Note : 3.5/5
C'est étonnant. J'ai lu le premier tome la première fois en 2010 et je n'avais pas trouvé ça drôle. Puis récemment, je l'ai relu tout en lisant le second dans la foulée et j'ai été beaucoup plus réceptif à l'humour. J'ai apprécié la causticité et le léger côté politiquement incorrect des gags. J'ai été bien plus sensible à la critique qui y est faite de la société et j'ai rigolé, en fait plus sur le premier tome que sur le second car l'effet de surprise se tasse un peu.
En lisant la première planche où l'auteur joue la carte de l'humour à contre-sens, je me suis dit que si tout était du même acabit, j'allais rapidement m'ennuyer car la sauce serait très prévisible. Au final, je ne me suis pas tant ennuyé car les types d'humour varient tout de même de page en page.
Globalement, il s'agit d'une satire au vitriol du milieu urbain, plutôt bobo. Les parents avec des œillères qui ne pensent qu'à leur boulot et à l'image qu'ils rendent d'eux-mêmes auprès de leurs proches tandis qu'ils en oublient leur enfant qui demande un peu d'attention.
Il y a aussi une critique de la société de consommation et des médias, notamment par le biais de l'horrible idole marketing Dabi Doubane.
Sans parler de la charge sans grande finesse contre la politique d'un Sarkozy fictif remplacé ici par un dictateur militariste qui ne cache rien de ses idées de conquête et de pouvoir.
Sans être novatrices, quelques idées abordées ne sont pas mauvaises et sont assez proches de la vérité.
A côté de cela le dessin à base de photos assemblées et retouchées, volontairement kitsch, est assez original mais n'est quand même pas ce que je préfère en matière de graphisme.
Mais ce que j'ai finalement surtout apprécié, je crois, c'est la causticité de l'ensemble, le côté rentre-dedans de l'humour qui a su faire écho à ma sensibilité sociale actuelle.
Je trouve que l'humour fait souvent mouche et j'apprécie cela.
Quel plaisir pour les yeux de lire du Boiscommun ! Ce trait reconnaissable au 1er coup d’œil, les couleurs directes qui flattent immédiatement l’œil... Cet auteur fait partie de mes dessineux préférés. Forcement j'achète les yeux fermés. Quitte à ne pas être forcément emballé par l'histoire, la lecture y est toujours agréable grâce à ce graphisme que j'affectionne tant !
Ici, dans "Lueur de Nuit" on suit l'aventure de trois jeunes orphelins qui se retrouvent dans une sorte de maison maudite. Le surnaturel y est donc naturellement de la partie. L'histoire se veut un peu poétique. J'aurais aimé que l'histoire des bougies et de Joshua soient un peu plus approfondies, ou encore l'histoire de ces 3 orphelins, mais difficile de ne pas survoler dans un one-shot.
L'histoire est sympathique mais ne m'a pas complètement transporté, habituellement j’aurais mis un 3/5, mais pour moi le dessin de Boiscommun fait monter la note à 4/5.
Voila un album qui fait partie de la sélection officielle pour le festival de la Bande Dessinée d’Angoulême, et ce n'est pas un hasard.
La thématique abordée rejoint en quelque sorte celle de Spiegelman dans Maus à savoir le rapport des Juifs avec le drame de la seconde guerre mondiale. Mais ici il ne s'agit pas de transmettre l'horreur de la Shoa à son fils. Régina Segal, dont le père a dû vendre en toute hâte l'appartement familial au moment de la guerre revient sur les traces de son passé en Compagnie de sa petite fille avec laquelle elle vit en Israël, pour tenter de récupérer ledit appartement.
Elle retrouvera bien cet appartement, mais il est désormais habité par une personne qui a compté dans sa vie. Le passé lointain va alors resurgir et sa petite fille fera office de confidente. Rutu Modan qui est une dessinatrice Israélienne nous livre là une jolie histoire sur le retour au passé et le drame de ceux qui ont du tout quitté précipitamment pour échapper au regroupement programmé par les Allemands de la communauté juive dans le ghetto de Varsovie.
Le récit est aussi celui sur la transmission du passé aux nouvelles générations et le rapport de celles-ci avec les évènements dramatiques du passé. Le dessin est proche de celui de la ligne claire, très agréable à regarder.
Une belle histoire qui mérite d'être lue et qui ravira les amateurs de cette période d'histoire.
