Note : 2.5/5
Ah je suis malheureux parce qu'avec Goossens, autant parfois je suis éclaté de rire devant l'originalité de son humour et le côté inattendu de sa mise en scène, autant d'autres fois je sombre dans l'ennui face à des planches trop verbeuses et au rythme trop lent. C'est hélas le cas pour quasiment toute la première moitié de cet album.
Celle-ci utilise en effet les personnages de Georges et Louis et même si je reconnais quelques très bonnes idées dans certains des albums de leur série, je ne me suis jamais attaché à eux car je les trouve trop inutilement bavards et le côté geignard et égocentrique du personnage de Louis m'exaspère. Et les chapitres de Sacré comique qui les emploient ici sont du même tonneau : très bavards, trop basés sur les monologues égocentristes de Louis et avec un rythme un peu assommant. Le côté gentiment provocateur, remettant en cause la Bible, Dieu et les prophètes, est altéré par cette abondance verbale trop souvent ennuyeuse à mon goût.
Cela s'arrange sur la seconde moitié puisque l'attention se porte davantage sur les personnages de la Bible elle-même et plus particulièrement Jésus et ses apôtres. La mise en scène est meilleure, la narration plus fluide et les histoires plus aérées. Là encore pas mal de bonnes idées et cette fois des gags qui passent mieux et m'ont fait davantage sourire voire rire.
J'espérais tout de même quelque chose de plus percutant et de plus marrant, je suis un peu déçu.
A part Millenium, je ne connais pas les polars suédois, ce qui n'a rien d'étonnant quand on sait que je n'aime pas les polars de manière générale. Je ne suis donc pas a priori le public cible de cette BD même si, à sa lecture, j'ai l'impression que les clichés du polar suédois ressemblent pour beaucoup à ceux des polars noirs américains bien classiques.
Sur la forme, cet album se présente comme une sorte de mode d'emploi, avec une bonne dose de texte et des images qui pour beaucoup sont plus illustratives que véritablement des cases de bande dessinée. Seules quelques planches présentant le résumé de certains romans suédois célèbres sont de vraies planches de BD en quatre cases.
L'auteur va nous présenter successivement les éléments qui permettent de former un polar suédois typique, du décor aux personnages, des éléments de base de l'intrigue jusqu'aux multiples rebondissements finaux. Et on suivra ainsi une sorte de parodie de polar qu'il va élaborer peu à peu en cours de route en collant ses éléments.
Le dessin est du noir et blanc au trait charbonneux où l'obscurité semble accentuée pour faire ressortir le côté polar sombre et réaliste et masquer en partie le style humoristique et simple du dessin en lui-même.
Je me suis un peu ennuyé à cette lecture. Comme je ne suis pas connaisseur des polars suédois, ça ne m'a que très peu parlé. Et quasiment aucun gag ou touche d'humour ne m'a fait rire. En effet l'album se révèle un peu longuet, bavard et lassant quand on ne rentre pas dans le trip et que le sujet ne vous parle pas. Donc bof pour moi...
J'ai beaucoup de mal avec le graphisme de Joann Sfar, puis je ne veux pas être l'empêcheur de tourner en rond, le grain de sable, mais depuis maintenant un bout de temps je trouve qu'il est de bon ton d'encenser tout ce que fait l'auteur pour je ne sais quelle raison.
Ici nous sommes résolument dans une bande jeunesse mais très jeunesse, adressé à une population qui en est encore au stade du pipi caca.
On ne peut nier une grande imagination chez Sfar mais je ne suis pas sûr que sa manière d'aborder les différents thèmes soit la meilleure pour de jeunes enfants.
A tester auprès du jeune public, mais à mon sens un adulte doit pouvoir n'être pas trop loin pour répondre aux questions que la lecture de ces albums ne peut manquer de déclencher chez le lecteur.
Mouais. J’ai lu sans enthousiasme cet album à l’italienne, qui déroule sur un ton monocorde la vie terne et sans à-coups d’un dramaturge, qui s’inspire de micro observations du quotidien, pour nourrir son inspiration, écrire pièces et scénarios.
Tout est narré au style indirect, les personnages sont statiques (dessin et colorisation ne m’ont pas spécialement accroché). Rien donc pour dynamiser, égayer ces histoires sans relief.
