Ce one shot est vraiment une bonne surprise. Les avis précédents m'ont incité à en faire l'acquisition et je ne le regrette absolument pas. J'ai passé un agréable moment de lecture en compagnie de ce roi finalement tristement célèbre. En règle générale on sait à quoi correspond la Saint-Barthélemy par contre le nom du roi qui a ordonné ce massacre est moins connu.
Cette biographie qui traite les deux dernières années de sa vie est très intéressante car elle nous permet de connaître ce roi qui était fou, mais qui connaissait quand même des moments de lucidité. Pendant ceux-ci il se rendait compte à quel point ce qu'il avait ordonné était monstrueux.
Richard Guérineau adapte donc le roman de Jean Teulé d'une manière originale (même si d'après ce que j'ai lu il est très fidèle au roman ), car il change régulièrement de style de dessin au fur et à mesure des chapitres de ce one-shot.
J'ai trouvé très étonnante cette manière de procéder car on a l'impression que plusieurs dessinateurs ont participé à cet album.Finalement je ne peux que me réjouir de ce style car j'ai d'abord été surpris par celui-ci qui au bout du compte m'a beaucoup plu.
L'auteur se permet même de faire des clins d'œil à des grands noms de la bande dessinée comme Peyo et Morris, par contre ceux-ci m'ont paru étranges par rapport au reste du récit.
Même si ma note n'est que de 4/5 (les deux aviseurs précédents ont donné la note maximum comme vous pourrez le constater) je conseille vivement la lecture et même l'achat de ce très beau one shot.
C’est un joli conte et une belle réussite que cette série.
Ce triptyque se lit très rapidement (beaucoup de cases sont sans parole), mais agréablement. L’histoire est assez sympa, avec un univers qui s’inspire de pas mal d’influences. Le tout est « bien fait ».
J’ai surtout apprécié le dessin d’Andreae, vraiment chouette : une belle découverte pour moi.
C’est une lecture que je vous recommande, avec ce petit plus qu’elle peut être faite à tout âge : voilà une bande dessinée « familiale » au sens où l’on peut la partager avec ses enfants, pour construire ensemble une partie de notre imagination.
3.5
Une bonne série humoristique dont j'attends la suite avec impatience (le premier tome indique qu'il va y avoir un tome 2 et 3). Je ne connais pas Eric-Emmanuel Schmitt, mais je suis toujours intrigué quand un écrivain ou un réalisateur fait de la bd, surtout que Schmitt semble être un amateur de bd si je me fie à ses interviews. De plus, je suis un grand fan de Janry et donc il fallait absolument que je lise cet album !
Je ne fus pas du tout déçu du résultat. Le dessin de Janry est toujours aussi dynamique, drôle et original. Une bonne partie de l'humour vient d'ailleurs de son dessin. Les différentes histoires sont bonnes. Elles sont peut-être un peu convenues (je me demande d'ailleurs si le public-cible est très jeune), mais moi cela m'a fait rigoler. Schmitt maitrise bien le médium bande dessinée et évite de mettre trop de texte.
Un bon moment de lecture, quoique peut-être que la lecture est un peu courte.
Malgré les indications permettant de situer l’intrigue dans l’après Seconde guerre mondiale, c’est une histoire quasi intemporelle que nous présente ici Comès. Cela aurait pu se passer au Moyen-âge, et d’ailleurs cette absence d’ancrage clair dans le temps est constitutive du charme exercé par cette histoire.
Et Comès a un indéniable talent de conteur. On entre dans les secrets, les tabous qui lient cette petite communauté villageoise très facilement. Et on suit l’ouverture au monde et à lui-même de Silence, dans une ambiance saturée de haine, de non dit et de bêtise.
En plus d’être un bon conteur, Comès a aussi des talents de dessinateur, et son trait, en Noir et Blanc, joue aussi un rôle non négligeable pour faire de cet album une grande réussite.
