restaurées" et aux nombreuses taches et effets vieillis de la bd (n'oubliez pas qu'il s'agit d'un trésor perdu puis retrouvé) lui donnant un effet "Grindhouse" des plus réussis.
Bref, la réussite est totale. On lit d'abord par curiosité forcément puis on tombe sous le charme en à peine 3 pages....
Merci Trondheim et Keramidas de nous offrir un tel bijou sur un univers aussi éculé et balisé que celui de Mickey et de Donald ! Ruez vous vite dessus, vous ne le regretterez pas d'autant plus que le prix de 15 euros est tout à fait inhabituel pour un album de cette qualité éditoriale.
115 avis ... je doute que le mien change quoique ce soit aux statistiques...
J'ai découvert Thorgal en album quand le tome 3 venait de paraître, et ensuite, année après année, j'ai découvert patiemment et annuellement la suite de cette longue et belle épopée.
D'emblée, c'est le travail du dessinateur et peintre polonais Rosinski qui m'a le plus touché ; quel graphisme ; quelle claque visuelle, et quel talent !
Vient ensuite les scénarios réussis de Van Hamme, qui soit dit en passant, en tant que scénariste, a eu bien de la chance d'être secondé par un tel maestro du dessin. Certainement le meilleur de son époque (± 1977 ). Ensemble, ça détonnait !
Le passage à Sente crée une creux scénaristique évident.
Vivement que Dorison dans les prochains épisodes trouve ses marques dans cet univers qui devrait lui aller comme un gant.
Dessin : 20 étoiles et encore davantage si cela était possible ...
Scénario : bof ... 3/5
Voila un BD dont on s'abstiendra du scénario pour goutter, savourer, se délecter, humer, s'abattre de bonheur, devant une telle qualité graphique qui je crois n'a jamais été pareillement atteinte dans le petit univers du 9ème art.
Le grand oeuvre graphique, telle une pierre philosophale, c'est ici qu'elle se trouve.
René Follet s'est surpassé comme jamais. Graphiquement, on frôle les cimes.
Quand d'aucuns s'essayent avec plus ou moins de bonheur (souvent moins) à une couverture à la peinture à l'huile .... ici, c'est toute la BD qui est peinte avec extrême talent, à la peinture à l'huile ; chaque case est un tableau en soi.
Alors pour le conseil, ne passez pas devant se monument graphique.
Pourquoi les plus grands scénaristes se contentent-t-ils de dessinateurs commerciaux souvent juste passables en comparaison des talents de ce peintre hors pair qu'est René Follet ?
Et pourquoi un tel talent se voit réduit à devoir scénariser un album d'André-Paul Duchâteau ....
Que le monde est bête, ou mal fait .... ou les lecteurs aveugles ?
J'ai commencé cette série sans rien en attendre, n'étant pas un grand fan du médiéval fantastique "asiatique". La première lecture fut laborieuse du fait du fantastique trop présent à mon goût.
Je suis tombé par hasard sur la série complète à un prix défiant toute concurrence, et en ai fait l'acquisition, au cas où j'aurais loupé quelques chose.
Et bien oui ! j'avais loupé une grande bd avec des personnages hauts en couleurs.
Les 4 premiers diptyques, sur des thèmes à chaque fois différents sont prenants. Ils développent une solide histoire, et laissent les personnages évoluer au fil des tomes. Car oui les personnes évoluent, autant que notre vision des choses en en apprenant plus sur eux.
Le dernier diptyque clôt magistralement la série. Tout nous est conté. D'où ils viennent, ce qu'il sont, et pourquoi. Je ne me posais pas particulièrement de questions à leur sujet et malgré tout les réponses sont là. Le scénariste ne s'est pas fichu de nous. Il nous a pondu une fin aux petits oignons.
Bref une série magistrale, 5 grosses histoires réparties sur 10 tomes, qui forment un ensemble du tonnerre !
18/20
Mon avis ressemblera aux précédents : ce Grand Méchant Renard est des plus amusants.
Le ton est très « Tex Avery » avec un renard attachant en gentil méchant qui s’en prend plein la tronche. Les rebondissements sont multiples et souvent originaux. J’ai le sentiment que l’auteur prenait plaisir à se mettre en danger dans le sens où, souvent, il trouve une solution au problème rencontré par le renard mais se plait à rebondir sur cette solution pour créer de nouveaux problèmes.