Serge Ernst arrive dans le journal Tintin en 1975 avec sa rubrique Clin d'oeil ; j'ai tout de suite été fan. Comme pour Mordillo et Serre, ce n'est pas de la BD traditionnelle, plus proche du dessin humoristique, mais comme certains gags étaient construits soit en pleine page, soit en 2 ou 3 grandes cases faisant la hauteur de page, ça peut aussi se rapprocher de la BD.
Ce qui est très bon dans ces gags, c'est non seulement la débordante imagination de Ernst, car il y a eu matière à 8 albums quand même, mais surtout la variété dans les différents types d'humour : le gag peut traiter de l'humour noir, comme il peut aborder un absurde bon teint, ou encore approcher un humour plus basique ; le tout est enrubanné d'une certaine poésie qui donne un charme étrange à ces pages. Ca peut avoir quelques points communs avec les thèmes de Mordillo, mais c'est suffisamment original pour mériter une attention ; la lecture est rapide comme pour tout dessin d'humour, mais là aussi, comme chez Mordillo, on y revient car c'est un régal pour les yeux de scruter chaque dessin pour détailler les petits personnages ronds, les éléments de décor, le jeu des couleurs dans des gammes de vert, de bleu, de rose....
Un dessin soigné, précis avec un humour qui fait mouche à tous les coups. Un album ou deux, c'est un remède contre la morosité.
Avis pour le triptyque (tome 14, 15, 16)
Durango est cette fois-ci entre les mains de Thierry Girod en ce qui concerne les graphismes et franchement, je dois dire que c’est du très bon travail. Le changement n’a pas été agressif, on reconnaît bien notre cow-boy. Les décors de l’Ouest, les trognes des ennemis ainsi que les couleurs sont remarquables et dans l’esprit de Swolfs.
Durango a évolué, on le sent plus désabusé, impitoyable que jamais et ça peut se comprendre vu ce qui lui est arrivé (voir sa relation avec l'héritière tome 12). La vengeance sera terrible et loin de tout repos face à un adversaire charismatique sans scrupules, capitaliste, que rien n’arrête dans sa soif de pouvoir.
Encore une fois, je me suis délecté à la lecture des dialogues, spécialement ceux en voix-off très psychologique et des nombreuses scènes d’action qui prouvent bien que la série reste une incontournable du style « Western »
L’histoire du dernier tome est plus dense (corruption, magouille,...) et demandera plus d’attention que les deux précédents albums.
Je serai présent pour d’autres aventures en espérant qu’il y en aura d’autres.
Ps: Toute la série est à lire sans modération.
J’ai eu un peu de mal à entrer dans cette production d’Enki Bilal, dont le scénario me paraissait au premier abord moins prenant que Nikopol ou Le Sommeil du Monstre. De plus il a fallu que je me fasse à cette quasi monochromie, toute en nuance de gris bleuté, où je ne retrouvais pas ce bleu éclairé de rouges et de gris des albums précédents, avec une palette graphique plus large.
Mais, finalement, j’ai trouvé cet album très intéressant, très poétique. Les survivants, dans un monde post apocalyptique, ressemblent aux créatures précédentes de Bilal, souvent adepte de l’hybridation (voir sa dernière exposition « Mecanhumanimal »). On est ici souvent proche d’un surréalisme onirique (et pas seulement au niveau des images. C’est aussi le cas de ce mystérieux duel dont la cause ne nous sera pas dévoilée). Etonnant d’ailleurs qu’aucun auteur surréaliste ne soit cité par les protagonistes, alors qu’il y a ici profusion de citations littéraires (qui me touchent toutes d’ailleurs).
Visuellement, si cela diffère des œuvres précédentes, c’est encore une fois énorme, une bonne claque (à force de lire Bilal, j’en ai les joues rouges !).
Le premier tome est monstrueux (sic) ! C'est-à-dire absolument génial je trouve (c’est essentiellement lui qui justifie mon coup de cœur). C’est d’ailleurs probablement mon album préféré de Bilal.
Une claque visuelle d’abord. Le chef d’œuvre de Bilal sur ce point. Certaines planches, où quelques taches de rouge illuminent un bleu intense, m’ont fait penser à certains tableaux de Miro (en particulier la très belle trilogie « Bleu »).
