J'ai énormément aimé cet album des terres creuses de Schuiten, série dont j'avais entendu parler mais que je n'avais jamais lu. Dailleurs je suis étonné que ces 3 one-shot (?) ne soient pas regroupés en série sur Bdthèque.
L'univers ressemble beaucoup aux cités obscures mais en plus S.F et fantastique. Ce n'est pas déplaisant et même très agréable. La couleur y est pour beaucoup. Beaucoup de parallèles avec les cités (L’enfant penchée, La tour, Les murailles de Samaris...)
J'ai vraiment savouré cette bd, me régalant du dessin de Schuiten, très minutieux et plutôt austère mais magnifique et enchanteur. C'est vraiment ce type de dessin que je préfère à cette époque. On est vraiment au cœur d'un rêve étrange, merveilleux et exotique mais également un peu angoissant. Le mini-monde qui tourne sur lui même, les espèces d'oiseaux humanoïdes, le monde des femmes tout en vertical avec les échafaudages, l’étrange moyen d’insémination au début (pages assez hallucinantes pour du Schuiten), les chevaliers qui voyagent dans le temps en téléportant leur rocher...
Et puis surtout cette fable S.F féministe est un régal (un humour sous-jacent assez étonnant par rapport à ce que je connaissais de cet auteur). Et puis le final est savoureux. J'ai adoré, vraiment.
Vite trouver les autres albums...
Un très bon western, rondement mené et passionnant de bout en bout. Première incursion dans ce genre pour Rosinsky et Van Hamme qui s'en sortent merveilleusement bien.
Cet album m'était vraiment passé inaperçu lors de sa sortie (2001), j'ai donc rattrapé cette lacune et je ne regrette vraiment pas cet achat.
Le dessin est beau et efficace, les couleurs marron très jolies, et le récit est de très grande qualité, vraiment haletant. Enfin bon pas étonnant avec ces 2 monstres sacrés que sont Rosinsky et Van Hamme. Du travail de professionnels.
Seul (petit) reproche: la fin est un peu abrupte et manque de gunfight, de course poursuite, de duel, de lyrisme ou d'émotion, je ne sais pas ... Le récit monte en puissance avec moult péripeties, on attend la mystérieuse vengeance et puis... rien.
Mais bon c'est souvent le cas dans les westerns; les westerns spaghettis (hors Sergio Leone) comme Django, ceux de Clint Eastwood (L'homme des hautes plaines, Impitoyable )... donc ça passe. Et puis cela ajoute plus de réalisme finalement.
Donc 3,5
Voilà de la BD efficace !
Cette mini-série est baptisée bêtement MAX : Fury Max (sic) par les éditions Panini. Garth Ennis a déjà mis en scène plusieurs mini-séries intitulées Fury ; pour clarifier les choses, elles s'intitulent MAX : Fury 1 - Lève-toi et marche (2002) et MAX : Fury – Peacemaker ; le personnage est bien le même, mais sans qu'il y ait réellement continuité entre les histoires. Bref, les gens de chez Panini sont décidément incapables d'adopter un système clair pour distinguer la profusion des séries de comics parallèles…
Mais on s'en moque, parce que là, ils livrent une bonne série.
Garth Ennis est le scénariste trublion du petit monde souvent puéril des comics – on lui doit des séries très politiquement incorrectes comme Preacher ou The Boys.
Ici, il réinterprète une partition historique autour du personnage de Nick Fury, lequel devient un prétexte pour raconter l'histoire de l'impérialisme américain durant la guerre froide. Et toutes les boucheries navrantes de l'Oncle Sam sont passées au crible dans une histoire réaliste et brutale.
Dans les séries de comics habituelles Nick Fury est le patron du Shield, agence supra-gouvernementale destinée à déjouer les complots de super-vilains et les attaques de monstres interplanétaires. Il côtoie les super-héros en super-slips, c'est sans doute pour cela qu'il se promène lui-même en combinaison moulante en lycra (pas plus virile que celle de Spiderman même si elle est bleu nuit et bardée de flingues), et s'il est présenté comme un individu bourru, ses transgressions se résument souvent à désobéir aux ordres des ses supérieurs incapables (des bureaucrates diplômés qui refusent ses méthodes radicales d'homme des cavernes…) et à fumer le cigare en public (genre Hannibal Smith de L'agence tous Risques).
