« La Clef de Sid' » est un premier album publié pour ces deux auteurs peu connus, ayant œuvré dans les magazines mais aussi dans le jeu vidéo… et pourtant quelle maturité !
Le thème central est la vieillesse et tous les maux qui l’accompagnent : la perte des gens qu’on aime, la diminution de ses facultés physiques et mentales, l’isolement, les enfants ingrats ou indifférents… et puis tout bascule pour Hippolyte le jour où son aide à domicile habituelle est remplacée par une jeune femme qui va tout chambouler. La rencontre est d’abord explosive, puis mutuellement bénéfique. Sidonie redonne goût à la vie à Hippolyte, qui à son tour offre sa sagesse à cette jeune femme un peu « bloquée » dans sa vie. La complicité qui s’installe est touchante et d’une justesse incroyable. On note au passage le travail louable de ces « aides », véritables héroïnes sociales. La fin introduit un autre thème intéressant et controversé… mais je n’en dis pas plus pour ne pas gâcher.
La mise en image est remarquable, tout est maitrisé, le trait (notamment sur les visages), les perspectives, les cadrages souvent judicieux… admirez donc les planches dans la galerie.
Vraiment, dans le genre, on peut difficilement faire mieux. A lire si ce genre d’histoire vous intéresse un tant soit peu. Moi je suis ressorti de ma lecture ravi et bouleversé.
Nightwing Rebirth a été vraiment cool à lire. La suite de l’histoire de Grayson est captivante. Il décide de devenir le protecteur de Blüdhaven et même de faire devenir une équipe de Vilains en héros. Ça montre bien que Grayson est un grand leader (en même temps il est chef des Titans et même a été chef de la JLA à un moment donné donc une petite équipe est facile pour lui). Les illustrations, rien a dire, c’est toujours aussi beau, même plus qu’un Marvel, en tant que fan de Nightwing (c’est mon perso DC préféré), l’histoire est super: 20/20. Cependant en VF la série est finie, mais en VO l’histoire continue, donc si vous voulez la suite ça sera en Anglais .
Dernière Bd achetée en mars ; quand j'avais vu le dessin en feuilletant les albums, j'ai tout de suite été enthousiasmé par ce nouveau western qui s'annonce comme une belle fresque sur la culture des Sioux Lakotas et d'autres tribus de cette grande nation indienne. On peut affirmer que la série fait un peu oeuvre anthropologique car les auteurs cernent bien cette culture tout comme celle des Blancs de l'Est et de l'Ouest, en situant le récit dans un contexte réel historique, c'est ce que j'ai apprécié au premier abord.
L'héroïne se positionne comme quelqu'un qui comprend et admire les Indiens, en s'opposant à la volonté de son père sénateur à Washington qui prône l'éradication des "sauvages" incapables de s'adapter à la politique gouvernementale qui favorise le progrès, Diane Myers s'enfuit et va dans l'Ouest, en tant qu'artiste peintre elle symbolise également le rôle qu'a joué Frederick Remington, le grand peintre américain qui a su capter l'âme des pionniers mais aussi des Indiens des plaines. Le contexte historique est celui des guerres indiennes qui dureront en gros de la guerre de Sécession (vers 1861) jusqu'à 1890, et dont l'un des points forts sera la bataille de Little Big Horn. Ceci a déjà été conté dans Blueberry, notamment dans l'épisode Général Tête Jaune qui représente une sorte d'apothéose narrative et graphique de cette série majeure en western, mais aussi dans de nombreux films dont le fameux triptyque de John Ford sur la cavalerie (le Massacre de Fort Apache, la Charge héroïque, Rio Grande). Ce contexte me passionne énormément, je ne pouvais que m'intéresser à cette Bd.
Si j'excepte quelques naïvetés, quelques passages peu crédibles concernant le rôle d'une femme blanche de surcroit dans ces conflits (bien que certaines femmes blanches aient vécu parmi les Indiens en toute sérénité), le récit est formidable pour de multiples raisons, ces petites maladresses sont pour moi des détails mineurs au regard de l'intérêt entier de la Bd. Pour la comprendre il faut s'immerger totalement dedans, c'est ce que j'ai fait évidemment, et j'en ressors ravi. Cette histoire utilise des personnages fictifs mais s'appuie sur des faits et personnages semblables à ceux de Diane et de Missouri, l'aventurier qui l'accompagne, au sein d'événements qui se sont vraiment déroulés, les massacres de villages d'enfants et de femmes par des brutes avinées, il y en a eu hélas, comme le triste massacre de Sand Creek, toute cette tension a été entretenue entre les 2 camps par des fouteurs de merde qui souhaitaient la guerre afin d'exterminer les hommes rouges, l'héroïne rencontre de vraies figures de ce conflit comme le grand chef Sitting Bull et même le président Grant et le général Custer qui lui aussi commettra des massacres gratuits. On y voit aussi le chef Crazy Horse. Mais pour ne pas prendre un tournant trop didactique, les auteurs inventent ces personnages fictifs de Diane, Missouri et Red Leaf pour donner un alibi romanesque et pour créer une dramatisation plus rapprochée avec le lecteur. J'avoue que ça marche et c'est même passionnant.
Le tome 1 présente le contexte et les personnages principaux, fictifs et réels, tandis que le tome 2 est plus tourné vers la gestation d'une guerre imminente, suite à l'affaire des Black Hills, tout en montrant des aspects de vie quotidienne au sein des Lakotas, ainsi que la condition des femmes indiennes qui menaient une vie dure. La fin du tome 2 appelle un nombre de tomes incertain, mais il conduit vers un tome 3 qui va contenir la bataille de Little Big Horn où Custer sera puni de sa folie, on a vu ça au cinéma notamment dans la Charge fantastique de Raoul Walsh, et Little Big Man d'Arthur Penn. La narration établie par Bourgne est fluide et agréable, entretenant un filon captivant malgré des faits connus, la progression est remarquable, et le dessin de Didier Pagot est superbe, je ne connaissais de lui qu'une seule Bd que j'avais appréciée dans Le Complot de Ferney-Voltaire. Son dessin est soigné et bien documenté, avec une mise en page aérée et très plaisante.
Voila donc un bon western, solide, bien conté, joliment dessiné et dont la suite ne pourra que me passionner encore plus, à condition que ça ne s'étire pas sur plus de 3, voire peut-être 4 albums.
