Fan absolu du magnifique dessin d'Isabelle Dethan et de l'épopée d'Alexandre le Grand, j'ai dévoré cet album.
A mon sens, cette BD est la meilleure qui ait jamais été réalisée sur le jeune conquérant, jusqu'ici.
Résumer l'ensemble de l'oeuvre d'Alexandre sur une cinquantaine de pages seulement, comme plusieurs auteurs de BD l'ont tenté auparavant, n'a pas beaucoup de sens. Ici, on n'a heureusement pas ce problème de narration accélérée: on s'intéresse uniquement aux circonstances qui ont amené le Macédonien à prendre la couronne de son royaume.
Au final, je regrette que cet album ne soit qu'un one-shot. J'attends avec impatience les prochaines BD liées à l'Antiquité réalisées par l'auteure.
Une BD humoristique sur un sujet traité d'habitude de manière si grave, c'est rafraîchissant. Que ça fait du bien!
Certes, les costumes de l'époque sont dessinés de manière simpliste, surtout les uniformes des Romains. Mais je ne lis pas cette BD avec le même regard que pour les Aigles de Rome ou Murena. Ici, il s'agit que le lecteur se divertisse avant tout. Et l'auteur parvient tout à fait à remplir cet objectif.
J'espère que ma fille lira un jour ces albums. C'est en effet une excellente porte d'entrée, aussi pour les enfants, sur les origines du christianisme.
Han han. Moi j'aime bien ce genre d'histoires, où des gens qui ont une vie banale se retrouvent dans une situation exceptionnelle. Il est alors très intéressant d'observer leur comportement. Vous vous retrouvez dans une position d'observateur tout à fait intéressante. Ce regard d'entomologiste, Fabien Vehlmann l'applique donc à 5 enfants, qui se retrouvent du jour au lendemain (c'est le cas de le dire) livrés à eux-mêmes.
Seuls... dans un monde hostile et pourtant pas inconnu. Le dessin de Gazzotti, typique de l'école Dupuis depuis les années 1990, est tout à fait adapté à ce regard de l'enfance et de l'adolescence qui se retrouve confronté à un monde d'adultes... sans adultes.
Vehlmann parvient, malgré les écueils, à mener sa barque de belle façon, nous présentant des personnages riches et variés, un récit avec beaucoup de surprises et un univers vraiment passionnant. La fin du cinquième tome avait ouvert de nouvelles pistes, et attisé grandement l'intérêt du lecteur. Le second cycle continue sur le même tempo, on n'arrive pas à décrocher, et ce monde est toujours aussi intrigant après la lecture de 9 tomes...
Pour moi "Seuls" est un classique.
Après nous avoir raconté par le menu l'histoire d'Al-Qaeda et du 11 septembre dans 9/11, Jean-Claude Bartoll s'attaque à un autre évènement majeur de l'histoire du Moyen-Orient, à savoir l'attaque de la centrale nucléaire irakienne destinée à rayer Israêl de la carte, dans les années 1970.
Le récit joue sur plusieurs fils narratifs : Saddam Hussein qui marchande dur avec la France pour obtenir le matériel pouvant amener à la construction de cette centrale, les filatures du Mossad sur l'ingénieur égyptien qui va diriger le programme irakien, ou encore l'apprentissage du pilotage par un pilote israëlien du F-16 américain (liste non exhaustive)... Dans le second tome l'intrigue se resserre sur le chef d'escadrille israëlien qui va commander la mission, ainsi qu"'un ingénieur français envoyé sur place pour collaborer avec le gouvernement irakien.Une intrigue complexe donc, mais on comprend vite leur interaction. Le récit est nerveux, sans temps morts, car les Irakiens (et les Israëliens) sont pressés et nous aussi.
Jean-Claude Bartoll use à nouveau de tout son savoir-faire d'ancien reporter en investigation pour nous livrer un récit dense et fortement documenté, une nouvelle incursion passionnante dans l'antichambre de l'Histoire récente. Ses personnages sont un peu plus charismatiques dans le second tome, mais le scénariste s'attache avant tout aux faits.
Aux pinceaux c'est l'espagnol Ramon Rosanas qui officie, proposant son trait maîtrisé à cette histoire âpre. Son style allie la nervosité propre aux comics (rappelons qu'il a travaillé sur la série Deadpool) à la précision d'une ligne claire que ne renierait pas André Juillard. Ses avions me semblent parfaits. Luc Brahy lui succède sur le second tome (mais pourquoi ?), avec un résultat comparable, même si je suis plus réservé sur les personnages.