Cela faisait quelque temps que je voulais lire Silence, que je n’ai déniché que récemment. Et cela a été un grand plaisir. Les nombreux prix reçus par cet album sont bien mérités.
Voici une très bonne BD dont j'avais un peu raté la sortie, et que le bouche à oreille m'a permis de ne pas manquer complètement.
C'eut été dommage, car cet album de Chloé Cruchaudet est vraiment une réussite. Réussite d'une part par le sujet traité et la façon dont elle l'aborde, et graphiquement ensuite, j'ai beaucoup aimé son coup de crayon et la narration qu'elle impose pour mener à bien son histoire.
Avec "Mauvais genre", Chloé Cruchaudet revient sur les horreurs de la première guerre mondiale, et comment certains soldats ont tout fait pour fuir les horreurs du front. Je connaissais les automutilations, les magouilles, les désertions, là, elle nous rapporte un cas peu banal (mais inspiré de faits réels), celui d'un soldat qui pour échapper à ses obligations après s'être déjà auto-mutilé d'un doigt, déserte, commence par se cacher, et finit par se déguiser en femme pour pouvoir sortir de la chambre où il loge ; Paul devient, Suzanne... Suzy.
Tout semble simple, mais Suzy se prends un peu trop au jeu et devient à Boulogne le phœnix de ses bois... Louise, sa compagne, le soutient et le suit tant bien que mal, finit elle aussi par rentrer dans ses jeux, jusqu'à 10 ans plus tard l’amnistie des déserteurs...
Mais ces 10 ans et la guerre auront transfiguré notre Paul, et son identité lui échappe peu à peu ainsi que la raison.
Cette histoire est en plus intelligemment construite et mise en scène par Chloé Cruchaudet, avec une mise en page habile. J'aime aussi cette absence de cadre à ses cases (refus de l'enfermement ?) et son coup de crayon qui joue sur un contraste de trait fin et d'une modeste colorisation charbonneuse rehaussée dans certaines cases de rouge, qui pour un foulard, qui pour une robe. L'ambiance de ces années folle est par ce coup de crayon très bien rendu et étaye parfaitement cette histoire rondement menée et mise en page.
Une très bonne lecture que je conseille vivement.
Ahhhhh...!!! Voilà le genre d'album qui, tout aussi bon qu'il soit, m'a "déçu" à cause de tout le bien que j'avais pu en entendre. Un peu frustré quoi... On s'attend au chef d’œuvre, mais c'est "juste" très bien...
Déjà, le truc qui vous saute à la gueule, c'est la beauté du dessin et des planches que nous balance Romain Renard. Quelle intensité dans les ambiances qu'il nous retranscrit ! Chaleur, angoisse, passion, peur... Émotions et atmosphères prennent vie à travers sa palette et sa gestion de la lumière d'une façon assez unique. Tout est dans le ressenti et les états d'âme qu'il couche sur le papier avec une si grande justesse.
Ajoutez à cela une écriture ciselée, qui joue avec les planches, rythme parfaitement la narration, et vous obtenez un album très réussi, qu'on a du mal à lâcher avant d'en arriver au bout.
En fait, tout est très très bien réalisé... C'est juste le sujet, un peu bateau, qui m'a déçu. Le coup de l'écrivain, fils d'écrivain en mal d'inspiration, bon, ça m'a fait un peu peur au début. Heureusement, Romain Renard vient glisser dans son récit un ressort intéressant qui insuffle une touche d'originalité salvatrice.
Et puis, l'autre point original de cet album tient à son supplément interactif, à sa réalité augmentée...
Augmentée en rien pour moi, qui d'une part ne suis pas équipé en smartphone ou tablette adéquate, et qui requiert en plus d'être l'heureux possesseur d'un matériel apple... quid des autres... Si le contenu proposé semble très intéressant (supposition au vu de sa présentation en fin d'album) il aurait pu être judicieux de le rendre accessible à toute sorte de smartphone ou tablette...
