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Les Errances de Julius Antoine

Note: 3.3/5
(3.3/5 pour 10 avis)

Julius Antoine, le héros le plus névrosé de toute la bande dessinée.


Folie Serge Le Tendre

Du thriller psychologique solide, quelque part entre "Psychose" et "Lolita". Julius Antoine vit avec ses angoisses et ses désirs inassouvis (il est attiré par les jeunes adolescentes). D'album en album, l'on découvre ses antécédents: une mère d'une incroyable méchanceté, une soeur folle... Des récits haletants et prenants et un solide portrait psychologique.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Décembre 1985
Statut histoire Une histoire par tome (série achevée) 3 tomes parus
Couverture de la série Les Errances de Julius Antoine
Les notes (10)
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24/05/2002 | Gizmo
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Par gruizzli
Note: 3/5
L'avatar du posteur gruizzli

Une BD bien curieuse mais que j'ai assez aimé. Et effectivement, il faut reconnaitre que c'est difficile de ne pas qualifier le héros de "névrosé", sans pouvoir ajouter grand chose. Mais en même temps, tout est déjà dit avec cet adjectif. J'ai beaucoup aimé le dessin, qui varie d'ailleurs pas mal sur l'ensemble des trois tomes, sympathique dans le premier, assez noir et oppressant dans le second et complètement dépaysant dans le troisième. Mais il est bon, c'est indéniable. Le troisième tome nous fait complètement voyager, dans tous les sens du terme. Les histoires m'ont moins convaincu, mais pas parce qu'elles sont mauvaises. Non, en fait elles sont toutes les trois excellentes, même si je trouve qu'il y a un effet crescendo et que la troisième est la meilleure, la première juste sympathique. Le souci, c'est que le tout est très décousu. Les histoires n'ont pas énormément de liens entre elles, c'est comme de voir trois épisodes de la vie de Julius Antoine, et le sentiment se fait très fort lorsqu'on lit l'intégrale. Cela dit, elles sont très bien et les clins d'oeil sont sympa (notamment le gros dans le premier livre à Lolita). En fait, c'est une BD qui invite à réfléchir, à considérer un homme névrosé dont on va découvrir quelques facettes, la complexité de sa personnalité. Une belle vue de l'intérieur d'un homme, mais j'ai trouvé dommage que les liens entre histoires en soient pas plus travaillés. En tout cas si vous voulez suivre les errances d'un personnages (très) névrosé, c'est une excellente BD !

18/10/2013 (modifier)
Par Ducky
Note: 2/5

Après la lecture de l'intégrale, un nouvel avis mitigé, comme ceux de Ro et Erik. J'avoue ne pas trop savoir quoi penser de cette BD. Et j'avoue ne pas savoir trop quoi penser non plus des confessions de Letendre en début d'intégrale, quand il confesse que Julius Antoine c'est un peu lui.. Ce sont 3 histoires autour du même personnage antipathique, Julius Antoine, qui vit trois histoires assez borderline (pédophilie, euthanasie, héritage). Ces histoires mettent mal à l'aise, et, du fait de sa narration entrecoupée de flashback, ne sont pas des plus faciles à lire et suivre. Il faut y mettre du sien, et j'avoue avoir failli abandonner au cours du 2e tome (la maison). Ce n'est pas une mauvaise BD. Et comme Ro, je n'ai pas non plus trouvé de plaisir à la lire. Dès lors par contre, il m'est difficile de la qualifier de bonne BD, même si elle a du plaire par son originalité à l'époque de sa sortie. Même si j'ai trouvé l'intégrale à moitié prix, je regrette cet achat donc ne le conseille pas. Pour la lecture, à vous de voir.

27/08/2013 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Malgré une série trop tôt abandonnée ( Le Chariot de Thespis ), qui aurait pu connaître le succès grâce à d'indéniables qualités, Christian Rossi se lance avec l'aide de Serge Le Tendre au scénario, dans cette bande atypique et inclassable, qui une fois de plus, ne sera pas poursuivie au-dela de 3 épisodes. Sorte de thriller psychologique aux relents d'aventure, elle suit le parcours compliqué de Julius Antoine qui dans un premier épisode, éprouve une attirance pour Léa, une Lolita de 15 ans qui trouve la mort dans un accident. Profondément perturbé par ce drame, Julius doit fuir la réalité, mais se replonge dans un climat familial pesant, où il comprend que l'origine de son instabilité remonte à son enfance, puis il se rend en Afrique à la recherche de son père disparu, en compagnie d'une jolie journaliste. Bref, rien n'est simple pour ce héros torturé par des prises de conscience, je m'en souviens quand je lisais cette Bd dans l'Echo des Savanes en 1985, c'était très inhabituel des Bd de l'époque, même celles dites psychologiques. Elle brassait plein de sujets délicats qui sont habilement traités par Le Tendre, qui se régale à concocter un scénario tortueux très contemporain où se profile l'ombre d'Hitchcock et des romanciers anglo-saxons à suspense. De son côté, Rossi qui a ici épuré un peu son trait, fait preuve d'une grande souplesse, en faisant admirer sa superbe maîtrise graphique et en atteignant des sommets, oui déja. Une bd qui vous happe et qu'on a pas envie de lâcher une fois rentré dedans. On en sort un peu déboussolé, c'est pourquoi ça peut rebuter un peu...

