Enfin un comics qui sort du lot. J'ai été charmé par autant de virtuosité dans la mise en scène. On ne sait plus où commence le rêve ou plutôt le cauchemar et la réalité. On est tout de suite entraîné dans le monde d'Alex Mackay comme happé par le récit pour ne plus le lâcher.
Le jeune homme nous livre ses faiblesses et son obsession grandissante à vouloir résoudre le mystère laissé par la mort de son grand-père. Mais surtout, il y aura un aspect psychologique très important. C'est presque de la schizophrénie avec une ambiance digne de ce nom.
Pour le reste, c'est réalisé avec virtuosité aussi bien sur le plan graphique que scénaristique. Que dire de plus? Cette oeuvre a été vainqueur du Eisner Award en 2010 dans la catégorie webcomic et c'est bien mérité pour une fois. Oui, c'est une belle réussite.
3,5
Il y a une dizaine d'années j'avais lu les trois premières séries de Jojo's Bizarre Adventure et je n'avais pas trop aimé. Il faudrait peut-être que je les relise un jour parce que cette 4ème série (ou saison) est très bien.
L'action se passe dans une ville du Japon où à cause d'un événement plusieurs de ses habitants ont des pouvoirs. Évidemment les héros ont des pouvoirs et ils vont affronter d'autres gens avec des pouvoirs. Le scénario est bien fait et les deux points forts sont les personnages que je trouve charismatiques et l'imagination de l'auteur qui semble n'avoir aucune limite. Chaque pouvoir (ou Stand) est différent et la plupart sont assez originaux. Les combats sont bien faits. Toutefois, pour apprécier il faut aimer les histoires qui prennent un peu de temps pour mettre en place tous les personnages importants. Par exemple, le méchant principal n'apparaît pas avant quelques tomes.
Le dessin est spécial, mais avec le temps je me suis habitué.
Cela fait du bien de changer parfois un peu de genre et même dans le manga. Voilà une série érotique totalement réussie avec un scénario parfaitement crédible. Il y a également de l'humour et de la romance. C'est un dosage parfaitement réussi. Au fil des tomes, on apprend à découvrir les différents personnages et leur face cachée au-delà de la séduction.
Certes, il y a également des scènes assez hot mais c'est pour le bien du récit qui ne tombe jamais dans la vulgarité. Le thème principal est le voyeurisme. C'est une série assez coquine qui est très plaisante à lire d'autant que le dessin ne manque pas de charme.
Je n'étais pas un grand fan de Lucky Luke plus jeune, et je me suis laissé tenter par cet ouvrage. Grand format, belles couleurs, superbe dessin très dynamique.
Bravo à Matthieu Bonhomme qui a dépoussiéré ce classique en lui redonnant un coup de jeunesse et d'actualité. Lucky Luke a gagné un lecteur de plus !
C'est injuste, cruel, acide, sadique, mais tellement proche de la vie de tous les exclus de la société...
J'ai préféré le dessin plus travaillé du tome 1, plus noir, plus acéré, mais les deux volumes restent égaux quant à l'histoire.
Vivement septembre 2016 pour la sortie du tome 3
Décidément pour un gars comme moi qui n'était au départ guère attiré par Napoléon, j'en remet une couche ; la bande dessinée m'aurait-elle incité à m'intéresser à ce personnage plus que je ne le croyais ? possible.
Conter encore l'histoire de Napoléon Bonaparte, c'est un peu comme pour Jeanne d'Arc, comment se démarquer de ce qui a été fait dans d'autres Bd ? Jean Tulard en consultant historique apporte le poids nécessaire à cette entreprise car il est considéré comme le spécialiste le plus compétent de l'ère napoléonienne, ses nombreux ouvrages faisant référence ; c'est surtout ce qui m'a incité à aborder ce triptyque que je ne souhaitais pas spécialement lire en me faisant la réflexion "encore du Napoléon !", mais l'occasion s'est présentée en bibli, je l'ai saisie.
Ce n'est pas le dessin qui fut déterminant dans ce choix, bien qu'il ne soit pas désagréable, il n'a guère de personnalité, mais le dessinateur réussit toutefois de belles pages (le sacre d'après le tableau de David, les 2 pages sur Trafalgar, l'entrevue de Tilsit avec le tsar...), la mise en page des batailles est dynamique, et surtout la restitution du visage du Bonaparte jeune des premières années entre l'école de Brienne et la campagne d'Egypte, est parfaite, ainsi que la plupart des autres protagonistes comme Murat, Kléber, Talleyrand ou Louis XVIII... bref ça reste efficace, même si ce dessin est beaucoup moins soigné dans le tome 3, avec des visages laids, un petit aspect bâclé et beaucoup de cases sombres.
