Esteban (Le Voyage d'Esteban)

Note: 3.64/5
(3.64/5 pour 14 avis)

Les aventures d'Esteban, un jeune mousse, qui s'est embarqué sur un cap-hornier...


1900 - 1913 : Du début du XXe siècle aux prémices de la première guerre mondiale Albums jeunesse : 10 à 13 ans Capsule cosmique Froid. Neige. Glace La Pêche Lectures à l'École, cycle 3 (CM1, CM2 et sixième) Les coups de coeur des internautes Patagonie/Terre de Feu Séries peut-être abandonnées Vieux gréements

Au sud du continent américain, dans un univers particulièrement hostile, celui des derniers grands baleiniers en bois naviguant dans les eaux du Cap-Horn, le jeune Esteban, orphelin indien originaire de la mythique Terre de feu veut à tout prix devenir harponneur. Pour se faire, il embarque à bord du "Léviathan", impressionnant cap-hornier où l’attendent mille dangers. Tenace, le jeune mousse se prépare à rencontrer, dans les eaux glaciales de ce bout du monde, la dangereuse baleine bleue. Un premier tome épatant d'une nouvelle série (dont Matthieu Bonhomme assure seul dessin et scénario).

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 16 Septembre 2005
Statut histoire Série en cours - cycle(s) terminé(s) (1er cycle de 5 tomes terminé - suite en suspens) 5 tomes parus
Dernière parution : Plus de 3 ans

Couverture de la série Esteban (Le Voyage d'Esteban) © Dupuis 2005
Les notes
Note: 3.64/5
(3.64/5 pour 14 avis)
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28/09/2005 | iannick
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Par Josq
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Josq

Après avoir lu les excellents Charlotte Impératrice et Lucky Luke vu par Mathieu Bonhomme, j'ai voulu continuer sur cette lancée en découvrant une saga plus ancienne de Bonhomme. Et quelle excellente découverte ! Je ne savais pas trop à quoi m'attendre en ouvrant le premier tome d'Esteban, mais j'ai été conquis. Si le premier tome pouvait paraître un peu verbeux et pas encore bien solide, il pose les bases d'une aventure qui prend toute son ampleur dès le deuxième tome. Celui-ci est peut-être celui qui m'a le plus ébloui, par la virtuosité de sa narration et de ses séquences d'action, notamment une poursuite entre deux navires au milieu des icebergs, qui vaut son pesant d'or. Avec le tome 4, la saga prend ensuite une direction inattendue, en nous faisant quitter le monde des chasseurs de baleine, pour entrer dans un scénario d'évasion non moins intéressant. Sans devenir pour autant un cours d'histoire, Mathieu Bonhomme nous intéresse alors à une page d'histoire très méconnue, concernant l'extermination des Indiens en Terre de feu. Cela reste une toile de fond plus qu'un véritable outil scénaristique, mais c'est vraiment captivant et prenant, d'autant que je n'y connaissais rien ! Au-delà du récit, les personnages dessinés par Bonhomme sont assez subtils et touchants. Voulant visiblement s'éloigner d'un manichéisme où le public jeunesse aurait pu l'entraîner, l'auteur essaye de nous offrir des portraits (relativement) nuancés. Bien sûr, certains méchants restent très méchants, mais il est difficile, par exemple, de ne pas s'attacher au capitaine, brutal, égoïste et impulsif, mais aussi capable d'une ténacité et d'un héroïsme impressionnants. C'est la complexité de ce personnage, d'ailleurs, qui permet de nuancer également le portrait des chasseurs de baleine, le récit s'élevant au-dessus d'une opposition trop facile et mécanique entre gentils défenseurs de la nature et méchants baleiniers. On est en 1900, pas d'anachronismes, le combat des personnages n'est pas de préserver les animaux de la prédation des humains, mais plutôt de préserver les ressources naturelles du gaspillage à outrance, symbole du capitalisme naissant (ce qui pourra mener plus tard à la protection des baleines en elles-mêmes). Un discours assez équilibré, très appréciable dans une production jeunesse comme celle-ci. Finalement, mon seul regret est que cette saga semble avoir été un peu laissé en suspens sans véritable conclusion. Si le tome 5 conclut le cycle de manière très satisfaisante, il lui manque la force d'une vraie apothéose, que demandait la saga. Il manque le parfum des conclusions définitives, grandioses, épiques, tragiques, mémorables. Ici, finalement, le tome 5 n'est "que" (si j'ose dire !) une nouvelle itération de péripéties dans les paysages sauvages de la Terre de Feu à la recherche de la liberté. C'est très réussi, mais j'en sors avec l'impression que Mathieu Bonhomme aurait souhaité continuer, puis qu'il ne l'a finalement pas fait. Certaines trajectoires ne semblent pas complètement terminées, à commencer par celle du capitaine, dont le développement a été intéressant, mais dont on aurait aimé qu'il finisse par tirer une leçon des conséquences de ses actes pendant les 5 tomes. Là, finalement, il en est toujours à peu près au même point qu'au début... Cela ne gâche que peu ces 5 tomes d'une excellente saga jeunesse, mais qui peut vraiment se lire avec le même plaisir à tous les âges. C'est intelligent, élégant (même si le trait n'a pas encore la rondeur appréciable des futures productions de Bonhomme), passionnant... Bonhomme a réussi à capter l'essence des grands romans d'aventures de cette époque, à la Verne, Kipling ou Melville, et la restituer admirablement en bande dessinée. Bravo l'artiste !

