Le Grand Scandale

Note: 3.25/5
(3.25/5 pour 4 avis)

Al Jackson était un jeune homme sans grand talent pendant sa scolarité. Son seul atout, son style graphique qui lui valut une place dans le journal de l’université et finalement son diplôme. Mais pourquoi tant de facilités ?


Auteurs espagnols Christian Godard Profession : bédéiste Séries hélas abandonnées

Al Jackson était un jeune homme sans grand talent pendant sa scolarité. Son seul atout, son style graphique qui lui valut une place dans le journal de l’université et finalement son diplôme. Mais pourquoi tant de facilités ? Eh bien cet immense bonhomme use de son art comme un moyen de pression, de dénonciation ou bien de protestation. En dessinant déjà les jeunes filles dénudées sur les murs de la cité U, il s’en attirait les avantages, puis sa pratique dérive et s’attaque aux personnes plus publiques comme les professeurs ou les notoires de la ville. Mais cela ne rapporte finalement pas beaucoup et après un tour d’Europe vraiment dépensier et un retour à la promiscuité, on lui propose un contrat alléchant : présenter dans des histoires pseudo érotiques, des secrets d’états vraiment compromettants. Notre héros va signer sans mesurer vraiment les conséquences de se décision sur son avenir…

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 1994
Statut histoire Série abandonnée (un 5e tome était prévu) 4 tomes parus
Couverture de la série Le Grand Scandale
Les notes (4)
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03/10/2009 | Ro
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L'avatar du posteur Noirdésir

Le dessin de Ribéra est dynamique, même si je n’en suis pas fan (quelques facilités). En tout cas le héros – à son corps défendant ! – de cette série est loin des XIII ou Largo Winch, une sorte de grand échalas ballotté par les événements, les femmes, et toute une série de mafieux, truands et autres personnages douteux. C’est la petite originalité de la série de choisir une sorte d’anti-héros, Al Jackson, bédéiste choisi par un mystérieux commanditaire pour dévoiler dans un comix une longue série de scandales touchant le monde politique et médiatique. Il faut par contre passer outre le caractère improbable de ce commanditaire, qui semble tout contrôler (ses hommes arrivent toujours à brûle pourpoint pour sauver la situation – et Al au passage), et il dépense des sommes dingues pour obtenir la parution de ses dossiers – par un moyen étonnant : ne pourrait-il pas le faire à moindre frais et de manière plus directe en envoyant ces dossiers à des grands journaux (Washington Post ou autres) ? Toujours est-il que le premier album se laisse lire facilement. Par contre, l’intérêt décline par la suite. Il est vrai que chaque album – généralement débutant par un flash-back – est bâti un peu sur le même modèle, Al cherchant à fuir (son commanditaire, des tueurs), et se trouvant finalement contraint de pondre un nouvel épisode de son comix, bourré de révélations (seul le décor final change, avec une nouvelle ville : Godard choisit à chaque fois une ville célèbre et emblématique des Etats-Unis, sauf pour le dernier tome non paru, qui devait se conclure à Québec). Cela se répète, sans trop se renouveler, avec un rythme qui, malgré quelques montées de tension, n’est pas toujours trépidant. Par ailleurs, le cinquième tome annoncé n’ayant visiblement jamais paru, nous n’aurons jamais le fin mot de l’histoire. C’est à croire que Godard lui-même n’avait pas su trouver une fin « crédible » à une intrigue qui ne l’était déjà pas complètement…

18/05/2018 (modifier)