Il fallait au moins 3 albums pour cerner le personnage de Napoléon, et je trouve que Noël Simsolo s'en sort pas trop mal, même si la narration n'est pas sans défauts. C'est un journaliste de cinéma qui a publié des ouvrages intéressants, dont un capital sur Hitchcock chez Seghers, il n'est donc pas le premier venu. Mais même si 3 albums permettent une narration moins compressée, il manque quand même plein de choses car il est pratiquement impossible de raconter la bio de Napoléon sans omettre et passer sur des faits. Beaucoup sont évoqués au détour d'une seule case ou dans un dialogue, mais d'autres parfois intéressants sont sacrifiés : c'est dommage d'oublier le traité de Campo Formio, l'île d'Aix, Ney fusillé... ou de passer très vite sur les adieux à Fontainebleau et l'abdication, le débarquement à Golfe-Juan, le ralliement à Laffrey, la détention de Sainte-Hélène (et surtout la mort), on a l'impression qu'à la fin, les auteurs doivent aller vite...
L'album que j'ai trouvé le plus intéressant est le tome 1 car il est centré sur une période très courte, 1793-1799, où en 6 ans, Bonaparte connait une ascension fulgurante depuis le collège de Brienne jusqu'aux premières campagnes militaires comme celles d'Italie et d'Egypte, en passant par le siège de Toulon et le 13 Vendémiaire... c'est là qu'il s'affirme. La période Directoire est bien décrite, elle est assez méconnue dans l'Histoire de France, et c'est d'ailleurs ces premières années que j'aime chez le personnage, lorsqu'il est encore Bonaparte ; j'aime beaucoup moins les grandes batailles après Austerlitz. Dans ce tome 1, les auteurs montrent que cet enfant de l'Ancien Régime, un petit Corse ambitieux élevé dans les valeurs de la République, joua ensuite un rôle important de réformateur, de génie militaire et de fondateur d'un Etat moderne. Ce tome 1 contient aussi une remarquable synthèse en flashback sur les débuts de sa carrière.
Le tome 2 reprend à peu près tous les grands événements constituant la légende napoléonienne : coup d'Etat du 18 Brumaire, le passage des Alpes, la victoire de Marengo, l'attentat de la rue Saint-Nicaise, l'exécution du duc d'Enghien, le sacre, le camp de Boulogne, Trafalgar, Austerlitz, Iena, Tilsit, la guerre en Espagne, la sanglante bataille d'Essling (où on voit Lannes blessé, mais on passe sur sa mort déchirante), la révocation de Joséphine et le mariage avec Marie-Louise. Certains de ces faits sont survolés, d'autres un peu mieux détaillés, mais ça sent un peu l'énumération.
Le tome 3 s'attache aux années 1810-1814 avec la chute de l'Aigle finalement vaincu par des monarchies coalisées, les revers en Espagne, la campagne et la désastreuse retraite de Russie, Waterloo étant la fin de l'aventure et le début de la légende. La détention de Sainte-Hélène est comme je l'ai signalé, un peu rapide. Certains épisodes annexes sont évoqués comme la conspiration de Malet (mais sans expliquer le pourquoi) ou que Corvisart était le médecin personnel de l'Empereur.
Je remarque aussi que les auteurs cèdent aux traditions des fameux mots napoléoniens sur lesquels courent de nombreuses légendes, c'est évidemment très tentant, on a donc droit à la harangue en Egypte ("Soldats, songez que du haut de ces pyramides, 40 siècles vous contemplent") et au monologue d'Austerlitz ("Soldats, je suis content de vous..."), mais dans l'ensemble, ils n'abusent pas de cette formule.
Au final, je trouve l'ensemble inférieur à ce que j'ai pu voir dans Napoléon (Osi) par exemple, mais la période couverte est plus importante et ça reste quand même de bonne qualité, les actes de Napoléon sont fidèlement répertoriés, et ses batailles sont rapportées de façon détaillée, la marge d'erreurs est donc faible, contrairement à d'autres personnages historiques de cette collection "Ils ont fait l'Histoire".
