Les derniers avis (31979 avis)

Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série La Brigade du rail
La Brigade du rail

Note : 3,5/5 D'ordinaire, je n'aime pas trop les polars, encore moins les polars français, mais cela ne m'a pas empêché de trouver que cette série frôlait le franchement bien. Il y a d'abord son originalité de prendre pour héros la police du rail, même si le héros principal vient de la criminelle en ce qui le concerne. On sent un véritable intérêt pour le monde ferroviaire et une envie de parler aux passionnés du thème. L'abondance de détails techniques, de noms de trains, de locomotives et d'anecdotes précises est presque surprenante mais on s'y fait et, moi qui ne m'intéresse pas du tout au monde du rail, je trouve ça assez amusant au final. Il y a ensuite cette mise en scène réussie de l'ambiance des années 50 et 60 en France. Sans être vieillot, on se sent bien transporté à l'époque. C'est à la fois vivant et intéressant. Tout cela est mis en image de belle manière, dans un trait réaliste mais fluide et à la narration claire. Et puis, selon les albums, les auteurs nous permettent de visiter de manière plutôt agréable les différentes régions de France où se déroulent les enquêtes. En ce qui concerne ces dernières, elles sont intéressantes et bien menées. Les personnages sont assez sympathiques, avec un héros principal moderne pour l'époque avec son air débraillé, son t-shirt et son blouson noir contrastant avec le côté moustachu à la Hercule Poirot de son collègue. Là où le bât blesse, c'est que le rythme de ces investigations est un peu inégal. Parfois on est complètement pris dans l'histoire, d'autres fois ça stagne un peu et on ne s'attache que moyennement aux agissements du héros. Bref, il en faudrait peu pour que je trouve cette série franchement bien mais je n'arrive pas à y accrocher totalement.

29/02/2016 (modifier)
Par SkAmby
Note: 4/5
Couverture de la série Yakuza Moon - La véritable histoire d’une fille de gangster
Yakuza Moon - La véritable histoire d’une fille de gangster

L'avis précédent m'a donné très envie de lire ce manga. Et je ne regrette pas cette lecture. Effectivement, concernant le dessin, on est loin des grands comme Ottomo et Usawara mais cela reste très lisible. Le récit est assez fluide et on se laisse facilement et rapidement happé à la lecture de cette autobiographie. L'histoire vaut clairement le détour. On découvre la vie d'une fille de yakuza, une petite fille qui essaie de grandir, de devenir une femme. On se rend compte à quel point l'univers des clans yakuza est imprégné de violence et de sexisme. Les nombreuses dérives que cela peut amener dans une éducation : violence, adultères, etc. Un modèle compliqué pour grandir. On retrouve beaucoup d'images violentes, pas forcement physiques. L'utilisation de drogues contre sa volonté, une dépendance qui s'installe... Il y a une vraie violence psychologique, une vraie souffrance. Certaines scènes sont vraiment sordides (public averti). Pas facile lorsque ses propres repères ont été inculquées par une famille dont le père est un yakuza. Comment se sortir d'un univers dans lequel on baigne depuis sa plus tendre enfance ? Ce livre retrace simplement la vie difficile de Shoko Tendo. Le petit plus que j'ai apprécié, dans cette édition le sens de lecture est occidental. Cela peut permettre à ceux que le sens de lecture original rebute, d'apprécier enfin un manga. Je conseille l'achat uniquement pour ceux qui sont intrigués par l'univers des yakuzas et ceux qui apprécient les romans graphique. Pas de SF, ni de fantasy dans cet ouvrage.

29/02/2016 (modifier)
Par Pasukare
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Vieux Fourneaux
Les Vieux Fourneaux

