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Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série 20th Century Boys
20th Century Boys

20th Century Boys ... Il y a quelques années de cela, j'avais décerné la note maximale et mes commentaires élogieux à cette série que j'avais lu dans mes primes années de lecteur de BD. Une intrigue qui brassait moult idées en tout genre, des retournements et des personnages travaillés, un dessin qui me plaisait, une ambiance sombre et désespérée tempérée par quelques faits hauts en couleur ... Oui, encore aujourd'hui, en le relisant, j'aime beaucoup cette série qui a d'indéniables qualités. Mais c'est surtout qu'aujourd'hui, je ne peux m'empêcher de lire autrement ces 24 albums (en comptant "21th Century Boys"). Déjà, il y a le retournement de milieu de série qui redéfinie les cartes. Clairement, il semble que ce retournement soit très artificiel et donne l'impression d'avoir allongé une sauce qui aurait pu être plus réduite. L'auteur joue sur les rebondissements et parvient à maintenir la tension, mais le plaisir initial n'est plus là. Une pression éditoriale, un choix malheureux ? Je ne sais pas. Par contre, ce que je sais aujourd'hui et que je ne connaissais pas à l'époque, c'est le sens plus profond de l’œuvre. En effet, j'ai depuis lors lu le livre "Underground" de Haruki Murakami, parlant des attentats du métro de Tokyo en 1995. Un attentat effectué par une secte, qui diffusa du gaz sarin (hautement toxique) dans différentes rames. Après cet attentat, le monde découvrait la secte Aum, son chef et leader Shoko Asahara, et toutes ces personnes embrigadées dedans. Des médecins, des ingénieurs, des gens du commun, tous avaient œuvré à perpétrer des attentats incroyablement violents. Ceux-ci eurent un véritable effet d'électrochoc sur la société japonaise, et je pense que l'on ne peut lire le manga "20th Century Boys" sans voir de liens évidents entre les attentats et la BD. Ce que je comprends de l’œuvre aujourd'hui, c'est qu'il s'agit d'une sorte de catharsis envers cet attentat de la part de Naoki Urasawa. Une façon de comprendre comment des gens aussi instruits ont pu se laisser embrigader dans une telle secte et finir par commettre des tueries de masses. Cette idée s'incarne dans l’œuvre à la fois par la secte de Ami, dont les idées sont certes différentes mais font bien échos à cela (préparation minutieuse d'attentat avec un gaz toxique dans Tokyo, notion de gymnastique et exercice purifiant, etc ...). D'autre part, il y a une démarche de compréhension derrière les personnages : comment chacun est rentré dedans, accepte ce qu'il se passe. Le mysticisme autour d'Ami, réel ou créé de toute pièce, ainsi que la puissance de ces croyances sur les individus. D'ailleurs, le développement d'un monde pratiquement fasciste reposant sur cette secte n'est pas non plus anodin. Et dans tout cela, j'y vois aussi une autre lecture, liée à tout ce qui se passe dans leur jeunesse. Une sorte d'utopie de leur enfance, dans un monde qui marche sur la lune et découvre l'exposition universelle. Et ces idées de jeunesse, ces aspirations et ces rêves, seront engloutis dans une froide réalité. Kenji travaille dans un super-marché en ayant délaissé sa guitare, par exemple. Mais par petites touches, il me semble que l'auteur décrive une froide réalité venue recouvrir leurs rêves d'enfances. Et cette réalité est aussi celle dans laquelle l'embrigadement d'une secte conduira à des morts. Une secte qui s'appuie sur la nostalgie de ce passé. Car, au final, les révélations progressives du livre et les résolutions postérieures ne feront que compléter cette vision du passé et en livrer une tonalité peut-être moins fantastique. Une réalité parfois dure qui existait déjà à cette époque et n'a pas été prise en compte. Derrière la façade de polar, j'ai l'impression que l'auteur tente de comprendre cette société qui a permit à des attentats pareils d'exister, et semble dire que la culpabilité est finalement partagée par le grand nombre. Nous avons crée ces personnes en pertes de repères qui sont prêt à suivre aveuglément n'importe quel gourou. Et nous avons également failli en ne laissant pas le monde devenir ce que nous voulions dans nos rêves d'enfants. Mine de rien, la BD est assez grave et lourde dans ses thématiques. Lors de mes premières lectures, je n'avais pas les clés de compréhension de certaines choses, mais à la relecture cela m'a frappé. La BD semble être un commentaire assez rude envers la société japonaise, mais aussi un constat amer sur ces sectes et leur possibles dérives. La BD n'est pas exempte de défaut, loin de là, et il y a clairement une cassure dans le rythme (qui ne faisait pas défaut à Monster) pour que je puisse lui décerner une note maximale. Mais, il y a un message assez sombre dans ce manga, et une nouvelle lecture appelle à plus de questions et d'interrogations. Complexe, dense et travaillée, aux multiples personnages, cette série de manga reste indéniablement marquante pour moi. Donc culte, je ne peux plus le dire, mais à lire en tout cas.

