Vae Victis

Note: 3.3/5
(3.3/5 pour 23 avis)

Ambre, jeune esclave bretonne, fuit Rome où elle a surpris les projets d'invasion de la Gaule de Jules César. A travers ses aventures, découvrez différents épisodes de la Guerre des Gaules, vue des 2 côtés.


Au temps de Rome et de l'Empire Romain Esclavage

Ambre, la jeune esclave bretonne fuit Rome et le banquet meurtrier de Crassus durant lequel elle a surpris les projets d'invasion de la Gaule par Cesar... Poursuivie, convoitée par tous, les Rois et les brigands... les soldats et les traîtres... elle poursuit plusieurs quêtes. Mobiliser les Celtes contre l'envahisseur... Retrouver ses origines... Et sa fille que les événements lui ont ravie... Elle y trouvera un trône, mais que vaut le royauté sans amour ? Grâce à Ambre et ses soupirants, c'est la totalité de la guerre des Gaules qui nous est évoquée ici, vue par les deux camps...

Scénariste
Dessinateur
Coloristes
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Août 1991
Statut histoire Série terminée 15 tomes parus
Couverture de la série Vae Victis
Les notes (23)
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04/12/2001 | Kael
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Par Mitch
Note: 3/5

Cette série est la première BD sérieuse sur les Gaulois que j'ai découverte. Hélas, elle n'échappe pas toujours aux clichés sur ces derniers, et c'est dommage. Mitton n'était certainement pas au courant des découvertes les plus récentes sur les Celtes au moment où il a commencé à dessiner cette série. Or, ils n'avaient pas forcément tous le look d'Astérix ou Obélix, surtout les nobles... Idem pour les uniformes des Romains: Mitton fait dans l'anachronisme en nous proposant des armures et des casques de type impériaux, apparus bien plus tard, alors que sa série se situe en pleine période républicaine. Et pourquoi décrire Vercingetorix comme un demeuré paresseux et lubrique? Je ne l'ai pas rencontré mais un homme qui a réussi à fédérer une Gaule auparavant divisée avait certainement un grand charisme. Et pourtant, dans Vae Victis, Vercingetorix énerve plus qu'il ne fait rêver. Heureusement, il y a Milon l'Etrusque, personnage mystérieux et attachant, qui m'a donné envie d'aller au bout de l'histoire, bien plus que Boadicae. Ne vous méprenez pas sur mon avis: cette série est fantastique à de nombreux points de vue. J'ai ainsi beaucoup apprécié le personnage de César, bien plus Noir que dans Alix. Et le rendu de l'ambiance dans l'armée romaine, étouffée par une discipline omniprésente. Il manque simplement la rigueur historique de séries comme Murena ou Les Aigles de Rome pour faire de Vae Victis une série mythique.

02/02/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
L'avatar du posteur Gaston

J'ai arrêté de lire la série au tome 8. J'ai essayé de ne pas me lasser de cette série en lisant 2 tomes par jour, mais rien n'y fait, je m'ennuie profondément. Après un premier tome introductif qui était intéressant (j'aime bien la discussion entre la rouquine et César), j'ai vite trouvé le scénario sans intérêt. Il y a des passages pas mal, mais les défauts de la série font que mon plaisir a rapidement disparu. Tout d'abord, je trouve que c'est long et qu'on pourrait très bien sauter des péripéties. Ensuite, et c'est probablement le plus gros défaut, le récit est réplétif. On aurait très bien pu couper plusieurs batailles que César remporte contre les gaulois. Et finalement je ne m'attache pas aux personnages sauf César. Je n'ai aucune émotion face à ce que les deux héros subissent durant leurs très longues aventures. Il reste le dessin de Mitton qui est superbe et César dont j’aurais préféré qu’il soit le personnage principal de l’intrigue.

