Entre thriller et roman graphique, Álvaro Ortiz nous délivre ici un « road » qui aurait pu rapidement tourner à l’ennui s’il n’avait placé quantité d’obstacles sur la route de ses personnages. Publiée en 2013, « Cendres » était sa première œuvre. L’auteur espagnol y fait déjà preuve d’une impressionnante maîtrise scénaristique. Malgré plusieurs inserts documentaires et historiques de deux pages autour du thème de l’incinération, et maints flashbacks sur le passé des protagonistes, on ne perd jamais le fil du récit. Non seulement celui-ci reste fluide, mais il est intriguant grâce au mystère entourant cet étrange jeu de piste laissé par Hector à l’intention de ses vieux amis, telle une quête du Graal semblant comme par magie maintenir entre eux trois une sorte d’unité malgré leurs dissensions. De même, les personnages, chacun avec leurs failles, sont suffisamment bien campés pour être attachants. D’ailleurs, même les « méchants » ne sont au fond pas si méchants et nous font presque rire, car il faut le préciser, l’humour est présent…
Graphiquement, Álvaro Ortiz fait preuve d’une grande originalité dans la mise en page où parfois les vignettes réunies forment un plan plus large. Son « petit » dessin minimaliste force le lecteur à l’attention, exerçant sur ce dernier une certaine fascination. Il faut se rendre à l’évidence, et l’auteur le prouve : un récit aussi « cinématographique » peut parfaitement tenir dans d’aussi petites cases. L’ensemble est agrémenté de couleurs désaturées aux tons chauds, renforçant la cohérence de l’objet.
Incontestablement, cette première œuvre, belle histoire d'amitié, est une réussite, laissant entrevoir chez cet auteur un talent certain pour conter des histoires humaines et atypiques bénéficiant d’un fond puissant. En somme, un auteur aussi doué pour créer des histoires que pour les mettre en scène, et ce de façon très personnelle. Est-ce en raison de la tonalité non seulement cinématographique mais aussi littéraire du livre (notamment avec une référence à Paul Auster), mais il me vient à l’esprit qu’Álvaro Ortiz mérite pleinement le qualificatif de romancier graphique. Une assertion qui se vérifie à la lecture de sa deuxième production, Murderabilia », et que Rituels, le troisième opus tout juste sorti, ne viendra pas espérons-le démentir (avis prochainement sur ces pages). Enfin, on peut féliciter, une fois encore, les Editions Rackham pour le soin apporté au tirage et à la reliure de la version 2015 (avec une très belle couverture cartonnée, celle d’origine ayant une couverture souple).
Il y a comme ça des albums qui vous prennent et qui ne vous lâchent plus sans qu'on puisse vraiment l'expliquer. Un homme de joie est un peu de cette catégorie parce qu'en fin de compte l'histoire n'est pas spécialement originale, mais la narration, le dessin et l'ambiance font qu'on ne repose ce premier tome qu'une fois les 56 planches avalées.
L'histoire est celle de Sacha, un immigré ukrainien qui débarque aux USA dans les années 30 avec 50 dollars en poche. Avec lui on se balade dans New-York, et on avance au gré de ses rencontres. On découvre les chantiers de construction d'immenses grattes ciels, ce qui, au passage, nous offre des perspectives et des vues plongeantes magnifiques sur la ville.
Son quotidien est secoué par un mafieux avec qui il va arpenter la ville entre prostitution et prohibition. Cette rencontre met en avant une tout autre facette de la vie New-Yorkaise. Moins lumineuse mais tout aussi prenante. Car si ce sujet n'a pas l'air novateur, c'est tout sauf un problème tant l'ambiance nous berce.
Au final on se laisse agréablement happer par ce récit.
Tome 2
Le tome 2 est toujours bien plaisant, même si j'ai l'impression que certains détails qui faisaient le charme du tome 1 ne se retrouvent pas dans ce second volet.
Tout d'abord il n'y a plus vraiment la découverte de la ville vue de haut. Dans le même ordre d'idée il n'y a plus le coté rêveur de ce jeune immigré qui parcourt New York à la recherche d'une vie meilleure. Cet espoir est remplacé par un coté polar plus marqué. On prend de plein fouet les impacts des rencontres avec les gens peu recommandables qu'il fait dans le tome 1. Ca fonctionne pas mal en fin de compte, même si ça m'a surpris.
J'aime les polars donc au final j'ai apprécié ce diptyque, même si je ne m'attendais pas forcément à ce que l'histoire prenne un tel virage "polar noir".
Direction la Nouvelle-Orléans et son bayou pour suivre une enquête tintée de mythes vaudous. On suit les investigations de Holly Ann, une jeune femme aux nombreux atouts. Car outre son charme, ce sont surtout ses qualités de déductions qui seront mises en avant ici. Elle mène une enquête, parallèle à celle de la police, pour essayer d’élucider une double disparition, celle du fils d’un riche blanc et celle d’un jeune noir.
