Les derniers avis (31979 avis)

Couverture de la série Churubusco
Churubusco

Les éditions Rackham publient là un bel album d’un auteur italien que je ne connaissais pas. J’ai trouvé très belle la couverture et, malgré une petite difficulté à entrer dedans, le style graphique de Ferraris. C’est un dessin en Noir et Blanc avec un rendu proche de la gravure. Le dessin, lui, ressemble un peu à celui d’autres auteurs italien (Gippi ; Reviati), mais avec un trait plus gras. L’histoire qui a inspiré cet album, pas très connue, se déroule lors de la guerre entre les Etats-Unis et le Mexique, en 1847. Après quelques provocations, les USA s’attaquent au Mexique pour s’emparer de territoires et avoir accès au Pacifique. Pour cela, ils enrôlent de pauvres émigrants européens, leur promettant nationalité et terres. Parmi ces émigrants, des « catholiques », surtout Irlandais (d’où la préface de Paddy Moloney, leader du groupe des Chieftains, qui avaient déjà chanté cette page d’histoire irlandaise), mais aussi quelques Italiens, en bute aux brimades de la majorité protestante. Mais, rapidement, une partie de ces catholiques (surtout des Irlandais) vont se mutiner et rejoindre le camp mexicain : ce sera le bataillon San Patricio. Hélas pour eux, les San Patricios seront vite écrasés. C’est par ce massacre, suivi d’un long flash-back, que s’ouvre l’album (Andréa Ferraris ayant choisi comme personnage principal un Italien). Ferraris a choisi d’aborder le sujet de l’extérieur, sans trop développer la partie historique (mais un petit dossier en fin d’album permet d’en savoir plus) ni la personnalité des protagonistes. C’est un peu dommage, mais cela rend peut-être la lecture plus fluide : elle est même très rapide, malgré les quelques 200 pages, car peu de dialogues. Comme pour les massacres d’Indiens ou l’écrasement des révoltes ouvrières traités abondamment par de multiples auteurs, Ferraris a choisi de montrer la violence sur laquelle s’est bâti cet immense Etat, et la triste fin de ceux qui avaient une autre idée de la liberté et de l’égalité des droits. Cet album traite d’un épisode assez méconnu, et très rarement développé en bande dessinée. Il ne l’avait déjà été à ma connaissance que dans l’une des quatre histoires de La Mort de l'indien (moins développé, mais avec un dessin plus réaliste). C’est en tout cas un album très recommandable, dans une très belle édition (couverture et papier épais). Note réelle 3,5/5.

27/02/2016 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Le Lama blanc
Le Lama blanc

Pas toute jeune cette série mais à sa manière elle a marqué l'esprit des lecteurs de l'époque de sa sortie. Comment dire ? C'était un temps où Jodorowsky réussissait à nous étonner dans le bon sens du terme. Je veux dire par là qu'il n'utilisait pas encore tous les artifices à connotations religieuses, ésotériques ou à tendance freudienne dont il a par la suite abondamment usé. Certes, comme dans toute son œuvre future, il est ici aussi question d'un voyage initiatique, celui d'un jeune blanc qui se voit élevé par des fermiers tibétains. Si l'on accepte ce postulat de départ, l'histoire se révèle assez prenante, d'autant que le décor s'y prête avec les décors grandioses du Tibet, plutôt bien rendus par le dessin de Georges Bess. Alors oui certaines couleurs ont mal vieilli, il n'empêche que c'est à une grande saga d'aventure qui mêle habilement mysticisme, religion, hallucinations, choc des cultures que nous sommes conviés. Les thèmes chers à Jodorowsky sont tous présents mais pas encore aussi prégnants qu'ils le seront plus tard. A mon sens une série importante dans l'univers de la BD, elle n'a pas révolutionné le genre mais reste à ce jour une grande fresque qui incite à aller voir plus loin dans l'histoire de ce pays. Lecture bien sûr conseillée.

