Punk Rock et mobile homes (Punk Rock and trailer parks)

Note: 3.75/5
(3.75/5 pour 4 avis)

Avec ses personnages baroques, ses dialogues et situations rocambolesques, Punk Rock et mobile homes est à mourir de rire, tout en étant un véritable documentaire sur la scène punk des années 1980, telle que Backderf l’a lui-même connue dans sa jeunesse.


Cà et Là Comix Musique Punk [USA] - Middle West

Situé au début des années 1980, dans la banlieue d’Akron, une ville de la Rust Belt frappée par la crise économique, Punk Rock et mobile homes est une comédie déjantée dans le milieu de la musique punk. Le personnage principal, Otto Pizcok, dit « Le Baron », est en terminale et vit dans le parc de mobile-homes appartenant à son grand-oncle. Gros balèze féru du Seigneur des Anneaux à la personnalité un peu borderline, il est à la fois admiré et incompris de ses camarades de classe. Grand fan de musique punk, il fréquente assidûment The Bank, la principale salle de concerts punk d’Akron, alors appelée « The New Liverpool ». Grâce à son impressionnant aplomb, Otto parvient a se débarrasser de son image de nerd pour devenir le guide/roadie de sommités du Punk telles que Joe Strummer ou les Ramones. Il devient même chanteur, et parvient à ses fins avec la gent féminine, mais il finit par péter les plombs en plein concert et, comble de l’horreur, se retrouve seul à l’approche du bal de fin d’année. Texte : Editeur.

Scénariste
Dessinateur
Traducteur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 14 Février 2014
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Punk Rock et mobile homes
Les notes (4)
Cliquez pour lire les avis

14/05/2014 | Alix
Modifier


Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

Je voulais absolument lire ce one-shot car Backderf est devenu un des mes auteurs de comics préférés. J'aime bien son dessin underground et la façon dont il raconte ses histoires remplies de personnages peu ordinaires et d'anecdotes intéressantes. Je fus un peu déçu car si c'est une bonne lecture, ce n'est pas aussi bon que les deux autres livres de l'auteur que j'ai lus. Peut-être que j'en attendais trop, mais il faut dire que le punk et le rock ne sont pas des musiques qui m'attirent et je ne connaissais même pas la plupart des groupes cités ou qui font une apparition. Le sujet est moins passionnant pour moi que l'adolescence d'un futur tueur en série. Le gros de l'intrigue tourne autour du personnage du Baron, un type un peu étrange et un peu con parfois, mais au final sympathique. Comme dans les autres oeuvres de l'auteur, on a droit à un mélange de fiction et de souvenirs réelles. On croise des beaux cas sociaux et l'humour de l'auteur m'a souvent bien fait rire. C'est une lecture agréable si on aime ce genre de mélange entre la fiction et le documentaire.

12/01/2016 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
L'avatar du posteur Blue Boy

Décidément, il semble que Backderf ait une attirance pour les personnages marginaux et décalés. Après Mon ami Dahmer, où il évoquait un camarade de classe qui devait par la suite devenir un célèbre serial killer, le dessinateur américain nous fait revivre, à travers ce « Baron », personnage fictif et déjanté, la période glorieuse (pour qui est fan de rock évidemment, car pour les évangélistes pudibonds et autres timbrés de Dieu, c’était une véritable malédiction) où la ville d’Akron se fit connaître autrement que comme capitale mondiale du caoutchouc, à savoir comme une pépinière de talents punk rock (Devo et Chrissie Hynde des Pretenders étant ses représentants les plus connus). La ville a vu défiler à The Bank (salle mythique dédiée à cette scène musicale) nombre de groupes et artistes emblématiques de ces années comme The Clash, Klaus Nomi, The Ramones, Ian Dury and the Blockheads… Mais ce qui s’imposait alors comme une contre-culture ne plaisait pas à tout le monde, loin s’en faut. Les gardiens de la morale veillaient au grain, et n’hésitaient pas à surveiller les concerts et à interpeler violemment les artistes se livrant à des actes « inconvenants », voir notamment le passage édifiant (et drôle malgré tout) avec Wendy O.Williams and the Plasmatics. Tirés de faits réels et de souvenirs personnels de Backderf, « Punk Rock et Mobile Homes » se veut aussi et surtout une évocation joyeuse et foutraque, qui rappelle par bien des aspects Les Fabuleux Freak Brothers, avec ce sympathique Baron qui au départ n’avait pas toutes les cartes en main pour se sortir d’un milieu sordide (sa famille vivait chichement dans un parc de mobile homes, avec pour seule distraction la télé et la picole), mais parvint à se distinguer par sa personnalité baroque et son aplomb hors du commun. De façon surprenante, l’auteur renforce par son graphisme vertical si particulier le côté hilarant de l’histoire, alors qu’il lui conférait une touche vaguement inquiétante dans Mon ami Dahmer. On ne peut pas dire que ce soit joli - d’ailleurs Backderf s’en moque bien de faire joli - mais c’est stylé et soigné, et au final on se dit que ces personnages rectangulaires pas trop sexys collent parfaitement à cet univers de contre-culture. A lire pour se payer une bonne tranche de rigolade rock, d’un rire libérateur après le rire jaune de l’opus précédent, même si selon moi ce dernier se place tout de même au dessus.

05/08/2015 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur PAco

J'ai découvert Derf Backderf, l'an dernier avec son album Mon ami Dahmer qui m'avait déjà beaucoup impressionné, tant par son originalité graphique que par son sujet. C'est à l'occasion du dernier festival d'Angoulême que j'ai eu la chance de le rencontrer par hasard sur le stand des éditions "Ça et Là", car je ne savais pas qu'il venait. Je suis donc content de cette rencontre et d'avoir pu observer le premier auteur à faire ses dédicaces debout ! J'ai même cru qu'il était en train de plier bagages, mais non :) Grand amateur de musique et de rock, cet album était juste ce qu'il me fallait pour me replonger dans l'univers déjanté de l'auteur. Et ce fut tout sauf une déception ! Si la mise en place du récit est un peu surprenante au premier abord, avec peut être certaines longueurs, une fois rentré dedans et installé, l'album nous propulse sur un rythme au tempo d'enfer ! Ajoutez à cela des personnages complètement loufoques qui vont croiser des légendes du rock indé des années 80' et vous réalisez alors que vous avez entre les mains un petit bijou qu'on a pas envie de lacher ! Le dessin de Derf Backderf est égal à celui que j'avais découvert dans Mon ami Dahmer ; tout de noir et blanc, avec un style qui pourrait s'apparenter à du Crumb, mais avec une touche toute personnelle qui se reconnaît au premier coup d’œil. En tout cas il colle parfaitement à son histoire déjantée sur le rock de ces années, tout en y instillant un regard acéré sur la société américaine de ces années. Un album brillant et bien barré qui ne pourra que plaire aux amateurs de ces années de légende pour le rock punk, et qui devrait également toucher un public plus large et curieux.

18/03/2015 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
L'avatar du posteur Alix

Je trouve que cette phrase de l’éditeur résume parfaitement cet album : « Avec ses personnages baroques, ses dialogues et situations rocambolesques, Punk Rock et mobile homes est à mourir de rire, tout en étant un véritable documentaire sur la scène punk des années 1980 ». Le style graphique et narratif est typique du comics américain underground, avec ses dessins noir et blanc à la Robert Crumb et un ton définitivement déjanté et irrévérencieux. Certaines situations sont hilarantes, alors que d’autres sont beaucoup plus poignantes et représentatives d’une région, d’une époque. Un bouquin immanquable pour les amateurs de comix indé !

14/05/2014 (modifier)