Voilà donc un album dont je vous recommande la lecture, rien que pour la beauté de ses planches et des ambiances qui en transpirent, malgré une histoire qui pêche somme toute par son manque d'originalité.
On ne peut échapper à son destin. Les Grecs ont écrit de belles tragédies et de grands mythes à partir de cette constatation. Thomas Ott en a fait un album amusant (enfin pas forcément...), déroulant sans fin sous nos yeux et ceux du personnage principal la liste de chiffres qui forment le titre de l’album.
C’est envoûtant, parfois amusant, souvent glaçant, mais on suit la dérive du héros, et nous découvrons avec lui la fatalité, cette main tendue et aussitôt saisie qui le conduit – et nous avec – vers une fin que nous pressentons avant même que le héros n’en prenne conscience.
C’est une sorte d’exercice de style, muet – et donc lu rapidement, dans un Noir et Blanc habituel pour Thomas Ott. On y retrouve aussi son style de « grattage », et certains de ses thèmes de prédilection (il n’est par exemple pas un grand défenseur de la peine de mort…).
Je vous recommande cette lecture, ainsi que la découverte plus en profondeur de l’œuvre d’Ott, vraiment originale et intéressante.
Bon je serai le 1er à mettre la note de 5 étoiles à ... la série... Edika. Ne ressemblant à aucune autre, elle a vraiment créé un humour ravageur complètement fou, absurde, vulgaire et intelligent à la fois. Enfin intelligent, je me comprends. Disons que c'est de l'absurde. Très con mais fait de manière très intelligente.
C'est toujours la même chose et pourtant je me pisse de rire dessus à chaque fois. Le truc qui me fait le plus marrer chez fluide glacial. Depuis le temps que ça dure Edika n'a jamais faibli et continue à enchainer les tomes à la vitesse d'une locomotive au galop quitte à se prendre les roues dans le tapis. Je veux dire par là que les "chutes" sont assez aléatoires (plus de place dans les cases par exemple) ainsi que les "intrigues". L'histoire principale peut souvent être parasitée par une autre intrigue et jetée aux oubliettes. C'est donc complètement borderline et barré mais mine de rien c'est très habile et technique. L'absurde et l'humour ce n'est pas quelque chose d'évident à faire et Edika est un des auteurs les plus drôles je trouve.
Inutile de revenir sur les "histoires", c'est difficilement racontable. Toujours ces petits mâles libidineux et faibles face à des putains de bombes sexuelles siliconées plus proches de la poupée gonflable géante que de vraies femmes ( Crumb ? ).
Je reconnais que cet humour répétitif absurde et vulgaire peut lasser mais moi j'aime beaucoup. Je ne m'en lasse pas.
Je rabaisse ma note à ****. Je me suis laissé emporter.
Pour commencer, je n'ai jamais lu L'île au trésor de Stevenson, alors je ne ferai pas de commentaire sur ce sujet. Que ce soit la suite, un hommage etc, c'est pas important pour moi, je vois juste que Long John Silver est une sacrée bonne BD !
Le dessin de Lauffray est splendide ! Certaines planches sont à tomber, les couleurs souvent sombres représentent très bien l'ambiance. A noter que j'ai parfois été un peu perdu sur certaines scènes d'actions, mais rien de dramatique. Graphiquement, ça reste splendide, j'en redemande !
Quant à l'histoire, nous sommes transportés dans une histoire mêlant pirates, trésor, etc. Du classique, mais terriblement efficace et surtout très bien raconté !
Les personnages sont marquants ! Que ce soit Long John ou Vivian etc !
Assurément une BD que je conseillerais à tous. Et si vous êtes adeptes d'histoires de pirates et de trésors, je conseille encore plus !
J'ai enfin trouvé le tome 2 et le tome 3 de cette série que je voulais compléter depuis longtemps. J'avais adoré le 1er tome, vraiment. Du fantastique ésotérique un peu Lovecraftien, ancré dans une histoire d'étudiants à Prague plutôt réaliste et solide.
