Vertiges de Quito

Note: 3.6/5
(3.6/5 pour 5 avis)

Didier Tronchet nous livre quelques tranches de vie de son séjour de trois ans en Amérique latine.


Amérique du sud Carnets de voyages Nouveau Futuropolis

Amérique du Sud. Sur la ligne sismique de Bolivie à l’Equateur. Partis pour 12 mois à Quito en Équateur, ville verticale en équilibre au bord du précipice, Didier Tronchet, sa compagne et leur jeune garçon y sont restés trois ans, tirant des bords dans la jungle amazonienne, sur l’immense lac salé et jusqu’en Bolivie. De ce voyage sur les hautes terres sud-américaines, il livre plusieurs chroniques dessinées, images de son quotidien entre reportage et carnet de route où grands espaces et géographie intime se conjuguent pour un album coloré et vivant. (texte : Futuropolis)

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 21 Août 2014
Statut histoire Histoires courtes 1 tome paru
Couverture de la série Vertiges de Quito
Les notes (5)
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07/09/2014 | Spooky
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Par Erik
Note: 4/5
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En ce qui me concerne, c'est la meilleure BD réalisée par Didier Tronchet. Cette découverte de l'Equateur et notamment de la capitale de ce pays à savoir Quito a été un moment exceptionnellement rare. J'aime les BD qui parle des autres pays, des autres cultures avec ce qu'il faut d'anecdotes pour pouvoir nous faire une idée. Peu ont abordé jusqu'ici l'Equateur, préférant sans doute s'intéresser au Pérou et surtout au Brésil. On entre pour la première fois dans l'intimité familiale de l'auteur avec une famille d'aventuriers qui n'a pas peur de vivre trois ans dans un pays totalement étranger à nos moeurs et plutôt exotique. Les personnages sont très attachants. On comprend leur réaction ainsi que leur ouverture d'esprit notamment vis à vis des indigènes (et non des indiens). On découvre les relations entre les différentes composantes de la population locale. Nous avons une oeuvre assez intéressante et instructive. J'ai littéralement adoré cette lecture où l'humour est cette fois-ci plutôt discret. On dirait que l'auteur a enfin atteint son niveau de maturité en nous proposant des sujets traités de manière plus sérieuse. J'ai aimé par exemple la description du quartier dans lequel a vécu l'auteur et où il s'est passé des choses totalement incroyables en trois années. Je regrette juste que le passage sur la route du Pacifique soit si court alors qu'il y avait certainement de la matière. Ainsi, on ne verra pas du tout l'océan. Au final, un très joli album aussi bien sur le fond que sur la forme. Oui, c'est de quoi donner le vertige !

25/02/2016 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
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Je ne savais pas que Tronchet faisait des carnets de voyages et qu'il avait vécu en Amérique du Sud ! Il nous fait découvrir l'Équateur, un pays que la plupart des gens connaissent de nom, mais sans plus. C'est très intéressant de découvrir ce pays et j'ai bien aimé apprendre des choses. J'aime particulièrement lorsque Tronchet nous montre la ville où il est resté. Une magnifique ville avec un volcan, des tremblements de terres et des avions qui foncent parfois sur les tours ! Je n'aimerai pas habiter là et les habitants de cette ville sont bien courageux. En plus de ce coté instructif, il y a aussi l'humour de Tronchet qui m'a bien fait sourire. J'aime le coté frais et décontracté de l'œuvre. Le dessin est du pur Tronchet et j'aime bien.

13/04/2015 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
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Carnet de voyage et carnet de séjour de Didier Tronchet et sa famille durant les 3 ans qu'ils ont vécus en Equateur et en voyage dans la Bolivie voisine. L'Equateur, comme beaucoup de Français, je connais, je vois où c'est, mais je n'ai aucune idée d'à quoi y ressemble la vie. C'est donc avec curiosité que j'ai lu cet album, me demandant ce qu'il y avait de spécial à raconter sur ce pays. J'y ai découvert une vision humaine et intéressante des lieux, d'abord du quartier même où habite l'auteur puis d'autres parties de ce pays et de la vie de Tronchet et sa famille sur place. La somme des anecdotes et la légère dose d'humour rendent la lecture plaisante, et la personnalité des lieux visités amènent leur part d'exotisme et d'envie de voyage. C'est agréable à la fois par la découverte de ces deux pays et de leurs habitants mais aussi par la manière dont l'auteur y dévoile un peu sa propre vie et celle de sa famille. A ce sujet, je note avec une agréable surprise l'originalité des années de jeunesse qu'y aura vécues son fils ainsi que le plaisir manifeste qu'il semble en retirer. Je suis également épaté par le courage (ou la témérité ?) et la motivation de sa femme quand elle part seule dans la forêt amazonienne, dans la traversée de la Bolivie ou encore dans une dangereuse mine d'argent, ou quand elle apprend et parle le Quechua pour mieux s'intégrer à la population locale. Même si ce n'est pas un carnet de voyage particulièrement marquant sur le plan émotionnel ou instructif, c'est une lecture intéressante, agréable et dépaysante.

