Tout d'abord il convient d'expliquer les origines de cette série.
A la base il s'agit d'un jeu vidéo retranscrit à l'écran par les studios Key sous la forme d'un anime de deux saisons et dont la plupart de ceux qui l'ont vu affirment, en choeur, qu'il s'agit d'une des meilleures réussite du groupe.
D'ailleur la série a connu un succès retentissant au pays du soleil levant et a fait l'objet de critiques élogieuses de toutes parts.
Tout naturellement, il était donc inévitable qu'un tel hit fasse l'objet d'une adaptation en version papier.
Tout comme l'anime, le manga se décompose en deux parties qui varient en qualité, genre, intensité et, bien sûr, intérêt.
Si le début ressemble fortement à un énième slice of life lycéen des plus classiques, par la suite on s'aperçoit vite que les choses sont un peu plus compliquées qu'elles n'y paraissent puisque l'ensemble prend vite une tournure plus comédie romantique évoluant lentement mais sûrement vers de la tragédie.
En effet, au commencement de la série, le héros s'apparente à un étudiant lambda sans grand intérêt mais il va faire des rencontres qui vont le changer radicalement et le faire évoluer psychologiquement.
Il découvrira notamment la belle, douce et fragile Nagisa dont il se rapprochera inexorablement ainsi que bon nombre d'autres personnages qu'il essayera d'aider de son mieux.
Ces actes charitables sont autant d'occasions pour alterner subtilement les moments drôles et légers avec ceux plus tristes et sérieux.
Le récit est construit d'une telle manière que l'on ne peut que s'attacher à tous ces personnages ce qui s'avèrera, par la suite, destructeur pour le lecteur.
A noter aussi que l'on suit en parallèle l'histoire d'un robot muet qui semble isolé sur une planète inconnue avec une petite fille pour seule amie.
On se demande bien ce que ce duo improbable, aux minis aventures fantastiques, vient faire au milieu d'un récit plus axé sur une ambiance réaliste et terre à terre ; mais cette partie en apparence anodine est indispensable pour comprendre la fin de la série.
Ensuite vient la deuxième partie ; pour moi la meilleure de toute la série.
Après une courte parenthèse, on retrouve notre héros évoluant dans sa vie d'adulte.
Envolée l'insouciance des années lycée, le récit se focalise plus sur le quotidien de notre couple d'amoureux qui songent à former une famille mais vont connaitre des événements tragiques.
L'ambiance légère souvent présente dans la première partie disparaît complètement pour laisser la place à une histoire dramatique beaucoup plus intimiste d'une tristesse dévastatrice et qui ne fait qu'aller crescendo au fil des pages.
Dès lors impossible d'arrêter sa lecture tellement on se sent immergé dans une histoire qui vous prend littéralement aux tripes.
A ce propos je conseille aux plus émotifs de se munir d'une bonne boite de mouchoirs car, submergé par les émotions fortes, il vous sera très difficile de retenir vos larmes pendant les derniers tomes.
Car c'est bien là toute l'ingéniosité de la série, nous embarquer au départ dans un récit en apparence plein d'insouciance, de légèreté et d'une banalité assumée qui n'a d'autre but que de permettre au lecteur de s'identifier et de s'attacher aux personnages ; pour nous asséner, par la suite, quelques coups au coeur bien placés d'une intensité extrême.
Même le dernier tome qui se termine heureusement sur une note d'espoir vous tirera une larme, de bonheur cette fois.
Bref, une série qui vous marquera à coup sûr car elle sait savamment mélanger les genres (amour, amitié, comédie, tragédie) ; mais, surtout, atteint dans sa deuxième partie une incroyable intensité rarement égalée ailleurs.
Ses détracteurs y trouveront sûrement quelque chose de trop classique au début et trop larmoyant ensuite, mais moi je ne dirai qu'une seule chose : c'est beau ; tout simplement.
Evidemment j'en conseille l'achat, mais si vous trouvez le prix trop excessif vous pouvez toujours vous rabattre sur la version animé facile à dénicher gratuitement et tout aussi réussie puisque ce manga en est la reproduction presque à l'identique.