02/10/2013 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Tout en suivant le destin mouvementé d'Ambre, belle esclave gauloise de Bretagne qui est le fil conducteur de cette fantastique fresque épique, le lecteur peut découvrir la mythologie gauloise ou plutôt celtique, la vraie, loin des facéties asterixiennes, à la veille de la Guerre des Gaules. Le récit débute par le banquet de Crassus auquel participent Jules César et Pompée ; Ambre entend les projets ambitieux de César qui souhaite envahir toute la Gaule celtique en jouant sur la division des tribus qui la peuplent. L'explication du titre de la série, Vae Victis est relaté par Pompée avec l'épisode de Brennus ; cette séquence du banquet est une grande scène d'exposition où César livre son projet. Après sa fuite, Ambre se rend compte de la trop grande division des tribus gauloises, César avait raison. Ces rivalités et cette indiscipline sont montrées de façon explicite au fil des albums, ceci perdra la nation celte face à la puissance et à l'organisation romaines. Ambre connaîtra une longue errance, sera tour à tour esclave, prisonnière, guerrière, reine, symbole d'un peuple, et rencontrera de nombreux personnages (des vrais tels César, Arioviste, Vercingétorix...) et des comparses comme Milon, Cloduar, Yorc, Garak ou l'infâme Didius... tout en assistant avec effroi au déclin de sa civilisation qui doit laisser la place à un monde romanisé. Cette série au récit dense, foisonnant, riche en détails historiques, remplie d'une foule de personnages (peut-être trop), prolixe en dialogues, donne une vision réaliste et audacieuse d'une époque encore barbare, d'une époque cruelle et farouche vue à travers les yeux d'une jeune fille héroïque. C'est un récit bien documenté sur les moeurs gauloises et la hierarchie des Celtes (ambact, vergobret, brenn...), dont l'auteur Ramaïoli, alias Rocca a déja prouvé son sérieux sur Zoulouland, il signe ici des pages passionnantes, à la narration palpitante, servies par les dessins précis et surchargés de Mitton qui se régale avec des scènes de batailles sanglantes, sans oublier sa fascination des corps dénudés, de femmes surtout, mais d'hommes aussi, les Celtes étant réputés pour combattre nus en méprisant le danger. La série n'est toutefois pas sans défauts, elle est trop longue et s'englue parfois dans des longueurs inutiles, là où Rocca aurait pu diminuer son récit à 10 tomes (ce qui fait cher à l'achat, même en occase) ; certains personnages sont dépeints d'une façon qui n'est pas à leur honneur, tel Vercingétorix, ou encore César qui passe pour un gros balourd ; il y a aussi trop d'erreurs de costumes. Enfin, certaines cases sont chargées d'un fouillis de personnages et de détails, Mitton aurait pu aérer de temps en temps ses planches. Malgré ces réserves, "Vae Victis" reste une splendide reconstitution historique que je conseille de lire par étape pour ne pas trop se saouler (une fois, j'en ai lu 6 d'un coup, c'est trop, préférer par 3).

07/06/2013 (modifier)

Un peu moins pire que Quetzalcoatl mais pas beaucoup plus. Certes le dessin de Mitton est solide et nerveux, du beau travail d'artisan, mais que les visages sont laborieux, tous les mêmes prototypes, femmes, hommes, vieux ou jeunes, c'est fort gênant. L'histoire a pour toile de fond la campagne de César mais l'habillage frise l'heroic fantasy, et on sent que le fond est un prétexte, même si la documentation se sent. Pourquoi Heroic Fantasy, parce qu'on retrouve l'habituelle super-héroïne décolletée au centre de tout, et des méchants manichéens bien comme il faut. D'ailleurs, si avant l'Antiquité était empreinte de catéchisme et de colonialisme, on a versé dans l'excès inverse, à savoir "tous pourris, les hommes sont mauvais, et seule une petite femme courageuse vaut la peine". Un peu limité comme raisonnement, et toujours fort empreint de machisme si on y regarde bien. La réalité est plus complexe, et les romains et les gaulois avaient des qualités, de plus c'est occulter le contexte de conflits civilisationnels et la psychologie de l'époque. Un peu facile de condamner nos ancêtres. Vercingétorix y est dépeint de façon lamentable, une vraie loque, et César en brute épaisse, sur 15 albums c'est saoulant. Enfin c'est avec ce type de lecture que la représentation de la femme a encore du mal, soit elle était inexistante, soit elle se bat 10 fois mieux que les hommes, 10 fois plus intelligente, et donne des leçons à tout le monde. Oui le monde manque de féminité, mais la BD a rarement été dans l'équilibre et la finesse. Enfin les costumes des gaulois sont très faux, l'éternel cliché moustache-casque ailé est archi-faux, et perpétuer ces clichés d'Epinal ça fait mal vieillir, surtout quand on voit la qualité des troupes de reconstitution qui montrent le raffinement vestimentaire et culturel des gaulois, dont les nobles étaient rasés de près et à la mode grecque, avec de superbes étoffes. Idem pour les romains, représentés de façon folklorique, avec des boucliers carrés et armures Astérix qui n'existaient pas à l'époque, et des tenues mélangées sans rapport avec le 1er siècle avant JC. Bref... se laisse lire, mais vieillissant et trop long.