Cette fois c’est sûr et je le répète haut et fort (et gras) : mon scénariste préféré en BD est Wilfried Lupano ! Une fois encore, et après de jolies pépites et autres séries cultes comme, entre autres, Alim le tanneur, Le Droit Chemin, Ma révérence, Le Singe de Hartlepool ou L'Assassin qu'elle mérite, Lupano signe ici un scénario drôle et bien ficelé mettant en scène des personnages grandes gueules et attachants dont la vie trépidante ne connait pas le repos, physique ou psychologique. Les vieux fourneaux ce sont trois « séniors » pas du tout rangés, qui se retrouvent au début de la série à la triste occasion de l’enterrement de la femme de l’un d’eux. Cette dernière a laissé à son mari une lettre à n’ouvrir, chez le notaire, qu’après sa mort… Et pour cause, la révélation qui y est faite est un vrai coup de tonnerre qui va bouleverser bien des certitudes. Aux côtés de nos trois vieux, on trouve la jeune Sophie (enceinte jusqu’aux yeux au début du tome 1), petite fille d’un des trois compères, qui ne fera pas mentir le dicton « les chiens ne font pas des chats ». Cette dernière a tout quitté pour revenir aux sources, et va se retrouver mêlée à l’aventure en y apportant sa lucidité, sa raison et son franc parler (mention spéciale pour les épisodes « boulangerie » ou la rencontre avec le groupe de vieux promus « pire génération de l’histoire de l’humanité »). Au dessin, Cauuet illustre admirablement le scénario du sieur Lupano avec un style qui colle parfaitement à l’ambiance : très expressif, très coloré, très dynamique. J’aime beaucoup également les sauts dans le passé qui nous montrent la jeunesse de nos vieux briscards, tout aussi animée que leur vie actuelle d’ailleurs. Une série à ne louper sous aucun prétexte !

29/02/2016 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Outcast
Outcast

C’est avec une grande joie que je retrouve l’auteur de Walking Dead dont je suis le plus grand fan aussi bien du comics que de la série TV. C’est toujours une certaine appréhension de voir s’il va faire mieux. Pour l’instant, à ce stade de lecture, il est encore trop tôt pour le dire. Cependant, il semble être ravi par les chiffres de vente qui laissent espérer le meilleur. J’avoue avoir eu beaucoup de mal au début mais je me suis accroché quitte à relire les pages en arrière afin de tout comprendre et ne rien mélanger. J’ai fait un effort que je n’aurais sans doute pas fait si on ne sentait pas quelque chose de plus élevé que la moyenne. On retrouve la même humanité dans les personnages qui ont réellement de la consistance. Et pour une fois, on est dans un domaine plus crédible que celui d’un monde envahi par les morts vivants. Il est question d’exorcisme et de lutte contre nos démons intérieurs. Ce n’est pour l’instant pas trop flippant car les démons ne sont que des taches noires. Pour autant, on sent que la tension monte progressivement. Au final, c’est un récit assez prenant et on a hâte de voir la suite et ce que cela va donner. Il faut dire qu’on nous indique déjà dans la préface que cela va avoir des conséquences apocalyptiques. Bigre ! On en est encore loin.

29/02/2016 (modifier)
Par bab
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Eté Diabolik
L'Eté Diabolik

Le festival d'Angoulême a ses défauts, mais aussi ses qualités, dont une des moindres est de me faire découvrir des pépites de lectures comme cet "Eté Diabolik". Ce petit roman graphique est super bien ficelé au scénario. C'est plein de références (que les auteurs ont choisis de présenter en fin d'ouvrage), le rythme est parfaitement maitrisé, et pour un polar c'est important. Les informations sont données juste comme il faut, et le tout déroule une histoire haletante qui nous tient en haleine jusqu'aux dernières pages. Au dessin, j'ai trouvé ça très bien fait. Ce style un peu retro moderne insuffle une ambiance particulière à cette histoire sur fond d'espionnage. Les couleurs vives apportent une lumière particulière, contre point parfait d'un récit dur et sombre. A lire sans hésitation.

29/02/2016 (modifier)
Par Pierig
Note: 4/5
Couverture de la série Mauvais genre
Mauvais genre

Que ne ferait-on pas pour échapper aux affres de la Grande Guerre : Se tirer une balle dans la main ou … se travestir en femme ! C’est ce qui arriva à Paul. Oui mais voilà, quand la guerre prend fin, Paul ne peut reprendre sa physionomie d’avant car les déserteurs ne sont pas encore amnistiés (il faudra attendre 10 ans pour cela). Et puis, Paul n’en a pas trop envie non plus, il y a pris goût et son personnage aux talons hauts lui permet de faire des rencontres qu’il n’aurait pu faire autrement. Finalement, la grande guerre n’est qu’un prétexte, un élément déclencheur, qui permet à Paul de se découvrir. Et c’est ce cheminement qui nous est conté de manière habile. Car, du personnage emblématique, je ne connaissais rien, et encore moins de son destin tragique. Et le récit se la joue finement en alternant bribes d’un procès et les avatars de Paul en robe. L’ambiguïté du personnage, déjà pressentie avec le titre, est perceptible tout au long du récit. Côté dessin, la touche féminine est bien présente avec un trait plein de grâce et de légèreté. La colorisation apporte une identité visuelle forte avec ces touches de rouge qui rappellent à la fois le sang versé dans les tranchées et la passion amoureuse. A lire !

