Les derniers avis (31962 avis)

Par Chéreau
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Sept Nains
Sept Nains

La série Sept, qui semble destiner à tester des dessinateurs, des scénaristes ou des tandems, est de qualité assez inégale. L'injonction de faire tenir une histoire complète en 46 pages conduit certains auteurs à des ellipses maladroites ou à des fins bâclées. Ce n'est pas le cas ici. L'album revisite d'une manière assez robuste le conte de Blanche-Neige, en retrouvant finalement sa vocation d'origine, qui n'était certainement pas d'endormir les petits enfants... Les personnages se retrouvent tous, à un moment ou à un autre, dans un contre-emploi réjouissant, du prince plus si charmant à la fin du livre aux nains, bien plus dégourdis que ceux de Walt Disney. La douce et naïve Blanche-Neige semble échapper un temps au cynisme ambiant ? Un temps seulement... Les auteurs prennent des libertés avec les personnages. Ils s'en accordent aussi avec l'histoire, les nains fomentant un cambriolage du château royal depuis leur tunnel. Je ne vous en dis pas plus. Lisez cet album drôle et méchant, vous n'aurez plus jamais envie de chanter "un jour mon prince viendra".

25/07/2016 (modifier)
Par ArzaK
Note: 4/5
Couverture de la série Sykes
Sykes

Difficile de mettre moins que quatre étoiles à un album de cette qualité. Sykes est un western noir et sombre superbement mis en image par Dimitri Armand qui, dans la lignée de Marini, Giraud et Hermann s'impose comme un grand dessinateur réaliste. L'histoire est solide, les personnages ont du charisme, Dubois a vraiment cherché à leur donner une psychologie sans jamais tomber dans les effets faciles. Le seul bémol, c'est que la chute de l'histoire est assez prévisible... Mais elle est bien amenée malgré tout. Les amateurs de western ne peuvent pas passer à côté de cet album.

25/07/2016 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Batman - Year Two
Batman - Year Two

3.5 Une bonne histoire du Batman qui se passe durant ses premières années comme justicier. On le voit confronter au vilain le Faucheur qui est un peu un anti-Batman. Vu qu'on est encore au début de sa croisade contre le crime, on voit Batman douter et se demander, entre autres, s'il ne devrait pas se servir d'une arme. Le côté psychologique de l'histoire manque de subtilité par moments, mais au final je trouve que c'est une histoire prenante avec plusieurs moments intéressants. Il n'y a qu'un rebondissement un peu prévisible que je n'ai pas trop aimé. Le dessin est pas mal.

23/07/2016 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Sept frères
Sept frères

Je dirai enfin. En effet, peu de mes lectures de ce concept des sept n'était parvenu à atteindre les 4 étoiles. Ce récit m'a captivé bien que la construction peut apparaître comme répétitive à savoir l'arrestation des sept francs-maçons. Il est cependant dommage de ne pas avoir creusé un peu plus la motivation profonde de celui qui a trahi ses camarades. Certes, il y a l'argent mais visiblement, il n'était pas à plaindre. J'avoue qu'il n'était pas vraiment dans ma liste des suspects. C'est un scénario sans faute qui entretient une réelle tension sur une époque bien sombre de notre Histoire. Par ailleurs, c'est joliment bien dessiné dans un style réaliste et précis. J'ai passé un agréable moment de lecture. Oui, les 4 étoiles sont méritées.