Immédiatement on rentre dans cette histoire. Le dessin est plaisant, l’ambiance est bien rendue et on sent la chaleur et la moiteur de cette région. Ces disparitions sont intrigantes et les investigations pour les résoudre sont prenantes. L’intrigue est très efficace car elle nous emmène sur plusieurs pistes et les déductions de notre héroïne font avancer le récit petit à petit. Autre atout intéressant, l’intrigue jongle avec le fantasmagorique en utilisant habilement une petite dose de rituels vaudous, ce qui aurait pu lui faire perdre sa crédibilité. Mais non, l’histoire a le bon gout de ne pas basculer dans le fantastique, elle reste du bon côté de la frontière. Choix judicieux car au final on a une vraie bonne histoire qui se tient du début à la fin.
Une fois l’enquête bouclée, la toute fin est ouverte juste ce qu’il faut pour donner envie de s’intéresser aux tomes suivants, qui devraient également se composer d’une histoire indépendante par tome. Du tout bon.
Tome 2
Le tome 2 reprend la même recette et l'exploite avec autant de réussite. Le personnage de Holly Ann prend un peu d'épaisseur. On sent encore un peu plus que dans le tome 1 qu'il y a quelque chose de pas net qu'on nous cache à son sujet. C'est intéressant pour la suite.
Pour ce qui est de l'enquête à proprement parler, elle se déroule grosso modo de la même manière. Notre héroïne va mener ses investigations au nez et à la barbe de la police locale qui ne se montrera pas à son avantage. Tout le contraire de Holly Ann qui fera jouer son réseau de connaissances et qui une fois encore fera preuve d'un esprit de déduction implacable pour résoudre l'affaire.
Le mécanisme fonctionne parfaitement, l'intrigue est bien ficelée, le dessin est bon... que demander de plus ?
En général, la couverture accroche le regard du chaland bdvore et souvent le contenu est en deçà. Ici, c’est tout le contraire. La couverture est quelconque, voire limite repoussante. Et pourtant … les planches sont d’une qualité rare.
Ce western spaghetti à la sauce brésilienne est un bon divertissement pour tout qui cherche un récit décalé et un peu barré à la Sergio Léone. La narration est fluide et pas prise de tête. Tout est bien agencé et bien pensé jusqu’à un final qui ne fait pas dans la demi-mesure. Bref, du tout bon !
Lecture estivale chaudement recommandée.
Cette bd commence de manière très bourrine mais nous allons vite comprendre peu à peu. Il faut dire que les dessins sont très expressifs. Les personnages prennent corps. Quand le dessin arrive à nous faire percevoir les sentiments des personnages, c’est presque gagné. J’ai rarement vu un tel effet de maîtrise au niveau du dessin. Je dois dire que j’ai été conquis.
Il est question évidement de vengeance. Celle-ci se réalisera de la manière la plus violente et brutale possible par un simple nain. Il y a d’ailleurs un haut degré de sadisme qui atteint un niveau inédit. Pour autant, je pense que cela fait du bien de se vider l’esprit de cette manière après tant d’horreur dans les actualités. Il y a des gens sur terre qui mérite ce que notre petit nain vengeur leur fait. Certes, il perd toute notion d’humanité pour laisser transparaître la bête et le monstre. Mais bon, c’est presque parfois salutaire.
Une lecture qui fait réellement du bien par les temps qui courent. On pourra contredire le philosophe grec Sénèque qui disait : un nain a beau se tenir sur une montagne, il n’en est pas plus grand pour cela. Moi, je dirai qu’il ne faut jamais embêter un nain sinon gare...
Cinq mille kilomètres par seconde est une lecture qui m’avait totalement échappé malgré la remise d’un prix prestigieux à savoir le fauve d’or en 2011 à Angoulême. Je me devais de réparer cette lacune. Je dois dire que j’ai plutôt été agréablement surpris.
Il est question d’une histoire d’amitié qui sera mise à mal par l’arrivée d’une jeune et belle fille qui devient la voisine de l’un d’eux. Malheureusement, la vie va les séparer par la suite. Il est intéressant de suivre leur parcours. Pour autant, l’un des garçons sera mis de côté alors qu’il semble avoir joué un rôle essentiel mais peu perceptible. Je regrette un peu cela même si je perçois que l’auteur n’a pas voulu nous refaire le coup du trio amoureux. La thématique penchera plutôt sur les actes manqués et les choix que nous faisons dans la vie.
Cela se joue également sur 3 lieux différents : l’Italie, la Norvège et l’Egypte. A chaque fois, l’auteur a réussi grâce à son dessin de retranscrire ces différentes ambiances. On s’y croirait. Ce sont les détails dans les décors qui accordent toute cette importance. Le graphisme est pourtant assez flou mais il y a un effet garanti. Il est vrai que j’apprécie énormément l’aquarelle. Les couleurs pastel sont agréables.