10/05/2009 (MAJ le 24/09/2021) (modifier)
Par iannick
Note: 4/5
Couverture de la série Dans la combi de Thomas Pesquet
Dans la combi de Thomas Pesquet

Ça fait un bon moment que je voulais lire « Dans la combi de Thomas Pesquet » et l’occasion s’est enfin présentée lors d’une visite à la bibliothèque (bon, c’est vrai que j’aurais pu acheter cet album mais bon…) ; au final, j’ai beaucoup aimé cette lecture ! Cette appréciation, je l’ai eu car j’ai appris beaucoup de choses sur le quotidien d’un astronaute, en l’occurrence Thomas Pesquet, de son inscription pour passer des tests jusqu’à son séjour dans l’ISS. Je l’ai eu également car l’album regorge énormément d’anecdotes humoristiques, je ne compte plus le nombre de fois où je me suis marré devant les conneries racontées dans cette bande dessinée. Au final, cette lecture m’est apparue instructive, très agréable, je l’ai lue d’une seule traite sans ennui et avec l’envie d’en savoir plus. Je ne suis pas particulièrement fan du style de Marion Montaigne mais son coup de crayon m’est apparu finalement bien adapté ce récit. La narration est impeccable, les expressions apportées aux personnages sont amusantes sans en être de trop. Les expériences menées par les astronautes sont explicitées de façon claire et –encore une fois- amusante, c’est vraiment un vrai bonheur de voir que les auteurs ont fait l’effort de mettre cet album à la portée de tous sans employer des termes techniques et scientifiques complexes qui auraient pu nous saouler. D’ailleurs, je recommande sans problème aux jeunes lecteurs intéressés ou non par l’aventure spatiale de lire « Dans la combi de Thomas Pesquet », ils y passeront un bon moment sans prise de tête. ! Je ne vais pas rentrer dans le débat de l’utilité de telles missions, ce n’est d’ailleurs ni le propos ni l’objectif de cette bande dessinée même si le dénouement nous en parle un peu mais alors très peu. Je dirai juste que j’ai passé un excellent moment en compagnie de Thomas Pesquet. Chapeau à Marion Montaigne de nous avoir concocté un récit très sympa et très agréable à lire !

23/09/2021 (modifier)
Couverture de la série Tom-Tom et Nana
Tom-Tom et Nana

Voici une série qui est en passe de devenir un classique culte dans les bibliothèques des maîtresses du primaire en France. Editée entre 1985 et 2005, la série est de nouveau disponible depuis 2017. Evidemment entre ces dates le monde a beaucoup changé. Mais quand je regarde l'impact et l'avidité avec laquelle ma Choupette les dévore, je me dis qu'une bêtise d'enfant est capable de traverser les âges en nous faisant rire (nous ne sommes pas Papounet et Mamounette) voire en nous attendrissant. Dynamisme, créativité, drôlerie, attendrissement parsèment les scénarii des trente-quatre tomes (tomes). A chaque fois des fins surprenantes et drôles. Une mention spéciale car nous avons quatre femmes aux commandes, ce n'est pas si fréquent et bravo. J.Cohen, E.Resberg, B.Després et C. Vianson-Ponté méritent nos rires et nos applaudissements (au moins les miens et ceux de mes enfants) Les cartes Pomékon existaient déjà mais pas encore les tablettes ni les portables, presque la préhistoire quoi....

