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La Ligne de fuite

Note: 3.78/5
(3.78/5 pour 9 avis)

Adrien, poète raté, part à la recherche de Rimbaud, en Afrique.


Arthur Rimbaud Futurs immanquables Les prix lecteurs BDTheque 2007 Mer Rouge et Corne de l'Afrique Milieux artistiques Nouveau Futuropolis Poètes et poésie

Paris, fin du dix-neuvième siècle. Arthur Rimbaud a disparu des cercles littéraires et parisiens depuis une douzaine d'années, mais son oeuvre a marqué à tout jamais la poésie. Parmi ses admirateurs, Adrien, poète amateur, est mandaté par le journal 'Le Décadent' pour écrire de faux alexandrins de Rimbaud. Le journal est attaqué par Verlaine. Adrien, pasticheur de Rimbaud, devient la risée du Paris littéraire. Il décide d'aller sur les pas de Rimbaud, et tout d'abord à Charleville, ville natale du poète où il rencontre sa soeur. Suivant les traces de Rimbaud, il embarque à Marseille pour Aden, dernière résidence connue du poète maudit.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 05 Septembre 2007
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série La Ligne de fuite

15/09/2007 | herve
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Par sloane
Note: 4/5
L'avatar du posteur sloane

Voilà une BD qui ne se dévoile pas du premier coup, elle est d'une lecture exigeante et cela est en partie du au fait que le texte est quasi omniprésent, peut être d'ailleurs un peu trop. Comme je le disais cette lecture n'est pas aisée et du coup il faut parfois savoir revenir en arrière pour vraiment profiter du dessin de Benjamin Flao, j'ai d'ailleurs eu l'impression à de nombreuses reprises de me trouver face à un carnet de voyage plutôt qu'à une véritable BD. Parfois même, sans être en accord total avec un style, on ne peut ici que mettre chapeau bas, tout comme la poésie de Rimbaud, les dessins nous invitent au voyage. Bravo donc!! Nous suivons donc le périple d'un obscur poète imitateur de Rimbaud qui décide de remonter et de suivre les traces du poète jusqu'en Abyssinie. Son parcours n'est en fait qu'un moyen à terme de se connaitre lui même. Que dire d'autre qui n'ait été déjà dit; c'est beau, cela possède une force indéniable et m'a personnellement incité à relire certains poèmes du grand Arthur, "Le bateau ivre " notamment.

04/08/2016 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Cet album est vraiment une belle réussite, sur un sujet qui aurait pu être casse gueule, eu égard à « l’icône » à laquelle il s’attaquait, à savoir Rimbaud. Et en plus à l’ubac du personnage, qui a abandonné la poésie, ses amis, pour devenir marchand – parfois d’armes – à Aden, c’est-à-dire au bout du monde. C’est d’abord une réussite graphique. Le dessin de Benjamin Flao, dans un style faussement brouillon, rehaussé à l’aquarelle, est franchement très beau, et très en harmonie avec le récit de cette quête impossible. Si le dessin est très bon, il faut dire qu’il est au service d’une histoire qui ne l’est pas moins. J’avais d’ailleurs déjà remarqué et la qualité du travail de Dabitch (souvent s’inspirant de faits réels) et sa propension à faire équipe avec des dessinateurs à la fois de styles différents et adaptés à ses scénarios (voir Jeronimus ou plus récemment La Colonne). Si le personnage et la poésie de Rimbaud imprègnent l’album d’un lyrisme noir, c’est en fait Adrien le héros, lui qui part chercher Rimbaud à Harrar, dans une quête de plus en plus inexpliquée, et qui comprend à la fin que c’est lui qu’il cherchait – et qu’il va trouver, au milieu du désert, si près et pourtant si loin de l’immense poète devenu commerçant. Un grand millésime de chez Futuropolis que je vous encourage fortement à découvrir !

18/09/2015 (modifier)
Par Ems
Note: 3/5

Les différents avis déjà exprimés résument bien le récit. Sur certains points cette BD atteint les sommets et pour d'autres j'ai moins accroché. A titre personnel, j'ai adoré le dessin à l'aspect brouillon et pourtant si détaillé et bien colorié. Le scénario est bien construit mais n'étant fan de poésie, une partie de l'intérêt de l'album m'est passé à côté. Ce one shot tourne autour d'une légende de la poésie: Rimbaud. Il y a plusieurs poèmes dans le récit vraiment bien conçu pour les littéraires. Heureusement pour les autres, l'histoire reste intéressante avec une bonne base de vérité. D'ailleurs le cahier additionnel est bien fait et fignole bien le scénario en le resituant dans l'époque. Je pense être passé au travers sur certains points mais j'ai découvert deux auteurs doués. Je suis heureux de cette lecture atypique mais enrichissante.