Ce n’était pas gagné d’avance pour moi mais le résultat est convaincant. Je me suis laissé embarquer par cette histoire toute simple mais joliment racontée et mise en image.
Lire cet album, hommage à la célèbre série de Paul Cuvelier, c'est se replonger dans les histoires du journal Tintin qui faisaient le bonheur des lecteurs dans les années 50/60.
Cette histoire, qui a priori n'est pas destinée à être une reprise de la série Corentin, respecte en effet tous les codes de l'époque : une série d'aventure classique, un format de 46 pages, un dessin calqué sur celui du dessinateur de l'époque, des couleurs quasi identiques. Et cela en fait une véritable réussite. Dans l'esprit, cela m'a fait penser à la reprise de Blake et Mortimer par Juillard et Van Hamme.
Ce qui surprend véritablement, c'est la qualité du dessin de Christophe Simon. On est bien loin du dessinateur qui reprenait péniblement des séries de Jacques Martin comme Orion ou Alix. Sa progression dans le domaine du dessin réaliste est vraiment spectaculaire. Il a réussi à se fondre dans le coup de crayon de Cuvelier de manière étonnante. Les planches sont très aérées avec souvent trois bandes, et il se permet même à quelques reprises d'en utiliser une, pour un seul et même dessin comme un René Follet pouvait également le faire à une époque. L'album comprend en outre dans son édition originale quelques crayonnés.
Une belle réussite à mon goût qui ravira les amateurs de récits d'aventure classiques d'antan.
Malheureusement, j’ai effectué cette lecture au plus mauvais moment. Un troisième attentat particulièrement meurtrier a encore secoué notre pays. Le débat actuel est que reste-t-il de l’esprit du 11 janvier ? Pour rappel, après le premier attentat qui avait touché Charlie Hebdo ainsi que l’hyper cacher de la porte de Vincennes, il y a eu un rassemblement populaire regroupant 4 millions de personnes dans les rues pour dire non au terrorisme.
Il est vrai que lorsque l’auteur a commencé son œuvre, cet esprit avait déjà quasiment disparu. Il était intéressant d’avoir une analyse sociologique voire psychologique de ce qu’a été ce phénomène qualifié d’œuvre d’art par certains hommes politiques de droite. Il est vrai que dans mon esprit, je n’avais pas eu la même lecture de cet esprit du 11 janvier. Pour moi, cela signifiait l’union pour un temps de tous les partis politiques pour une cause commune. Visiblement, c’était plus que cela.
Je me rappelle avoir été le tout premier à venir intervenir exceptionnellement sur le forum pour annoncer la mort de Cabu avant que la nouvelle ne soit reprise dans un autre forum où les hommages des bédéphiles avaient alors afflués. J’avais été beaucoup marqué par cette disparition tragique parmi tant d’autres. Puis, il y a eu l’attentat manqué du Thalys en août 2015 et celui terrible du Bataclan du 13 Novembre 2015. Or, chacun semble avoir une lecture différente des événements.
Notre auteur nous explique dans ce qui semble être sa théorie que l’esprit du 11 janvier est né des fruits d’une coïncidence entre différents événements comme la sortie du livre de Michel Houellebecq le 7 janvier, la présence de cette policière qui s’est fait descendre aux abords de l’école juive ou de ce policier musulman ayant essayé d’arrêter les frères Kouachi.
Cet esprit consiste à ne pas céder à la peur et également à ne pas faire d’amalgame. Jusqu’à présent, on avait toujours respecté la minute de silence. Maintenant, même les syndicats perturbent au bruit des casseroles ce respect pour les morts. A Nice, un habitant s’est est pris à une dame de couleur en lui demandant de repartir là où elle était née ce à quoi, elle a répliqué qu’elle était née en France.
C’est l’esprit de la haine et de la vengeance qui a pris la place de l’esprit du 11 janvier. Je me rappelle de ces beaux discours qui sont d’ailleurs mise en avant dans la bd et qui consistaient à ne pas céder à la violence et à pardonner. Ce fut d’ailleurs la première une du journal satirique Charlie avec un prophète qui pleurait avec cette fameuse pancarte. Oui, comme le dit aussi justement l’auteur, c’est désormais pire qu’avant. Le 11 janvier est mort.
Bon, il y a aussi un gros passage sur ce pigeon qui ne choisit pas le bon moment pour salir notre président bienaimé de la République. Je trouve que l’explication donnée est vraiment exagérée mais bon. Pour le reste, ce fut un exercice plutôt convaincant car cela m’a permis de connaître plus en profondeur ce qui faisait ce bel état d’esprit qui a aujourd’hui disparu et que j’aimerais bien qu’on retrouve.