05/08/2013 (modifier)
Par jul
Note: 4/5

2 excellentes bds (je n'ai pas lu le 3ème) que ces errances de Julius Antoine, en partie grâce au scénario de Le Tendre. De véritables thrillers mentaux, vraiment intenses. Dans le 1er le "pauvre" Julius est chamboulé par son attirance pour les très jeunes filles (16, 20 ans environ). Il tient bon jusqu'au jour où ... Une histoire au sujet délicat (à la limite de la pédophilie) mais traité tout en subtilité et avec beaucoup de suspense. Le dessin de Rossi est assez banal (moins bon que ses oeuvres futures) mais efficace et assez nerveux avec une très bonne mise en scène (cadrages, mouvements ... ). Comme un bon thriller. Dans le deuxième tome, suite à ses mésaventures, il revient se cacher dans la grande maison familiale. Là réside sa soeur complètement folle. Il y a de lourds secrets familiaux. L'atmosphère vire carrément au fantastique. C'est assez barré dans l'esprit comme les vieux Polanski. Les dessins sont encore meilleurs. Un excellent album. Bref il faut que trouve le 3ème car j'aime vraiment beaucoup ces "errances de Julius Antoine". De plus les couvertures sont vraiment mortelles (proches d'un film fantastique) et m'ont toujours "faits de l'oeil" dans les bacs de solderie de bd. Je viens de trouver et de lire le 3ème tome. Un peu moins torturé mais toujours très bon. Une ambiance carrément différente ( l' Afrique ) mais qui bascule elle aussi dans le semi-fantastique. Donc un *** pour ce 3ème tome et **** pour les 2 autres. Une excellente trilogie à posséder impérativement dans sa bdtheque.

11/04/2013 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

Je viens de terminer l'intégrale des errances de Julius Antoine. J'ai un avis plutôt mitigé sur cette oeuvre. Il y a certes de la recherche psychologique et cela devait certainement être une bd au-dessus de la moyenne à l'époque de sa sortie. Les auteurs ne sont certes pas des amateurs. Faut-il obligatoirement accroché un peu avec le héros pour pouvoir apprécier un peu cette bd ? Voilà la question qui lance le débat. A mon avis, il faut quand même un peu de correspondance ne serait-ce que d'esprit. Dans le premier tome, nous avons un gars dans la quarantaine qui freine ses pulsions sexuelles pour de belles jeunes filles non encore majeures. C'est franchement repoussant, voire très politiquement incorrect. Bien sûr, il est accusé à tort et même si on va prouver son innocence, il y a toujours l'opprobre de la populace qui pèse sur lui. Pour autant, je suis impressionné par le nombre de mariages qui se font avec des prisonniers de longue date à croire que cela attire manifestement. Bref, je ne suis pas en accord avec certaines réflexions des auteurs. En tout cas, en ce qui me concerne, quand on libère un innocent, cela provoque plutôt de la compassion ... Le second tome est une vulgaire affaire d'héritage autour du thème de l'euthanasie. A croire que chaque problème de société doit faire l'objet d'un nouveau tome. Cela paraît un peu artificiel avec un personnage principal toujours aussi antipathique et faiblard. Cependant, cela se laisse lire agréablement d'autant que le dessin est parfaitement réussi. J'ai bien aimé la scène sur le lit de la mourante où le héros se remémore ce qui a pu une seule fois les rapprocher. Un peu d'amour ... Le troisième tome qui va clore ces errances est totalement différent avec pour thème la recherche du père dans un dispensaire africain. J'ai été plutôt agréablement surpris par une sorte de double fin. Le revirement de situation était plutôt inattendu. Cela marque une certaine forme de complexité dans les rapports père-fils. C'est vrai que le tout ne sera pas facile à digérer. Ce fut néanmoins une bonne expérience de lecture sur les troubles de l'âme humaine. Il est clair que face à la même situation, on ne réagit pas tous de la même manière.

