Après Batman - Un long Halloween, la chauve-souris reprend du service. Des policiers sont assassinés à l’occasion de quelques fêtes annuelles… Batman ne sait plus trop quoi penser, s’il pourrait s’agir de Dent ou de Holiday?
Par-rapport à la première série, cette suite présente exactement les mêmes qualités, si ce n’est que la surprise n’y est plus. Mais franchement, qu’est-ce que je m’en fous ! Ça reste excellent, rythmé par l’apparition des super-vilains dont j’éprouve un certain plaisir à suivre leurs méfaits.
Et puis, comme pour Batman - Un long Halloween, le trait est hyper stylisé. La colorisation est parfaite et confère à l’ensemble une touche bien reconnaissable. Seul bémol, l’édition de Urban Comics présente le défaut de quelques planches légèrement « floutées »… Dommage.
Bref, une série incontournable, un must dans les aventures du héros de Gotham !
Assurément Fabien Nury est un auteur que je suis. Une nouvelle fois associé à Brüno après le très bon Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle, il nous propose l’excellent Tyler Cross.
Hyper cliché et déjà-vu, l’album mérite néanmoins son excellente cotation. Personnellement, je ne crois pas que les auteurs se soient dis qu’ils allaient nous pondre un polar d’un nouveau genre. Non, certainement pas, sinon, c’est raté ! Je pense plutôt qu’ils ont voulu nous faire une histoire de truands bien vilains et crapuleux, avec tout ce que cela implique dans l’utilisation des codes du genre. Et dans cet exercice, rien à redire, tout est parfaitement maitrisé ! C’est de la bombe du début à la fin, dans le rythme et la construction de l’histoire autant que dans les personnages et les répliques qu’ils utilisent. Tarantino en serait presque jaloux…
Brüno arrose une nouvelle fois le scénar’ de Nury d’un trait simplifié mais hyper dynamique. Il a pour moi une vision de génie dans l’élaboration de son trait : il va à l’essentiel pour pouvoir mettre en évidence les expressions les plus importantes et appropriées à la situation mise en scène. Il ajoute à cet excellent travail une mise en page et une colorisation des plus réussies ; magistral tout simplement ! Non mais franchement, si vous ne l’avez pas encore lu, vous me donnerez votre impression du passage où le serpent nous fait une leçon d’humeur à la première personne…
Conclusion simple, rapide, efficace : une tuerie, au sens propre comme au figuré. Un cadeau de choix en ces fêtes de fin d’année, pour le novice comme pour le lecteur aguerri !
Ovidie qui scénarise une BD porno, forcément ça interpelle !
Dans "Histoires inavouables", on retrouve une série de petites histoires courtes qui racontent plus ou moins les grands classiques des fantasmes : On a le jeune homme de 18 ans avec la copine de sa mère, le couple qui va faire de l’échangisme pour la 1ère fois, le plan à trois, l'histoire avec l'inconnue dans le train (ma préféré) etc...
A souligner que toutes ces petites histoires sont très sympa à lire, chacun se retrouvera peut être dans une histoire ou dans une autre.
Le dessin est assez simple mais au final réussi, et chose originale et agréable, c'est que chaque histoire à une chute soit cocasse, soit drôle.
Il y a une vraie recherche scénaristique et on n’enchaîne pas les banales histoires de cul grossières, il n'y a pas par exemple d'histoire de plombier qui vient réparer la tuyauterie de madame (à dire avec un accent du sud :) ), cette BD est une peu plus fine et c’est une très bonne chose !
Je conseille !
Tout d'abord, je précise que je ne connais pas les roman et l'univers de Stefan Wul, mais cette collection d'Ankama et Comix Buro est visuellement superbe ! NiourK est sans conteste la "série mère" de cette collection, et prendre un auteur comme Vatine dont la réputation n'est plus à faire est une vraie bonne idée ! Surtout que ça peut donner envie de découvrir les autres séries de la collection...