3,5/5 pour la première partie ; 5/5 pour la seconde ; 4,25/5 pour l'ensemble.
Suicide Island évoquera, par la situation de ses personnages, livrés à eux-mêmes sur une île déserte, beaucoup d'autres récits dans la même veine, mais il y a ce petit plus qui fait la différence. Tous les protagonistes étant à la base de suicidaires récidivistes, ils sont tous un peu "dérangés" et une situation de crise de base prend vite une tournure beaucoup plus dramatique.
J'aurais bien donné cinq étoiles à ce seinen si je ne l'avais pas trouvé par moments un peu trop psychologisant. Mais il est tout simplement passionnant. Le dessin est très clair, d'une lisibilité exemplaire malgré de petites raideurs ici et là et l'intérêt du récit ne faiblit jamais, il s'intensifie même au fil des tomes. La publication française s'est ralentie, et pour cause, on rattrape peu à peu le rythme japonais (10 tomes, série en cours). L'attente entre chaque tome va être rude...
Fabien Nury est décidément un auteur à suivre.
Le scénario est le genre d'histoire que j'appelle du divertissement intelligent: Nury a créé une série qui est un mélange d'histoire (cela se passe durant la première guerre mondiale), d'action, de mystère et de comédie. Le récit est passionnant quoiqu'il a fallu le tome 2 pour que j'accroche, la faute a un personnage principal qui est certes intéressant, mais qui n'est pas encore très attachant à mes yeux.
Le dessin est excellent. Il est dynamique, fluide et les couleurs sont franchement bien choisi. C'est simple, lorsque j'ai vu le dessin en ouvrant le premier tome j'avais immédiatement envie de lire le tome au complet !
J'espère que la suite sera du même niveau.
Je ne comprends pas la virulence de la plupart des commentaires. Cette série m'a séduit quasiment dès le départ et je guette chaque nouvel épisode avec envie. Certes tous ne sont pas exceptionnels mais j'aime le concept : l'Histoire bouleversée par un détail qui est réécrite et l'histoire qui est remplie de clins d'œil anachronico-historiques dont je ne me languis pas. C'est un plaisir pour ma part de découvrir des personnages réels dans une autre vie. Et la liste me fait doucement marrer : Chirac, Con-bendit, Nixon, Poutine, de Gaulle, Bonnot, etc...
Alors oui il y a des invraisemblances techniques, historiques,etc... Mais est-ce l'essentiel ? Je trouve que l'imagination des auteurs est suffisamment rafraîchissante pour pardonner quelques détails qui ne collent pas.
En tout cas, cette série me plait beaucoup et j'espère qu'elle continuera longtemps pour satisfaire un amateur d'Histoire comme moi.
J'ai lu les 2 tomes dans Spirou. A chaque fois, j'ai bien aimé le développement du récit, la façon dont Louca sait se rendre attachant, la justesse des galères (oh, c'est ado-esque.... mais ça sonne juste).
La trame part un peu vers le mystère fantastique, on se demande si, si, si... Et on attend patiemment le tome suivant ;)
Bref, vous passerez sans doute un moment agréable à voir s'agiter ce jeune Louca :)
J’ai lu cette BD avec le sourire en coin pratiquement du début jusqu’à la fin. Pourquoi ?
Parce que la situation insolite dans laquelle se trouve notre « héros » est cocasse, inattendue, pleine de suspense mais aussi dramatique. Que feriez-vous si du jour au lendemain vous changiez de visage et que plus personne ne vous reconnaît ? Quel serait votre comportement face à vos proches ?
Cyril Bonin adapte ici le roman de Marcel Aymé avec beaucoup d’intelligence, de psychologie et de remise en question sur l'amour, la vie et celle du couple.
Les illustrations sont dynamiques avec une belle galerie de personnages attachants et une ambiance des années 50 très bien reconstituée.
A lire!
