Cela faisait quelques années que j'allais sur le site de bdtheque pour y dénicher quelques bonnes infos. Puis en ce début d'année j'ai franchi le pas, je me suis inscrit. Et là, deux problèmes à résoudre. Trouver un pseudo, mais pas n'importe quoi, un truc qui en "jette" et c'est venu naturellement : Cacal69 (on ne rit pas). Et ensuite, une image de profil, et comme une évidence j'ai pensé à Ajjer. Oui une femme, sûrement mon côté féminin qui ressort ;-)
Je suis tombé en amour de cette série que je relis avec toujours autant de plaisir.
Je vais reprendre le mot de Miranda et Sloane : JOUISSIF.
Pona nous livre un scénario foisonnant d'idées et fourmillant de personnages hétéroclites.
C'est comme prendre les restes du frigo et en faire un mets de choix. Nous avons ici de la fantasy, de la magie, du steampunk et de l'uchronie sur fond de révolution Russe. Loin d'être un bordel sans nom, ce délicieux mélange nous offre un plat cinq étoiles.
Pas de héros mais deux magnifiques héroïnes. Ajjer, l'amazone drack qui aime fumer de temps en temps son petit cigarillos et Katiana, sorcière à ses heures, qui ne dit pas non à un verre de vodka.
Un dragon empereur, un commissaire du peuple créant la glace, un ogre, une lamie, une déesse/ballon dirigeable, un hôpital psychiatrique peuplé de sylves ....
Malgré tout ce petit monde le récit est fluide, on se laisse porter jusqu'au dénouement final et sa petite surprise.
Pour sa première bande dessinée, Dubois a fait très fort, un mélange de Andreae et de Bourgeon.
Un univers riche, inventif et grouillant de détails.
Un dessin reconnaissable au premier coup d'œil. La force des grands.
De très belles couleurs où le rouge et le blanc prédominent.
C'est très très beau.
En espérant vous donner l'envie de découvrir ce Cycle d'Ostruce trop peu connu.
Coup de cœur depuis 2007.
"De 7 à 77 ans" disait un célèbre slogan pour promouvoir la lecture de Tintin. Je pense que cela convient bien mieux à Buddy Longway. Comme les CE1 ou CE2 ne postent pas souvent des avis je vais essayer de me faire leur porte-parole.
J'ai sept ans. Je sais lire depuis peu et papa m'a offert une vraie bande dessinée de grands. Pas une pour les bébés, non non!! une de sa bibliothèque !!!!!!
Papa (ou maman) éteint son téléphone portable (chouette !!), on se serre bien tous les deux sur le canapé et pendant vingt minutes nous partons en Amérique. C'est moi qui lit car les textes sont assez faciles pour moi. Nous regardons les grandes et belles images de monsieur Derib. Papa m'explique la nature, les animaux, le courage, le bonheur d'être ensemble comme maintenant. Il m'explique que Chinook, la maman, elle est différente de Buddy dans sa peau et ses habits mais à l'intérieur c'est pareil. D'ailleurs ils ont eu des bébés, le métissage qu'il appelle ça mon papa. A la maison c'est pareil, papa est tout blanc, maman toute noire et moi je suis tout beau dit ma maman.
J'ai un peu peur parce que les héros vieillissent et meurent !! J'ai pas envie que mes héros , maman et papa partent…
Papa lisait la même histoire avec mon grand grand frère et ma grande grande sœur, il y a longtemps longtemps. Le bonheur quoi…
Merci monsieur Derib.
Après ma lecture mitigée de Kent State, j'avais envie de lire cette histoire sur le milieu des éboueurs que j'avais repérée depuis longtemps. J'ai préféré ce récit qui a plus d'humour, une galerie de personnages réduite avec JB, le narrateur qu'on identifie à l'auteur qui a lui-même été éboueur dans sa jeunesse, ses autres collègues collecteur ou chauffeur, le petit chef qui leur tombe dessus quand ce n'est pas proprement ramassé ou qu'ils abiment le matériel... On trouve différents profils de 'clients' avec celui qui sort des poubelles immondes et pleines d'asticots, l'autre qui démonte petit à petit un moteur de voiture etc.