26/02/2016 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Paul dans le Nord
Paul dans le Nord

J'ai avisé toute la série des Paul. Il ne me manquait que ce 8ème et dernier volume paru récemment. Je vais laisser 4 étoiles au lieu des 3.5 que j'aurais données allègrement. En effet, il y a deux titres pour moi qui surpassent celui-ci à savoir Paul à Québec et surtout Paul au parc qui avait été particulièrement touchant. Ce titre est plus léger et sans prise de tête. En effet, on va s'attacher à l'adolescence de notre héros avec les copains, la mob et le premier amour sans oublier la crise avec les parents sur le dos. L'été 1976 réserve bien des surprises. Et puis, ce fut également les fameux jeux olympiques de Montréal. C'est toujours aussi plaisant de lire un Paul. On passe de bons moments de lecture dans la belle province. Le gros bémol concernera le fait que certaines expressions ou bien certaines références culturelles sont bien trop locales pour les comprendre en notre qualité d'européen. Ceci dit, on pardonnera tout à l'auteur pour nous faire éprouver la nostalgie d'une époque révolue car nous avons été également des adolescents. Plus encore, on sera émerveillé par la qualité du dessin et de l'écriture. On aura droit à une planche en couleur totalement hallucinante. Bref, des surprises nous attendent !

26/02/2016 (modifier)
Par Jérem
Note: 4/5
Couverture de la série Le Décalogue
Le Décalogue

Après 63 avis dont celui d’Agecanonix qui est très complet, j’ai plutôt envie de faire court. L’idée de départ est séduisante et Giroud a réussi son pari en proposant un ensemble cohérent, intelligent et passionnant. Si chaque volume peut être lu séparément, la série ne donne pleinement sa mesure que lue intégralement. Outre le Nahik qui sert très habilement de fil conducteur à la saga, certains personnages apparaissent dans plusieurs albums. Contrairement à beaucoup de séries à concept, chaque volume est soigné, que ce soit dans le dessin ou le scénario. Certes, certains tomes sont meilleurs que d’autres mais tous sont importants dans la construction globale de l’intrigue. De plus, les différentes périodes historiques sont variées et bien traitées. Le choix, assez original, de remonter le temps à chaque album tout en proposant une époque différente complexifie la lecture mais cela l’enrichit dans le même temps. Captivant et efficace, Le Décalogue est une série à concept vraiment réussie.

26/02/2016 (modifier)
Par Jihel
Note: 4/5
Couverture de la série Des souris et des hommes
Des souris et des hommes

L'histoire, bien que d'une lecture lointaine, m'était connue. Je m'y suis peu attachée. Mais le graphisme ..!!! Nom de Dieu !!! Quel boulot, quelle maîtrise... Je comprends qu'il puisse déranger, par son originalité, parfois une certaine maladresse... mais qu'est-ce que c'est beau... Pour amateur de graphisme.

26/02/2016 (modifier)
Par pol
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Velvet
Velvet