11/12/2011 (modifier)
Par gdev
Note: 3/5

Voici une grande saga, qui se propose de nous faire découvrir la guerre des Gaules au travers de la vie de quelques personnages clés, au nombre desquels Ambre, esclave bretonne à Rome qui deviendra reine de Bretagne, Cloduar, Gaulois de son état et qui deviendra son garde du corps, et enfin Milon, Etrusque aux pouvoirs surprenants qui tombera sous le charme de la belle Ambre, tout en restant très attaché aux ordres de César. Cette série présente un intérêt historique non négligeable, et m'a conduit à apprendre beaucoup de choses sur l'avancée de César en pays gaulois, sur ses techniques de colonisations, faites notamment de coups de force, d'ingénieries militaires, et d'alliances. On retrouve bon nombre d'éléments plus ou moins connus, depuis les relations au sein du triumvirat romain, jusqu’aux batailles de Gergovie et d'Alésia, en passant par la victoire de César sur les bretons, victoire en demi-teinte. Le tout est enrichi d'une histoire un peu romantique entre Ambre et Millon, qui donne une dimension plus personnelle à l'Histoire. Cela permet également de mettre en scène les personnages historiques, tels que César et Vercingétorix, et de "vivre de l'intérieur" cette guerre, d'en comprendre plus aisément les tenants et aboutissants. Ainsi, les luttes intestines dans le camp gaulois, ou encore les hésitations de Vercingétorix dans la conduite de la guerre, sont présentées comme étant les grandes faiblesses du peuple gaulois, celles qui ont conduit à la défaite alors que les capacités de stratège de César ou la qualité de ses ingénieurs sont les facteurs de la victoire romaine. Voici donc une série qui semble respecter l'Histoire, qui se révèle assez intéressante et que l'on sent assez précisément documentée. Ce qui dessert un peu cette série, c'est certainement sa longueur. En 15 tomes, l'auteur a du mal à se renouveler et on tombe parfois dans une grande répétition, nous présentant tome après tome, les victoires de César. Et finalement, ces victoires ont du mal à retenir vraiment l'intérêt, les villes prises étant pour le moins méconnues. Finalement, seule la victoire à Gergovie et la défaite d'Alésia sont vraiment attendues dans la mesure, sans doute, où elles sont certainement les plus connues. J'ai également été un peu perdu dans le déroulement des batailles : gaulois, bretons, germains, helvètes viennent des quatre points cardinaux, tout comme les différentes légions de César, un peu éparpillées sur le territoire. J'ai eu du mal à suivre tous ces mouvements de troupe, et à comprendre qui était finalement pris en tenaille. De ce point de vue, seul le cycle se déroulant en Bretagne semble plus compréhensible que les autres. La longueur de la série aurait pourtant dû permettre de prendre le temps d'expliquer ces situations. Enfin, les histoires personnelles de Ambre, de Millon et de Cloduar sont également un peu longues et lassantes au fil des tomes. Ce sempiternel "je t'aime mon non plus" ainsi que l'idée d'un amour impossible sont un peu rébarbatifs et de même, on aurait aimé que les relations soient plus fouillées, que les personnalités soient plus et mieux campées. Ainsi, Ambre devient au fil des tomes une caricatures d'elle-même : la petite pirouette scénaristique qui a permis de la faire passer du statut