Même si cela décrit la façon de collecter les ordures du point de vue américain, il y a un certain universalisme et une réflexion de l'auteur sur le traitement des déchets qui finissent dans d'immenses décharges et constituent un problème de société. Il faut voir la difficulté du métier, les poubelles sont parfois très lourdes et portées à la main - on en est plus là en France - et ils embarquent également toutes sortes d'encombrants, piano compris, ou comme dans cette anecdote un énorme tas de végétaux pour arranger un élu de la municipalité pour son besoin personnel. Il y a également cet épisode de ramassage des bouteilles de pisse larguées par les chauffeurs au bord des routes.
Une lecture qui ne se veut pas un frontal pamphlet écologiste mais une suite d'éléments décrivant les conditions d'un métier mal considéré et présentant l'envers d'un décor qui concerne tout le monde.
Franchement une belle réussite, moi qui aime les BD à contexte historique, j’ai été vraiment servi ! Très bonne pâte graphique, et scénario aux petits oignons. J’ai juste relevé quelques erreurs de couleurs de vêtement sur le personnage « Abel », le frère d’ «Augustin », quant il sort de chez lui pour se pavaner dans les rues de Paris.
Pour mon 2000 ème avis sur le site je ne pouvais faire mieux que donner un avis sur le duo Brubaker/ Phillips, géniaux auteurs d'une maintenant belle brochette de Policier/thriller de très haute volée.
J'arrête avec ces deux auteurs de tourner autour du pot et j'affirme qu'ils méritent amplement les cinq étoiles. Que l'on se réfère à leurs bibliographies : La série Criminal, Fondu au noir, Fatale, Scène de crime, Incognito (Delcourt), Mes héros ont toujours été des junkies, Pulp, Kill or be killed, Sale Week-End et enfin ce dernier "Un été cruel". Tous, je dis bien tous ces titres, procèdent d'une mécanique scénaristique absolument fabuleuse, parfaitement huilée qui fait paraitre des scénarios de films comme "Seven", pour de la rigolade simpliste.
Pour construire ses histoires la méthode d'Ed Brubaker est souvent la même au fil de ses différents récits. Il s'agit pour lui de construire plusieurs arcs narratifs comprenant souvent de nombreux personnages ce qui demande une attention certaine du lecteur. Puis tout d'un coup ces arcs se rejoignent et l'on se dit mais oui c'est évident et en pensant également, putain mais c'est génial, quelle construction. Diabolique et subtilement ingénieux. Oui les mondes qu'il décrit n'ont rien de joyeux, parfois il offre à ses personnages cabossés par les coups du sort, par la vie, des moments de grâce où le lecteur pourrait presque croire à leur rédemption mais ce bougre d'auteur les fait replonger bien vite dans la noirceur de leur vie de déglingue.
Pour appuyer un tel scénariste il fallait bien sûr un dessinateur à la hauteur, Sean Phillips est celui-là. Il n'a pas officié que dans le polar mais c'est à coup sûr un genre qu'il lui va comme un gant. Son travail sur les visages, (souvent des gueules cabossées), les ombres rendent parfaitement compte de l'ambiance du récit. C'est poisseux comme les bas-fonds dans lesquels évoluent ou plutôt se débattent les différents protagonistes. Si on y ajoute une colorisation tout à fait adéquate et réalisée depuis quelques titres par le fils du dessinateur, Jacob, on se trouve avec un petit chef-d’œuvre entre les mains.
Quand la BD atteint ce niveau il n'y à pas grand-chose à dire, seulement se laisser prendre et emporter par le récit. Merci à vous Messieurs Brubaker et Phillips, j'attends votre prochain titre avec impatience.
Forcément coup de cœur.
Je ne connaissais pas du tout l’existence de ce personnage – au point que j’ai un temps cru à une création totalement originale d’Hubert.