Pas de ces gamineries chez Ennis. Il a déjà rénové avec bonheur le personnage du Punisher en le débarrassant de son justaucorps et de ses gants blancs, et surtout en le présentant comme le tueur impitoyable et névropathe qu'il est. C'est dans la même veine qu'il montre Nick Fury et son partenaire au Vietnam Frank Castle (le Punisher) sous leur vrai jour : des psychopathes accros à la violence, aux méthodes fascisantes, qui se cachent derrière une conception contestable de la morale pour assouvir leurs penchants pour le meurtre. La seule concession au surnaturel est la capacité étrange que possède Fury de vieillir beaucoup plus lentement que les autres mortels (mais il accuse tout de même davantage le passage dans ans que Buck Danny).
Des mâles, des vrais, des tatoués, qui sentent la poudre, le sang et la sueur !! Des tarés capable d'exterminer des cohortes d'ennemis terrifiés en quelques minutes. Lamentable… Mais jubilatoire ! Après tout, ceci n'est que de la fiction n'est-ce pas ?
Eh bien non, justement… La bonne idée de Garth Ennis est justement de contextualiser efficacement les épisodes de cette série. Nick Fury, en tant que barbouze chargé des opérations spéciales par les agences secrètes des États-Unis d'Amérique, devient un pion dans la Guerre froide. Il doit aider les Français à tenir l'Indochine en 1954, tente d'assassiner Fidel Castro au moment du débarquement de la Baie des Cochons en 1961, est chargé (avec Frank Castle) de l'exécution d'un chef du Viêt-Cong en 1970, ou du contrôle des contras nicaraguayens en 1984… Et toutes ces brillantes opérations s'avèrent finalement aussi sanglantes que vaines.
Le scénario est sans concession : si Nick Fury est un tueur en série déguisé en soldat, il n'existe que parce qu'il est soutenu et armé par des crapules en cravate. Le personnage du sénateur McCuskey, sorte de clone de McCarthy est très réussi. Il instrumentalise la menace communiste pour servir son ascension politique et l'on réalise que des agents comme Fury ou Castle ne sont que des pions dans un jeu dont les vraies règles leur échappent.
Goran Parlov, dessinateur aussi doué pour représenter la violence réaliste que l'atmosphère des salons feutrés de Washington, sert très bien le scénario de Garth Ennis. Les deux auteurs se connaissent bien pour avoir déjà travaillé ensemble à plusieurs reprises et l'alchimie fonctionne parfaitement.
En résumé, ce n'est peut-être pas la BD du siècle, mais c'est un travail qui sort du lot dans la profusion des comics. La relecture d'épisodes mal connus de la Guerre froide vaut le détour. Une lecture agréable, au propos plus profond qu'il n'y paraît.
Barbe excelle avant tout dans le dessin d'humour, mais ce dessinateur s'est rendu célèbre par ses séries de dessins en fondus-enchaînés à l'érotisme souvent plein d'audace. A cela s'ajoute une imagination débordante et des trouvailles géniales ; ce n'est pas à proprement parler de la bande dessinée, mais l'enchaînement des dessins renfermés dans des cases en est très proche.
C'est exactement ce qui est proposé dans ces 2 albums qui reproduisent des séquences comme un film qui se déroule sous l'oeil du lecteur, en forme de pellicule. La lecture est rapide, l'humour n'est pas forcément au rendez-vous, mais on admire autant l'élégance du trait (surtout sur les très belles femmes que dessine Barbe) que la performance de cet exercice finalement très difficile. Une vraie curiosité.
Je vais pas refaire le laïus sur les œuvres d'art, non ? Car oui, les histoires, et les non-histoires qui nous sont narrées par l'art, on y est plus ou moins sensible en fonction de nos goûts, nos expériences, notre passé, etc...
J'ai lu et compris tous les reproches faits à cette BD, notamment dans les avis négatifs émis ci-dessous. Mais ce n'est clairement pas ce que j'ai ressenti lors de ma lecture. Il faut bien préciser que j'aime bien les histoires sentimentales et intimistes, car, lorsqu'elles sont réussies (comme ici), même si on retrouve souvent des schémas similaires, il y a toujours les petits détails inhérents aux protagonistes, qui changent et qui nous les rendent attachants.