Le dramaturge en question est quelque peu asocial, et développe quelques obsessions – je dirais presque des frustrations – sexuelles (la frustration est d’ailleurs le maître mot de sa vie – et du ressenti du lecteur).
Un album lu sans passion, et oublié sans regret je pense.
Les incollables, à la base, ce sont des publications éducatives pour la jeunesse où il est répondu à des questions diverses et variées que peuvent se poser les enfants sur la science, la nature, le corps humain et autres. Plein de petites questions auxquelles un adulte ne penserait même pas parce que ça fait partie de la vie de tous les jours mais auxquelles il aurait peut-être du mal à répondre si lui demandait finalement.
C'est ce concept qui est adapté ici en BD sous la forme de gags en une ou deux planches par question, regroupés en chapitres sur un thème en particulier, qui se concluent chacun par deux pages de quizz en texte seulement posant d'autres questions sur le même thème. L'album lui aussi s'adresse à la jeunesse, 7 à 11 ans en gros je dirais, tant dans le ton que dans la nature des questions.
Sincèrement, ce n'est pas terrible du tout.
Le dessin est médiocre pour ne pas dire assez laid et vite expédié. Et les gags qui ponctuent chaque planche sont tout simplement nuls. C'est du niveau de l'humour d'une blague inventée par un écolier lui-même. Ça donne l'impression que les auteurs devaient produire leur album à toute vitesse et qu'ils improvisaient en quelques secondes une chute "drôle" une fois arrivés en bas de chaque page avec ce qui leur passait par la tête vaguement en rapport avec le sujet abordé un peu avant.
J'aurais été tenté de mettre la note minimale si les questions abordées n'étaient pas un peu intéressantes malgré tout. Il y en a peu dont je n'avais pas déjà les réponses mais celles en question attisaient ma curiosité même si la réponse est la plupart du temps assez brièvement donnée et peu passionnante. De ce fait, je me dis que ça peut vaguement intéresser les jeunes lecteurs curieux. Mais même eux auront bien du mal à ne serait-ce que sourire sur les gags forcés qui ponctuent chacune de ces questions/réponses.
Les histoires de pirates, c'est pour moi un sujet éculé, j'ai lu ces récits courts dans l'Echo des Savanes qui les prépubliait en 1998, parce que je n'avais pas grand chose d'autre à lire, mais en plus, le monde de la piraterie vue sous un angle humoristique, ça a déjà été abordé plusieurs fois, notamment par Le Vieux Nick et Barbe-Noire, Colin Colas, Rouly-la-brise ou Jehan Pistolet et bien d'autres. Alors certes, le dessin de ces bandes était plus caritural, mais l'humour y était aussi plus franc, ici l'humour est très relatif et je n'ai pas trouvé l'ensemble ouvertement drôle, c'est amusant par moments mais sans plus, les chutes sont parfois sympas, c'est donc assez peu. Je regrette que les auteurs n'aient pas osé être plus tranchants ou plus audacieux, en versant dans l'humour noir ou le cynisme plus marqué, je les trouve un peu frileux sur ce coup. Dans le même univers, je préfère Bouffe-Doublon.
C'est d'autant plus dommage que la bande reprend tous les clichés et les éléments des Bd de pirates, tout ceci a été vu et brassé aussi au cinéma, le côté pas sérieux émerge mais pas assez selon moi pour avoir une véritable identité, d'où le fait que j'aurais mieux vu cette Bd en aventure plutôt qu'en humour ; dommage parce que Rossi est au crayon et offre un dessin plus proche et semblable à celui qu'on voit sur La Gloire d'Héra plutôt que sur Le Chariot de Thespis ou Le Coeur des Amazones, il est donc plutôt plaisant. Je le regrette mais je n'ai pas été emballé plus que ça.
Mouais, un gros bof, voilà tout ce qui me vient après la lecture du premier tome de cette série (lu sur le site Dargaud, qui le met en ligne durant le confinement, merci à eux, malgré ma déception).
L’album est bâti sur une alternance entre courtes présentations de personnages mythiques (dieux ou héros) de la Grèce antique – généralement en une ou plus rarement deux pages, et des histoires courtes dessinées par Jul (s’apparentant à des strips), qui sont censées donner une touche d’humour et/ou aérer l’ensemble.