En tout cas, quelle femme ! Pleine d’allant, exubérante, ébouriffante, brûlant la vie par tous les bouts, montrant une force remarquable – d’autant plus pour une femme et à cette époque. En tout cas voilà quelqu’un qui a profité de la vie (il est vrai qu’elle n’est pas née dans la mouise) et qui a su surmonter les obstacles rencontrés (sa mère, la société misogyne, les préjugés contre l’homosexualité, etc.). Sa passion pour la vitesse (en voiture et surtout en bateau) va de paire avec sa volonté de faire, et le rythme qu’elle impose à sa vie. C’est aussi ce qui peut la rendre insupportable, tant elle ne tient pas compte des autres, hormis lorsqu’ils peuvent lui procurer du plaisir. Et même lorsqu’elle s’improvise mère poule pour les habitants de l’île qu’elle possède et habite comme une reine, on a l’impression que c’est son orgueil qu’elle cherche à satisfaire avant tout. Orgueilleuse, égoïste, Joe n’est pas toujours une personne admirable.
Une trajectoire hors du commun donc, mais qui est ici très bien mise en scène par Hubert – dont ce fut sans doute le dernier scénario (il n’a pas vu l’album « fini » semble-t-il). Je ne sais pas ce qu’il a « modifié » de la vie de Joe, mais le rendu est très réussi, la lecture est fluide, agréable, on ne s’ennuie pas du tout.
Il faut dire que le dessin de Virginie Augustin y est pour beaucoup. En effet, avec une économie de moyens, un dessin épuré, un trait fin, proche parfois du dessin de presse, de l’esquisse (les décors sont parfois escamotés), elle ajoute finesse et dynamisme, parfois de la sensualité, au scénario d’Hubert, qui n’en manquait déjà pas.
Bref, voilà une biographie amoureuse qui mérite vraiment le détour !
Pour finir, moi qui ai cru au départ à un personnage fictif, je m’étonne que Joe et sa vie trépidante – et ses rencontres amoureuses (comme celle avec Marlène Dietrich) n’ait pas déjà donné lieu à un film. Il y a là matière à construire une belle histoire, la richesse du personnage et de sa vie s’y prête.
En tout premier lieu, et c'est ce qui me saute le plus directement aux yeux, c'est le dessin de la BD. Une merveille graphique, à mes yeux, totalement dans mon style. Je reconnais des petits airs de Pedrosa de ci, de là, mais le graphisme à une patte unique et personnelle. Le rendu crayonné, le trait charbonneux, les couleurs magnifiquement rendue ... Non, réellement j'ai trouvé ce dessin impeccable. Une vraie réussite qui vaut déjà le coup d’œil.
Après, cela n'est pas suffisant à en faire une bonne œuvre, et je dois dire que le scénario m'a bien plu aussi. L'histoire tourne autour des secrets de familles, ces fameux secrets bien gardés par les gens pendant des années. Et bien que ce genre d'histoire ne m'attire pas plus que cela, j'ai bien aimé la façon dont cela permet de faire un certain portrait de la Corse. Pas le plus fidèle ou le plus exact, mais un portrait soulignant quelques côtés derrière la façade de "L'île de beauté". Avec un petit rappel de ces fameuses routes maritimes qui ne transportent pas que des humains.
L'histoire a quelques rebondissements, et un basculement progressif d'un début mélodramatique et émotionnel vers une fin plus sombre. Mais j'ai beaucoup aimé découvrir ces personnages, et je les ai trouvé touchants dans leurs relations et leurs histoires. Certes, j'ai senti venir quelques unes des révélations finales, mais ce n'est pas la chute qui compte. C'est cette progression dans les secrets de famille et les non-dits qui plait beaucoup.
Une histoire que je recommande, servie par un dessin qui me tape décidément dans l’œil ! Vraiment, je suis conquis.
Voici une série de vingt-quatre albums qui a beaucoup fait pour la notoriété du couple Renaud/Dufaux. C'est justifié si vous aimez les romans policiers sombres. Renaud avance d'un pas dans l'érotisme par rapport à Brelan de Dames mais ce n'est pas tout. De belles ambiances en Californie, dans le Bayou, l'Arizona ou à NY. De beaux scénarii remplis d'acier qui coupe, de cuivre qui vibre, de soie qui glisse et de ripoux qui sue. Même si un strip-tease de Jessica ou une ficelle surnaturelle bouchent par moment certains vides.