Le ton est moderne et direct.
Le dessin, lui aussi, va à l’essentiel mais dispose de toute l’expressivité et de tout le dynamisme nécessaires pour parfaitement coller au propos.
Enfin, j’ai aussi apprécié les dernières planches de l’album qui, à raison d’une case muette par planche, permettent de quitter en douceur et avec tendresse cet attachant renard et sa progéniture de substitution.
Un très bel album, drôle avant tout, mais tendre également.
Cette fois c’est sûr et je le répète haut et fort (et gras) : mon scénariste préféré en BD est Wilfried Lupano !
Une fois encore, et après de jolies pépites et autres séries cultes comme, entre autres, Alim le tanneur, Le Droit Chemin, Ma révérence, Le Singe de Hartlepool ou L'Assassin qu'elle mérite, Lupano signe ici un scénario drôle et bien ficelé mettant en scène des personnages grandes gueules et attachants dont la vie trépidante ne connait pas le repos, physique ou psychologique.
Les vieux fourneaux ce sont trois « séniors » pas du tout rangés, qui se retrouvent au début de la série à la triste occasion de l’enterrement de la femme de l’un d’eux. Cette dernière a laissé à son mari une lettre à n’ouvrir, chez le notaire, qu’après sa mort… Et pour cause, la révélation qui y est faite est un vrai coup de tonnerre qui va bouleverser bien des certitudes.
Aux côtés de nos trois vieux, on trouve la jeune Sophie (enceinte jusqu’aux yeux au début du tome 1), petite fille d’un des trois compères, qui ne fera pas mentir le dicton « les chiens ne font pas des chats ». Cette dernière a tout quitté pour revenir aux sources, et va se retrouver mêlée à l’aventure en y apportant sa lucidité, sa raison et son franc parler (mention spéciale pour les épisodes « boulangerie » ou la rencontre avec le groupe de vieux promus « pire génération de l’histoire de l’humanité »).
Au dessin, Cauuet illustre admirablement le scénario du sieur Lupano avec un style qui colle parfaitement à l’ambiance : très expressif, très coloré, très dynamique. J’aime beaucoup également les sauts dans le passé qui nous montrent la jeunesse de nos vieux briscards, tout aussi animée que leur vie actuelle d’ailleurs.
Une série à ne louper sous aucun prétexte !
Comment se changer les idées quand on est auteur de BD et que l’on doit travailler sur un album tel que Dilemma (Le Lombard) ? Et bien on prend la tangente et on se défoule en dessinant autre chose. C’est ce qu’a fait Clarke avec ces réalités obliques.
Dans l’esprit des Idées Noires de Franquin, Clarke propose un recueil d’angoisse en noir et blanc à la frontière du réel, où l’ombre et la lumière ne cessent de s’affronter (je suis bien conscient que ça ne veut strictement rien dire, mais je trouvais que ça sonnait bien ;)). Il n’en reste pas moins vrai que l’auteur joue du noir mais également de son absence pour nous plonger dans une ambiance de doute, ne sachant pas quand, ni comment, la réalité va basculer.
Réalités obliques, c’est une vingtaine d’histoires absurdes, irréelles, toutes dans le même format : quatre planches de quatre cases, à travers lesquels Clarke parvient à nous mettre sous tension, à nous surprendre ou à nous dérouter. Difficile d’en dire d’avantage sans en dévoiler le contenu ou se lancer dans une séance de psychanalyse, je voudrais néanmoins accorder une mention très spéciale pour le récit des loups !
Seul bémol, c’est que l’album se lit trop vite. Son prix étant un peu élevé, même si la qualité de l’album et le travail de Clarke sont au rendez-vous, j’ai quand même été frustré et c’est pourquoi je n’en recommande pas nécessairement l’achat, si ce n’est sur un coup de cœur, ce qui fut mon cas.
Le festival d'Angoulême a ses défauts, mais aussi ses qualités, dont une des moindres est de me faire découvrir des pépites de lectures comme cet "Eté Diabolik".
Ce petit roman graphique est super bien ficelé au scénario. C'est plein de références (que les auteurs ont choisis de présenter en fin d'ouvrage), le rythme est parfaitement maitrisé, et pour un polar c'est important. Les informations sont données juste comme il faut, et le tout déroule une histoire haletante qui nous tient en haleine jusqu'aux dernières pages.