Et, même si le scénario est parfois alambiqué, il est globalement au diapason du dessin : dans l’utilisation du compte à rebours remontant le temps jusqu’à la naissance des personnages principaux en parallèle de leurs aventures, mais aussi dans le découpage/ télescopage des trajectoires de ces trois héros.
Bilal part ici du traumatisme qu’a été pour lui – et pour d’autres – la désintégration de la Yougoslavie et la guerre civile qui l’a accompagnée, où les fanatismes qui se sont exprimés trouvent leur allégorie dans cet album. C’est aussi un très beau travail sur la mémoire. Un chef d’œuvre absolu, cultissime !!! Il aurait pu n’être qu’un one shot à 6 étoiles…
C’est donc le souffle coupé qu’on ouvre la suite. Et je me fais là un peu la même réflexion que pour la trilogie Nikopol, c'est-à-dire que Bilal a du mal à garder le rythme sur des projets trop longs. Mais ne chipotons pas trop, ce deuxième tome (de ce qui n’était encore qu’une trilogie !) est encore très bon (facilement 4 étoiles).
Mais entretemps, complications diverses, changement d’éditeur et de scénario visiblement, car la trilogie est devenue une tétralogie. Et je pense que le scénario aurait vraiment gagné à être resserré, et que ces deux derniers tomes, sans être totalement inutiles, ne sont plus à la hauteur du tome inaugural.
Pas forcément au niveau graphique (quoi que), mais surtout au niveau du scénario, clairement moins inspiré pour le troisième tome. Plus laborieux, moins créatif, moins de souffle, on est moins porté par l’histoire, c’est clair. Contrairement à l’intrigue qu’on a aussi plus de mal à suivre.
Le quatrième et dernier tome donne quelques clés, et en tout cas possède un scénario plus facilement lisible que le précédent. On en a fini avec la plongée dans la mémoire et le cauchemar de Bilal, qui a semblé exorciser avec ce « Sommeil du monstre » l’éclatement sanglant de l’ex-Yougoslavie (voir les mouches, omniprésentes dans cette série comme sur les charniers de l’histoire).
Du coup difficile de noter l’ensemble, clairement inégal. J’ai opté pour un quatre étoiles tout de même, pour ce premier tome surtout, qu’il faut absolument regarder, lire, pour se rendre compte de ce qu’est un chef d’œuvre du neuvième art. Et qui permet de découvrir Bilal à l’apogée de son travail.
Note réelle 4,5/5.
Je trouve que cet ensemble d’histoires est une excellente entrée en matière pour découvrir l’œuvre d’Enki Bilal.
C’est un regroupement disparate d’histoires courtes, de science fiction, mais avec un côté humoristique appuyé. Et tous les types d’humour sont ici utilisés, qu’il soit con, absurde, ou noir… Différentes, ces histoires m’ont toutes plu, exception faite de la dernière, que je n’ai pas trouvé assez tranchante, qui aurait peut-être gagné à être plus concise.
En tout cas, dans un univers parfois proche de ce que faisait Moebius au même moment, Bilal commence à mettre en place un dessin, certains décors, que l’on retrouvera dans le chef d’œuvre de la maturité qu’est la trilogie Nikopol.
Comme pour Nikopol d’ailleurs, et de manière plus subtile et intéressante que dans ses collaborations avec Christin, on retrouve dans beaucoup de ces histoires un arrière plan politique (d’ailleurs deux personnages ont le visage de Valery Giscard d’Estaing…).
Impossible de parler de Travis sans faire un parallèle avec Carmen Mc Callum tellement ces séries sont complémentaires et possèdent de grandes similitudes : même scénariste ; même découpage d'histoire en arcs ; l'action se déroule à la même époque (vers 2050) ; on y retrouve parfois les même ennemis ; et enfin les personnages principaux subissent en gros la même évolution ; au début ils oeuvrent principalement sans état d'âme pour une quelconque organisation pour en arriver à mener une vendetta pour leur propre compte.
Bien sûr dans les deux séries ce qui prime avant tout reste l'action pure et dure ; que ce soit dans l'espace, sur terre ou dans un monde virtuel ça va à deux cent à l'heure et on n'a jamais le temps de s'ennuyer.
Quoique dans le cas de Travis les scénarios semblent un poil plus élaborés que ceux de son homologue féminin.
De plus, on sent que l'auteur maitrise parfaitement l'univers de la science fiction et qu'il prend du plaisir à faire évoluer ses personnages dans ce monde si particulier.