Et bien c'est globalement très bon. Les 2 premiers tomes sont rondement menés, passionnants, avec des accès de fureur surnaturelles ( les gros monstres bleus et verts ). Les personnages sont très bons également et ont beaucoup de caractères. C'est très cinématographique.
Le tome 3 bien qu'étant très réussi lui aussi plonge un peu trop dans le fantastique et on est un peu submergé face à l’accumulation soudaine de forces surnaturelles ( les monstres qui déboulent pendant les manifs étudiantes parisiennes c'est limite ^^, mais ça va ; et puis avec le monde parallèle souterrain on se croirait carrément dans L'Incal, mais finalement cela se tient dans le scénario et c'est toujours haletant.
Rossi est un très grand dessinateur que je rapprocherais de Bess. Un dessin classique mais nerveux autant à l'aise dans la narration de scènes réalistes que dans l'action carrément fantastique. C'est formidablement bien mis en scène et très limpide. De superbes clairs obscurs, une grande ingéniosité dans les cadrages... Bref un auteur trop peu estimé selon moi. Toutes ses séries sont de petits chefs d’œuvres et ne récoltent jamais plus de 3 étoiles: Les Errances de Julius Antoine, Jim Cutlass, La Gloire d'Héra...
Et puis Makyo j'adore. ce mélange de poésie, de rêverie, de romantisme, de drame et de fantastique. Les marques de fabrique chez ce grand auteur qui possède vraiment son style très sensible qu'on reconnait à chaque fois.
Et puis le détail de l'histoire des chaussures ne m'a pas gêné contrairement à beaucoup. C'est du Makyo tout craché. Un élément plus poétique et sensible qu'autre chose. Cela ne me gène pas, au contraire ( même si c'est vrai qu'en y repensant ce n'est pas très crédible ).
Donc le 1er tome ****, le 2ème **** et le 3ème ***
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Charly 9
Ce one shot est vraiment une bonne surprise. Les avis précédents m'ont incité à en faire l'acquisition et je ne le regrette absolument pas. J'ai passé un agréable moment de lecture en compagnie de ce roi finalement tristement célèbre. En règle générale on sait à quoi correspond la Saint-Barthélemy par contre le nom du roi qui a ordonné ce massacre est moins connu. Cette biographie qui traite les deux dernières années de sa vie est très intéressante car elle nous permet de connaître ce roi qui était fou, mais qui connaissait quand même des moments de lucidité. Pendant ceux-ci il se rendait compte à quel point ce qu'il avait ordonné était monstrueux. Richard Guérineau adapte donc le roman de Jean Teulé d'une manière originale (même si d'après ce que j'ai lu il est très fidèle au roman ), car il change régulièrement de style de dessin au fur et à mesure des chapitres de ce one-shot. J'ai trouvé très étonnante cette manière de procéder car on a l'impression que plusieurs dessinateurs ont participé à cet album.Finalement je ne peux que me réjouir de ce style car j'ai d'abord été surpris par celui-ci qui au bout du compte m'a beaucoup plu. L'auteur se permet même de faire des clins d'œil à des grands noms de la bande dessinée comme Peyo et Morris, par contre ceux-ci m'ont paru étranges par rapport au reste du récit. Même si ma note n'est que de 4/5 (les deux aviseurs précédents ont donné la note maximum comme vous pourrez le constater) je conseille vivement la lecture et même l'achat de ce très beau one shot.
MangeCoeur
C’est un joli conte et une belle réussite que cette série. Ce triptyque se lit très rapidement (beaucoup de cases sont sans parole), mais agréablement. L’histoire est assez sympa, avec un univers qui s’inspire de pas mal d’influences. Le tout est « bien fait ». J’ai surtout apprécié le dessin d’Andreae, vraiment chouette : une belle découverte pour moi. C’est une lecture que je vous recommande, avec ce petit plus qu’elle peut être faite à tout âge : voilà une bande dessinée « familiale » au sens où l’on peut la partager avec ses enfants, pour construire ensemble une partie de notre imagination.