La narration est relaxante, très cinématographique de par son découpage, assez contemplative. J'ai aimé l'histoire contée, à la fois simple puisque nous présentant des petits moments de la vie mais complexe dans les sentiments éprouvés par les personnages (comme les histoires amoureuses en général, j'imagine). J'ai trouvé cette tranche de vie enjouée, douce-amère, magnifiée par la simplicité réaliste de ce que les personnages ont vécu, parce que j'imagine que ça m'a rappelé des souvenirs et je n'ai jamais eu l'impression que l'auteur m'imposait un rôle de voyeur. Pour finir il y a le graphisme de Boilet, qui, même si le style très photographique le rend assez figé et donc maladroit, m'a paru joliment esthétique.
Bref, mon dernier coup de cœur du moment : 4.5/5
Dans cette nouvelle série spécialement créée pour la France, Tetsuya Tsutsui, déjà remarqué pour Reset, Manhole et Duds Hunt nous emmène au coeur des nouveaux media, des réseaux sociaux qui sont les armes d'aujourd'hui. Dans une société où les inégalités se creusent, les mécontents et les exclus ont trouvé un nouveau terrain pour cracher leur haine et agir, c'est Internet.
Le scénario nous emmène, assez classiquement, dans les pas de la brigade anti-cybercriminalité, un groupe de flics malins (mais pas surhumains dans leur façon de procéder), et face à eux, un homme au visage masqué par un journal (d'où son surnom de Paperboy) qui déclame des sentences sur les réseaux sociaux ou les sites de partage de videos, sentences suivies de faits. Paperboy se pose comme défenseur des exclus, des opprimés, des laissés-pour-compte de la société japonaise. Un Robin des bois des temps modernes, qui a tout compris aux nouvelles technologies de l'information et de la communication, et qui s'en sert habilement. Et bien sûr, ses partisans grossissent rapidement.
Tsutsui densifie son récit en nous mettant du côté de Paperboy, nous expliquant pourquoi il se met à rendre la justice. Dès lors le personnage acquiert une certaine sympathie pour le lecteur. Il nous montre aussi quelques conséquences d'un phénomène d'internet : les fans débiles, le copycats plus crétins que dangereux... Alors que la popularité du paperboy semble encore augmenter, la cohésion des personnes qui se cachent derrière semble s'effriter... Tsutsui remet donc vite en question les acquis de son intrigue, c'est une bonne chose. La conclusion est pour le moins désarmante, je ne sais trop quoi en penser, sinon qu'elle est inattendue... Il me faudra certainement une relecture de l'ensemble pour avoir un avis clairement tranché.
C'est dense, mais cela se lit très facilement. Prévoyez tout de même plus d'une heure de lecture pour chaque tome.
Sur le plan graphique Tsutsui a un trait fin, racé, qui s'est éloigné des canons du manga pour quelque chose de plus épuré. J'ai un peu de mal avec les visages de certains de ses personnages, que je trouve un peu... effacés, mais pour le reste, rien à dire, l'auteur maîtrise son sujet avec une mise en place et des cadrages impeccables.
Un manga très intéressant sur un phénomène de société.
3.5
Une bonne série tout public. J'aime beaucoup le dessin de Matthieu Bonhomme que je trouve à la fois dynamique et fluide. La lecture était très facile même sur des passages qui m'intéressaient moins. J'aime aussi l'ambiance qu'installe Bonhomme et qui a fait en sorte que j'étais captivé par ma lecture même lorsqu'il y avait des choses qui habituellement ne n'intéressent pas !
La seule chose que je pourrais reprocher à cette série est que je trouve que les personnages ne sont pas très mémorables et un peu clichés. De plus, j'espère que la série va se terminer avant que le scénario s'étire inutilement.
"L'aventure Frenchman continue..." , voilà ce qui est noté sur l'étiquette collée sur la première de couverture de ce très bel album , on savait donc à quoi s'attendre. D'ailleurs je n'ai pas été déçu bien au contraire, car cette suite est aussi intéressante que Frenchman, si ce n'est plus.
On retrouve huit ans après les mêmes acteurs que dans l'album précédent dans des situations diverses dans ces territoires magnifiques se situant dans l' Amérique du tout début du XIXème siècle.
Alban recherche Louis son ami "adopté " par les indiens et sa sœur rejoint le nouveau monde pour les retrouver tous les deux. Patrick Prugne profite de ce scénario assez classique finalement pour nous faire parcourir ces magnifiques contrées et nous faire découvrir les nombreuses tribus d'indiens perpétuellement en guerre contre les colons européens et même entre elles.