Entre autobiographie et fiction, Daniel Blancou s’est inspiré — très vraisemblablement — de sa propre expérience pour nous livrer cette comédie jubilatoire. L’auteur, qui n’en est pas à ses débuts — il a déjà à son actif six ouvrages — est un bédéaste multi-facettes, aussi à l’aise au pinceau qu’au stylo. Dans le cas présent, cet album fait presque office de carnet intime. Blancou, qui est donc (un peu) Daniel, le protagoniste central, prof de dessin par nécessité, pratique une forme d’autodérision assez poussée (désespérée ?), ne se contentant pas de se mettre dans la peau d’un loser, mais également d’un mythomane utilisant à son profit le talent d’un jeune homme un peu dépressif et couvé par sa mère. Daniel prendra sous son aile le jeune élève brillant et très prometteur, génie naïf qui s’ignore, avant de « subtiliser » ses planches dans le but de propulser sa carrière. Et l’effet comique fonctionne à plein, du seul fait que notre vilain menteur, exultant d’autosatisfaction dans un premier temps, finira par ne plus assumer pas ce succès soudain. Succès qui culminera au festival d’Angoulême avec une razzia sans précédent sur les récompenses — quatre, dont le très convoité prix du meilleur album. Avec un humour subtil que n’aurait pas renié Woody Allen, la narration tourne autour de notre héros en proie à la culpabilité et au doute, terrifié par la pression engendrée par cette notoriété inopinée. Comment réagir face à son éditeur qui le harcèle pour donner une suite à son magnifique plagiat encensé à l’unanimité ? Que répondre aux journalistes qui le comparent à un papillon après des années à n’avoir été que chenille ? Quoi de pire que d’être attendu au tournant par la meute des critiques ? Faire une suite, vraiment, au risque d’être démasqué ? Préférant minimiser son talent, Daniel répète à qui veut l’entendre qu’il n’a qu’une idée en tête : faire « des BD rigolotes », un des gimmicks bien sentis de cet album « désespérément hilarant ».
Le trait minimaliste, dans sa ligne claire délicieusement enfantine, révèle parallèlement un côté très graphique, parfois très poussé, et qui, chose rare pour une BD humoristique, se laisse volontiers admirer. Comme par exemple ces quelques scènes urbaines dans un style quasi art déco — une rue de nuit bordée par un vieux cinéma Vox, un tramway sous la pluie — ou, plus abstraites, comme ce labyrinthe pleine page symbolisant la confusion mentale de Daniel. Le tout dans des couleurs primaires acidulées à l’agencement étudié, vaguement « vintage », que renforce la très plaisante reliure à dos toilé — avec cette odeur si particulière, presque grisante, que jamais la BD sur tablette ne pourra nous offrir —, de la belle ouvrage à laquelle nous a souvent habitués l’éditeur Sarbacane.
Nombre de dessinateurs se reconnaîtront sans doute dans ce témoignage décrivant et questionnant avec espièglerie et tendresse les coulisses d’un métier qu’on ne choisit jamais par appât du gain, il faudrait pour cela être totalement inconscient. L’appât de gain viendrait plutôt des éditeurs, qui semblent, comme il l’est décrit avec une ironie désabusée dans plusieurs passages, montrer peu d’empathie à leur endroit, les considérant pour ainsi dire comme des esclaves à leur service. Cette « BD rigolote », faussement joyeuse, est une réussite, révélant un auteur attachant qui n’est certainement pas « en trop ». La bibliographie de Daniel Blancou ressemble beaucoup à son auteur, dilemme vivant, capable de passer du genre documentaire (environnemental, politico-judiciaire) à l’humour décalé. Mais désormais, avec « Un auteur de BD en trop », notre quadra candide nous livre une sorte de synthèse des deux, dans un style clairement plus affirmé qu’à ses débuts. Blancou aurait-il trouvé sa voie ? On a bien envie de le croire, et bien sûr, on attend la suite… oups, désolé pour la pression !
C’est une histoire sans queue ni tête, et presque sans commencement ni fin, tant la dernière page complète la première, en nous donnant l’impression que tout recommence, se poursuit sans fin, alors que rien ne nous est donné pour comprendre qui sont les deux personnages principaux, d’où ils viennent, où ils vont, comme s’ils étaient lancés à fond sur une réalité parallèle à la nôtre ou à ceux qu’ils croisent.
Trajectoire linéaire et sans détours « explicatif » que celle de nos deux bonhommes, Paul le nain tétraplégique, inlassablement portés par Pierre, grand type un peu naïf, et aveugle. Mais leur « road movie » improbable les fait rencontrer d’autres personnages, presque tous marqués – à des degrés divers – par une faille, un quelque chose de bizarre, d’anormal : nous voyons là des freaks se croiser, dans une aventure qui est pleine de vie, d’amertume, d’humour (souvent noir) parfois.
Les aventures un peu loufoques m’ont un temps laissé circonspect, mais je suis rapidement tombé sous le charme, et ai été captivé par ces « rencontres », Pierre et Paul se retrouvant brinquebalés par les événements, et ce d’autant plus qu’une fois séparés, ils sont tous les deux physiquement dépendants des autres pour se déplacer.
L’histoire en elle-même est simple, et cette simplicité est accentuée par le dessin en Noir et Blanc d’Ayroles, qui use d’un trait gras, centré sur les personnages, faisant souvent l’économie des décors.
C’est un album que j’ai trouvé chouette et original (loin des expérimentations liées à l’oubapo que fera ensuite Ayroles), qui déconcertera sans doute certains de ses lecteurs, mais sur lequel je vous recommande de jeter un coup d’œil, il en vaut la peine.
Après Serpieri dans Tex, Le Héros et la Légende, c'est au tour de Giulio De Vita de faire revivre Tex Willer en faisant une belle démonstration de son talent graphique. Curieuse idée de récupérer ce personnage, mais après tout pourquoi pas ? De Vita lui donne une allure plus juvénile mais tout aussi redoutable dans l'efficacité de ses actions. Il faut préserver l'éthique du personnage, c'est un héros culte de la BD populaire italienne qui doit garder ses caractéristiques qui sont conformes à celles que je lisais dans les petits formats de mes jeunes années ; à part l'âge, les auteurs n'ont donc rien changé dans ce domaine, contrairement à Serpieri qui avait donné sa vision personnelle avec un portrait un peu moins lisse.
En plus de ce portrait, De Vita offre au lecteur de splendides images avec quelques grandes cases qui magnifient les décors qui ici ne sont pas ceux des villes du Far West, mais des paysages d'une nature sauvage et belle, remplie d'arbres ou de montagnes enneigées, ce qui lui permet à chaque changement de décor, un renouvellement de couleurs adéquates. De Vita avait déjà dessiné de beaux paysages d'Amérique profonde dans sa première série James Healer que j'avais beaucoup aimée, il n'a donc pas été pris au dépourvu.
La partie graphique est superbe, reste le scénario qui est d'une grande simplicité, c'est un récit très classique et traditionnel qui n'est là que pour servir de support au dessin, c'est assez rare car c'est souvent le contraire. Le scénariste n'a pas cherché à multiplier les références aux récits antérieurs de Tex, ceux vus sur sa série Tex Willer qui ont été joliment repris chez Clair de Lune dans les petits albums de Tex (Special), ça permet ainsi d'être lu par un public qui ne connait pas forcément la bande depuis son origine ; il s'agit tout simplement d'une aventure comme une autre, simple dans son déroulement, qui semble être un hommage respectueux à ce héros qui je le rappelle, fut crée en 1948. Ce récit décrit donc parfaitement le rôle de justicier tenu par Tex et il s'en tient là. Le seul petit reproche que je peux faire, c'est que le méchant n'apparait qu'en milieu d'album, un peu tardivement, de fait, le manichéisme plus marqué dans les petits formats ne transparait pas assez ici, mais ce n'est pas bien grave, le méchant a la tête de l'emploi et lui aussi joue son rôle.