Un look à la Sharon Stone, blonde , californienne d'adoption, toujours jeune, autrice à succès ,hétéro mais ne dédaignant pas les charmes de ses jolies amies, Jessica est une femme libérée. Mais la chanson le dit, ce n'est pas si facile d'être une femme libérée. Notre libre et rationnelle Jessica va se retrouver enfermée physiquement et puis mentalement au gré de ses aventures tragiques. Car Jessica possède un Dust Touch tout ce qu'elle touche devient poussière. Alors comment s'évader de cette réalité si noire alors qu'elle devait être si brillante. Dans l'art ? Dans le spiritisme?
Une mention spéciale au personnages de Roby, de Victoria ou de Kim sans qui certains albums seraient bien moyens.
Même si j'aime cette série ( par contre je déteste La Route Jessica) il y a un petit bémol. Vengeance n'est pas justice. Ce n'est pas Ginny qui me contredira..;
Oui je sais cela peut paraitre très con de poster un avis sur une série dont un seul tome est paru et qui plus est une série abandonnée. Que voulez-vous, je poste cet avis car malgré cet état de fait voila un truc que j'ai trouvé à deux euros qui mine de rien en jette pas mal. Prenez deux héroïnes fort sexy l'un noire et l'autre asiatique que le sort réunit pour le pire et le meilleur, surtout le pire.
Certes une histoire classique de poursuite de vengeance, mais ce qui fait le sel de l'histoire c'est justement ces deux femmes qui ne s'en laissent pas compter. C'est une association qui me fait penser à celle que l'on découvre dans l'album SHI, mais ici les deux filles sont plus brutes de décoffrage ce qui n'est pas pour me déplaire.
Ajoutez à tout ça un dessin particulièrement dynamique avec des personnages aux traits un brin anguleux, une colorisation parfaite, certes certain fonds de cases trop minimalistes et vous obtenez un album tout ce qu'il y a de plus sympathique. Étonnant l'abandon de la série, l'éditeur Emmanuel Proust ne nous avait pas habitués à cela.
J'ai souvent dit ici tout le bien que je pensais des éditions Ankama et particulièrement du Label 619 qui a mon sens à permis à toute une jeune génération d'auteurs de pouvoir émerger et avec quel talent. Je ne les citerais pas tous ici ils sont nombreux. Il n'est que de taper dans le moteur de recherche du présent site pour y piocher les infos nécessaires.
Hors donc, cette fois-ci c'est Mud qui se colle au scénario impeccablement millimétré de ce huit-clos, au dessin Prozeet avec un trait rageur et tendu à l'extrême rendant bien compte de l'ambiance du récit. C'est la guerre, l'apocalypse même et nous nous retrouvons en pleine guerre civile sans trop savoir grand-chose des protagonistes ou des raisons du conflit. Peu importe car là n'est pas le propos. Ici nous ne sommes pas dans un sous-marin en perdition, mais à l'intérieur d'un char de combat lui-même ensevelit sous des tonnes de gravats.
A bord Carl, Enapay, Pulp, Benedict et Fritz attendent les secours qui mine de rien tardent un peu. Pour combler l'attente les uns et les autres commencent à se livrer doucement sur leurs passés respectifs. Et c'est là que le bat blesse car ces zigotos ne sont rien moins qu'au mieux des détraqués patentés. Peu à peu la tension monte jusqu'à un apex dont je ne vous révèle rien, mais c'est une apothéose forcément un brin sanglante.
A aucun moment la tension ne se relâche, ça monte gentiment aidé par le dessin qui comme je l'ai dit possède suffisamment d'énergie pour nous faire oublier les parois de métal qui rendront certains claustrophobes. Encore un must du Label 619.