Une agence de renseignements britannique, des agents secrets, ça n'est pas sans rappeler ce cher James Bond. Sauf qu'ici notre héros est une héroïne et que malgré ses 43 ans elle est toujours ultra sexy, super intelligente, hyper forte, etc etc... S’arrêter à ces clichés serait une erreur car derrière tout ça il y a un récit qui tient vraiment la route, si on aime les histoires d'espions. Tome 1 La trame de départ est tout de suite intéressante, on rentre dans le vif du sujet dès les premières pages. Et dès les premières pages ça fonctionne. Il se cache quelque chose ou plutôt quelqu'un derrière les mésaventures de Velvet, et ça marche on a envie de savoir. Le scénario est dynamique et ultra efficace. On retrouve ici des mystères, de l'action, des rebondissements, de la suspicion ... Bref tous les ingrédients qu'on aime dans ce genre de polar et qui sont ici très bien utilisés. On oublie vite les réticences que pourraient entraîner les "caractéristiques" de la dame pour se laisser porter par l'intrigue Et pour ne rien gâcher le dessin est excellent et totalement en adéquation avec l'intrigue. Ce style ultra réaliste est assez bluffant. Tome 2 Le second tome est de la même trempe, et il transforme l'essai, si tant est qu'il y avait besoin de confirmer le potentiel du premier opus. On a toujours les deux trois détails un peu gros inhérent à une série telle série d'action. Comme les supers aptitudes de notre héroïne qui n'a rien perdu de ses talents d'espionne même après avoir passé 10 ans sur une chaise à jouer les secrétaires. Et une fois encore, il serait bien dommage de bloquer la dessus car le scénario que nous réserve cette série n'est pas loin d'être un must du genre. Le suspens et la tension sont vraiment palpables. Le scénario est un petit bijou tant dans son contenu que dans sa construction. Les rebondissements sont hyper bien amenés, chaque chapitre apporte son lot de surprises, mais aussi de réponses qui font avancer l'intrigue. On ne reste jamais sur notre faim. Velvet essaye de démêler le complot dont elle fait l'objet et se livre à un jeu dangereux. Il y a du bon dans les événements présent, mais aussi dans les liens avec ceux d'un passé plus ou moins lointain qui s'intègrent très bien à la trame principale et qui prennent de plus en plus d'importance au fur et à mesure que l'histoire avance.. C'est efficace, c'est malin, c'est bien foutu, c'est pleins de bonnes choses en fait. Coté dessin, ce style réaliste fait vraiment bien le boulot, c'est magnifique. Les détails, les décors, les ambiances : tout est vraiment réalisé avec soin. J'adore. Chaudement recommandé ++

05/11/2014 (MAJ le 25/02/2016) (modifier)
Couverture de la série California dreamin'
California dreamin'

>>Spooky avait écrit: >>Claire Brétécher. Kaoru Mori. Isabelle Dethan. Annie Goetzinger... >> >>Pénélope Bagieu. Non je déconne pour cette dernière. >>>>Mac Arthur avait écrit: Rigole mais si ça se trouve, ce sera la première de ta liste à être nommée. C’était au moment où la liste des nommés pour le Grand Prix d’Angoulême avait été dévoilée et que la polémique concernant l’absence d’auteure dans cette liste faisait rage. J’avais demandé à Spooky de me citer des auteures qu’il aurait vues dans cette liste. Et le nom de Pénélope Bagieu était sorti sous forme de boutade… Aujourd’hui Mac Arthur persiste, signe et surenchérit. Pénélope Bagieu pourrait bien être la première femme à se voir décerner ce fameux Grand Prix. Parce que si elle parvient à aligner quelques albums de la trempe de ce California dreamin’, sa place au panthéon de la bd serait méritée ! Pourquoi ? Parce que, avec cet album, Pénélope Bagieu parvient à apporter un certain renouveau au genre biographique. Son ton léger et désinvolte, la fluidité de sa narration, son trait frais et immédiat, son humour, tous ces éléments concordent pour nous offrir un récit aussi instructif qu’amusant, aussi distrayant que nostalgique. C’est simple, j’ai commencé ma lecture avec des yeux de plomb (ben oui, des pieds de plomb, dans le cas présent, ç’aurait pas été un handicap vu que je marche rarement en lisant) un peu poussé au cul par Little Miss Giggles qui m’en avait vanté la qualité… et je n’ai plus lâché l’album avant d’avoir tourné la dernière page ! Dieu que ce fut plaisant ! Suivre Ellen Cohen, alias Cass Elliot, alias Mama Cass, depuis sa plus tendre enfance jusqu’au succès rencontré au sein des The Mamas & the Papas m’aura fait aimer ce groupe sans jamais en connaître que deux ou trois chansons ! Les points forts de ce récit, outre le personnage atypique et emblématique de Mama Cass, sont incontestablement sa fraicheur de ton et son dynamisme. Alors, bien sûr la nostalgie d’une époque insouciante joue également en plein mais avec cette technique narrative… Tiens, c’est bien simple, Pénélope Bagieu écrirait une biographie de Mireille Matthieu que je serais tenté de la lire. C’est tout dire ! Ah oui, un bémol quand même : j’ai trouvé les couleurs de la couverture très moches, raison pour laquelle j’ai d’ailleurs très longtemps repoussé cette lecture. Heureusement, l’intérieur, lui est en noir et blanc.