Je dois bien avouer que ces ballades meurtrières au coin des bois sont parfaitement réussies. Il y a 5 récits qui ont chacun leur personnalité bien qu'ayant le même thème. Il n'y aura pas de distorsion graphique bien au contraire. A noter que j'ai beaucoup apprécié cette bichromie qui est tout à fait adaptée au récit. L'auteur est pourtant néerlandais mais il a totalement assimilé la culture américaine.
En effet, il faut savoir que les murder ballads constitue une grande partie du répertoire américain de la chanson. Les textes de ces ballades ont pour point commun le meurtre. Les faits divers peuvent être assez horribles. Ils ont d'ailleurs été véhiculés jusqu'en Grande-Bretagne grâce aux immigrants.
Bref, du bon travail sur le fond comme sur la forme. Se promener dans les bois n'est jamais anodin.
Voilà une BD qui ne se dévoile pas du premier coup, elle est d'une lecture exigeante et cela est en partie du au fait que le texte est quasi omniprésent, peut être d'ailleurs un peu trop. Comme je le disais cette lecture n'est pas aisée et du coup il faut parfois savoir revenir en arrière pour vraiment profiter du dessin de Benjamin Flao, j'ai d'ailleurs eu l'impression à de nombreuses reprises de me trouver face à un carnet de voyage plutôt qu'à une véritable BD. Parfois même, sans être en accord total avec un style, on ne peut ici que mettre chapeau bas, tout comme la poésie de Rimbaud, les dessins nous invitent au voyage. Bravo donc!!
Nous suivons donc le périple d'un obscur poète imitateur de Rimbaud qui décide de remonter et de suivre les traces du poète jusqu'en Abyssinie. Son parcours n'est en fait qu'un moyen à terme de se connaitre lui même.
Que dire d'autre qui n'ait été déjà dit; c'est beau, cela possède une force indéniable et m'a personnellement incité à relire certains poèmes du grand Arthur, "Le bateau ivre " notamment.
Ei8ht nous propose un très prenant récit de voyage dans le temps, ou plus exactement d’égarement dans le temps.
J’ai particulièrement apprécié le rythme narratif qui utilise des ficelles certes déjà souvent utilisées (le héros qui retrouve la mémoire au fil des événements, permettant autant de flash-back aptes à stimuler notre curiosité, par exemple) mais diantrement efficaces. Une fois ma lecture commencée, difficile en effet d’abandonner l’objet en cours de route !
Et ce premier tome ne se contente pas de poser l’histoire : il s’y passe déjà énormément de choses et plus d’une révélation nous est déjà faite… tandis que se dessinent des ramifications bien étranges qui ne cessent de titiller ma curiosité.
Enfin, les codes de couleur utilisés apportent non seulement une esthétique particulière à la série mais aussi une facilité de lecture lors des sauts dans le temps.
Je vais donc poursuivre l’aventure sans hésitation, en espérant que la suite de l’aventure soit du même tonneau (et que celle-ci ne se trainera pas inutilement en longueur).
Franchement bien, pour ma part, même si fondamentalement très classique.
Sans être aussi fanatique qu'Agecanonix, je dois dire que moi aussi j'ai pas mal entendu parler d'Aliénor, duchesse de ma région d'origine.
La lecture de cette série est donc l'occasion de fixer un peu plus les vagues connaissances que j'avais, avec tout le sérieux que Marya Smirnoff (directrice de la collection des reines de Sang) insuffle dans les ouvrages qu'elle dirige. Les noms d'Arnaud Delalande et Simona Mogavino sont aussi des gages de sérieux et de qualité.
Et je n'ai pas été déçu. les personnages sont vraiment intéressants, on a un peu de mal parfois à discerner le fond de leurs intentions (en particulier Aliénor, bien sûr), mais cela fait tout leur sel. Et bonne nouvelle, la trilogie initialement prévue a été prolongée pour pouvoir mieux suivre la vie tellement riche de cette reine...
Au dessin j'ai été plutôt séduit par le travail de Gomez, même si je n'était pas trop convaincu par les visages de ses personnages au début. Ce défaut s'efface par la suite. Du super boulot donc, et je vais lire la suite très vite.