Comme d'autres, je n'avais pas accroché aux rats de Ptiluc ; encore moins à son canard d'Amours Volatiles. Mais la Geste trône dans ma bibliothèque et je la relis toujours avec plaisir .
Le tome 1 (que je qualifierai de culte) est absolument génial et la couverture m’avait incité à l’acheter à l’époque (1990 il me semble).
Le dessin, les couleurs se prêtent super bien au contexte et à l’époque. Je rejoins Don Lope : le dragon est plus proche de Casimir que de Smaug mais ça lui va bien et ne dénote pas dans l’histoire…
« Qui est la bête ?? » entre le preux chevalier et le dragon philosophe, les « fous de Dieu » ou les créatures immondes …Ptiluc a fait son choix avec cynisme et humour.
C’est bien écrit, intelligent, parfois « shakespearien » (si si !!) bref : moi j’ai adoré (même si le Tome 2 est légèrement en dessous).
Amusant comme on oublie vite le mélange entre personnages animaliers et humains ! Comme on oublie vite toutes les invraisemblances de l’intrigue d’ailleurs.
C’est qu’Ayroles a su bâtir un scénario d’aventure à la fois classique et « hollywoodien », mélangeant des thèmes de cape et d’épée, de piraterie, où l’on se retrouve parfois proche de Verne, Stevenson, Rider Haggard, mais aussi de De Brocca, de Tavernier ou de « Pirate des Caraïbes »…
On est donc emporté par cette histoire improbable qui se déroule à un rythme effréné, au risque parfois de perdre le lecteur en route, déboussolé, ayant depuis longtemps perdu ses repères.
Mais ce qui permet justement au lecteur de ne pas complètement perdre le fil de l’histoire, ce qui lui permet de s’y retrouver, ce sont les dialogues.
En effet, ces dialogues sont la grande réussite de cette série. Ils donnent un ton, une ligne directrice qu’on suit comme envouté.
Ils donnent plus qu’une touche d’humour à cette grande aventure, qui n’est finalement que « pour de rire », ils relèvent le plat comme un grand vin, qui reste en bouche.
Alors là Ayroles s’en est donné à cœur joie, donnant à cette série l’image d’une pièce de théâtre mise en image. D’ailleurs de nombreux jalons le rappellent en sus des dialogues, telle pièce de bohémiens au début de l’intrigue, l’improbable théâtre au cœur de l’île (me faisant penser à cette scène lyrique imaginée fin XIXème au cœur de l’Amazonie), pièce au cœur du coup d’État sur la lune : jeu des acteurs/personnages principaux, dialogues, tout concourt à faire de cette « série de théâtre » un succès.
Les clins d’œil au théâtre classique, du Grand siècle, sont nombreux, inspirés de Molière entre autres. On y trouve aussi des citations de poètes, comme Baudelaire, et même de L’île aux enfants ! Ayroles s’est visiblement bien amusé !
Je regrette juste malgré tout la baisse de rythme des derniers albums, dont l’intrigue, inutilement étirée, est un peu décevante. La guerre sur la lune aurait mérité un traitement plus resserré. Idem pour ce qui tourne autour du maître d’armes.
Note réelle 4,5/5/
Deux loosers tentent d’échapper à leur vie pourrie en tentant un braquage de fourgon, et bien sûr, rien ne se passe comme prévu.
Certes, l’idée de départ fait très « déjà vue » mais les auteurs ne cèdent pas à la facilité et proposent au final une histoire riche et passionnante.
Lupano s’éloigne du polar pour aller vers la chronique sociale et ça fonctionne parfaitement.
Les personnages sont vraiment convaincants, la narration est maitrisée, les dialogues sont excellents et les dessins de grande qualité… n’en jetez plus cet album est une réussite.
J’ai pris énormément de plaisir à cette lecture.
Bravo aux auteurs !