23/07/2016 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Le grand A
Le grand A

Le grand A n'est jamais appelé par son vrai nom mais cela ne trompera personne. D'ailleurs, en guise d'annexe, on aura droit à des explications beaucoup plus détaillées qui ne laisseront plus de place au doute. On sait tous que la vraie vie a commencé à s'installer dans le Nord-pas de Calais où résidait son fondateur qui est aujourd'hui la quatrième fortune française. Le grand A sera synonyme de grand temple de la consommation jusqu'à satiété. On entre dans les coulisses d'une grande surface à Hénin-Beaumont qui a la particularité d'avoir un maire d'extrême-droite. Il y a aura également beaucoup de politique pour nous montrer les liens entre le temple du capitalisme et ceux qui dénonçaient l'arrivée des hypermarchés dans la pure tradition poujadiste. On sait bien que tout cela n'était que de la poudre aux yeux pour tromper les électeurs qui d'ailleurs sont de parfaits consommateurs fiers d'arpenter les rayons de la vraie vie. On va surtout découvrir les différents métiers entre les hôtesses de caisse, les vendeurs de rayon, les vigiles. Tout les sujets qui fâchent seront évoqués notamment la catastrophe du Rana Plaza au Bangladesh. Je dois dire que l'auteur a mené un très bon travail d'investigation. Il y a un véritable effort qui a été réalisé notamment par une introduction pour expliquer le commerce de manière assez historique et ses implications dans la vie des gens. Il mange 195 jours de notre vie. En effet, 70% d'entre nous passent 1h20 par semaine à faire le plein dans les grands surfaces comme une sorte de rituel. Le grand A a fini par nous vampiriser au point qu'on ne se pose plus les bonnes questions. Ce reportage nous permet d'avoir les idées plus claires.

23/07/2016 (modifier)
Par Chéreau
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Vol du Corbeau
Le Vol du Corbeau

J'ai hésité longtemps à ouvrir cet album, dont j'attendais une histoire un peu ennuyeuse et convenue, entrecoupée de scènes un peu affriolantes. J'avoue m'être trompé. Gibrat produit une vraie histoire, charpentée et articulée par plusieurs coups de théâtre qui relancent l'intrigue. Mais le récit n'est pas tout. Les personnages sont creusés, bien plus adultes, complexes et intéressants que la plupart des héros de papier, dont la personnalité est hélas souvent aussi épaisse que la feuille qui leur sert de support. Le personnage de Jeanne, surtout, est une heureuse surprise, bien loin des héroïnes exclusivement décoratives de trop de BD, qui n'ont pour seule psyché que les fantasmes de leur auteur. Jeanne a ses forces et ses failles, elle ne subit pas l'histoire mais prend des initiatives, s'intéresse au théâtre, à la politique... C'est un beau personnage, dans tous les sens du terme. Derrière Jeanne et François, le second héros de l'histoire, s'épanouit tout un monde de personnages secondaires bien campés, notamment le commissaire et la famille de bateliers. Et Gibrat finit par nous raconter tout autant la vie quotidienne des Français dans l'effervescence de l'été 44 que l'histoire particulière de ses personnages. Le dessin est d'ailleurs extrêmement documenté, sans que cette érudition soit pesamment didactique ou démonstrative. Le décor est là, riche et réaliste, le trait est souple et vivant et la colorisation très soignée, notamment sur les carnations, mais Gibrat ne fait pas plus oeuvre de peintre virtuose que d'historien. Il s'attache d'abord à des destins individuels, à des relations interpersonnelles, à la comédie humaine dans toute son inépuisable complexité. On quitte l'album et ses habitants à regret. Pour ma part, je vais partir en chasse des autres séries du sieur Gibrat, qui mérite décidément sa réputation de grand de la BD.