J’ai beaucoup apprécié ce thriller. L’idée de départ est assez sympa : le dessinateur Al Jackson est embauché par des gens plus ou moins louches pour, au final, faire passer des dénonciations politiques (notamment révéler des affaires de corruption) dans des strips de bande dessinée assez légers, racontant les histoires d’une « petite bonne femme aux gros lolos », adjointe du District Attorney. Évidemment, cela ne va pas plaire à tout le monde, et Al va devoir fuir de ville en ville, tout en essayant de comprendre exactement qui sont ses commanditaires et de se sortir du pétrin dans lequel il s’est fourré, tout en gérant ses relations compliquées avec son garde du corps / surveillant Aldo et sa petite amie et modèle Bernice, qui n'est sans doute pas l'innocence incarnée. Godard et Ribeira (plus connus pour leur série Le Vagabond des Limbes, dont il faut avoir lu au moins les 12 premiers tomes) savent très bien raconter une histoire. Le type du héros un peu dépassé par les événements, qui s’intègre bien à une atmosphère à la frontière entre le polar mélancolique et le thriller politique, fonctionne parfaitement, au point que le côté un peu répétitif de sa fuite ne m’a finalement pas dérangé. L’énorme défaut de cette série, c’est qu’elle n’a pas de fin, et n’en aura sans doute jamais. À la fin du tome 4, on nous annonce un tome 5, intitulé « Québec » qui n’est hélas jamais sorti… Quel dommage. Si je ne recommande pas l'achat, c'est bien sûr pour cette raison. Au Père Noël, je demanderais bien que les auteurs nous concoctent un dernier tome qui dénoue tous les derniers fils de l’intrigue et donne à cette série, injustement oubliée, le dénouement qu’elle méritait.

28/02/2016 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

3.5 Un polar méconnu qui mériterait plus de succès. L'intrigue est bien ficelée (même si certaines choses ne sont pas très crédibles comme le dit si bien Ro) et j'ai pris du plaisir à lire les aventures de ce pauvre auteur de comics embarqué bien malgré lui dans une drôle d'histoire. J'avoue toutefois que quelques moments de cette série m'ont moins captivé et qu'en lisant le dernier tome j'étais moins enthousiasmé dans ma lecture qu'au début. Il faut dire que pendant la moitié du récit Al et ses copains passent leur temps à fuir et à changer de ville pour ne pas se faire tuer. À la longue, ça devient un peu répétitif, mais Godard sait comment rendre ses histoires intéressantes donc ça ne m'a pas tellement ennuyé. Le dessin est très beau et crée une atmosphère qui va parfaitement avec le scénario.

17/10/2010 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

J'apprécie ce couple d'auteurs, Godard et Ribera, essentiellement pour leur grande oeuvre, Le Vagabond des Limbes. Mais j'avoue que le style de dessin si spécial de Ribera m'a également attiré vers d'autres de ses oeuvres qui, sans me plaire autant, ont su me charmer par leur originalité. J'étais donc curieux de découvrir "le Grand Scandale" autre série de ces deux auteurs. Il s'agit d'un polar dans la pure veine. Sa véritable particularité est de prendre pour héros un auteur de comics et de faire tourner toute l'intrigue autour de son art et de planches compromettantes qu'il a produites et qui lui valent bien des soucis. C'est ainsi que durant le premier tome on découvre la jeunesse de cet auteur, comment il a développé son art, comment quelqu'un de très puissant et mystérieux s'est intéressé à lui, lui a offert un pont d'or pour s'installer à New York, l'a fait former par les plus grands auteurs, lui a fourni de quoi publier dans le journal le plus lu et l'a finalement piégé en se servant de lui pour dénoncer les plus puissants représentants du gouvernement. Le héros se retrouve traqué du jour au lendemain et la suite de sa vie et de la série n'est donc plus qu'une longue fuite aux quatre coins des USA, avec de nouveaux lieux, de nouvelles rencontres et de nouveaux dangers à chaque étape. J'ai aimé le style particulier de ce polar, cet anti-héros moche et dégingandé qui a eu le toupet de mettre le doigt où il ne fallait pas. Les histoires sont bien menées et agréables à lire à mon goût, même si cela manque de rythme et rebutera probablement certains lecteurs. J'ai juste du mal avec le fond de l'intrigue en elle-même. Qu'un mystérieux bonhomme mette autant d'argent pour héberger, former et piéger un petit auteur de comics pour faire tomber un gouvernement avec des planches de BD, alors qu'il lui aurait suffi de transmettre aux journaux les documents qu'il avait en main ou d'utiliser un auteur de BD déjà confirmé... Ce n'est pas crédible. C'est dommage car c'est tellement plaisant de voir pour une fois un auteur de BD avoir le rôle du héros d'un polar. Et puis finalement, passé le premier tome, les tomes de fuite qui suivent ne m'ont pas trop captivé. Du coup, j'ai du mal à en conseiller l'achat, mais la lecture, pour peu que, comme moi, vous aimiez le style de Godard et Ribera, pourquoi pas ?

03/10/2009 (modifier)