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Couverture de la série Sykes
Sykes

Voici un grand western signé Pierre Dubois qui n'est pas connu pour être un spécialiste du genre, c'est peut-être ça qui rend ce western si intéressant car il travaille en profondeur le personnage de Sentence Sykes, un marshall rude et impitoyable avec les outlaws qu'il poursuit, mais doté paradoxalement d'un profond humanisme, et surtout tiraillé par des démons intérieurs. Sykes apparait comme un être torturé, cherchant l'oubli dans une vie aventureuse remplie de danger et de violence. Il fallait cette originalité dans le caractère du personnage pour que ce western se hisse parmi les grandes oeuvres du genre. Sinon les autres personnages comme le cabochard O'Malley, le pisteur indien Renard Gris, et même le couple de fermiers amis sont des archétypes qu'on rencontre dans le western en BD et à l'écran, à la fois rudes et attachants. L'intrigue en elle-même adopte une démarche très classique, il s'agit d'une traque, Sykes et ses compagnons pistent une bande d'ignobles salopards, ce qui occupe les 3/4 de l'album, et l'ensemble utilise des éléments typique du western hollywoodien mais revisités par une vision plus actuelle et très réaliste. La seconde partie de l'album qui occupe le dernier tiers me dérange un peu par son côté un peu trop rapide qui tranche avec la première partie, car elle montre les 2 héros vieillissants courant vers un destin inexorable mais finalement logique car ce genre d'aventuriers ne pouvaient pas finir leur vie paisiblement dans un ranch, ils allaient au bout de leur destin, leur vie étant dirigée par les armes devait se conclure dans une mort sanglante. Sans révéler la fin, je peux dire que je la trouve cruellement logique et finalement assez belle, même si j'aurais préféré que ça reste focalisé sur cette traque. C'est un grand western sombre, empli de noirceur, mélancolique et crépusculaire qui s'inspire directement de certains westerns hollywoodiens des années 70 en évitant toute analogie au western spaghetti, mais qui m'a fait penser au film Impitoyable de Clint Eastwood, à True Grit des frères Coen, et aussi à Appaloosa de Ed Harris ; le traitement de Dubois est dans cette lignée de westerns récents au cinéma qui donnent une vision beaucoup plus sombre que les westerns à l'ancienne, les héros sont fatigués, dépassés par leur époque qui voit l'Ouest se transformer et où ils n'ont plus leur place. On notera aussi quelques allusions au western spaghetti (assez ironique d'ailleurs) à propos du Django de Corbucci, qui "traîne une mitrailleuse dans un cercueil", ainsi qu'à John Ford avec le nom de Doniphon (nom du personnage de J. Wayne dans L'homme qui tua Liberty Valance, au ton déjà crépusculaire)... Quand en plus, c'est illustré par le crayon de Dimitri Armand, c'est franchement éblouissant, son dessin est superbe avec un style très cinématographique, repérable dans la plupart des cadrages, et avec un trait épais qui magnifie de splendides paysages, il offre de très belles images, et d'ailleurs l'album s'ouvre par une pleine page magnifique. Je trouve que Armand fait preuve d'un plus grand soin et d'une grande maîtrise par rapport à sa reprise de Bob Morane Renaissance au trait plus simple et moins travaillé ; le visuel qu'il offre ici contribue énormément à cette atmosphère crépusculaire et cette noirceur qui parsèment toute cette histoire, renforcées par des images à la violence crue qui donnent un ton ultra réaliste. Enfin, ça me réjouit de voir que le western est revenu en force en BD ces derniers temps, surtout quand il a une telle densité. Bref, c'est une vraie pépite !