J'aime beaucoup le style de Vatine et je me suis bien laissé prendre par l'histoire.
Le gamin, ses pensées, sa relation avec l'ours, le déroulement en parallèle des aventures du guerrier et de la tribu...
J'avais quelques interrogations à la fin du 1er tome, qui n'ont pas toutes été levées dans le 2ème tome (il reste un 3ème pour peut être expliquer certaines choses) :
- Nous n'avons aucunes date, la tribu, c'est en quelle année ? combien de temps après la catastrophe ?
- on ne sait pas ce qui a provoqué la catastrophe ?
Le mode de narration est assez surprenant, on jongle entre les pensée de l'enfant et les parole de l'enfant, mais une fois qu'on s'y est fait ça passe.
Un dernier mot du le dessin de Vatine, vraiment superbe ! Je pense qu'il a atteint une sorte de maturité avec NiourK. Les couv' sont à tomber. Elles donnent vraiment envie !
Je vais surement acheter d'autres BD de cette collection du coup moi !
L'année dernière, l'auteur Xavier Coste nous faisait découvrir Egon Schiele dont je ne connaissais pas l'oeuvre. Il s'attaque cette fois-ci au poète maudit à savoir Arthur Rimbaud. Lui aussi aura une courte vie et ne connaîtra pas la gloire alors qu'il est sans doute le plus grand poète de tous les temps. C'est sans doute le point commun de ces destins brisés.
J'ai toujours voulu en savoir un peu plus sur Rimbaud. Il sera traité les deux parties de sa vie qui s'opposent diamétralement. La Ligne de fuite évoquait déjà le Rimbaud marchand d'arme africain. Comment a-t'il pu devenir un homme en fuite c'est à dire tout ce qu'il méprisait. J'avoue avoir préféré la première partie de sa vie entre son adolescence tumultueuse et sa relation avec Paul Verlaine dans le Paris de l'après-Commune.
Le talent conduit-il nécessairement à se couper du reste du monde et de devenir un homme haïssable ? L'ambition peut être dévorante et conduire aux pires extrémités des passions. Bref, on découvre un portrait sans complaisance. On est au-delà de la vision du jeune et beau poète romantique. La fin n'en demeure que plus poignante encore. C'est un somptueux album que je vous recommande. Et dire que l'auteur n'a que 24 ans...
J'ai apprécié le récit de Julie Maroh sur un sujet aussi difficile. Elle a osé montrer la vie d'une icône de rock que tout le monde ou presque adule. En réalité, c'est un vrai démon d'égoïsme qui fait du mal à son entourage. On reconnaîtra sans doute le chanteur de Noir Désir dont la vie privée s'est étalée dans tous les journaux et qui n'en reste pas moins détestable. Ce n'est pas sa vie qui est décrite au risque d'un procès mais la démarche reste la même: les Tazanes se ressemblent malheureusement !
Skandalon explore le monde des scandales et va jusqu'au bout de la logique. On assiste à une véritable descente aux enfers avec cette spirale auto-destructrice. Julie Maroh avait su me captiver avec sa précédente oeuvre d'une maturité hors norme à savoir Le Bleu est une couleur chaude. La voilà qui réitère avec un peu moins de succès en ce qui concerne son graphisme. La différence est perceptible. Je pense que la technique et la couleur rouge de l'album ont favorisé un trait plus gras et moins élégant.
Au final, c'est un essai plutôt réussi sur la notion "d'interdit". On sait quelles sont les limites à ne jamais franchir.
Cornélius Shiel commence de manière assez magistrale. C'est franchement une belle entrée en matière où notre jeune écrivain va vite basculer dans le paranormal. Le récit de ce premier tome est totalement maîtrisé de bout en bout. C'est même audacieux quant au point de vue choisi et c'est ce que j'ai apprécié.
