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Une histoire corse

Note: 4/5
(4/5 pour 2 avis)

Un gros plan sur la société corse du siècle dernier


La BD au féminin La Corse

Comme tous les étés, Catherine passe ses vacances dans la maison familiale en Corse. Surprise un soir par l'un de ces orages dont seule l'île de Beauté a le secret, elle trouve refuge dans la voiture d'Antoine. Après une rapide discussion, elle découvre que ce charmant inconnu n'est autre que son demi-frère caché ! Dans la grande tradition de l'omerta corse, l'existence de ce frère lui a été dissimulée depuis plus de 20 ans. Antoine savait et Catherine cherche à comprendre. Alors qu'ils décident de rattraper le temps perdu, ils exhument peu à peu d'autres secrets de famille. Mais certains feraient peut-être mieux de rester enfouis... Dodo, Corse d'origine, s'inspire de ses souvenirs d'enfance et des archétypes locaux que sont l'omerta, la vendetta, le clanisme ou le nationalisme, pour raconter une tragédie familiale typiquement corse. Un récit doux-amer sur les destins brisés et les liens à reconstruire, magnifié par le dessin tout en subtilité de Glen Chapron. Texte : Editeur.

Scénariste
Dessinateur
Coloristes
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 04 Avril 2018
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Une histoire corse
Les notes (2)
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29/04/2020 | montane
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Par Canarde
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
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Décidément j'apprécie les BD qui se passent en Corse ! Depuis l'humour plein de cliché d'Astérix en Corse ou de l'enquête corse, à la gravité du juge bienveillant de l'île des justes, de la caricature efficace au dessin réaliste et classique. Ici nous sommes dans la vraie vie, avec ses hauts et ses bas, ses ralentissements et ses accélérations, dans un dessin très contemporain. Pourquoi contemporain ? Parce que les techniques d'aujourd'hui aboutissent à des effets qu'on aurait eu difficilement il y a ne serait-ce que 10 ans, superposition de crayon de couleur et colorisation numérique, par exemple. Les périodes du passé sont donc rendues dans un mélange de sanguine et de crayon noir, alors que le présent s'épanouit dans de belles couleurs chaudes. Mais passons sur ces considérations techniques : le scénario est parfaitement mené autour d'une sorte d'enquête que la jeune héroïne mène sur l'histoire de sa famille. Une première partie émouvante et sensuelle et une seconde qui nous conduit jusqu'au drame. Les dialogues très sensibles, les enchainements du récit, les flash-back (un peu moins réussis esthétiquement mais indispensables à la compréhension) et le format confortable (couverture satinée, 134 pages) m'ont particulièrement séduit. On ressort ému, repu de la richesse des situations et du tempérament des personnages. En revanche cela reste très classique. Donc pour ceux qui sont avides de révolutions bédéïstiques, passez votre chemin.

21/05/2020 (modifier)
Par montane
Note: 4/5
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En bandes dessinées, la Corse a d’abord été abordée pour le grand public sous l’angle de la dérision et du second degré (Astérix en Corse, l’Enquête Corse). Mais rarement sous l’angle sociétal. C’est ce à quoi se sont attelés Marie Dominique Nicolai alias Dodo et Glen Chapron sur 136 pages. A partir d’une histoire toute simple, celle d’une étudiante venue en vacances en Corse, les auteurs vont nous permettre de traverser la société corse à partir de la période coloniale jusqu’au milieu des années 80. Tout y passe. La forte présence corse dans les colonies du fait de la misère régnant dans l’île. Le fonctionnement clanique de la société corse. L’influence corse dans la voyoucratie marseillaise. La naissance du mouvement nationaliste, et le rôle trouble de l’État vis à vis de ces différentes mouvances. Les auteurs parviennent plutôt bien à nous restituer cette Corse sans verser dans la caricature, ce qui est loin d’être évident. J’avoue que je ne connaissais pas les auteurs et notamment pas le dessinateur. J’ai été en effet agréablement surpris par le dessin de Chapron qui m’a immédiatement rappelé celui de Manuele Fior, fauve d’or à Angoulême, Chloé Cruchaudet ou même Cyril Pedrosa. Un dessin semi réaliste, mis en valeur par de jolies couleurs pastel les variant selon les époques puisqu’il y a de nombreux flash-backs dans cet album. J’avoue être tombé sur cette bande dessinée tout à fait par hasard. On ne peut évidemment pas lire ni être informé des plus de 4200 parutions en bd chaque année. Sans doute passe-t-on à côté de très bons albums. C’est donc avec plaisir que j’ai achevé ma lecture. J’espère qu’il en sera de même pour d’autres lecteurs qui découvriront cet album.

29/04/2020 (modifier)