29/02/2016 (modifier)
Couverture de la série Santiago
Santiago

Depuis The world is yaourt, B-Gnet a développé une œuvre comportant pour chaque opus une dose plus ou moins importante d’humour con et/ou d’absurde. Je crois posséder tous ses délires imprimés et, si je ne trouve pas toujours ça génial, j’ai quand même un faible pour son univers déjanté. Il faut dire que j’apprécie particulièrement ce genre d’humour. B-Gnet s’était déjà essayé au western dans Old Skull, mais dans une version totalement absurde et nonsensique. Ici, on est plus dans l’humour très con, mais pas forcément dans l’absurde. Si certains clichés du western sont utilisés, retournés, détournés, les courtes historiettes qui se suivent constituent une histoire cohérente. Encore que, cohérente… Des clins d’œil au western donc, mais aussi à d’autres « mythes » (comme « La petite maison dans la prairie » détournée dans quelques scènes très drôles, ou les gags autour du titre « On achève bien les chevaux »). La chute final est aussi bien trouvée. Santiago est le chef d’une bande de malfrat, des pilleurs de banque, des bandits de l’ouest. Autour de ce chef, trois gus et une femme. Voilà ce qui terrorise le Sud-Ouest des Etats-Unis ! Une équipe de bras cassés qui arrive à faire peur à des mouches, des desperados désespérants, pour de rire. Si le personnage principal, qui a de vagues airs du Che avec son chapeau portant étoile, est bien Santiago (il faut bien justifier le titre, bordel !), il partage la vedette comme anti-héros de la lose avec l’un de ses compagnons, Pablo (une sorte de mélange du sergent Garcia et de Pancho, le fidèle compagnon de Jerry Spring). Si vous êtes réceptif à ce genre d’humour, alors n’hésitez pas à vous plonger dans ce western du pauvre, qui nous montre des Indiens sous un jour que même Hollywood au temps de leur réhabilitation n’avait pas essayé. Note réelle 3,5/5.

29/02/2016 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Trashed
Trashed

J’accroche vraiment aux histoires de Derf. J’avais déjà beaucoup aimé Mon ami Dahmer (son best-seller) et Punk Rock et mobile homes… « Trashed » ne déçoit pas, et reprend un peu la même recette : une histoire s’intéressant à un sujet politico-social important (le ramassage et le recyclage des déchets), avec une histoire qui ne se prend pas trop au sérieux, et une galerie de personnages déjantés. Derf s’est clairement documenté (il cite ses sources en fin d’album), et on en apprend énormément sur le système de collection des déchets, actuel mais aussi passé, sur le coût et l’efficacité du recyclage, etc… alors certes la plupart des informations fournies concernent le système américain, mais cela reste diablement intéressant. Il y a aussi une réflexion pertinente sur la société de consommation et l’obsolescence programmée… tout un programme ! La trame narrative principale suit le quotidien d’une équipe d’éboueurs dans une petite bourgade : déchets dégelasses ou trop lourds, résidents chiants, météo affreuse… ils en voient vraiment de toutes les couleurs… et dire que la plupart des anecdotes sont inspirées de faits réels, l’auteur ayant vraiment travaillé comme éboueur de sans jeunesse. Les différents protagonistes sont pour le moins haut en couleurs, à commencer par Magee, qui m’a beaucoup fait rire… quelle brochette de tarés ! Un excellent moment de lecteur, et un album recommandable.