En effet, l'auteur semble démontrer que dans la lutte des forces du bien contre le mal, toutes les parties sont fautives par les exactions commises. Il va placer son héros du côté obscur c'est à dire comme le confident d'un agent du mal. Bref, il faut se préparer à être du côté de satan contre les anges de dieu. C'est quand même un peu poussif. Cependant, l'auteur trouve la manière de nous faire l'accepter et cela constitue l'originalité de cette oeuvre.
Par ailleurs, le graphisme est époustouflant ce qui ne gâche rien à la bonne idée de départ. Il y a une réelle maîtrise du dessin. Les planches et les couleurs sont de toute beauté.
Le cliffhanger final permet de relancer l'intérêt de la série qui ne va s'étaler que sur trois tomes. Cela promet d'être intéressant.
C’est un peu de mauvaise grâce que je me suis essayé à NonNonBâ tant les dessins me rebutaient. Mais au fur et à mesure de la lecture, je me suis laissé entrainer par cette incroyable histoire.
Car NonNonBâ, c’est beaucoup de choses à la fois : récit fantastique peuplé de Yokaï, chronique sociale du Japon des années 30 (nationaliste et militariste), quotidien d’une famille rurale et épisodes autobiographiques de l’auteur.
L’intrigue, derrière la vision enfantine où réel et surnaturel se mêlent et s’emmêlent constamment, est dense et passionnante. On apprend beaucoup de choses sur la famille et la société japonaise de cette époque où tradition et modernité se côtoient (désolé pour le lieu commun mais c’est vraiment ce que j’ai ressenti).
Les dessins de Mizuki se révèlent, au final, assez agréables, à la fois ronds et expressifs.
A noter, le beau travail d’édition de Cornélius. En effet, afin d’aider à la compréhension des codes et nuances tyquement nippons, l’éditeur propose plusieurs pages de notes claires et intéressantes.
NonNonBâ est une œuvre magnifique que je recommande chaleureusement à tous.
Voici encore une de ces séries de qualité dont Glénat éditait quelques albums au début des années 80, avant de constituer ses collections ; toutes ces séries comme aussi Les dirigeables de l'Amazone, Le Solitaire, Les Pirates de l'Océan Indien ou Frédéric Joubert sont ensuite tombées dans un oubli injuste.
Ici, ces 2 auteurs Basques espagnols ont su retracer avec un grand souci de vérité l'épopée de leurs ancêtres partis de Saint-Jean-de-Luz vers les côtes de la Nouvelle France pour la chasse à la baleine et le commerce avec certains peuples autochtones. Ils donnent aussi une nouvelle dimension aux séries historiques par la précision de leur documentation, qui n'était pourtant pas aussi facile qu'aujourd'hui, ils ont donc beaucoup de mérite.
Le plaisir des grandes aventures maritimes, un souffle de Moby Dick réinventé, la richesse d'un début de XVIIème siècle qui va s'avérer florissant pour certains aventuriers de la trempe de Justin, ce capitaine baleinier, ainsi que la griserie des océans et la découverte de peuples indiens ou Esquimaux rendent cette série très intéressante ; il y souffle un vent d'air frais qui la rend très juste. Elle est servie en plus par un dessin précis, riche et coloré qui s'harmonise bien avec les scénarios de Gregorio Muro Harriet, qui récidivera en 1987 avec La Sueur du soleil, une autre Bd mettant en scène des Espagnols dans le Nouveau Monde.
J'avais découvert cette bande en 1983 dans le mensuel Gomme, après qu'elle avait été publiée dès 1981 dans un journal basque, et elle m'avait immédiatement séduit ; 30 ans après, je l'ai relue il y a peu, et mon sentiment n'a pas changé, c'est vraiment de la belle aventure.
Note : 3.5/5
Je ne suis pas un expert ni un grand fan de la série Alix. J'apprécie grandement sa justesse historique et la façon dont Jacques Martin a donné vie à l'époque Romaine avec des décors parfois très travaillés, mais la raideur de son trait et le conservatisme désuet de ses récits me lasse très vite.