Note : 3.5/5
Je n'ai pas lu Moby Dick mais comme nombre de personnes, j'en ai beaucoup entendu parler et je connais globalement son concept. Avec la lecture de cette bande dessinée, j'étais curieux de découvrir la jeunesse du personnage du capitaine Achab et de sa relation avec le cachalot blanc. Je craignais juste de manquer une partie de l'impact de ce récit du fait de ma méconnaissance de l'oeuvre de Melville.
Mais dès le premier tome, j'ai accroché. La vie dans l'île de Nantucket au tout début du 19e siècle, alors que toute la population ne vit que pour et par la chasse à la baleine, est très intéressante. Le récit du jeune Achab est dense, complexe et prenant. La narration est impeccable et m'a vraiment collé au récit. D'autant plus que le dessin est agréable et soigné.
Dans le second tome, on le voit entamer sa véritable vie de chasseur de baleine et c'est toujours aussi instructif et prenant. On suit l'évolution de la psychologie d'Achab et comment son âme s'assombrit lentement mais sûrement.
Le troisième tome le voit plus âgé et il commence à devenir difficile de rester attaché à Achab, surtout quand on voit où le mène (déjà) sa fixation sur le cachalot blanc.
Le dernier tome nous emmène bien des années plus tard, presque juste avant le roman de Melville. Et malheureusement, là, j'ai décroché. Non seulement, Achab n'y est plus du tout attachant. Mais surtout j'ai trouvé que le récit dénaturait l'image forte que je me faisais de l'histoire du Moby Dick. Après l'avoir lu et du fait des révélations qui y sont faites, j'ai le sentiment que je ne prendrais pas le plaisir que je pensais avoir à lire un jour Moby Dick car ce qui faisait sa force dans son esprit y est légèrement modifié, corrompu.
En résumé, j'ai vraiment beaucoup aimé le début de cette série et elle pourrait presque se suffire à elle-même. Le troisième tome offre un final satisfaisant à mes yeux, par exemple. Par contre, j'ai un avis bien plus mitigé sur le quatrième et dernier tome dont le scénario n'a pas su me plaire et a dénaturé un peu l'image que je me faisais du récit et de Moby Dick.
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Clannad
Tout d'abord il convient d'expliquer les origines de cette série. A la base il s'agit d'un jeu vidéo retranscrit à l'écran par les studios Key sous la forme d'un anime de deux saisons et dont la plupart de ceux qui l'ont vu affirment, en choeur, qu'il s'agit d'une des meilleures réussite du groupe. D'ailleur la série a connu un succès retentissant au pays du soleil levant et a fait l'objet de critiques élogieuses de toutes parts. Tout naturellement, il était donc inévitable qu'un tel hit fasse l'objet d'une adaptation en version papier. Tout comme l'anime, le manga se décompose en deux parties qui varient en qualité, genre, intensité et, bien sûr, intérêt. Si le début ressemble fortement à un énième slice of life lycéen des plus classiques, par la suite on s'aperçoit vite que les choses sont un peu plus compliquées qu'elles n'y paraissent puisque l'ensemble prend vite une tournure plus comédie romantique évoluant lentement mais sûrement vers de la tragédie. En effet, au commencement de la série, le héros s'apparente à un étudiant lambda sans grand intérêt mais il va faire des rencontres qui vont le changer radicalement et le faire évoluer psychologiquement. Il découvrira notamment la belle, douce et fragile Nagisa dont il se rapprochera inexorablement ainsi que bon nombre d'autres personnages qu'il essayera d'aider de son mieux. Ces actes charitables sont autant d'occasions pour alterner subtilement les moments drôles et légers avec ceux plus tristes et sérieux. Le récit est construit d'une telle manière que l'on ne peut que s'attacher à tous ces personnages ce qui s'avèrera, par la suite, destructeur pour le lecteur. A noter aussi que l'on suit en parallèle l'histoire d'un robot muet qui semble isolé sur une planète inconnue avec une petite fille pour seule amie. On se demande bien ce