Oui, mais voilà, je n’ai pas appris grand-chose des textes – très, trop courts pour avoir valeur pédagogique (ou alors si vous ne connaissez vraiment pas grand-chose au sujet). En fait, soit vous connaissez déjà bien le sujet et ils vont vous paraitre trop « secs », manquant de développement, soit vous êtes un béotien et alors leur enchainement peu vous gaver (si vous attendiez une BD divertissante).
Quant aux gags de Jul, je les ai trouvés la plupart du temps quelconques, je n’ai jamais ri, j’ai très rarement souri. Surtout, il cherche à glisser dans ses petites histoires des références à l’actualité. Du coup, ce côté risque très rapidement de leur faire perdre le- très – peu qu’elles pouvaient avoir d’accrocheur, le temps effaçant de la mémoire des lecteurs les liens nécessaires.
Bref, une fausse bonne idée d’un éditeur. Mais il est vrai que les grands éditeurs cherchent maintenant davantage à développer des « concepts », à épuiser des sujets, plutôt qu’à encourager l’originalité. Je ne suis clairement pas convaincu par cette série, et je m’arrêterai sans regret sur ce premier tome.
J'ai retrouvé cette bande dans l'Echo des Savanes en 1998, tout au moins les mini-récits qui constituent le tome 1, je ne les avais pas lus à l'époque, ça ne m'attirait pas, mais comme en ce moment, je suis en pénurie de Bd, j'essaie de revoir ce qui m'a échappé dans les journaux de BD que je possède, et encore je n'ai pas sous la main le gros de ma collection de l'Echo, je n'ai que les années 98 à 2000.
Je trouve que ça rappelle un peu d'autres bandes humoristiques de pirates telles que Pepito ou Surplouf en plus salace évidemment, avec des personnages abrutis ou crétins qui ne pensent qu'au sexe, à la buvande et à la rapine, en fait ces marins portugais sont guère différents des vrais qui ont exploré les océans aux XVIème et XVIIème siècles, c'était aussi de vulgaires pillards qui s'abritaient derrière le paravent de la christianisation et de la colonisation forcée. Sauf qu'ici, Jano livre une version plus décapante et revisite leurs expéditions, mais au final je ne trouve pas que ce soit si drôle, c'est un humour qui ne m'a pas vraiment déridé, d'où ma note négative. En fait, il n'y a pas de gags ni de situations vraiment comiques, juste une ambiance humoristique et des têtes de personnages qui donnent une impression de drôlerie.
Dans un genre similaire, je préfère largement Surplouf qui paraissait dans Pif-Gadget, même si c'est une bande jeunesse, mais au moins c'était joyeux et magnifié par le dessin de Cézard, encore que là, je reste assez indulgent pour le dessin de Jano que je trouve très coloré et surtout très soigné, il y a une nette différence entre le dessin un peu gribouillis et mal foutu qu'il faisait sur Kebra et ces marins de la Santa Sardinha, c'est donc le bon point de cette bande qui ne m'a pas laissé un souvenir impérissable.
Alors que l’homme a saccagé la nature avec sa pollution, la déforestation, et ses industries, la faune et la flore se sont révoltées et sont en passe de se venger, en éliminant l’espèce humaine : la « force verte » va gagner ! Seuls quelques hommes, conscients du danger, tentent de résister. Mais les insectes contrôlent déjà certains humains, s’immiscent en eux, cherchant à « convertir » les humains (et leur font dire des phrases quelque peu surprenantes, comme celle reprise en titre).
Vous l’avez compris, on est là dans une sorte de SF joyeusement foutraque et improbable, les quelques dialogues (généralement placés à part avant des pages d’illustration) prenant presque une force poétique tellement ils sont incongrus, en décalage avec l’image en question, et simplement la raison.
Les illustrations sont soit des dessins sérigraphiés en couleur (d’insectes ou d’animaux géants et humanoïdes), soit des images tirées de films américains des années 50. Époque où la SF de série B ou Z fleurissait sur les écrans, au point d’inspirer les auteurs je pense. La couverture, singeant une affiche de film, confirme cette influence.