d'esclave à celui de reine, ainsi que cette idée selon laquelle elle a toujours raison et que les autres, notamment Vercingétorix (qui n'est pas présenté comme le héros de la résistance que retiendra l'Histoire), ont toujours tort est un petit peu lassant. Ce qui est particuliérement dommage dans cette série, c'est que l'auteur avait pourtant trouvé quelques pistes intéressantes qui auraient pu conduire la série à trouver un nouveau souffle. Malheureusement, ces pistes ne sont pas exploitées et laissent un petit sentiment d'inachevé. En effet, j'ai apprécié que César soit l'un des personnages principaux de l'histoire mais j'aurais préféré que le travail sur sa personnalité, son histoire et ses états d'âmes, à peine évoqués ici ou là dans l'un ou l'autre des tomes de la série, soit approfondi. Parce que là, au fil des tomes, on a l'impression que la guerre des Gaules n'est plus véritablement un enjeu stratégique pour l'homme d'état, mais une poursuite amoureuse de la belle Ambre. C'est un peu réducteur et décevant à la longue. Par ailleurs, je trouve que les intrigues politiques au sein du triumvirat ne sont qu'évoquées et pas suffisamment creusées. Sur un autre plan, Millon semble disposer d'un savoir druidique qui lui confère des pouvoirs fantastiques. Toutefois, au fil des tomes, ces capacités extraordinaires semblent être mises en sourdine et il devient un simple arboriste. Cette partie fantastique, puisqu'elle nous a été présentée dès le premier ou le second tome, puis rappelée par la suite, aurait dû être exploitée pour donner plus de piment à ce récit. Là, ca sent un peu le pétard mouillé, l'auteur ayant introduit une idée pour l'abandonner par la suite. Seul le personnage de Didius semble tirer honorablement son épingle du jeu dans cette histoire, où les personnages principaux sont un peu dénués de charisme et peinent à devenir attachants. Encore une fois, je pense que la longueur de la série joue défavorablement sur la perception que j'ai de ces personnages, qui ont du mal à évoluer tout au long du récit. Au niveau des dessins, j'ai aimé le trait fin que l'on retrouve dans beaucoup de productions de cette période, même si ce style a assez mal vieilli. L'environnement est très réaliste et les personnages sont assez bien rendus. On notera cependant que les visages sont parfois peu expressifs. Les scènes de batailles ne nous épargnent rien de la violence des combats, faisant parfois un peu trop étalage du sang versé. Mais le dessin est avant tout au service de l'ingénierie militaire et l'ensemble des inventions des ingénieurs de César est véritablement mise à l'honneur. Ainsi, comme le scénario, le dessin manque un peu de force pour donner vie aux personnages issus de l'imagination de l'auteur, mais est très précis en ce qui concerne les éléments historiques. Ca reste une bonne série historique, qui saura se rendre intéressante par son côté pédagogique et réaliste, mais dont les personnages censés être moteurs de l'histoire manquent cruellement de charisme et sont vite enfermés dans des rôles de peu d'envergure. Sans surprise, la série s'achève sur la bataille d'Alésia en 52 avant JC, date à laquelle Jules César occupe toute la Gaule. Toute ? Non, car un petit village résiste encore et toujours à l'envahisseur, mais cela est une autre histoire...