Au dessin, j'ai trouvé ça très bien fait. Ce style un peu retro moderne insuffle une ambiance particulière à cette histoire sur fond d'espionnage. Les couleurs vives apportent une lumière particulière, contre point parfait d'un récit dur et sombre.
A lire sans hésitation.
J’accroche vraiment aux histoires de Derf. J’avais déjà beaucoup aimé Mon ami Dahmer (son best-seller) et Punk Rock et mobile homes… « Trashed » ne déçoit pas, et reprend un peu la même recette : une histoire s’intéressant à un sujet politico-social important (le ramassage et le recyclage des déchets), avec une histoire qui ne se prend pas trop au sérieux, et une galerie de personnages déjantés.
Derf s’est clairement documenté (il cite ses sources en fin d’album), et on en apprend énormément sur le système de collection des déchets, actuel mais aussi passé, sur le coût et l’efficacité du recyclage, etc… alors certes la plupart des informations fournies concernent le système américain, mais cela reste diablement intéressant. Il y a aussi une réflexion pertinente sur la société de consommation et l’obsolescence programmée… tout un programme !
La trame narrative principale suit le quotidien d’une équipe d’éboueurs dans une petite bourgade : déchets dégelasses ou trop lourds, résidents chiants, météo affreuse… ils en voient vraiment de toutes les couleurs… et dire que la plupart des anecdotes sont inspirées de faits réels, l’auteur ayant vraiment travaillé comme éboueur de sans jeunesse. Les différents protagonistes sont pour le moins haut en couleurs, à commencer par Magee, qui m’a beaucoup fait rire… quelle brochette de tarés !
Un excellent moment de lecteur, et un album recommandable.
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Aya de Yopougon
Aya de Yopougon nous décrit les histoires d’Aya et son entourage, habitant le quartier populaire de Yopougon à Abidjan, en Côte d’Ivoire, à la fin des années 1970. Il y a une jolie galerie de personnages : Aya, qui veut devenir médecin et travaille dur à l’université, Bintou la « gazeuse » (fêtarde), Adjoua la timide, leurs parents respectifs, la bonne Félicité, Hervé qui ne paie pas de mine mais dont le garage marche de mieux en mieux, Mamadou le dragueur, Grégoire le parasite, Moussa Sissoko et ses riches parents, le coiffeur Innocent qui prendra de l’importance en milieu de série, etc. Tout ce petit monde est fort réussi, et on s’attache réellement à chacun d’entre eux, malgré – ou grâce à – tous leurs défauts ! Le dessin, faussement relâché (dans un style proche de celui initié par les auteurs de l’Association), est parfaitement adapté à l’ambiance du récit. Seul bémol : au début, j’avais un peu de mal à distinguer les différents personnages féminins, mais cela s’arrange rapidement. Avec ses personnages, l’autre grande qualité de cette série réside dans ces dialogues, qui utilisent de nombreuses expressions locales hautes en couleurs, tout en restant d’une grande fluidité et compréhensibles sans qu’il soit vraiment nécessaire de consulter le glossaire en fin d’ouvrage. Les répliques fusent, on s’engueule, on se réconcilie, bref, c’est très marrant. Ce qui n’empêche pas d’évoquer quelques sujets très sérieux, comme vous pourrez le découvrir à la lecture. Mais cela ne tombe jamais dans les poncifs ou dans le moralisateur plan-plan. Globalement, tout cela « sonne » très vrai ; on est bien loin des représentations simplistes sur « l’Afrique ». Tout en nous faisant ressentir beaucoup de sympathie et de tendresse pour ses personnages, Marguerite Abouet livre parfois une description assez caustique aussi bien du mode de vie d’Abidjan que de celui de Paris (à partir du tome 4). Mais bien que caustique, ça ne sombre pas dans la caricature absolue, et tout reste toujours très humain. Bref, une excellente lecture, qui rend un peu moins bête et qui donne la pêche ! À conseiller absolument !