06/10/2009 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

Nous avons là une jolie ballade très poétique. Normal : la poésie constitue le socle même de ce récit tiré d'une réalité historique dans un Paris artistique à la recherche de son messie. Le décadent était un journal qui a voulu constituer un mouvement se réclamant du poète Arthur Rimbaud porté disparu dans les milieux artistiques de la capitale. La revue, sous l'impulsion de Baju son directeur de publication, envoie alors un jeune homme, Adrien, à la recherche du mystérieux poète qui a cessé d'écrire à l'âge de 21 ans à la suite de sa rupture mouvementée avec Verlaine. Il va partir alors en Afrique entre Aden et Harar sur les traces de l'écrivain. Adrien est en réalité fasciné par ce poète. Il a produit des faux de Rimbaud pour la revue. La honte du scandale qui a suivi ces publications l'oblige à prendre une ligne de fuite... Les dessins et les couleurs sont un véritable régal pour les yeux. Des décors somptueux à couper le souffle, des cadrages intelligents, des ambiances subtiles et enchanteresses, des couleurs réalisées à l'aquarelle ! Bref, j'ai éprouvé une véritable fascination visuelle devant l'intensité et l'incroyable beauté du trait avec une ambiance fin XIXème siècle parfaitement rendue. Je suis sidéré d'apprendre que c'est l'une des premières bd de ce dessinateur talentueux. Pour couronner le tout, nous avons droit à la fin de l'ouvrage à un dossier très instructif sur les personnages évoquées, sur le scandale de la revue et sur les décadents; bref une petite remise en perspective agrémentée de croquis. Pour autant, nous sommes entraînés dans une sorte de voyage aux confins de la folie dans les méandres d'un esprit halluciné. Il faut s'accrocher ! J'avais peur d'une fin un peu banale mais il n'en n'est rien. Tout ce récit un peu initiatique pour le jeune Adrien va prendre un sens. La ligne de fuite est un merveilleux voyage intime sur la recherche de soi. Qui aurait pu prévoir que c'est dans la fuite qu'on peut trouver une sorte de salut et de rédemption de l'être ? Nous avons là une oeuvre originale loin de toutes facilités ! Plongez dans cette atmosphère onirique bardée de poésie et de rêves poétiques !

22/02/2008 (MAJ le 23/02/2008) (modifier)
Par cac
Note: 3/5

Album pris en médiathèque sans du tout savoir de quoi ça parlait. Et le titre, plutôt bien pensé, ne laisse pas du tout présager du contenu. Il s'agit du parcours que je devine fictif d'un jeune homme honteux pastiche de Rimbaud le célèbre poète. Du moins par le nom, car tout le monde connaît Arthur Rimbaud, mais qui sait vraiment ce qu'il a fait, quelle fut sa courte vie. Cet album a eu au moins le mérite que je m'intéresse à la vie du personnage et au contexte de l'époque. Cette histoire est une espèce d'enquête sur les traces du poète qui s'ennuie dans sa vie et va la passer en grande partie à voyager à travers le monde. Mais son cercle de poètes ou assimilés parisien veut le faire rentrer à Paris pour qu'il y exerce son talent. On trouve parmi eux Verlaine qui apprendrai-je par la suite aurait eu une relation assez intime avec ledit Rimbaud, Anatole Baju fondateur de la revue Le Décadent. Adrien, le jeune poète pasticheur qui est notre détective en quelque sorte ira tel un pèlerin jusqu'en Afrique dans de très beaux décors, et d'ailleurs l'ensemble de cet opus est bien plaisant sur le plan dessinatoire. J'aime ce style d'histoires inspirées du réel, je cite en exemple La Sirène des pompiers qui évoque également un mouvement artistico-culturel de la fin du XIXème siècle. J'apprécie toujours d'en apprendre plus sur un plan historique. Recommandé, mais je n'irai pourtant pas jusqu'à lui donner une meilleure note tant il est vrai que j'ai bien aimé mais je n'ai pas non plus hyper accroché au phrasé poétique et une histoire bien que longue ne me laissera pas un souvenir prégnant.