Le dessin est toujours aussi beau .Le talent de Patrick Prugne ne faiblit pas au fur à mesure que les années passent , bien au contraire. Le lecteur en prend plein les yeux à chaque page. Il se permet même de nous offrir de superbes doubles pages , ce qui n'était pas le cas dans l'album précédent.
Plus je lis les œuvres de cet auteur plus je suis impressionné par son talent et son travail. Je n'ose pas imaginer ce que cela va être dans le prochain album.
Alors oui je conseille la lecture et surtout l'achat ce splendide album.
Etienne Davodeau réussit une fois de plus à produire quelque chose de très touchant. Il possède décidément ce talent inégalé de raconter avec finesse des histoires d’êtres humains qui nous ressemblent, avec un regard empreint d’empathie. Cette fois-ci, c’est une « histoire de militants », comme vient le souligner le sous-titre, doublé d’un splendide hommage à ses parents « cathos de gauche » en tant que témoins, des gens simples qui ont appris à relever la tête en découvrant le militantisme dans un environnement rural depuis longtemps sous la domination du patronat allié à l’Eglise. Le salut, si on peut dire, est venu de membres « dissidents » de cette même Eglise, ces derniers estimant que les « ouailles » ne devaient plus forcément tendre l’autre joue lorsqu’on les giflait…
Fidèle à lui-même, l’auteur parvient à conjuguer réalisme et poésie à l’aide de son trait « imparfait » totalement assumé (« c’est comme quand je vous dessine, je ne cherche pas la ressemblance absolue, c’est pas mon boulot » explique-t-il à ses parents découvrant ses planches), mais si caractéristique, et au cadrage toujours bien amené. Davodeau ne veut pas faire du beau pour du beau, pour lui, le dessin doit être avant tout au service de l’histoire.
Sur le plan documentaire, il se montre très attaché à la réalité des faits et respectueux des témoignages des uns et des autres. Cette BD très revigorante est aussi un condensé de l’histoire de la gauche française (depuis la Libération jusqu’à l’élection de Mitterrand) du point de vue de la région ouvrière des Mauges, un peu comme une madeleine de Proust fourrée aux cerises…
Oh le bel album que voilà ! Patrick Prugne nous renvoie à nouveau dans l'Amérique du début du XIXème siècle, après l'avoir fait avec le sympathique Canoë Bay .C'est une période historiquement intéressante finalement et que l'on ne connaît pas trop sauf si l'on est fan de Blek le roc ou de Cap'tain Swing, même si l'album de Patrick Prugne se déroule vers 1800 alors que les deux séries précitées se déroulent plutôt vers 1770 .
Ce dessinateur de talent nous fait voyager en grande partie grâce à son superbe dessin , à de magnifiques couleurs , mais aussi grâce à une histoire bien plus intéressante que celle du précédent one shot que j'ai cité un peu plus haut.
L'auteur nous transporte dans ce nouveau monde ou le danger est permanent . Par contre on s'aperçoit vite que ce ne sont pas les indiens les plus dangereux finalement. Un jeune noble de Normandie part pour ces nouvelles contrées afin de retrouver un garçon de condition plus modeste qui fut enrôlé de force dans l'armée à sa place .Bien sûr le jeune Comte part à la recherche de ce pauvre malheureux car il est amoureux de sa sœur et qu'il lui a fait la promesse de lui ramener son frère. Vu comme ça cette histoire peut paraître un peu "simple" mais finalement on s'y plonge avec plaisir et l'on ne s'ennuie pas le moins du monde.
Prugne nous montre une Amérique telle qu'elle devait être à cette époque . Il nous décrit la manière de vivre de ses habitants qu'ils soient indiens ou européens avec la précision d'un historien. Je suis d'ailleurs persuadé qu'il s'est énormément documenté pour arriver à ce résultat.
Je ne peux que dire bravo à Patrick Prugne qui nous livre un album de toute beauté grâce à un dessin époustouflant. Quel talent ! Mais bon je me répète car j'avais déjà vanté les mérites de son magnifique graphisme .
Il me tarde donc de lire Pawnee la suite de cet album. D'ailleurs je vous laisse car je ne peux plus attendre et j'y vais de ce pas.