Les sujets abordés sont étroitement similaires avec les problèmes actuels de notre société et les terroristes, même s'ils agissent pour le bien de leur propre cause, sont souvent les pantins involontaires de multinationales qui tirent les ficelles dans l'ombre.
Ainsi l'auteur réussi à glisser une critique à peine masquée de ces grands groupes sans scrupules aux agissements plus que discutables.
Contrairement au personnage de Carmen qui peut sembler antipathique et froid, celui de Travis fait bien plus chaleureux car rien que physiquement il dégage une sorte de bonhomie qui le rend bien plus attachant.
De plus il est fort appréciable de voir une nette évolution de certains personnages secondaires qui feront équipe avec le héros et vont prendre une place de plus en plus importante au fil des différentes histoires de la série.
Enfin, je trouve les dessins encore mieux réussis que ceux de Carmen et, quelque part, ils m'ont un peu fait penser à ceux de la série Sillage.
Juste un petit bémol concernant certains albums qui bénéficient d'une colorisation beaucoup trop appuyée à mon goût (tomes 6, 2 et 10).
Bref, une série de science fiction survitaminée très divertissante dont on sent que l'auteur maitrise à merveille le sujet ; dommage que parfois la colorisation laisse à désirer.
Une très belle lecture pour moi !
"Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait...", c'est l'histoire d'une maman qui s'occupe de son fils de 43 ans, devenu handicapé après un accident de voiture. Dis comme ça, c'est pas très gai ! Effectivement ce ne l'est pas, mais ce qui est beau, ce sont les sentiments qui transpirent de cette BD : l'amour et la dévotion que porte cette maman à son fils, quoiqu'il arrive.
Le récit est surprenant, une série de petites histoires de quelques pages qui racontent des tranches de vie de cette maman et de son fils. Ça rend le récit plus léger. Ça permet aussi aux auteurs de distiller habillement un peu le passé et comment on en est arrivé là.
Pas la peine d'en faire des tartines, c'est une histoire touchante, servie par un très beau dessin. Lisez le ;)
(Par contre, j'ai pas saisi l'allusion au titre, si quelqu'un peu m'éclairer)
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Blaise
Note : 3.5/5 C'est étonnant. J'ai lu le premier tome la première fois en 2010 et je n'avais pas trouvé ça drôle. Puis récemment, je l'ai relu tout en lisant le second dans la foulée et j'ai été beaucoup plus réceptif à l'humour. J'ai apprécié la causticité et le léger côté politiquement incorrect des gags. J'ai été bien plus sensible à la critique qui y est faite de la société et j'ai rigolé, en fait plus sur le premier tome que sur le second car l'effet de surprise se tasse un peu. En lisant la première planche où l'auteur joue la carte de l'humour à contre-sens, je me suis dit que si tout était du même acabit, j'allais rapidement m'ennuyer car la sauce serait très prévisible. Au final, je ne me suis pas tant ennuyé car les types d'humour varient tout de même de page en page. Globalement, il s'agit d'une satire au vitriol du milieu urbain, plutôt bobo. Les parents avec des œillères qui ne pensent qu'à leur boulot et à l'image qu'ils rendent d'eux-mêmes auprès de leurs proches tandis qu'ils en oublient leur enfant qui demande un peu d'attention. Il y a aussi une critique de la société de consommation et des médias, notamment par le biais de l'horrible idole marketing Dabi Doubane. Sans parler de la charge sans grande finesse contre la politique d'un Sarkozy fictif remplacé ici par un dictateur militariste qui ne cache rien de ses idées de conquête et de pouvoir. Sans être novatrices, quelques idées abordées ne sont pas mauvaises et sont assez proches de la vérité. A côté de cela le dessin à base de photos assemblées et retouchées, volontairement kitsch, est assez original mais n'est quand même pas ce que je préfère en matière de graphisme. Mais ce que j'ai finalement surtout apprécié, je crois, c'est la causticité de l'ensemble, le côté rentre-dedans de l'humour qui a su faire écho à ma sensibilité sociale actuelle. Je trouve que l'humour fait souvent mouche et j'apprécie cela.