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Sin Titulo
Enfin un comics qui sort du lot. J'ai été charmé par autant de virtuosité dans la mise en scène. On ne sait plus où commence le rêve ou plutôt le cauchemar et la réalité. On est tout de suite entraîné dans le monde d'Alex Mackay comme happé par le récit pour ne plus le lâcher. Le jeune homme nous livre ses faiblesses et son obsession grandissante à vouloir résoudre le mystère laissé par la mort de son grand-père. Mais surtout, il y aura un aspect psychologique très important. C'est presque de la schizophrénie avec une ambiance digne de ce nom. Pour le reste, c'est réalisé avec virtuosité aussi bien sur le plan graphique que scénaristique. Que dire de plus? Cette oeuvre a été vainqueur du Eisner Award en 2010 dans la catégorie webcomic et c'est bien mérité pour une fois. Oui, c'est une belle réussite.
Jojo's Bizarre Adventure - Diamond is unbreakable
3,5 Il y a une dizaine d'années j'avais lu les trois premières séries de Jojo's Bizarre Adventure et je n'avais pas trop aimé. Il faudrait peut-être que je les relise un jour parce que cette 4ème série (ou saison) est très bien. L'action se passe dans une ville du Japon où à cause d'un événement plusieurs de ses habitants ont des pouvoirs. Évidemment les héros ont des pouvoirs et ils vont affronter d'autres gens avec des pouvoirs. Le scénario est bien fait et les deux points forts sont les personnages que je trouve charismatiques et l'imagination de l'auteur qui semble n'avoir aucune limite. Chaque pouvoir (ou Stand) est différent et la plupart sont assez originaux. Les combats sont bien faits. Toutefois, pour apprécier il faut aimer les histoires qui prennent un peu de temps pour mettre en place tous les personnages importants. Par exemple, le méchant principal n'apparaît pas avant quelques tomes. Le dessin est spécial, mais avec le temps je me suis habitué.
Nozokiana
Cela fait du bien de changer parfois un peu de genre et même dans le manga. Voilà une série érotique totalement réussie avec un scénario parfaitement crédible. Il y a également de l'humour et de la romance. C'est un dosage parfaitement réussi. Au fil des tomes, on apprend à découvrir les différents personnages et leur face cachée au-delà de la séduction. Certes, il y a également des scènes assez hot mais c'est pour le bien du récit qui ne tombe jamais dans la vulgarité. Le thème principal est le voyeurisme. C'est une série assez coquine qui est très plaisante à lire d'autant que le dessin ne manque pas de charme.
Lucky Luke vu par Mathieu Bonhomme (L'Homme qui tua Lucky Luke / Wanted Lucky Luke)
Je n'étais pas un grand fan de Lucky Luke plus jeune, et je me suis laissé tenter par cet ouvrage. Grand format, belles couleurs, superbe dessin très dynamique. Bravo à Matthieu Bonhomme qui a dépoussiéré ce classique en lui redonnant un coup de jeunesse et d'actualité. Lucky Luke a gagné un lecteur de plus !
Fuzz & Pluck
C'est injuste, cruel, acide, sadique, mais tellement proche de la vie de tous les exclus de la société... J'ai préféré le dessin plus travaillé du tome 1, plus noir, plus acéré, mais les deux volumes restent égaux quant à l'histoire. Vivement septembre 2016 pour la sortie du tome 3
Napoléon (Glénat)
Décidément pour un gars comme moi qui n'était au départ guère attiré par Napoléon, j'en remet une couche ; la bande dessinée m'aurait-elle incité à m'intéresser à ce personnage plus que je ne le croyais ? possible. Conter encore l'histoire de Napoléon Bonaparte, c'est un peu comme pour Jeanne d'Arc, comment se démarquer de ce qui a été fait dans d'autres Bd ? Jean Tulard en consultant historique apporte le poids nécessaire à cette entreprise car il est considéré comme le spécialiste le plus compétent de l'ère napoléonienne, ses nombreux ouvrages faisant référence ; c'est surtout ce qui m'a incité à aborder ce triptyque que je ne souhaitais pas spécialement lire en me faisant la réflexion "encore du Napoléon !", mais l'occasion s'est présentée en bibli, je l'ai saisie. Ce n'est pas le dessin qui fut déterminant dans ce choix, bien qu'il ne soit pas désagréable, il n'a guère de personnalité, mais le dessinateur réussit toutefois de belles pages (le sacre d'après le tableau de David, les 2 pages sur Trafalgar, l'entrevue de