Autant dire que je partais assez circonspect vers la lecture d'une série comme Alix Senator, spin-off que j'imaginais commercial d'une série qui ne m'avait jamais passionné.
Mais j'ai eu droit à une agréable surprise.
Valérie Mangin et Thierry Demarez a mis en scène l'Empire Romain de la fin du premier siècle avant Jésus Christ, de l'Italie à l'Egypte pour ce qui est des deux tomes parus à ce jour. On y retrouve un Alix sénateur grisonnant, sans Enak mais avec son propre fils ainsi que le fils de son ancien ami disparu. Ceux-ci, adolescents découvrant la vie, jouent un peu le rôle que leurs pères jouaient dans les premiers albums de la série Alix, se partageant du coup la vedette avec Alix lui-même.
Le ton est plus sérieux, plus complexe et plus moderne que pour la série originelle. Des complots politiques à la Murena se mêlent à des assassinats à la limite du fantastique. La Rome présenté là est aussi plus adulte, moins censurée, les jeunes adolescents à la charge d'Alix participant notamment en douce à ce qui ressemble presque à une orgie.
J'ai beaucoup aimé le premier tome de cette série. Il reste dans un cadre presque strictement historique et offre une enquête réaliste et bien menée, tout en donnant vie de belle manière à la Rome Antique.
Le second tome s'entame dans la même lignée réjouissante mais son final déborde un peu vers des thématiques un peu plus fantastiques et grandiloquentes comme les apprécient Valérie Mangin. J'ai un tout petit peu moins accroché sur ces passages là, préférant qu'on reste dans l'historiquement plausible. Là, j'ai senti un peu de facilité et de recherche de sensationnel.
Je reste quand même intéressé et lirai sans hésiter le troisième tome qui clora le premier cycle de la série, en espérant qu'il ne s'éloigne pas davantage du cadre réaliste.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Batman - Amère victoire (Dark Victory)
Après Batman - Un long Halloween, la chauve-souris reprend du service. Des policiers sont assassinés à l’occasion de quelques fêtes annuelles… Batman ne sait plus trop quoi penser, s’il pourrait s’agir de Dent ou de Holiday? Par-rapport à la première série, cette suite présente exactement les mêmes qualités, si ce n’est que la surprise n’y est plus. Mais franchement, qu’est-ce que je m’en fous ! Ça reste excellent, rythmé par l’apparition des super-vilains dont j’éprouve un certain plaisir à suivre leurs méfaits. Et puis, comme pour Batman - Un long Halloween, le trait est hyper stylisé. La colorisation est parfaite et confère à l’ensemble une touche bien reconnaissable. Seul bémol, l’édition de Urban Comics présente le défaut de quelques planches légèrement « floutées »… Dommage. Bref, une série incontournable, un must dans les aventures du héros de Gotham !
Tyler Cross
Assurément Fabien Nury est un auteur que je suis. Une nouvelle fois associé à Brüno après le très bon Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle, il nous propose l’excellent Tyler Cross. Hyper cliché et déjà-vu, l’album mérite néanmoins son excellente cotation. Personnellement, je ne crois pas que les auteurs se soient dis qu’ils allaient nous pondre un polar d’un nouveau genre. Non, certainement pas, sinon, c’est raté ! Je pense plutôt qu’ils ont voulu nous faire une histoire de truands bien vilains et crapuleux, avec tout ce que cela implique dans l’utilisation des codes du genre. Et dans cet exercice, rien à redire, tout est parfaitement maitrisé ! C’est de la bombe du début à la fin, dans le rythme et la construction de l’histoire autant que dans les personnages et les répliques qu’ils utilisent. Tarantino en serait presque jaloux… Brüno arrose une nouvelle fois le scénar’ de Nury d’un trait simplifié mais hyper dynamique. Il a pour moi une vision de génie dans l’élaboration de son trait : il va à l’essentiel pour pouvoir mettre en évidence les expressions les plus importantes et appropriées à la situation mise en scène. Il ajoute à cet excellent travail une mise en page et une colorisation des plus réussies ; magistral tout simplement ! Non mais franchement, si vous ne l’avez pas encore lu, vous me donnerez votre impression du passage où le serpent nous fait une leçon d’humeur à la première personne… Conclusion simple, rapide, efficace : une tuerie, au sens propre comme au figuré. Un cadeau de choix en ces fêtes de fin d’année, pour le novice comme pour le lecteur aguerri !