31/08/2011 (modifier)
Par Sebper
Note: 5/5

Vous avez aimez les films Ben Hur et Spartacus (respectivement avec Charlton Heston et Kirk Douglas) ? Vous êtes en manque de grand spectacle ? Alors ruez-vous sur Vae Victis ! Cette formidable épopée gallo-romaine vous fera frémir, haleter, trembler, et je vous garantis que vous aurez bien du mal ne pas lire cette passionnante série d'une traite. Formidablement mise en image par Jean-Yves Mitton, cette vision de la guerre des Gaules signée Simon Rocca réunit tous les ingrédients d'une grande aventure : poursuites, batailles, amour, trahisons... Au fil de ces quinze albums on suit les déboires et les amours de toute une brochette de personnages hauts en couleurs : Ambre, Milon, Cloduar, César... Si certaines libertés sont prises avec la vérité historique, dans un but évident de fluidifier le récit, personne ne peut en revanche renier que les grandes lignes de l'Histoire sont respectées. Personnellement, j'en ai plus appris sur la guerre des Gaules en lisant Vae Victis qu'en parcourant jadis mes livres d'histoire. Comme quoi il est possible d'apprendre en passant du bon temps.

07/10/2009 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 4/5

Une fresque. Une GRANDE fresque sur la Rome du 7ème siècle (Note du modo : 7e siècle après la création de Rome). J’ai ainsi suivi Ambre, une jeune et jolie esclave native de la Gaule qui –au gré de ses (més)aventures- va devenir une sorte de témoin du déclin de la civilisation romaine. Ca aurait pu n’être qu’une série comme beaucoup d’autres, avec des rencontres, des batailles, des combats entre peuplades diverses, MAIS cette série offre un « plus » : une véritable crudité graphique. Les mœurs de l’époque, la dépravation de certaines scènes sont ainsi étalés par un dessin « haut la main ». Qui plus est, basée sur une documentation fouillée, la reconstitution d’époque est précise, fouillée, minutieuse. De même, Mitton a créé une foule de personnages, d’intervenants, qu’il fait évoluer dans des décors et arrière-plans qui « sentent » l’époque. Il exploite ainsi de forts bons scénarios mitonnés par Rocca (en réalité Georges Ramaïoli), lesquels m’ont transporté avec un vrai bonheur dans cette véritable geste épique et « impériale ». Du très bon travail, tant narratif que graphique, pour une série dont chaque opus tient le lecteur en haleine. Et ce n’est pas tout le temps dans une longue série.

19/01/2009 (modifier)
Par Nijal
Note: 4/5

"Vae Victis" est une BD que j'ai lue à toute vitesse, 14 tomes en quelques jours seulement, tant parce que j'ai été captivé que par le rythme imposé par la lecture de cette BD. C'est presque l'archétype de la BD d'aventure : les protagonistes doivent se sortir de situations qui semblent inextricables, parcourir le pays le long d'interminables courses-poursuites, combattre contre quantité d'ennemis d'un jour ou de toujours, et quand ils ont un moment de repos ils trouvent le temps de copuler et de faire des enfants. Ouf ! Vous l'aurez compris (et je l'ai déjà dit plus haut), cette BD impose un rythme de lecture ahurissant : Les évènements s'enchaînent -sur plusieurs années- sans véritable pause, chaque tome se lit par conséquent très vite. L'énergie quelque peu désordonnée qui émane de cette BD est une caractéristique indéniable. Il ne faudrait pas négliger l'aspect historique : nous sommes plongés au beau milieu de la guerre des Gaules, chaque détail de cette guerre est disséqué, les personnages principaux côtoient les grands personnages historiques de cette époque mouvementée : Vercingétorix, Jules César bien sûr... De cet appétit de détail, il en résulte un aspect de précision, mais aussi de surcharge : on a du mal souvent à suivre le déroulement des batailles, avec telle manœuvre des Romains, telle autre des Gaulois, et une autre tribu gauloise qui vient mettre son grain de sel, sans compter les Germains toujours là pour faire ch*** leur monde, et on en vient parfois à souhaiter une trêve générale. Sur 14 tomes, on suit les tribulations des mêmes personnages, et curieusement, on en vient à s'attacher à eux (du moins certains). Ils sont très manichéens, voilà la brute, voilà le magicien, voilà la belle guerrière, aucune once de subtilité dans la peinture des personnages (sauf peut-être pour Jules César et Ambre) mais ça ne pose pas vraiment problème. Par contre, le personnage de Milon est presque insupportable, avec ses transes ridicules, et le fait que tous les personnages mâles de l'histoire tombent amoureux d'Ambre, c'est vraiment pénible. En définitive, voilà une BD très énergique, bien documentée et très précise, mais qui souffre de cette surabondance de précision, et gâchée par Milon. Toutefois, j'attends avec impatience le tome 15, pour voir enfin cette fameuse bataille d'Alésia !