03/08/2016 (modifier)
Couverture de la série Aspic Détectives de l'étrange
Aspic Détectives de l'étrange

J'ai suggéré à ma médiathèque municipale d'acheter cette Bd que je voulais lire depuis longtemps, et je suis le premier à l'étrenner. C'est le genre d'atmosphère que j'aime particulièrement, un fantastique policier, aux frontières de l'irrationnel, et surtout bourré de références au sein d'un décor de Belle Epoque parisienne. Pourtant, j'étais un peu méfiant avec Thierry Gloris, dans le genre fantastique, j'avais encore en mémoire le désagréable souvenir de Le Codex angélique, mais aussi le bon souvenir de Meridia ; aussi avec cette Bd, je souscris entièrement même si parfois ses scénarios comportent de petits flottements, et même si le tome 4 marque un léger essoufflement de la série, un peu comme une sorte de virage dû au fait que l'ambiance sherlockienne qui faisait tout le sel de la bande au départ, a été troquée pour un aspect fantastique vampirique qui risque de faire plonger la série dans un fantastique assez commun et trop rebattu. Certes, les allusions référencées, Erzebeth Bathory, Max Shrek, le Nosferatu de Murnau... qui vivent au château du Haut-Koenigsbourg (qui logiquement devrait être en ruines, il ne sera reconstruit que par le kaiser Guillaume II), la présence de Bram Stoker qui entrevoit la trame de son futur Dracula, celles de Michel Strogoff ou du comte de Tiffauges (autre allusion subtile)... tout ceci est plaisant pour l'amateur de littérature et de cinéma, mais on s'écarte du côté étrange, insolite et paranormal qui typait bien la bande dès son début, ce savant mélange d'organisation criminelle, d'ésotérisme et d'ectoplasmes. On a nettement l'impression que Gloris fait feu de tout bois pour embobiner le lecteur. Sinon, dès le début, les références au Gavroche de Victor Hugo, au détective Dupin d'Edgar Poe (avec rappel de ses 3 uniques enquêtes) et qui cite Gaboriau, à Moriarty et à Sherlock Holmes sont très astucieuses (excellent clin d'oeil à la fin du tome 2) ; il y a même des allusions à Tintin (notamment la tête de vache dans le théâtre) et plein d'autres détails pittoresques. Bref un brassage référentiel qui fait toujours plaisir au lecteur. Certains lecteurs pourront reprocher que trop d'éléments s'enchevêtrent, comme les intrigues qui s'entrelacent entre les tomes 3 et 4, et même à la fin du tome 4, ce n'est pas clairement la fin d'un diptyque, c'est une fin ouverte pour une autre histoire qui va s'imbriquer dans la précédente, bref tout ça peut faire un peu fouillis, sans compter un final un peu rapide dans ce tome 4. Mais ce qui m'a réellement séduit dans cette Bd, c'est son atmosphère d'enquête mystérieuse à déduction, comme dans les nouvelles de Poe ou dans les Sherlock Holmes. Et aussi bien sûr ce qui est très plaisant, c'est ce dessin de J. Lamontagne que j'avais déjà apprécié dans Les Druides ; ici il restitue un Paris entre fin XIXème-début 20ème, au moment où certains progrès font leur apparition, et on y reconnait des lieux connus bien retranscrits. Son dessin est véritablement superbe, très esthétique, très soigné, fin, détaillé, avec des visages très jolis, surtout celui de Flora, des costumes bien choisis et un background très documenté. A tout ceci s'ajoutent une pointe d'humour et la richesse des dialogues déjà entrevue dans d'autres Bd scénarisées par Gloris ; le seul petit bémol étant des lettrages un peu petits. Une Bd prometteuse et captivante qui espérons-le, ne sombrera pas dans le grotesque ou le n'importe quoi.

01/08/2016 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Thanos - La Quête de Thanos
Thanos - La Quête de Thanos