Mickey's Craziest Adventures
Rapide flashback : même si j'en ai très peu parlé ici et là, j'ai lu beaucoup d'aventures des personnages de Mickey ou de Donald dans ma jeunesse. Le journal de Mickey, Mickey Parade et compagnie font partie de mes classiques. Malgré une nette préférence pour les aventures de Donald et de ses neveux ou du célébrissime Picsou, l'univers de Mickey, souvent moins drôle, n'avait aucun secret pour moi.... Puis paf on grandit, on oublie et, et, et.... Quelle ne fut pas ma surprise de voir Trondheim au scénario d'une commande et d'un partenariat de 4 albums Glénat sur la souris la plus célèbre de Disney ! Avec Keramidas aux commandes qui a fait ses armes dans un studio Disney section animation avant de voler de ses propres ailes, c'était déjà l'assurance d'un joli duo pour réanimer la souris au short rouge dans un univers déjanté... Pari tenu car ce joli album toilé est non seulement une madeleine de Proust incontestable mais une oeuvre culte de plus pour les papas de Lapinot et de l'excellente trilogie Alice au pays des Singes !!! Jouant des contraintes imposées par Disney (pas d'alcool ou armes à feu entres autres), Trondheim a du se régaler en concoctant un scénario rythmé et complètement déjanté s'affranchissant même des transitions désuètes puisque son histoire est entrecoupée de pans béants dans sa narration. Une histoire incomplète, comment cela ? Très simple, les auteurs ont fait mine de retrouver un récit incomplet et jamais publié en français qu'ils auraient traduit et réhabilité... En fait chaque planche est numérotée et il en manque pas mal volontairement, libre au lecteur de se constituer lui même les transitions nécessaires. Vous êtes perdu ? Pas du tout ! Il ne faut pas oublier que Trondheim est passé maitre dans le style Oubapo et que l'ensemble n'est que prétexte à une succession de gags de haute volée en une page et dont il est facile de relier les pages manquantes. Sur base d'un traditionnel vol de Picsou par Pat Hibulaire et les Rapetou, Trondheim et Keramidas nous basculent en 44 pages dans l'univers complet, drôle et absurde de Mickeyville ! Ainsi Donald et Mickey forment un sacré duo, toujours en mouvement. Qu'ils soient rapetissés, explorent un temple inca ou aillent même sur la lune, leurs péripéties vont vous rappeler votre jeunesse et vous faire marrer car oui on rit des codes Disney détournés par les auteurs de façon non seulement respectueuse mais référentielle. Pour ma part, Mickey n'aura jamais été aussi drôle sur papier que dans cette aventure où il sera affublé d'un Donald fidèle à lui-même. Keramidas est un auteur complet dont le style dynamique et cartoon s'adapte parfaitement au style rétro et vintage de Mickey. Il faut également souligner le travail exemplaire de Brigitte Findakly aux couleurs "restaurées" et aux nombreuses taches et effets vieillis de la bd (n'oubliez pas qu'il s'agit d'un trésor perdu puis retrouvé) lui donnant un effet "Grindhouse" des plus réussis. Bref, la réussite est totale. On lit d'abord par curiosité forcément puis on tombe sous le charme en à peine 3 pages.... Merci Trondheim et Keramidas de nous offrir un tel bijou sur un univers aussi éculé et balisé que celui de Mickey et de Donald ! Ruez vous vite dessus, vous ne le regretterez pas d'autant plus que le prix de 15 euros est tout à fait inhabituel pour un album de cette qualité éditoriale.
Thorgal
115 avis ... je doute que le mien change quoique ce soit aux statistiques... J'ai découvert Thorgal en album quand le tome 3 venait de paraître, et ensuite, année après année, j'ai découvert patiemment et annuellement la suite de cette longue et belle épopée. D'emblée, c'est le travail du dessinateur et peintre polonais Rosinski qui m'a le plus touché ; quel graphisme ; quelle claque visuelle, et quel talent ! Vient ensuite les scénarios réussis de Van Hamme, qui soit dit en passant, en tant que scénariste, a eu bien de la chance d'être secondé par un tel maestro du dessin. Certainement le meilleur de son époque (± 1977 ). Ensemble, ça détonnait ! Le passage à Sente crée une creux scénaristique évident. Vivement que Dorison dans les prochains épisodes trouve ses marques dans cet univers qui devrait lui aller comme un gant.