23/09/2021 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Americana
Americana

J’ai moi aussi adoré suivre Luke Healy pendant son périple de plus de 4000 kilomètres. J’ai été fasciné par le quotidien d’un tel exploit : le ravitaillement, notamment en eau (pas toujours très propre), la nécessité de reprendre du poids constamment, les nuits mouvementées (il y a des ours !), les blessures d’usure, et surtout ce combat mental permanent. J’ai aimé les relations qui se forment et se défont au fil des chemins et des rencontres. J’ai aimé ce réseau qui se met en place tout au long du trail, les locaux qui proposent à manger, qui offrent des services de taxi gratuits pour aller se ravitailler en villes, les caches de bouffe. Le dessin est élégant mais minimaliste, et je regrette ne pas avoir pu admirer les paysages décrits comme « magnifiques » et « époustouflants » par l’auteur. Dommage de ne pas avoir inclus plus de photos (il y a en a juste 2, en début et en fin d’album), en filigrane comme dans Le Photographe, ou même en fin d’album sous forme de petit documentaire photo. En tout cas je ressors ravi de ma (longue) lecture, la tête remplie de souvenirs et d’admiration pour ces sportifs exceptionnels.

23/09/2021 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Mafalda
Mafalda

Eh bien moi, j'aime beaucoup Mafalda ! Bien qu'ayant découvert cette gamine trop mature pour son âge assez tardivement, j'ai beaucoup apprécié le caractère politique de l’œuvre et sa façon dont elle utilise l'innocence des enfants pour parler du monde. Mafalda, c'est une critique virulente de l'Argentine de l'époque, mais pas seulement. J'ai trouvé que son propos, pour une BD qui s'est finie en 1973, portait aussi beaucoup de valeurs de la jeunesse de mai 68. Dans Mafalda, on lit une critique de la classe moyenne, l'asservissement de la femme au foyer (la mère de Mafalda et son travail gratuit dans la maison est souvent source de gag), les inquiétudes de la jeunesse, la domination capitaliste et les luttes anti-capitalistes ... Mine de rien, Quino a brassé une certaine quantité de thématiques dans ses gags, et passe des messages très hippies dans leur style, mais avec une inquiétude et une gravité liés au contexte d'écriture. Et j'aime beaucoup, entre les espoirs de voir le monde changer des incessantes guerres et les peurs du nucléaire, des militaires, de l'oppression des masses laborieuses. Les personnages incarnent ces archétypes, et prêtent à sourire autant qu'a réfléchir. Avec Felipe, on se repose la question de la masculinité, le personnage étant froussard et peu agressif. Avec Manolito, c'est le capitalisme outrancier, intéressé uniquement par l'argent et le profit, prêt à vendre les pires choses. Susanita explore les thématiques de la femme et de la maternité dans un monde qui découvre le divorce, la pilule l'avortement. Cela dit, tout n'est pas parfait et il y a bien sur des défauts. Déjà les premiers albums, qui prennent du temps à développer la maturité nécessaire au niveau du dessin et du ton, la redondance de beaucoup de gags (ce qui est normal sur une production de plus de dix ans faite quotidiennement). Mais c'est le genre de BD dont il ne faut pas lire un album en entier, seulement piocher quelques gags et se laisser porter par l'humour, puis y revenir plus tard. Mafalda est une BD qui interroge le monde et nous propose une vision politique qui s'oppose à l'actualité de son époque. Sans clamer au génie ou à l'intemporel, il y a quelque chose qui fait mouche chez Mafalda, plusieurs fois par albums. J'ai beaucoup aimé la façon dont les gags peuvent parfois me parler et même me faire réfléchir, alors même qu'ils sont vieux de près de 50 ans maintenant. Certes, je ne peux pas non plus les comparer aux Peanuts, n'ayant jamais vraiment lu cette série, ni à Calvin et Hobbes, n'ayant pas non plus découvert tout les gags de ces auteurs. Mais je sens tout de même un côté plus critique et plus vif dans le propos tenu par Quino sur Mafalda. En tout cas, moi j'aime beaucoup ! Et je pense que les autres albums de Quino sont tout aussi excellent, souvent avec une pointe de poésie en plus.