Lueur de nuit
Quel plaisir pour les yeux de lire du Boiscommun ! Ce trait reconnaissable au 1er coup d’œil, les couleurs directes qui flattent immédiatement l’œil... Cet auteur fait partie de mes dessineux préférés. Forcement j'achète les yeux fermés. Quitte à ne pas être forcément emballé par l'histoire, la lecture y est toujours agréable grâce à ce graphisme que j'affectionne tant ! Ici, dans "Lueur de Nuit" on suit l'aventure de trois jeunes orphelins qui se retrouvent dans une sorte de maison maudite. Le surnaturel y est donc naturellement de la partie. L'histoire se veut un peu poétique. J'aurais aimé que l'histoire des bougies et de Joshua soient un peu plus approfondies, ou encore l'histoire de ces 3 orphelins, mais difficile de ne pas survoler dans un one-shot. L'histoire est sympathique mais ne m'a pas complètement transporté, habituellement j’aurais mis un 3/5, mais pour moi le dessin de Boiscommun fait monter la note à 4/5.
La Propriété
Voila un album qui fait partie de la sélection officielle pour le festival de la Bande Dessinée d’Angoulême, et ce n'est pas un hasard. La thématique abordée rejoint en quelque sorte celle de Spiegelman dans Maus à savoir le rapport des Juifs avec le drame de la seconde guerre mondiale. Mais ici il ne s'agit pas de transmettre l'horreur de la Shoa à son fils. Régina Segal, dont le père a dû vendre en toute hâte l'appartement familial au moment de la guerre revient sur les traces de son passé en Compagnie de sa petite fille avec laquelle elle vit en Israël, pour tenter de récupérer ledit appartement. Elle retrouvera bien cet appartement, mais il est désormais habité par une personne qui a compté dans sa vie. Le passé lointain va alors resurgir et sa petite fille fera office de confidente. Rutu Modan qui est une dessinatrice Israélienne nous livre là une jolie histoire sur le retour au passé et le drame de ceux qui ont du tout quitté précipitamment pour échapper au regroupement programmé par les Allemands de la communauté juive dans le ghetto de Varsovie. Le récit est aussi celui sur la transmission du passé aux nouvelles générations et le rapport de celles-ci avec les évènements dramatiques du passé. Le dessin est proche de celui de la ligne claire, très agréable à regarder. Une belle histoire qui mérite d'être lue et qui ravira les amateurs de cette période d'histoire.
Clin d'oeil
Serge Ernst arrive dans le journal Tintin en 1975 avec sa rubrique Clin d'oeil ; j'ai tout de suite été fan. Comme pour Mordillo et Serre, ce n'est pas de la BD traditionnelle, plus proche du dessin humoristique, mais comme certains gags étaient construits soit en pleine page, soit en 2 ou 3 grandes cases faisant la hauteur de page, ça peut aussi se rapprocher de la BD. Ce qui est très bon dans ces gags, c'est non seulement la débordante imagination de Ernst, car il y a eu matière à 8 albums quand même, mais surtout la variété dans les différents types d'humour : le gag peut traiter de l'humour noir, comme il peut aborder un absurde bon teint, ou encore approcher un humour plus basique ; le tout est enrubanné d'une certaine poésie qui donne un charme étrange à ces pages. Ca peut avoir quelques points communs avec les thèmes de Mordillo, mais c'est suffisamment original pour mériter une attention ; la lecture est rapide comme pour tout dessin d'humour, mais là aussi, comme chez Mordillo, on y revient car c'est un régal pour les yeux de scruter chaque dessin pour détailler les petits personnages ronds, les éléments de décor, le jeu des couleurs dans des gammes de vert, de bleu, de rose.... Un dessin soigné, précis avec un humour qui fait mouche à tous les coups. Un album ou deux, c'est un remède contre la morosité.
Durango
Avis pour le triptyque (tome 14, 15, 16) Durango est cette fois-ci entre les mains de Thierry Girod en ce qui concerne les graphismes et franchement, je dois dire que c’est du très bon travail. Le changement n’a pas été agressif, on reconnaît bien notre cow-boy. Les décors de l’Ouest, les trognes des ennemis ainsi que les couleurs sont remarquables et dans l’esprit de Swolfs. Durango a évolué, on le sent plus désabusé, impitoyable que jamais et ça peut se comprendre vu ce qui lui est arrivé (voir sa relation avec l'héritière tome 12). La vengeance sera terrible et loin de tout repos face à un adversaire charismatique sans scrupules, capitaliste, que rien n’arrête dans sa soif de pouvoir. Encore une fois, je me suis délecté à la lecture des dialogues, spécialement ceux en voix-off très psychologique et des nombreuses scènes d’action qui prouvent bien que la série reste une incontournable du style « Western » L’histoire du dernier tome est plus dense (corruption, magouille,...) et demandera plus d’attention que les deux précédents albums. Je serai présent pour d’autres aventures en espérant qu’il y en aura d’autres. Ps: Toute la série est à lire sans modération.