Aussi intéressant qu'agréable visuellement, voici un diptyque intéressant.
Quel bel album, une nouvelle fois avec Wilfried Lupano.
Il s'agit cette fois-ci d'un polar, avec un vernis social bien épais, mais dont le traitement est encore une fois d'une finesse remarquable. Le scénariste prend le temps de nous présenter ses protagonistes, avec leurs rêves, leurs fissures, leurs fiertés aussi, quand ils en ont. Il n'appuie pas avec un marqueur rouge sur tel ou tel, même si Gaby semble concentrer pas mal de clichés.
On se dirige tout doucement vers le plan imaginé par lui et son complice, mais bien sûr les choses vont prendre une toute autre tournure. J'avoue, je n'ai rien vu venir. Et j'ai même dû relire la séquence pour me dire "c'est là que Lupano m'a eu !".
Graphiquement ils 'agit, à ma connaissance, du premier album de Rodguen, qui s'en sort plutôt pas mal, malgré des petits soucis sur les morphologies par moments. Mais sa mise en scène est suffisamment claire pour que ce ne soit rien de plus qu'un léger défaut.
Un bien bel album, encore une fois.
3.5
Une bonne révision du mythe arthurien avec Morgane comme protagoniste.
Si certains points du scénario sont un peu prévisibles (notamment comment les chevaliers sont tournés en ridicule), j'ai bien aimé. J'ai toujours trouvé que Morgane était un personnage intéressant. Je ne suis pas sûr que l'on peut résumer l'histoire à un truc simpliste du genre "les femmes se vengent enfin de ces hommes bêtes et cruels". Je trouve que Morgane elle-même pouvait être méchante. Par exemple, dès les premières pages elle veut tuer Arthur qui est certes un idiot, mais ce n'est tout de même pas de sa faute si Merlin est un manipulateur.
Le personnage de Morgane est complexe et c'est ce qui rend la lecture passionnante. Les moments humoristiques marchent bien et le dessin est très bon. il crée une ambiance incroyable.
Pendant 50 ans, de 1950 à 2000, Charles M. Schulz a publié ces strips quotidiens dans les journaux américains et Dargaud réédite intégralement la série dans une très belle édition. J'ai d'abord découvert les Peanuts par le biais des dessins animés, puis ensuite par la série Snoopy chez Dargaud qui ne reprenait qu'une infime partie des strips.
Je ne conseille pas l'achat de toute l'intégrale, mais juste de quelques uns pour se faire une idée.
Ce qui m'intéressait dans les peanuts, c'était bien sûr les personnages, Charlie Brown en premier ce perdant magnifique, Snoopy le chien "philosophe" et ses aventures imaginaires qui préfigurent celles que vivra le Hobbes de Calvin, Lucy qui prend un malin plaisir à faire souffrir Charlie Brown, Linus son frère, Schroeder le brillant pianiste. Le casting va s'étoffer au fil des années : on rencontrera Franklin, Woodstock l'oiseau, Rerun le petit frère de Lucy et Linus… On notera, cependant, la quasi-absence des adultes de ces histoires.
Le dessin de Schultz est très simple, construisant ses décors de manière minimaliste. Mais autour des Peanuts, c'est 50 ans de vie quotidienne américaine qui nous est proposée : un tableau simple mais parfois assez cynique de notre société contemporaine.
Une très belle série, moins enfantine qu'il n'y paraît et qui traite habilement de la solitude d'un enfant s'inventant un animal en peluche parlant du nom de Hobbes comme le philosophe anglais. Peut-être Watterson décrit-il son enfance ?
Il n'est pas nécessaire d'obtenir tous les albums, mais quelques uns tiendront une belle place dans une bibliothèque.
Hormis Hobbes, son tigre en peluche, le monde de Calvin est assez restreint, ses parents américains de la middle class un peu désabusés, surtout son père.
On trouve aussi quelques rares camarades de classe comme Susie Derkins, à la fois seule amie réelle de Calvin mais aussi détestée car étant une fille, Moe qui n'arrête pas de s'en prendre à lui ou encore l'institutrice qui s'agace de la flemmardise de Calvin.
Une très belle série qui a connu un grand succès pendant 10 ans et s'est arrêtée en 1995.
Helldorado est une aventure « historique » pleine de fureur et de sang superbement mise en image par Ignacio Noé.
J’utilise les guillemets autour du mot « historique » car comme l’auront remarqué d’autres lecteurs, ce qui est raconté ici n’a pas grand chose à voir avec la réalité historique, mais soit, étant prévenu, j’ai accepté dès le début le caractère complètement fictionnel de l’intrigue. Et j’ai été conquis !