28/11/2007 (modifier)
Par Alix
Note: 3/5
L'avatar du posteur Alix

Alors tout d’abord « La Ligne de fuite » est un bien bel objet. Futuropolis a une fois de plus fait du beau boulot. Le papier est classieux et épais, la couverture robuste, et le nombre de pages conséquent justifie pleinement le prix de 19 euros. Le support fait honneur au dessin. Ce dernier est vraiment magnifique et envoûtant. Il y aurait beaucoup à écrire sur l’histoire. Elle est intéressante, bien construite, agréable à suivre. Mais voilà, elle m’est un peu passée au dessus de la tête. Oh, pas de beaucoup, j’ai presque tout saisi, j’ai ri, certains passages m’ont même ému. Mais j’ai eu peine à comprendre la motivation de tous les personnages. La fin m’a laissé circonspect. Je reste sur une impression frustrante qu’il me manque quelques années au compteur pour saisir toute la profondeur du propos de l’auteur. Enfin, si je me considère réceptif au cinéma, à la littérature, à la musique, voire même à la peinture, je suis toujours resté de marbre face à la poésie. Je trouve ça lourd et impénétrable. Or les textes de nombreux passages de cette BD sont uniquement constitués d’extraits de poésie. Les amateurs seront ravis, mais moi, ça m’a un peu gonflé. En conclusion, une superbe BD, riche, belle et profonde, mais je suis malheureusement un peu passé à coté. J’ai passé un bon moment de lecture, mais sans plus.

28/10/2007 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Spooky

Je ne peux pas. Non, je ne peux pas, décemment, mettre moins que 4 à cet album, objectivement et subjectivement. Objectivement : Moi qui ai une formation de Lettres, je n'ai jamais particulièrement apprécié Rimbaud. Certes, ces écrits étaient fins, très ciselés, mais pour moi cela n'avait pas la puissance de ce que faisait Victor Hugo, ou bien la richesse exotique d'un Parnassien. Ah, Là, tout n'est qu'ordre et beauté, Luxe, calme et volupté. Mais je m'égare. Rimbaud a inspiré de nombreux auteurs récents, comme Hugo Pratt avec Corto Maltese et Eric Cantona. Mais je n'aime pas Corto. Et Canto ? Comment dire... Comme auteur, il est un peu limité... Dire qu'on n'aime pas Rimbaud, c'est s'attirer les foudres de nombres de penseurs, lecteurs, amateurs de tout poil. Donc je n'irai pas plus loin. Subjectivement, je n'ai qu'un seul vrai reproche à faire à cette BD. L'omniprésence des écrits de Rimbaud surcharge un peu trop les pages, je trouve. Ca "casse" un peu la dynamique du récit. Mais pour le reste, c'est du tout bon. On suit Adrien dans sa quête initiatique, qui est aussi une tentative de rédemption envers celui qu'il a pastiché. L'idée d'incarner les auteurs en des animaux-totems est très bien trouvée, bien que non inédite, il me semble. C'est très bien construit, raconté, rythmé. Quant au dessin de Benjamin Flao, je le trouve un peu léger, pas assez "net", mais finalement ça correspond bien à l'ambiance, au sujet, celle de la recherche d'un poète insaisissable et pourtant omniprésent. Et si on se détache de ces considérations, il faut reconnaître que ses cases sont bien agencées, le découpage est très bon, et le traitement des couleurs, et surtout des ambiances, est remarquable. Non, je ne peux pas mettre moins de 4/5 à cet album.

17/10/2007 (modifier)
Par iannick
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur iannick