L’album d’une quinzaine de pages se lit très vite. Et m’a laissé quelque peu perplexe. Non pas que le loufoque m’ait gêné, mais il n’y a pas vraiment d’histoire digne de ce nom – ou alors c’est squelettique –, et du coup je ne vois pas où les auteurs voulaient en venir.
J'ai retrouvé dans les numéros spéciaux de Circus des récits complets sur cette Lorna, sorte de mercenaire de l'espace qui se balade souvent à poil, tout comme la plupart des femmes de cette galaxie qui sont toutes des bombasses en manque de sexe. Dans un des récits, titré le Robot lubrique (1981), Lorna bosse dans un laboratoire sidéral, elle est la créatrice de Matthias, un robot de forme humanoïde destiné à donner du plaisir avec un sexe adéquat, elle emmène ce robot qui n'a pas l'air de s'en plaindre au Club des nymphes de l'espace, où un harem de filles en chaleur toutes à poil aussi se jettent littéralement sur cette pauvre mécanique.
Ce récit fait donc partie de cet album, au premier abord, c'est parfois amusant, le sexe et l'érotisme font partie de ces aventures sans trop d'originalité mais bien vite, ça se révèle banal et assez répétitif, il n'y a pas de scénario structuré et consistant, on est dans l'approximatif, d'où le fait que c'est joli à regarder mais que ça m'a vite ennuyé. Le dessin est encore un peu révélateur des débuts d'Azpiri, il ressemble ici à un style qui hésite entre Carlos Gimenez et Victor de La Fuente, autres compatriotes célèbres de Alfonso Azpiri qui trouvera son style dans les albums suivants, mais on voit que son crayon aime déjà à caresser les courbes féminines, il publiera pendant les années 70 et 80 de nombreux récits courts dans les pockets érotiques de la maison Elvifrance, et des récits fantastiques dans Ere comprimée et Fantastik, je m'en souviens, j'en ai lu dans ces revues.
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Sacré comique
Note : 2.5/5 Ah je suis malheureux parce qu'avec Goossens, autant parfois je suis éclaté de rire devant l'originalité de son humour et le côté inattendu de sa mise en scène, autant d'autres fois je sombre dans l'ennui face à des planches trop verbeuses et au rythme trop lent. C'est hélas le cas pour quasiment toute la première moitié de cet album. Celle-ci utilise en effet les personnages de Georges et Louis et même si je reconnais quelques très bonnes idées dans certains des albums de leur série, je ne me suis jamais attaché à eux car je les trouve trop inutilement bavards et le côté geignard et égocentrique du personnage de Louis m'exaspère. Et les chapitres de Sacré comique qui les emploient ici sont du même tonneau : très bavards, trop basés sur les monologues égocentristes de Louis et avec un rythme un peu assommant. Le côté gentiment provocateur, remettant en cause la Bible, Dieu et les prophètes, est altéré par cette abondance verbale trop souvent ennuyeuse à mon goût. Cela s'arrange sur la seconde moitié puisque l'attention se porte davantage sur les personnages de la Bible elle-même et plus particulièrement Jésus et ses apôtres. La mise en scène est meilleure, la narration plus fluide et les histoires plus aérées. Là encore pas mal de bonnes idées et cette fois des gags qui passent mieux et m'ont fait davantage sourire voire rire. J'espérais tout de même quelque chose de plus percutant et de plus marrant, je suis un peu déçu.