que ce duo improbable, aux minis aventures fantastiques, vient faire au milieu d'un récit plus axé sur une ambiance réaliste et terre à terre ; mais cette partie en apparence anodine est indispensable pour comprendre la fin de la série. Ensuite vient la deuxième partie ; pour moi la meilleure de toute la série. Après une courte parenthèse, on retrouve notre héros évoluant dans sa vie d'adulte. Envolée l'insouciance des années lycée, le récit se focalise plus sur le quotidien de notre couple d'amoureux qui songent à former une famille mais vont connaitre des événements tragiques. L'ambiance légère souvent présente dans la première partie disparaît complètement pour laisser la place à une histoire dramatique beaucoup plus intimiste d'une tristesse dévastatrice et qui ne fait qu'aller crescendo au fil des pages. Dès lors impossible d'arrêter sa lecture tellement on se sent immergé dans une histoire qui vous prend littéralement aux tripes. A ce propos je conseille aux plus émotifs de se munir d'une bonne boite de mouchoirs car, submergé par les émotions fortes, il vous sera très difficile de retenir vos larmes pendant les derniers tomes. Car c'est bien là toute l'ingéniosité de la série, nous embarquer au départ dans un récit en apparence plein d'insouciance, de légèreté et d'une banalité assumée qui n'a d'autre but que de permettre au lecteur de s'identifier et de s'attacher aux personnages ; pour nous asséner, par la suite, quelques coups au coeur bien placés d'une intensité extrême. Même le dernier tome qui se termine heureusement sur une note d'espoir vous tirera une larme, de bonheur cette fois. Bref, une série qui vous marquera à coup sûr car elle sait savamment mélanger les genres (amour, amitié, comédie, tragédie) ; mais, surtout, atteint dans sa deuxième partie une incroyable intensité rarement égalée ailleurs. Ses détracteurs y trouveront sûrement quelque chose de trop classique au début et trop larmoyant ensuite, mais moi je ne dirai qu'une seule chose : c'est beau ; tout simplement. Evidemment j'en conseille l'achat, mais si vous trouvez le prix trop excessif vous pouvez toujours vous rabattre sur la version animé facile à dénicher gratuitement et tout aussi réussie puisque ce manga en est la reproduction presque à l'identique. 3,5/5 pour la première partie ; 5/5 pour la seconde ; 4,25/5 pour l'ensemble.
Suicide Island
Suicide Island évoquera, par la situation de ses personnages, livrés à eux-mêmes sur une île déserte, beaucoup d'autres récits dans la même veine, mais il y a ce petit plus qui fait la différence. Tous les protagonistes étant à la base de suicidaires récidivistes, ils sont tous un peu "dérangés" et une situation de crise de base prend vite une tournure beaucoup plus dramatique. J'aurais bien donné cinq étoiles à ce seinen si je ne l'avais pas trouvé par moments un peu trop psychologisant. Mais il est tout simplement passionnant. Le dessin est très clair, d'une lisibilité exemplaire malgré de petites raideurs ici et là et l'intérêt du récit ne faiblit jamais, il s'intensifie même au fil des tomes. La publication française s'est ralentie, et pour cause, on rattrape peu à peu le rythme japonais (10 tomes, série en cours). L'attente entre chaque tome va être rude...
Silas Corey
Fabien Nury est décidément un auteur à suivre. Le scénario est le genre d'histoire que j'appelle du divertissement intelligent: Nury a créé une série qui est un mélange d'histoire (cela se passe durant la première guerre mondiale), d'action, de mystère et de comédie. Le récit est passionnant quoiqu'il a fallu le tome 2 pour que j'accroche, la faute a un personnage principal qui est certes intéressant, mais qui n'est pas encore très attachant à mes yeux. Le dessin est excellent. Il est dynamique, fluide et les couleurs sont franchement bien choisi. C'est simple, lorsque j'ai vu le dessin en ouvrant le premier tome j'avais immédiatement envie de lire le tome au complet ! J'espère que la suite sera du même niveau.