25/02/2016 (modifier)
Par Jérem
Note: 4/5
Couverture de la série Roi Ours
Roi Ours

C'est le premier album de l'auteur et le moins que l'on puisse dire c'est que c'est une jolie réussite. J'ai été bluffé par l'ambiance et l'univers graphique. Roi Ours est un conte pour adultes, sombre voire cruel par moment. L’histoire, bien qu'assez classique, est prenante et les 110 pages s'avalent d'une traite. Mais c'est surtout grâce son atmosphère et à ses dessins que l'album m'a charmé. On sent nettement l'influence de Princesse Mononoké de Miyazaki avec, entre autre, la présence d'animaux-dieux ou le rapport conflictuel entre nature et développement humain. Roi Ours est une très belle surprise.

25/02/2016 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Vertiges de Quito
Vertiges de Quito

En ce qui me concerne, c'est la meilleure BD réalisée par Didier Tronchet. Cette découverte de l'Equateur et notamment de la capitale de ce pays à savoir Quito a été un moment exceptionnellement rare. J'aime les BD qui parle des autres pays, des autres cultures avec ce qu'il faut d'anecdotes pour pouvoir nous faire une idée. Peu ont abordé jusqu'ici l'Equateur, préférant sans doute s'intéresser au Pérou et surtout au Brésil. On entre pour la première fois dans l'intimité familiale de l'auteur avec une famille d'aventuriers qui n'a pas peur de vivre trois ans dans un pays totalement étranger à nos moeurs et plutôt exotique. Les personnages sont très attachants. On comprend leur réaction ainsi que leur ouverture d'esprit notamment vis à vis des indigènes (et non des indiens). On découvre les relations entre les différentes composantes de la population locale. Nous avons une oeuvre assez intéressante et instructive. J'ai littéralement adoré cette lecture où l'humour est cette fois-ci plutôt discret. On dirait que l'auteur a enfin atteint son niveau de maturité en nous proposant des sujets traités de manière plus sérieuse. J'ai aimé par exemple la description du quartier dans lequel a vécu l'auteur et où il s'est passé des choses totalement incroyables en trois années. Je regrette juste que le passage sur la route du Pacifique soit si court alors qu'il y avait certainement de la matière. Ainsi, on ne verra pas du tout l'océan. Au final, un très joli album aussi bien sur le fond que sur la forme. Oui, c'est de quoi donner le vertige !

25/02/2016 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Wolfsmund
Wolfsmund

Peu de mangas ont pour cadre de leur récit la Suisse et encore moins celle du XIVème siècle. Le contexte historique est assez intéressant avec un duc autrichien qui a la main mise sur trois cantons qui se rebellent. La passe du Saint-Gothard, un emplacement stratégique, est surnommé Wolfsmund, le titre de ce manga. On va suivre dans le tout premier tome trois duos de personnages qui vont affronter ce terrible col. Cependant la destinée de certains sera assez brève. On croisera également un certain Guillaume Tell qui sera introduit de manière assez habile. J'ai été moins séduit par le dessin que je trouve assez vieille école mais il demeure tout à fait correct. Il est vrai que les décors manquent de détails. Pourtant, il y a une certaine lisibilité du trait et des visages parfaitement reconnaissables, ce qui est, avouons-le, tout à fait appréciable. Il y a des scènes de torture assez choquantes puis on passe dans un cadre plus bucolique. C'est assez déroutant. On ne ressent pas pourtant de la surenchère. Oui, cela reste mesuré comme pour contenir une certaine rage de vengeance si courante dans les autres mangas. Et pourtant, on aurait bien envie de faire la peau de cet infâme Wolfram ! Ki-oon est décidément une bonne maison d'édition pour le manga. Une série violente mais intense.

24/02/2016 (modifier)