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Le Cycle d'Ostruce
Cela faisait quelques années que j'allais sur le site de bdtheque pour y dénicher quelques bonnes infos. Puis en ce début d'année j'ai franchi le pas, je me suis inscrit. Et là, deux problèmes à résoudre. Trouver un pseudo, mais pas n'importe quoi, un truc qui en "jette" et c'est venu naturellement : Cacal69 (on ne rit pas). Et ensuite, une image de profil, et comme une évidence j'ai pensé à Ajjer. Oui une femme, sûrement mon côté féminin qui ressort ;-) Je suis tombé en amour de cette série que je relis avec toujours autant de plaisir. Je vais reprendre le mot de Miranda et Sloane : JOUISSIF. Pona nous livre un scénario foisonnant d'idées et fourmillant de personnages hétéroclites. C'est comme prendre les restes du frigo et en faire un mets de choix. Nous avons ici de la fantasy, de la magie, du steampunk et de l'uchronie sur fond de révolution Russe. Loin d'être un bordel sans nom, ce délicieux mélange nous offre un plat cinq étoiles. Pas de héros mais deux magnifiques héroïnes. Ajjer, l'amazone drack qui aime fumer de temps en temps son petit cigarillos et Katiana, sorcière à ses heures, qui ne dit pas non à un verre de vodka. Un dragon empereur, un commissaire du peuple créant la glace, un ogre, une lamie, une déesse/ballon dirigeable, un hôpital psychiatrique peuplé de sylves .... Malgré tout ce petit monde le récit est fluide, on se laisse porter jusqu'au dénouement final et sa petite surprise. Pour sa première bande dessinée, Dubois a fait très fort, un mélange de Andreae et de Bourgeon. Un univers riche, inventif et grouillant de détails. Un dessin reconnaissable au premier coup d'œil. La force des grands. De très belles couleurs où le rouge et le blanc prédominent. C'est très très beau. En espérant vous donner l'envie de découvrir ce Cycle d'Ostruce trop peu connu. Coup de cœur depuis 2007.
Buddy Longway
"De 7 à 77 ans" disait un célèbre slogan pour promouvoir la lecture de Tintin. Je pense que cela convient bien mieux à Buddy Longway. Comme les CE1 ou CE2 ne postent pas souvent des avis je vais essayer de me faire leur porte-parole. J'ai sept ans. Je sais lire depuis peu et papa m'a offert une vraie bande dessinée de grands. Pas une pour les bébés, non non!! une de sa bibliothèque !!!!!! Papa (ou maman) éteint son téléphone portable (chouette !!), on se serre bien tous les deux sur le canapé et pendant vingt minutes nous partons en Amérique. C'est moi qui lit car les textes sont assez faciles pour moi. Nous regardons les grandes et belles images de monsieur Derib. Papa m'explique la nature, les animaux, le courage, le bonheur d'être ensemble comme maintenant. Il m'explique que Chinook, la maman, elle est différente de Buddy dans sa peau et ses habits mais à l'intérieur c'est pareil. D'ailleurs ils ont eu des bébés, le métissage qu'il appelle ça mon papa. A la maison c'est pareil, papa est tout blanc, maman toute noire et moi je suis tout beau dit ma maman. J'ai un peu peur parce que les héros vieillissent et meurent !! J'ai pas envie que mes héros , maman et papa partent… Papa lisait la même histoire avec mon grand grand frère et ma grande grande sœur, il y a longtemps longtemps. Le bonheur quoi… Merci monsieur Derib.