Un bon western qui n'a pas le temps de la contemplation, malgré le décor neigeux, en adoptant une narration linéaire simple et rapide, et qui reste une lecture des plus agréables.
J’ai découvert cette série un peu par hasard, en fouinant dans une librairie spécialisée, il y a quelques années, dans le rayon d’urban comics. Tu achètes le tome 1 … pour voir. Et la suite vous la connaissez … tu deviens addict immédiatement. Du coup tu achètes les 11 albums d’un seul coup immédiatement !
DMZ qui désigne DeMilitarised Zone, est l’histoire, dans un futur proche, d’une nouvelle guerre de sécession. Un jeune journaliste stagiaire est plongé en territoire hostile. Le dilemme ? Fuir Manhattan pour sauver sa peau, ou être l’unique reporter, témoin de cette ville, transformée en la zone la plus dangereuse au monde.
Vous prenez donc immédiatement, dès les premières pages un uppercut au foie. Vous rentrez dans cette guerre par la grande porte. Accrochez-vous, mettez vos ceintures, il y a des turbulences en vue.
Graphiquement c’est du lourd ! Aux dessins ... Riccardo Bruchielli (Briand Wood pour la couverture). Le trait est saccadé et les décors détaillés. J’adore. Pour les portraits ? une réussite indéniable. Les expressions sont particulièrement réussies. Et que dire de la colorisation ? Jeromy Cox est sans doute l'un des meilleurs (« Aquaman », « Batman » , « Justice league », « spiderman »…)
Quant au scénario, il tient la route. L’histoire ne s’essouffle pas, bien au contraire, au fur et à mesure des albums. Bien au contraire je vous dis. Rebondissements multiples, suspens haletant, pas de temps morts …
Je suis fan absolu de DMZ. Je recommande vivement.
Dans le registre des pépites complètement oubliées, il me semble que Caramel et Romulus peut figurer en bonne place. Publiée dans Spirou en 1943 par Sirius juste après L'Epervier Bleu, cette bande dessinée naïve et enfantine joue à fond, au contraire de son aîné, la carte de la fantaisie. Cousin improbable d'Alice au pays des merveilles, d'Olivier Rameau ou du Petit Prince (sans l'aspect philosophique), Caramel et Romulus nous entraîne dans un monde enchanteur où tout est possible.
Alors bon, soyons honnête, Sirius n'exploitera jamais à fond la dimension imaginaire de ce monde. Si l'arc narratif du génie du mal emprisonné dans sa bouteille ou celui du palais des nuages témoigne d'un bel onirisme plutôt envoûtant, la deuxième moitié du récit, à base de pirates, d'île déserte et de trafiquants de trésor retombe un peu plus dans les poncifs du récit d'aventures classique. C'est toujours plaisant à lire, mais on aurait aimé voir se perpétuer la belle fantaisie du début.
Le plus gros gâchis reste quand même la mise en abyme proposée par l'auteur qui n'aboutit sur rien : le point de départ du récit est la chute de Caramel et de son cousin Pile dans un livre magique, une excellente idée qui justifie la dimension surréaliste de l'histoire, mais appelle un développement. Or, jamais dans la suite de la BD, on ne fera plus référence à ce livre magique dans lequel tout est censé se passer. Si on échappe heureusement à une chute du genre "en fait, tout ça, c'était un rêve", la fin de la bande dessinée ne voit pas nos personnages sortir du livre, comme si on avait complètement oublié que tout ça se déroulait dans un univers parallèle.
Mais bon, ça n'est pas bien grave, on goûte largement le récit avec ou sans mise en abyme. Sur le modèle du conte initiatique (mais sans grande initiation ici, hormis l'arc narratif avec le génie du mal), les héros enchaînent les péripéties de manière échevelée et tout-à-fait réjouissante. Quand ils échappent à la prison du gouverneur des nuages, c'est pour mieux tomber entre les mains de pirates cruels puis entre celles de trafiquants sans scrupules. A ce niveau-là, le récit est vraiment chouette et bien mené, on a toujours envie de voir où les prochaines péripéties des personnages vont les mener.
D'autant que Sirius a eu la bonne idée, pour donner un minimum de liant à ces aventures un peu foutraque de leur donner la forme d'une grande poursuite. Toute l'histoire voit nos personnages essayer d'échapper à un détective qui les prend pour des bandits. Là encore, petit gâchis scénaristique : Sirius aurait pu jouer davantage sur cette confusion, et laisser plâner le doute sur la véracité des dires du détective. Là, peu de doute sur la possibilité que les héros soient de véritables bandits. Dommage, il y aurait eu quelque chose à faire...
En termes d'humour, Caramel et Romulus vogue entre deux eaux. Parfois, les gags sont originaux et plutôt bien trouvés, et parfois, c'est très attendu (encore que la chute finale, prévisible, reste drôle) voire assez lourd (le cousin Pile qui mélange les syllabes en permanence). Rien de rédhibitoire pour autant, et si l'on considère que la série s'adresse avant tout à un jeune public, ça passe pas mal. Heureusement, elle n'est pas illisible pour un public plus âgé, mais à lire avec une certaine indulgence.
Le dessin, enfin, manque un peu de finesse. On est dans un style graphique très daté années 40 et force est de reconnaître que ça a pas mal vieilli aujourd'hui (plus que le dessin de couverture, en tous cas). Il s'en dégage toutefois un certain charme, un peu désuet, mais qui contribue à la magie de la bande dessinée.
Ainsi, Caramel et Romulus n'a rien d'un chef-d'oeuvre, c'est avant tout une bande dessinée d'aventures très classiques, qui passe par toutes les étapes attendues du genre, mais sans être ennuyeuse pour autant. Doté d'une bonne dynamique narrative, le récit de Sirius reste léger, bon enfant, et plein de charme, pour qui aime se replonger avec nostalgie dans cette atmosphère des bandes dessinées à l'ancienne. C'est loin d'être un incontournable, mais pour le passionné et le collectionneur, ça fait largement l'affaire.
Les plus mordus des mordus gagneront toutefois à se tourner vers La Fleur merveilleuse de Charlier, Goscinny et Martial, premier récit de leur saga Alain et Christine (parue dans La Libre Junior de 1953 à 1957) qui a l'avantage de maîtriser davantage la fantaisie, l'humour et l'onirisme, mais qui a le triste désavantage de n'avoir jamais été publié à ce jour...