Le point fort de cette bd, c’est évidemment le dessin, et ces couleurs ! Voilà un univers visuel dans lequel on a envie d’être immédiatement plongé. On est loin du dessin réaliste historique standard que l’on retrouve dans tellement de séries du genre. Ici, on a affaire à un dessin particulier, avec de la personnalité, y compris dans sa mise en couleur et ses effets informatiques, qui sert admirablement un bon récit.
Un bon récit car j’aime le scénario de Morvan et Dragan, sa philosophie un peu naïve (humaniste) et son habilité à renverser l’histoire avec une certaine « brutalité ». Le rythme est bon, les personnages attachants, l’intrigue est solide et trépidante. Je conseille d’ailleurs plutôt la lecture de la série d’une traite, dans son intégralité. D’ailleurs, une fois entamé le premier tome, c’est difficile de lâcher l’aventure avant la fin. Vous pouvez vous jeter sur sa version intégrale petit format à 15 euros. Les cases étant assez grandes, le format est parfaitement lisible.
3.5
Un manga qui a pour antihéros un gros laid peu sociable qui passe son temps libre dans un jeu virtuel où il peut enfin avoir une petite amie et avoir du sexe. S'il n'avait pas un emploi, il serait un vrai otaku !
Évidemment, la relation avec sa petite amie virtuelle n'est pas aussi simple qu'il y paraît et ils vivront plusieurs développements ensemble. On retrouve plusieurs choses durant ces 4 tomes et je suis bien étonné de tous les thèmes abordés par l'auteur. Ça commence avec un homme dégueulasse qui veut s'évader de la réalité et ça se termine avec l'apocalypse ! On retrouve même un couple de politiciens américains bien connu... La conclusion est étonnante.
La psychologie des personnages est bien maitrisée. J'aime bien la fille virtuelle et aussi la collègue du gros raté. Il y a des moments assez drôles et les moments dégoutants ne m'ont pas trop dérangé (je suis habitué à voir des trucs choquants dans les mangas), mais cela risque de donner envie à certains de refermer le tome qu'ils ont entre les mains. L'intrigue est passionnante, même si c'est vrai que l'auteur aurait pu mieux développer certains trucs.
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J'ai tué Philippe II de Macédoine
Fan absolu du magnifique dessin d'Isabelle Dethan et de l'épopée d'Alexandre le Grand, j'ai dévoré cet album. A mon sens, cette BD est la meilleure qui ait jamais été réalisée sur le jeune conquérant, jusqu'ici. Résumer l'ensemble de l'oeuvre d'Alexandre sur une cinquantaine de pages seulement, comme plusieurs auteurs de BD l'ont tenté auparavant, n'a pas beaucoup de sens. Ici, on n'a heureusement pas ce problème de narration accélérée: on s'intéresse uniquement aux circonstances qui ont amené le Macédonien à prendre la couronne de son royaume. Au final, je regrette que cet album ne soit qu'un one-shot. J'attends avec impatience les prochaines BD liées à l'Antiquité réalisées par l'auteure.
Le Voyage des Pères
Une BD humoristique sur un sujet traité d'habitude de manière si grave, c'est rafraîchissant. Que ça fait du bien! Certes, les costumes de l'époque sont dessinés de manière simpliste, surtout les uniformes des Romains. Mais je ne lis pas cette BD avec le même regard que pour les Aigles de Rome ou Murena. Ici, il s'agit que le lecteur se divertisse avant tout. Et l'auteur parvient tout à fait à remplir cet objectif. J'espère que ma fille lira un jour ces albums. C'est en effet une excellente porte d'entrée, aussi pour les enfants, sur les origines du christianisme.
Seuls
Han han. Moi j'aime bien ce genre d'histoires, où des gens qui ont une vie banale se retrouvent dans une situation exceptionnelle. Il est alors très intéressant d'observer leur comportement. Vous vous retrouvez dans une position d'observateur tout à fait intéressante. Ce regard d'entomologiste, Fabien Vehlmann l'applique donc à 5 enfants, qui se retrouvent du jour au lendemain (c'est le cas de le dire) livrés à eux-mêmes. Seuls... dans un monde hostile et pourtant pas inconnu. Le dessin de Gazzotti, typique de l'école Dupuis depuis les années 1990, est tout à fait adapté à ce regard de l'enfance et de l'adolescence qui se retrouve confronté à un monde d'adultes... sans adultes. Vehlmann parvient, malgré les écueils, à mener sa barque de belle façon, nous présentant des personnages riches et variés, un récit avec beaucoup de surprises et un univers vraiment passionnant. La fin du cinquième tome avait ouvert de nouvelles pistes, et attisé grandement l'intérêt du lecteur. Le second cycle continue sur le même tempo, on n'arrive pas à décrocher, et ce monde est toujours aussi intrigant après la lecture de 9 tomes... Pour moi "Seuls" est un classique.