Un peu d'histoire pour ceux qui ne connaissent pas trop l'Univers Marvel. Dans les années 70, Jim Starlin crée Thanos, un méchant puissant et intelligent qui est amoureux de la Mort qui dans l'univers Marvel existe et ressemble à une femme. Après quelques histoires, Starlin finit par tuer Thanos. Il va le faire revenir dans les années 90 lorsqu'il écrit la série du Surfeur d'Argent. Cet album contient les épisodes où on voit revenir Thanos ainsi que la minisérie oû Thanos s'empara des joyaux de l'infini ce qui va conduire aux événements de la mini-serie Le Gant de l'Infini. Il est à noter qu'entre ces deux mini-séries il y a encore quelques épisodes du Surfeur d'Argent avec Thanos qui ne sont pas dans l'album. J'aime bien aime cet album. Le personnage de Thanos est charismatique et c'est intéressant de le voir agir. Sa confrontation avec le surfeur d'argent me donne la confirmation que j'aurais plus aimé la trilogie de l'Infini s'il y avait eu moins de personnages inutiles. Ici, tout le monde à un rôle à jouer et il y a un excellent mélange d'aventure, de drame et aussi d'un peu d'humour. Le dessin de Ron Lim est excellent. À lire si on aime Marvel.

01/08/2016 (modifier)
Couverture de la série Shi Xiu
Shi Xiu

Shi Xiu (1775-1844), ancienne prostituée d'un bordel de Canton, devient la reine de la plus puissante des flottes pirates qui infestent la mer de Chine. Personnage historique exceptionnel, elle est devenue par son ambition, sa témérité et ses initiatives la femme pirate la plus célèbre d'Asie du Sud-Est. C'était trop beau pour être vrai, et pourtant ça l'est ; une telle héroïne et sur cet univers rarement montré en BD, c'était une véritable aubaine pour un scénariste, et j'avoue que le résultat est plutôt brillant. Cette Bd est difficile à classer : est-ce un manga ? ou une Bd traditionnelle ? Pour moi, c'est clair, c'est pas parce que c'est dessiné par un artiste chinois qu'on doit la caser en manga (ou plutôt manhua), car le scénariste est Européen, le format des albums est celui des Bd standard, et la mise en page adopte clairement celle des albums franco-belges. Etant donné que c'est dessiné par un Chinois, la fidélité dans les costumes et les décors de jonques est irréprochable, l'ensemble est bien documenté. Cette aventure peut s'apparenter à celles qu'on voyait en France et en Belgique dans les années 60 et 70, elle est très proche des Bd écrites par J.M. Charlier. Je suis peu connaisseur de l'histoire de la Chine, mais le tout me semble crédible, le fond historique est peut-être romancé, mais qu'importe, c'est souvent nécessaire en BD (comme à l'écran), des raccourcis devant alléger la narration. Les pirates chinois sont conformes à l'image qu'on attend d'eux et n'ont rien à envier à ceux des Caraïbes : féroces, cruels, virils, avides, soiffards... Les femmes sont belles, et spécialement Shi Xiu, héroïne d'une envoûtante beauté que le dessinateur ne manque pas de magnifier avec un corps de rêve et lors de scènes coquines. Elle se révèle une femme très intelligente, qui fait une incursion remarquée dans ce monde masculin de brutes, en apportant ses talents d'organisatrice à la stratégie et à la tactique bien pensées. On s'en doute, il y a une cruauté et une violence attendues dans ce type d'aventure, c'est parfois sanglant, les découpages de têtes étant fréquents. Mais il y a surtout du rythme, de l'action et des dialogues bien construits servant un scénario à trame classique qui séduit sans problème malgré d'inévitable clichés. La partie graphique est superbe, Wu Qing Song offrant des pleines pages à la colorisation très européenne (une belle double page dans le tome 2), et un trait plus fin et moins gras à partir du tome 3. Le tome 4 semble marquer la fin de la série alors qu'elle était prévue au départ en 6 albums, on dirait que les auteurs ont été obligé par l'éditeur de conclure car le récit que fait Shi Xiu à Barton, ressemble à une sorte de bilan de vie, elle est vieille et revient sur des moments clé de son existence : on suit son destin qui s'articule notamment autour de son désir de défier l'Empire et sa flotte, son ascendant et son autorité jusqu'à sa reddition. L'ensemble a donc l'air de se terminer pas trop mal, on peut saluer le scénariste d'avoir réussi sans doute à rattraper ce qu'il était prévu de développer dans d'autres albums ; mais peut-être que je me trompe, il y aura peut-être encore 2 albums, même si je ne vois pas trop ce qu'ils pourront ajouter... Le dessin dans ce tome 4 est un peu moins joli, moins peaufiné, malgré de belles images, dont une double page de flots furieux. Une Bd d'aventure captivante qui renoue avec la grande aventure exotique d'autrefois ; ce n'est pas un récit historique précis et pointilleux, il conte le destin d'une femme hors du commun sur un mode romancé destiné à procurer un très agréable moment de lecture, et ce but est atteint amplement.