05/03/2015 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 3/5
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Je l’admets, je n’ai jamais vraiment accroché aux histoires de Jean-Claude Tergal ni de Raymond Calbuth. Non pas que ce n’était pas drôle, mais d’une part le dessin ne m’attirait pas trop et de l’autre, le créneau « anti-héros beauf franchouillard à charentaises » était déjà occupé par Les Bidochon qui restaient de loin les big boss ! Avec ces Vertiges, Tronchet change totalement de registre, ce qui n’est pas pour me déplaire. Si généralement les personnages – surtout les européens – conservent la patte comique de l’auteur, les autochtones sont représentés de façon plus réaliste, comme si pour eux toute dérision était déplacée. De même, Tronchet s’attache à reproduire bâtiments et paysages avec un certain sens du détail, et se révèle plutôt habile dans l’utilisation des couleurs et des aquarelles, c’est même parfois très agréable à regarder, notamment les couchers de soleil qu’il pouvait admirer depuis la fenêtre de son appartement de Quito. Sur le fond, ce n’est pas vraiment un carnet de voyage (Tronchet est demeuré la plupart du temps à Quito) et encore moins un documentaire - plutôt que journaliste, l’auteur se fait observateur voire simple touriste. Visiblement impressionné par ce pays haut en couleur, il a gommé toute trace de raillerie, ne laissant affleurer qu’un humour à la fois humble et candide, avec même quelques jolis moments de poésie. Quant au titre, il est plutôt bien choisi, la capitale équatorienne se trouvant à une altitude de 2 850 mètres ! A en croire le préfacier Patrick de Saint-Exupéry, rédac-chef de la revue XXI, cette expérience sous les cieux colorés de l’Amérique du sud aurait permis au « p’tit gars du Nord-Pas-de-Calais » de se réconcilier avec lui-même et de tourner la page, laissant Calbuth et Tergal « vivre leurs histoires, sans plus avoir besoin de leur créateur ». Grand gamin de 56 ans « paumé et révolté », « légèrement empoté », Didier Tronchet semble être passé du cynisme à l’émerveillement, et cela a au fond quelque chose d’assez touchant.

14/09/2014 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
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L'histoire qui ouvre cet album est l'une de celles qui m'avaient le plus marqué lorsque j'avais lu le recueil Grands reporters, édité par les Arènes. Le séjour en Amérique latine de Didier Tronchet et sa famille s'étant prolongé, il a continué à coucher sur le papier les moments les plus étonnants ou touchants, de quoi aujourd'hui constituer un album complet (presque 120 pages). La lecture est un vrai régal. Tronchet nous parle de Quito, où il a résidé la plupart du temps, cette ville adossée à un volcan, sur une faille géologique, et de sa rue principale qui descend en zigzags et est le théâtre de nombre de spectacles organisés ou improvisés... De la selva, où sa compagne, qui parle parfaitement le Quechua (non, ce n'est pas seulement une marque tentes !), est allée s'immerger. D'un immense lac salé en Bolivie, de la côte équatorienne (trop rapidement, hélas) ou encore des mines encore en activité. Un dépaysement TOTAL, porté par un récit décomplexé, et qui contient ces moments de grâce, comme ces indigènes qui tirent à la sarbacane sur les avions qui se posent sur l'aéroport de Quito. Comme il l'écrit lui-même, Tronchet a un trait "malhabile". Je ne suis pas fan de ses oeuvres de la première époque, ces personnages ayant des aspects maladifs, ces designs approximatifs. Ici cette gêne disparaît derrière la disparition des conventions, l'auteur se sent libéré, il est avant tout au service de ses personnages, des ambiances, et il y donne tout son coeur, avec des ambiances colorées très belles... Excellent moment de lecture, qui donne envie de découvrir de plus près certains endroits de l'Amérique latine...

07/09/2014 (modifier)