Pour tout nostalgique des années Pilote, Jacquot le Mousse a une signification toute particulière : en effet, cette histoire est née avec le grand magazine et a accompagné ses 30 premiers numéros. Goscinny et Godard avaient déjà un peu collaboré sur des strips de Fifi pour Paris-flirt, pour différents strips publicitaires ou pour la bande dessinée Pipsi dans Vaillant. En outre, Goscinny et Uderzo avaient également repris une série intitulée Benjamin et Benjamine, créée quelques années auparavant par Godard, peut-être même sans savoir que c'est à lui que cette série devait sa naissance. De son propre aveu, jamais Godard n'osera le leur dire, en tous cas.
Jacquot le Mousse, donc, c'est le début d'un âge d'or, le début de l'ère Pilote, et rien que pour ça, j'y suis attaché, même si tout n'est pas encore parfait.
Le scénario est très bon, et on retrouve le goût de Goscinny pour les hilarants jeux de passe-passe (ici, des caisses d'armes troquées contre des caisses d'orange). Les personnages sont assez marqués, hormis Jacquot, le personnage principal, jeune premier transparent dans la lignée d'un Luc Junior ou d'un Benjamin. Mais sinon, on retrouve des caractères hauts en couleur : le capitaine de navire tyrannique, son second paresseux et incapable, son cuisinier qui attrape le mal de mer dès qu'on lui parle de nourriture, etc... Une galerie de stéréotypes typiquement goscinnyen. Evidemment, on est encore loin des oeuvres majeures de l'auteur, mais son humour est déjà bien rôdé. Si certains gags sont assez conventionnels, d'autres sont véritablement hilarants, notamment tous les quiproquos concernant le contenu de la marchandise transportée par les marins, persuadés de transporter des oranges, pour des révolutionnaires, persuadés d'y trouver des armes. Evidemment, en cours de route, tout ne se passe pas comme prévu pour le chargement du navire...
Du côté du dessin, le trait de Godard est très affermi, proche de ce qu'il fera par la suite avec Norbert et Kari ou Martin Milan. On trouve déjà son talent de caricaturiste né allié à un style un peu cartoonesque mais pas trop, typique du style "gros nez" de ces années-là.
Ainsi, cette simple histoire de trente pages est déjà très révélatrice d'un style de BD humoristique dans laquelle Goscinny était en train de passer maître. Excellent terrain de jeu pour son auteur comme pour son dessinateur, Jacquot le Mousse a l'intérêt de nous montrer deux artistes en pleine affirmation de leur talent et de leur génie, anticipant par certains moments les grandes oeuvres que chacun d'entre eux allaient nous offrir par la suite.
A noter que l'album des Archives Goscinny contenant Jacquot le Mousse est complété par un dossier documentaire intéressant, quoique très proche de ceux qu'on pourra trouver dans les albums des éditions Albert René type Benjamin et Benjamine, et de quelques doubles pages inédites de Goscinny, dans le plus pur style des "Dingodossiers" et Godard parues dans Pilote. On y trouve également tous les récits de la série Tromblon et Bottaclou, mais ça, c'est une autre histoire... dont je parlerai dans un autre avis !
Je me suis procuré les 2 premiers albums par l'intermédiaire d'un ami qui me les a commandés sur ebay car moi je n'aime pas acheter sur internet, c'est une série que je visais depuis longtemps, et j'en sors totalement conquis parce que c'est une Bd à la fois instructive et ludique sur le mode de vie des Gaulois dans la Gaule préromaine, bien avant que ces saloperies de Romains viennent leur casser les pieds et les asservir. On est à cent lieues d'Astérix et des rares autres Bd sur le sujet comme Taranis qui visaient un but aventureux avant tout sans se soucier trop de vérité historique.
Assor BD est une petite maison d'édition qui hélas n'existe plus depuis 2018, spécialisée dans la BD historique s'appuyant sur une documentation rigoureuse, on y trouvait les bandes scénarisées par Eriamel entre autres, un passionné de Moyen Age, dont je retiens surtout Le Coeur de Lion. Et justement, cette Bd s'est appuyée sur une documentation pointue pour restituer ce contexte d'âge du fer dans cette Gaule du IIIème siècle av. J.C., on voit le gros travail des auteurs qui se sont servi des avancées récentes en matière d'archéologie, tout ceci est passionnant et expliqué dans un cahier annexe en fin d'album. Jusqu'ici, il n'y avait que Vae Victis qui montrait une telle authenticité sur les coutumes des Gaulois celtes, mais l'histoire était centrée surtout sur la guerre des Gaules, et on y voyait bien évidemment des Romains, alors qu'ici, pas de Romains, on voit que cette histoire témoigne des nombreuses rivalités entre tribus, c'est ce qui les perdra d'ailleurs face à César, car s'ils avaient oublié leurs querelles pour s'unir, les Romains auraient sans aucun doute eu un mal fou à conquérir la Gaule, où alors ça serait arrivé 2 ou 3 siècles plus tard.
Ici, on assiste aux rivalités entre Sénons et Bellovaques, 2 tribus assez proches ; les Sénons étaient une tribu de la Gaule celtique qui vivaient dans l'actuelle région du nord de la Bourgogne (département de l'Yonne) et ont fondé la cité de Sens qui était leur capitale (les habitants de Sens s'appellent toujours les Sénons). Les Bellovaques étaient des Gaulois de la Gaule belgique qui vivaient plus au nord, aujourd'hui en territoire français entre les actuels départements de la Seine Maritime et de la Somme.
Ce qui m'a séduit dans cette bande, c'est non seulement la véracité des modes de vie et coutumes, en balayant certaines idées reçues d'ailleurs, comme le fait que les Gaulois étaient bien moins indisciplinés qu'on ne croit, mais soumis à des hiérarchies spécifiques. Plusieurs approches comme la religion, la politique, les conjurations, les assassinats sont le lot de la vie quotidienne. L'autre chose que j'ai apprécié c'est la façon remarquable de pouvoir convevoir une intrigue fictive autour d'un objet réel, alliant ainsi l'aspect didactique au divertissement. On a un cycle d'événements qui s'enchainent avec une bonne cadence, avec à la clé quelques scènes de batailles sanglantes d'une grande richesse, et le récit se révèle captivant. Le dessin est très bon et appliqué, je préfère celui de Laurent Libessart qui est plus maîtrisé, mais le style des dessinateurs est assez homogène.
Je finirais en évoquant ce fameux casque qui est l'objet de cette aventure. Le casque d'Agris existe vraiment, figurez-vous que j'ai pu le contempler en 2015 au Musée d'Angoulême, c'est pourquoi je me suis mis à chercher cette Bd. Découvert en 1981 dans une grotte à Agris au nord d'Angoulême par des chercheurs du CNRS et de la recherche spéléologique de La Rochefoucauld (ville à 20 km d'Angoulême), ce casque d'apparat est un objet exceptionnel, une oeuvre majeure de l'orfévrerie celtique du IVème siècle d'avant J.C., mélange de bronze, d'or et d'argent. Je trouve cette idée très originale d'avoir construit une bande dessinée autour d'un tel objet d'art.