24/12/2014 (MAJ le 31/07/2016) (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Lucky Luke vu par Mathieu Bonhomme (L'Homme qui tua Lucky Luke / Wanted Lucky Luke)
Lucky Luke vu par Mathieu Bonhomme (L'Homme qui tua Lucky Luke / Wanted Lucky Luke)

Enfin un auteur qui ose s'attaquer au mythe et surtout qui ose le dépoussiérer. Durant ma jeunesse, j'ai été bercé par mes lectures du pauvre cow-boy solitaire. J'avoue bien volontiers qu'il s'agissait de l'une de mes toutes premières lectures. J'ai pratiquement grandi avec Lucky Luke. Puis l'âge avançant, je me suis un peu détourné de lui car il ne changeait pas dans un monde qui a bien évolué. Là, je retrouve un nouveau Lucky Luke qui s'est totalement adapté à notre temps. Je reconnais le formidable pari réussi de Matthieu Bonhomme tant sur le fond que sur la forme. Je ne me suis pas ennuyé avec cette lecture totalement novatrice sur un tel personnage avec un scénario qui n'a pas du tout oublié un humour omniprésent. Oui, on regrette que cela ne soit pas une nouvelle série mais juste un simple hommage.

28/07/2016 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série L'Esprit du 11 janvier
L'Esprit du 11 janvier

6 mois après les terribles attentats de janvier 2016, Serge Lehmann s'interroge sur cet "esprit du 11 janvier". On a droit à une sorte d'enquête autour des ces événements (la tuerie de Charlie Hebdo, celle du supermarché juif, la marche, etc). Il y a plusieurs extraits de medias tirés d'un peu partout et c'est très bien fait. C'est un bon résumé de ces événements et il y a des réflexions intéressantes (peut-on parler de miracle dans une republique laïque vu que les miracles ont une connotation religieuses ?). Je connaissais déjà plusieurs des éléments réunis dans cet ouvrage, notamment le livre d'Emmanuel Todd qui est capable de déchiffrer une foule sans être présent à l'événement (et apparemment tous les gens de diverses origines que j'avais vus dans des photos de la marche sont tous des sales catholiques zombies), mais cela n'a pas fait en sorte de m'ennuyer. J'aurais toutefois aimé un peu d'approfondissement sur les réactions internationales. Un ouvrage passionnant à lire si on s'intéresse à ce genre d'événement.

28/07/2016 (modifier)
Par JAMES RED
Note: 4/5
Couverture de la série La Patrouille des Libellules
La Patrouille des Libellules