Tilsit avec le tsar...), la mise en page des batailles est dynamique, et surtout la restitution du visage du Bonaparte jeune des premières années entre l'école de Brienne et la campagne d'Egypte, est parfaite, ainsi que la plupart des autres protagonistes comme Murat, Kléber, Talleyrand ou Louis XVIII... bref ça reste efficace, même si ce dessin est beaucoup moins soigné dans le tome 3, avec des visages laids, un petit aspect bâclé et beaucoup de cases sombres. Il fallait au moins 3 albums pour cerner le personnage de Napoléon, et je trouve que Noël Simsolo s'en sort pas trop mal, même si la narration n'est pas sans défauts. C'est un journaliste de cinéma qui a publié des ouvrages intéressants, dont un capital sur Hitchcock chez Seghers, il n'est donc pas le premier venu. Mais même si 3 albums permettent une narration moins compressée, il manque quand même plein de choses car il est pratiquement impossible de raconter la bio de Napoléon sans omettre et passer sur des faits. Beaucoup sont évoqués au détour d'une seule case ou dans un dialogue, mais d'autres parfois intéressants sont sacrifiés : c'est dommage d'oublier le traité de Campo Formio, l'île d'Aix, Ney fusillé... ou de passer très vite sur les adieux à Fontainebleau et l'abdication, le débarquement à Golfe-Juan, le ralliement à Laffrey, la détention de Sainte-Hélène (et surtout la mort), on a l'impression qu'à la fin, les auteurs doivent aller vite... L'album que j'ai trouvé le plus intéressant est le tome 1 car il est centré sur une période très courte, 1793-1799, où en 6 ans, Bonaparte connait une ascension fulgurante depuis le collège de Brienne jusqu'aux premières campagnes militaires comme celles d'Italie et d'Egypte, en passant par le siège de Toulon et le 13 Vendémiaire... c'est là qu'il s'affirme. La période Directoire est bien décrite, elle est assez méconnue dans l'Histoire de France, et c'est d'ailleurs ces premières années que j'aime chez le personnage, lorsqu'il est encore Bonaparte ; j'aime beaucoup moins les grandes batailles après Austerlitz. Dans ce tome 1, les auteurs montrent que cet enfant de l'Ancien Régime, un petit Corse ambitieux élevé dans les valeurs de la République, joua ensuite un rôle important de réformateur, de génie militaire et de fondateur d'un Etat moderne. Ce tome 1 contient aussi une remarquable synthèse en flashback sur les débuts de sa carrière. Le tome 2 reprend à peu près tous les grands événements constituant la légende napoléonienne : coup d'Etat du 18 Brumaire, le passage des Alpes, la victoire de Marengo, l'attentat de la rue Saint-Nicaise, l'exécution du duc d'Enghien, le sacre, le camp de Boulogne, Trafalgar, Austerlitz, Iena, Tilsit, la guerre en Espagne, la sanglante bataille d'Essling (où on voit Lannes blessé, mais on passe sur sa mort déchirante), la révocation de Joséphine et le mariage avec Marie-Louise. Certains de ces faits sont survolés, d'autres un peu mieux détaillés, mais ça sent un peu l'énumération. Le tome 3 s'attache aux années 1810-1814 avec la chute de l'Aigle finalement vaincu par des monarchies coalisées, les revers en Espagne, la campagne et la désastreuse retraite de Russie, Waterloo étant la fin de l'aventure et le début de la légende. La détention de Sainte-Hélène est comme je l'ai signalé, un peu rapide. Certains épisodes annexes sont évoqués comme la conspiration de Malet (mais sans expliquer le pourquoi) ou que Corvisart était le médecin personnel de l'Empereur. Je remarque aussi que les auteurs cèdent aux traditions des fameux mots napoléoniens sur lesquels courent de nombreuses légendes, c'est évidemment très tentant, on a donc droit à la harangue en Egypte ("Soldats, songez que du haut de ces pyramides, 40 siècles vous contemplent") et au monologue d'Austerlitz ("Soldats, je suis content de vous..."), mais dans l'ensemble, ils n'abusent pas de cette formule. Au final, je trouve l'ensemble inférieur à ce que j'ai pu voir dans Napoléon (Osi) par exemple, mais la période couverte est plus importante et ça reste quand même de bonne qualité, les actes de Napoléon sont fidèlement répertoriés, et ses batailles sont rapportées de façon détaillée, la marge d'erreurs est donc faible, contrairement à d'autres personnages historiques de cette collection "Ils ont fait l'Histoire".