Trashed
Après ma lecture mitigée de Kent State, j'avais envie de lire cette histoire sur le milieu des éboueurs que j'avais repérée depuis longtemps. J'ai préféré ce récit qui a plus d'humour, une galerie de personnages réduite avec JB, le narrateur qu'on identifie à l'auteur qui a lui-même été éboueur dans sa jeunesse, ses autres collègues collecteur ou chauffeur, le petit chef qui leur tombe dessus quand ce n'est pas proprement ramassé ou qu'ils abiment le matériel... On trouve différents profils de 'clients' avec celui qui sort des poubelles immondes et pleines d'asticots, l'autre qui démonte petit à petit un moteur de voiture etc. Même si cela décrit la façon de collecter les ordures du point de vue américain, il y a un certain universalisme et une réflexion de l'auteur sur le traitement des déchets qui finissent dans d'immenses décharges et constituent un problème de société. Il faut voir la difficulté du métier, les poubelles sont parfois très lourdes et portées à la main - on en est plus là en France - et ils embarquent également toutes sortes d'encombrants, piano compris, ou comme dans cette anecdote un énorme tas de végétaux pour arranger un élu de la municipalité pour son besoin personnel. Il y a également cet épisode de ramassage des bouteilles de pisse larguées par les chauffeurs au bord des routes. Une lecture qui ne se veut pas un frontal pamphlet écologiste mais une suite d'éléments décrivant les conditions d'un métier mal considéré et présentant l'envers d'un décor qui concerne tout le monde.
Révolution (Locard / Grouazel)
Franchement une belle réussite, moi qui aime les BD à contexte historique, j’ai été vraiment servi ! Très bonne pâte graphique, et scénario aux petits oignons. J’ai juste relevé quelques erreurs de couleurs de vêtement sur le personnage « Abel », le frère d’ «Augustin », quant il sort de chez lui pour se pavaner dans les rues de Paris.
Un été cruel
Pour mon 2000 ème avis sur le site je ne pouvais faire mieux que donner un avis sur le duo Brubaker/ Phillips, géniaux auteurs d'une maintenant belle brochette de Policier/thriller de très haute volée. J'arrête avec ces deux auteurs de tourner autour du pot et j'affirme qu'ils méritent amplement les cinq étoiles. Que l'on se réfère à leurs bibliographies : La série Criminal, Fondu au noir, Fatale, Scène de crime, Incognito (Delcourt), Mes héros ont toujours été des junkies, Pulp, Kill or be killed, Sale Week-End et enfin ce dernier "Un été cruel". Tous, je dis bien tous ces titres, procèdent d'une mécanique scénaristique absolument fabuleuse, parfaitement huilée qui fait paraitre des scénarios de films comme "Seven", pour de la rigolade simpliste. Pour construire ses histoires la méthode d'Ed Brubaker est souvent la même au fil de ses différents récits. Il s'agit pour lui de construire plusieurs arcs narratifs comprenant souvent de nombreux personnages ce qui demande une attention certaine du lecteur. Puis tout d'un coup ces arcs se rejoignent et l'on se dit mais oui c'est évident et en pensant également, putain mais c'est génial, quelle construction. Diabolique et subtilement ingénieux. Oui les mondes qu'il décrit n'ont rien de joyeux, parfois il offre à ses personnages cabossés par les coups du sort, par la vie, des moments de grâce où le lecteur pourrait presque croire à leur rédemption mais ce bougre d'auteur les fait replonger bien vite dans la noirceur de leur vie de déglingue. Pour appuyer un tel scénariste il fallait bien sûr un dessinateur à la hauteur, Sean Phillips est celui-là. Il n'a pas officié que dans le polar mais c'est à coup sûr un genre qu'il lui va comme un gant. Son travail sur les visages, (souvent des gueules cabossées), les ombres rendent parfaitement compte de l'ambiance du récit. C'est poisseux comme les bas-fonds dans lesquels évoluent ou plutôt se débattent les différents protagonistes. Si on y ajoute une colorisation tout à fait adéquate et réalisée depuis quelques titres par le fils du dessinateur, Jacob, on se trouve avec un petit chef-d’œuvre entre les mains. Quand la BD atteint ce niveau il n'y à pas grand-chose à dire, seulement se laisser prendre et emporter par le récit. Merci à vous Messieurs Brubaker et Phillips, j'attends votre prochain titre avec impatience. Forcément coup de cœur.