Voilà la version "trash" de La Patrouille des Castors série bien pensante des années 50 signée Charlier et Mitacq. Yann, scénariste des Innommables, et Marc Hardy au dessin, auteur de Pierre Tombal, montraient à l'époque une certaine irrévérence. Le premier tome commence dans une abbaye cistercienne mystérieuse et rappelle les séries liées à des groupes d'enfants, que ce soit le Club des Cinq, le Clan des Sept, ou bien évidemment, la Patrouille des Castors. Mais cette fois, ce sont des filles aux caractères bien trempés qui sont les héroïnes. L'intrigue rappelle les luttes des années 30 entre communistes et catholiques. Bien évidemment Yann ne prend pas parti et renvoie dos à dos le cléricalisme bien pensant du curé et des jeunes scouts et de l'autre côté les villageois athées aux ordres du comité central de Moscou. A cela se greffe une histoire d'héritier au trône de la Russie pourchassé par les Soviétiques. C’est avec le deuxième tome de la patrouille des Libellules que la série est devenue vraiment culte. Les auteurs s'attardent sur la débâcle de 1940 à Dunkerque. L’humour de Yann est parfois dérangeant, mais on doit bien admettre une certaine qualité dans l’analyse des comportements humains et la psychologie des personnages. Certains l’ont même taxé d’antisémitisme, d’homophobie et de racisme. Il est vrai que l’humour sur les camps de concentration est parfois très limite et que les Juifs et les Noirs ne sont pas dépeints avec une grande élégance. L’auteur mélange allègrement la petite et la grande Histoire. Rainette et sa bande croisent, entre autres, De Gaulle, Churchill ou du moins son sosie ; mais aussi Hitler et ses lieutenants Goering ou Hess, ce dernier montrant une certaine inclination pour l’astrologie. Mais, on sait que Yann ne respecte rien ; il l’avait déjà démontré dans Les Innommables. Cette fois, il va encore plus loin. Il ridiculise les personnages historiques : que ce soit Churchill jugé comme un fou enfermé dans un asile depuis les Dardanelles en 1916 obligé de reprendre ses fonctions à cause de la mort de son sosie ; De Gaulle qui porte en lui une certaine idée de la France et qui refuse une fellation proposée par Léontine ; Rudolf Hess en adepte du yoga et Hitler qui a déclenché un génocide à cause de la haine qu’il portait à son instituteur juif. Le dessin d’Hardy est plutôt bon. Au fil des trois albums les références sont multiples : on notera : entre autre, un clin d'oeil à Quick et Flupke, ou encore à la Guerre des Boutons et bien évidemment à Pierre Tombal le fossoyeur (création d'Hardy), Blake et Mortimer et leur créateur Edgar Pierre Jacobs ou encore au jeune pimpf Werther, ou à Charles Trénet en étrange résistant.

27/07/2016 (modifier)
Par JAMES RED
Note: 4/5
Couverture de la série Scalped
Scalped

Mon avis porte sur l'ensemble de la série. Ce comics est paru en 10 tomes entre 2007 et 2011. C'est déjà un premier point positif car on n'a pas affaire à une série interminable comme d'autres (style Walking Dead ou Fables, même si dans le cadre de la première, je trouve que les auteurs se renouvellent bien) et je suis assez étonné de ne voir que si peu d'avis tant à mon avis cette histoire mérite le détour. Première originalité de la série : l'intrigue qui se déroule dans une réserve indienne du Sud Dakota (sur certains points, j'ai trouvé quelques ressemblances avec la série "Banshee" même si elle ne se déroule pas au même endroit), où la drogue, l'alcool et les crimes sont monnaie courante. On s'intéresse aux Indiens Lakota et à l'un d'entre eux en particulier Dashiell Bad Horse qui travaille en sous-main pour le FBI dans le but de confondre Red Crow le chef local qui dirige les casinos. La galerie de personnages secondaires vaut aussi le détour que ce soit Red Crow l'étrange Catcher, ou la mère de Dashell qui cache de lourds secrets et était une ancienne activiste. C'est un polar sombre, violent, sans concession qui joue à fond la carte des flash-back (comme beaucoup de séries récentes style Lost ou Orange is the new black), de ce fait cela rend la lisibilité parfois complexe. La continuité entre le tome 1 et 2 s'en est trouvée compliquée, ce qui a désarçonné certains lecteurs. Le dessin de Guerra n'est pas ce que je préfère en bande dessinée, même si je trouve qu'il s'en tire très bien. Celui-ci s'occupe également de l'encrage des albums ce qui est assez rare dans les comics. Pour conclure, une très bonne série que je conseille de lire d'une traite pour bien en saisir toute la puissance.