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Les Terres creuses - Zara
J'ai énormément aimé cet album des terres creuses de Schuiten, série dont j'avais entendu parler mais que je n'avais jamais lu. Dailleurs je suis étonné que ces 3 one-shot (?) ne soient pas regroupés en série sur Bdthèque. L'univers ressemble beaucoup aux cités obscures mais en plus S.F et fantastique. Ce n'est pas déplaisant et même très agréable. La couleur y est pour beaucoup. Beaucoup de parallèles avec les cités (L’enfant penchée, La tour, Les murailles de Samaris...) J'ai vraiment savouré cette bd, me régalant du dessin de Schuiten, très minutieux et plutôt austère mais magnifique et enchanteur. C'est vraiment ce type de dessin que je préfère à cette époque. On est vraiment au cœur d'un rêve étrange, merveilleux et exotique mais également un peu angoissant. Le mini-monde qui tourne sur lui même, les espèces d'oiseaux humanoïdes, le monde des femmes tout en vertical avec les échafaudages, l’étrange moyen d’insémination au début (pages assez hallucinantes pour du Schuiten), les chevaliers qui voyagent dans le temps en téléportant leur rocher... Et puis surtout cette fable S.F féministe est un régal (un humour sous-jacent assez étonnant par rapport à ce que je connaissais de cet auteur). Et puis le final est savoureux. J'ai adoré, vraiment. Vite trouver les autres albums...
Western
Un très bon western, rondement mené et passionnant de bout en bout. Première incursion dans ce genre pour Rosinsky et Van Hamme qui s'en sortent merveilleusement bien. Cet album m'était vraiment passé inaperçu lors de sa sortie (2001), j'ai donc rattrapé cette lacune et je ne regrette vraiment pas cet achat. Le dessin est beau et efficace, les couleurs marron très jolies, et le récit est de très grande qualité, vraiment haletant. Enfin bon pas étonnant avec ces 2 monstres sacrés que sont Rosinsky et Van Hamme. Du travail de professionnels. Seul (petit) reproche: la fin est un peu abrupte et manque de gunfight, de course poursuite, de duel, de lyrisme ou d'émotion, je ne sais pas ... Le récit monte en puissance avec moult péripeties, on attend la mystérieuse vengeance et puis... rien. Mais bon c'est souvent le cas dans les westerns; les westerns spaghettis (hors Sergio Leone) comme Django, ceux de Clint Eastwood (L'homme des hautes plaines, Impitoyable )... donc ça passe. Et puis cela ajoute plus de réalisme finalement. Donc 3,5
Fury Max
Voilà de la BD efficace ! Cette mini-série est baptisée bêtement MAX : Fury Max (sic) par les éditions Panini. Garth Ennis a déjà mis en scène plusieurs mini-séries intitulées Fury ; pour clarifier les choses, elles s'intitulent MAX : Fury 1 - Lève-toi et marche (2002) et MAX : Fury – Peacemaker ; le personnage est bien le même, mais sans qu'il y ait réellement continuité entre les histoires. Bref, les gens de chez Panini sont décidément incapables d'adopter un système clair pour distinguer la profusion des séries de comics parallèles… Mais on s'en moque, parce que là, ils livrent une bonne série. Garth Ennis est le scénariste trublion du petit monde souvent puéril des comics – on lui doit des séries très politiquement incorrectes comme Preacher ou The Boys. Ici, il réinterprète une partition historique autour du personnage de Nick Fury, lequel devient un prétexte pour raconter l'histoire de l'impérialisme américain durant la guerre froide. Et toutes les boucheries navrantes de l'Oncle Sam sont passées au crible dans une histoire réaliste et brutale. Dans les séries de comics habituelles Nick Fury est le patron du Shield, agence supra-gouvernementale destinée à déjouer les complots de super-vilains et les attaques de monstres interplanétaires. Il côtoie les super-héros en super-slips, c'est sans doute pour cela qu'il se promène lui-même en combinaison moulante en lycra (pas plus virile que celle de Spiderman même si elle est bleu nuit et bardée de flingues), et s'il est présenté comme un individu bourru, ses transgressions se résument souvent à désobéir aux ordres des ses supérieurs incapables (des bureaucrates diplômés qui refusent ses méthodes radicales d'homme des cavernes…) et à fumer le cigare en public (genre Hannibal Smith de L'agence tous Risques). Pas de ces gamineries chez Ennis. Il a déjà rénové avec bonheur le personnage du Punisher en le débarrassant de son justaucorps et de ses gants blancs, et surtout en le présentant comme le tueur impitoyable et névropathe qu'il est. C'est dans la même veine qu'il montre Nick Fury et son partenaire au Vietnam Frank Castle (le Punisher) sous leur vrai jour : des psychopathes accros à la violence, aux méthodes fascisantes, qui se cachent derrière une conception contestable de la morale pour assouvir leurs penchants pour le meurtre. La seule concession au surnaturel est la capacité étrange que possède Fury de vieillir beaucoup plus lentement que les autres mortels (mais il accuse tout de même davantage le passage dans ans que Buck Danny). Des mâles, des vrais, des tatoués, qui sentent la poudre, le sang et la sueur !! Des tarés capable d'exterminer des cohortes d'ennemis terrifiés en quelques minutes. Lamentable… Mais jubilatoire ! Après tout, ceci n'est que de la fiction n'est-ce pas ? Eh bien non, justement… La bonne idée de Garth Ennis est justement de contextualiser efficacement les épisodes de cette série. Nick Fury, en tant que barbouze chargé des opérations spéciales par les agences secrètes des États-Unis d'Amérique, devient un pion dans la Guerre froide. Il doit aider les Français à tenir l'Indochine en 1954, tente d'assassiner Fidel Castro au moment du débarquement de la Baie des Cochons en 1961, est chargé (avec Frank Castle) de l'exécution d'un chef du Viêt-Cong en 1970, ou du contrôle des contras nicaraguayens en 1984… Et toutes ces brillantes opérations s'avèrent finalement aussi sanglantes que vaines. Le scénario est sans concession : si Nick Fury est un tueur en série déguisé en soldat, il n'existe que parce qu'il est soutenu et armé par des crapules en cravate. Le personnage du sénateur McCuskey, sorte de clone de McCarthy est très réussi. Il instrumentalise la menace communiste pour servir son ascension politique et l'on réalise que des agents comme Fury ou Castle ne sont que des pions dans un jeu dont les vraies règles leur échappent. Goran Parlov, dessinateur aussi doué pour représenter la violence réaliste que l'atmosphère des salons feutrés de Washington, sert très bien le scénario de Garth Ennis. Les deux auteurs se connaissent bien pour avoir déjà travaillé ensemble à plusieurs reprises et l'alchimie fonctionne parfaitement. En résumé, ce n'est peut-être pas la BD du siècle, mais c'est un travail qui sort du lot dans la profusion des comics. La relecture d'épisodes mal connus de la Guerre froide vaut le détour. Une lecture agréable, au propos plus profond qu'il n'y paraît.
Cinéma
Barbe excelle avant tout dans le dessin d'humour, mais ce dessinateur s'est rendu célèbre par ses séries de dessins en fondus-enchaînés à l'érotisme souvent plein d'audace. A cela s'ajoute une imagination débordante et des trouvailles géniales ; ce n'est pas à proprement parler de la bande dessinée, mais l'enchaînement des dessins renfermés dans des cases en est très proche. C'est exactement ce qui est proposé dans ces 2 albums qui reproduisent des séquences comme un film qui se déroule sous l'oeil du lecteur, en forme de pellicule. La lecture est rapide, l'humour n'est pas forcément au rendez-vous, mais on admire autant l'élégance du trait (surtout sur les très belles femmes que dessine Barbe) que la performance de cet exercice finalement très difficile. Une vraie curiosité.