Joe la Pirate
Je ne connaissais pas du tout l’existence de ce personnage – au point que j’ai un temps cru à une création totalement originale d’Hubert. En tout cas, quelle femme ! Pleine d’allant, exubérante, ébouriffante, brûlant la vie par tous les bouts, montrant une force remarquable – d’autant plus pour une femme et à cette époque. En tout cas voilà quelqu’un qui a profité de la vie (il est vrai qu’elle n’est pas née dans la mouise) et qui a su surmonter les obstacles rencontrés (sa mère, la société misogyne, les préjugés contre l’homosexualité, etc.). Sa passion pour la vitesse (en voiture et surtout en bateau) va de paire avec sa volonté de faire, et le rythme qu’elle impose à sa vie. C’est aussi ce qui peut la rendre insupportable, tant elle ne tient pas compte des autres, hormis lorsqu’ils peuvent lui procurer du plaisir. Et même lorsqu’elle s’improvise mère poule pour les habitants de l’île qu’elle possède et habite comme une reine, on a l’impression que c’est son orgueil qu’elle cherche à satisfaire avant tout. Orgueilleuse, égoïste, Joe n’est pas toujours une personne admirable. Une trajectoire hors du commun donc, mais qui est ici très bien mise en scène par Hubert – dont ce fut sans doute le dernier scénario (il n’a pas vu l’album « fini » semble-t-il). Je ne sais pas ce qu’il a « modifié » de la vie de Joe, mais le rendu est très réussi, la lecture est fluide, agréable, on ne s’ennuie pas du tout. Il faut dire que le dessin de Virginie Augustin y est pour beaucoup. En effet, avec une économie de moyens, un dessin épuré, un trait fin, proche parfois du dessin de presse, de l’esquisse (les décors sont parfois escamotés), elle ajoute finesse et dynamisme, parfois de la sensualité, au scénario d’Hubert, qui n’en manquait déjà pas. Bref, voilà une biographie amoureuse qui mérite vraiment le détour ! Pour finir, moi qui ai cru au départ à un personnage fictif, je m’étonne que Joe et sa vie trépidante – et ses rencontres amoureuses (comme celle avec Marlène Dietrich) n’ait pas déjà donné lieu à un film. Il y a là matière à construire une belle histoire, la richesse du personnage et de sa vie s’y prête.
Une histoire corse
En tout premier lieu, et c'est ce qui me saute le plus directement aux yeux, c'est le dessin de la BD. Une merveille graphique, à mes yeux, totalement dans mon style. Je reconnais des petits airs de Pedrosa de ci, de là, mais le graphisme à une patte unique et personnelle. Le rendu crayonné, le trait charbonneux, les couleurs magnifiquement rendue ... Non, réellement j'ai trouvé ce dessin impeccable. Une vraie réussite qui vaut déjà le coup d’œil. Après, cela n'est pas suffisant à en faire une bonne œuvre, et je dois dire que le scénario m'a bien plu aussi. L'histoire tourne autour des secrets de familles, ces fameux secrets bien gardés par les gens pendant des années. Et bien que ce genre d'histoire ne m'attire pas plus que cela, j'ai bien aimé la façon dont cela permet de faire un certain portrait de la Corse. Pas le plus fidèle ou le plus exact, mais un portrait soulignant quelques côtés derrière la façade de "L'île de beauté". Avec un petit rappel de ces fameuses routes maritimes qui ne transportent pas que des humains. L'histoire a quelques rebondissements, et un basculement progressif d'un début mélodramatique et émotionnel vers une fin plus sombre. Mais j'ai beaucoup aimé découvrir ces personnages, et je les ai trouvé touchants dans leurs relations et leurs histoires. Certes, j'ai senti venir quelques unes des révélations finales, mais ce n'est pas la chute qui compte. C'est cette progression dans les secrets de famille et les non-dits qui plait beaucoup. Une histoire que je recommande, servie par un dessin qui me tape décidément dans l’œil ! Vraiment, je suis conquis.