23/09/2021 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Mégafauna
Mégafauna

Et ben moi j'ai adoré ce one-shot, une de mes meilleures lectures de 2021 en ce qui me concerne. J'ai trouvé le scénario très intelligent. L'auteur imagine un monde où les Néandertaliens ont survécu et j'ai trouvé que ce monde était très bien pensé. On voit bien les différences entre les deux peuples et aussi la société des Néandertaliens n'est pas présentée comme une utopie où tout est beau et joyeux. Même si le héros homo-sapiens finit par admirer cette société, on voit très bien que tout n'est pas rose et qu'il a y a des luttes de pouvoir. J'ai ressenti de la tension tout au long de la lecture parce qu'on sent bien qu'un seul faux pas peut causer la perte du héros et de son compagnon. Le scénario est prenant et brasse plusieurs thèmes de manière intelligente. J'ai eu un peu de la difficulté avec le dessin au début, et la couverture est même un peu moche, sans ce site peut-être que je n'aurais jamais lu cet album. Puis, petit à petit, j'ai fini par aimer ce style. Pour moi une lecture indispensable, mais je pense qu'il faut aimer les récits politiques et par là je veux dire les récits qui mettent en avant les réalités de la géopolitique, les manipulations pour accéder au pouvoir, comment des gens ayant différents buts peuvent finir par s'allier et d'autres trucs de ce genre.

23/09/2021 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série Aldobrando
Aldobrando

L'histoire d'un jeune garçon, Aldobrando, qui le mènera à devenir un homme. Orphelin, il est recueilli par un vieux sorcier qui va l'instruire. Un jour en lui apprenant un sortilège, le vieux se blesse à l'œil et l'envoie chercher l'herbe du loup pour le guérir. Alors commence la folle quête d'Aldobrando. Gipi une idée de génie. Oui je sais, elle est facile mais je n'ai pas pu me retenir. Gipi à travers ce conte nous dévoile un monde fabuleux avec ses codes, des personnages attachants et d'autres beaucoup moins. Un monde médiéval où notre héros pas plus épais qu'un sandwich SNCF fera de la vérité son combat. Quelques raccourcis faciles mais je me suis laissé embarquer tel un enfant dans cet univers mystérieux. Un très beau dessin, les personnages ont des faciès très expressifs et les détails sont omniprésents. Grace à lui on entre naturellement dans ce monde extraordinaire. Les couleurs mates donnent un superbe rendu. J'ai passé un excellent moment avec Aldobrando et son petit monde. On a tous, un moment ou un autre, cherché l'herbe du loup. A votre tour.

22/09/2021 (modifier)
Par Titanick
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Modeste et Pompon
Modeste et Pompon

Je ne peux nier que l'effet nostalgie de mes jeunes années journal Tintin est pour une part dans mon appréciation de la série. Et il y a deux difficultés pour que j'exprime mon avis sur Modeste et Pompon : les reprises par d'autres auteurs qui, du coup, rendent la série inégale et, même en se concentrant sur la période Franquin, la tentation de la juger à l'aune de ce parangon d'humour qu'est Gaston. Essayons quand même, bien que, même si j'en ai lu beaucoup dans la revue et que je possède pas mal d'albums, je ne crois pas connaître l'intégralité des gags. Par où commencer ? Il s'agit d'un presque « family strip », mais Modeste et Pompon ne vivent pas ensemble, rien ne permet de supposer qu'ils se « fréquentent » comme on disait à l'époque (c'est dans un journal de jeunes, voyons !) mais sont adultes et vivent chacun chez soi dans le même quartier, plutôt pavillonnaire (la banlieue de Bruxelles ?). Pompon est quand même bien souvent chez Modeste dont l'intérieur délicieusement typé seventies est le théâtre principal des opérations. Dès les premiers albums, on reconnaît les qualités que Franquin sait insuffler à cette série. Pour commencer un dessin expressif au possible, une petite merveille de dessin parfaitement adapté à une série d'humour. La galerie de personnages est variée à souhait et s'étoffe au fil du temps. Les gags se concentrent au début surtout sur le couple éponyme et le personnage délirant, bien qu'un peu râleur et surtout satisfait de sa personne, est Modeste lui-même. Mais rapidement le troisième comparse Félix apparaît et devient le trublion de la troupe, préfigurant Gaston. Les trois neveux, l'oncle Symphorien, les voisins Ducrin (ersatz de Lefuneste) et Dubruit ( modèle Séraphin Lampion) viennent enrichir ce petit monde de leurs personnalités bien trempées. Les gags sont à la fois variés et répétitifs, comme sait les fabriquer Franquin, et qu'il fera si bien dans sa série principale. Variés car en plus de son imagination débordante, quelques autres viendront lui prêter main forte, et non des moindres, Greg et Goscinny pour les voisins par exemple, excusez du peu ! Et répétitifs : à l'instar du gaffophone ou des contrats de Demesmaeker, il y aura le coq Jules, l'agent de police, les facéties des enfants, … et surtout les trouvailles diverses et variées de Félix. Ça, vous l'aurez compris, c'était pour la période Franquin. Après, je trouve qu'Attanasio s'en sort franchement bien : l'esprit de la série est conservé, le graphisme reste nerveux, chapeau. J'ai aussi deux albums de la période plus récente de Walli et Bom. Et là, on perd beaucoup à mon goût. L'inventivité n'est plus tout à fait là et les auteurs ont essayé de « rajeunir » la série. Le décor change un peu, mais surtout Pompon a dû troquer sa délicieuse robe vintage et chaussettes en tire-bouchon pour des jeans baskets, et elle perd ses pompons dans les cheveux. Je l'aimais bien moi Pompon, avant. Mine de rien, si elle était l'élément modérateur, elle avait quand même son petit caractère et savait remettre son monde à sa place. Là, c'est bête hein, mais c'est plus vraiment pareil, snif. Bon, … vous ai-je dit que j'aimais bien Modeste et Pompon ? Je viens de relire toute ma collection d'un coup. J'aime bien, presque autant que Gaston. Enfin pas tout à fait, mais presque presque autant.