04/03/2026 (modifier)
L'avatar du posteur bamiléké

Je dois avouer que cette série de Matthieu Bonhomme m'a indisposé à de nombreux endroits. J'ai abandonné ma lecture à la fin du tome 4 tellement j'ai trouvé le scénario de plus en plus inconsistant au fil des planches. J'ai toujours aimé ce que j'ai lu de cet auteur jusqu'ici, ce qui rend ma déception encore plus amère. Je n'ai aucune réserve sur le graphisme soigné, dynamique et agréable. Je trouve la mise en couleur un peu fade mais sans que cela soit rédhibitoire. C'est le scénario qui m'a fortement déplu. En premier lieu je trouve le choix de la thématique première de Matthieu Bonhomme très étrange. Quel garçon (12 ans) français du XXIème siècle peut s'identifier à un apprenti tueur de baleines ? Que Melville fasse rêver les petits Américains du XIXème siècle avec les aventures du petit Ismaël, c'est logique. La chasse à la baleine était l'une des activités les plus prestigieuses aux USA avec son aura de courage, de danger et de participation à la grandeur nationale. En effet il m'est apparu évident que Bonhomme installe le début de son récit dans les pas de Moby Dick. Il y a trop de points communs pour avoir un doute. Jusqu'au nom du navire "Le Léviathan" à la fois monstre biblique et ouvrage philosophique de Hobbs. Toute l'ambiance du tome 1 de la préparation à la chasse suit cette ligne, assez symbolique, jusqu'au dénouement du tome qui choisit une autre voie que celle du roman. Ainsi je trouve que Bonhomme emprunte à Melville la symbolique de la lutte du Bien contre le Mal (T1 T2). Puisque Esteban devient le Bien en lieu et place du cachalot qui a perdu la partie grâce à un coup digne du loto il faut bien trouver un Mal encore plus Mauvais qu'un capitaine totalement irresponsable, piètre chef et au discours à la bonne conscience très contestable. J'ai trouvé cette image du gentil baleinier vs méchant baleinier vraiment puérile, manichéenne et complétement anachronique. En effet contrairement à sa gentille image, Esteban ne participe pas à une chasse de subsistance mais bien à une chasse industrielle extrêmement profitable. À la fin du tome 2 j'étais curieux de savoir où allait nous emmener l'auteur. En bateau ? Avec ces étranges pages blanches 9 et 10 qui cassent le récit pour le faire partir dans une direction tout autre. C'est donc un tome de transition rempli d'épisodes invraisemblables, d'un flash-back romanesque assez guimauve pour finir sur un épisode fantastique bien utile pour se sortir d'un scénario que je trouve bancal. Cela nous conduit directement sur le grand bête et méchant que l'on peut toujours utiliser en dernier recours : des militaires garde-chiourmes qui se laissent tous si facilement abuser par un gamin de 13 ans. J'ai eu l'impression de lire un scénario d'évasion d'il y a 50 ans (Bernard Prince ? Barbe-Rouge ?) ! Quant à l'humour de l'auteur qui m'avait régalé dans Lucky Luke ou Texas Cowboys, aucune trace. Je suis assez sévère car cette série s'adresse à de jeunes enfants (vers 12 ans) sur une thématique (la surexploitation d'une ressource naturelle pour des causes complexes) qui nous touche en plein aujourd'hui. L'exemple historique du massacre des baleines est une illustration du conflit entre progrès et équilibre qui vaut mieux que le discours du capitaine. Je trouve que Bonhomme passe complétement à côté avec son gentil harponneur.