Jessica Blandy
Voici une série de vingt-quatre albums qui a beaucoup fait pour la notoriété du couple Renaud/Dufaux. C'est justifié si vous aimez les romans policiers sombres. Renaud avance d'un pas dans l'érotisme par rapport à Brelan de Dames mais ce n'est pas tout. De belles ambiances en Californie, dans le Bayou, l'Arizona ou à NY. De beaux scénarii remplis d'acier qui coupe, de cuivre qui vibre, de soie qui glisse et de ripoux qui sue. Même si un strip-tease de Jessica ou une ficelle surnaturelle bouchent par moment certains vides. Un look à la Sharon Stone, blonde , californienne d'adoption, toujours jeune, autrice à succès ,hétéro mais ne dédaignant pas les charmes de ses jolies amies, Jessica est une femme libérée. Mais la chanson le dit, ce n'est pas si facile d'être une femme libérée. Notre libre et rationnelle Jessica va se retrouver enfermée physiquement et puis mentalement au gré de ses aventures tragiques. Car Jessica possède un Dust Touch tout ce qu'elle touche devient poussière. Alors comment s'évader de cette réalité si noire alors qu'elle devait être si brillante. Dans l'art ? Dans le spiritisme? Une mention spéciale au personnages de Roby, de Victoria ou de Kim sans qui certains albums seraient bien moyens. Même si j'aime cette série ( par contre je déteste La Route Jessica) il y a un petit bémol. Vengeance n'est pas justice. Ce n'est pas Ginny qui me contredira..;
Las Chicas
Oui je sais cela peut paraitre très con de poster un avis sur une série dont un seul tome est paru et qui plus est une série abandonnée. Que voulez-vous, je poste cet avis car malgré cet état de fait voila un truc que j'ai trouvé à deux euros qui mine de rien en jette pas mal. Prenez deux héroïnes fort sexy l'un noire et l'autre asiatique que le sort réunit pour le pire et le meilleur, surtout le pire. Certes une histoire classique de poursuite de vengeance, mais ce qui fait le sel de l'histoire c'est justement ces deux femmes qui ne s'en laissent pas compter. C'est une association qui me fait penser à celle que l'on découvre dans l'album SHI, mais ici les deux filles sont plus brutes de décoffrage ce qui n'est pas pour me déplaire. Ajoutez à tout ça un dessin particulièrement dynamique avec des personnages aux traits un brin anguleux, une colorisation parfaite, certes certain fonds de cases trop minimalistes et vous obtenez un album tout ce qu'il y a de plus sympathique. Étonnant l'abandon de la série, l'éditeur Emmanuel Proust ne nous avait pas habitués à cela.
Doggybags - Dirty old glory
J'ai souvent dit ici tout le bien que je pensais des éditions Ankama et particulièrement du Label 619 qui a mon sens à permis à toute une jeune génération d'auteurs de pouvoir émerger et avec quel talent. Je ne les citerais pas tous ici ils sont nombreux. Il n'est que de taper dans le moteur de recherche du présent site pour y piocher les infos nécessaires. Hors donc, cette fois-ci c'est Mud qui se colle au scénario impeccablement millimétré de ce huit-clos, au dessin Prozeet avec un trait rageur et tendu à l'extrême rendant bien compte de l'ambiance du récit. C'est la guerre, l'apocalypse même et nous nous retrouvons en pleine guerre civile sans trop savoir grand-chose des protagonistes ou des raisons du conflit. Peu importe car là n'est pas le propos. Ici nous ne sommes pas dans un sous-marin en perdition, mais à l'intérieur d'un char de combat lui-même ensevelit sous des tonnes de gravats. A bord Carl, Enapay, Pulp, Benedict et Fritz attendent les secours qui mine de rien tardent un peu. Pour combler l'attente les uns et les autres commencent à se livrer doucement sur leurs passés respectifs. Et c'est là que le bat blesse car ces zigotos ne sont rien moins qu'au mieux des détraqués patentés. Peu à peu la tension monte jusqu'à un apex dont je ne vous révèle rien, mais c'est une apothéose forcément un brin sanglante. A aucun moment la tension ne se relâche, ça monte gentiment aidé par le dessin qui comme je l'ai dit possède suffisamment d'énergie pour nous faire oublier les parois de métal qui rendront certains claustrophobes. Encore un must du Label 619.