Plus rien ne sera comme avant, c’est certain. Ces gens que nous avons accueilli ou qui sont nés sur notre territoire nous détestent réellement et n’hésitent pas à tuer des enfants ou égorger nos prêtres pour le prouver. Je peux comprendre que la colère gronde. Faut-il pour autant terroriser les terroristes ? Est-ce seulement possible dans une démocratie respectant les droits de l’homme ? Autant de réflexions qui sont posés par l’esprit du 11 janvier. Le constat est sans appel : la paix est désormais menacée.
Alors, oui il faut lire cette œuvre qui reste malheureusement d’actualité. Cela ne sera pas la joie que d’explorer les traumatismes profonds que les français ont subi. Il s’agit de donner un sens à tout cela. C’est parfois difficile. Serge Lehman y est arrivé avec brio en collectant certains faits au cœur de la tragédie nationale et en les transfigurant dans une dimension presque mythologique voire métaphysique. Cependant, je souligne également que cette bd garde une empreinte assez personnel ce qui la rend unique.
Gros coup de coeur. Avec La belle image, Bonin avait déjà sorti un chef-d'oeuvre de fantastique mélancolique et amer (mais l'histoire n'était pas de son cru, étant une adaptation d'un roman de Marcel Aymé). Cette fois, il est bien l'auteur complet de ce The Time Before que j'ai beaucoup apprécié. Comme pour La Belle Image, le postulat fantastique est simple et classique. C'est la manière intelligente et sensible de le développer qui rend l'album prenant. Et Bonin a su éviter les facilités scénaristiques auxquels on pense tout de suite avec cette idée de départ (du genre : faire fortune facilement) car le personnage n'abuse pas outre mesure de son pouvoir.
Alors, certes, le sujet n'est pas nouveau et, outre les références déjà citées ici, j'ajouterai le roman Replay de Ken Grimwood (dont je conseille fortement la lecture à ceux qui ont aimé cette BD). Mais Bonin est un auteur qui semble revendiquer un certain classicisme, autant dans les sujets abordés que dans la manière de raconter.
A part peut-être Amorostasia (que je n'ai pas encore lu), son oeuvre n'est pas franchement originale et/ou novatrice. Mais en quoi serait-ce un défaut ? Une bonne histoire, bien racontée et élégamment illustrée peut suffire à passer un agréable moment de lecture. Et lorsqu'il choisit (souvent) l'angle du fantastique, celui-ci est toujours chargé de sens, un peu à la manière d'un Dino Buzzatti.
Quant à la conclusion, je l'ai trouvée correcte et satisfaisante ; là encore j'ai envie d'utiliser, quitte à me répéter, le mot "élégance" qui résume bien à mon sens tout le travail de Bonin.
Par ailleurs, j'ai une raison plus personnelle d'aimer cet album : le fait qu'il se situe, par une étrange coïncidence, entre 1958 et 1962, une période qui a engendré plusieurs de mes oeuvres fétiches dans le domaine du cinéma, du roman, de la BD, de la musique, etc... et que Bonin restitue fort bien.
3.5
Comme cela semble être de plus en plus le cas avec les mangas modernes, Gate est une adaptation d'un Light Novel qui a aussi eu droit à une adaptation anime que j'ai vue d'ailleurs.
J'avais bien aimé l'anime et j'ai lu ce manga avec le même plaisir que j'ai eu lorsque je regardais un épisode de la série. Sauf qu'il y a tout de même quelques trucs gênants. Il faut savoir que l'auteur de l'histoire est très nationaliste (et encore, son éditeur l'a retenu un peu pour que ça ne devienne pas une histoire trop propice à controverse). Du coup on a droit à une armée japonaise hyper-sympa contrairement à ces salauds d'Américains et de Chinois. En plus l'armée japonaise s'est servie de la série pour leur recrutement ! Bon au moins si ça permet à quelques otakus de sortir et d'avoir un emploi, j'imagine que ce n'est pas trop grave.
On a aussi droit au coup de la fille qui a l'air d'avoir 13 ans, mais qui en fait est plusieurs fois centenaire donc ce n'est pas "grave" si elle veut faire des trucs sexuels avec le héros qui est un adulte (il y a aussi une autre jeune fille qui aime le héros, mais elle ne fait pas de truc sexuel donc ça me dérange moins).
Maintenant que j'ai dit ce qui ne me plaît pas trop dans l'histoire, je vais être positif. Je trouve l'idée que deux mondes se rencontrent assez intéressante même si l'autre monde manque d'originalité (ça ressemble à n'importe quel monde fantasy qu'on voit dans la fiction japonaise). L'histoire est prenante et je trouve les personnages attachants. Les deux premiers tomes sont très bons et laissent deviner une histoire avec beaucoup de potentiel et jusqu'à présent c'est aussi bon que l'anime.