Et hop ! Encore un excellent album des éditions Futuropolis ! Depuis sa renaissance en 2004, cet éditeur nous propose des titres qui sont la plupart du temps en « décalage » par rapport aux autres bd qui apparaissent sur les bacs des librairies. A mon avis, le catalogue des éditions Futuropolis peut se résumer en deux catégories assez distinctes : une avec des bd plus ou moins d’actualité et engagées comme Un homme est mort, La Mémoire dans les poches ou Le sourire du clown, et l’autre qui nous présente des albums assez décalés et poétiques comme La Volupté, Le Dernier modèle ou le Journal d'un fantôme. "La ligne de fuite" fait incontestablement partie de cette deuxième catégorie. Les auteurs, Christophe Dabitch et Benjamin Flao, nous proposent une bd qui mélange la fiction et la réalité. L’histoire met en scène un jeune poète amateur, Adrien, à la recherche d’Arthur Rimbaud. Je ne vous dévoilerai pas le début de ce récit qui met en place des personnages et des situations qui ont réellement existé à la fin du XIXème siècle comme le rappelle le mini dossier de fin d’album. Ainsi, le lecteur découvrira le peintre Verlaine et un journal relativement connu à cette époque qui fera scandale. J’ai énormément apprécié les moments assez farfelus et de solitude du personnage principal (Adrien). Le lecteur peut le voir douter, se laisser aller dans ses délires, exploser de joie en récitant les vers de Rimbaud, se faire arnaquer (surtout dans les transports en commun…)… Bref, les auteurs présentent un (anti ?)héros très attachant et très vivant qui nous emmène avec grande curiosité et le sourire aux lèvres dans ses péripéties (et surtout ses rêveries) assez dingues, et qui me réconcilie avec la poésie (j’avais horreur de cette « matière » qu’on nous imposait en classe…). Il faut dire aussi que j’adore le traitement graphique de "La ligne de fuite"… Je ne sais pas vraiment si le scénariste était ami avec Benjamin Flao et par conséquent si le dessin fut confié « naturellement » à ce dernier ou si Christophe Dabitch a eu l’immense chance de se voir proposer ce dessinateur pour concevoir cette bd, toujours est-il que ce style convient parfaitement à cette histoire. Comment peut-il en être autrement lorsque le lecteur s’aperçoit que le traitement graphique est en majeure partie fait en aquarelle ? Cette technique est, à mon avis, le procédé attitré lorsqu’il s’agit de mettre des illustrations qui accompagnent un poème et ce bougre de Flao l’exploite parfaitement en y faisant varier les ambiances ! (Allez voir les pleines pages !). Le coup de crayon de Benjamin est magnifique ! Il est plein de dynamisme ! J’ai également apprécié la variété des cadrages et les longs passages de silence où les expressions des personnages, bien rendues par l’auteur, suffisent amplement à nous donner des frissons. "La ligne de fuite" est une bd qui m’a réconcilié avec la poésie, genre littéraire que je détestais pendant ma période collégienne (j’en avais marre de réciter ces « choses » !). Le coup de génie de cet album fut de m’avoir fait m'intéresser au personnage et aux vers d’Arthur Rimbaud en mettant en scène des faits réels de cette période. Le dessin réalisé par Benjamin Floa est magnifique et m’a beaucoup motivé à feuilleter cette bd. Bien que je sois une brêle en poésie et en rédaction (au vu des commentaires de certains forumeurs à propos de mes avis), je le dis haut et fort après avoir lu « la ligne de fuite » : la poésie, c’est bien !

23/09/2007 (modifier)
Par herve
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur herve

Les éditions Futuropolis ont encore frappé très fort avec ce livre. J'ai tout de suite été séduit par les dessins à l'aquarelle de Benjamin Flao. Il est aussi à l'aise pour illustrer le Paris de la fin du XIXème que la ville d'Aden, accablée par la chaleur. (C’est d'ailleurs là pour moi ses plus belles pages de l'album) Oscillant entre histoire vraie et romanesque, cette aventure vous tient en haleine jusqu'au bout des 108 pages où nous suivons Adrien, poète raté, de Paris à Aden. Certains partent à la recherche du temps perdu, mais lui, plus modestement, a décidé de seulement partir à la recherche de Rimbaud. On y croise évidemment la soeur de Rimbaud, Isabelle, qui à la mort de son frère "allait désormais veiller au grain de manière tatillonne et intransigeante... et opposer, au cours des années suivantes, une résistance déterminée à tous ceux qui se montraient désireux d'écrire sur le poète ou de publier des éléments de son oeuvre", comme l'écrivait justement Jean Jacques Lefrère dans son remarquable et, à ce jour inégalé, " Arthur Rimbaud "(Fayard , 2001), ouvrage cité dans le très bon dossier constitué en fin d'album. Mais on croise aussi Verlaine, évidemment, qui apparaît également dans les scènes oniriques sous les traits d'un corbeau. Car malgré le caractère réaliste de cette aventure, Christophe Dabitch a glissé dans le scénario certains passages, qui certes m'ont véritablement surpris la première fois (Baju en crapaud, Duplessy en cygne et Verlaine en vieil oiseau) mais qui deviennent amusants à chaque apparition pour notre pauvre Adrien, malchanceux avec les transports en commun ! En voulant partir à la recherche de Rimbaud, Adrien n'est-il véritablement pas parti à la recherche de lui-même ? Un très bon album à découvrir.

15/09/2007 (modifier)