Animal'z (Coup de sang)
J’ai eu un peu de mal à entrer dans cette production d’Enki Bilal, dont le scénario me paraissait au premier abord moins prenant que Nikopol ou Le Sommeil du Monstre. De plus il a fallu que je me fasse à cette quasi monochromie, toute en nuance de gris bleuté, où je ne retrouvais pas ce bleu éclairé de rouges et de gris des albums précédents, avec une palette graphique plus large. Mais, finalement, j’ai trouvé cet album très intéressant, très poétique. Les survivants, dans un monde post apocalyptique, ressemblent aux créatures précédentes de Bilal, souvent adepte de l’hybridation (voir sa dernière exposition « Mecanhumanimal »). On est ici souvent proche d’un surréalisme onirique (et pas seulement au niveau des images. C’est aussi le cas de ce mystérieux duel dont la cause ne nous sera pas dévoilée). Etonnant d’ailleurs qu’aucun auteur surréaliste ne soit cité par les protagonistes, alors qu’il y a ici profusion de citations littéraires (qui me touchent toutes d’ailleurs). Visuellement, si cela diffère des œuvres précédentes, c’est encore une fois énorme, une bonne claque (à force de lire Bilal, j’en ai les joues rouges !).
Le Sommeil du Monstre
Le premier tome est monstrueux (sic) ! C'est-à-dire absolument génial je trouve (c’est essentiellement lui qui justifie mon coup de cœur). C’est d’ailleurs probablement mon album préféré de Bilal. Une claque visuelle d’abord. Le chef d’œuvre de Bilal sur ce point. Certaines planches, où quelques taches de rouge illuminent un bleu intense, m’ont fait penser à certains tableaux de Miro (en particulier la très belle trilogie « Bleu »). Et, même si le scénario est parfois alambiqué, il est globalement au diapason du dessin : dans l’utilisation du compte à rebours remontant le temps jusqu’à la naissance des personnages principaux en parallèle de leurs aventures, mais aussi dans le découpage/ télescopage des trajectoires de ces trois héros. Bilal part ici du traumatisme qu’a été pour lui – et pour d’autres – la désintégration de la Yougoslavie et la guerre civile qui l’a accompagnée, où les fanatismes qui se sont exprimés trouvent leur allégorie dans cet album. C’est aussi un très beau travail sur la mémoire. Un chef d’œuvre absolu, cultissime !!! Il aurait pu n’être qu’un one shot à 6 étoiles… C’est donc le souffle coupé qu’on ouvre la suite. Et je me fais là un peu la même réflexion que pour la trilogie Nikopol, c'est-à-dire que Bilal a du mal à garder le rythme sur des projets trop longs. Mais ne chipotons pas trop, ce deuxième tome (de ce qui n’était encore qu’une trilogie !) est encore très bon (facilement 4 étoiles). Mais entretemps, complications diverses, changement d’éditeur et de scénario visiblement, car la trilogie est devenue une tétralogie. Et je pense que le scénario aurait vraiment gagné à être resserré, et que ces deux derniers tomes, sans être totalement inutiles, ne sont plus à la hauteur du tome inaugural. Pas forcément au niveau graphique (quoi que), mais surtout au niveau du scénario, clairement moins inspiré pour le troisième tome. Plus laborieux, moins créatif, moins de souffle, on est moins porté par l’histoire, c’est clair. Contrairement à l’intrigue qu’on a aussi plus de mal à suivre. Le quatrième et dernier tome donne quelques clés, et en tout cas possède un scénario plus facilement lisible que le précédent. On en a fini avec la plongée dans la mémoire et le cauchemar de Bilal, qui a semblé exorciser avec ce « Sommeil du monstre » l’éclatement sanglant de l’ex-Yougoslavie (voir les mouches, omniprésentes dans cette série comme sur les charniers de l’histoire). Du coup difficile de noter l’ensemble, clairement inégal. J’ai opté pour un quatre étoiles tout de même, pour ce premier tome surtout, qu’il faut absolument regarder, lire, pour se rendre compte de ce qu’est un chef d’œuvre du neuvième art. Et qui permet de découvrir Bilal à l’apogée de son travail. Note réelle 4,5/5.