05/03/2023 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

J’ai emprunté cette série – dont je n’avais auparavant jamais entendu parler – en médiathèque, dans le rayon jeunesse, au vu du nom de Matthieu Bonhomme. Eh bien le moins que l’on puisse dire, c’est que, si le public jeunesse peut y trouver son compte, il n’est pas le seul, c’est vraiment une série tout public. En effet, dès les premières pages du tome inaugural, la mort violente des proches et de la mère d’Esteban efface tout risque de mièvrerie. Par la suite, les aventures se lisent agréablement, avec un capitaine bourru – comme le veulent les clichés, mais pas monolithique, ni sans défaut. Son sale caractère, mais aussi son égoïsme vont même plonger Esteban et le reste de l’équipage dans une aventure aux multiples rebondissements, au milieu de la banquise, dans un pénitencier du bout du monde, etc. Une lecture agréable et fluide (le dessin de Bonhomme y est pour beaucoup, du « Dupuis Modernisé », sans copier sur Franquin), que je vous recommande chaudement. Les cinq albums que j’ai lus forment le premier cycle, même si je ne sais s’il y aura une suite, plusieurs années s’étant écoulées depuis la parution du dernier tome.

05/05/2017 (modifier)
Par ArzaK
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

Esteban est une série d’aventures tout public d’une grande qualité. Bien que très classique, l’intrigue est passionnante et le dessin de Mathieu Bonhomme est magistral. Je vous conseille d’ailleurs de lire l’intégrale noir et blanc, la qualité de son dessin y est encore plus frappante. Quels crayonnés ! Quel sens des matières ! Mathieu Bonhomme est un grand dessinateur réaliste à mettre sur le même pied que les maitres du genre que sont Giraud, Hermann ou Rossi. J’ai éprouvé un grand plaisir tout au long de ces cinq tomes à suivre un récit d’aventure classique aux enjeux simples mais universels. A conseiller sans réserve dès l’âge de 10 ans. J'espère qu'il y aura un deuxième cycle. Quelqu'un en sait plus?

11/08/2016 (modifier)
Par montane
Note: 4/5
L'avatar du posteur montane

Nous sommes au sud de l'Argentine, au début du siècle dernier. Le jeune Esteban est d'origine indienne et vient de perdre sa mère assassinée sous ses yeux par les troupes gouvernementales. Il est vrai qu'à cette époque, le sort réservé aux Indiens mapuches n'est pas des plus enviables. Comment survivre dans ces conditions ? Il se souvient alors que sa mère lui avait conseillé de se tourner vers le Capitaine d'un bateau harponneur, qui traque sans relâche les baleines passant à proximité de la terre de feu. Esteban n'est pas le bienvenu au départ, et suscite la méfiance à la fois du capitaine du bateau, mais aussi de son équipage qui voit d'un mauvais œil la présence d'un enfant dans cet univers réservé aux adultes. Et ce n'est que progressivement que cet enfant, qui prétend parler aux oiseaux, va gagner la confiance des uns et des autres, au point de se rendre indispensable par sa malice et son intelligence. Le voyage d'Esteban fera incontestablement penser à Moby Dick, mais aussi à des récits d'aventure pure racontés par un Stevenson ou un Jack London. Le cadre choisi est assez original, puisque je n'ai pas vraiment le souvenir d'auteurs de bandes dessinées ayant choisi de raconter des histoires dans l'Argentine de ces années là dans le milieu maritime. Cela m'a fait penser à la série de Gillon "Jérémie des Iles" qui lui aussi traitait de cette thématique d'un enfant embarqué sur les mers, au milieu d'individus assez peu recommandables. Les 5 premiers tomes forment une seule et même histoire, et on attend à présent le début d'un nouveau cycle, même si Mathieu Bonhomme semble très pris par d'autres projets en ce moment. Son trait est superbe, les couleurs de qualité. "Le voyage d'Esteban" est un récit d'aventure pur, comme la BD nous en offrait beaucoup dans les années 60/70. Pour autant celui-ci se lit très bien et réveillera sans doute chez certains lecteurs, la nostalgie de leurs premières lectures.

21/06/2016 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
L'avatar du posteur Gaston

3.5 Une bonne série tout public. J'aime beaucoup le dessin de Matthieu Bonhomme que je trouve à la fois dynamique et fluide. La lecture était très facile même sur des passages qui m'intéressaient moins. J'aime aussi l'ambiance qu'installe Bonhomme et qui a fait en sorte que j'étais captivé par ma lecture même lorsqu'il y avait des choses qui habituellement ne n'intéressent pas ! La seule chose que je pourrais reprocher à cette série est que je trouve que les personnages ne sont pas très mémorables et un peu clichés. De plus, j'espère que la série va se terminer avant que le scénario s'étire inutilement.