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« La Clef de Sid' » est un premier album publié pour ces deux auteurs peu connus, ayant œuvré dans les magazines mais aussi dans le jeu vidéo… et pourtant quelle maturité ! Le thème central est la vieillesse et tous les maux qui l’accompagnent : la perte des gens qu’on aime, la diminution de ses facultés physiques et mentales, l’isolement, les enfants ingrats ou indifférents… et puis tout bascule pour Hippolyte le jour où son aide à domicile habituelle est remplacée par une jeune femme qui va tout chambouler. La rencontre est d’abord explosive, puis mutuellement bénéfique. Sidonie redonne goût à la vie à Hippolyte, qui à son tour offre sa sagesse à cette jeune femme un peu « bloquée » dans sa vie. La complicité qui s’installe est touchante et d’une justesse incroyable. On note au passage le travail louable de ces « aides », véritables héroïnes sociales. La fin introduit un autre thème intéressant et controversé… mais je n’en dis pas plus pour ne pas gâcher. La mise en image est remarquable, tout est maitrisé, le trait (notamment sur les visages), les perspectives, les cadrages souvent judicieux… admirez donc les planches dans la galerie. Vraiment, dans le genre, on peut difficilement faire mieux. A lire si ce genre d’histoire vous intéresse un tant soit peu. Moi je suis ressorti de ma lecture ravi et bouleversé.
Nightwing rebirth
Nightwing Rebirth a été vraiment cool à lire. La suite de l’histoire de Grayson est captivante. Il décide de devenir le protecteur de Blüdhaven et même de faire devenir une équipe de Vilains en héros. Ça montre bien que Grayson est un grand leader (en même temps il est chef des Titans et même a été chef de la JLA à un moment donné donc une petite équipe est facile pour lui). Les illustrations, rien a dire, c’est toujours aussi beau, même plus qu’un Marvel, en tant que fan de Nightwing (c’est mon perso DC préféré), l’histoire est super: 20/20. Cependant en VF la série est finie, mais en VO l’histoire continue, donc si vous voulez la suite ça sera en Anglais .
Le Sentier de la Guerre
Dernière Bd achetée en mars ; quand j'avais vu le dessin en feuilletant les albums, j'ai tout de suite été enthousiasmé par ce nouveau western qui s'annonce comme une belle fresque sur la culture des Sioux Lakotas et d'autres tribus de cette grande nation indienne. On peut affirmer que la série fait un peu oeuvre anthropologique car les auteurs cernent bien cette culture tout comme celle des Blancs de l'Est et de l'Ouest, en situant le récit dans un contexte réel historique, c'est ce que j'ai apprécié au premier abord. L'héroïne se positionne comme quelqu'un qui comprend et admire les Indiens, en s'opposant à la volonté de son père sénateur à Washington qui prône l'éradication des "sauvages" incapables de s'adapter à la politique gouvernementale qui favorise le progrès, Diane Myers s'enfuit et va dans l'Ouest, en tant qu'artiste peintre elle symbolise également le rôle qu'a joué Frederick Remington, le grand peintre américain qui a su capter l'âme des pionniers mais aussi des Indiens des plaines. Le contexte historique est celui des guerres indiennes qui dureront en gros de la guerre de Sécession (vers 1861) jusqu'à 1890, et dont l'un des points forts sera la bataille de Little Big Horn. Ceci a déjà été conté dans Blueberry, notamment dans l'épisode Général Tête Jaune qui représente une sorte d'apothéose narrative et graphique de cette série majeure en western, mais aussi dans de nombreux films dont le fameux triptyque de John Ford sur la cavalerie (le Massacre de Fort Apache, la Charge héroïque, Rio Grande). Ce contexte me passionne énormément, je ne pouvais que m'intéresser à cette Bd. Si j'excepte quelques naïvetés, quelques passages peu crédibles concernant le rôle d'une femme blanche de surcroit dans ces conflits (bien que certaines femmes blanches aient vécu parmi les Indiens en toute sérénité), le récit est formidable pour de multiples raisons, ces petites maladresses sont pour moi des détails mineurs au regard de l'intérêt entier de la Bd. Pour la comprendre il faut s'immerger totalement dedans, c'est ce que j'ai fait évidemment, et j'en ressors ravi. Cette histoire utilise des personnages fictifs mais s'appuie sur des faits et personnages semblables à ceux de Diane et de Missouri, l'aventurier qui l'accompagne, au sein d'événements qui se sont vraiment déroulés, les massacres de villages d'enfants et de femmes par des brutes avinées, il y en a eu hélas, comme le triste massacre de Sand Creek, toute cette tension a été entretenue entre les 2 camps par des fouteurs de merde qui souhaitaient la guerre afin d'exterminer les hommes rouges, l'héroïne rencontre de vraies figures de ce conflit comme le grand chef Sitting Bull et même le président Grant et le général Custer qui lui aussi commettra des massacres gratuits. On y voit aussi le chef Crazy Horse. Mais pour ne pas prendre un tournant trop didactique, les auteurs inventent ces personnages fictifs de Diane, Missouri et Red Leaf pour donner un alibi romanesque et pour créer une dramatisation plus rapprochée avec le lecteur. J'avoue que ça marche et c'est même passionnant. Le tome 1 présente le contexte et les personnages principaux, fictifs et réels, tandis que le tome 2 est plus tourné vers la gestation d'une guerre imminente, suite à l'affaire des Black Hills, tout en montrant des aspects de vie quotidienne au sein des Lakotas, ainsi que la condition des femmes indiennes qui menaient une vie dure. La fin du tome 2 appelle un nombre de tomes incertain, mais il conduit vers un tome 3 qui va contenir la bataille de Little Big Horn où Custer sera puni de sa folie, on a vu ça au cinéma notamment dans la Charge fantastique de Raoul Walsh, et Little Big Man d'Arthur Penn. La narration établie par Bourgne est fluide et agréable, entretenant un filon captivant malgré des faits connus, la progression est remarquable, et le dessin de Didier Pagot est superbe, je ne connaissais de lui qu'une seule Bd que j'avais appréciée dans Le Complot de Ferney-Voltaire. Son dessin est soigné et bien documenté, avec une mise en page aérée et très plaisante. Voila donc un bon western, solide, bien conté, joliment dessiné et dont la suite ne pourra que me passionner encore plus, à condition que ça ne s'étire pas sur plus de 3, voire peut-être 4 albums.