Mission Osirak
Après nous avoir raconté par le menu l'histoire d'Al-Qaeda et du 11 septembre dans 9/11, Jean-Claude Bartoll s'attaque à un autre évènement majeur de l'histoire du Moyen-Orient, à savoir l'attaque de la centrale nucléaire irakienne destinée à rayer Israêl de la carte, dans les années 1970. Le récit joue sur plusieurs fils narratifs : Saddam Hussein qui marchande dur avec la France pour obtenir le matériel pouvant amener à la construction de cette centrale, les filatures du Mossad sur l'ingénieur égyptien qui va diriger le programme irakien, ou encore l'apprentissage du pilotage par un pilote israëlien du F-16 américain (liste non exhaustive)... Dans le second tome l'intrigue se resserre sur le chef d'escadrille israëlien qui va commander la mission, ainsi qu"'un ingénieur français envoyé sur place pour collaborer avec le gouvernement irakien.Une intrigue complexe donc, mais on comprend vite leur interaction. Le récit est nerveux, sans temps morts, car les Irakiens (et les Israëliens) sont pressés et nous aussi. Jean-Claude Bartoll use à nouveau de tout son savoir-faire d'ancien reporter en investigation pour nous livrer un récit dense et fortement documenté, une nouvelle incursion passionnante dans l'antichambre de l'Histoire récente. Ses personnages sont un peu plus charismatiques dans le second tome, mais le scénariste s'attache avant tout aux faits. Aux pinceaux c'est l'espagnol Ramon Rosanas qui officie, proposant son trait maîtrisé à cette histoire âpre. Son style allie la nervosité propre aux comics (rappelons qu'il a travaillé sur la série Deadpool) à la précision d'une ligne claire que ne renierait pas André Juillard. Ses avions me semblent parfaits. Luc Brahy lui succède sur le second tome (mais pourquoi ?), avec un résultat comparable, même si je suis plus réservé sur les personnages. Aussi intéressant qu'agréable visuellement, voici un diptyque intéressant.
Ma révérence
Quel bel album, une nouvelle fois avec Wilfried Lupano. Il s'agit cette fois-ci d'un polar, avec un vernis social bien épais, mais dont le traitement est encore une fois d'une finesse remarquable. Le scénariste prend le temps de nous présenter ses protagonistes, avec leurs rêves, leurs fissures, leurs fiertés aussi, quand ils en ont. Il n'appuie pas avec un marqueur rouge sur tel ou tel, même si Gaby semble concentrer pas mal de clichés. On se dirige tout doucement vers le plan imaginé par lui et son complice, mais bien sûr les choses vont prendre une toute autre tournure. J'avoue, je n'ai rien vu venir. Et j'ai même dû relire la séquence pour me dire "c'est là que Lupano m'a eu !". Graphiquement ils 'agit, à ma connaissance, du premier album de Rodguen, qui s'en sort plutôt pas mal, malgré des petits soucis sur les morphologies par moments. Mais sa mise en scène est suffisamment claire pour que ce ne soit rien de plus qu'un léger défaut. Un bien bel album, encore une fois.
Morgane
3.5 Une bonne révision du mythe arthurien avec Morgane comme protagoniste. Si certains points du scénario sont un peu prévisibles (notamment comment les chevaliers sont tournés en ridicule), j'ai bien aimé. J'ai toujours trouvé que Morgane était un personnage intéressant. Je ne suis pas sûr que l'on peut résumer l'histoire à un truc simpliste du genre "les femmes se vengent enfin de ces hommes bêtes et cruels". Je trouve que Morgane elle-même pouvait être méchante. Par exemple, dès les premières pages elle veut tuer Arthur qui est certes un idiot, mais ce n'est tout de même pas de sa faute si Merlin est un manipulateur. Le personnage de Morgane est complexe et c'est ce qui rend la lecture passionnante. Les moments humoristiques marchent bien et le dessin est très bon. il crée une ambiance incroyable.