Les Aventures de Poussin 1er
3.5 Une bonne série humoristique dont j'attends la suite avec impatience (le premier tome indique qu'il va y avoir un tome 2 et 3). Je ne connais pas Eric-Emmanuel Schmitt, mais je suis toujours intrigué quand un écrivain ou un réalisateur fait de la bd, surtout que Schmitt semble être un amateur de bd si je me fie à ses interviews. De plus, je suis un grand fan de Janry et donc il fallait absolument que je lise cet album ! Je ne fus pas du tout déçu du résultat. Le dessin de Janry est toujours aussi dynamique, drôle et original. Une bonne partie de l'humour vient d'ailleurs de son dessin. Les différentes histoires sont bonnes. Elles sont peut-être un peu convenues (je me demande d'ailleurs si le public-cible est très jeune), mais moi cela m'a fait rigoler. Schmitt maitrise bien le médium bande dessinée et évite de mettre trop de texte. Un bon moment de lecture, quoique peut-être que la lecture est un peu courte.
Silence
Malgré les indications permettant de situer l’intrigue dans l’après Seconde guerre mondiale, c’est une histoire quasi intemporelle que nous présente ici Comès. Cela aurait pu se passer au Moyen-âge, et d’ailleurs cette absence d’ancrage clair dans le temps est constitutive du charme exercé par cette histoire. Et Comès a un indéniable talent de conteur. On entre dans les secrets, les tabous qui lient cette petite communauté villageoise très facilement. Et on suit l’ouverture au monde et à lui-même de Silence, dans une ambiance saturée de haine, de non dit et de bêtise. En plus d’être un bon conteur, Comès a aussi des talents de dessinateur, et son trait, en Noir et Blanc, joue aussi un rôle non négligeable pour faire de cet album une grande réussite. Cela faisait quelque temps que je voulais lire Silence, que je n’ai déniché que récemment. Et cela a été un grand plaisir. Les nombreux prix reçus par cet album sont bien mérités.
Mauvais genre
Voici une très bonne BD dont j'avais un peu raté la sortie, et que le bouche à oreille m'a permis de ne pas manquer complètement. C'eut été dommage, car cet album de Chloé Cruchaudet est vraiment une réussite. Réussite d'une part par le sujet traité et la façon dont elle l'aborde, et graphiquement ensuite, j'ai beaucoup aimé son coup de crayon et la narration qu'elle impose pour mener à bien son histoire. Avec "Mauvais genre", Chloé Cruchaudet revient sur les horreurs de la première guerre mondiale, et comment certains soldats ont tout fait pour fuir les horreurs du front. Je connaissais les automutilations, les magouilles, les désertions, là, elle nous rapporte un cas peu banal (mais inspiré de faits réels), celui d'un soldat qui pour échapper à ses obligations après s'être déjà auto-mutilé d'un doigt, déserte, commence par se cacher, et finit par se déguiser en femme pour pouvoir sortir de la chambre où il loge ; Paul devient, Suzanne... Suzy. Tout semble simple, mais Suzy se prends un peu trop au jeu et devient à Boulogne le phœnix de ses bois... Louise, sa compagne, le soutient et le suit tant bien que mal, finit elle aussi par rentrer dans ses jeux, jusqu'à 10 ans plus tard l’amnistie des déserteurs... Mais ces 10 ans et la guerre auront transfiguré notre Paul, et son identité lui échappe peu à peu ainsi que la raison. Cette histoire est en plus intelligemment construite et mise en scène par Chloé Cruchaudet, avec une mise en page habile. J'aime aussi cette absence de cadre à ses cases (refus de l'enfermement ?) et son coup de crayon qui joue sur un contraste de trait fin et d'une modeste colorisation charbonneuse rehaussée dans certaines cases de rouge, qui pour un foulard, qui pour une robe. L'ambiance de ces années folle est par ce coup de crayon très bien rendu et étaye parfaitement cette histoire rondement menée et mise en page. Une très bonne lecture que je conseille vivement.