22/07/2016 (modifier)
Couverture de la série Soleil froid
Soleil froid

Encore une histoire post-apocalyptique ? Oui, mais celle-ci fait partie des bonnes moutures ! L'humanité a été décimée par une épidémie mortelle… L'action se déroule en pleine montagne, du côté du massif du Mont-Blanc. Un homme, ancien militaire, accompagné d'une “mule” robot qu'il a nommée Marguerite cherche un “refuge” où les derniers rescapés auraient trouvé asile. Une série de flashbacks sépias illustrent les souvenirs morbides et expliquent le passé tourmenté du héros. En chemin, il extermine les oiseaux, affronte des loups clonés et fuit des survivants pas franchement amicaux… C'est Mad Max dans les Alpes. Rien d'original a priori, mais la facture de ce premier album est solide et j'ai vraiment apprécié sa lecture. Le scénariste, Jean-Pierre Pécau, sait bien raconter les histoires. Il en écrit beaucoup, parfois un peu trop à mon sens, si bien que certaines sont un peu faciles. Néanmoins, dans le créneau du divertissement qui ne s’embarrasse pas de psychologie pompeuse, il possède un grand sens du récit et fait partie des vrais auteurs populaires (ceux que le jury d'Angoulême méprise). Son œuvre abondante en témoigne, que ce soit dans le thriller (Wonderball, Le Testament du docteur M), le récit historique (L'Homme de l'Année - 1917, L'Or de France, Cette machine tue les fascistes), l'uchronie (Le Grand Jeu, Jour J) , ou l'anticipation (Nash, Une Brève histoire de l'avenir). Pour Soleil froid, il fait dans le classique, mais avec une sobriété de moyens qui rend le récit aussi plausible qu'inquiétant. On est davantage dans l'anticipation que dans la science-fiction ; le récit se déroule en 2030, demain, et les situations n'ont pas grand chose d'exagéré. Par exemple, le héros est un ancien militaire, qui possède un équipement sophistiqué (mule robotisée, fusil “intelligent”, mini-drone…), mais déjà à l'étude dans les laboratoires militaires pour ce que j'en sais. Pécau nous renvoie aussi aux erreurs d'une humanité qui croit toujours maîtriser les aléas naturels, mais adopte des remèdes pires que les maux qu'ils sont sensés combattre. L'épidémie mortelle est propagée par les oiseaux ? On a développé des meutes de chats voraces pour les exterminer, mais les greffiers s'en sont pris aux humains, lesquels ont généré des meutes de loups pour les boulotter, avec le résultat à moyen terme que l'on imagine… Le dessin a été confié à Damien Jacob, son vieux complice sur plusieurs séries depuis Les Fées noires et Arcane Majeur. Le trait est efficace, réaliste, précis, avec un grand sens du cadrage, alternant de belles cases panoramiques et des zooms plus précis, des peintures de paysages sereins et de scènes d'action violentes. En résumé, même si ce premier album inscrit la série dans la veine classique des récits survivalistes-post-apocalyptiques, il est vraiment réussi et j'ai hâte d'en lire la suite. Et puis, ça nous change des zombies…

22/07/2016 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Pelote dans la fumée
Pelote dans la fumée

Cette histoire se déroulant en Croatie pendant la guerre (même si cette dernière n’est pas montrée) m’a captivé et beaucoup ému. Le ton est très sombre, la vie de ces enfants est vraiment épouvantable, et on ressent leur peine et désespoir… leur monde est dur, bâti à coup de bagarres et d’alcool. Il y a des notes d’optimismes parsemées çà et là, mais globalement la cruauté domine. J’adore le dessin de Miroslav Sekulic. Il est minutieux et fourmille de détails (sur certaines cases ca vire presque à l’obsessionnel !). Le style des personnages est vraiment original, et les couleurs directes sont belles (tantôt vives et colorées, tantôt grises et sombres, selon l’humeur). Un diptyque vraiment recommandable, prenant et touchant…

21/07/2016 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
Couverture de la série Cendres
Cendres