Snoopy & les Peanuts
Pendant 50 ans, de 1950 à 2000, Charles M. Schulz a publié ces strips quotidiens dans les journaux américains et Dargaud réédite intégralement la série dans une très belle édition. J'ai d'abord découvert les Peanuts par le biais des dessins animés, puis ensuite par la série Snoopy chez Dargaud qui ne reprenait qu'une infime partie des strips. Je ne conseille pas l'achat de toute l'intégrale, mais juste de quelques uns pour se faire une idée. Ce qui m'intéressait dans les peanuts, c'était bien sûr les personnages, Charlie Brown en premier ce perdant magnifique, Snoopy le chien "philosophe" et ses aventures imaginaires qui préfigurent celles que vivra le Hobbes de Calvin, Lucy qui prend un malin plaisir à faire souffrir Charlie Brown, Linus son frère, Schroeder le brillant pianiste. Le casting va s'étoffer au fil des années : on rencontrera Franklin, Woodstock l'oiseau, Rerun le petit frère de Lucy et Linus… On notera, cependant, la quasi-absence des adultes de ces histoires. Le dessin de Schultz est très simple, construisant ses décors de manière minimaliste. Mais autour des Peanuts, c'est 50 ans de vie quotidienne américaine qui nous est proposée : un tableau simple mais parfois assez cynique de notre société contemporaine.
Calvin et Hobbes
Une très belle série, moins enfantine qu'il n'y paraît et qui traite habilement de la solitude d'un enfant s'inventant un animal en peluche parlant du nom de Hobbes comme le philosophe anglais. Peut-être Watterson décrit-il son enfance ? Il n'est pas nécessaire d'obtenir tous les albums, mais quelques uns tiendront une belle place dans une bibliothèque. Hormis Hobbes, son tigre en peluche, le monde de Calvin est assez restreint, ses parents américains de la middle class un peu désabusés, surtout son père. On trouve aussi quelques rares camarades de classe comme Susie Derkins, à la fois seule amie réelle de Calvin mais aussi détestée car étant une fille, Moe qui n'arrête pas de s'en prendre à lui ou encore l'institutrice qui s'agace de la flemmardise de Calvin. Une très belle série qui a connu un grand succès pendant 10 ans et s'est arrêtée en 1995.
Helldorado
Helldorado est une aventure « historique » pleine de fureur et de sang superbement mise en image par Ignacio Noé. J’utilise les guillemets autour du mot « historique » car comme l’auront remarqué d’autres lecteurs, ce qui est raconté ici n’a pas grand chose à voir avec la réalité historique, mais soit, étant prévenu, j’ai accepté dès le début le caractère complètement fictionnel de l’intrigue. Et j’ai été conquis ! Le point fort de cette bd, c’est évidemment le dessin, et ces couleurs ! Voilà un univers visuel dans lequel on a envie d’être immédiatement plongé. On est loin du dessin réaliste historique standard que l’on retrouve dans tellement de séries du genre. Ici, on a affaire à un dessin particulier, avec de la personnalité, y compris dans sa mise en couleur et ses effets informatiques, qui sert admirablement un bon récit. Un bon récit car j’aime le scénario de Morvan et Dragan, sa philosophie un peu naïve (humaniste) et son habilité à renverser l’histoire avec une certaine « brutalité ». Le rythme est bon, les personnages attachants, l’intrigue est solide et trépidante. Je conseille d’ailleurs plutôt la lecture de la série d’une traite, dans son intégralité. D’ailleurs, une fois entamé le premier tome, c’est difficile de lâcher l’aventure avant la fin. Vous pouvez vous jeter sur sa version intégrale petit format à 15 euros. Les cases étant assez grandes, le format est parfaitement lisible.
Ressentiment
3.5 Un manga qui a pour antihéros un gros laid peu sociable qui passe son temps libre dans un jeu virtuel où il peut enfin avoir une petite amie et avoir du sexe. S'il n'avait pas un emploi, il serait un vrai otaku ! Évidemment, la relation avec sa petite amie virtuelle n'est pas aussi simple qu'il y paraît et ils vivront plusieurs développements ensemble. On retrouve plusieurs choses durant ces 4 tomes et je suis bien étonné de tous les thèmes abordés par l'auteur. Ça commence avec un homme dégueulasse qui veut s'évader de la réalité et ça se termine avec l'apocalypse ! On retrouve même un couple de politiciens américains bien connu... La conclusion est étonnante. La psychologie des personnages est bien maitrisée. J'aime bien la fille virtuelle et aussi la collègue du gros raté. Il y a des moments assez drôles et les moments dégoutants ne m'ont pas trop dérangé (je suis habitué à voir des trucs choquants dans les mangas), mais cela risque de donner envie à certains de refermer le tome qu'ils ont entre les mains. L'intrigue est passionnante, même si c'est vrai que l'auteur aurait pu mieux développer certains trucs.