J'aime bien le dessin sauf dans le cas du personnage de Lelei qui a vraiment l'air d'un garçon alors que c'est une fille qui a juste les cheveux courts.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Cendres
Entre thriller et roman graphique, Álvaro Ortiz nous délivre ici un « road » qui aurait pu rapidement tourner à l’ennui s’il n’avait placé quantité d’obstacles sur la route de ses personnages. Publiée en 2013, « Cendres » était sa première œuvre. L’auteur espagnol y fait déjà preuve d’une impressionnante maîtrise scénaristique. Malgré plusieurs inserts documentaires et historiques de deux pages autour du thème de l’incinération, et maints flashbacks sur le passé des protagonistes, on ne perd jamais le fil du récit. Non seulement celui-ci reste fluide, mais il est intriguant grâce au mystère entourant cet étrange jeu de piste laissé par Hector à l’intention de ses vieux amis, telle une quête du Graal semblant comme par magie maintenir entre eux trois une sorte d’unité malgré leurs dissensions. De même, les personnages, chacun avec leurs failles, sont suffisamment bien campés pour être attachants. D’ailleurs, même les « méchants » ne sont au fond pas si méchants et nous font presque rire, car il faut le préciser, l’humour est présent… Graphiquement, Álvaro Ortiz fait preuve d’une grande originalité dans la mise en page où parfois les vignettes réunies forment un plan plus large. Son « petit » dessin minimaliste force le lecteur à l’attention, exerçant sur ce dernier une certaine fascination. Il faut se rendre à l’évidence, et l’auteur le prouve : un récit aussi « cinématographique » peut parfaitement tenir dans d’aussi petites cases. L’ensemble est agrémenté de couleurs désaturées aux tons chauds, renforçant la cohérence de l’objet. Incontestablement, cette première œuvre, belle histoire d'amitié, est une réussite, laissant entrevoir chez cet auteur un talent certain pour conter des histoires humaines et atypiques bénéficiant d’un fond puissant. En somme, un auteur aussi doué pour créer des histoires que pour les mettre en scène, et ce de façon très personnelle. Est-ce en raison de la tonalité non seulement cinématographique mais aussi littéraire du livre (notamment avec une référence à Paul Auster), mais il me vient à l’esprit qu’Álvaro Ortiz mérite pleinement le qualificatif de romancier graphique. Une assertion qui se vérifie à la lecture de sa deuxième production, Murderabilia », et que Rituels, le troisième opus tout juste sorti, ne viendra pas espérons-le démentir (avis prochainement sur ces pages). Enfin, on peut féliciter, une fois encore, les Editions Rackham pour le soin apporté au tirage et à la reliure de la version 2015 (avec une très belle couverture cartonnée, celle d’origine ayant une couverture souple).
Un homme de joie
Il y a comme ça des albums qui vous prennent et qui ne vous lâchent plus sans qu'on puisse vraiment l'expliquer. Un homme de joie est un peu de cette catégorie parce qu'en fin de compte l'histoire n'est pas spécialement originale, mais la narration, le dessin et l'ambiance font qu'on ne repose ce premier tome qu'une fois les 56 planches avalées. L'histoire est celle de Sacha, un immigré ukrainien qui débarque aux USA dans les années 30 avec 50 dollars en poche. Avec lui on se balade dans New-York, et on avance au gré de ses rencontres. On découvre les chantiers de construction d'immenses grattes ciels, ce qui, au passage, nous offre des perspectives et des vues plongeantes magnifiques sur la ville. Son quotidien est secoué par un mafieux avec qui il va arpenter la ville entre prostitution et prohibition. Cette rencontre met en avant une tout autre facette de la vie New-Yorkaise. Moins lumineuse mais tout aussi prenante. Car si ce sujet n'a pas l'air novateur, c'est tout sauf un problème tant l'ambiance nous berce. Au final on se laisse agréablement happer par ce récit. Tome 2 Le tome 2 est toujours bien plaisant, même si j'ai l'impression que certains détails qui faisaient le charme du tome 1 ne se retrouvent pas dans ce second volet. Tout d'abord il n'y a plus vraiment la découverte de la ville vue de haut. Dans le même ordre d'idée il n'y a plus le coté rêveur de ce jeune immigré qui parcourt New York à la recherche d'une vie meilleure. Cet espoir est remplacé par un coté polar plus marqué. On prend de plein fouet les impacts des rencontres avec les gens peu recommandables qu'il fait dans le tome 1. Ca fonctionne pas mal en fin de compte, même si ça m'a surpris. J'aime les polars donc au final j'ai apprécié ce diptyque, même si je ne m'attendais pas forcément à ce que l'histoire prenne un tel virage "polar noir".