Jour J
Je ne comprends pas la virulence de la plupart des commentaires. Cette série m'a séduit quasiment dès le départ et je guette chaque nouvel épisode avec envie. Certes tous ne sont pas exceptionnels mais j'aime le concept : l'Histoire bouleversée par un détail qui est réécrite et l'histoire qui est remplie de clins d'œil anachronico-historiques dont je ne me languis pas. C'est un plaisir pour ma part de découvrir des personnages réels dans une autre vie. Et la liste me fait doucement marrer : Chirac, Con-bendit, Nixon, Poutine, de Gaulle, Bonnot, etc... Alors oui il y a des invraisemblances techniques, historiques,etc... Mais est-ce l'essentiel ? Je trouve que l'imagination des auteurs est suffisamment rafraîchissante pour pardonner quelques détails qui ne collent pas. En tout cas, cette série me plait beaucoup et j'espère qu'elle continuera longtemps pour satisfaire un amateur d'Histoire comme moi.
Louca
J'ai lu les 2 tomes dans Spirou. A chaque fois, j'ai bien aimé le développement du récit, la façon dont Louca sait se rendre attachant, la justesse des galères (oh, c'est ado-esque.... mais ça sonne juste). La trame part un peu vers le mystère fantastique, on se demande si, si, si... Et on attend patiemment le tome suivant ;) Bref, vous passerez sans doute un moment agréable à voir s'agiter ce jeune Louca :)
La Belle Image
J’ai lu cette BD avec le sourire en coin pratiquement du début jusqu’à la fin. Pourquoi ? Parce que la situation insolite dans laquelle se trouve notre « héros » est cocasse, inattendue, pleine de suspense mais aussi dramatique. Que feriez-vous si du jour au lendemain vous changiez de visage et que plus personne ne vous reconnaît ? Quel serait votre comportement face à vos proches ? Cyril Bonin adapte ici le roman de Marcel Aymé avec beaucoup d’intelligence, de psychologie et de remise en question sur l'amour, la vie et celle du couple. Les illustrations sont dynamiques avec une belle galerie de personnages attachants et une ambiance des années 50 très bien reconstituée. A lire!
La Geste de Gilles de Chin et du dragon de Mons
Comme d'autres, je n'avais pas accroché aux rats de Ptiluc ; encore moins à son canard d'Amours Volatiles. Mais la Geste trône dans ma bibliothèque et je la relis toujours avec plaisir . Le tome 1 (que je qualifierai de culte) est absolument génial et la couverture m’avait incité à l’acheter à l’époque (1990 il me semble). Le dessin, les couleurs se prêtent super bien au contexte et à l’époque. Je rejoins Don Lope : le dragon est plus proche de Casimir que de Smaug mais ça lui va bien et ne dénote pas dans l’histoire… « Qui est la bête ?? » entre le preux chevalier et le dragon philosophe, les « fous de Dieu » ou les créatures immondes …Ptiluc a fait son choix avec cynisme et humour. C’est bien écrit, intelligent, parfois « shakespearien » (si si !!) bref : moi j’ai adoré (même si le Tome 2 est légèrement en dessous).