27/07/2016 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série L'Aviateur
L'Aviateur

Plus il y a de titre de bd, plus il est difficile de concocter un récit vraiment original. L’aviateur n’a rien de vraiment innovant mais il possède d’autres qualités qui sont indéniables. On va commencer par le dessin qui est réellement envoutant avec pour cadre l’Afrique de la Savane. J’avoue avoir été subjugué autant par les animaux (par exemple le lion réaliste de beauté), par les personnages fort bien dessinés et surtout reconnaissables (ce qui est aujourd’hui une qualité) et par le décor. Il y a comme un parfum du film oscarisé Out of Africa que j’avais adoré durant ma folle jeunesse. Bien sûr, on pourra reprocher de nombreux raccourcis scénaristique qui font sourire comme le fait que notre héros tombe très vite amoureux de sa belle ou qu’un homme n’hésite pas à tuer suite aux bons conseils d’un pasteur. Dans le même genre, je n’avais pas aimé L'Aviatrice que j'avais d'ailleurs posté ici même. Quelques mois plus tard sort l’aviateur. Vous remarquerez là encore le manque d’originalité des titres. On fait comme si les autres œuvres n’existaient pas ce qui traduit une méconnaissance totale de ces professionnelles travaillant dans les maisons d’édition. Mais bon, passons ! L’aviateur est une bonne série qui démarre et qui a la particularité de se baser sur un personnage secondaire de la série Tramp qui apparait seulement dans les derniers titres. Il serait la caricature d’un certain Tanguy et Laverdure. C’est franchement dommage de ne pas l’avoir totalement crée sans forcément le rattacher à une autre série peu connue du grand public. Je pense que cela aurait donné encore plus d’épaisseur au personnage. Mais là encore, ce sont des erreurs de débutant. En conclusion et malgré toute ma critique incisive, j’ai aimé et j’accorde allègrement le 4 étoiles pour une œuvre certes classique mais bien réalisée. On notera également que le divertissement est assuré avec un fond historique assez intéressant car méconnu. C’est sans doute le contexte des colonies allemandes africaines qui constitue la véritable originalité de ce récit.

27/07/2016 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Lucky Luke vu par Mathieu Bonhomme (L'Homme qui tua Lucky Luke / Wanted Lucky Luke)
Lucky Luke vu par Mathieu Bonhomme (L'Homme qui tua Lucky Luke / Wanted Lucky Luke)

Réaliser une BD hommage reprenant un personnage célèbre, c'est toujours un exercice casse-gueule. D'abord parce qu'il faut être au moins à la hauteur de l'oeuvre originale mais aussi parce qu'il faut éviter de le dénaturer, ou d'offrir un scénario frileux et sans intérêt, ou encore d’alourdir le tout avec trop de références et de clins d'oeil, ou tout simplement de fournir une mauvaise histoire ou un mauvais dessin. Et en même temps, il faut offrir quelque chose d'original car sinon quel intérêt de faire un hommage si c'est juste pour fournir un album de plus pour une série qui en comptait déjà suffisamment à elle seule ? Eh bien, Mathieu Bonhomme a su éviter tous ces écueils et fournir un excellent album hommage à Lucky Luke. Pour commencer, il y a son dessin qui est excellent. Plus réaliste que celui de Morris, il donne une très belle ambiance aux planches et met en scène un Lucky Luke crédible et plus mature. Les personnages sont dynamiques, les scènes d'action parfaitement rendues. Et en même temps les décors sont beaux et dépaysants. Mais l'histoire n'est pas en reste. Dès les premières pages, on se doute plus ou moins de ce qu'il va se passer et ce que certains cherchent à nous cacher, mais la suite nous révèle pourtant son lot de surprises. Et c'est surtout la manière dont les choses se déroulent qui est plaisante car tout est raconté de manière réaliste et intelligente. Il règne dans le récit une vraie tension qui n'existe pas dans les albums de Morris et on craint pour de bon que Lucky Luke ne s'en sorte pas indemne pour une fois. Mathieu Bonhomme réussit en outre à éviter tout manichéisme et ça, ça me plait bien plus qu'un méchant trop basique à combattre à coups de revolvers. En même temps, le ton réussit à rester suffisamment léger pour que cela reste du divertissement. Le gag récurrent d'un Lucky Luke en manque de tabac finit par être vraiment amusant et à avoir même son incidence sur le déroulement du scénario. Du début à la fin, cet album ne m'aura pas déçu. Vraiment une excellent hommage qui vaut le coup à lui seul comme une bonne histoire à part entière.

26/07/2016 (modifier)