Terreur
Dessin : 20 étoiles et encore davantage si cela était possible ... Scénario : bof ... 3/5 Voila un BD dont on s'abstiendra du scénario pour goutter, savourer, se délecter, humer, s'abattre de bonheur, devant une telle qualité graphique qui je crois n'a jamais été pareillement atteinte dans le petit univers du 9ème art. Le grand oeuvre graphique, telle une pierre philosophale, c'est ici qu'elle se trouve. René Follet s'est surpassé comme jamais. Graphiquement, on frôle les cimes. Quand d'aucuns s'essayent avec plus ou moins de bonheur (souvent moins) à une couverture à la peinture à l'huile .... ici, c'est toute la BD qui est peinte avec extrême talent, à la peinture à l'huile ; chaque case est un tableau en soi. Alors pour le conseil, ne passez pas devant se monument graphique. Pourquoi les plus grands scénaristes se contentent-t-ils de dessinateurs commerciaux souvent juste passables en comparaison des talents de ce peintre hors pair qu'est René Follet ? Et pourquoi un tel talent se voit réduit à devoir scénariser un album d'André-Paul Duchâteau .... Que le monde est bête, ou mal fait .... ou les lecteurs aveugles ?
Okko
J'ai commencé cette série sans rien en attendre, n'étant pas un grand fan du médiéval fantastique "asiatique". La première lecture fut laborieuse du fait du fantastique trop présent à mon goût. Je suis tombé par hasard sur la série complète à un prix défiant toute concurrence, et en ai fait l'acquisition, au cas où j'aurais loupé quelques chose. Et bien oui ! j'avais loupé une grande bd avec des personnages hauts en couleurs. Les 4 premiers diptyques, sur des thèmes à chaque fois différents sont prenants. Ils développent une solide histoire, et laissent les personnages évoluer au fil des tomes. Car oui les personnes évoluent, autant que notre vision des choses en en apprenant plus sur eux. Le dernier diptyque clôt magistralement la série. Tout nous est conté. D'où ils viennent, ce qu'il sont, et pourquoi. Je ne me posais pas particulièrement de questions à leur sujet et malgré tout les réponses sont là. Le scénariste ne s'est pas fichu de nous. Il nous a pondu une fin aux petits oignons. Bref une série magistrale, 5 grosses histoires réparties sur 10 tomes, qui forment un ensemble du tonnerre ! 18/20
Le Grand Méchant Renard
Mon avis ressemblera aux précédents : ce Grand Méchant Renard est des plus amusants. Le ton est très « Tex Avery » avec un renard attachant en gentil méchant qui s’en prend plein la tronche. Les rebondissements sont multiples et souvent originaux. J’ai le sentiment que l’auteur prenait plaisir à se mettre en danger dans le sens où, souvent, il trouve une solution au problème rencontré par le renard mais se plait à rebondir sur cette solution pour créer de nouveaux problèmes. Le ton est moderne et direct. Le dessin, lui aussi, va à l’essentiel mais dispose de toute l’expressivité et de tout le dynamisme nécessaires pour parfaitement coller au propos. Enfin, j’ai aussi apprécié les dernières planches de l’album qui, à raison d’une case muette par planche, permettent de quitter en douceur et avec tendresse cet attachant renard et sa progéniture de substitution. Un très bel album, drôle avant tout, mais tendre également.
Les Vieux Fourneaux
Cette fois c’est sûr et je le répète haut et fort (et gras) : mon scénariste préféré en BD est Wilfried Lupano ! Une fois encore, et après de jolies pépites et autres séries cultes comme, entre autres, Alim le tanneur, Le Droit Chemin, Ma révérence, Le Singe de Hartlepool ou L'Assassin qu'elle mérite, Lupano signe ici un scénario drôle et bien ficelé mettant en scène des personnages grandes gueules et attachants dont la vie trépidante ne connait pas le repos, physique ou psychologique. Les vieux fourneaux ce sont trois « séniors » pas du tout rangés, qui se retrouvent au début de la série à la triste occasion de l’enterrement de la femme de l’un d’eux. Cette dernière a laissé à son mari une lettre à n’ouvrir, chez le notaire, qu’après sa mort… Et pour cause, la révélation qui y est faite est un vrai coup de tonnerre qui va bouleverser bien des certitudes. Aux côtés de nos trois vieux, on trouve la jeune Sophie (enceinte jusqu’aux yeux au début du tome 1), petite fille d’un des trois compères, qui ne fera pas mentir le dicton « les chiens ne font pas des chats ». Cette dernière a tout quitté pour revenir aux sources, et va se retrouver mêlée à l’aventure en y apportant sa lucidité, sa raison et son franc parler (mention spéciale pour les épisodes « boulangerie » ou la rencontre avec le groupe de vieux promus « pire génération de l’histoire de l’humanité »). Au dessin, Cauuet illustre admirablement le scénario du sieur Lupano avec un style qui colle parfaitement à l’ambiance : très expressif, très coloré, très dynamique. J’aime beaucoup également les sauts dans le passé qui nous montrent la jeunesse de nos vieux briscards, tout aussi animée que leur vie actuelle d’ailleurs. Une série à ne louper sous aucun prétexte !