Holly Ann
Direction la Nouvelle-Orléans et son bayou pour suivre une enquête tintée de mythes vaudous. On suit les investigations de Holly Ann, une jeune femme aux nombreux atouts. Car outre son charme, ce sont surtout ses qualités de déductions qui seront mises en avant ici. Elle mène une enquête, parallèle à celle de la police, pour essayer d’élucider une double disparition, celle du fils d’un riche blanc et celle d’un jeune noir. Immédiatement on rentre dans cette histoire. Le dessin est plaisant, l’ambiance est bien rendue et on sent la chaleur et la moiteur de cette région. Ces disparitions sont intrigantes et les investigations pour les résoudre sont prenantes. L’intrigue est très efficace car elle nous emmène sur plusieurs pistes et les déductions de notre héroïne font avancer le récit petit à petit. Autre atout intéressant, l’intrigue jongle avec le fantasmagorique en utilisant habilement une petite dose de rituels vaudous, ce qui aurait pu lui faire perdre sa crédibilité. Mais non, l’histoire a le bon gout de ne pas basculer dans le fantastique, elle reste du bon côté de la frontière. Choix judicieux car au final on a une vraie bonne histoire qui se tient du début à la fin. Une fois l’enquête bouclée, la toute fin est ouverte juste ce qu’il faut pour donner envie de s’intéresser aux tomes suivants, qui devraient également se composer d’une histoire indépendante par tome. Du tout bon. Tome 2 Le tome 2 reprend la même recette et l'exploite avec autant de réussite. Le personnage de Holly Ann prend un peu d'épaisseur. On sent encore un peu plus que dans le tome 1 qu'il y a quelque chose de pas net qu'on nous cache à son sujet. C'est intéressant pour la suite. Pour ce qui est de l'enquête à proprement parler, elle se déroule grosso modo de la même manière. Notre héroïne va mener ses investigations au nez et à la barbe de la police locale qui ne se montrera pas à son avantage. Tout le contraire de Holly Ann qui fera jouer son réseau de connaissances et qui une fois encore fera preuve d'un esprit de déduction implacable pour résoudre l'affaire. Le mécanisme fonctionne parfaitement, l'intrigue est bien ficelée, le dessin est bon... que demander de plus ?
Deux Bandits
En général, la couverture accroche le regard du chaland bdvore et souvent le contenu est en deçà. Ici, c’est tout le contraire. La couverture est quelconque, voire limite repoussante. Et pourtant … les planches sont d’une qualité rare. Ce western spaghetti à la sauce brésilienne est un bon divertissement pour tout qui cherche un récit décalé et un peu barré à la Sergio Léone. La narration est fluide et pas prise de tête. Tout est bien agencé et bien pensé jusqu’à un final qui ne fait pas dans la demi-mesure. Bref, du tout bon ! Lecture estivale chaudement recommandée.
Big Man Plans
Cette bd commence de manière très bourrine mais nous allons vite comprendre peu à peu. Il faut dire que les dessins sont très expressifs. Les personnages prennent corps. Quand le dessin arrive à nous faire percevoir les sentiments des personnages, c’est presque gagné. J’ai rarement vu un tel effet de maîtrise au niveau du dessin. Je dois dire que j’ai été conquis. Il est question évidement de vengeance. Celle-ci se réalisera de la manière la plus violente et brutale possible par un simple nain. Il y a d’ailleurs un haut degré de sadisme qui atteint un niveau inédit. Pour autant, je pense que cela fait du bien de se vider l’esprit de cette manière après tant d’horreur dans les actualités. Il y a des gens sur terre qui mérite ce que notre petit nain vengeur leur fait. Certes, il perd toute notion d’humanité pour laisser transparaître la bête et le monstre. Mais bon, c’est presque parfois salutaire. Une lecture qui fait réellement du bien par les temps qui courent. On pourra contredire le philosophe grec Sénèque qui disait : un nain a beau se tenir sur une montagne, il n’en est pas plus grand pour cela. Moi, je dirai qu’il ne faut jamais embêter un nain sinon gare...
Cinq mille kilomètres par seconde
Cinq mille kilomètres par seconde est une lecture qui m’avait totalement échappé malgré la remise d’un prix prestigieux à savoir le fauve d’or en 2011 à Angoulême. Je me devais de réparer cette lacune. Je dois dire que j’ai plutôt été agréablement surpris. Il est question d’une histoire d’amitié qui sera mise à mal par l’arrivée d’une jeune et belle fille qui devient la voisine de l’un d’eux. Malheureusement, la vie va les séparer par la suite. Il est intéressant de suivre leur parcours. Pour autant, l’un des garçons sera mis de côté alors qu’il semble avoir joué un rôle essentiel mais peu perceptible. Je regrette un peu cela même si je perçois que l’auteur n’a pas voulu nous refaire le coup du trio amoureux. La thématique penchera plutôt sur les actes manqués et les choix que nous faisons dans la vie. Cela se joue également sur 3 lieux différents : l’Italie, la Norvège et l’Egypte. A chaque fois, l’auteur a réussi grâce à son dessin de retranscrire ces différentes ambiances. On s’y croirait. Ce sont les détails dans les décors qui accordent toute cette importance. Le graphisme est pourtant assez flou mais il y a un effet garanti. Il est vrai que j’apprécie énormément l’aquarelle. Les couleurs pastel sont agréables. Ce n’était pas gagné d’avance pour moi mais le résultat est convaincant. Je me suis laissé embarquer par cette histoire toute simple mais joliment racontée et mise en image.