Histoires inavouables
Ovidie qui scénarise une BD porno, forcément ça interpelle ! Dans "Histoires inavouables", on retrouve une série de petites histoires courtes qui racontent plus ou moins les grands classiques des fantasmes : On a le jeune homme de 18 ans avec la copine de sa mère, le couple qui va faire de l’échangisme pour la 1ère fois, le plan à trois, l'histoire avec l'inconnue dans le train (ma préféré) etc... A souligner que toutes ces petites histoires sont très sympa à lire, chacun se retrouvera peut être dans une histoire ou dans une autre. Le dessin est assez simple mais au final réussi, et chose originale et agréable, c'est que chaque histoire à une chute soit cocasse, soit drôle. Il y a une vraie recherche scénaristique et on n’enchaîne pas les banales histoires de cul grossières, il n'y a pas par exemple d'histoire de plombier qui vient réparer la tuyauterie de madame (à dire avec un accent du sud :) ), cette BD est une peu plus fine et c’est une très bonne chose ! Je conseille !
Niourk
Tout d'abord, je précise que je ne connais pas les roman et l'univers de Stefan Wul, mais cette collection d'Ankama et Comix Buro est visuellement superbe ! NiourK est sans conteste la "série mère" de cette collection, et prendre un auteur comme Vatine dont la réputation n'est plus à faire est une vraie bonne idée ! Surtout que ça peut donner envie de découvrir les autres séries de la collection... J'aime beaucoup le style de Vatine et je me suis bien laissé prendre par l'histoire. Le gamin, ses pensées, sa relation avec l'ours, le déroulement en parallèle des aventures du guerrier et de la tribu... J'avais quelques interrogations à la fin du 1er tome, qui n'ont pas toutes été levées dans le 2ème tome (il reste un 3ème pour peut être expliquer certaines choses) : - Nous n'avons aucunes date, la tribu, c'est en quelle année ? combien de temps après la catastrophe ? - on ne sait pas ce qui a provoqué la catastrophe ? Le mode de narration est assez surprenant, on jongle entre les pensée de l'enfant et les parole de l'enfant, mais une fois qu'on s'y est fait ça passe. Un dernier mot du le dessin de Vatine, vraiment superbe ! Je pense qu'il a atteint une sorte de maturité avec NiourK. Les couv' sont à tomber. Elles donnent vraiment envie ! Je vais surement acheter d'autres BD de cette collection du coup moi !
Rimbaud, l'indésirable
L'année dernière, l'auteur Xavier Coste nous faisait découvrir Egon Schiele dont je ne connaissais pas l'oeuvre. Il s'attaque cette fois-ci au poète maudit à savoir Arthur Rimbaud. Lui aussi aura une courte vie et ne connaîtra pas la gloire alors qu'il est sans doute le plus grand poète de tous les temps. C'est sans doute le point commun de ces destins brisés. J'ai toujours voulu en savoir un peu plus sur Rimbaud. Il sera traité les deux parties de sa vie qui s'opposent diamétralement. La Ligne de fuite évoquait déjà le Rimbaud marchand d'arme africain. Comment a-t'il pu devenir un homme en fuite c'est à dire tout ce qu'il méprisait. J'avoue avoir préféré la première partie de sa vie entre son adolescence tumultueuse et sa relation avec Paul Verlaine dans le Paris de l'après-Commune. Le talent conduit-il nécessairement à se couper du reste du monde et de devenir un homme haïssable ? L'ambition peut être dévorante et conduire aux pires extrémités des passions. Bref, on découvre un portrait sans complaisance. On est au-delà de la vision du jeune et beau poète romantique. La fin n'en demeure que plus poignante encore. C'est un somptueux album que je vous recommande. Et dire que l'auteur n'a que 24 ans...
