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Fury Max

Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 2 avis)

Dans un monde parallèle à l'univers Marvel, plus réaliste, Nick Fury n'est pas patron du Shield, il ne côtoie pas de super-héros et ne se balade pas en justaucorps grotesque. C'est un agent de la CIA, violent et efficace, qui traverse la Guerre froide en participant à tous les conflits dans lesquels les États-Unis sont intervenus.


1961 - 1989 : Jusqu'à la fin de la Guerre Froide Auteurs britanniques Histoires d'espions Marvel Univers des super-héros Marvel

Après avoir combattu en tant que soldat en Europe durant la Seconde Guerre mondiale, puis en Corée, Nick Fury, héros borgne, est devenu accro aux combats. C'est au sein de la CIA qu'il exerce désormais ses talents, en combattant le communisme sur tous les fronts. Instrumentalisé par le sénateur McCuskey, cynique et magouilleur, Fury consent, par amour de la guerre, à se retrouver impliqué dans toutes les barbouzeries sanglantes de l'Oncle Sam, de Cuba au Nicaragua, en passant par le Vietnam.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 13 Avril 2013
Statut histoire Série terminée 2 tomes parus
Couverture de la série Fury Max
Les notes (2)
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16/12/2013 | Eric2Vzoul
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Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

J'avais lu sur internet que les histoires de guerres d'Ennis étaient très bonnes et les quelques récits de ce genre que j'avais lu ne m'avait pas enthousiasmé, mais là j'adhère ! Il faut dire que ce ne sont pas de simples histoires de batailles. Ennis parlent d'autres sujets comme le mauvais coté de la politique américaine. Son discours n'est pas des plus originaux, surtout si on a déjà lu d'autres séries scénarisé par Ennis. Ainsi, encore une fois on a droit à des braves soldats qui vont mourir à cause de l'élite, mais le récit est bien fait et cela ne me dérange pas. Ennis explore plusieurs thèmes et les utilisent bien. C'est probablement la première fois que je trouve Fury aussi intéressant. Ennis explore bien sa psychologie et les désillusions qu'il a après avoir servit le gouvernement américain durant des décennies. Le dessin est correct.

23/06/2019 (modifier)
L'avatar du posteur Eric2Vzoul

Voilà de la BD efficace ! Cette mini-série est baptisée bêtement MAX : Fury Max (sic) par les éditions Panini. Garth Ennis a déjà mis en scène plusieurs mini-séries intitulées Fury ; pour clarifier les choses, elles s'intitulent MAX : Fury 1 - Lève-toi et marche (2002) et MAX : Fury – Peacemaker ; le personnage est bien le même, mais sans qu'il y ait réellement continuité entre les histoires. Bref, les gens de chez Panini sont décidément incapables d'adopter un système clair pour distinguer la profusion des séries de comics parallèles… Mais on s'en moque, parce que là, ils livrent une bonne série. Garth Ennis est le scénariste trublion du petit monde souvent puéril des comics – on lui doit des séries très politiquement incorrectes comme Preacher ou The Boys. Ici, il réinterprète une partition historique autour du personnage de Nick Fury, lequel devient un prétexte pour raconter l'histoire de l'impérialisme américain durant la guerre froide. Et toutes les boucheries navrantes de l'Oncle Sam sont passées au crible dans une histoire réaliste et brutale. Dans les séries de comics habituelles Nick Fury est le patron du Shield, agence supra-gouvernementale destinée à déjouer les complots de super-vilains et les attaques de monstres interplanétaires. Il côtoie les super-héros en super-slips, c'est sans doute pour cela qu'il se promène lui-même en combinaison moulante en lycra (pas plus virile que celle de Spiderman même si elle est bleu nuit et bardée de flingues), et s'il est présenté comme un individu bourru, ses transgressions se résument souvent à désobéir aux ordres des ses supérieurs incapables (des bureaucrates diplômés qui refusent ses méthodes radicales d'homme des cavernes…) et à fumer le cigare en public (genre Hannibal Smith de L'agence tous Risques). Pas de ces gamineries chez Ennis. Il a déjà rénové avec bonheur le personnage du Punisher en le débarrassant de son justaucorps et de ses gants blancs, et surtout en le présentant comme le tueur impitoyable et névropathe qu'il est. C'est dans la même veine qu'il montre Nick Fury et son partenaire au Vietnam Frank Castle (le Punisher) sous leur vrai jour : des psychopathes accros à la violence, aux méthodes fascisantes, qui se cachent derrière une conception contestable de la morale pour assouvir leurs penchants pour le meurtre. La seule concession au surnaturel est la capacité étrange que possède Fury de vieillir beaucoup plus lentement que les autres mortels (mais il accuse tout de même davantage le passage dans ans que Buck Danny). Des mâles, des vrais, des tatoués, qui sentent la poudre, le sang et la sueur !! Des tarés capable d'exterminer des cohortes d'ennemis terrifiés en quelques minutes. Lamentable… Mais jubilatoire ! Après tout, ceci n'est que de la fiction n'est-ce pas ? Eh bien non, justement… La bonne idée de Garth Ennis est justement de contextualiser efficacement les épisodes de cette série. Nick Fury, en tant que barbouze chargé des opérations spéciales par les agences secrètes des États-Unis d'Amérique, devient un pion dans la Guerre froide. Il doit aider les Français à tenir l'Indochine en 1954, tente d'assassiner Fidel Castro au moment du débarquement de la Baie des Cochons en 1961, est chargé (avec Frank Castle) de l'exécution d'un chef du Viêt-Cong en 1970, ou du contrôle des contras nicaraguayens en 1984… Et toutes ces brillantes opérations s'avèrent finalement aussi sanglantes que vaines. Le scénario est sans concession : si Nick Fury est un tueur en série déguisé en soldat, il n'existe que parce qu'il est soutenu et armé par des crapules en cravate. Le personnage du sénateur McCuskey, sorte de clone de McCarthy est très réussi. Il instrumentalise la menace communiste pour servir son ascension politique et l'on réalise que des agents comme Fury ou Castle ne sont que des pions dans un jeu dont les vraies règles leur échappent. Goran Parlov, dessinateur aussi doué pour représenter la violence réaliste que l'atmosphère des salons feutrés de Washington, sert très bien le scénario de Garth Ennis. Les deux auteurs se connaissent bien pour avoir déjà travaillé ensemble à plusieurs reprises et l'alchimie fonctionne parfaitement. En résumé, ce n'est peut-être pas la BD du siècle, mais c'est un travail qui sort du lot dans la profusion des comics. La relecture d'épisodes mal connus de la Guerre froide vaut le détour. Une lecture agréable, au propos plus profond qu'il n'y paraît.

16/12/2013 (modifier)