22/09/2021 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série Mes héros ont toujours été des junkies
Mes héros ont toujours été des junkies

Je continue ma période Brubaker/Phillips. Toujours pas déçu. Changement d'ambiance cette fois-ci, un centre de désintoxication, Ellie une jolie jeune femme est là contre son gré, tandis que Skip doit être clean jusqu'à ses 21 ans pour pouvoir toucher une grosse somme d'argent. Le début d'un flirt va faire basculer leurs vies. Mais peut-on réellement faire confiance à des junkies ? Comme toujours avec Brubaker, un scénario maîtrisé, tel un peintre il apporte quelques retouches qui au fur et à mesure nous donnent une vision différente du tableau. Je vais radoter, mais ce mec est un génie. Phillips père nous livre une petite merveille visuelle. Son savoir-faire pour créer un climat inquiétant/nauséabond n'est plus à démontrer. Phillips fils avec sa mise en couleur moins noire qu'à l'accoutumée nous gratifie de superbes planches. De la belle ouvrage ! Ce one shot sur l'univers Criminal est différent dans le ton donné au récit. Mais il n'en demeure pas moins noir et captivant. A lire évidemment.

22/09/2021 (modifier)
Couverture de la série Pour toi Sandra
Pour toi Sandra

Pour avoir croisé la route de personnes du NID dans mes activités passées, je peux affirmer qu'il est difficile de trouver plus compétentes et plus dévouées en France dans le domaine de la prostitution. Le Nid travaille main dans la main avec de nombreux services sociaux et leur téléphone est dans tous les agendas des Services d'Action Sociale de France. Remettre en cause leur expertise sans argumentation me semble léger. Derib prête son talent à mettre en garde un public qui pourrait tomber dans le piège de la prostitution. Il abandonne les grands espaces pour les chambres closes dont on ne sort pas facilement et jamais sans blessures profondes qu'elles soient physiques ou/et psychiatriques. Certains regrettent l'absence de moments chauds pour illustrer le sujet. N'est-ce pas une réaction masculine alors que l'œuvre par son choix de scénario est avant tout destinée à un lectorat de jeunes femmes ? De plus je trouve que l'évocation implicite a beaucoup plus de puissance qu'une démonstration explicite. Je me permet tout de même quelques bémols. Le choix d'une prostitution quasi romanesque à l'ancienne un peu comme dans L'Egorgeoir de La Java des Gaspards. La fille qui saute le pas par amour pour son mac me semble une vision marginale par rapport aux filles de pays pauvres brutalisées, achetées, trompées sur leur destination et piégées. Ensuite la conclusion me laisse perplexe. Un, contrairement à Doris je ne laisserai jamais mon gamin seul avec une personne que je devine être dangereuse. Deux, cette personne se révèle être une ordure finie qui commet plusieurs crimes et délits valant une bonne dizaine d'années à l'ombre et qui s'en tire avec un " C'est pas bien, la prochaine fois puni !". Ces petites remarques n'enlèvent rien à la portée du message .

22/09/2021 (modifier)