Comment écrire un polar suédois sans se fatiguer
A part Millenium, je ne connais pas les polars suédois, ce qui n'a rien d'étonnant quand on sait que je n'aime pas les polars de manière générale. Je ne suis donc pas a priori le public cible de cette BD même si, à sa lecture, j'ai l'impression que les clichés du polar suédois ressemblent pour beaucoup à ceux des polars noirs américains bien classiques. Sur la forme, cet album se présente comme une sorte de mode d'emploi, avec une bonne dose de texte et des images qui pour beaucoup sont plus illustratives que véritablement des cases de bande dessinée. Seules quelques planches présentant le résumé de certains romans suédois célèbres sont de vraies planches de BD en quatre cases. L'auteur va nous présenter successivement les éléments qui permettent de former un polar suédois typique, du décor aux personnages, des éléments de base de l'intrigue jusqu'aux multiples rebondissements finaux. Et on suivra ainsi une sorte de parodie de polar qu'il va élaborer peu à peu en cours de route en collant ses éléments. Le dessin est du noir et blanc au trait charbonneux où l'obscurité semble accentuée pour faire ressortir le côté polar sombre et réaliste et masquer en partie le style humoristique et simple du dessin en lui-même. Je me suis un peu ennuyé à cette lecture. Comme je ne suis pas connaisseur des polars suédois, ça ne m'a que très peu parlé. Et quasiment aucun gag ou touche d'humour ne m'a fait rire. En effet l'album se révèle un peu longuet, bavard et lassant quand on ne rentre pas dans le trip et que le sujet ne vous parle pas. Donc bof pour moi...
Petit Vampire
J'ai beaucoup de mal avec le graphisme de Joann Sfar, puis je ne veux pas être l'empêcheur de tourner en rond, le grain de sable, mais depuis maintenant un bout de temps je trouve qu'il est de bon ton d'encenser tout ce que fait l'auteur pour je ne sais quelle raison. Ici nous sommes résolument dans une bande jeunesse mais très jeunesse, adressé à une population qui en est encore au stade du pipi caca. On ne peut nier une grande imagination chez Sfar mais je ne suis pas sûr que sa manière d'aborder les différents thèmes soit la meilleure pour de jeunes enfants. A tester auprès du jeune public, mais à mon sens un adulte doit pouvoir n'être pas trop loin pour répondre aux questions que la lecture de ces albums ne peut manquer de déclencher chez le lecteur.
Le Dramaturge
Mouais. J’ai lu sans enthousiasme cet album à l’italienne, qui déroule sur un ton monocorde la vie terne et sans à-coups d’un dramaturge, qui s’inspire de micro observations du quotidien, pour nourrir son inspiration, écrire pièces et scénarios. Tout est narré au style indirect, les personnages sont statiques (dessin et colorisation ne m’ont pas spécialement accroché). Rien donc pour dynamiser, égayer ces histoires sans relief. Le dramaturge en question est quelque peu asocial, et développe quelques obsessions – je dirais presque des frustrations – sexuelles (la frustration est d’ailleurs le maître mot de sa vie – et du ressenti du lecteur). Un album lu sans passion, et oublié sans regret je pense.
Les Incollables (Jungle)
Les incollables, à la base, ce sont des publications éducatives pour la jeunesse où il est répondu à des questions diverses et variées que peuvent se poser les enfants sur la science, la nature, le corps humain et autres. Plein de petites questions auxquelles un adulte ne penserait même pas parce que ça fait partie de la vie de tous les jours mais auxquelles il aurait peut-être du mal à répondre si lui demandait finalement. C'est ce concept qui est adapté ici en BD sous la forme de gags en une ou deux planches par question, regroupés en chapitres sur un thème en particulier, qui se concluent chacun par deux pages de quizz en texte seulement posant d'autres questions sur le même thème. L'album lui aussi s'adresse à la jeunesse, 7 à 11 ans en gros je dirais, tant dans le ton que dans la nature des questions. Sincèrement, ce n'est pas terrible du tout. Le dessin est médiocre pour ne pas dire assez laid et vite expédié. Et les gags qui ponctuent chaque planche sont tout simplement nuls. C'est du niveau de l'humour d'une blague inventée par un écolier lui-même. Ça donne l'impression que les auteurs devaient produire leur album à toute vitesse et qu'ils improvisaient en quelques secondes une chute "drôle" une fois arrivés en bas de chaque page avec ce qui leur passait par la tête vaguement en rapport avec le sujet abordé un peu avant. J'aurais été tenté de mettre la note minimale si les questions abordées n'étaient pas un peu intéressantes malgré tout. Il y en a peu dont je n'avais pas déjà les réponses mais celles en question attisaient ma curiosité même si la réponse est la plupart du temps assez brièvement donnée et peu passionnante. De ce fait, je me dis que ça peut vaguement intéresser les jeunes lecteurs curieux. Mais même eux auront bien du mal à ne serait-ce que sourire sur les gags forcés qui ponctuent chacune de ces questions/réponses.