15/12/2013 (modifier)
Par Seb94
Note: 2/5

Après lecture du 1er tome. Je me suis laissé tenter par la récente promotion de l’éditeur qui propose ce premier tome pour 6 €. Je dois admettre avoir été légèrement déçu par cette histoire peu originale et visant à mon avis plutôt un public jeunesse. Tout est assez convenu, le jeune Esteban au demeurant sympathique, n’échappe pas au cliché du jeune orphelin un peu naïf, qui se retrouve au milieu d’une bande de vieux loups de mer bourrus, mais finalement pas si méchants que ça. La conclusion de ce premier tome n’échappe pas non plus au cliché du bon vieux happy end, la dernière bulle et son « hip hip hip hourra », finissant d’achever ce tableau un peu trop mielleux à mon goût… Cet album qui peut se lire comme un one shot, recèle tout de même quelques qualités, notamment l’aspect documentaire de la pêche traditionnelle à la baleine qui est relativement intéressant et bien sûr la maîtrise du dessin de Mathieu Bonhomme, toujours aussi plaisant à l’œil. Vous l’aurez compris : je n’irai pas plus loin avec cette série, mais je pourrais la conseiller à un jeune public, qui y trouvera sûrement plus son bonheur que moi.

01/11/2012 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

J’ai vraiment bien aimé le premier tome de la série, qui nous plonge dans l’univers de baleiniers du temps de la marine à voile. Le récit se résume à peu de choses et les personnages sont très classiques pour le genre (un pauvre orphelin qui découvre cet univers et un capitaine intrépide et intransigeant, unis par le souvenir d’un être cher (la maman du petit Esteban)) mais Matthieu Bonhomme parvient à nous offrir un récit riche dans son univers et son atmosphère. Cet album sent bon les embruns et le sel, les personnages, pour stéréotypés qu’ils soient, n’en sont pas moins attachants, la narration est fluide et très bien servie par un dessin accrocheur, expressif et vivant mais précis au besoin. Le monde de la pêche en haute mer aux temps héroïques y est bien décrit. C’est du tout bon. Malheureusement la suite n’est pas tout à fait du même tonneau. Cela reste très agréable à suivre (grâce principalement au dessin et à la narration) mais le côté très prévisible du scénario commence à peser sur l’ensemble. Heureusement, je suis friand de cet univers et l’ambiance créée par Bonhomme maintient toute mon attention. J’espère que cette série ne deviendra pas « à rallonges » mais je recommande ces trois tomes dont le premier est franchement bien et les deux suivants franchement pas mal bien.

20/04/2010 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

Le scénario n'a vraiment rien d'original mais c'est plus pour l'ambiance qui se dégage de ce voyage en pleine mer dans la traversée du difficile Cap Horn que l'on retiendra. Le trait graphique de l'auteur au style si particulier nous accompagne tout le long de voyage maritime. On ressent réellement le vent du grand large qui donne une ambiance à la Moby Dick. Malheureusement point d'effet de surprise car c'est souvent du convenu. Une touche d'audace serait la bienvenue ! Lire un album de cet auteur est toujours un réel plaisir. C'est un univers où l'on se sent bien. J'avoue également avoir un faible pour cet auteur qui sait si bien raconter les histoires. Le talent ne se décrète pas. Note dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5

25/11/2007 (MAJ le 20/07/2009) (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
L'avatar du posteur Spooky

Tiens, belle petite série que voilà. Dans la tradition de nombreux romans d'aventures maritimes, Matthieu Bonhomme nous emmène sur les traces d'un jeune matelot embarqué sur un baleinier. La vie à bord est assez bien décrite, la psychologie des personnages bien rendue, le récit est bien mené, cela ne fait aucun doute. Et puis graphiquement l'auteur est à son apogée depuis 3 ans, et Le Voyage d'Esteban lui permet d'exploiter à fond son goût pour les grands espaces. C'est de l'aventure avec un grand A, un véritable régal. Seul hic, le tome 3, qui devrait conclure la série, se fait attendre depuis plus de deux ans. Avec la disparition de Capsule cosmique, ça sent quelque peu le roussi... Lire un album de Matthieu Bonhomme est d'utilité publique.

19/06/2009 (modifier)