30/10/2006 (MAJ le 24/05/2008) (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

Je précise tout de suite que j'ai lu l'intégralité de cette oeuvre composée en 15 tomes. Première remarque à chaud : c'est trop long! Je pense que la série aurait gagné à être plus courte. Un achat complet reviendrait à près de 200 euros. A ce prix là, il faudrait que cela soit exceptionnel. Or, ce n'est pas le cas. C'est pourtant l'une des séries les mieux connus de Mitton alors que curieusement Quetzalcoatl et Attila... mon amour sont au-dessus au niveau de la qualité scénaristique et graphique. Vae Victis nous plonge dans les années où César se partageait le pouvoir avec les pro-consuls Pompée et Crassus. Nous démarrons l'histoire avec une orgie romaine qui peut mettre mal à l'aise à cause de l'utilisation des enfants (à mon sens, c'est à la limite de tomber sous le coup de la loi pénale). Bref, vous l'avez compris, le sexe est toujours aussi présent mais pas plus que dans Murena par exemple. L'histoire se penche plutôt vers la guerre des Gaules et la première tentative avortée de César de conquérir la Bretagne (l'actuelle Angleterre). Le récit scénaristique se plonge dans les tactiques des différentes batailles. C'est très intéressant d'un point de vue historique mais le tout est matinée de l'histoire d'une rebelle amoureuse qui commence à devenir sérieusement pompante à force. Je ne me suis pas attachée à notre héroïne. J'ai l'impression qu'elle est là pour servir les évènements historiques et non l'inverse. J'ai retrouvé beaucoup d'ingrédients qui font le style "Mitton" qu'il exploitera par ailleurs dans d'autres séries avec trame historique. Ce fut un plaisir de lecture. J'avais toujours une image de la conquête de la Gaule par César mais qui n'est pas celle décrite dans ce récit. Ce sont des peuples gaulois qui ont d'abords appelé à la rescousse les romains pour faire face aux Helvêtes: je ne le savais pas, ignare que je suis! On n'apprend pas cela en cours d'Histoire au primaire ou au secondaire; les profs se contentant de faire des raccourcis très rapides à cause de la longueur du programme... Cette lecture restituera certaines vérités historiques et de ce point de vue, je conseille vivement Vae Victis : malheur aux vaincus !

19/01/2008 (MAJ le 11/05/2008) (modifier)
Par Jugurtha
Note: 3/5

Une bonne série d'aventure menée à train d'enfer par Simon Rocca (alias Ramaïoli) qui prend pour cadre la guerre des Gaules, illustrée avec non moins d'efficacité par Jean-Yves Mitton. Et l'efficacité ... C'est ce qui domine ici ! Les scénarios sont bien construits, intéressants documentés ; les personnages ne manquent pas de charme (ah, Ambre), y compris de fines crapules ; mais on ne dépasse jamais vraiment le cadre d'une série d'action. Le rythme rapide en est sans doute la cause, mais malgré de belles idées et des touches de folie, on n'atteint jamais le réalisme de Murena, par exemple, la nouvelle référence du péplum où la tragédie donne un aspect plus humain. La violence et l'érotisme sont la marque de la modernité des scénarios, plus proches de la série de Dufaux et Delaby (qui est plus récente que celle-ci) que d'Alix. Quand à la longévité, elle ne se fait pas sentir, Rocca parvient à maintenir la tension grâce à un solide sens du récit, et le scénariste développe sa saga sur quinze tomes sans se caricaturer. Le dessin de Mitton n'est plus à vanter, nerveux et précis, toujours à l'aise dans un univers où la violence et l'érotisme ont leur place. Donc, une belle série d'action pure qui est une lecture de qualité.

01/07/2007 (modifier)