Corentin - Les Trois Perles de Sa-Skya
Lire cet album, hommage à la célèbre série de Paul Cuvelier, c'est se replonger dans les histoires du journal Tintin qui faisaient le bonheur des lecteurs dans les années 50/60. Cette histoire, qui a priori n'est pas destinée à être une reprise de la série Corentin, respecte en effet tous les codes de l'époque : une série d'aventure classique, un format de 46 pages, un dessin calqué sur celui du dessinateur de l'époque, des couleurs quasi identiques. Et cela en fait une véritable réussite. Dans l'esprit, cela m'a fait penser à la reprise de Blake et Mortimer par Juillard et Van Hamme. Ce qui surprend véritablement, c'est la qualité du dessin de Christophe Simon. On est bien loin du dessinateur qui reprenait péniblement des séries de Jacques Martin comme Orion ou Alix. Sa progression dans le domaine du dessin réaliste est vraiment spectaculaire. Il a réussi à se fondre dans le coup de crayon de Cuvelier de manière étonnante. Les planches sont très aérées avec souvent trois bandes, et il se permet même à quelques reprises d'en utiliser une, pour un seul et même dessin comme un René Follet pouvait également le faire à une époque. L'album comprend en outre dans son édition originale quelques crayonnés. Une belle réussite à mon goût qui ravira les amateurs de récits d'aventure classiques d'antan.
L'Esprit du 11 janvier
Malheureusement, j’ai effectué cette lecture au plus mauvais moment. Un troisième attentat particulièrement meurtrier a encore secoué notre pays. Le débat actuel est que reste-t-il de l’esprit du 11 janvier ? Pour rappel, après le premier attentat qui avait touché Charlie Hebdo ainsi que l’hyper cacher de la porte de Vincennes, il y a eu un rassemblement populaire regroupant 4 millions de personnes dans les rues pour dire non au terrorisme. Il est vrai que lorsque l’auteur a commencé son œuvre, cet esprit avait déjà quasiment disparu. Il était intéressant d’avoir une analyse sociologique voire psychologique de ce qu’a été ce phénomène qualifié d’œuvre d’art par certains hommes politiques de droite. Il est vrai que dans mon esprit, je n’avais pas eu la même lecture de cet esprit du 11 janvier. Pour moi, cela signifiait l’union pour un temps de tous les partis politiques pour une cause commune. Visiblement, c’était plus que cela. Je me rappelle avoir été le tout premier à venir intervenir exceptionnellement sur le forum pour annoncer la mort de Cabu avant que la nouvelle ne soit reprise dans un autre forum où les hommages des bédéphiles avaient alors afflués. J’avais été beaucoup marqué par cette disparition tragique parmi tant d’autres. Puis, il y a eu l’attentat manqué du Thalys en août 2015 et celui terrible du Bataclan du 13 Novembre 2015. Or, chacun semble avoir une lecture différente des événements. Notre auteur nous explique dans ce qui semble être sa théorie que l’esprit du 11 janvier est né des fruits d’une coïncidence entre différents événements comme la sortie du livre de Michel Houellebecq le 7 janvier, la présence de cette policière qui s’est fait descendre aux abords de l’école juive ou de ce policier musulman ayant essayé d’arrêter les frères Kouachi. Cet esprit consiste à ne pas céder à la peur et également à ne pas faire d’amalgame. Jusqu’à présent, on avait toujours respecté la minute de silence. Maintenant, même les syndicats perturbent au bruit des casseroles ce respect pour les morts. A Nice, un habitant s’est est pris à une dame de couleur en lui demandant de repartir là où elle était née ce à quoi, elle a répliqué qu’elle était née en France. C’est l’esprit de la haine et de la vengeance qui a pris la place de l’esprit du 11 janvier. Je me rappelle de ces beaux discours qui sont d’ailleurs mise en avant dans la bd et qui consistaient à ne pas céder à la violence et à pardonner. Ce fut d’ailleurs la première une du journal satirique Charlie avec un prophète qui pleurait avec cette fameuse pancarte. Oui, comme le dit aussi justement l’auteur, c’est désormais pire qu’avant. Le 11 janvier est mort. Bon, il y a aussi un gros passage sur ce pigeon qui ne choisit pas le bon moment pour salir notre président bienaimé de la République. Je trouve que l’explication donnée est vraiment exagérée mais bon. Pour le reste, ce fut un exercice plutôt convaincant car cela m’a permis de connaître plus en profondeur ce qui faisait ce bel état d’esprit qui a aujourd’hui disparu et que j’aimerais bien qu’on retrouve. Plus rien ne sera comme avant, c’est certain. Ces gens que nous avons accueilli ou qui sont nés sur notre territoire nous détestent réellement et n’hésitent pas à tuer des enfants ou égorger nos prêtres pour le prouver. Je peux comprendre que la colère gronde. Faut-il pour autant terroriser les terroristes ? Est-ce seulement possible dans une démocratie respectant les droits de l’homme ? Autant de réflexions qui sont posés par l’esprit du 11 janvier. Le constat est sans appel : la paix est désormais menacée. Alors, oui il faut lire cette œuvre qui reste malheureusement d’actualité. Cela ne sera pas la joie que d’explorer les traumatismes profonds que les français ont subi. Il s’agit de donner un sens à tout cela. C’est parfois difficile. Serge Lehman y est arrivé avec brio en collectant certains faits au cœur de la tragédie nationale et en les transfigurant dans une dimension presque mythologique voire métaphysique. Cependant, je souligne également que cette bd garde une empreinte assez personnel ce qui la rend unique.