28/02/2016 (modifier)
Couverture de la série Le Grand Scandale
Le Grand Scandale

J’ai beaucoup apprécié ce thriller. L’idée de départ est assez sympa : le dessinateur Al Jackson est embauché par des gens plus ou moins louches pour, au final, faire passer des dénonciations politiques (notamment révéler des affaires de corruption) dans des strips de bande dessinée assez légers, racontant les histoires d’une « petite bonne femme aux gros lolos », adjointe du District Attorney. Évidemment, cela ne va pas plaire à tout le monde, et Al va devoir fuir de ville en ville, tout en essayant de comprendre exactement qui sont ses commanditaires et de se sortir du pétrin dans lequel il s’est fourré, tout en gérant ses relations compliquées avec son garde du corps / surveillant Aldo et sa petite amie et modèle Bernice, qui n'est sans doute pas l'innocence incarnée. Godard et Ribeira (plus connus pour leur série Le Vagabond des Limbes, dont il faut avoir lu au moins les 12 premiers tomes) savent très bien raconter une histoire. Le type du héros un peu dépassé par les événements, qui s’intègre bien à une atmosphère à la frontière entre le polar mélancolique et le thriller politique, fonctionne parfaitement, au point que le côté un peu répétitif de sa fuite ne m’a finalement pas dérangé. L’énorme défaut de cette série, c’est qu’elle n’a pas de fin, et n’en aura sans doute jamais. À la fin du tome 4, on nous annonce un tome 5, intitulé « Québec » qui n’est hélas jamais sorti… Quel dommage. Si je ne recommande pas l'achat, c'est bien sûr pour cette raison. Au Père Noël, je demanderais bien que les auteurs nous concoctent un dernier tome qui dénoue tous les derniers fils de l’intrigue et donne à cette série, injustement oubliée, le dénouement qu’elle méritait.

28/02/2016 (modifier)
Par KanKr
Note: 4/5
Couverture de la série Le Fantôme de Gaudi
Le Fantôme de Gaudi

Gaudí, l’œuvre sanglante ! Lorsque l'on parle de Barcelone, on pense forcément à Antoni Gaudí tant il a laissé son empreinte sur la ville, mais aussi sur les rails de son tramway. C'est à ce tragique événement, qui mit fin à son existence, qu'El Torres et Jesús Alonso Iglesias font référence à l’entame de leur récit. Le Fantôme de Gaudí débute avec le sauvetage d'un vieillard, dont l'impact avec une voiture est imminent, par une jeune caissière nommée Antonia. Un prénom qui n'est pas sans suggérer celui de son homologue masculin. Alors que les autorités ne trouvent aucune trace de l'homme, celle que l'on surnomme Tony, se réveillant à l’hôpital, apprend que l'accident s'est déroulé à l'endroit même où est mort le célèbre architecte. Elle est, dès lors, embarquée dans une funèbre enquête au centre de l’œuvre de Gaudí. Suivant plus ou moins volontairement la piste spectrale du maître, elle devient témoin de meurtres atroces par leur mise en scène. Chose étrange, les crimes sont toujours commis au sein d’édifices réalisés par Gaudí. Le premier a lieu à la Casa Vicens où un inconnu est retrouvé attaché à une fenêtre, les intestins répandus sur le sol et le corps gravé d'une obscure inscription : Sol Solet... Voici une troublante instruction qui s'annonce, menée par l’inspecteur de police Tondu, dit « Le chauve » qui suit les cadavres semés à travers la ville jusqu'à la Sagrada Familia. Ce récit, divisé en chapitres, liés chacun à un endroit précis de Barcelone, est l'occasion d'une visite de l’œuvre d'un artiste aux créations démentes. Le lecteur est un touriste largué au cœur de l'art nouveau, relevant au fur et à mesure les indices historiques disséminés par les auteurs. L'intrigue développée par El Torres, bien que classique, fonctionne. Si certaines zones d'ombre persistent concernant notamment le dessein de l'assassin ou le passé des protagonistes, dont la biographie n'est qu'effleurée, on se laisse entraîner dans les traces de l'héroïne. Ici, l'évocation des structures sorties de la tête de Gaudí prend rapidement le pas sur le scénario et l'on sent que l'investigation policière est prétexte à une errance dans l'univers gaudiesque. Ce sentiment est vite renforcé par le dessin de Jesús Alonso Iglesias. Des couleurs vives aux personnages expressifs, servis par un trait dynamique, tout est sujet à rendre hommage à l'architecte. Le dessinateur saisit la ville et ses monuments dans un style semi-réaliste d'une grande richesse, nous offrant quelques cases aux allures de souvenirs photographiques. Si ce voyage à travers la métropole espagnole touchera sans doute plus par l'illustration que par l'histoire, cette visite macabre de Barcelone ne demeure cependant pas inintéressante ! KanKr

27/02/2016 (modifier)