Un auteur de BD en trop
Entre autobiographie et fiction, Daniel Blancou s’est inspiré — très vraisemblablement — de sa propre expérience pour nous livrer cette comédie jubilatoire. L’auteur, qui n’en est pas à ses débuts — il a déjà à son actif six ouvrages — est un bédéaste multi-facettes, aussi à l’aise au pinceau qu’au stylo. Dans le cas présent, cet album fait presque office de carnet intime. Blancou, qui est donc (un peu) Daniel, le protagoniste central, prof de dessin par nécessité, pratique une forme d’autodérision assez poussée (désespérée ?), ne se contentant pas de se mettre dans la peau d’un loser, mais également d’un mythomane utilisant à son profit le talent d’un jeune homme un peu dépressif et couvé par sa mère. Daniel prendra sous son aile le jeune élève brillant et très prometteur, génie naïf qui s’ignore, avant de « subtiliser » ses planches dans le but de propulser sa carrière. Et l’effet comique fonctionne à plein, du seul fait que notre vilain menteur, exultant d’autosatisfaction dans un premier temps, finira par ne plus assumer pas ce succès soudain. Succès qui culminera au festival d’Angoulême avec une razzia sans précédent sur les récompenses — quatre, dont le très convoité prix du meilleur album. Avec un humour subtil que n’aurait pas renié Woody Allen, la narration tourne autour de notre héros en proie à la culpabilité et au doute, terrifié par la pression engendrée par cette notoriété inopinée. Comment réagir face à son éditeur qui le harcèle pour donner une suite à son magnifique plagiat encensé à l’unanimité ? Que répondre aux journalistes qui le comparent à un papillon après des années à n’avoir été que chenille ? Quoi de pire que d’être attendu au tournant par la meute des critiques ? Faire une suite, vraiment, au risque d’être démasqué ? Préférant minimiser son talent, Daniel répète à qui veut l’entendre qu’il n’a qu’une idée en tête : faire « des BD rigolotes », un des gimmicks bien sentis de cet album « désespérément hilarant ». Le trait minimaliste, dans sa ligne claire délicieusement enfantine, révèle parallèlement un côté très graphique, parfois très poussé, et qui, chose rare pour une BD humoristique, se laisse volontiers admirer. Comme par exemple ces quelques scènes urbaines dans un style quasi art déco — une rue de nuit bordée par un vieux cinéma Vox, un tramway sous la pluie — ou, plus abstraites, comme ce labyrinthe pleine page symbolisant la confusion mentale de Daniel. Le tout dans des couleurs primaires acidulées à l’agencement étudié, vaguement « vintage », que renforce la très plaisante reliure à dos toilé — avec cette odeur si particulière, presque grisante, que jamais la BD sur tablette ne pourra nous offrir —, de la belle ouvrage à laquelle nous a souvent habitués l’éditeur Sarbacane. Nombre de dessinateurs se reconnaîtront sans doute dans ce témoignage décrivant et questionnant avec espièglerie et tendresse les coulisses d’un métier qu’on ne choisit jamais par appât du gain, il faudrait pour cela être totalement inconscient. L’appât de gain viendrait plutôt des éditeurs, qui semblent, comme il l’est décrit avec une ironie désabusée dans plusieurs passages, montrer peu d’empathie à leur endroit, les considérant pour ainsi dire comme des esclaves à leur service. Cette « BD rigolote », faussement joyeuse, est une réussite, révélant un auteur attachant qui n’est certainement pas « en trop ». La bibliographie de Daniel Blancou ressemble beaucoup à son auteur, dilemme vivant, capable de passer du genre documentaire (environnemental, politico-judiciaire) à l’humour décalé. Mais désormais, avec « Un auteur de BD en trop », notre quadra candide nous livre une sorte de synthèse des deux, dans un style clairement plus affirmé qu’à ses débuts. Blancou aurait-il trouvé sa voie ? On a bien envie de le croire, et bien sûr, on attend la suite… oups, désolé pour la pression !
Enfer portatif
C’est une histoire sans queue ni tête, et presque sans commencement ni fin, tant la dernière page complète la première, en nous donnant l’impression que tout recommence, se poursuit sans fin, alors que rien ne nous est donné pour comprendre qui sont les deux personnages principaux, d’où ils viennent, où ils vont, comme s’ils étaient lancés à fond sur une réalité parallèle à la nôtre ou à ceux qu’ils croisent. Trajectoire linéaire et sans détours « explicatif » que celle de nos deux bonhommes, Paul le nain tétraplégique, inlassablement portés par Pierre, grand type un peu naïf, et aveugle. Mais leur « road movie » improbable les fait rencontrer d’autres personnages, presque tous marqués – à des degrés divers – par une faille, un quelque chose de bizarre, d’anormal : nous voyons là des freaks se croiser, dans une aventure qui est pleine de vie, d’amertume, d’humour (souvent noir) parfois. Les aventures un peu loufoques m’ont un temps laissé circonspect, mais je suis rapidement tombé sous le charme, et ai été captivé par ces « rencontres », Pierre et Paul se retrouvant brinquebalés par les événements, et ce d’autant plus qu’une fois séparés, ils sont tous les deux physiquement dépendants des autres pour se déplacer. L’histoire en elle-même est simple, et cette simplicité est accentuée par le dessin en Noir et Blanc d’Ayroles, qui use d’un trait gras, centré sur les personnages, faisant souvent l’économie des décors. C’est un album que j’ai trouvé chouette et original (loin des expérimentations liées à l’oubapo que fera ensuite Ayroles), qui déconcertera sans doute certains de ses lecteurs, mais sur lequel je vous recommande de jeter un coup d’œil, il en vaut la peine.
Montana - Une aventure de Tex
Après Serpieri dans Tex, Le Héros et la Légende, c'est au tour de Giulio De Vita de faire revivre Tex Willer en faisant une belle démonstration de son talent graphique. Curieuse idée de récupérer ce personnage, mais après tout pourquoi pas ? De Vita lui donne une allure plus juvénile mais tout aussi redoutable dans l'efficacité de ses actions. Il faut préserver l'éthique du personnage, c'est un héros culte de la BD populaire italienne qui doit garder ses caractéristiques qui sont conformes à celles que je lisais dans les petits formats de mes jeunes années ; à part l'âge, les auteurs n'ont donc rien changé dans ce domaine, contrairement à Serpieri qui avait donné sa vision personnelle avec un portrait un peu moins lisse. En plus de ce portrait, De Vita offre au lecteur de splendides images avec quelques grandes cases qui magnifient les décors qui ici ne sont pas ceux des villes du Far West, mais des paysages d'une nature sauvage et belle, remplie d'arbres ou de montagnes enneigées, ce qui lui permet à chaque changement de décor, un renouvellement de couleurs adéquates. De Vita avait déjà dessiné de beaux paysages d'Amérique profonde dans sa première série James Healer que j'avais beaucoup aimée, il n'a donc pas été pris au dépourvu. La partie graphique est superbe, reste le scénario qui est d'une grande simplicité, c'est un récit très classique et traditionnel qui n'est là que pour servir de support au dessin, c'est assez rare car c'est souvent le contraire. Le scénariste n'a pas cherché à multiplier les références aux récits antérieurs de Tex, ceux vus sur sa série Tex Willer qui ont été joliment repris chez Clair de Lune dans les petits albums de Tex (Special), ça permet ainsi d'être lu par un public qui ne connait pas forcément la bande depuis son origine ; il s'agit tout simplement d'une aventure comme une autre, simple dans son déroulement, qui semble être un hommage respectueux à ce héros qui je le rappelle, fut crée en 1948. Ce récit décrit donc parfaitement le rôle de justicier tenu par Tex et il s'en tient là. Le seul petit reproche que je peux faire, c'est que le méchant n'apparait qu'en milieu d'album, un peu tardivement, de fait, le manichéisme plus marqué dans les petits formats ne transparait pas assez ici, mais ce n'est pas bien grave, le méchant a la tête de l'emploi et lui aussi joue son rôle. Un bon western qui n'a pas le temps de la contemplation, malgré le décor neigeux, en adoptant une narration linéaire simple et rapide, et qui reste une lecture des plus agréables.