De Cape et de Crocs
Amusant comme on oublie vite le mélange entre personnages animaliers et humains ! Comme on oublie vite toutes les invraisemblances de l’intrigue d’ailleurs. C’est qu’Ayroles a su bâtir un scénario d’aventure à la fois classique et « hollywoodien », mélangeant des thèmes de cape et d’épée, de piraterie, où l’on se retrouve parfois proche de Verne, Stevenson, Rider Haggard, mais aussi de De Brocca, de Tavernier ou de « Pirate des Caraïbes »… On est donc emporté par cette histoire improbable qui se déroule à un rythme effréné, au risque parfois de perdre le lecteur en route, déboussolé, ayant depuis longtemps perdu ses repères. Mais ce qui permet justement au lecteur de ne pas complètement perdre le fil de l’histoire, ce qui lui permet de s’y retrouver, ce sont les dialogues. En effet, ces dialogues sont la grande réussite de cette série. Ils donnent un ton, une ligne directrice qu’on suit comme envouté. Ils donnent plus qu’une touche d’humour à cette grande aventure, qui n’est finalement que « pour de rire », ils relèvent le plat comme un grand vin, qui reste en bouche. Alors là Ayroles s’en est donné à cœur joie, donnant à cette série l’image d’une pièce de théâtre mise en image. D’ailleurs de nombreux jalons le rappellent en sus des dialogues, telle pièce de bohémiens au début de l’intrigue, l’improbable théâtre au cœur de l’île (me faisant penser à cette scène lyrique imaginée fin XIXème au cœur de l’Amazonie), pièce au cœur du coup d’État sur la lune : jeu des acteurs/personnages principaux, dialogues, tout concourt à faire de cette « série de théâtre » un succès. Les clins d’œil au théâtre classique, du Grand siècle, sont nombreux, inspirés de Molière entre autres. On y trouve aussi des citations de poètes, comme Baudelaire, et même de L’île aux enfants ! Ayroles s’est visiblement bien amusé ! Je regrette juste malgré tout la baisse de rythme des derniers albums, dont l’intrigue, inutilement étirée, est un peu décevante. La guerre sur la lune aurait mérité un traitement plus resserré. Idem pour ce qui tourne autour du maître d’armes. Note réelle 4,5/5/
Ma révérence
Deux loosers tentent d’échapper à leur vie pourrie en tentant un braquage de fourgon, et bien sûr, rien ne se passe comme prévu. Certes, l’idée de départ fait très « déjà vue » mais les auteurs ne cèdent pas à la facilité et proposent au final une histoire riche et passionnante. Lupano s’éloigne du polar pour aller vers la chronique sociale et ça fonctionne parfaitement. Les personnages sont vraiment convaincants, la narration est maitrisée, les dialogues sont excellents et les dessins de grande qualité… n’en jetez plus cet album est une réussite. J’ai pris énormément de plaisir à cette lecture. Bravo aux auteurs !
Achab
Note : 3.5/5 Je n'ai pas lu Moby Dick mais comme nombre de personnes, j'en ai beaucoup entendu parler et je connais globalement son concept. Avec la lecture de cette bande dessinée, j'étais curieux de découvrir la jeunesse du personnage du capitaine Achab et de sa relation avec le cachalot blanc. Je craignais juste de manquer une partie de l'impact de ce récit du fait de ma méconnaissance de l'oeuvre de Melville. Mais dès le premier tome, j'ai accroché. La vie dans l'île de Nantucket au tout début du 19e siècle, alors que toute la population ne vit que pour et par la chasse à la baleine, est très intéressante. Le récit du jeune Achab est dense, complexe et prenant. La narration est impeccable et m'a vraiment collé au récit. D'autant plus que le dessin est agréable et soigné. Dans le second tome, on le voit entamer sa véritable vie de chasseur de baleine et c'est toujours aussi instructif et prenant. On suit l'évolution de la psychologie d'Achab et comment son âme s'assombrit lentement mais sûrement. Le troisième tome le voit plus âgé et il commence à devenir difficile de rester attaché à Achab, surtout quand on voit où le mène (déjà) sa fixation sur le cachalot blanc. Le dernier tome nous emmène bien des années plus tard, presque juste avant le roman de Melville. Et malheureusement, là, j'ai décroché. Non seulement, Achab n'y est plus du tout attachant. Mais surtout j'ai trouvé que le récit dénaturait l'image forte que je me faisais de l'histoire du Moby Dick. Après l'avoir lu et du fait des révélations qui y sont faites, j'ai le sentiment que je ne prendrais pas le plaisir que je pensais avoir à lire un jour Moby Dick car ce qui faisait sa force dans son esprit y est légèrement modifié, corrompu. En résumé, j'ai vraiment beaucoup aimé le début de cette série et elle pourrait presque se suffire à elle-même. Le troisième tome offre un final satisfaisant à mes yeux, par exemple. Par contre, j'ai un avis bien plus mitigé sur le quatrième et dernier tome dont le scénario n'a pas su me plaire et a dénaturé un peu l'image que je me faisais du récit et de Moby Dick.