Mémoires d'outre-espace
Je trouve que cet ensemble d’histoires est une excellente entrée en matière pour découvrir l’œuvre d’Enki Bilal. C’est un regroupement disparate d’histoires courtes, de science fiction, mais avec un côté humoristique appuyé. Et tous les types d’humour sont ici utilisés, qu’il soit con, absurde, ou noir… Différentes, ces histoires m’ont toutes plu, exception faite de la dernière, que je n’ai pas trouvé assez tranchante, qui aurait peut-être gagné à être plus concise. En tout cas, dans un univers parfois proche de ce que faisait Moebius au même moment, Bilal commence à mettre en place un dessin, certains décors, que l’on retrouvera dans le chef d’œuvre de la maturité qu’est la trilogie Nikopol. Comme pour Nikopol d’ailleurs, et de manière plus subtile et intéressante que dans ses collaborations avec Christin, on retrouve dans beaucoup de ces histoires un arrière plan politique (d’ailleurs deux personnages ont le visage de Valery Giscard d’Estaing…).
Travis
Impossible de parler de Travis sans faire un parallèle avec Carmen Mc Callum tellement ces séries sont complémentaires et possèdent de grandes similitudes : même scénariste ; même découpage d'histoire en arcs ; l'action se déroule à la même époque (vers 2050) ; on y retrouve parfois les même ennemis ; et enfin les personnages principaux subissent en gros la même évolution ; au début ils oeuvrent principalement sans état d'âme pour une quelconque organisation pour en arriver à mener une vendetta pour leur propre compte. Bien sûr dans les deux séries ce qui prime avant tout reste l'action pure et dure ; que ce soit dans l'espace, sur terre ou dans un monde virtuel ça va à deux cent à l'heure et on n'a jamais le temps de s'ennuyer. Quoique dans le cas de Travis les scénarios semblent un poil plus élaborés que ceux de son homologue féminin. De plus, on sent que l'auteur maitrise parfaitement l'univers de la science fiction et qu'il prend du plaisir à faire évoluer ses personnages dans ce monde si particulier. Les sujets abordés sont étroitement similaires avec les problèmes actuels de notre société et les terroristes, même s'ils agissent pour le bien de leur propre cause, sont souvent les pantins involontaires de multinationales qui tirent les ficelles dans l'ombre. Ainsi l'auteur réussi à glisser une critique à peine masquée de ces grands groupes sans scrupules aux agissements plus que discutables. Contrairement au personnage de Carmen qui peut sembler antipathique et froid, celui de Travis fait bien plus chaleureux car rien que physiquement il dégage une sorte de bonhomie qui le rend bien plus attachant. De plus il est fort appréciable de voir une nette évolution de certains personnages secondaires qui feront équipe avec le héros et vont prendre une place de plus en plus importante au fil des différentes histoires de la série. Enfin, je trouve les dessins encore mieux réussis que ceux de Carmen et, quelque part, ils m'ont un peu fait penser à ceux de la série Sillage. Juste un petit bémol concernant certains albums qui bénéficient d'une colorisation beaucoup trop appuyée à mon goût (tomes 6, 2 et 10). Bref, une série de science fiction survitaminée très divertissante dont on sent que l'auteur maitrise à merveille le sujet ; dommage que parfois la colorisation laisse à désirer.
Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait ses chaussettes ?
Une très belle lecture pour moi ! "Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait...", c'est l'histoire d'une maman qui s'occupe de son fils de 43 ans, devenu handicapé après un accident de voiture. Dis comme ça, c'est pas très gai ! Effectivement ce ne l'est pas, mais ce qui est beau, ce sont les sentiments qui transpirent de cette BD : l'amour et la dévotion que porte cette maman à son fils, quoiqu'il arrive. Le récit est surprenant, une série de petites histoires de quelques pages qui racontent des tranches de vie de cette maman et de son fils. Ça rend le récit plus léger. Ça permet aussi aux auteurs de distiller habillement un peu le passé et comment on en est arrivé là. Pas la peine d'en faire des tartines, c'est une histoire touchante, servie par un très beau dessin. Lisez le ;) (Par contre, j'ai pas saisi l'allusion au titre, si quelqu'un peu m'éclairer)