DMZ
J’ai découvert cette série un peu par hasard, en fouinant dans une librairie spécialisée, il y a quelques années, dans le rayon d’urban comics. Tu achètes le tome 1 … pour voir. Et la suite vous la connaissez … tu deviens addict immédiatement. Du coup tu achètes les 11 albums d’un seul coup immédiatement ! DMZ qui désigne DeMilitarised Zone, est l’histoire, dans un futur proche, d’une nouvelle guerre de sécession. Un jeune journaliste stagiaire est plongé en territoire hostile. Le dilemme ? Fuir Manhattan pour sauver sa peau, ou être l’unique reporter, témoin de cette ville, transformée en la zone la plus dangereuse au monde. Vous prenez donc immédiatement, dès les premières pages un uppercut au foie. Vous rentrez dans cette guerre par la grande porte. Accrochez-vous, mettez vos ceintures, il y a des turbulences en vue. Graphiquement c’est du lourd ! Aux dessins ... Riccardo Bruchielli (Briand Wood pour la couverture). Le trait est saccadé et les décors détaillés. J’adore. Pour les portraits ? une réussite indéniable. Les expressions sont particulièrement réussies. Et que dire de la colorisation ? Jeromy Cox est sans doute l'un des meilleurs (« Aquaman », « Batman » , « Justice league », « spiderman »…) Quant au scénario, il tient la route. L’histoire ne s’essouffle pas, bien au contraire, au fur et à mesure des albums. Bien au contraire je vous dis. Rebondissements multiples, suspens haletant, pas de temps morts … Je suis fan absolu de DMZ. Je recommande vivement.
Caramel et Romulus
Dans le registre des pépites complètement oubliées, il me semble que Caramel et Romulus peut figurer en bonne place. Publiée dans Spirou en 1943 par Sirius juste après L'Epervier Bleu, cette bande dessinée naïve et enfantine joue à fond, au contraire de son aîné, la carte de la fantaisie. Cousin improbable d'Alice au pays des merveilles, d'Olivier Rameau ou du Petit Prince (sans l'aspect philosophique), Caramel et Romulus nous entraîne dans un monde enchanteur où tout est possible. Alors bon, soyons honnête, Sirius n'exploitera jamais à fond la dimension imaginaire de ce monde. Si l'arc narratif du génie du mal emprisonné dans sa bouteille ou celui du palais des nuages témoigne d'un bel onirisme plutôt envoûtant, la deuxième moitié du récit, à base de pirates, d'île déserte et de trafiquants de trésor retombe un peu plus dans les poncifs du récit d'aventures classique. C'est toujours plaisant à lire, mais on aurait aimé voir se perpétuer la belle fantaisie du début. Le plus gros gâchis reste quand même la mise en abyme proposée par l'auteur qui n'aboutit sur rien : le point de départ du récit est la chute de Caramel et de son cousin Pile dans un livre magique, une excellente idée qui justifie la dimension surréaliste de l'histoire, mais appelle un développement. Or, jamais dans la suite de la BD, on ne fera plus référence à ce livre magique dans lequel tout est censé se passer. Si on échappe heureusement à une chute du genre "en fait, tout ça, c'était un rêve", la fin de la bande dessinée ne voit pas nos personnages sortir du livre, comme si on avait complètement oublié que tout ça se déroulait dans un univers parallèle. Mais bon, ça n'est pas bien grave, on goûte largement le récit avec ou sans mise en abyme. Sur le modèle du conte initiatique (mais sans grande initiation ici, hormis l'arc narratif avec le génie du mal), les héros enchaînent les péripéties de manière échevelée et tout-à-fait réjouissante. Quand ils échappent à la prison du gouverneur des nuages, c'est pour mieux tomber entre les mains de pirates cruels puis entre celles de trafiquants sans scrupules. A ce niveau-là, le récit est vraiment chouette et bien mené, on a toujours envie de voir où les prochaines péripéties des personnages vont les mener. D'autant que Sirius a eu la bonne idée, pour donner un minimum de liant à ces aventures un peu foutraque de leur donner la forme d'une grande poursuite. Toute l'histoire voit nos personnages essayer d'échapper à un détective qui les prend pour des bandits. Là encore, petit gâchis scénaristique : Sirius aurait pu jouer davantage sur cette confusion, et laisser plâner le doute sur la véracité des dires du détective. Là, peu de doute sur la possibilité que les héros soient de véritables bandits. Dommage, il y aurait eu quelque chose à faire... En termes d'humour, Caramel et Romulus vogue entre deux eaux. Parfois, les gags sont originaux et plutôt bien trouvés, et parfois, c'est très attendu (encore que la chute finale, prévisible, reste drôle) voire assez lourd (le cousin Pile qui mélange les syllabes en permanence). Rien de rédhibitoire pour autant, et si l'on considère que la série s'adresse avant tout à un jeune public, ça passe pas mal. Heureusement, elle n'est pas illisible pour un public plus âgé, mais à lire avec une certaine indulgence. Le dessin, enfin, manque un peu de finesse. On est dans un style graphique très daté années 40 et force est de reconnaître que ça a pas mal vieilli aujourd'hui (plus que le dessin de couverture, en tous cas). Il s'en dégage toutefois un certain charme, un peu désuet, mais qui contribue à la magie de la bande dessinée. Ainsi, Caramel et Romulus n'a rien d'un chef-d'oeuvre, c'est avant tout une bande dessinée d'aventures très classiques, qui passe par toutes les étapes attendues du genre, mais sans être ennuyeuse pour autant. Doté d'une bonne dynamique narrative, le récit de Sirius reste léger, bon enfant, et plein de charme, pour qui aime se replonger avec nostalgie dans cette atmosphère des bandes dessinées à l'ancienne. C'est loin d'être un incontournable, mais pour le passionné et le collectionneur, ça fait largement l'affaire. Les plus mordus des mordus gagneront toutefois à se tourner vers La Fleur merveilleuse de Charlier, Goscinny et Martial, premier récit de leur saga Alain et Christine (parue dans La Libre Junior de 1953 à 1957) qui a l'avantage de maîtriser davantage la fantaisie, l'humour et l'onirisme, mais qui a le triste désavantage de n'avoir jamais été publié à ce jour...