Skandalon
J'ai apprécié le récit de Julie Maroh sur un sujet aussi difficile. Elle a osé montrer la vie d'une icône de rock que tout le monde ou presque adule. En réalité, c'est un vrai démon d'égoïsme qui fait du mal à son entourage. On reconnaîtra sans doute le chanteur de Noir Désir dont la vie privée s'est étalée dans tous les journaux et qui n'en reste pas moins détestable. Ce n'est pas sa vie qui est décrite au risque d'un procès mais la démarche reste la même: les Tazanes se ressemblent malheureusement ! Skandalon explore le monde des scandales et va jusqu'au bout de la logique. On assiste à une véritable descente aux enfers avec cette spirale auto-destructrice. Julie Maroh avait su me captiver avec sa précédente oeuvre d'une maturité hors norme à savoir Le Bleu est une couleur chaude. La voilà qui réitère avec un peu moins de succès en ce qui concerne son graphisme. La différence est perceptible. Je pense que la technique et la couleur rouge de l'album ont favorisé un trait plus gras et moins élégant. Au final, c'est un essai plutôt réussi sur la notion "d'interdit". On sait quelles sont les limites à ne jamais franchir.
Cornélius Shiel
Cornélius Shiel commence de manière assez magistrale. C'est franchement une belle entrée en matière où notre jeune écrivain va vite basculer dans le paranormal. Le récit de ce premier tome est totalement maîtrisé de bout en bout. C'est même audacieux quant au point de vue choisi et c'est ce que j'ai apprécié. En effet, l'auteur semble démontrer que dans la lutte des forces du bien contre le mal, toutes les parties sont fautives par les exactions commises. Il va placer son héros du côté obscur c'est à dire comme le confident d'un agent du mal. Bref, il faut se préparer à être du côté de satan contre les anges de dieu. C'est quand même un peu poussif. Cependant, l'auteur trouve la manière de nous faire l'accepter et cela constitue l'originalité de cette oeuvre. Par ailleurs, le graphisme est époustouflant ce qui ne gâche rien à la bonne idée de départ. Il y a une réelle maîtrise du dessin. Les planches et les couleurs sont de toute beauté. Le cliffhanger final permet de relancer l'intérêt de la série qui ne va s'étaler que sur trois tomes. Cela promet d'être intéressant.
NonNonBâ
C’est un peu de mauvaise grâce que je me suis essayé à NonNonBâ tant les dessins me rebutaient. Mais au fur et à mesure de la lecture, je me suis laissé entrainer par cette incroyable histoire. Car NonNonBâ, c’est beaucoup de choses à la fois : récit fantastique peuplé de Yokaï, chronique sociale du Japon des années 30 (nationaliste et militariste), quotidien d’une famille rurale et épisodes autobiographiques de l’auteur. L’intrigue, derrière la vision enfantine où réel et surnaturel se mêlent et s’emmêlent constamment, est dense et passionnante. On apprend beaucoup de choses sur la famille et la société japonaise de cette époque où tradition et modernité se côtoient (désolé pour le lieu commun mais c’est vraiment ce que j’ai ressenti). Les dessins de Mizuki se révèlent, au final, assez agréables, à la fois ronds et expressifs. A noter, le beau travail d’édition de Cornélius. En effet, afin d’aider à la compréhension des codes et nuances tyquement nippons, l’éditeur propose plusieurs pages de notes claires et intéressantes. NonNonBâ est une œuvre magnifique que je recommande chaleureusement à tous.