Melvile
Ahhhhh...!!! Voilà le genre d'album qui, tout aussi bon qu'il soit, m'a "déçu" à cause de tout le bien que j'avais pu en entendre. Un peu frustré quoi... On s'attend au chef d’œuvre, mais c'est "juste" très bien... Déjà, le truc qui vous saute à la gueule, c'est la beauté du dessin et des planches que nous balance Romain Renard. Quelle intensité dans les ambiances qu'il nous retranscrit ! Chaleur, angoisse, passion, peur... Émotions et atmosphères prennent vie à travers sa palette et sa gestion de la lumière d'une façon assez unique. Tout est dans le ressenti et les états d'âme qu'il couche sur le papier avec une si grande justesse. Ajoutez à cela une écriture ciselée, qui joue avec les planches, rythme parfaitement la narration, et vous obtenez un album très réussi, qu'on a du mal à lâcher avant d'en arriver au bout. En fait, tout est très très bien réalisé... C'est juste le sujet, un peu bateau, qui m'a déçu. Le coup de l'écrivain, fils d'écrivain en mal d'inspiration, bon, ça m'a fait un peu peur au début. Heureusement, Romain Renard vient glisser dans son récit un ressort intéressant qui insuffle une touche d'originalité salvatrice. Et puis, l'autre point original de cet album tient à son supplément interactif, à sa réalité augmentée... Augmentée en rien pour moi, qui d'une part ne suis pas équipé en smartphone ou tablette adéquate, et qui requiert en plus d'être l'heureux possesseur d'un matériel apple... quid des autres... Si le contenu proposé semble très intéressant (supposition au vu de sa présentation en fin d'album) il aurait pu être judicieux de le rendre accessible à toute sorte de smartphone ou tablette... Voilà donc un album dont je vous recommande la lecture, rien que pour la beauté de ses planches et des ambiances qui en transpirent, malgré une histoire qui pêche somme toute par son manque d'originalité.
73304-23-4153-6-96-8
On ne peut échapper à son destin. Les Grecs ont écrit de belles tragédies et de grands mythes à partir de cette constatation. Thomas Ott en a fait un album amusant (enfin pas forcément...), déroulant sans fin sous nos yeux et ceux du personnage principal la liste de chiffres qui forment le titre de l’album. C’est envoûtant, parfois amusant, souvent glaçant, mais on suit la dérive du héros, et nous découvrons avec lui la fatalité, cette main tendue et aussitôt saisie qui le conduit – et nous avec – vers une fin que nous pressentons avant même que le héros n’en prenne conscience. C’est une sorte d’exercice de style, muet – et donc lu rapidement, dans un Noir et Blanc habituel pour Thomas Ott. On y retrouve aussi son style de « grattage », et certains de ses thèmes de prédilection (il n’est par exemple pas un grand défenseur de la peine de mort…). Je vous recommande cette lecture, ainsi que la découverte plus en profondeur de l’œuvre d’Ott, vraiment originale et intéressante.