Entre thriller et roman graphique, Álvaro Ortiz nous délivre ici un « road » qui aurait pu rapidement tourner à l’ennui s’il n’avait placé quantité d’obstacles sur la route de ses personnages. Publiée en 2013, « Cendres » était sa première œuvre. L’auteur espagnol y fait déjà preuve d’une impressionnante maîtrise scénaristique. Malgré plusieurs inserts documentaires et historiques de deux pages autour du thème de l’incinération, et maints flashbacks sur le passé des protagonistes, on ne perd jamais le fil du récit. Non seulement celui-ci reste fluide, mais il est intriguant grâce au mystère entourant cet étrange jeu de piste laissé par Hector à l’intention de ses vieux amis, telle une quête du Graal semblant comme par magie maintenir entre eux trois une sorte d’unité malgré leurs dissensions. De même, les personnages, chacun avec leurs failles, sont suffisamment bien campés pour être attachants. D’ailleurs, même les « méchants » ne sont au fond pas si méchants et nous font presque rire, car il faut le préciser, l’humour est présent… Graphiquement, Álvaro Ortiz fait preuve d’une grande originalité dans la mise en page où parfois les vignettes réunies forment un plan plus large. Son « petit » dessin minimaliste force le lecteur à l’attention, exerçant sur ce dernier une certaine fascination. Il faut se rendre à l’évidence, et l’auteur le prouve : un récit aussi « cinématographique » peut parfaitement tenir dans d’aussi petites cases. L’ensemble est agrémenté de couleurs désaturées aux tons chauds, renforçant la cohérence de l’objet. Incontestablement, cette première œuvre, belle histoire d'amitié, est une réussite, laissant entrevoir chez cet auteur un talent certain pour conter des histoires humaines et atypiques bénéficiant d’un fond puissant. En somme, un auteur aussi doué pour créer des histoires que pour les mettre en scène, et ce de façon très personnelle. Est-ce en raison de la tonalité non seulement cinématographique mais aussi littéraire du livre (notamment avec une référence à Paul Auster), mais il me vient à l’esprit qu’Álvaro Ortiz mérite pleinement le qualificatif de romancier graphique. Une assertion qui se vérifie à la lecture de sa deuxième production, Murderabilia », et que Rituels, le troisième opus tout juste sorti, ne viendra pas espérons-le démentir (avis prochainement sur ces pages). Enfin, on peut féliciter, une fois encore, les Editions Rackham pour le soin apporté au tirage et à la reliure de la version 2015 (avec une très belle couverture cartonnée, celle d’origine ayant une couverture souple).

20/07/2016 (modifier)
Par pol
Note: 4/5
Couverture de la série Un homme de joie
Un homme de joie

Il y a comme ça des albums qui vous prennent et qui ne vous lâchent plus sans qu'on puisse vraiment l'expliquer. Un homme de joie est un peu de cette catégorie parce qu'en fin de compte l'histoire n'est pas spécialement originale, mais la narration, le dessin et l'ambiance font qu'on ne repose ce premier tome qu'une fois les 56 planches avalées. L'histoire est celle de Sacha, un immigré ukrainien qui débarque aux USA dans les années 30 avec 50 dollars en poche. Avec lui on se balade dans New-York, et on avance au gré de ses rencontres. On découvre les chantiers de construction d'immenses grattes ciels, ce qui, au passage, nous offre des perspectives et des vues plongeantes magnifiques sur la ville. Son quotidien est secoué par un mafieux avec qui il va arpenter la ville entre prostitution et prohibition. Cette rencontre met en avant une tout autre facette de la vie New-Yorkaise. Moins lumineuse mais tout aussi prenante. Car si ce sujet n'a pas l'air novateur, c'est tout sauf un problème tant l'ambiance nous berce. Au final on se laisse agréablement happer par ce récit. Tome 2 Le tome 2 est toujours bien plaisant, même si j'ai l'impression que certains détails qui faisaient le charme du tome 1 ne se retrouvent pas dans ce second volet. Tout d'abord il n'y a plus vraiment la découverte de la ville vue de haut. Dans le même ordre d'idée il n'y a plus le coté rêveur de ce jeune immigré qui parcourt New York à la recherche d'une vie meilleure. Cet espoir est remplacé par un coté polar plus marqué. On prend de plein fouet les impacts des rencontres avec les gens peu recommandables qu'il fait dans le tome 1. Ca fonctionne pas mal en fin de compte, même si ça m'a surpris. J'aime les polars donc au final j'ai apprécié ce diptyque, même si je ne m'attendais pas forcément à ce que l'histoire prenne un tel virage "polar noir".

26/04/2015 (MAJ le 20/07/2016) (modifier)