L'Epinard de Yukiko
Je vais pas refaire le laïus sur les œuvres d'art, non ? Car oui, les histoires, et les non-histoires qui nous sont narrées par l'art, on y est plus ou moins sensible en fonction de nos goûts, nos expériences, notre passé, etc... J'ai lu et compris tous les reproches faits à cette BD, notamment dans les avis négatifs émis ci-dessous. Mais ce n'est clairement pas ce que j'ai ressenti lors de ma lecture. Il faut bien préciser que j'aime bien les histoires sentimentales et intimistes, car, lorsqu'elles sont réussies (comme ici), même si on retrouve souvent des schémas similaires, il y a toujours les petits détails inhérents aux protagonistes, qui changent et qui nous les rendent attachants. La narration est relaxante, très cinématographique de par son découpage, assez contemplative. J'ai aimé l'histoire contée, à la fois simple puisque nous présentant des petits moments de la vie mais complexe dans les sentiments éprouvés par les personnages (comme les histoires amoureuses en général, j'imagine). J'ai trouvé cette tranche de vie enjouée, douce-amère, magnifiée par la simplicité réaliste de ce que les personnages ont vécu, parce que j'imagine que ça m'a rappelé des souvenirs et je n'ai jamais eu l'impression que l'auteur m'imposait un rôle de voyeur. Pour finir il y a le graphisme de Boilet, qui, même si le style très photographique le rend assez figé et donc maladroit, m'a paru joliment esthétique. Bref, mon dernier coup de cœur du moment : 4.5/5
Prophecy
Dans cette nouvelle série spécialement créée pour la France, Tetsuya Tsutsui, déjà remarqué pour Reset, Manhole et Duds Hunt nous emmène au coeur des nouveaux media, des réseaux sociaux qui sont les armes d'aujourd'hui. Dans une société où les inégalités se creusent, les mécontents et les exclus ont trouvé un nouveau terrain pour cracher leur haine et agir, c'est Internet. Le scénario nous emmène, assez classiquement, dans les pas de la brigade anti-cybercriminalité, un groupe de flics malins (mais pas surhumains dans leur façon de procéder), et face à eux, un homme au visage masqué par un journal (d'où son surnom de Paperboy) qui déclame des sentences sur les réseaux sociaux ou les sites de partage de videos, sentences suivies de faits. Paperboy se pose comme défenseur des exclus, des opprimés, des laissés-pour-compte de la société japonaise. Un Robin des bois des temps modernes, qui a tout compris aux nouvelles technologies de l'information et de la communication, et qui s'en sert habilement. Et bien sûr, ses partisans grossissent rapidement. Tsutsui densifie son récit en nous mettant du côté de Paperboy, nous expliquant pourquoi il se met à rendre la justice. Dès lors le personnage acquiert une certaine sympathie pour le lecteur. Il nous montre aussi quelques conséquences d'un phénomène d'internet : les fans débiles, le copycats plus crétins que dangereux... Alors que la popularité du paperboy semble encore augmenter, la cohésion des personnes qui se cachent derrière semble s'effriter... Tsutsui remet donc vite en question les acquis de son intrigue, c'est une bonne chose. La conclusion est pour le moins désarmante, je ne sais trop quoi en penser, sinon qu'elle est inattendue... Il me faudra certainement une relecture de l'ensemble pour avoir un avis clairement tranché. C'est dense, mais cela se lit très facilement. Prévoyez tout de même plus d'une heure de lecture pour chaque tome. Sur le plan graphique Tsutsui a un trait fin, racé, qui s'est éloigné des canons du manga pour quelque chose de plus épuré. J'ai un peu de mal avec les visages de certains de ses personnages, que je trouve un peu... effacés, mais pour le reste, rien à dire, l'auteur maîtrise son sujet avec une mise en place et des cadrages impeccables. Un manga très intéressant sur un phénomène de société.
Esteban (Le Voyage d'Esteban)
3.5 Une bonne série tout public. J'aime beaucoup le dessin de Matthieu Bonhomme que je trouve à la fois dynamique et fluide. La lecture était très facile même sur des passages qui m'intéressaient moins. J'aime aussi l'ambiance qu'installe Bonhomme et qui a fait en sorte que j'étais captivé par ma lecture même lorsqu'il y avait des choses qui habituellement ne n'intéressent pas ! La seule chose que je pourrais reprocher à cette série est que je trouve que les personnages ne sont pas très mémorables et un peu clichés. De plus, j'espère que la série va se terminer avant que le scénario s'étire inutilement.
Pawnee
"L'aventure Frenchman continue..." , voilà ce qui est noté sur l'étiquette collée sur la première de couverture de ce très bel album , on savait donc à quoi s'attendre. D'ailleurs je n'ai pas été déçu bien au contraire, car cette suite est aussi intéressante que Frenchman, si ce n'est plus. On retrouve huit ans après les mêmes acteurs que dans l'album précédent dans des situations diverses dans ces territoires magnifiques se situant dans l' Amérique du tout début du XIXème siècle. Alban recherche Louis son ami "adopté " par les indiens et sa sœur rejoint le nouveau monde pour les retrouver tous les deux. Patrick Prugne profite de ce scénario assez classique finalement pour nous faire parcourir ces magnifiques contrées et nous faire découvrir les nombreuses tribus d'indiens perpétuellement en guerre contre les colons européens et même entre elles. Le dessin est toujours aussi beau .Le talent de Patrick Prugne ne faiblit pas au fur à mesure que les années passent , bien au contraire. Le lecteur en prend plein les yeux à chaque page. Il se permet même de nous offrir de superbes doubles pages , ce qui n'était pas le cas dans l'album précédent. Plus je lis les œuvres de cet auteur plus je suis impressionné par son talent et son travail. Je n'ose pas imaginer ce que cela va être dans le prochain album. Alors oui je conseille la lecture et surtout l'achat ce splendide album.