The Time Before
Gros coup de coeur. Avec La belle image, Bonin avait déjà sorti un chef-d'oeuvre de fantastique mélancolique et amer (mais l'histoire n'était pas de son cru, étant une adaptation d'un roman de Marcel Aymé). Cette fois, il est bien l'auteur complet de ce The Time Before que j'ai beaucoup apprécié. Comme pour La Belle Image, le postulat fantastique est simple et classique. C'est la manière intelligente et sensible de le développer qui rend l'album prenant. Et Bonin a su éviter les facilités scénaristiques auxquels on pense tout de suite avec cette idée de départ (du genre : faire fortune facilement) car le personnage n'abuse pas outre mesure de son pouvoir. Alors, certes, le sujet n'est pas nouveau et, outre les références déjà citées ici, j'ajouterai le roman Replay de Ken Grimwood (dont je conseille fortement la lecture à ceux qui ont aimé cette BD). Mais Bonin est un auteur qui semble revendiquer un certain classicisme, autant dans les sujets abordés que dans la manière de raconter. A part peut-être Amorostasia (que je n'ai pas encore lu), son oeuvre n'est pas franchement originale et/ou novatrice. Mais en quoi serait-ce un défaut ? Une bonne histoire, bien racontée et élégamment illustrée peut suffire à passer un agréable moment de lecture. Et lorsqu'il choisit (souvent) l'angle du fantastique, celui-ci est toujours chargé de sens, un peu à la manière d'un Dino Buzzatti. Quant à la conclusion, je l'ai trouvée correcte et satisfaisante ; là encore j'ai envie d'utiliser, quitte à me répéter, le mot "élégance" qui résume bien à mon sens tout le travail de Bonin. Par ailleurs, j'ai une raison plus personnelle d'aimer cet album : le fait qu'il se situe, par une étrange coïncidence, entre 1958 et 1962, une période qui a engendré plusieurs de mes oeuvres fétiches dans le domaine du cinéma, du roman, de la BD, de la musique, etc... et que Bonin restitue fort bien.
Gate - Au-delà de la porte
3.5 Comme cela semble être de plus en plus le cas avec les mangas modernes, Gate est une adaptation d'un Light Novel qui a aussi eu droit à une adaptation anime que j'ai vue d'ailleurs. J'avais bien aimé l'anime et j'ai lu ce manga avec le même plaisir que j'ai eu lorsque je regardais un épisode de la série. Sauf qu'il y a tout de même quelques trucs gênants. Il faut savoir que l'auteur de l'histoire est très nationaliste (et encore, son éditeur l'a retenu un peu pour que ça ne devienne pas une histoire trop propice à controverse). Du coup on a droit à une armée japonaise hyper-sympa contrairement à ces salauds d'Américains et de Chinois. En plus l'armée japonaise s'est servie de la série pour leur recrutement ! Bon au moins si ça permet à quelques otakus de sortir et d'avoir un emploi, j'imagine que ce n'est pas trop grave. On a aussi droit au coup de la fille qui a l'air d'avoir 13 ans, mais qui en fait est plusieurs fois centenaire donc ce n'est pas "grave" si elle veut faire des trucs sexuels avec le héros qui est un adulte (il y a aussi une autre jeune fille qui aime le héros, mais elle ne fait pas de truc sexuel donc ça me dérange moins). Maintenant que j'ai dit ce qui ne me plaît pas trop dans l'histoire, je vais être positif. Je trouve l'idée que deux mondes se rencontrent assez intéressante même si l'autre monde manque d'originalité (ça ressemble à n'importe quel monde fantasy qu'on voit dans la fiction japonaise). L'histoire est prenante et je trouve les personnages attachants. Les deux premiers tomes sont très bons et laissent deviner une histoire avec beaucoup de potentiel et jusqu'à présent c'est aussi bon que l'anime. J'aime bien le dessin sauf dans le cas du personnage de Lelei qui a vraiment l'air d'un garçon alors que c'est une fille qui a juste les cheveux courts.