Justin Hiriart
Voici encore une de ces séries de qualité dont Glénat éditait quelques albums au début des années 80, avant de constituer ses collections ; toutes ces séries comme aussi Les dirigeables de l'Amazone, Le Solitaire, Les Pirates de l'Océan Indien ou Frédéric Joubert sont ensuite tombées dans un oubli injuste. Ici, ces 2 auteurs Basques espagnols ont su retracer avec un grand souci de vérité l'épopée de leurs ancêtres partis de Saint-Jean-de-Luz vers les côtes de la Nouvelle France pour la chasse à la baleine et le commerce avec certains peuples autochtones. Ils donnent aussi une nouvelle dimension aux séries historiques par la précision de leur documentation, qui n'était pourtant pas aussi facile qu'aujourd'hui, ils ont donc beaucoup de mérite. Le plaisir des grandes aventures maritimes, un souffle de Moby Dick réinventé, la richesse d'un début de XVIIème siècle qui va s'avérer florissant pour certains aventuriers de la trempe de Justin, ce capitaine baleinier, ainsi que la griserie des océans et la découverte de peuples indiens ou Esquimaux rendent cette série très intéressante ; il y souffle un vent d'air frais qui la rend très juste. Elle est servie en plus par un dessin précis, riche et coloré qui s'harmonise bien avec les scénarios de Gregorio Muro Harriet, qui récidivera en 1987 avec La Sueur du soleil, une autre Bd mettant en scène des Espagnols dans le Nouveau Monde. J'avais découvert cette bande en 1983 dans le mensuel Gomme, après qu'elle avait été publiée dès 1981 dans un journal basque, et elle m'avait immédiatement séduit ; 30 ans après, je l'ai relue il y a peu, et mon sentiment n'a pas changé, c'est vraiment de la belle aventure.
Alix Senator
Note : 3.5/5 Je ne suis pas un expert ni un grand fan de la série Alix. J'apprécie grandement sa justesse historique et la façon dont Jacques Martin a donné vie à l'époque Romaine avec des décors parfois très travaillés, mais la raideur de son trait et le conservatisme désuet de ses récits me lasse très vite. Autant dire que je partais assez circonspect vers la lecture d'une série comme Alix Senator, spin-off que j'imaginais commercial d'une série qui ne m'avait jamais passionné. Mais j'ai eu droit à une agréable surprise. Valérie Mangin et Thierry Demarez a mis en scène l'Empire Romain de la fin du premier siècle avant Jésus Christ, de l'Italie à l'Egypte pour ce qui est des deux tomes parus à ce jour. On y retrouve un Alix sénateur grisonnant, sans Enak mais avec son propre fils ainsi que le fils de son ancien ami disparu. Ceux-ci, adolescents découvrant la vie, jouent un peu le rôle que leurs pères jouaient dans les premiers albums de la série Alix, se partageant du coup la vedette avec Alix lui-même. Le ton est plus sérieux, plus complexe et plus moderne que pour la série originelle. Des complots politiques à la Murena se mêlent à des assassinats à la limite du fantastique. La Rome présenté là est aussi plus adulte, moins censurée, les jeunes adolescents à la charge d'Alix participant notamment en douce à ce qui ressemble presque à une orgie. J'ai beaucoup aimé le premier tome de cette série. Il reste dans un cadre presque strictement historique et offre une enquête réaliste et bien menée, tout en donnant vie de belle manière à la Rome Antique. Le second tome s'entame dans la même lignée réjouissante mais son final déborde un peu vers des thématiques un peu plus fantastiques et grandiloquentes comme les apprécient Valérie Mangin. J'ai un tout petit peu moins accroché sur ces passages là, préférant qu'on reste dans l'historiquement plausible. Là, j'ai senti un peu de facilité et de recherche de sensationnel. Je reste quand même intéressé et lirai sans hésiter le troisième tome qui clora le premier cycle de la série, en espérant qu'il ne s'éloigne pas davantage du cadre réaliste.