Réalités obliques
Comment se changer les idées quand on est auteur de BD et que l’on doit travailler sur un album tel que Dilemma (Le Lombard) ? Et bien on prend la tangente et on se défoule en dessinant autre chose. C’est ce qu’a fait Clarke avec ces réalités obliques. Dans l’esprit des Idées Noires de Franquin, Clarke propose un recueil d’angoisse en noir et blanc à la frontière du réel, où l’ombre et la lumière ne cessent de s’affronter (je suis bien conscient que ça ne veut strictement rien dire, mais je trouvais que ça sonnait bien ;)). Il n’en reste pas moins vrai que l’auteur joue du noir mais également de son absence pour nous plonger dans une ambiance de doute, ne sachant pas quand, ni comment, la réalité va basculer. Réalités obliques, c’est une vingtaine d’histoires absurdes, irréelles, toutes dans le même format : quatre planches de quatre cases, à travers lesquels Clarke parvient à nous mettre sous tension, à nous surprendre ou à nous dérouter. Difficile d’en dire d’avantage sans en dévoiler le contenu ou se lancer dans une séance de psychanalyse, je voudrais néanmoins accorder une mention très spéciale pour le récit des loups ! Seul bémol, c’est que l’album se lit trop vite. Son prix étant un peu élevé, même si la qualité de l’album et le travail de Clarke sont au rendez-vous, j’ai quand même été frustré et c’est pourquoi je n’en recommande pas nécessairement l’achat, si ce n’est sur un coup de cœur, ce qui fut mon cas.
L'Eté Diabolik
Le festival d'Angoulême a ses défauts, mais aussi ses qualités, dont une des moindres est de me faire découvrir des pépites de lectures comme cet "Eté Diabolik". Ce petit roman graphique est super bien ficelé au scénario. C'est plein de références (que les auteurs ont choisis de présenter en fin d'ouvrage), le rythme est parfaitement maitrisé, et pour un polar c'est important. Les informations sont données juste comme il faut, et le tout déroule une histoire haletante qui nous tient en haleine jusqu'aux dernières pages. Au dessin, j'ai trouvé ça très bien fait. Ce style un peu retro moderne insuffle une ambiance particulière à cette histoire sur fond d'espionnage. Les couleurs vives apportent une lumière particulière, contre point parfait d'un récit dur et sombre. A lire sans hésitation.
Trashed
J’accroche vraiment aux histoires de Derf. J’avais déjà beaucoup aimé Mon ami Dahmer (son best-seller) et Punk Rock et mobile homes… « Trashed » ne déçoit pas, et reprend un peu la même recette : une histoire s’intéressant à un sujet politico-social important (le ramassage et le recyclage des déchets), avec une histoire qui ne se prend pas trop au sérieux, et une galerie de personnages déjantés. Derf s’est clairement documenté (il cite ses sources en fin d’album), et on en apprend énormément sur le système de collection des déchets, actuel mais aussi passé, sur le coût et l’efficacité du recyclage, etc… alors certes la plupart des informations fournies concernent le système américain, mais cela reste diablement intéressant. Il y a aussi une réflexion pertinente sur la société de consommation et l’obsolescence programmée… tout un programme ! La trame narrative principale suit le quotidien d’une équipe d’éboueurs dans une petite bourgade : déchets dégelasses ou trop lourds, résidents chiants, météo affreuse… ils en voient vraiment de toutes les couleurs… et dire que la plupart des anecdotes sont inspirées de faits réels, l’auteur ayant vraiment travaillé comme éboueur de sans jeunesse. Les différents protagonistes sont pour le moins haut en couleurs, à commencer par Magee, qui m’a beaucoup fait rire… quelle brochette de tarés ! Un excellent moment de lecteur, et un album recommandable.