Capitaine La Guibole
Les histoires de pirates, c'est pour moi un sujet éculé, j'ai lu ces récits courts dans l'Echo des Savanes qui les prépubliait en 1998, parce que je n'avais pas grand chose d'autre à lire, mais en plus, le monde de la piraterie vue sous un angle humoristique, ça a déjà été abordé plusieurs fois, notamment par Le Vieux Nick et Barbe-Noire, Colin Colas, Rouly-la-brise ou Jehan Pistolet et bien d'autres. Alors certes, le dessin de ces bandes était plus caritural, mais l'humour y était aussi plus franc, ici l'humour est très relatif et je n'ai pas trouvé l'ensemble ouvertement drôle, c'est amusant par moments mais sans plus, les chutes sont parfois sympas, c'est donc assez peu. Je regrette que les auteurs n'aient pas osé être plus tranchants ou plus audacieux, en versant dans l'humour noir ou le cynisme plus marqué, je les trouve un peu frileux sur ce coup. Dans le même univers, je préfère Bouffe-Doublon. C'est d'autant plus dommage que la bande reprend tous les clichés et les éléments des Bd de pirates, tout ceci a été vu et brassé aussi au cinéma, le côté pas sérieux émerge mais pas assez selon moi pour avoir une véritable identité, d'où le fait que j'aurais mieux vu cette Bd en aventure plutôt qu'en humour ; dommage parce que Rossi est au crayon et offre un dessin plus proche et semblable à celui qu'on voit sur La Gloire d'Héra plutôt que sur Le Chariot de Thespis ou Le Coeur des Amazones, il est donc plutôt plaisant. Je le regrette mais je n'ai pas été emballé plus que ça.
50 Nuances de Grecs
Mouais, un gros bof, voilà tout ce qui me vient après la lecture du premier tome de cette série (lu sur le site Dargaud, qui le met en ligne durant le confinement, merci à eux, malgré ma déception). L’album est bâti sur une alternance entre courtes présentations de personnages mythiques (dieux ou héros) de la Grèce antique – généralement en une ou plus rarement deux pages, et des histoires courtes dessinées par Jul (s’apparentant à des strips), qui sont censées donner une touche d’humour et/ou aérer l’ensemble. Oui, mais voilà, je n’ai pas appris grand-chose des textes – très, trop courts pour avoir valeur pédagogique (ou alors si vous ne connaissez vraiment pas grand-chose au sujet). En fait, soit vous connaissez déjà bien le sujet et ils vont vous paraitre trop « secs », manquant de développement, soit vous êtes un béotien et alors leur enchainement peu vous gaver (si vous attendiez une BD divertissante). Quant aux gags de Jul, je les ai trouvés la plupart du temps quelconques, je n’ai jamais ri, j’ai très rarement souri. Surtout, il cherche à glisser dans ses petites histoires des références à l’actualité. Du coup, ce côté risque très rapidement de leur faire perdre le- très – peu qu’elles pouvaient avoir d’accrocheur, le temps effaçant de la mémoire des lecteurs les liens nécessaires. Bref, une fausse bonne idée d’un éditeur. Mais il est vrai que les grands éditeurs cherchent maintenant davantage à développer des « concepts », à épuiser des sujets, plutôt qu’à encourager l’originalité. Je ne suis clairement pas convaincu par cette série, et je m’arrêterai sans regret sur ce premier tome.