Dans les pins - 5 ballades meurtrières
Je dois bien avouer que ces ballades meurtrières au coin des bois sont parfaitement réussies. Il y a 5 récits qui ont chacun leur personnalité bien qu'ayant le même thème. Il n'y aura pas de distorsion graphique bien au contraire. A noter que j'ai beaucoup apprécié cette bichromie qui est tout à fait adaptée au récit. L'auteur est pourtant néerlandais mais il a totalement assimilé la culture américaine. En effet, il faut savoir que les murder ballads constitue une grande partie du répertoire américain de la chanson. Les textes de ces ballades ont pour point commun le meurtre. Les faits divers peuvent être assez horribles. Ils ont d'ailleurs été véhiculés jusqu'en Grande-Bretagne grâce aux immigrants. Bref, du bon travail sur le fond comme sur la forme. Se promener dans les bois n'est jamais anodin.
La Ligne de fuite
Voilà une BD qui ne se dévoile pas du premier coup, elle est d'une lecture exigeante et cela est en partie du au fait que le texte est quasi omniprésent, peut être d'ailleurs un peu trop. Comme je le disais cette lecture n'est pas aisée et du coup il faut parfois savoir revenir en arrière pour vraiment profiter du dessin de Benjamin Flao, j'ai d'ailleurs eu l'impression à de nombreuses reprises de me trouver face à un carnet de voyage plutôt qu'à une véritable BD. Parfois même, sans être en accord total avec un style, on ne peut ici que mettre chapeau bas, tout comme la poésie de Rimbaud, les dessins nous invitent au voyage. Bravo donc!! Nous suivons donc le périple d'un obscur poète imitateur de Rimbaud qui décide de remonter et de suivre les traces du poète jusqu'en Abyssinie. Son parcours n'est en fait qu'un moyen à terme de se connaitre lui même. Que dire d'autre qui n'ait été déjà dit; c'est beau, cela possède une force indéniable et m'a personnellement incité à relire certains poèmes du grand Arthur, "Le bateau ivre " notamment.
Ei8ht
Ei8ht nous propose un très prenant récit de voyage dans le temps, ou plus exactement d’égarement dans le temps. J’ai particulièrement apprécié le rythme narratif qui utilise des ficelles certes déjà souvent utilisées (le héros qui retrouve la mémoire au fil des événements, permettant autant de flash-back aptes à stimuler notre curiosité, par exemple) mais diantrement efficaces. Une fois ma lecture commencée, difficile en effet d’abandonner l’objet en cours de route ! Et ce premier tome ne se contente pas de poser l’histoire : il s’y passe déjà énormément de choses et plus d’une révélation nous est déjà faite… tandis que se dessinent des ramifications bien étranges qui ne cessent de titiller ma curiosité. Enfin, les codes de couleur utilisés apportent non seulement une esthétique particulière à la série mais aussi une facilité de lecture lors des sauts dans le temps. Je vais donc poursuivre l’aventure sans hésitation, en espérant que la suite de l’aventure soit du même tonneau (et que celle-ci ne se trainera pas inutilement en longueur). Franchement bien, pour ma part, même si fondamentalement très classique.
Aliénor - La Légende noire
Sans être aussi fanatique qu'Agecanonix, je dois dire que moi aussi j'ai pas mal entendu parler d'Aliénor, duchesse de ma région d'origine. La lecture de cette série est donc l'occasion de fixer un peu plus les vagues connaissances que j'avais, avec tout le sérieux que Marya Smirnoff (directrice de la collection des reines de Sang) insuffle dans les ouvrages qu'elle dirige. Les noms d'Arnaud Delalande et Simona Mogavino sont aussi des gages de sérieux et de qualité. Et je n'ai pas été déçu. les personnages sont vraiment intéressants, on a un peu de mal parfois à discerner le fond de leurs intentions (en particulier Aliénor, bien sûr), mais cela fait tout leur sel. Et bonne nouvelle, la trilogie initialement prévue a été prolongée pour pouvoir mieux suivre la vie tellement riche de cette reine... Au dessin j'ai été plutôt séduit par le travail de Gomez, même si je n'était pas trop convaincu par les visages de ses personnages au début. Ce défaut s'efface par la suite. Du super boulot donc, et je vais lire la suite très vite.