Les Mauvaises Gens
Etienne Davodeau réussit une fois de plus à produire quelque chose de très touchant. Il possède décidément ce talent inégalé de raconter avec finesse des histoires d’êtres humains qui nous ressemblent, avec un regard empreint d’empathie. Cette fois-ci, c’est une « histoire de militants », comme vient le souligner le sous-titre, doublé d’un splendide hommage à ses parents « cathos de gauche » en tant que témoins, des gens simples qui ont appris à relever la tête en découvrant le militantisme dans un environnement rural depuis longtemps sous la domination du patronat allié à l’Eglise. Le salut, si on peut dire, est venu de membres « dissidents » de cette même Eglise, ces derniers estimant que les « ouailles » ne devaient plus forcément tendre l’autre joue lorsqu’on les giflait… Fidèle à lui-même, l’auteur parvient à conjuguer réalisme et poésie à l’aide de son trait « imparfait » totalement assumé (« c’est comme quand je vous dessine, je ne cherche pas la ressemblance absolue, c’est pas mon boulot » explique-t-il à ses parents découvrant ses planches), mais si caractéristique, et au cadrage toujours bien amené. Davodeau ne veut pas faire du beau pour du beau, pour lui, le dessin doit être avant tout au service de l’histoire. Sur le plan documentaire, il se montre très attaché à la réalité des faits et respectueux des témoignages des uns et des autres. Cette BD très revigorante est aussi un condensé de l’histoire de la gauche française (depuis la Libération jusqu’à l’élection de Mitterrand) du point de vue de la région ouvrière des Mauges, un peu comme une madeleine de Proust fourrée aux cerises…
Frenchman
Oh le bel album que voilà ! Patrick Prugne nous renvoie à nouveau dans l'Amérique du début du XIXème siècle, après l'avoir fait avec le sympathique Canoë Bay .C'est une période historiquement intéressante finalement et que l'on ne connaît pas trop sauf si l'on est fan de Blek le roc ou de Cap'tain Swing, même si l'album de Patrick Prugne se déroule vers 1800 alors que les deux séries précitées se déroulent plutôt vers 1770 . Ce dessinateur de talent nous fait voyager en grande partie grâce à son superbe dessin , à de magnifiques couleurs , mais aussi grâce à une histoire bien plus intéressante que celle du précédent one shot que j'ai cité un peu plus haut. L'auteur nous transporte dans ce nouveau monde ou le danger est permanent . Par contre on s'aperçoit vite que ce ne sont pas les indiens les plus dangereux finalement. Un jeune noble de Normandie part pour ces nouvelles contrées afin de retrouver un garçon de condition plus modeste qui fut enrôlé de force dans l'armée à sa place .Bien sûr le jeune Comte part à la recherche de ce pauvre malheureux car il est amoureux de sa sœur et qu'il lui a fait la promesse de lui ramener son frère. Vu comme ça cette histoire peut paraître un peu "simple" mais finalement on s'y plonge avec plaisir et l'on ne s'ennuie pas le moins du monde. Prugne nous montre une Amérique telle qu'elle devait être à cette époque . Il nous décrit la manière de vivre de ses habitants qu'ils soient indiens ou européens avec la précision d'un historien. Je suis d'ailleurs persuadé qu'il s'est énormément documenté pour arriver à ce résultat. Je ne peux que dire bravo à Patrick Prugne qui nous livre un album de toute beauté grâce à un dessin époustouflant. Quel talent ! Mais bon je me répète car j'avais déjà vanté les mérites de son magnifique graphisme . Il me tarde donc de lire Pawnee la suite de cet album. D'ailleurs je vous laisse car je ne peux plus attendre et j'y vais de ce pas.