11/07/2010 (modifier)
Par montane
Note: 4/5

Rarement une série n'a aussi bien porté son nom. Oui, Julius Antoine est en pleine errance. C'est l'âge de la quarantaine, et comme beaucoup de quadragénaires, il parait plus attiré par les lolitas que par les femmes de son âge, pourtant pas insensible à ses faux airs d'Antony Perkins. Sans véritable attache sentimentale, ni familiale Julius Antoine se retrouve confronté à un lourd passif familial à l'occasion du cancer de sa mère. Les douleurs inhérentes à une éducation rigide et triste ressurgissent alors, les relations tendues avec son frère et sa soeur refont surface. Le père est absent depuis toujours, accusé d'avoir collaboré pendant la guerre il a quitté le domicile conjugal avec sa maitresse pour partir en Afrique. Par deux fois, Julius Antoine sera accusé de meurtre. Par deux fois il devra démontrer que cela relève d'un complot. Les deux premiers épisodes oscillent entre le Psychose de Hitchcok et le Lolita de Kubrick ; "la maison" étant sans doute le meilleur des trois épisodes. Le troisième est une quête du père et une plongée dans le passé trouble de celui ci ; une véritable catharsis pour Julius Antoine qui ayant réglé ses comptes avec sa famille et tiré au clair certaines zones d'ombres, se trouve enfin en paix avec lui-même. Une superbe série écrite par Serge Letendre qui à l'époque remportait un grand succès avec La Quête de l'Oiseau du Temps, et dessinée par un Régis Loisel qui trouve son style en cette fin des années 80, et se révèle être un des dessinateurs les plus doués de sa génération. Un superbe triptyque à découvrir au moment de la réédition d'une intégrale.

17/03/2010 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

Hum... Avis mitigé sur cette série. J'ai acheté les 2 premiers tomes et objectivement je ne les trouve pas mauvais, mais malgré le très bas prix qu'ils m'ont coûté je regrette un peu mon achat. Car le scénario n'a pas su me séduire. Côté dessin, j'aime le style de Rossi. Mais même si je retrouve bien sa patte ici et sa prouesse technique à bien des moments, je n'ai pas été totalement convaincu. Ses personnages, et surtout le héros, m'ont souvent parus assez laids. Et en fait, tout mon ressenti envers cette BD tient à ce personnage du héros. Il m'est assez antipathique. Certes il est sensé être à moitié fou, et c'est sans doute cela qui explique son comportement et ses réactions que j'ai souvent du mal à comprendre. Le premier tome le présente comme une sorte de pédophile qui essaie de se maîtriser, tandis que le second le présente simplement comme un esprit faible, facilement manipulable et sujet à des hallucinations. J'ai trouvé les scénarios assez bien menés et crédibles. Le premier m'a paru un peu léger tandis que le second m'a davantage satisfait par la complexité que prend l'intrigue en fin d'album. Par cette bonne construction, la relative originalité du personnage principal, ainsi que par la beauté (inégale) du dessin, je trouve que c'est une assez bonne BD. Mais je n'ai pas vraiment pris plaisir à la lire.

05/11/2009 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 3/5

Cette curieuse série fait ses débuts dans "L'Echo des Savanes" n° 26 de Mars 1985. Elle s'y termine dans le n° 73 de Mai 1989. Curieuse en effet car elle met en scène -au départ- un trentenaire a l'esprit torturé par un accident qu'il n'a pas commis ; accident où est morte la fille de ses amis envers qui il éprouvait un tendre sentiment. Un scénario qui, présenté à Alfred Hitchcock, n'aurait pas démérité. Un véritable thriller introspectif dans son deuxième "chapitre". Julius va revenir sur les lieux de son enfance, va partir en voyage sur le continent africain à la recherche de son père disparu. Tordu comme scénario ! Un peu que je te crois ! Le Tendre et Rossi m'ont emmené -à la lecture- là où ils le voulaient : dans un jeu qui au départ est faussé ; tirant les ficelles d'un scénario diabolique dans lequel le lecteur ne sait se dépêtrer. J'ai senti cette grande complicité entre auteurs ; lesquels ont travaillé de concert le graphisme -au trait réaliste et bien clair- et un scénario fait de rigueur, découpé au scalpel, fort audacieux. Ces "errances" sont à classer -je pense- parmi les meilleurs "psycho-thrillers" des années 80 ; et même plus tard. Un excellent hommage -dessiné et écrit- à Hitchcock, et même Patricia Highsmith. Surprenant. Déroutant. Attachant. Ma cote réelle : 3,5/5

06/12/2006 (modifier)
Par ArzaK
Note: 4/5

C'est une série très particulière qui a pour héros un personnage maladif hyper-angoissé dont la réalité se transforme toujours en cauchemar. Il y a un côté psychanalytique assez délectable, et, malgré le ton très schyzophrénique et paranoïaque, cela ne manque pas d'un certain humour : en fait, le sort s'acharne tellement sur ce pauvre Julius Antoine qu'on ne peut plus que rire de ses malheurs. Le dessin de Rossi évolue du pas mal (tome 1) au très bon (tome 3) pour devenir le dessinateur irréprochable que l'on connaît aujourd'hui ("Tirésias"). Une série à redécouvrir!

22/10/2002 (modifier)
Par Gizmo
Note: 4/5

Le Tendre et Rossi n'ont pas toujours fait dans le drame antique, loin de là. Entre 88 et 89, il offrait aux pages de l'Echo des savanes, cette série délicieusement angoissée qui évoque dans ses meilleurs moments Alfred Hitchcock. La mise en scène très réussie (cadrages, mise en page) parvient très bien à susciter l'inquiètude et le mystère.

24/05/2002 (modifier)