Edika
Bon je serai le 1er à mettre la note de 5 étoiles à ... la série... Edika. Ne ressemblant à aucune autre, elle a vraiment créé un humour ravageur complètement fou, absurde, vulgaire et intelligent à la fois. Enfin intelligent, je me comprends. Disons que c'est de l'absurde. Très con mais fait de manière très intelligente. C'est toujours la même chose et pourtant je me pisse de rire dessus à chaque fois. Le truc qui me fait le plus marrer chez fluide glacial. Depuis le temps que ça dure Edika n'a jamais faibli et continue à enchainer les tomes à la vitesse d'une locomotive au galop quitte à se prendre les roues dans le tapis. Je veux dire par là que les "chutes" sont assez aléatoires (plus de place dans les cases par exemple) ainsi que les "intrigues". L'histoire principale peut souvent être parasitée par une autre intrigue et jetée aux oubliettes. C'est donc complètement borderline et barré mais mine de rien c'est très habile et technique. L'absurde et l'humour ce n'est pas quelque chose d'évident à faire et Edika est un des auteurs les plus drôles je trouve. Inutile de revenir sur les "histoires", c'est difficilement racontable. Toujours ces petits mâles libidineux et faibles face à des putains de bombes sexuelles siliconées plus proches de la poupée gonflable géante que de vraies femmes ( Crumb ? ). Je reconnais que cet humour répétitif absurde et vulgaire peut lasser mais moi j'aime beaucoup. Je ne m'en lasse pas. Je rabaisse ma note à ****. Je me suis laissé emporter.
Long John Silver
Pour commencer, je n'ai jamais lu L'île au trésor de Stevenson, alors je ne ferai pas de commentaire sur ce sujet. Que ce soit la suite, un hommage etc, c'est pas important pour moi, je vois juste que Long John Silver est une sacrée bonne BD ! Le dessin de Lauffray est splendide ! Certaines planches sont à tomber, les couleurs souvent sombres représentent très bien l'ambiance. A noter que j'ai parfois été un peu perdu sur certaines scènes d'actions, mais rien de dramatique. Graphiquement, ça reste splendide, j'en redemande ! Quant à l'histoire, nous sommes transportés dans une histoire mêlant pirates, trésor, etc. Du classique, mais terriblement efficace et surtout très bien raconté ! Les personnages sont marquants ! Que ce soit Long John ou Vivian etc ! Assurément une BD que je conseillerais à tous. Et si vous êtes adeptes d'histoires de pirates et de trésors, je conseille encore plus !
Le Cycle des deux horizons
J'ai enfin trouvé le tome 2 et le tome 3 de cette série que je voulais compléter depuis longtemps. J'avais adoré le 1er tome, vraiment. Du fantastique ésotérique un peu Lovecraftien, ancré dans une histoire d'étudiants à Prague plutôt réaliste et solide. Et bien c'est globalement très bon. Les 2 premiers tomes sont rondement menés, passionnants, avec des accès de fureur surnaturelles ( les gros monstres bleus et verts ). Les personnages sont très bons également et ont beaucoup de caractères. C'est très cinématographique. Le tome 3 bien qu'étant très réussi lui aussi plonge un peu trop dans le fantastique et on est un peu submergé face à l’accumulation soudaine de forces surnaturelles ( les monstres qui déboulent pendant les manifs étudiantes parisiennes c'est limite ^^, mais ça va ; et puis avec le monde parallèle souterrain on se croirait carrément dans L'Incal, mais finalement cela se tient dans le scénario et c'est toujours haletant. Rossi est un très grand dessinateur que je rapprocherais de Bess. Un dessin classique mais nerveux autant à l'aise dans la narration de scènes réalistes que dans l'action carrément fantastique. C'est formidablement bien mis en scène et très limpide. De superbes clairs obscurs, une grande ingéniosité dans les cadrages... Bref un auteur trop peu estimé selon moi. Toutes ses séries sont de petits chefs d’œuvres et ne récoltent jamais plus de 3 étoiles: Les Errances de Julius Antoine, Jim Cutlass, La Gloire d'Héra... Et puis Makyo j'adore. ce mélange de poésie, de rêverie, de romantisme, de drame et de fantastique. Les marques de fabrique chez ce grand auteur qui possède vraiment son style très sensible qu'on reconnait à chaque fois. Et puis le détail de l'histoire des chaussures ne m'a pas gêné contrairement à beaucoup. C'est du Makyo tout craché. Un élément plus poétique et sensible qu'autre chose. Cela ne me gène pas, au contraire ( même si c'est vrai qu'en y repensant ce n'est pas très crédible ). Donc le 1er tome ****, le 2ème **** et le 3ème ***