Les Fabuleuses Dérives de la Santa Sardinha
J'ai retrouvé cette bande dans l'Echo des Savanes en 1998, tout au moins les mini-récits qui constituent le tome 1, je ne les avais pas lus à l'époque, ça ne m'attirait pas, mais comme en ce moment, je suis en pénurie de Bd, j'essaie de revoir ce qui m'a échappé dans les journaux de BD que je possède, et encore je n'ai pas sous la main le gros de ma collection de l'Echo, je n'ai que les années 98 à 2000. Je trouve que ça rappelle un peu d'autres bandes humoristiques de pirates telles que Pepito ou Surplouf en plus salace évidemment, avec des personnages abrutis ou crétins qui ne pensent qu'au sexe, à la buvande et à la rapine, en fait ces marins portugais sont guère différents des vrais qui ont exploré les océans aux XVIème et XVIIème siècles, c'était aussi de vulgaires pillards qui s'abritaient derrière le paravent de la christianisation et de la colonisation forcée. Sauf qu'ici, Jano livre une version plus décapante et revisite leurs expéditions, mais au final je ne trouve pas que ce soit si drôle, c'est un humour qui ne m'a pas vraiment déridé, d'où ma note négative. En fait, il n'y a pas de gags ni de situations vraiment comiques, juste une ambiance humoristique et des têtes de personnages qui donnent une impression de drôlerie. Dans un genre similaire, je préfère largement Surplouf qui paraissait dans Pif-Gadget, même si c'est une bande jeunesse, mais au moins c'était joyeux et magnifié par le dessin de Cézard, encore que là, je reste assez indulgent pour le dessin de Jano que je trouve très coloré et surtout très soigné, il y a une nette différence entre le dessin un peu gribouillis et mal foutu qu'il faisait sur Kebra et ces marins de la Santa Sardinha, c'est donc le bon point de cette bande qui ne m'a pas laissé un souvenir impérissable.
Pétula, je suis une libellule !
Alors que l’homme a saccagé la nature avec sa pollution, la déforestation, et ses industries, la faune et la flore se sont révoltées et sont en passe de se venger, en éliminant l’espèce humaine : la « force verte » va gagner ! Seuls quelques hommes, conscients du danger, tentent de résister. Mais les insectes contrôlent déjà certains humains, s’immiscent en eux, cherchant à « convertir » les humains (et leur font dire des phrases quelque peu surprenantes, comme celle reprise en titre). Vous l’avez compris, on est là dans une sorte de SF joyeusement foutraque et improbable, les quelques dialogues (généralement placés à part avant des pages d’illustration) prenant presque une force poétique tellement ils sont incongrus, en décalage avec l’image en question, et simplement la raison. Les illustrations sont soit des dessins sérigraphiés en couleur (d’insectes ou d’animaux géants et humanoïdes), soit des images tirées de films américains des années 50. Époque où la SF de série B ou Z fleurissait sur les écrans, au point d’inspirer les auteurs je pense. La couverture, singeant une affiche de film, confirme cette influence. L’album d’une quinzaine de pages se lit très vite. Et m’a laissé quelque peu perplexe. Non pas que le loufoque m’ait gêné, mais il n’y a pas vraiment d’histoire digne de ce nom – ou alors c’est squelettique –, et du coup je ne vois pas où les auteurs voulaient en venir.
Lorna (Soleil Production)
J'ai retrouvé dans les numéros spéciaux de Circus des récits complets sur cette Lorna, sorte de mercenaire de l'espace qui se balade souvent à poil, tout comme la plupart des femmes de cette galaxie qui sont toutes des bombasses en manque de sexe. Dans un des récits, titré le Robot lubrique (1981), Lorna bosse dans un laboratoire sidéral, elle est la créatrice de Matthias, un robot de forme humanoïde destiné à donner du plaisir avec un sexe adéquat, elle emmène ce robot qui n'a pas l'air de s'en plaindre au Club des nymphes de l'espace, où un harem de filles en chaleur toutes à poil aussi se jettent littéralement sur cette pauvre mécanique. Ce récit fait donc partie de cet album, au premier abord, c'est parfois amusant, le sexe et l'érotisme font partie de ces aventures sans trop d'originalité mais bien vite, ça se révèle banal et assez répétitif, il n'y a pas de scénario structuré et consistant, on est dans l'approximatif, d'où le fait que c'est joli à regarder mais que ça m'a vite ennuyé. Le dessin est encore un peu révélateur des débuts d'Azpiri, il ressemble ici à un style qui hésite entre Carlos Gimenez et Victor de La Fuente, autres compatriotes célèbres de Alfonso Azpiri qui trouvera son style dans les albums suivants, mais on voit que son crayon aime déjà à caresser les courbes féminines, il publiera pendant les années 70 et 80 de nombreux récits courts dans les pockets érotiques de la maison Elvifrance, et des récits fantastiques dans Ere comprimée et Fantastik, je m'en souviens, j'en ai lu dans ces revues.