Jacquot le Mousse
Pour tout nostalgique des années Pilote, Jacquot le Mousse a une signification toute particulière : en effet, cette histoire est née avec le grand magazine et a accompagné ses 30 premiers numéros. Goscinny et Godard avaient déjà un peu collaboré sur des strips de Fifi pour Paris-flirt, pour différents strips publicitaires ou pour la bande dessinée Pipsi dans Vaillant. En outre, Goscinny et Uderzo avaient également repris une série intitulée Benjamin et Benjamine, créée quelques années auparavant par Godard, peut-être même sans savoir que c'est à lui que cette série devait sa naissance. De son propre aveu, jamais Godard n'osera le leur dire, en tous cas. Jacquot le Mousse, donc, c'est le début d'un âge d'or, le début de l'ère Pilote, et rien que pour ça, j'y suis attaché, même si tout n'est pas encore parfait. Le scénario est très bon, et on retrouve le goût de Goscinny pour les hilarants jeux de passe-passe (ici, des caisses d'armes troquées contre des caisses d'orange). Les personnages sont assez marqués, hormis Jacquot, le personnage principal, jeune premier transparent dans la lignée d'un Luc Junior ou d'un Benjamin. Mais sinon, on retrouve des caractères hauts en couleur : le capitaine de navire tyrannique, son second paresseux et incapable, son cuisinier qui attrape le mal de mer dès qu'on lui parle de nourriture, etc... Une galerie de stéréotypes typiquement goscinnyen. Evidemment, on est encore loin des oeuvres majeures de l'auteur, mais son humour est déjà bien rôdé. Si certains gags sont assez conventionnels, d'autres sont véritablement hilarants, notamment tous les quiproquos concernant le contenu de la marchandise transportée par les marins, persuadés de transporter des oranges, pour des révolutionnaires, persuadés d'y trouver des armes. Evidemment, en cours de route, tout ne se passe pas comme prévu pour le chargement du navire... Du côté du dessin, le trait de Godard est très affermi, proche de ce qu'il fera par la suite avec Norbert et Kari ou Martin Milan. On trouve déjà son talent de caricaturiste né allié à un style un peu cartoonesque mais pas trop, typique du style "gros nez" de ces années-là. Ainsi, cette simple histoire de trente pages est déjà très révélatrice d'un style de BD humoristique dans laquelle Goscinny était en train de passer maître. Excellent terrain de jeu pour son auteur comme pour son dessinateur, Jacquot le Mousse a l'intérêt de nous montrer deux artistes en pleine affirmation de leur talent et de leur génie, anticipant par certains moments les grandes oeuvres que chacun d'entre eux allaient nous offrir par la suite. A noter que l'album des Archives Goscinny contenant Jacquot le Mousse est complété par un dossier documentaire intéressant, quoique très proche de ceux qu'on pourra trouver dans les albums des éditions Albert René type Benjamin et Benjamine, et de quelques doubles pages inédites de Goscinny, dans le plus pur style des "Dingodossiers" et Godard parues dans Pilote. On y trouve également tous les récits de la série Tromblon et Bottaclou, mais ça, c'est une autre histoire... dont je parlerai dans un autre avis !
Le Casque d'Agris
Je me suis procuré les 2 premiers albums par l'intermédiaire d'un ami qui me les a commandés sur ebay car moi je n'aime pas acheter sur internet, c'est une série que je visais depuis longtemps, et j'en sors totalement conquis parce que c'est une Bd à la fois instructive et ludique sur le mode de vie des Gaulois dans la Gaule préromaine, bien avant que ces saloperies de Romains viennent leur casser les pieds et les asservir. On est à cent lieues d'Astérix et des rares autres Bd sur le sujet comme Taranis qui visaient un but aventureux avant tout sans se soucier trop de vérité historique. Assor BD est une petite maison d'édition qui hélas n'existe plus depuis 2018, spécialisée dans la BD historique s'appuyant sur une documentation rigoureuse, on y trouvait les bandes scénarisées par Eriamel entre autres, un passionné de Moyen Age, dont je retiens surtout Le Coeur de Lion. Et justement, cette Bd s'est appuyée sur une documentation pointue pour restituer ce contexte d'âge du fer dans cette Gaule du IIIème siècle av. J.C., on voit le gros travail des auteurs qui se sont servi des avancées récentes en matière d'archéologie, tout ceci est passionnant et expliqué dans un cahier annexe en fin d'album. Jusqu'ici, il n'y avait que Vae Victis qui montrait une telle authenticité sur les coutumes des Gaulois celtes, mais l'histoire était centrée surtout sur la guerre des Gaules, et on y voyait bien évidemment des Romains, alors qu'ici, pas de Romains, on voit que cette histoire témoigne des nombreuses rivalités entre tribus, c'est ce qui les perdra d'ailleurs face à César, car s'ils avaient oublié leurs querelles pour s'unir, les Romains auraient sans aucun doute eu un mal fou à conquérir la Gaule, où alors ça serait arrivé 2 ou 3 siècles plus tard. Ici, on assiste aux rivalités entre Sénons et Bellovaques, 2 tribus assez proches ; les Sénons étaient une tribu de la Gaule celtique qui vivaient dans l'actuelle région du nord de la Bourgogne (département de l'Yonne) et ont fondé la cité de Sens qui était leur capitale (les habitants de Sens s'appellent toujours les Sénons). Les Bellovaques étaient des Gaulois de la Gaule belgique qui vivaient plus au nord, aujourd'hui en territoire français entre les actuels départements de la Seine Maritime et de la Somme. Ce qui m'a séduit dans cette bande, c'est non seulement la véracité des modes de vie et coutumes, en balayant certaines idées reçues d'ailleurs, comme le fait que les Gaulois étaient bien moins indisciplinés qu'on ne croit, mais soumis à des hiérarchies spécifiques. Plusieurs approches comme la religion, la politique, les conjurations, les assassinats sont le lot de la vie quotidienne. L'autre chose que j'ai apprécié c'est la façon remarquable de pouvoir convevoir une intrigue fictive autour d'un objet réel, alliant ainsi l'aspect didactique au divertissement. On a un cycle d'événements qui s'enchainent avec une bonne cadence, avec à la clé quelques scènes de batailles sanglantes d'une grande richesse, et le récit se révèle captivant. Le dessin est très bon et appliqué, je préfère celui de Laurent Libessart qui est plus maîtrisé, mais le style des dessinateurs est assez homogène. Je finirais en évoquant ce fameux casque qui est l'objet de cette aventure. Le casque d'Agris existe vraiment, figurez-vous que j'ai pu le contempler en 2015 au Musée d'Angoulême, c'est pourquoi je me suis mis à chercher cette Bd. Découvert en 1981 dans une grotte à Agris au nord d'Angoulême par des chercheurs du CNRS et de la recherche spéléologique de La Rochefoucauld (ville à 20 km d'Angoulême), ce casque d'apparat est un objet exceptionnel, une oeuvre majeure de l'orfévrerie celtique du IVème siècle d'avant J.C., mélange de bronze, d'or et d'argent. Je trouve cette idée très originale d'avoir construit une bande dessinée autour d'un tel objet d'art.